‹ Relations politiques des comtes de Foix avec la Catalogne jusqu'aucommencement du XIVe siècleChapitre 56 sur 358 · Ici., col. ila · texte numérisé non relu

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Les comtes d'Urgel eux-mêmes ne se gênaient pas pour spolier l'église, quand l'occasion s'en présentait 1 : la suite de notre récit le montrera plus dune fois. Ils lui furent cependant beaucoup moins hostiles que ceux de Cerdagne, dont nous avons à parler maintenant.

Difficultés et anarchie suscitées dans Vévêchè d'Urgel par Vamhition des comtes de Cerdagne.

Le xic siècle fut pour le comté d'Urgel une période de troubles extrêmement agitée. Tandis que les seigneurs de ce pays se jetaient avec ardeur dans la lutte contre les Sarrasins - , les remuants comtes de Cerdagne profitaient de cette circonstance pour commettre à leurs dépens toutes sortes d'usurpations. Le milieu de ce siècle est particulièrement marqué par leurs empiétements contre les comtes et les évêques d'Urgel. C'est ainsi que, vers 1040, très vraisemblablement pendant la première jeunesse d'Ermengaud III, Raimond de Cerdagne

1. Ermengaud Ier en fait l'aveu exprès dans son testament (Marca hisp., col. 974) à propos du lieu de Tuxen; son père l'avait donné à l'église d'Urgel; Ermengaud dépouilla celle-ci de ce domaine et le lui rendit dans son testament : recognosco me malum eyisse et reddo ei ipsa parrochia et ipso fevo. — L'acte de la deuxième consécration de cette église (1040) contient encore un passage sur lequel on peut se baser pour soupçonner une usurpation des biens de l'évêcbé par le comte d'Urgel : c'est celui où le jeune comte Ermengaud fait don à l'église de la paroisse de la Massana en Andorre ; ses prédécesseurs, en effet, ne s'étaient-ils pas dessaisis, au profit des évêques, de tous leurs alleux dans cette vallée? celte donation ne serait ainsi, au fond, qu'une restitution (Id., col. 1069-1072).

2. Trois d'entre eux moururent sur les champs de bataille : Ermengaud I", en 1010 (Vaissète, t. III, p. 240); Ermengaud II, en 1040; Ermengaud III, en 1005 (Villanueva, Viage lit!., t. IX, p. 127).

LES ÉVÊQUES d'l'RGEL ET [/ANDORRE Go

réussit à lui soustraire l'hommage de l'un de ses principaux vassaux, Miron, le vicomte d'Urgel lui-même : ce seigneur reconnut ' sa suzeraineté sur les châteaux d'Aguda, de Castelbon et de Rochamora, « qu'il avait, est-il dit dans l'acte, tenus autrefois du comte d'Urgel ».

D'autres vassaux de ce dernier avaient également ~ passé sous l'autorité du comte de Cerdagne; Ermengaud III cherchait, il est vrai, à les replacer sous sa domination et concluait 3, à cet effet, une alliance (vers 1050) avec Raimond- Bérenger, comte de Barcelone, et différents seigneurs et comtors du pays d'Urgel; on remarque parmi ceux-ci le vicomte Miron-Guillaume et Isarn de Caboet, « quisunt homines de supradicto Raimundo comité de Cerdania ». Guillaume, évêque d'Urgel, faisait partie de la ligue, ainsi que ses frères. Bernard, comte de Berga, et Bérenger. On ignore quel en fut le résultat. Le seul fait de cette coalition n'en prouve pas moins combien l'ambition des comtes de Cerdagne devait paraître dangereuse.

Il semblerait, du reste, que l'esprit d'intrigue fût de tradition dans cette famille. Dès l'an 1016, Guifred, père de Raimond, avait, a la suite d'un marché scandaleux, fait asseoir son fils Guifred sur le siège métropolitain de Narbonne 4. A son tour, le nouvel archevêque profita de la mort d'Eribal, évêque d'Urgel (-J- 1041), pour faire élire 5 à la place de celuici son frère Guillaume à prix d'argent. C'est ce même Guil-

1. Arch. d'Aragon, coll. de documents non datés de Raimond- Bérenger Ier, n° 193. — Nous avons déjà parlé plus liant de ce comte, à propos de ses entreprises dans la Haute-Ariège.

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