‹ Relations politiques des comtes de Foix avec la Catalogne jusqu'aucommencement du XIVe siècleChapitre 276 sur 358 · I. Vaissète, t. IX. j · texte numérisé non relu

I. Vaissète, t. IX. j

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ttOGËR-BERNARD III ET LES DOMAINES DE MONCADE -'521

de Toulouse et de soulever tout le Midi à sa suite. Il avait, également au dire de ses accusateurs, cherché à le détourner du mariage de Gaston avec Jeanne d'Artois et lui avait promis daller, à ses propres frais, négocier celui de ce dernier avec la fille du roi d'Aragon : une pareille alliance lui aurait valu le concours de l'Espagne pour la conquête de Toulouse. Il l'avait poussé, de plus, à faire la paix avec les comtes d'Armagnac et de Comminges et l'avait entretenu de la constitution d'un état embrassant les territoires compris entre Bordeaux et les Pyrénées; la chose était facile, d'après le prélat, grâce à l'amitié des seigneurs susdits, à la protection de Jacques et à l'antipathie des gens du pays pour les Français. Nous n'avons pas à discuter ici le bien fondé des griefs émis contre Bernard Saisset ; nous nous contenterons de faire observer qu'en préférant l'alliance de Philippe IV à celle du roi d'Aragon notre comte témoigna d'un véritable bon sens, si ce n'est de patriotisme. Il n'aurait, effectivement, pas été plus heureux que les anciens comtes de Toulouse, et se serait vu, en outre, dans la nécessité de sacrifier ses prétentions sur l'héritage de Guillelme de Moncade, pour conclure le mariage de son fils avec une des filles de Jacques II.

Dernière coalition formée pur le comte de Foix contre le monarque ara.gona.is. — Sa mort, 3 mars 1302 in. st. .

A peine de retour dans ses états, Roger-Bernard prit ses mesures pour revendiquer la succession de Guillelme par la force des armes. Il ne lui restait que ce moyen de se faire rendre justice ; toutes ses protestations , en effet , étaient

Bal-don de Mony. — Comtes de Foix et Catalogne. I. -1

■ Vl'2 RELATIONS DKS COMTÉS DK l'olX \\T.<: I. \ CATALOGNE

demeurées sans résultat , qu il en eût chargé Raimond- Foulques, le comte d'Urgel, ou même d'autres de ses amis1.

C'était une chose grave que d'ouvrir la lutte avec le roi d'Aragon lui-même ; mais notre comte avait pour principe de ne jamais reculer quand il s'agissait du maintien de ses droits. Il engageait, du reste, la campagne dans de bonnes conditions, car les alliés ne lui manquaient pas en Catalogne : Arnaud d'Espagne allait renouveler ses attaques dans le comté de Paillars et détourner, de ce côté, une partie des troupes ennemies ; le vicomte de Cardone'2, cédant à une vieille amitié, prenait résolument sa défense ; les seigneurs catalans, en général, éprouvaient une vive sympathie pour la cause du jeune Gaston et comprenaient que l'acte arbitraire dont celui-ci était victime les atteignait tous dans leurs privilèges. Avant de mourir, Roger-Bernard ranimait ainsi la guerre, une dernière fois, entre la noblesse et le pouvoir royal.

Les deux documents ci-dessous établissent que telles étaient bien les dispositions des grands à l'égard de ce seigneur. Le premier3 est une lettre (6 décembre 1301) de Guillaume de Anglesola, archidiacre de Vich et administrateur du diocèse de ce nom, pendant la vacance du siège ; il y prie l'infant Jacques, procureur général du roi en Catalogne, d'envoyer un viguier avec des troupes afin d'organiser la défense de la cité épiscopale contre Roger-Bernard, vu que les chevaliers du voisinage ne sont pus portés à marcher contre lui.

G. d'Esbanc4, bailli de Figueras, est encore plus explicite; annonçant (23 janvier 1302. n. st.) au souverain qu'il a fait publier l'ost contre le comte, il déclare que les chevaliers et

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