‹ Relations politiques des comtes de Foix avec la Catalogne jusqu'aucommencement du XIVe siècleChapitre 71 sur 358 · Pièces just., n · texte numérisé non relu

Pièces just., n

Juan (29 juin HG2) et lui promit, de la manière la plus précise, de lui livrer les châteaux dépendant de ces terres; il reconnut, en outre, à ce dernier, le droit de se les faire remettre par les châtelains eux-mêmes, s'il lui arrivait de faillir à ses engagements. Il stipula également que les habitants de ces vallées devraient rendre à l'évèque le serment de fidélité.

Arnaud persévéra, sans doute, jusqu'à sa mort, dans sa soumission à l'égard de l'église; son testament [ (14 janvier 1170 n. st.) en est une nouvelle preuve. Il y laissa les vallées d'Andorre, de San Juan et de Gaboet à sa tille Arnalde, ainsi que ses droits à Bescaran, à la Seo, à Lavança, à Rialp et dans tous ses autres domaines, à la condition de les tenir, elle et son futur époux, comme lui, en fief de l'église. Bien plus, ayant fait, peu après, un nouveau testament, il 2 y institua celle-ci elle-même (23 février 1170, n. st.) son héritière universelle; il mit Arnalde sous la protection épiscopale, et déclara confirmer l'accord conclu par lui entre l'évêque et ses neveux d'Enveg.

C'était réparer d'une manière éclatante ses torts d'autrefois ; sa mort suivit 3 de cinq jours seulement cette expression suprême de ses dernières volontés (28 février).

1. Cette pièce est analysée par l'inventaire ms. des Archives du chapitre d'Urgel, f° 121, En la caixa de la C primera, n° 21 , et par l'ancien inventaire déjà cité (Pièces just., n° 47, p. 91).

2. Cf. /(/., ib., et la déclaration des exécuteurs testamentaires d'Arnaud de Caboel, du 13 juillet 1170. (Arch. capit. d'Urgel, cart. , vol. 1, n° 943.)

3. Cf. la déclaration de ses exécuteurs testamentaires (citée à l'instant) ; elle place sa mort le II des kalendes de mars de l'année de l'incarnation 1169. Il faut évidemment ramener celte date au nouveau style; il n'est pas probable, en effet, que les exécuteurs testamentaires d'Arnaud aient attesté la véracité de son testament plus de seize mois après sa mort. Cet acte démontre, en outre, d'une manière certaine, l'erreur commise par l'ancien inventaire d'Urgel, en attribuant à ce personnage une pièce du 19 juillet 1 170 (Pièces just., n° 47, p. 92).

LES ÉVÊQUES d'uRGEL ET LA MAISON DE CABOET 81

Qu'advint-il d'Amalde après la mort de son père *, de 1170 à 1180? nous l'ignorons entièrement; nous savons seulement qu'à cette dernière date l'évêque d'Urgel lui donna 2 pour mari Bertrand de Tarasco, avec la vallée de Gaboet, le château d'Arts

1. La promesse faite a l'évêque par Raimond et Guillaume d'Enveg (1171) de lui livrer, à toute réquisition, les possessions qu'avait eues Arnaud de Caboet, tendrait à faire croire que la garde de ces domaines leur fut confiée pendant le bas âge d'Amalde (Pièces j ust., n° 47, p. 95). On peut rapprocher de ce fait l'accord mentionné par le deuxième testament d'Arnaud.

