‹ Relations politiques des comtes de Foix avec la Catalogne jusqu'aucommencement du XIVe siècleChapitre 199 sur 358 · Arch. d'Aragon, reg. 43, f" 133 v · texte numérisé non relu

Arch. d'Aragon, reg. 43, f" 133 v

3. Ermengaud promit au roi (16 décembre) de lui rendre, dans l'espace de 10 ans, les sommes qui avaient été prêtées par Jacques I1'1 ou par luimême aux exécuteurs testamentaires d'Alvare, comte d'Urgel ild., reg. 47, f» 'h.

't. Pièces just., n° 74.

succession du comté de Foix et des terres du Carcasses, si son père venait à mourir sans enfants mâles. Roger-Bernard retenait, il est vrai, l'usufruit du vicomte et se réservait même de lui substituer les domaines de Gaston de Béarn, son beaupère, en Catalogne ' et dans l'île de Majorque, au cas où il réussirait à en devenir le possesseur.

Là aussi, malgré ces restrictions, Pierre avait obtenu un succès ~ assez appréciable pour se montrer tolérant dans le règlement de ses difficultés avec le comte de Foix. Il donna 3 lui-même à l'infant (14 décembre) les terres de Ribagorza et cle Paillars, à tenir en fiefs selon la coutume de Catalogne, sauf, du reste, la nullité de cette donation (comme dans l'acte du comte), si le mariage projeté ne se réalisait point.

Ces actes furent complétés par les dispositions fort habiles que le roi prit encore avec Roger-Bernard relativement au comté d'Urgel. Il lui donna 4 en commende, pour l'espace de huit ans, c'est-à-dire jusqu'à la majorité d'Ermengaud, les châteaux de Pons, Balaguer, Agramunt, Lineola, Albesia, Hivarç, Castello, Boix et Menargues (16 décembre). Le comte s'engagea, en retour, à tenir les obligations diverses qu'Ermengaud avait acceptées à propos de ces places ; et il se porta5 caution des sommes dues au souverain par celui-ci. Arrivé à F âge de

1. Ce document est le premier, à notre connaissance, où il soit parlé des prétentions du comte de Foix sur le riche héritage des seigneurs de Moncade en Catalogne. Pierre III les reconnut positivement par la promesse qu'il fit à ce seigneur de l'aider dans la revendication de ces domaines (17 décembre. — Pièces just., n" 77).

2. Si ce mariage n'eut pas lieu, ce ne fut pas la faute du roi qui le désirait de toutes ses forces.

3. Orig. Arch. d'Aragon, coll. de parch. datés de Pierre II, n° 118.

4. Pièces just., qos !'.'>, 70 et 78 (cette dernière est du 18 décembre). '■>. Arch. d'Aragon, reg. 47, f" 4.

23 i RELATIONS DES COMTES DE POIX AVEC LA CATALOGNE

2 "5 ans, Ermengaud devait recouvrer ces forteresses ' et renouveler avec son frère toutes les conventions jurées 2.

Le but évident de ces arrangements était d'intéresser Roger- Bernard au maintien de la paix dans le comté d'Urgel. Pierre avait imaginé là le meilleur moyen de couper court aux intrigues de ce seigneur avec les fils d'Alvare, puisque, pour la moindre infraction à la parole donnée, il pouvait immédiatement lui retirer ses faveurs.

Paix de Iioc/ei'-Ilernard avec l'évêque d'Urgel. Paréac/e d'Andorre (1.278).

Roger-Bernard fit également la paix, cette même année, avec l'évêque d'Urgel, en signant le traité connu sous le nom de paréage d'Andorre. Ainsi que ses prédécesseurs, il n'avait pu vivre de bon accord avec la Mitre, on Ta déjà vu et l'on en connaît la cause : son refus de se montrer vis-à-vis d'elle, bon et fidèle vassal. Ces différends provoquèrent dans le diocèse une anarchie si complète que Pierre d'Urg, le successeur d'Abril, dut réunir 3 un synode (1er novembre 1276) pour frapper des armes spirituelles les fauteurs de violences contre l'église. L'on y menaça d'anathèmes ceux qui violeraient les lieux saints ou enlèveraient les biens ecclésiastiques ; les clercs qui consentiraient à écrire ou conseilleraient d'envoyer des

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