III. Les dimanches tu garderas En servant Dieu dévotement
Gomme l'encens ranime le charbon qui s'éteint, la prière ranime l'espérance dans le cœur de l'homme.
GCBTUB.
La prière faite en commun est un faisceau de volontés, de pensées, rayons et parfums, qui se dirige avec plus de puissance vers un but.
Léoî< Dfiwis.
Dans tous les cultes, un jour sur les sept de la semaine est consacré aux devoirs religieux et au repos. Pour les chrétiens c'est le Dimanche, mais, dans d'autres religions les divers jours de la semaine occupent le rang de jour du Seigneur. Chez les Grecs c'est le lundi, chez les Perses le mardi, chez les Assyriens le mercredi, chez les Egyptiens le jeudi, chez les Mahométans le vendredi, chez les Hébreux le samedi.
Nous ne rouvrirons pas ici le débat du repos hed-
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domadaire. Il fut suffisamment agite en ces derniers temps devant le parlement et devant l'opinion et tout le monde connaît les diverses pièces du procès. L'affaire est entendue et le repos hebdomadaire a gain de cause ici. Désormais il y a en France un jour sur sept destiné au chômage. Cela est bien et d'autant mieux que notre Dimanche, même nouveau style, n'a que de lointaines similitudes avec le rigorisme du Dimanche Londonnien et les absurdités Belges. A Bru.xelles on ne peut se procurer un timbre-poste pour donner de ses nouvelles à sa famille. Il est vrai que le public a rétabh l'équilibre de la saine raison et tous les concierges d'hôtel en délivrent — sans majoration de prix — aux voyageurs désappointés et embarrassés. J'en ai fait dernièrement l'expérience et, cependant, je n'ai pas assez de louanges pour cette mesure, excellente même dans son exagération.
Du haut delà chaire le prêtre pourrait peut-être quelquefois dire qu'il y a diverses manières de servir Dieu le dimanche.
L'une, la plus ancienne, la plus conforme sans doute au IIP commaudement est la prière en commun, à l'église où l'on va assister aux offices, célébrer, par des chants appropries, la gloire du Très- Haut et écouter pieusement la parole sainte.
L'autre est de consacrer au repos, au milieu de la famille réunie, les longues heures laissées libres par
l'assistance aux offices et la lecture de l'Ecriture Sainte.
La prière en commun est le calmant par excellence des nerfs trop tendus et l'âme inquiète s'apaise sous les voûtes mystérieuses de l'Eglise, sous Tinfluence des psalmodies et des chants liturgiques et de orgue dont la voix profonde et grave ponctue, en les soulignant, les diverses phases des cérémonies saintes. Elle transporte l'âme dans l'infini et lui procure l'heureux avantage de l'union mystique avec la divinité. Après la prière, l'intelligence devient plus vive, la force d'attention plus grande et la volonté acquiert une énergie nouvelle. Les facultés affectives s'affinent et l'homme qui a prié devient plus apte à bien s'imprégner de la beauté et de l'harmonie des choses et des idées ; il les savoure mieux. Après la prière l'homme éprouve une sensation très nette d'euphorie telle qu'il est dans les meilleures conditions possibles pour guérir s'il est déjà malade ou pour éviter la maladie s'il iouit d'une heureuse santé. Il ne pense pas à son corps, chère guenille ; c'est là un excellent moyen prophylactique de l'hypochondrie et de la mélancolie. Que de névrosés, de neurasthéniques et d'hystériques de tout ordre, n'auraient jamais été frappés par la dure main de la maladie s'ils avaient prié le Dimanche, ce qui repose l'esprit et lui donne de l'énergie, et s'ils s'étaient reposés ce jour-là, au milieu des
leurs, après avoir travaillé le reste de la semaine?
Le cerveau humain et le système nerveux tout entier se polarisent à la manière des piles électriques. Comme à celles-ci il leur faut du repos pour se dépolariser et même, aussi, l'aide d'un dépolarisant. Ce dépolarisant c'est la prière et, on le voit, la médecine vient ici étayer de son autorité de science d'observation et d'expérimentation les données de la psychologie et de la religion. Ce repos, c'estrobservation du Dimanche.
Mais, pour que l'observation du Dimanche, du repos hebdomadaire, porte ses fruits tant moraux que physiques, il est bon de s'en tenir uniquement au HP commandement. Le Dimanche ne doit pas devenir un jour de fatigue sous prétexte de délassements variés et irrationnels mille fois plus nuisibles que le travail assidu de la semaine. Plus nuisibles que le travail est une façon de dire, car le travail, proportionné aux forces, à l'âge et au sexe du travailleur, est une garantie de bonne santé, de longévité et de saine hérédité. Le mot nuisible ne doit pas lui être appHqué.
Quel bénéfice attendre d'un Dimanche consacré à la boisson ou à l'audition de couplets pornographiques dans des music-halls, dans une atmosphère constituée par les vapeurs délétères des esprits et essences aromatiques des liqueurs multicolores et par la fumée des pipes ? Le corps s'intoxique et se lasse,
rârae s'irrite, se désorbite et perd l'harmonie de ses facultés.
Le Dimanche donne toutes satisfactions quand on le consacre, en outre du culte, aux soins du corps. 11 doit être le jour de grande toilette hygiénique par le bain et le séjour à la campagne. Le bain procure une vigueur énorme, car il favorise le fonctionnement intégral de la peau, organe nerveux important et aussi d'excrétion et de sécrétion et même respiratoire dontVaction retentit surtout l'organisme (1).
Le séjour à la campagne, à l'air et au soleil, favorise l'oxygénation du sang, ce réservoir et ce transmetteur des matériaux de la nutrition.
En outre, en vivant ce jour-là au milieu des siens, les droits de la famille sont sauvegardés, l'harmonie et l'ordre y régnent, les enfants sont mieux élevés. Bref, on a le bénéfice de cette sécurité donnée par
(1) La peau élimine environ 1.000 grammes d'eau par 24 heures contre 1.200 grammes par les reins et 400 grammes par les poumons.
Cette eau est chargée de produits excrémentiels tout comme l'urine et ces excréta constituent le 1/3 de la totalité des excrétions de tout l'organisme. Une peau sale et crasseuse en diminuant l'activité de ces excrétions, outre les infections locales, favorise, par rétention des poisons, la génération de l'arthritisme, des coliques néphrétiques, de l'albuminurie, de l'urémie. Une peau sale peut même être cause do phlébite, scarlatine, tétanos, fièvre typhoïde en favorisant la fixation des germes et leur passage dans l'économie par la voie dee glandes sébacées.
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les familles saines et unies, sécurité se traduisant par la santé de chacun de ses membres etpar un meilleur avenir réservé à la race.
L'esprit et le corps sont plus dispos. La conséquence en est qu'on fournit ensuite un labeur plus régulier ce qui, joint à l'économie, procure la fortune relative et donne tous les avantages moraux et sociaux dutravail.La paix de làme,la sérénité ducœur, la bonne santé du corps ainsi obtenues réservent une jeunesse plus longue et même les avantages essentiels de la jeunesse jusqu'à l'extrême limite de la vie.