VI. Luxurieux point ne seras
De corps ni de consentement.
Les femmes pures conservent leur jeunesse longtemps.
Michel-Arge.
La luxure peut être définie « l'appétit déréglé des plaisirs honteux » (1).
Cette définition est assez élastique pour nous permettre déranger sous le même titre des vices qui, au premier abord, semblent différents les uns des autres.
L'assouvissement normal mais trop fréquent de l'appétit sexuel y voisine avec l'anormal et aussi avec la satisfaction trop intense du goût, c'est-à-dire avec la gourmandise. Le plaisir trouvé dans l'inaction, lorsqu'il se prolonge et devient une inclination habituelle peut devenir luxurieux : c'est la paresse.
Tenons-nous en là et étudions successivement ces propositions.
(i) J. Berthier.
d'épouser une jeune fille saine. Naturellement la réciproque est exacte. La faute est encore aggravée quand l'acte a été consommé par esprit de lucre, car il s'y joint certainement un mensonge et un désir de s'emparer du bien d'autrui, ce qui est condamné par les VIP, VHP et X* commandements.
Les commandements de Dieu condamnent ces actes et la médecine les réprouve parce qu'ils suscitent un danger pour l'individu et pour la race.
La prophylaxie des maladies contagieuses s'impose puisqu'elle est possible. Dans l'état actuel de la science médicale toute personne qui meurt de maladie contagieuse est victime d'un meurtre par imprudence. Chacun de nous pouvant être cette victime, chacun de nous a donc tout intérêt à ce que ceux qui ont la charge de les défendre se pénètrent bien du sens du V'commandement.d'autantplus que les maladies contagieuses frappent non seulement l'individu mais dé-
blennorrhagie doit, même si son avarie est de date ancienne et paraît guérie, se faire examiner par son médecin afin d'être bien certain qu'il n'existe pas la moindre goutte matinale. S'il passe outre, après quelques mois de mariage, sa femme, jusque-lii en bonne santé, est prise de douleurs abdominales h l'occasion des règles qui sont plus abondantes qu'auparavant. A chaque période menstruelle le phénomène pathologique s'accentue. La femme est dès lors obligée de passer son temps couchée sur une chaise longue, elle est une infirme ; toute marche, tout mouvement, tout effort lui sont interdits. Un beau jour, cet ensemble symptomatique s'aggrave et ane opération souvent mutilatrice s'impose.
50 «ELfGION ET MÉDECINE
ciment les familles et, comme conséquence, amènent de graves perturbations dans l'ordre social.
L'individu atteint d'une maladie contagieuse doit prendre bien garde de la communiquer aux autres. S'il est tuberculeux il crachera dans un crachoir à lui personnel ; s'il est syphilitique, il s'abstiendra de boire dans le verre des autres, l'un et l'autre s'abstiendront d'embrasser les enfants.
Les parents ou les amis qui s'abstiennent de donner les soins nécessaires aux malades dont ils ont la charge, dems le but de recueillir plus tôt l'héritage convoité, tombent de toute évidence sous le coup du y® commandement.
Il en est de même pour ces compagnies d'assurance contre la grossesse que dénoncèrent le docteur Pinard (1), professeur à la Faculté de médecine de Paris et membre de l'Académie de médecine, et puis le docteur Budin (2), professeur à la Faculté de médecine et membre de l'Académie de médecine.
Nous n'insisterons pas davantage ici sur cette question délicate et sur ses conséquences individuelles et sociales. Gela nous entraînerait trop loin.
Une autre question se rapportant peut-être au V® commandement est celle-ci : Certaines condamnations de tuberculeux à quelques mois de cellule pour
(i) Médecine internationale, mars 1906, p. 103. (2) Archives de thérapeutique, 15 mars 1903, d'après le Concours médical, 17 Juin 1906, p. 429
RELir.IO.N ET MÉDEr.l.NE 55
OU il secrète un suc gastrique à formule chimique anormale et ses fibres musculaires perdent de leur contractilité. Il se laisse dilater par le poids des aliments solides et liquides qui y restent longtemps. La conséquence en est ces maladies si tenaces et si douloureuses de l'estomac qui retentissent sur l'économie tout entière, sur le système nerveux, sur le cœur et sur la nutrition générale.
