Tourloulon, Hisl. de Jacme Ier, t. II, p
5. Orùj. Arch. nat., J 879, n° 55, et Arch. d'Aragon, coll. de parchemins datés de Jacques Ior, n° 998.
GUERRES DE ROGER IV AVEC PONS DE VILAMliB 177
les châteaux de Son et de Quérigut ainsi que pour les villages d'Evol et d'Estavar 2(J juin 1245).
Roger eut à l'égard de 1 église d'Urgel une attitude bien différente : celle-ci revêtit, dès le commencement, un caractère tout à fait hostile. Le comte supposait évidemment pouvoir traiter un prélat avec moins de ménagements qu'un seigneur laïque ; en réalité , il eut à peine terminé ses affaires dans le Midi de la France qu'il engagea des luttes interminables avec Pons de Vilamur. Quelle fut l'origine de ces démêlés? On ne le sait pas dune manière précise, mais on a tout lieu de croire que ce furent les difficultés faites à l'évêque par Roger, relativement à la forme ' de l'hommage qu'il lui devait. Comme héritier des maisons de Caboet et de Castelbon, sa ligne de conduite était cependant toute tracée : il n'avait qu'à se conformer aux accords conclus entre celles-ci et l'église, accords renouvelés et confirmés par son père et sa mère eux-mêmes. Mais il trouva, probablement, cette situation trop humiliante pour son amour-propre et préféra recourir à la voie de la chicane. Pons ne se laissa pas, toutefois, intimider par ces prétentions et leur opposa les plus vives résistances. Désespérant de les vaincre, Roger lit appel- au pape (12 juillet 1243) et se plaignit amèrement des procédés de l'évêque. Il déclara se
1. Cette opinion est plus qu'une supposition. L'on sait, en effet (Pièces jus/., n° 48, p. 98-99), qu'ayant à remplir la même formalité vis-à-vis de l'évêque Abril (successeur de Ponsi, Roger refusa de reconnaître les conventions laites avec l'église par Arnaud de Castelbon et approuvées ensuite par Roger-Bernard et Ermessinde II déclara vouloir s'en tenir ,i /a forme de l'hommage qu'il avait prêté au prédécesseur d'Abril. L'appel au pape de Roger (12 juillet 1243) mentionne expressément comme l'un des sévices de l'évêque le fait de ne pas vouloir le mettre en possession des fiefs qu'il devait tenir de l'église. Il est infiniment probable (pie le comte n'aurait pu invoquer un tel motif de plainte s'il avait purement et simplement approuvé le texte des conventions antérieures.