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VI. — La colère

La colère est une courte folie.

SÉrii;QDE.

Le mal qu'on fait, on se le fait à soimême aussi.

Peladah.

« La colère est un mouvement déréglé de l'âme qui nous fait repousser avec violence ce qui nous déplaît » (1). Sa vertu opposée est la douceur.

La colère est brutale, elle éclate subitement, sans que celui qui est sous son influence se puisse retenir ; elle est impulsive, elle est une impulsion, elle se produit chez les impulsifs.

Qu'est-ce que l'impulsion '? Un « trouble de la volonté que l'on observe chez les dégénérés ». Qu'est l'impulsif? Un « dégénéré chez lequel la volonté est profondément lésée et qui est incapable de résister à ses impulsions » (2).

L'impulsion est un symptôme de dégénérescence

(1) Déf. du cat.

(2) Garnier etDelamarre.

OU (l'intoxication, de névrose encore. Dans certaines affections relevant soit du nenrologiste, soit de l'aliéniste, il y a des impulsions puissantes.

La colère est bien une impulsion car, outre ses caractères propres, elle se présente comme toutes les impulsions chez les névropathes, les dégénérés, les hérédo -alcooliques, les alcooliques.

Les auteurs de l'Ecriture avaient bien compris la nature, létiologie, la filiation de la colère.

Celui qui est lent à la colère, disent-ils, a une grande intelligence (1). L'insensé laisse voir à l'instant sa colère (2). L'homme sage est lent à la colère (3).

Le colérique est sous le coup de graves désordres organiques.

Pendant l'accès de colère le système cardiovasculaire est troublé. Il se produit de la vasodilatation cérébrale et glandulaire. Les glandes sécrètent alors, et, soit dans le cerveau, soit ailleurs, il peut y avoir rupture d'une artère, surtout si les artères sont sclérosées, athéromateuses. On a calculé que la pression

l Prov. 14, 29.

2) Prov. 12, 16.

3) Prov. 19, 11.

des artères cérébrales augmente d'environ 1/4 pendant l'accès pour tomber ensuite au-dessous de la normale. Ce double phénomène montre combien intense est l'action de la cellule cérébrale et, derrière cette cellule, l'action de l'âme sur l'organisme.

((... On a vu un accès de colère provoquer des épistaxis, de l'apoplexie pulmonaire, des hémorrhagies cérébrales, un fluxhémorrhoïdal (1).

On a même vu des cas d'érysipèles provoqués par la colère. « Une de nos observations les plus typiques d'érysipèle répété, développé sous nos yeux, eût la colère pour cause certaine » (2).

L'intérêt de tout homme est d'éviter Taccès de colère, de le prévenir. Pour cela, s'il a le malheur d'être un dégénéré, un hérédo-alcoohque, il doit se soumettre à telle discipline de vie qui neutralisera sa dégénérescence et, s'il a des enfants, il doit les soumettre également à une discipline spéciale qui détruira leur dégénérescence. Gela se résume en ceci :

(i) BoDCHARD et Roger, Traité de pathologie générale, t. III.

(2) AcnALME,« Considérations pathogéniques et anatomo pathologicxaes sur J'érysipèle, ses formes et ses complications. Essai sur la virulence du streptocoque. » — Thèse de Paris

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alimentation et hygiène scientifiques, habitude de Tobéissance, développement de la volonté. S'il s'agit d'un enfant de névropathe, l'élever loin de la famille pour lui épargner les tares provoquées par l'imitation, lui donner une carrière appropriée (1) et une morale certaine et définitive. De la sorte, on neutralise, on détruit les tendances, on empêche les prédispositions de se transformer en névroses ou en maladies quelconques. « L'hérédité pathologique est, avant tout, une hérédité de prédispositions » (2^ ce qui explique pourquoi on peut lutter et transformer l'hérédité, la ramener au type normal ou l'en faire dévier.

Les mêmes règles s'appliquent, de toute évidence, à toutes les personnes qui, sans être des dégénérées, ont des tendances à la colère. L'homme normal luimême doit savoir se contenir. Pour cela il est nécessaire que chacun de nous fortifie sa volonté, acquière la maîtrise de lui-même, sache se gouverner, commander à ses nerfs, s'efforcer de devenir doux et, de parti pris, organise autour de lui une atmosphère de douceur et de bonté. Devant la colère des autres, qu'il se taise et conserve son sang-froid.

Par l'habitude on y arrive et on évite ainsi bien

(1; Kbafft-Ehisg, Psychiatrie, éd fr. pp. 302. 303, 304.

(2) Dr S. Ja.ikelevitcu, « L'hérédité pathologique et la théorie du plasma germinatif » (Sem. médicale, 2 sept. 1903, p. 290» col. 1.)

des déboires moraux et intellectuels, bien des souffrances physiques.

Celui qui est lent à la colère vaut mieux qu'un héros (1).

Que tout homme soit lent à se mettre en colère (2). Marchez en toute humilité et douceur (3). Revètezvous de douceur et de patience (4). Défendez-vous avec douceur et patience (5). L'envie et la colère abrègent les jours et l'inquiétude fait venir la vieillesse avant le temps (6).

(1) Prov. 16, 32.

(2) Jac. 1, 19.

(3) Eph. 4, 2.

(4) Col. 3, 12.

(5) 1 Pier. 3, 15 et 16 dans la trad. de Sacy.

(6) Kcclësiastique, xxx, 26.

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