Si, au contraire, on mange et on boit modérément et lentement, eu observant les lois physiologiques, le système digestif fonctionne normalement et joue son morceau à l'unisson dans lorchestre organique. Dans le premier cas il s'use et vieillit vite. Dans le second il conserve son énergie et sa jeunesse. Or. la jeunesse est fonction de linlégrité du système digeslif et de la nutrition générale. La nutrition générale est gouvernée par le système nerveux sur lequel réagissent si péniblement toutes les affections digestives. 11 y ainriuence réciproque entre les deux systèmes.
Nous devons donc employer et nous servir convenablement de notre appareil digestif, c'est-à-dire ne pas manger et boire avec excès comme quantité et comme rapidité d'engloutissement (pardon du mot). Le plaisir modéré et judicieux de la talile est un symptôme et un garant de la santé. Il ne saurait être défendu. C'est celui qui, adopté par un homme, en fait un gourmet, le gourmet cher à Brillât-Savarin.
Ce que nous venons de dire de la gourmandise se
superpose à ce qui peut être dit des excès sexuels.
L'organe de la reproduction a des besoins à satisfaire qui donnent naissance à des sensations analogues à celles qui proviennent de l'estomac et sont connues sous le nom de faim. Mais, ici, l'abstinence n'a pas les mêmes effets. Par le jeu de ses fonctions, le système digestif a pour but de réparer les pertes de l'organisme, tandis qu'ici il n'y a rien à réparer. Si la nutrition est insuffisante l'être entier dépérit, si le fonctionnement sexuel est nul, seul, son organe s'atrophie ou paraît s'atrophier. Il vaudrait mieux dire : se met en sommeil, prêt à reprendre son activité quand le moment sera propice. C'est d'ailleurs là une loi générale. Le muscle qui ne travaille pas, diminue de volume, et sa puissance diminue. Si on le soumet à un entraînement rationnel, il reprend très vite son volume normal et recouvre l'intégrité de ses fonctions normales. En raisonnant par analogie on peut donc conclure que le repos absolu des organes sexuels est indifférent pour la santé générale. L'observation clinique directe corrobore cette conséquence logique du raisonnement pourvu, toutefois, qu'il s'agisse de sujets sains. Chez l'individu taré il y a des troubles physiologiques nécessitant une règle de conduite spéciale à chaque cas et que seul, un médecin sagace doit résoudre chaque fois.
Si, au contraire, on surmène ces organes-là, on arrive à des conséquences pathologiques très fâcheuses.
a Toutes les parties du corps, nous dit Hippocrate (l> qui soûl faites pour qu'on s"en serve employées convenablement et au travail auquel chacune d'elles a été habituée, sont saines, développées et tardives à vieillir ; inexercées et tenues dans le repos, elles sont maladives, mal développées et vieillies avant le temps. >)
Cette phrase du père de la médecine est l'expression écrite dune observation profondément exacte des processus vitaux que les recherches de la physiologie et de l'observation chnique modernes ont confirmé point par point.
Tous les organes doivent fonctionner selon les lois et lebutphysiologiques qui leur appartiennent. Quand ces lois sont violées, quand le but physiologique est dépassé, l'organe pàtit.
Prenons comme exemple le gourmand. Regardons le manger, il avale morceaux sur morceaux, les engloutit en les mâchant à demi et, pour ne pas s'étouffer, boit copieusement. Outre cela, pour faire durer le plaisir, il mange et boit beaucoup, ce qui est nécessaire, puisqu'il lui faut, pour chaque bouchée, un
1 HirpocRATB, Œuvres : « Des articulations », trad. Littré, t. IV, p. 255.
gros morceau. Legourmet, lui, mangepeu à la fois et arrive à la même dose de plaisir, sans surcharge de l'estomac.
Le gourmand commet une double faute, la première contre la physiologie normale du système digestif, la seconde contre Téthique.
Occupons-nous seulement de la première. L'aliment, incomplètement mâché, pénètre dans l'estomac qui devra suppléer à une fonction dévolue à la cavité buccale. Dans la bouche, les aliments doivent être broyés convenablement et insali vés.
