‹ Relations politiques des comtes de Foix avec la Catalogne jusqu'aucommencement du XIVe siècleChapitre 269 sur 358 · I. Zurita, Anales, l. I, f» 369 v · texte numérisé non relu

I. Zurita, Anales, l. I, f» 369 v

affaires de ses états; il avait, en outre, le plus grand intérêt à mettre la main sur des châtellenies aussi considérables.

Roger-Bernard, toutefois, veillait au maintien de ses droits. Nous avons déjà signalé sa protestation contre les négociations du roi avec Guillelme ainsi que son refus, pour Gaston, de la main de l'infante Marie, très probablement parce que la dot devait être assignée sur le vicomte de Castelbon ou les terres de Moncade. Cet échec poussa, sans doute, le roi Jacques à redoubler ses démarches auprès de Guillelme.

La chose ne devait pas être facile, car cette dame altière avait l'humeur violente et dominatrice. Elle était alors engagée dans d'interminables démêlés [ avec l'évêque de Vich ,

I . La suzeraineté de l'église de Vich sur la ville de ce nom et sur un certain nombre des châteaux de ce diocèse a comme origine la donation du comte Wifred à Févêque Godmar des droits de souveraineté dans le pays d'Ausone. donation confirmée par le roi Eudes (24 juin 888). Cf. Nyerros y (ladells, por Pablo Parassols y Pi, Barcelona 1880. — Les évèques de Vich jouirent, à partir de cette époque, de toute juridiction dans leur ville. Plus tard, la maison de Moncade acquit la possession des quartiers supérieurs avec la place appelée Quintana, sous la dépendance de la Mitre, tandis que celle-ci conserva en toute propriété la partie inférieure. L'ambition de cette famille donna lieu, du reste, aux plus graves désordres, pendant le xme siècle notamment. Une sentence dut ainsi régler les différends de l'évêque Guillaume avec Guillaume de Moncade (27 août 1224). Les principaux articles en furent les suivants : ce dernier renonce à tout droit de justice sur le marché général et livrera au pontife, en conséquence, les voleurs qui se seront réfugiés dans son domaine, après avoir enlevé quelque objet sur ce marché. Guillaume et ses successeurs posséderont la Quintana, en fief de l'église, à la réserve pour le chapitre de Vich d'y percevoir la dime de tous les revenus et deux morabotins de cens payables à la Toussaint. L'évêque, de son côté, remettra au seigneur de Moncade les hommes qui seraient passés dans la partie inférieure de la ville, après avoir perpétré quelque larcin sur la Quintana. Il devra, en outre, réparation à Guillaume poulies délits commis sur cette place par ses vassaux. Aucun habitant de l'une quelconque des deux parties de la ville ne pourra se transporter dans l'autre, lorsqu'il aura été cité par son seigneur, mais il devra plaider

au sujet de ses droits de juridiction dans cette ville : sa situation vis-à-vis du prélat ressemblait beaucoup à celle de Roger- Bernard en Andorre. Comme héritière des seigneurs de Moncade, elle possédait, effectivement, dans les quartiers supérieurs de Vich un château, du haut duquel ses gens menaçaient le

devant sa juridiction particulière. (Cf. YEpiscopologio de Vich, du chanoine Moncada, public par le chanoine Collell, t. I, p. 563-564. — Orig. Arch. nat., J 879n°41). — Gaston de Béarneut aussi des difficultés avec l'évêque de Vich : il avait laissé passer un an et un jour depuis la mort de sa mère Garcende, sans prêter hommage à son suzerain. Ayant obtenu un nouveau délai il omit encore de remplir cette obligation et se vit confisquer tous ses biens (22 avril 1270). Mais la sentence ne fut pas exécutée, et il se décida à faire acte de vassalité vis-à-vis du prélat (17 novembre de la même année), en présence de Roger-Bernard, comte de Foix, de Raimond, vicomte de Cardone, et d'autres seigneurs [Episcopologio de Vich, t. II, p. 74). L'église de Vich fut encore bien plus malheureuse lorsque Guillelme de Moncade eût succédé à son père en Catalogne. Ses démêlés avec l'évêque éclatèrent surtout après la mort de son mari l'infant Pierre. Non seulement elle refusa de reconnaître la suzeraineté du prélat mais elle alla jusqu'à menacer de confiscation les habitants de la vallée de Torello, s'ils payaient les dîmes à ce dernier et ne prenaient point les armes contre lui. Ces luttes provoquèrent la formation de deux partis : les Cadells (du camp de Guillelme). et les Nyerros (de celui de l'évêque). Cf. Nyerros y Cadells p. 10, 11. — On peut juger de l'état déplorable du diocèse à cette époque par la constitution épiscopale et capitulaire du 9 février 1304 (n. st.); elle concédait au chapitre les fruits des bénéfices de l'église cathédrale, durant l'année qui suivrait la vacance de celle-ci, et à l'évêque, ceux des autres églises; en voici un passage caractéristique : Sane inter injurias militas, inter oppresiones inmensas et inter molestias plures quibus Vicensem ecclesiam plurimi, sine caus.i, Dei timoré postposito, affecerunt, illa lumen pregrandis esse dinoscitur qua nobilis domina Guillelma de Monlecalnno injuste ecclesiam ipsam affecit. Quantis enim i]>sa domina eandem ecclesiam suosque ministros cl subditos provocarat o/fensis nullos credimus lalere in proximo, cum ad mullos perveneril in longinco, etc. (Arch. capit. de Vich. Liber rile, vol. II, f° 13. Ms. du xive s., renfermant la collection des actes du chapitre et de l'évêque). Les droits seigneuriaux de la Mitre sur cette ville s'éteignirent le 22 septembre 1315, époque à laquelle Bérenger les échangea avec le roi contre certains revenus que lui assurait celui-ci (Arch. de l'évêché de Vich, caisse : Vich 2).

reste de la cité épiscopale. C'était la Partida de Moncade, qu'elle tenait en fief de la Mitre, mais où elle jouissait, en réalité, d'une indépendance presque complète.

Incapable de résister aux usurpations de sa vassalle, l'évêque invoqua, fréquemment, la protection du monarque. Celui-ci intervenait volontiers dans ces débats, car son autorité ne pouvait qu'y gagner. Il donna, cette fois, raison à Guillelme qu'il tenait, sans doute, à ménager pour lors et il prescrivit à ses officiers de lui prêter assistance; le pontife reçut1, en même temps, l'ordre (17 janvier 1300) de ne rien entreprendre contre elle.

Les terres de Catalogne échues à Guillelme sont acquises par

Jacques II.

Jacques arriva enfin au résultat qu il poursuivait avec tant d'ardeur: sa belle-sœur lui fit'2 donation (1er avril 1300), sous réserve d'usufruit, des baronies de Moncade et de Caste! vieil et, en général, de tous les domaines possédés par elle en Catalogne et dans l'Aragon. Elle garda, par contre, la pro priété des forteresses et villes de Mataro, Semmenat, Rahona, Sabadell, Balmoll, Nuyes, Villabella, ainsi que ses droits et revenus dans l'église et la ville de Majorque.

Le roi lui accorda, en retour, et à titre de donation viagère, les villes de Gérone et de Bésalu avec leurs vigueries et baylies ; celles de Manrèse, Berga, San Père de Oro ; le fort

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