‹ Relations politiques des comtes de Foix avec la Catalogne jusqu'aucommencement du XIVe siècleChapitre 266 sur 358 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

ROGER-BERNARD III REVENDIQUE CONTRE JACQUES II LES DOMAINES DE GUILLELME DE MONCADE

I. Actes testamentaires de Gaston VII, vicomte de Béarn. IL Les terres de Catalogne échues à Guillelme sont acquises par Jacques II.

III. Négociations du vicomte de Cardone pour obtenir la résiliation du

traité passé entre le souverain et Guillelme.

IV. Activité déployée par le comte de Foix dans le but de susciter au

roi des difficultés de toutes parts.

V. Mariage de Gaston, fils de Roger-Bernard, avec Jeanne d'Artois. VI. Dernière coalition formée par le comte de Foix contre le monarque aragonais. — Sa mort, 3 mars 1302 (n. st.).

Actes testamentaires de Gaston U//, vicomte de Béarn.

Avant d'aborder le récit des longues guerres dont nous devons parler maintenant, il est indispensable de remonter à l'origine de ces démêlés, d'indiquer spécialement le point de départ des prétentions de Roger-Bernard. Celui-ci, comme l'on sait, avait eu pour femme (1257) Marguerite, la deuxième des filles de Gaston de Béarn, seigneur de Moncade et de Castelvieil en Catalogne. Constance, la fille ainée de Gaston, avait épousé successivement Alphonse , infant d'Aragon , et Henri d'Allemagne , sans avoir eu d'enfant de l'un ni de l'autre; Mathe, la troisième, s'était mariée avec le comte

d'Armagnac; Guillelme1, enfin, avait eu pour mari Sanehe de Castille, d'abord, et ensuite Pierre, infant d'Aragon.

La concorde n'existait pas, malheureusement, entre les membres de cette famille : l'ambition de Mathe en était la principale cause. Gaston prévoyait les difficultés à résulter de sa succession, aussi essaya-t-il d'y parer en réglant celle-ci par avance. Il émancipa- Marguerite à la cour plénière de Morlas (6 mai 1286), et lui fit (il du même mois) donation 3 entre vifs du vicomte de Béarn avec les réserves et conditions suivantes :

Si Gaston et Constance meurent sans postérité mâle légitime, le vicomte susdit appartiendra à Marguerite, à son mari et à leurs enfants ; cette dernière renoncera, en ce cas, du consentement de son époux, au Brulhois, au Gavardan, aux terres de Gaston en Catalogne4 et dans les royaumes de Majorque et d'Aragon ainsi qu'à tous les autres biens de celui-ci , en général. Le donateur aura la libre disposition de ces domaines en faveur des cohéritiers de sa deuxième fille.

Si Gaston, au contraire, laisse un fils en mourant, Marguerite et le comte de Foix auront les vicomtes de Brulhois et de Gavardan, mais ils devront renoncer au Béarn et à toutes les autres terres du vicomte. Les propriétés susmentionnées retourneront, du reste, aux plus proches parents de Gaston, si Marguerite et Roger-Bernard n'ont pas d'enfants ou que leur descendance vienne à s'éteindre .

1. N'étant encore que roi de Sicile Jacques avait songea l'épouser; les archives d'Aragon possèdent, en effet, l'acte de son consentement « per verba de presenfi » à ce futur mariage (14 juin 1290. — Coll. des Cartes reaies, n° 190).

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