Dans l'estomac, les phénomènes digestifs continuent sous là forme d'un brassage ayant pour but de mélanger le bol alimentaire pâteux avec le suc gastrique. Si le bol alimentaire arrive convenablement mâché et insalivé, la muqueuse gastrique ne sécrétera que la quantité nécessaire du suc gastrique et la musculature de l'estomac n'aura pas à se contracter jusqu'à la tétanisation ainsi que cela se produit dans le cas oii les aliments arrivent à demi mâchés dans l'estomac. Alors, que se produit-il ? Si ce surmenage de l'estomac devient habituel, les glandes gastriques sécrètent plus qu'il ne faut, les muscles gastriques se surmènent et les aliments restent dans la poche stomacale plus longtemps qu'il n'est normal. Jusqu'ici l'estomac a suppléé aux fonctions de la bouche, mais un momentvient où il ne peut plus compenser le surcroit de travail qu'on lui inflige. Surmené, ilsecrète moins
RPJ.ir.ION FT MFf>F.r;lNF. .')*♦
reuscs pour l'équilibre normal du fonctionnement psychique. D'autres, au contraire, ne tombent pas dune façon absolue sous le coup du Vl*" commandement. Ce sont ceux que Krafft-Ebing étudie longuement dans son livre intitulé : Psychopathia sexualis, et qui ont pour point de départ une anomalie sexuelle, une tare nerveuse, une dégénérescence. Nous n'en ferons pas l'exposé, renvoyant le lecteur que cette question intéresse au livre de Krafft-Ebing.
Chez ces malades, car ce sont des malades, le soidisant plaisir est une impulsion d'autant plus irrésis lible que leur conscience est plus nébuleuse et que leurs sentiments éthiques sont moindres. Au début, l'observation stricte du W commandement est pour eux un frein moral dune grande puissance qui peut les sauver de leur perversion. C'est le devoir de leur entourage de leur en inculquer le texte, non pas directement et par sermon, mais indirectement, sans sermon, avec douceur et bonté, et en les soumettant aux obligations dune stricte discipline hygiénique. Cela réussit quand il n'y a qu'une tendance et que l'affection n'est qu'à son début. Le malade guérit alors souvent.
Nous venons de passer en revue les dangers de la gourmandise et de l'abus sexuel. La paresse, autre
forme de luxure, y conduit, comme l'ivrognerie et certaines danses lascives. Il est vrai qu'elle favorise aussi l'ivrognerie, ces divers vices se donnant un appui mutuel. Mais elle présente des dangers particuliers qui sont ceux de l'inaction. Le cerveau du paresseux s'atrophie, ses muscles s'atrophient et l'ennui frappe à sa porte. Pour se distraire, il boit, il s'alcooHse, mange et engraisse, et dans son cerveau vide d'idées, s'étabUt l'obsession du plaisir luxurieux sans compter l'épaisse bêtise. Dans ces conditions, il n'est pas difficile de comprendre que le paresseux soit jjIus souvent malade et meure plus tôt que l'homme de labeur constant qui exerce tous ses organes et toutes ses facultés dont l'exercice harmonieux est pour lui la source féconde de l'énergie génératrice de vie et de jeunesse.
Cette déchéance et cette sensibilité précoces des paresseux, nous les constatons tous les jours, tandis que nous voyons prospérer et vivre longtemps le jeune homme laborieux, actif et sobre. Ce qui est vrai des individus s'appUque aux nations. L'histoire universelle nous le prouve. La déchéance et la mort des antiques oivihsations n'ont pas d'autres causes. Quand les vieilles civihsations sombrèrent dans la luxure, elles disparurent, quand le monde romain s'y adonna, il gémit d'abord sous la tyrannie immonde d'Héliogobales divers pour tomber bientôt sous les coups des Barbares vertueux.
La neurasthénie et la vieillesse prématurée en sont les conséquences. Il se produit une hypéréinie du système nerveux qui, après en avoir provoqué l'excitation amène une dépression profonde. C'est, en effet, une loi biologique que la dépression est la conséquence de l'excitation. Tout ce qui tend à modifier la formule de l'énergie cellulaire excite d'abord celte énergie ([ui ne tarde pas à s'épuiser. L'éther, l'alcool, l'opium, donnés à certaines doses excitent. Si l'excitation se prolonge, l'organisme ne réagit plus et se déprime.
