Pièces just., n
d'en conclure que ce nom, assez rare, d'ailleurs, se rapporte à une même personne vivant en 1126 et en 1135.
Le second 1 est la donation du château de Ciutat à Pierre- Raimond, par Ermengaud VI, comte d'Urgel (16 nov. 1135). Le vicomte y est désigné comme le mari de Sibille, aussi bien que dans le document attribué à l'an 954. Cet acte est souscrit, de plus, par l'un des personnages nommés dans cette dernière pièce, par Ermengaud de Saint-Martin.
Ces raisons sont plus que suffisantes pour prouver l'exactitude de notre correction. L'on pourrait cependant y ajouter une autre considération : la donation du comte d'Urgel au vicomte Guillaume (988) fut, pour ainsi dire, la charte constitutive du vicomte de Castelbon; avant cette époque, en effet, on ne voit nulle part que les vicomtes d'Urgel aient eu des terres dans la vallée de ce nom. Or, ils s'intitulent déjà vicomtes de Castelbon dans l'acte en discussion ; il y a donc antinomie entre ces deux faits. L'on sait, d'autre part, que l'usage n'existait pas encore, au milieu du xe siècle, de désigner les seigneurs féodaux par le titre de leurs terres.
Si, du fond de l'acte, on passe à la forme, l'on remarquera les nombreuses expressions en langue vulgaire qu'il renferme. Celle-ci, cependant, commence à peine à paraître vers la fin du xe siècle seulement. Il n'est pas naturel que ce document ait dérogé aux habitudes de l'époque. L'on peut donc, pour tous ces motifs, affirmer qu'il appartient bien à l'année 1126.
La réunion des vicomtes de Cerdagne et d'Urgel eut pour conséquence de placer le vicomte de Castelbon sous la vassalité d'un nouveau suzerain, le comte de Barcelone. Loin de nuire à son indépendance, cette situation lui fut, au contraire, très favorable ; en cas de dissentiment avec l'un de ses sei-