Vaissète, t. III, p
u. /(/., t. IV, p. 907.
Baudon de Mony. — Comtes de Foix et Catalogne. I. b>
!>() RELATIONS DES COMTES DE FOtX AVEC LA CATALOGNE
laume qui se liguait avec les comtes de Barcelone et d'Urgel contre son frère Raimond.
Ajoutons, pour compléter le tableau de la puissance de la maison de Cerdagne, que Bérenger et Bernard, les deux autres frères de Raimond, étaient, le premier, évêque de Gérone, le second, comte de Berga '. D'aussi hautes situations devaient évidemment donner à cette famille une influence considérable dans le Nord de la Catalogne et lui permettre d'y contrebalancer celle des comtes d'Urgel.
L'anarchie y était encore fort grande vers la fin du XIe siècle. Nous en avons la preuve dans un document extrêmement curieux publié - par Yillanueva. Ermengaud IV en était arrivé au point de ne pouvoir se faire livrer par ses feudataires les forteresses qu'ils tenaient de lui. Il fut réduit à user d'un stratagème et à demander à l'église d'Urg"el de lui remettre les châteaux possédés par elle; il espérait, par ce moyen, déterminer les vassaux du comté à faire de même. Il reconnut, du reste, que l'église n'était nullement soumise à ce devoir féodal et promit de lui rendre ces places, aussitôt qu'il se serait fait ouvrir les portes de celles de ses subordonnés (1080).
Ce terrible aveu de faiblesse continue de la manière la plus saisissante notre appréciation sur la situation générale du comté d'Urgel ; il en dit plus long- que beaucoup de raisonnements. Il faut, du reste, le reconnaître : comme ses prédécesseurs, Ermengaud IV avait été entraîné loin de la partie montagneuse de son comté; sa résidence, lixée d'abord à Gerb, fut portée ensuite à Balaguer après qu'il eut conquis cette ville sur les Maures. Le haut pays d'Urgel, ainsi à peu près abandonné