Ce que produisent ces corps chimiques sur le système nerveux — ce sont des poisons nervins — l'abus sexuel le produit également, carie système sexuel est fonction du système nerveux. Cet abus amène un état déréthisme nerveux et cérébral extraordinaire. Si, à cela, se joignent les excès de nourriture, lesviciations de la formule digestive, le surmenage intellectuel et moral, la vie de l'individu tout entier estatteintcdans ses racines et la vieillesse arrive avant l'heure. C'est le senium précoce. Cela nous explique pourquoi, de nos jours, où les idées luxurieuses sont si répandues, les gens meurent subitement et à un âge relativement peu avancé. Bien peu d'hommes franchissent le cap redoutable de la QS" année qui est, comme on le sait, l'âge ci'ilique chez l'homme. Il est vrai que, même à cet âge, bien peu renoncent aux plaisirs. Ils n'en arriveraient pas là s'ils suivaient les prescriptions du
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VP commandement si bien détaillées dans les épitres de saint Paul (1). L'apôtre recommande en effet la sobriété aux vieillards.
Nous n'avons encore parlé que de l'abus des plaisirs de l'amour et avons montré que cet abus était dangereux par lui-même sans l'intervention d'aucune cause extérieure.
Malheureusement cette cause extérieure se produit sous les formes désagréables et si dangereuses de la grande et de la petite avarie dont les conséquences individuelles, familiales et sociales sont si redoutables. L'avarié introduit chez lui des germes de souffrances et de mort, il est la racine d'une hérédité de mauvais aloi. Nous n'insistons pas là-dessus, pas plus que sur l'étiologie protéiforme des avaries. Toutefois, en passant, nous devons condamner, au nom de la plus élémentaire prudence médicale et hygiénique, le baiser sur les lèvres et le maraichinage des vendéens.
Quant aux plaisirs honteux énumérés en latin par Berthier dans son livre, certains tombent sous le coup du VP commandement. Ce sont ceux qui ont pour but la simple satisfaction luxurieuse sans en vouloir la conséquence physiologique. Avec Berthier (2), disons en latin qu'on les appelle : fornicatio, stuprum, rapHis, adultermm. Ils présentent tous les dangers de l'abus et, en outre des conséquences morales ctange-
(1) Voir la fin du chapitre: Les Commandements de Dieu.
(2) Berthieb, Théologie.
Le tuberculeux qui crache à terre et dont les crachats desséchés seront inlialés et iront porter dans les alvéoles pulmonaires le bacille de Koch, l'avarié qui se marie et contamine !>a fiancée (ou réciproquement), l'adcoolique qui s'intoxiquant tous les jours davantage s'expose au délire, ne soutils pas un fléau social ?
Le Moyen Age lutta contre la lèpre par des mesures terribles. Le lépreux était retranché du monde et devait vivre seul, à Técart. Aujourd'hui on établit des quarantaines, des cordons sanitaires officiels et la loi de 1002 préconise des mesures excellentes de désinfection dans un but d'intérêt social.
On soumet à la visite et on enferme à Saint-Lazare des malheureuses dont tout le crime fut d'avoir été blessées dans leurs luttes amoureuses afin de les traiter et, par une thérapeutique appropriée, les guérir, ou tout au moins les rendre inoffensives pour leurs combats futurs. Cependant ces femmes n'ont commis aucun délit tombant sous le coup de la loi. On les arrête, on les enferme par simple mesure administrative. C'est un abus d'autorité, une atteinte arbitraire à la Uberté individuelle que la loi n'autorise pas. Personne pourtant ne proteste. Pourquoi V Parce que la mesure prise contre elles est une mesure de défense sociale.
Nous ne demandons pas qu'on agisse de même envers les tuberculeux ou les avariés ; nous ne le de-
mandons pas davantage contre les malades atteints d'affections diverses. Ce serait logique, cependant. Mais nous voudrions que tous ces malades comprennent qu'ils ont le double devoir de se soigner et de ne pas exposer les autres à la contamination. Que de tuberculeux contaminent toute leur famille! Que d'hommes luxurieux contaminent de malheureuses innocentes ! Que de jeunes ou vieux maris contaminent leurs jeunes femmes ! Tous ces malheurs seraient évités si le malade était imbu de cette idée que prendre la santé de quelqu'un, c'est commettre un vol, c'est aller contre ce précepte de la loi naturelle qu'est le VIP commandement.
