‹ Relations politiques des comtes de Foix avec la Catalogne jusqu'aucommencement du XIVe siècleChapitre 201 sur 358 · Pièces just., n · texte numérisé non relu

Pièces just., n

Le comte, de son côté, continuera à user de ses droits accoutumés, sauf de ceux dont il a fait lui-même la remise aux Andorrans, remise qui est confirmée '.

L'ost et la chevauchée sont dus aux deux seigneurs, avec la stipulation qu'aucun d'eux ne pourra se servir contre l'autre des troupes andorranes.

Les arbitres décident enfin que le comte de Foix tiendra en fief de Ce';/ lise tout ce qu'il possède et reçoit à l'heure présente, et tout ce qu'il doit posséder et recevoir en Andorre.

Dispositions relatives aux vallées de San Juan et de Cahoet.

Les débats concernant les anciennes possessions de la maison de Caboet furent réglés ainsi : Roger-Bernard et ses successeurs tiendront en fief de l'église les vallées de Caboet et de San Juan et lui prêteront, de ce chef, l'hommage à perpétuité. Ils en livreront à l'évêque les divers châteaux existants et futurs, a toute réquisition de celui-ci, d'après les Usages de Barcelone.

Par une faveur spéciale à Roger-Bernard, Pierre d'Urg n'exigera pas de lui personnellement l'hommage pour la vallée de Caboet ni l'obligation d'en livrer les châteaux ; cette exception ne pourra toutefois être invoquée par les successeurs du comte, cela est stipulé d'une manière positive.

Ces domaines ainsi tenus de l'église sont déclarés fiefs d'honneur, pour lesquels ce dernier ne sera pas astreint au service féodal, mais seulement à l'hommage et à la remise des forteresses.

1. Cf. l'acte du 6 mai 1275 {Pièces just., n° 65) qui nous met au courant des intrigues du comte de Foix en Andorre. Roger-Bernard, traitant directement avec les Andorrans, s'était fait donner par eux tous les droits de justice clans cette vallée et leur avait remis, en retour, celui d'adultère.

238 RELATIONS DES COMTES DE Ko EX AVEC LA CAÏALOGNË

Lévêque et le chapitre font une réserve particulière pour la place de Tor, de même que pour les autres possessions qui n'ont jamais été concédées en fief : ces biens resteront à l'église en franc-alleu.

Règlement de différents autres points.

Une enquête sera faite sur la roche d'Asfa pour savoir si elle doit appartenir à l'église ou au comte. Lévêque et le chapitre échangeront avec celui-ci les châteaux de Montferrer et d'Adravll contre ceux de la Bastide d'Ortons et d'Adrahen. Si léchange n'a pas eu lieu, à la prochaine fête de Pâques au plus tard, ils payeront au comte une somme de 1.000 sous melgoriens. L'on se rappelle que les deux premiers étaient séparés de la Seo par la forteresse de Ciutat, dépendance du vicomte de Castelbon, tandis que les deux derniers, situés sur la rive gauche de la Sègre, gênaient l'église dans ses relations avec quelques-unes de ses autres possessions.

L'évêque et le chapitre sacrifient, pour le bien de la paix, tous leurs droits à Salent, Galeuda, Cintinya, Nargo, et dans les autres lieux et châteaux possédés actuellement par Roger- Bernard. Us renoncent également à toutes requêtes ou procès engagés contre le comte et son père, soit en cour de Rome soit devant des juges délégués. Ils lui cèdent les droits de commise qu'ils peuvent avoir sur ses biens, en vertu des sentences de condamnation prononcées pour crime d'hérésie contre Arnaud et Ermessinde de Castelbon.

Le comte, de son côté, se désiste de ses prétentions sur les forteresses de Munteylla, Bescheran et Archavel, ainsi que de quelques droits revendiqués par lui à la Seo d'Urgel ou dans les autres lieux possédés par l'église ; il rend, de plus, à celle-ci le château d'Aqua Tebea. Il lui est assuré, en retour, par l'évêque mille sous melgoriens pour la place de Munteylla.

L'on stipule enfin que le prélat devra ^obtenir du Souverain Pontife la confirmation du présent traité dans l'espace de quatre ans, sous peine d'une amende de ôO.OOO sous melgoriens à payer ' par lui et par l'église '-. L'exécution de cette clause est garantie par la signature du roi Pierre.

L'hommage prêté par le comte à l'évêque termine l'acte ci-dessus.

Tel est le fameux traité qui ramena enfin un peu de tranquillité dans l'évèché d'Urgel. Si l'église dut y faire de larges concessions à son puissant adversaire, elle maintint cependant le principe de sa suzeraineté sur la vallée d'Andorre et l'héritage de la maison de Caboet.

Roger-Bernard était exempté du service féodal, mais il devait l'hommage et la remise des châteaux qu'il tenait de l'église. Quant à l'Andorre (c'est le seul point qui nous intéresse aujourd'hui), le comte de Foix n'y jouissait pas alors de la cosuzeraineté ; sa situation y était subordonnée à celle de l'évêque : c était celle d'un vassal redoutable, a l'ambition duquel son suzerain avait fait tous les sacrifices, excepté celui de sa suprématie.

1. Cf. la lettre de l'évêque en faveur du chapitre, 17 septembre 1278 [Pièces just.} n° 73).

2. Cf. la bulle de confirmation du pape, 7 octobre 1282 (Ici., n° 95).

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