‹ Relations politiques des comtes de Foix avec la Catalogne jusqu'aucommencement du XIVe siècleChapitre 286 sur 358 · CHAPITRE TROISIEME AFFAIRES DE CERDAGNE ET D'ANDORRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME AFFAIRES DE CERDAGNE ET D'ANDORRE

I. Gaston Ie1' règle avec Jacques de Majorque diverses questions relatives

à ses domaines de Cerdagne (1304).

II. L'Andorre est le sujet de nouvelles rivalités entre le comte de Foix

et l'évêque d'Urgel.

III. Gaston reprend les hostilités avec le roi de Majorque. Trêve du 30 décembre 1306.

Gaston /''' règle arec Jacques de Majorque diverses questions

relatives à ses domaines de Cerdagne

Peu après son avènement, le jeune comte ' rendit hommage (3 novembre 1303) au roi de Majorque, son oncle, pour les châteaux de Son et de Quérigut, les villages d'Evol, d'Estavar et de Bajanide, et généralement pour tous ses lîefs du Donnezan, du Capcir, du Contient et du Baridan2; il n'en eut pas moins avec ce prince de très graves contestations au sujet des limites de ses terres et de l'étendue des droits de juridiction de ses officiers en Cerdagne.

1. Arch. dép. des Pyrénées-Orientales, B 16, f° 44 v°. - Arch. dép. des Basses-Pyrénées, E 392, f° 39.

2. Le jour suivant, il reçut de lui en fief le château de Lès, sauf les droits de suzeraineté et de juridiction criminelle que le roi se réservait (Arch. dép. des Pyrénées-Orientales, B 10. f" 40).

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Il avait, en effet, comme héritier des vicomtes de ce nom. une part dans le produit total de la justice, sans compter la possession de certains lieux particuliers. Mais son autorité était subordonnée à celle du roi de Majorque, son suzerain. Les deux pouvoirs se trouvaient de cette manière en contact permanent, avec des attributions souvent mal définies : il en résultait des conflits pour ainsi dire inévitables. On se rappelle ceux qui avaient déjà surgi entre Roger-Bernard II et Xugnès-Sanche (1233). Ils se renouvelèrent en 1304. Les parties convinrent, toutefois, d'y mettre fin en recourant à l'arbitrage d'Amalric, vicomte de Narbonne, et de Pierre de Fenouillet J . La sentence, rendue à ce sujet (15 juillet 1304). contient de curieux renseignements- sur l'exercice de la juridiction féodale dans ces pays, sur les droits des comtes de Foix spécialement. Analysons-la brièvement.

Les juges déterminèrent en premier lieu et avec la plus grande précision les frontières de la Cerdagne et du Sabartès, du Capcir et du Donnezan : il existait toute une zone de pàtu-

1. Le roi et le comte réglèrent également un différend relatif au château de Lès (1er juin 1304). Il y fut stipulé que Gaston conserverait cette place, à condition de s'acquitter envers le monarque de toutes les obligations féodales [Orlçj. Arch. nat., J 880, n° 2. — Copie. Bibl. nat., coll. Doat, vol. 178, f° 25). — Philippe le Bel était intervenu dans cette affaire auprès de Jacques Ier. Averti que celui-ci avait fait occuper la forteresse en question, il lui en exprima son mécontentement : « Considérantes attentius quod ex dissensionis materia inter vos, cui copula propinque consanguinitatis connectimur, et ipsum comitem, qui nobis vinculo fidelitatis astringitur, suscitala possunt execrabilia dissidia et horrenda scandala provenire necnon grande impedimentum proposite nostre guerre, cum cornes predictus, qui est membrum nobile regni nostri, nobis in predicta guerra minus servire poterit, quamdiu ad sue terre defensionem vaccabit... » Il le requit de s'abstenir de tout acte d'hostilité vis-à-vis du comte et lui proposa, en outre, son arbitrage. (Sans date. — Bibl. nat., lat. 10919, f° 40.)

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