II. — L'avarloe
« lUen ne contribue moins îi la gaité que la richesse ; rien n'y contribue davantage que la santé. >
Schopwhàdeb.
(( L'avarice est un attachement désordonné aux biens de la terre, et principalement à l'argent. »
Elle est souvent l'expression de la crainte de perdre une fortune amassée péniblement ou succédant tout à coup à une vie de misère et de privations. Elle est l'apanage des vieillards comme l'amour est celui des jeunes gens. Le vieillard qui sait combien il en coiite de réunir de l'or et qui connaît la valeur de ce métal pour avoir été le témoin des souffrances et des humiliations de ceux qui n'en ont pas ou qui, en ayant eu. l'ont perdu, ne veut pas s'exposer à tomber dans le même désastre. Parfois elle est une aberration mentale particulière chez les individus qui aiment l'or pour le toucher, le palper. C'est dans ce cas-ci un sorte de masochisme du sens du toucher.
Sous quelque aspect qu'on la considère, l'avarice provoque un déséquilibre mental.
L'avare n aime que son or. Chez lui les sentiments altruistes n'existent pas. Pour lui il n'y a ni famille, ni patrie, ni devoir, il n'y a que son trésor qu'il augmente sans relâche, qu'il admire et auquel il pense sans cesse. Dans sa manie il oublie même les notions des devoirs les plus élémentaires envers sa propre personne. L'hiver, il se refuse un peu de feu, il ne mange que des aliments inférieurs et en quantité insuffisante; quant aux vêtements il les porte élimés. Pour son or, il s'expose à toutes les maladies et, malade, il se refuse les médicaments nécessaires pour ne pas distraire un liard de son trésor. A ce jeu il gagne souvent des maladies mortelles et incurables.
Mais qu'importe l'hygiène à l'avare ? La possession seule de l'or l'intéresse I
m. — La luxure.
« Le bonheur ou le malheur de la
vieillesse n'est souvent que l'extrait de
notre vie passée. »
Sainte Bbuvb.
«... la voirie des chairs... »
J. K. Hdtsma:«s.
La luxure est définie « le vice de l'impureté défendu par le VP et le 1X° commandements. »
Chez les Romains de l'Empire elle sévit avec une intensité incroyable. Il sufit de citer les noms do Néron et d'IIéliogabale pour évoquer devant nos yeux toute la théorie des perversions et des vices.
Cette ruée vers le stupre n'alla pas sans inconvénients. Ainsi chez les Grecs et chez les Romains de la bonne époque les maladies de la peau étaient rares. Lorsque sous l'Empire et, plus tard, à l'époque de la décadence, on voulut jouir et goûter à toutes les voluptés, les santés robustes des ancêtres furent détruites et l'on vit apparaître toute une classe de maladies inconnues jusqu'alors. C'étaient les maladies de
peau, ainsi qu'il résulte de l'étude approfondie des œuvres de Golumelle, de Galien, d'Horace, de Perse de Pline, de Virgile et de beaucoup d'autre écrivains de l'antiquité.
Les anciens s'étaient d'ailleurs rendu un compte très exact du danger des voluptés, car ils avaient fait deLibitina « à la fois la déesse des plaisirs et des funérailles » et l'Apôtre écrivait : « les impudiques n'hériteront pas le royaume de Dieu » (Cor. vi, 9 et 10).
C'était alors cependant l'époque oii l'on disait que les Muses étaient chastes, mais, depuis, le progrès a changé tout cela et si les siècles passés et ceux qui nous précèdent immédiatement connurent bien des débordements, nul ne fut le témoin du dévergondage de la fin du xix** et de commencement du xx" siècles. On a pu parler de rut universel et voir Nana et Pot Bouille s'étaler à la devanture des libraires.
Les conséquences de cet état de choses sont désastreuses.
Les individus luxurieux se tressent des couronnes d'épines et préparent un lit de douleur aux enfants qu'ils mettent au monde sans s'oublier eux-mêmes d'ailleurs. Leur énergie baisse, la folie souvent, le senium précoce s'installent et la mort prématurée est toujours leur partage.
Au point de vue social ces imprudents sont la cause de la dépopulation qui afflige la patrie.