Pièces jusi., n
2lil) RELATIONS DES COMTES DE FOIX WKC LA CATALOGNE
les bonnes grâces du roi Philippe et de donner, on même temps, un avertissement à Pierre III. Celui-ci pouvait facilement comprendre qu'à pousser à bout notre comte il s'exposait à s'en faire un ennemi cruel dans la prochaine guerre.
Roger-Bernard, du reste, stipula, en sa laveur, le droit d'user, sous certaines conditions, des secours des hommes de l'Urgellet, contre le roi d'Aragon lui-même et fit observer, que, par ce traité, il n'entendait conclure aucune paix ni trêve avec l'infant ou le monarque. On fixa les délais laissés aux parties pour demander l'approbation de leurs souverains respectifs et s'en notifier mutuellement la réponse favorable ou non. Il fut décidé enfin que les chevaliers chargés de la garde des châteaux de Castelbon et de Xargo prêteraient hommage au comte de Foix.
L'on voit combien cette convention était avantageuse pour Roger-Bernard : si elle recevait l'agrément du roi d'Aragon, c'était l'annulation de ses traités néfastes avec ce prince ; si elle était rejetée par lui, au contraire, c'était toujours une suspension d'armes fort utile, un moyen précieux de gagner du temps et d'organiser sa défense.
L'infant souhaitait ardemment la cessation de la lutte ; aussi fit-il dresser1 un projet d'armistice, dès la conclusion de l'accord du 27 mai. Il y était marqué que la trêve à intervenir durerait trois ans à partir de la prochaine fête de la Saint-Michel, excepté si les rois d'Aragon et de France n'approuvaient pas la convention précédente. Dans ce dernier cas, la durée en serait limitée à l'espace des trois semaines qui suivraient le jour de sa dénonciation ; l'on établissait, d'ailleurs, qu'en tout état de cause aucune hostilité ne pourrait se produire avant la prochaine fête de Notre-Dame de sep-