‹ Relations politiques des comtes de Foix avec la Catalogne jusqu'aucommencement du XIVe siècleChapitre 74 sur 358 · Pièces just., n · texte numérisé non relu

Pièces just., n

■>. Droits sur les marchés.

LES ÉVÊQUES d'l'RGEL ET LA MAISON DE CABOET 83

moitié entre les clercs d'Andorre et ceux de la Seo. Les Andorrans renoncent, d'ailleurs, à tous les profits illicites qu'ils retiraient du payement des dîmes : distributions de boissons, etc.

Indépendamment des grains, la dîme sera également pavée sur les agneaux, la laine et le suif à la Saint-Jean-Baptiste. Les fromages seront donnés à cette fête ainsi qu'à la Saint- Michel ; et les autres menus droits, perçus aux époques ordinaires. L'évêque pourra envoyer dans toutes les paroisses des vallées les bailes qu'il voudra, qu'ils soient de sa terre ou d'une autre.

Pour le droit de leude, l'évêque recevra 24 jambons, et, pour celui de gîte (de ipsa vista), 6 autres comme ceux donnés autrefois par les Andorrans aux comtes d'Urgel. Les droits d'albergue (parada) seront acquittés, tous les deux ans, sous la forme de 6 vaches, à remettre au plus tard lejour de la Saint- André. Chaque deuxième année, également, les Andorrans payeront deux cents sous de cens (pro solladis comitalibus) ; c'était l'équivalent de celui perçu anciennement par les comtes d'Urgel. Ils promettent, du reste, de recevoir l'évêque honorablement quand il viendra en Andorre et de l'escorter tant qu'il sera parmi eux. Chaque paroisse lui donnera, à cette occasion et selon la coutume, 4 jambons et 40 pains de froment, ainsi que 4 mesures de vin bon et pur et un muid de bonne aA'oine mêlée à un tiers d'orge pour son entretien et celui de sa suite.

Les clercs payeront fidèlement au prélat les droits qu'ils lui doivent : jambons, etc.

Service militaire. Les habitants de l'Andorre serviront l'évêque contre ses ennemis dans les limites convenues. Le premier jour, ils vivront à leurs propres frais : les jours suivants,

ils feront le service militaire aussi longtemps qu'ils pourront se nourrir aux dépens des adversaires de l'église. Chaque maison devra, à cet effet, fournir un homme convenablement armé, celui de ses membres qui sera le plus aguerri.

Justice. Les Andorrans promettent d'accepter la juridiction de l'évêque, toutes les fois qu'ils auront une affaire à débattre avec lui, avec les clercs de la Seo ou avec toute autre personne. Ils s'engagent à recourir au même tribunal, s'il leur arrive d'avoir une querelle avec ceux de leurs voisins qui sont liés par serment à leur égard.

Au cas où l'évêque aura un motif de plainte contre quelque habitant de l'Andorre, celui-ci sera contraint, par sa paroisse, à faire droit au prélat ; si cette dernière refuse d'intervenir, toutes les communautés andorranes devront forcer le récalcitrant à s'exécuter.

Ils observeront fidèlement les jugements de l'évêque et des chanoines dans les affaires entre laïques ou entre clercs ; la trêve de Dieu ; les règlements épiscopaux sur la collation des paroisses.

Ce document prouve ainsi avec évidence que les évêques exerçaient en Andorre plus qu'une juridiction ecclésiastique et spirituelle, une vraie suzeraineté féodale et temporelle. Cette suzeraineté n'était point limitée, du reste, par l'autorité supérieure des comtes d'Urgel; l'acte de 11 70 est formel à cet égard. Pour interpréter sainement le paréage d'Andorre, il sera donc nécessaire de ne pas perdre de vue les accords dont nous venons de parler; il est impossible, en effet, de bien mesurer l'étendue des concessions faites au comte de Foix par ce traité, si l'on n'est pas fixé sur la nature des droits dont l'église jouissait antérieurement dans cette vallée.

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