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2oi RELATIONS DES COMTES DE POIX A.VEC LA CATALOGNE
Noël ' et s'y rencontrer avec les messagers qu'elle lui avait adressés; que, du reste, le comte de Foix se trouvait trop éloigné de lui pour qu'il fût facile à ceux-ci de conférer de la paix avec l'un et l'autre. Il ne se refusait point, d'ailleurs, à recevoir les envoyés d'Esclarmonde et à leur permettre ensuite de s'entretenir avec Roger-Bernard, pourvu qu'un de ses hommes fût toujours présent à l'entrevue.
Le comte d'Armagnac, beau-frère de ce dernier, implora également la permission de venir trouver le roi Pierre, mais ce prince lui répondit2 catégoriquement (11 mars 1282, n. st.) qu'un tel voyage était inutile, tant que le comte de Foix ne se serait pas soumis aux conditions fixées. Pierre repoussa 3 pareillement les instances de l'archevêque d'Auch.
Inflexible dans sa résistance, Roger-Bernard demeura en captivité pendant tout le reste de l'année 1282. Un événement de la plus haute importance allait, d'ailleurs et pour longtemps, détourner de lui l'attention du roi d'Aragon. Les Palermitains venaient, en effet, à la suite des fameuses vêpres siciliennes (30 mars 1282), d'offrir à Pierre III la couronne de Sicile. Celui-ci prépara une expédition dans le plus grand
1. Une enquête, datée du iîi octobre 1283, et faite par Gilon de Compiègne, garde de la prévôté de Paris (Bibl. nat. lat. 9016, n° 14), nous donne les noms dos députés d'Esclarmonde. C'étaient Guillaume de Narbonne, maître Ernaud Morlana, maître Guillaume Courtois. Fredol de Loubens et Thomas d'Avenin. Cette pièce nous fait savoir que des entrevues eurent lieu réellement entre ces messagers et le roi d'Aragon. Guillaume de Narbonne, ayant été interrogé, en effet, sur ses rapports avec ce monarque, affirma n'avoir jamais parlé avec lui en dehors de la présence de ses compagnons. Il place la date de leurs négociations entre la Noël de 1281 et le carême de 12N2, époque coïncidant précisément avec celle indiquée par le n" 93 de nos pièces justificatives. — Cette enquête a été utilisée par M. A. Molinier dans sa noie 39 du tome X de l'Histoire du Languedoc.