2. /J., p. 91-92. — De ce mariage naquit un fds du nom de Bertrand, ainsi qu'on peut le conclure de l'inféodation faite en 1186 par l'évêque d'Urgel à Arnaud de Castelbon : salvotamenjureBertrandi,fîliiBertrandi de Tarascho (Id., app. n° IV). — Un autre document ( 1 1 sept. 1194. — Doat, vol. 169, f° 55 et s.) dit clairement que Bertrand de Tarasco était tils d'Amalde; il prouve même que ce seigneur ne se désintéressa point de ses droits à l'héritage de sa mère. Une transaction intervint alors, en effet, entre lui, Arnalde, sa mère, Bernard de Taus, Ermengarde, mère de celui-ci, d'une part, Pierre d'Orcas et Raimonde, sa cousine, fille d'Ermengarde, d'autre part, au sujet des châteaux de Taus, Castels, Sauched et Sauchedel. Il fut décidé que Pierre d'Orcas et Bertrand de Tarasco auraient pouvoir sur ces châteaux par moitié, mais que Pierre d'Orcas aurait 8 hommes dans les dites forteresses : 2 à Taus, 3 à Castels, 2 à Sauched et 1 à Sauchedel. On stipula que cet accord devrait toujours être observé par celui qui tiendrait la vallée de Caboet et celui qui posséderait le lieu d'Orcas. Bertrand de Tarasco prêta serment pour lui et pour tous ses successeurs qui tiendraient la vallée de Caboet. Ce seigneur mourut sans doute vers l'an 1199; le 1er avril de cette année, en effet, Ermengarde de Taus fit donation à Arnaud de Castelbon, à Arnalde, sa fille, à Ermessinde, sa petite-fille, des châteaux de Taus, Castels, Sauched et Sauchedel, Malgrat et Guardia; elle s'y réserva L'usufruit, sans mentionner les droits de Bertrand de Tarasco (Doat, vol. 169, fos 75-76). Le 11 juin 1201 (Arch. nat., J 879, n° 33), Arnaud de Castelbon fit de même une convention avec Pierre d'Orcas, au sujet des châteaux précités ; il n'y est pas davantage question de Bertrand de Tarasco. Il s'y trouve, au contraire, un article rappelant un de ceux de l'acte de 1194, mais s'appliquant à Arnaud ; Pierre d'Orcas lui promet d'observer le présent accord tant que le vicomte possédera les domaines de Caboet. Arnalde appose sa signature à l'acte. Rappelons que celle-ci avait cédé à son mari tous ses droits sur les vallées de Caboet, de San Juan et d'Andorre (27 oct. 1199), sans aucune réserve en faveur de son fils Bertrand. (Cf. plus haut.)

Baudox de Mont. — Comtes de Foix et Catalogne. I. 6

et la vallée d'Andorre à tenir en fief de l'église . Bertrand promit d'être l'homme-lige du prélat, lequel déclara reprendre tous les droits cédés autrefois par Bernard Sanz, son prédécesseur, à Arnaud de Caboet, dans la ville de la Seo, à Archavel et à Bescaran.

Cette union fut de courte durée; Arnalde était, en effet, remariée avec Arnaud, vicomte de Castelbon, dès 1 185 ; celuici reçut *, peu après, de l'évêque Arnaud de Perexens, l'investiture de tous les domaines de la maison de Caboet, à titre d'époux d'Arnalde (21 mai 1186).

Ainsi s'opéra, pour le plus grand malheur de l'église, la fusion des biens des deux familles de Castelbon et de Caboet ; de cette époque date pour elle une ère de calamités ruineuses, de luttes incessantes contre l'ambition d'Arnaud de Castelbon et des comtes de Foix ses successeurs. On entrera un peu plus loin dans le détail de ces querelles : nous voulons auparavant examiner les rapports de l'Andorre avec l'église d'Urgel au xne siècle; étudier ensuite, au chapitre quatrième, les origines des relations des vicomtes de Castelbon avec cette même église.

Droits politiques des évêques d'Urgel sur l'Andorre au XIIe siècle.

Au milieu des difficultés de l'époque, les droits épiscopaux sur l'Andorre ne font que se préciser et se confirmer. Deux textes extrêmement curieux nous donnent à ce sujet les renseignements les plus complets. Ce sont les accords passés par Bernard Sanz et Arnaud de Perexens, évêques d'Urgel, avec

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