L'observation stricte de ce commandement serait un bienfait social rien qu'au point de vue médical. La nécessité de mettre un frein à ces contaminations doit être impérieuse et sembler un point de justice stricte, puisque certains écrivains ne craignent pas de faire appel à la loi pénale pour y arriver (1).
L'alcoolique de son côté enfreint le VIP commandement, car il vole la famille et la société. Il est un mauvais mari, un mauvais fils et un mauvais père. Il se livre à des sévices sur sa femme, engendre des enfants tarés. Il est mauvais travailleur, car il ne concourt que d'une façon incomplète au bien-être général, et mauvais camarade, car il fait tort à la classe
(1) Paul Baudin, « La propagation des maladies contagieuses et la loi pénale {La médecine internat, illust. déc, 1908).
La religion, Ihistoire politique, sociale et économique, la inédeciueet l'hygiène s'accordent pournous engager à n'être point luxurieux et à ne pas imiter la corruption dans laquelle tombèrent les Colophoniens après qu'ils eurent été en relations avec les Lydiens, s'il faut en croire des vers de Xénophane, le chef de l'Ecole d'Elée. Ces Colophoniens passaient leurtemps à se promener, revêtus de robes de pourpre, les cheveux arrangés et parfumés... (1)
Nota : Les lecteurs qui désireraient se documenter sur cette question et se donner de nouvelles et solides raisons de croire aux dangers de mort subite que fait courir la luxure dans les deux sexes et à tout âge, n'ont qu'à parcourir une étude très scientifique du Docteur Fernel : Le deriiier voyage à Cy/hère, parue dans le fascicule de janvier 1909 de la Revue thérapeutique des Alcaloïdes.
Notre travail était déjà composé quand il nous a été permis de la lire. Nous n'avons pu, par conséquent, à notre vif regret, nous en inspirer, mais nous sommes heureux de constater que l'interprétation des lois de la physiologie normale et pathologique, nous a amené à des conclusions identiques à celles de notre distingué et savant confrère. Une méthode est un esprit différents animent cependant son travail et ont guidé l'auteur dans l'exposé de sa doctrine.
(i; V. CovBi», Fragments philoso2}h. (philosophie ancienne , Fp. 23, 24.
vu. Le bien d'autrui tu ne prendras Ni retiendras à ton escient.
Un méfait n'est jauûais perdu.
Proverbe,
La santé étant le bien essentiel avec l'aide duquel on peut se procurer tous les autres, y porter atteinte chez autrui est un acte de même nature que le vol. C'est prendre le bien d'autrui que d'altérer sa santé. On peut même pousser le raisonnement plus loin et dire logiquement, que celui qui lèse autrui porte atteinte à la collectivité entière et la lèse. Celui qui altère la santé d'autrui porte atteinte à la richesse sociale, à la vitalité de la race.
Le brutal qui donne un coup est sévèrement puni par le Gode pénal, mais le malade qui contagionne autrui et lui porte un préjudice bien supérieure celui que porte le brutal ne l'est pas. Il ne tient même pas compte du danger qu'il fait courir à ses semblables alors que souvent il le connaît. N'est-ce pas un malfaiteur celui-là ?
ouvrière par les charges qu'il impose : prisons, hôpitaux, accidents... Le respect raisonné du VIP commandement serait sans doute un frein contre son vice que l'Ecriture flagelle en maints versets et dont elle montre les tristes conséquences et les dangers (1).
(1; Lévitique, x, 9 et 10 — Proverbes de Salomon, xx, 1 ; ^ XXI, 17 ; — xxiii, 20, 29, 30, 31, 32, 33, 34 et S5; — sxxi, 4; — Ecclésiastique, xii, 2 ; — xxiii, ô: — xxxi, 22, 23, 29 à 42 ; — Isaïe, xiviii, 7; — Joël, i, 5; — Michée. ii, 11 ; — Hébreux, ii, 5 et 16; — I Corinthiens, v, il; — Ephésiens, v, 18, —I Timotbée, jn,3 : — - Tite, i, 7; — Genèse, ix, 21 ; — xix, 31 à35; — II Rois, XIII, 28 — III Roi?, xx, 12 ; — Daniel, v, 2; —Judith, XIII. 4, ; — I Machabces, xvi, 13; — Osée, iv, ii ; vu, 5.