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mystère. On connaît l'arrivée soudaine de sa flotte en Sicile, les succès rapides et éclatants de l'amiral Loria. Martin IV l'excommunia (18 novembre 1282) et le déclara même déchu du trône d'Aragon; il adjugea ensuite ce royaume à Charles, comte de Valois, second tils de Philippe le Hardi, à la condition de le tenir en fief de l'Église et fit publier la croisade contre Pierre au mois de février de l'année suivante.
Entre temps, le comte fut oublié dans la prison où il languissait. L'infant ne voulait pas, sans doute, terminer seul une affaire à laquelle son père attachait tant de prix. Bien des personnes, toutefois, s'intéressaient au sort de Roger- Bernard. La comtesse, sa femme, vint effectivement intercéder en sa faveur auprès de l'infant ; un sauf-conduit ' lui fut donné, du moins, le 15 janvier 1283. Les amis de notre comte s'efforcèrent, de leur côté, de le réconcilier avec le roi. Raimond- Foulques de Cardone, Guillaume-Raimond de Josa, Raimond- Roger et Raimond de Anglesola reçurent ainsi la permission d'avoir une entrevue avec lui. Mais, pour ne pas se départir '2 des mesures de prudence prescrites par son père, Alphonse ordonna (1G janvier 1283) que l'entretien aurait lieu en présence de G. de Valterra et de Raimond de Erill. Raimond- Foulques fut autorisé à rester avec le comte tout le temps du colloque, tandis que les trois autres seigneurs ne devaient le voir que l'un après l'autre. La même faveur fut accordée à Raimond de Marquefave, à la condition, pourtant, de ne lui parler qu'après le départ de tous les autres et toujours en présence des deux témoins mentionnés 3. Ce luxe de précau-