‹ Relations politiques des comtes de Foix avec la Catalogne jusqu'aucommencement du XIVe siècleChapitre 84 sur 358 · Arch. nat., J 870, n · texte numérisé non relu

Arch. nat., J 870, n

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LES ÉVÊQUES d'uR(;EL ET LA MAISON DE CASTELBON 101

rendre à l'abbé de Foix les 500 sous à lui dus par l'évêque, etc. Celui-ci, d'autre part, promettait à Raimond d'être son fidèle ami et bon seigneur ; de ne pas lui faire la guerre au sujet de Ciutat, s'il exécutait la présente convention ; de ne réclamer, enfin, au comte d'Urgel ni les 500 sous d'or engagés à ce dernier, ni le château d'Adragen.

Huit ans plus tard (5 avril 1162), un nouvel accord * intervient entre Raimond de Castelbon, l'évêque Bernard Sanz et le chapitre d'Urgel; il n'y est plus question de Ciutat. L'objet en est la concession, par le pontife au vicomte, du château de Montferrer à titre de commende et la promesse de lui payer une rente annuelle de 200 sous ; cet engagement, exclusivement personnel à Bernard, ne pourra lier en aucune façon ses successeurs : il a soin de le déclarer expressément. De son côté, Raimond servira le prélat contre tous, excepté les comtes de Barcelone et d'Urgel, et il lui remettra la place de Montferrer à toute réquisition. Il devra, en outre, au cas d'une contestation entre l'un de ces seigneurs et l'évêque, livrer à ce dernier les chevaliers qu'il tient en fief de l'église, à savoir : ceux de Montferrer, de Terraza '2 et de la jjnr'oisse d'Andorre. Il lui fournira, de plus, deux chevaliers bien armés en retour de la rente de 200 sous mentionnée plus haut. L'évêque conservera, d'ailleurs, le droit de faire détruire le château de Montferrer, s'il le juge à propos, et d'exiger, malgré cela, du vicomte l'accomplissement de ses devoirs de vassalité.

Notons au passage la première manifestation des rapports de celui-ci avec l'Andorre ; elle est curieuse à un double point de vue : elle témoigne, tout d'abord, des visées précoces de Raimond sur cette vallée, avant même la mort d'Arnaud de

i. Pièces just., n° 15.

2. Raimond reconnut la suzeraineté de l'église sur Terraza en 1161. — /(/., n° 47, p. 94.

102 RELATIONS DES COMTES DE FOlX AVEC LA CATALOGNE

Caboet ; elle prouve ensuite que ce vicomte y tenait de l'évêque l'exercice de ses droits.

La question de Ciutat reparaît en 1167 ; l'église en reçut ' alors du comte d'Urgel la possession en franc-alleu. On peut l'emarquer que cette année correspond avec l'élévation d'Arnaud de Perexens au siège épiscopal. Le nouvel évèque réitéra, sans doute, auprès du comte les instances de Bernard Sanz. Ses efforts furent inutiles cependant, car, si, d'après ce document, il obtint gain de cause, le château si disputé n'en demeura pas moins, en définitive, entre les mains de la maison de Castelbon.

Les renseignements nous manquent pour suivre, pas à pas, le détail des luttes de Raimond avec l'évêque d'Urgel. Il est facile, toutefois, de s'en faire une idée en lisant l'exposé 2 de leurs griefs mutuels qu'ils soumirent à G. Jordan, évèque élu d'Elne (19 août 1171). Le prélat reprochait au vicomte de lui avoir occasionné de graves préjudices dans la terre de Méranges et dans les églises d'Alb et d'Adral ; d'avoir élevé le droit de guidage et de l'avoir perçu injustement sur les hommes de la Seo. Raimond répondait à ces accusations que, dans les lieux mentionnés par l'évêque, il s'était borné à recevoir le cens suivant la coutume établie par ses prédécesseurs ; qu'il tenait du comte d'Urgel le droit de guidage et qu'il ne l'avait pas augmenté , bien qu'il en eût la faculté ; qu'il l'avait fait payer légitimement aux gens de la Seo, lorsqu'ils passaient les ports.

G. Jordan prononça l'arrêt suivant : Raimond était condamné à réparer les dommages causés à l'église dans les localités indiquées, à moins qu'il ne parvînt à établir le droit de

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