II. — L'Espérance
« Uu jour tout sera bien, voilà noire espérance. » Voltaire.
Pour l'Eglise « respérancc est une vertu surnaturelle par laquelle l'homme attend de Dieu avec confiance, par les mérites de N. S. J.-C, sa grâce en ce monde et la gloire éternelle dans l'autre. »
Pour les poètes elle est « l'espérance aux ailes d'or » qui enlève dans les régions azurées.
Pour La Uochefoucauld « l'espérance, toute trompeuse qu'elle est, sert au moins à nous mener à la fin de la vie par un chemin agréable. »
Pour Réveillé-Parise « l'espérance et la confiance sont les deux étais de l'àme. »
Pour les médecins, l'espérance met les malades dans les meilleures conditions de gucrison, car elle console et encourage ; elle est pour les non malades une des forces conservatrices de la santé, car elle donne le sourire, la joie et le bonheur.
C'est l'espérance du succès qui soutient les tra-
RELlGIOxN ET MEDECI?(E
vailleurs de la pensée, c'est l'espérance en Dieu qui suscite les énergies chrétiennes. Quand elle disparaît l'inquiétude, l'impatience, la colère et leurs séquelles s'installent et désorganisent l'homme qui n'a pas su espérer même contre toute espérance.
L'espérance est en effet une loi naturelle. Un arbre a de l'espérance ; coupé, il repousse (Job. 14. 7) et celui qui laboure doit labourer avec espérance (I Cor. 9. 10).
Fruit de l'imagination, l'espérance est nécessaire. Celui qui espère vivre longtemps, vit longtemps à moins d'accidents graves et imprévus ; celui qui espère guérir, guérit beaucoup plus rapidement que celui qui doute de tout, des autres et de lui-même. La désespérance engendre la mélancolie, la tristesse et leurs conséquences morbides tant au point de vue moral que physique.
Et cela n'a rien d'étonnant quand on réfléchit un instant à ces phénomènes si fréquents dont l'imagination est le pivot et qui produisent dans l'organisme humain des effets surprenants. C'est qu'en effet, comme l'a écrit Feuchtersleben, « l'imagination est une force merveilleuse, variable, insaisissable, dont on ne sait dire avec certitude si nous la gouvernons ou si nous sommes gouvernés par elle : et c'est là ce qui la rend particuUèrement propre à servir d'intermédiaire à l'action du moral sur le physique et ce qui lui donne pour nous plus d'importance. »