Pièces just., n
2. Il convient toutefois de faire ici une remarque au sujet de la limite occidentale indiquée par cette pièce. L'acte de consécration de l'église d'Urgel (il ne trace pas, il est vrai, la délimitation de l'Andorre, mais nous permet de la fixer nous-mème) semble être, sur ce point, en contradiction avec la donation d'Ermengaud : il indique le comté d'Urgel, et non plus celui de Paillars, comme formant la frontière de l'Andorre à l'ouest. En réalité, la contradiction n'est qu'apparente. L'Andorre se trouvait, en effet, séparée du comté de Paillars par une longue bande de territoire appartenant nominalement à celui d'Urgel et comprenant les châteaux de Tor et d'Os, rattachés ordinairement dans les actes à la vallée de San Juan. Mais les prédécesseurs d'Ermengaud ne semblent pas avoir joui d'une autorité bien solide sur cette vallée et son prolongement entre l'Andorre et le pays de Paillars : nous aurons l'occasion de le constater. On comprend donc qu'Ermcngaud n'en ait pas fait mention et ait assigné le comté de Paillars comme limite occidentale à l'Andorre. (Cf. Bladé, Etudes historiques sur la vallée d'Andorre, p. 48-52). Il n'en est pas moins vrai de dire, pour rester dans une exactitude rigoureuse, que le pays d'Urgel limitait alors l'Andorre à l'ouest, comme il la limite encore maintenant.