Vaissète, t. V, col
2. De simples lieutenants du comte, les vicomtes de Castelbon devinrent des seigneurs possédant une juridiction territoriale; ils l'exercèrent bientôt dans le haut comté d'Urgel avec une indépendance presque
complète.
LES EVÊQTJES D URGEL ET l'aNDORRE 63
La conclusion à tirer de cette discussion s'impose d'ellemême: si les comtes d'Urgel se désintéressèrent alors, plus ou moins, de la partie haute de leur comté, il est clair que l'influence des évèques ne put qu'en profiter; en fait, on trouve là une explication fort naturelle de l'accroissement rapide qu'elle y prit. Il ne nous a pas semblé inutile d'insister sur ce point, parce qu'il s'y rattache une idée générale bien propre à donner une vue plus nette de la situation du pays d'Urgel à cette époque ' .
Peu après l'acte de cession de Borrel, Sylvestre II confirme à l'évèque Salla (1001) les possessions de son église; les alleux 2 d'Andorre laissés à la Mitre par les comtes d'Urgel, in valle Andorra onines alodes comitales, sont énumérés parmi celles-ci.
Quelques années plus tard, Ermengaud \ évèque d'Urgel, obtenait (1013) de Benoît VIII une nouvelle bulle, celle dont nous avons parlé plus haut et dans laquelle sont expressément nommés les alleux de la vallée d'Andorre ayant appartenu au comte Sunifred.
Il y aurait lieu de s'étonner de ces fréquents recours des églises au Saint-Siège, si l'on ne savait à quelles convoitises leurs terres étaient exposées. Pour n'en donner qu'un exemple, nous citerons le fait de l'évèque Salla obligé 4 de jeter l'interdit surtout le pays de Cerdagne et de Berga (991); appuyés par Ermengarde, comtesse de Cerdagne, et par ses fils, des hommes criminels avaient envahi les églises et refusé de lui payer le cens.
1. Borrel mourut en 993, laissant deux fils : Raimond-Borrel, qui fut la tige des comtes de Barcelone, et Ermengaud, qui succéda à son père dans le comté d'Urgel.