Zurita, Anales, t. I, f
ROGER-BERNARD ET LES COMTÉS DE PAILLARS ET d'l'KGEL 303
public, tant qu'il entretiendrait une flotte de dix galères au service du Saint-Siège. Ces détails nous sont fournis par une bulle1 de Boniface VIII (1S octobre 1299) adressée à Bernard de Rocafort, archidiacre de Carcassonne, à Bernard de la Roque, chanoine de Narbonne, et à Arnaud de Torre, chanoine de Barcelone ; le comte de Foix ayant interjeté appel au pape, ces personnages étaient chargés d'examiner l'affaire.
Cependant Jacques II venait de remporter sur son frère Frédéric une grande bataille navale (5 juin 1 299). Rentré à Naples, peu après, il donna-', de cette ville, sa procuration (9 juin) à Raimond, évèque de Valence, et à Gaufred de Cru viles, abbé de Foix, pour négocier le mariage de l'infante Marie avec le fils aîné de Roger-Bernard. Cette union était pour le monarque le moyen d'acquérir les possessions de Moncade sans lutte ni difficulté. Ses mandataires devaient, en effet, demander à ce seigneur de constituer le vicomte de Castelbon en dot à l'infante, ou bien les domaines de Guillelme de Moncade, s'il venait à les acquérir. Il en fut, cependant, de ce projet de mariage comme de celui de Constance de Foix, jadis, avec Jacques lui-même. Roger-Bernard le repoussa probablement pour n'avoir pas à sacrifier l'indépendance et l'intégrité de ses possessions.
Le siècle étant près de finir notre comte fit 3 son testament (22 novembre 1 299) ; il y laissa le comté de Foix et les terres du Carcasses à son fils Gaston ainsi que les vicomtes de Béarn et de Castelbon et tous ses autres domaines. Il lui
1. Bibl. nat., coll. Doat, vol. 177, f° 74. — Armoires de Baluze, vol. 81, f«387 v».
2. Orig. Areh. d'Aragon, coll. de parchemins datés de Jacques II, n" 1223.
:î. Vaissète, t. IX, p. 231-234.
substitua ses quatre filles par ordre d'âge : Constance, femme de Jean de Lévis ; Mathe, femme de Bernard, comte d'Armagnac ; Marguerite, épouse de Bernard-Jourdain de l'Isle ; et Brunissende, femme d'Elie de Périgord.
A celles-ci elles-mêmes étaient substitués successivement le neveu de Roger-Bernard, Amalric, vicomte de Narbonne, et les sœurs du testateur, Esclarmonde, reine de Majorque, et Philippe, vicomtesse de Couserans. Marguerite de Béarn était chargée de l'administration des biens de son mari, tant qu'elle resterait veuve, et de la tutelle de son fils conjointement avec les évèques de Lescar et d'Oloron, Hugues de Cardone, etc., les exécuteurs testamentaires du comte. Celui-ci donna enfin comme conseillers à Gaston : Ermengaud, comte d'Urgel, Raimond-Foulques , vicomte de Cardone, Amalric, vicomte de Narbonne, et Jourdain, seigneur de l'Isle.
Vers le même moment, Jacques II ne voulant pas pousser l jusqu'au bout la guerre contre son frère, laissa Charles II d'Anjou continuer seul la conquête de la Sicile ; il revint dans ses états sous prétexte de diverses affaires importantes et débarqua dans le port de Barcelone au commencement de décembre 1299.
Protestation du roi contre l'aliénation du comté (TUrgel et du vicomte d'Ager.
A peine de retour en Catalogne, Jacques chargea Bernard d'Aversone, son mandataire (5 janvier 1300), de protester2 auprès de Roger-Bernard contre la donation du comté d'Urgel dont nous avons parlé plus haut. Ce procureur lui exposa que