‹ Relations politiques des comtes de Foix avec la Catalogne jusqu'aucommencement du XIVe siècleChapitre 81 sur 358 · Pièces just., n · texte numérisé non relu

Pièces just., n

|j;s ÉVÊQL'ES D'URGEL ET I.V MAISON DE CASTELBON 97

gneurs, il pouvait, en effet, invoquer l'appui de l'autre, défendre ainsi plus facilement ses prétentions. Pas plus que les comtes d'Urgel, d'ailleurs, ceux de Barcelone n'eurent le loisir de surveiller de près leurs domaines pyrénéens ; aussi les vicomtes de Castelbon auraient-ils été, en fait, de véritables souverains dans la haute vallée de la Sègre, si leur puissance ne s'y était heurtée, de tous côtés, aux possessions de l'église d'Urgel. Celles-ci étaient considérables, nous l'avons constaté plus haut ; malheureusement pour l'église, elles étaient en giande partie disséminées dans tout le diocèse et ne consistaient même, en plus d'un cas, qu'en certains droits sur des villes ou châteaux appartenant aux seigneurs de Castelbon. Un contact aussi rapproché ne tarda point à susciter les conflits et les guerres les plus graves.

Premières relations des vicomtes arec Véglise l démêlés au sujet du château de Ciutat. — Liens de vassalité formés entre les vicomtes et les évéques.

Ce fut au sujet du lieu de Ciutat qu'éclata, entre le vicomte et l'évèque d'Urgel, la première querelle sérieuse dont les documents nous aient conservé le souvenir. L'objet de cette contestation était de la plus grande importance pour les deux parties. Ciutat est bâti, en effet, sur les hauteurs qui dominent la Valira, à un mille à peine au sud de la Seo. Un château construit dans une position pareille, contre le gré du prélat, devenait une menace permanente pour la ville épiscopale. L'on comprend sans peine que celui-ci ait fait tous ses efforts pour empêcher cette prise de possession par un étranger. Ce qui se passa plus tard prouve qu'il n'avait point tort : l'on

Baudon de Monv. — Comtes de Foix et Catalogne. I. 7

verra, en eil'et, comment le nouveau château édifié par le vicomte fut transformé, à certaines époques, en un véritable repaire de brigands; ses hommes en sortaient pour s'abattre sur La plaine de la Seo, intercepter le passage des rivières, détrousser les marchands qui se rendaient aux foires de cette ville, surprendre et piller cette dernière elle-même.

L'évêque Pierre pouvait invoquer plusieurs titres à l'encontre de son rival. Le plus ancien, à notre connaissance, est la donation l, faite à l'église par Sunifred, comte d'Urgel, et par sa femme, des terres qu'ils possédaient à Ciutat (935). Bien après, l'évêque Guillaume-Arnal laissait- au chapitre, par testament, le château de Montferrer et le moulin de Ciutat avec l'obligation pour ses frères, Pierre et Tedbal-Arnal, de les tenir en fief de l'église (1093). Ce dernier léguait 3 enfin aux chanoines (15 mars 1108) les biens qu'il tenait de la Mitre, à savoir : les châteaux de Riumadriu, de Colomers, de Castelarnal, de Serred, les alleux de Solanell, la paroisse d Aravell, les moulins de Ciutat, etc.

Fort de ces droits, Pierre ne négligea pas, sans doute, de les opposer aux vues ambitieuses de Pierre-Haimond. Toujours est-il, l'on possède sur ces contestations deux texU-s importants : ceux-là mêmes dont nous venons de parler à propos de la discussion chronologique rapportée plus haut ; il faut y revenir ici, mais à un autre point de vue et avec plus de détails.

Le 21 mai 1135, le prélat et le vicomte signaient4 la convention suivante : Pierre-Haimond s'engageait à livrer le châ-

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