‹ Religion et médecineChapitre 37 sur 55 · I. — L'orgueil · texte numérisé non relu

I. — L'orgueil

« C'est l'orgueil qui nous désunit parce que chacun cherche son bien propre. »

BOSSCET.

« L'orgueil, dit le catéchisme, est une estime déréglée de soi-même qui fait qu'on se préfère aux autres et qu'on veut s'élever au-dessus deux. »

Cette estime et cette préférence peuvent s'expliquer par ce fait que l'orgueil est dû à l'exaltation de la sensibilité qui donne une sensation intense de vie, de force et d'énergie. Cela exprime pourquoi les orgueilleux sont moqueurs, querelleurs, agités.

Gall prétend môme, peut-on lire dans Réveillé Parise, (( que les individus qui ont la protubérance de l'orgueil ont le sentiment physique d'être plus hauts que les autres et d'occuper plus d'espace». L'auteur de l'Ecriture sainte l'avait déjà remarqué : Les hommes seront enflés d'orgueil (2 Tim. 3, 4.)

C'est bien là le symptôme d'une exaltation de la vie et il n'est pas étonnant que les personnes ainsi

douées ne finissent par se persuader qu'elles constituent « une nuance à part de l'espèce humaine t, les surhommes de Nietzsche, auxquels appartiennent de droit des prérogatives particulières, au moral comme au physique.

Au choc de la vie, les orgueilleux deviennent haineux, emportés, vindicatifs, car ils estiment que la place qui leur est accordée est insuffisante et cela quelque grande que leur audace infatigable la leur ait faite. Aussi, bien souvent, tombent-ils dans la misanthropie et le pessimisme ou sont-ils les victimes de la neurasthénie. C'est le cas de le dire ; Dieu abaisse ceux qui marchent avec orgueil (Dan. 4. 37).

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