‹ Relations politiques des comtes de Foix avec la Catalogne jusqu'aucommencement du XIVe siècleChapitre 50 sur 358 · Marca hisp., col · texte numérisé non relu

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2. Cf. Manual Digest de las valls neutras de Andorra per lo Dr en dret, Anton Fiter y Rossel (1748), cap. VII.

3. Cf. une communication de M. Pasquier, archiviste de l'Ariège, à la séance du 9 janvier 1894 de la Société archéologique du Midi de la France. M. Pasquier y démontre la fausseté d'un prétendu diplôme de Louis le Débonnaire (Arch. capit. d'Urgel), sur lequel s'appuyaient certains auteurs pour affirmer que ce prince et son père avaient fait de l'Andorre un état autonome. (Bull, de la Soc. arch. du Midi de la France. Série in-8°, n° 13, p. 38-39).

concorde absolument avec l'usage, par les Andorrans, de libertés considérables ; elle a donc pour nous la valeur dune preuve directe.

Les franchises des terres d'aprision furent, comme celles des alleux, exposées bientôt à l'envie et aux attaques des seigneurs. Les actes de 812 et 810 prévoient déjà ces empiétements et édictent des mesures pour les empêcher. Mais la marche des événements l'emporta souvent sur les lois : les forts opprimèrent les faibles ; les services spontanés et gracieux furent changés en services obligatoires. D'un autre côté, la pratique de la recommandation et celle du vasselage s'introduisirent de bonne heure; on en voit déjà la preuve dans l'article VI du diplôme de 815 et dans celui de 810.

Sous cette double influence de l'usurpation et du vasselage, les comtes acquirent, sur les aprisions et les terres libres, des droits supérieurs à ceux qu'ils avaient eus primitivement. Les franchises y furent peu à peu réduites ou supprimées, moins cependant dans le Midi que dans le Nord de l'empire carolingien.

L'Andorre, au contraire, se maintint dans une situation privilégiée; non pas, croyons-nous, qu'elle ait reçu de la bienveillance de Charlemagne et de Louis le Débonnaire une constitution exceptionnelle, mais parce que sa position topographique la mit plus à même de défendre ses libertés contre les compétitions étrangères.

Selon nous, ses habitants vivaient donc, au début du ix0 siècle, sous le régime ordinaire des propriétaires d' aprisions ; placés comme eux, sans doute, sous la protection spéciale de l'empereur, ils devaient être soumis à la juridiction de leur comte ', celui d'Urgel, pour le service militaire parti-

1. On cite quelquefois un diplôme (publ. par D. Vaissète, t. II, Pr. col. 217, 21H) de Charles lé Chauve (84M) à l'un de ses fidèles, nommé

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culièrement. Celle-ci s'étendit vraisemblablement un peu plus tard, à mesure que l'autorité des rois francs s'affaiblit dans la Catalogne. Elle arriva ainsi à comprendre certains droits régaliens qui avaient été réservés à l'empereur, aux princes de sa famille, à ses missi ou à ses envoyés (dipl. de 815, art. I).

Cependant les comtes d'Urgel se désintéressèrent promptement de l'Andorre : d'une part, les ressources du pays étaient trop maigres pour qu'ils pussent en tirer grand profit; de l'autre, ils étaient continuellement entraînés dans le midi de leurs domaines par les guerres contre les Sarrasins. Il est donc aisé de comprendre qu'ils se soient dessaisis de bonne heure de leurs droits seigneuriaux dans cette vallée. De là, ces donations à l'église d'Urgel dès le milieu du xc siècle, celle à l'abbaye de San Cerni (1007), dont il va être reparlé bientôt. Le maintien des libertés de l'Andorre est dû, en grande partie — telle est, du moins, notre conviction — à l'abandon prématuré de ce pays par les comtes d'Urgel. Celui-ci gagna beaucoup, au contraire, à être placé sous la sauvegarde de l'église de ce nom : l'étude de ses relations avec cette dernière permettra de le constater. Pour le moment, il nous faut examiner les droits de l'église sur cette vallée avant les actes de cession que lui en firent les comtes d'Urgel.

Sicfred (le même que Sunifred, comte d'Urgel, d'après M. Bladé : Mém. de l'Académie de Toulouse, 7e série, t. III, 187 1, p. 424 et s.), comme ayant été la source des droits de souveraineté des comtes d'Urgel sur l'Andorre. Mais les termes de ce document ne sont pas assez précis pour qu'on puisse l'invoquer sérieusement. (Cf. Brutails, Élude critique sur les origines de la question d'Andorre, tirage à part de la Bévue des Pyrénées (n° M, 1891), p. 17-20.)

Droits de Vêglise d'Urgel sur l'Andorre nu IX' siècle.

Ici encore l'acte de consécration de l'église d'Urgel sert de base à notre discussion. Il nous apprend que, détruite par les Sarrasins, cette église fut restaurée du temps de Charlemagne et dotée au nom de l'empereur Louis et du comte Sunifred, son lieutenant. Ces faits sont importants, car ils témoignent de l'action des princes carolingiens dans la région subpyrénéenne; ils donnent un fond de vérité à la tradition andorrane de la participation de Gharlemagne et de Louis le Débonnaire à l'organisation de ces pays.

Les limites assignées par l'acte ci-dessus à l'église d'Urgel embrassent tout le territoire du comté de ce nom, de ceux de Cerdagne, de Berga, de Paillars et de Ribagorça. Il lui attribue en même temps les revenus nécessaires à son existence et à son administration : les dîmes et prémices dans toute l'étendue du diocèse, ainsi que la dîme sur le fer et la poix et le tiers du tonlieu sur tous les marchés.

Les historiens de l'Andorre interprètent diversement ce texte considérable. Les uns * y voient l'origine de la souveraineté temporelle des évêques d'Urgel sur l'Andorre; les autres 2 prétendent, au contraire, qu'il s'y agit simplement de la juridiction spirituelle de l'église sur cette vallée, juridiction semblable à celle dont elle jouissait sur les autres pays soumis à son pouvoir. Cette dernière opinion est la seule admissible;

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