‹ Relations politiques des comtes de Foix avec la Catalogne jusqu'aucommencement du XIVe siècleChapitre 246 sur 358 · Cf. Pièces jus/., n · texte numérisé non relu

Cf. Pièces jus/., n

L Id., n" 119.

'.'>. Le 13 mars 1287 (n. st.) le monarque ordonnait aux fermiers des revenus « fancive et calderie nostre » de Lérida de payer à Constance de Foix 2.500 sous de Jaca (Arch. d'Aragon, reg. 71, f" 2(1). Il enjoignit (13 avril) à P. Peregrin de verser à Bernard Cortit 2G6 sous 2 deniers de Jaca que ce dernier avait dépensés en partie pour Constance [Id., ih., f" 37). Le 2 juin, le roi réitère à G. de Redorta l'ordre de régler à la même le compte de ses dépenses depuis son retour à Lérida (Id., il)., f° 55 v°). Le 21 octobre, ce personnage est invité de nouveau à solder toutes les dettes de Constance (/(/., ib., f" 87). Dans le dernier de nos documents |2'.l novembre 1287), relatifs à cette princesse, le souverain reconnaît devoir à G. de Redorta 2.050 sous de Jaca que cet officier a payés à P. de Menargues, trésorier de Constance, pour les dépenses de celle-ci à Lérida (Id., ih., f" 101 v°).

6, Id..ib,

28 i RELATIONS DES COMTES DE FOIX AVEC. LA CATALOGNE

désir du roi d'Aragon d'empêcher le comte de Foix d'adhérer à la ligue qui se formait contre lui ? On ne peut rien affirmer à ce sujet; nous ne croyons pas inutile cependant de faire observer la coïncidence de ces événements.

L'on sait, au reste, que Roger-Bernard devait avoir une entrevue avec Alphonse au commencement de 1288 l ; Guillaume-Raimond de Josa avait arrangé la chose'2, mais le comte avait laissé passer l'époque convenue sans s'y rendre3 ; et le roi dut avertir Guillaume-Raimond qu'il se considérerait comme délié des engagements pris avec lui si Roger-Bernard n'envoyait pas sa réponse sur les points à régler, dans un délai de quinzaine après la prochaine fête de Pâques4.

Cette affaire n'eut pas de suite, probablement; nos documents, tout au moins, n'en reparlent plus. D'autres questions, d'ailleurs, occupaient alors notre comte, ainsi qu'on va le voir à propos de ses nouvelles difficultés avec l'évêque d'Urgel.

Démêlés entre Roger-Bernard et Vèvêque d'Urgel : pnréacje

île 1288.

Cependant Roger-Bernard avait repris sa politique d'intrigues en Andorre et obtenu (23 décembre 1287) de Bérenger, abbé de San Cerni, la possession en fief d'honneur du puig de San Vicens ainsi que de tous les autres domaines de cet abbé dans les vallées andorranes 5. Il s'empressa de commen-

\. Cf. la lettre du roi aux prud'hommes de Sarag-osse citée plus haut.

■1. Cf. Pièces just., n" 120.

:t. Id., ib.

\. Id., ib.

'■'<. Analyse, Arch. dép. des Basses-Pyrénées, E 392, f" 26o.

IL'' PARÉAGE DE ROGER-BERNARD AVEC l'ÉVÊQUE d'uRGEL 285

cer en ce lieu rétablissement d'un château. C'était un empiétement grave sur les droits de l'église ajouté à plusieurs autres qu'il s'était permis, en se basant sur certains articles obscurs du paréage de 1278.

Ces agissements provoquèrent les protestations de l'évèque. La réouverture des anciens différends fut heureusement de courte durée, grâce à la décision1 arbitrale de 11. d'Urg et de Guillaume-Raimond de Josa (6 décembre 1288).

On y convint de démolir la bâtisse faite à San Vicens. L'évèque et le comte ne pourraient désormais y élever de château, sans un consentement mutuel, et le puig susdit devait rester la propriété commune des habitants de l'Andorre, comme il l'avait été de toute antiquité. On trancha de même une difficulté relative à la roche d'Asfa, en y interdisant toute construction aux parties, à moins d'un accord réciproque.

La sentence régla encore le litige survenu à la suite de la vente que le comte avait faite à Pierre de Sorigera, abbé de l'église d'Urgel, des dîmes de l'Andorre. Celui-ci, du consentement de Roger-Bernard, avait engagé ces dernières, par testament, pour garantir différents legs pieux. Les arbitres décidèrent que les collecteurs de la dîme ne pourraient en vendre ni aliéner les revenus, avant d'avoir satisfait à toutes les dispositions du testament ci-dessus.

La question des notaires de l'Andorre fut également traitée : le précédent paréage offrait, sur ce point, quelques obscurités nécessaires à élucider. L'évèque et le comte devraient désormais nommer ensemble ces officiers et ceux-ci marqueraient

I. Orig. Arch. capit. d'Urgel, armoire 7, caisse intitulée: Andorra. — Le deuxième original, celui de Foix, se trouve actuellement aux archives de la ville de Tournai. — Copie. Arch. capit. d'Urgel, cartulaire, vol. 2, n" 96. — Bibl. nat., coll. Dont, vol. 162, fos 55 et suiv.

'2Si\ RELATIONS DES COMTES DE POIX AVEC LA CATALOGNE

dans les actes la double origine de leurs pouvoirs. Les deux autorités partageraient le produit de la vente des charges de notaires, de même que celui des amendes encourues par ces derniers. Les juges spécifièrent, d'ailleurs, que la part du comte dans ce droit de nomination devait être tenue en fief de L'église, comme tous ses autres droits dans les vallées.

L'acte de 1288 confirme donc entièrement notre interprétation du paréage de 1278. Ces traités ont augmenté, d'une manière considérable, l'autorité du comte de Foix en Andorre : elle s'y exerçait parallèlement à celle de l'évèque. L'on ne peut dire cependant qu'elle fût alors une véritable cosuzeraineté ; elle était subordonnée au pouvoir de l'église, comme celle d'un vassal à la puissance de son suzerain.

Roger-Bernard ne fut pas le seul, du reste, à chercher querelle à la Mitre. Ermengaud d'Urgel, son cousin, revendiquait contre celle-ci1 certains droits (1287), sous prétexte qu'ils avaient été cédés à ses prédécesseurs par l'évèque Bernard, de concert avec quelques chanoines. C'étaient principalement la haute justice dans les terres épiscopales, la faculté d'y établir un viguier pour l'exercer, celle d'imposer certains subsides aux hommes de l'église. Le document n'indique pas autrement le nom du prélat en question ; mais il est permis de conjecturer que ce devait être Bernard de Castello, dont le pontificat fut si désastreux pour le diocèse d'Urgel.

Ces droits douteux, obtenus irrégulièrement, ne pouvaient être opposés sérieusement aux privilèges séculaires de l'église ; aussi Ermengaud ne tarda-t-il point à se désister de ses prétentions et à confirmer'*' toutes les donations et ventes qui avaient été faites à la Mitre, ainsi que les franchises et privi-

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