Id., ib., col. 675, note t
Quoi qu'il ou soit de l'interprétation de ces textes , les successeurs de Roger de Foix paraissent avoir joui très paisiblement de leurs états. En dépit de la mention, faite par le testament l de Raimond-Bérenger le Vieux , de ses droits » in Foxes et in Comenge et in Sabartes et in loto alio honore de Rodffario comité de Foix », jamais la maison de Barcelone ne semble avoir inquiété sa voisine pour la possession de ces terres; aucun des autres testaments des comtes de Barcelone ne fait, du reste, allusion à une revendication quelconque du comté de Foix 2. Les hautes montagnes de ce pays furent, sans doute, une barrière suffisante contre l'ambition de ces puissants seigneurs.
Depuis cette époque, d'ailleurs, jusqu'au mariage de Chimène (vers l'an 1117), les documents gardent un silence complet sur les relations des comtes de Barcelone et de Foix : ces derniers semblent avoir observé une neutralité absolue vis-à-vis des deux maisons alors en lutte pour la suzeraineté du comté de Carcassonne, celles de Toulouse et de Barcelone; agir autrement eût été une imprudence positive. On retrouve dans un seul acte les noms de Raimond-Bérenger le Vieux et de Roger II de Foix, côte à côte; c'est à l'occasion de l'investiture 3 du Lauraguais conférée au premier par le comte de Toulouse (1071); et encore Roger ne manifeste-t-il sa participation à ces conventions que par l'apposition de sa signature au bas de l'accord.
La prudente réserve de celui-ci ne le fît pas renoncer cependant à ses droits sur l'héritage de Roger-le-Vieux. Nous
t. Bofarull, Condes de Barcelonavind., t. II, p. 41.
2. Lors du traité de Corbeil, en 12;>8, les juristes de Jacme Ier invoquaient peut-être les textes indiqués ici pour appuyer les prétentions de leur maître sur le comté de Foix.