‹ Religion et médecineChapitre 43 sur 55 · L ORDRE · texte numérisé non relu

L ORDRE

L'ordre est le sacrement qui fait les prêtres et qui leur donne, avec la grâce, le pouvoir de remplir leurs fonctions.

Par lui-même, ce sacrement a sur celui qui l'a reçu une influence analogue à celle de la prière et, de pli: s, par le genre de vie qu'il impose au prêtre, une influence liygiénique profonde. La première peut se traduire par de quasi miracles, la seconde par une longévité très grande.

Le docteur Emile Laurent (1) rapporte un fait typique quil a eu l'avantage d'observer.

» Jai soigné, dit-il, pendant plus de six mois un jeune séminariste qui souffrait d'un tic de la face très disgracieux. J'essayai sans succès un peu de tous les moyens et j'allais me décider à l'abandonner. Mais il y a trois mois, il fut ordonné prêtre. Je vis son directeur spirituel qui l'aimait beaucoup. (( Je désespère, lui dis-je, de guérir ce jeune homme. Mais dans quelques jours il va dire sa première messe. Croyez- vous qu'il ait la foi ?

« — Oui, j'en suis sûr, une foi ardente. Il croit de toutes les forces de son î\me.

<( — Alors sa foi pourra le sauver. Entretenez-le dans cette idée qu'il guérira le jour où il dira sa première messe, s'il prie ardemment dans ce but. Assurez-le qu'il doit prendre à la lettre les paroles de l'introït : € Introïbo ad altare Dei, ad Deum qui lœtificat juvenlutem meam ». Dites-lui que ce n'est pas là une

(l; D"" E. L.vuiiB.NT, La médecine des (hii,-s. P.iiis, Mftloine. 1894, page 111.

simple image et que le contact de Dieu vivifie aussi bien les corps que les âmes, qu'il va réellement monter à l'autel du Dieu qui réjouira sa jeunesse et le sauvera de son infirmité.

« Quinze jours après, quand il apparut, revêtu des ornements sacerdotaux, pour dire sa première messe, il était rayonnant de joie et d'espérance, comme transporté dans un autre monde, étranger à lui-même et à tout ce qui l'entourait, hypnotisé en quelque sorte par l'idée de la divinité. Son tic ne se manifesta pas pendant toute la durée de la cérémonie et aujourd'hui il n'en parle plus que comme d'un mauvais souvenir ».

« Ces faits, ajoute le même auteur, sont indiscutables et plus fréquents qu'on ne croit. Il s'en produit un grand nombre à Lourdes et dans une foule d'autres pèlerinages. . . » et il conclut en disant : « un fait ne s'en dégage pas moins de tout cela : c'est que la prière, bien dirigée, peut devenir un puissant moyen de guérison dans la cure des maladies o.

Le sacrement de l'Ordre peut donc guérir directement la maladie. Il la prévient dans une large mesure puisque les tables de mortalité nous découvrent que ce sont les ecclésiastiques qui meurent témoins. Leur mortalité est inférieure à celle des instituteurs, à celle des agriculteurs même. Elle est deux fois moindre que celle des médecins et quatre fois moindre que

RRLir.lO.N ET MEDKCI.NE

celle des garçons d'auberge (1). Toutefois, dans l'interprétation de ces données de la statistique, on ne peut s'empocher de penser à l'énorme influence du danger professionnel sur l'état de santé et de maladie et, par conséquent, sur la longévité. Mais il n'en est pas moins vrai que par le genre de vie qu'il impose, l'état ecclésiastique est une garantie de vie longue et saine pour ceux qui l'ont embrassé. La régularité de la vie, la quiétude de l'esprit et du cœur, l'amortissement des passions, l'optimisme qui est le résultat de la foi en sont les facteurs les plus importants.

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