IV. — Il envie
* L'homme n'a pas d'ennemi plus cruel que l'homme. »
Contraire de la Charité frateruelle « l'envie est une tristesse que l'on ressent volontairement à la vue du prochain, ou une joie coupable du mal qui lui arrive » (1).
La cause en est Tégoïsme. « L'envie et la jalousie sont les certificats de l'égoïsme (^). »
Les conséquences en sont désastreuses pour l'envieux. « Le méchant qui persécute l'homme de bien est semblable à l'insensé qui, renversant sa tête, crache contre le ciel ; son crachat ne pouvant souiller le ciel, retombe sur lui-même (3). »
Mais elle honore la vertu (4) et est l'ombre de la
(1) Déf. (lu cat,
(2) D"" J. YinDiTocEi.
(3) Chakia Mouni.
(4) Marmohtil.
RELIGIOIN ET MEDECINE
gloire (1). C'est par envie qu'ils avaient livré Jésus, raconte l'Evangéliste (2).
Au point de vue médical « l'envie, ce principe délétère, est une cause de maladie d'autant plus active, qu'elle agit sans relâche et secrètement » (3).
Elle a une action cardiovasculaire qui se traduit par de l'angoisse et des troubles de la nutrition et par des lésions viscérales macroscopiques qui laissent voir, à l'autopsie de l'envieux, un cœur petit, des vaisseaux petits, des muscles pâles. Bref, l'envie produit une diminution de l'intensité de l'irrigation sanguine et, par suite, des échanges, donc un trouble profond de la nutrition générale. La tonicité générale diminue, le cerveau s'irrite, le tube digestif digère moins bien. C'est là une cause profonde de déliquescence organique, nuisible à tous, aux vieillards et aux chétifs surtout et que l'esprit populaire a très bien observée puisqu'il en a synthétisé les conséquences dans cette expression : se dessécher d'envie.
Etre envieux c'est user ses forces et se fatiguer inutilement, c'est manger son capital avec son revenu, c'est désobéir à cette loi naturelle qui est le grand secret de la vie et d'après laquelle on doit faire face à tout avec le minimum de fatigue et d'usure, de manière à ménager ses forces.
(1) HOFFMANI».
(2) Mat. 27, 18.
(3) Rbveillé-Parisb.