Vaissète, t. II. Preuves, n
mengaud de Saint-Martin, de Bérenger de Aragal, de leurs chevaliers et de la moitié des autres chevaliers du vicomte, etc. Le vicomte de Castelbon (Pierre-Raimond prend ce titre indistinctement avec celui de vicomte d'Urgel) promit en retour à Raimond aide et conseil contre tous, excepté le seigneur d'Urgel ; il s'engagea également à lui remettre, à toute réquisition, les châteaux qu'il recevait ainsi de lui. Ce n'était pas encore la réunion des deux vicomtes, mais un sérieux acheminement vers ce résultat ; celui-ci fut atteint complètement quelques années plus tard. La justification de la date assignée par nous au précédent accord va nous y conduire.
Les nouveaux éditeurs de l'Histoire du Languedoc ont, en effet, commis un grave anachronisme au sujet de ce document : ils l'attribuent ' à l'année 954, tandis qu'en réalité il est de 1126. L'erreur est d'autant plus regrettable que cette pièce a servi, dans une note 2 très étendue, à représenter la féodalité comme organisée complètement en Catalogne dès le milieu du xe siècle. Il nous est donc impossible de ne pas exposer les raisons très sérieuses pour lesquelles nous avons été obligé de rajeunir le présent texte.
Cette méprise est due très vraisemblablement à une cause matérielle, à l'inscription, par une main moderne, d'une date fausse au dos de cette pièce. On y lit, en effet, celle de 947, le corps de l'acte étant daté de la 18e année du règne du roi Louis. Le nouvel éditeur de l'Histoire du Languedoc s'est malheureusement laissé induire en erreur par cette indication inexacte ; il a pensé qu'il s'agissait ici réellement de Louis IV d'Outremer et s'est contenté de corriger le défaut de concordance entre l'année 947 et la 18e de ce roi; le document se