PRIÈRE
Dieu bon et clément, Ô toi quite plais à t’appeler le père de tous les hommes et qui partages entre eux, sans faire de distinction, ton amour et tes bienfaits, daigne agréer la prière ardente que nous t'adressons en faveur des enfants de la France, qui sont morts de la mort des braves pour le service de leur pays; en faveur du capitaine André Crémieu-Foa, du lieutenant Valabrègue, tombés au Dahomey; en faveur du capitaine Oppenheim, mort des suites de ses blessures au Tonkin; en faveur de tous nos officiers et de tous nos soldats, dont la disparition est un deuil pour nous et un sujet de profonde affliction pour leur famille.
Lorsque la patrie a eu besoin de leurs bras pour défendre ses droits et l'honneur de son nom, ils ont répondu à son appel; ils ont fait vaillamment leur devoir; ils ont contribué, par leur vie et par leur mort, au succès de nos armes et à la gloire de notre drapeau.
Ah! Seigneur, tu ne laisses aucune bonne action sans récompense; car tu es la justice et la bonté. Tu répandras donc tes grâces infinies sur ceux qui ont accepté avec courage, avec joie, le plus grand des sacrifices pour faire triompher une noble cause. Tu leur accorderas, dans le séjour de tes élus, les félicités de la vie éternelle.
Puisse leur nom rester toujours parmi nous une lecon de devoir etde dévouement! Puissent tous les cœurs français éprouver un sentiment de patriotique émulation au souvenir de ces héros illustres ou obscurs qui ontporté si haut la religion du drapeau, et apprendre d’eux comment il faut aimer son pays et, au besoin, mourir pour lui!
Prends en pitié, Ô mon Dieu, les âmes voilées de deuil, pleurant des êtres chéris qui ont
Lé
été ravis trop tôt à leur amour. Console-les
— JD —
toi-même, et relève leur courage par la pensée réconfortante que si la vie d’ici-bas, même celle qui est pleine de jours, « s'écoule comme les eaux d’un torrent rapide », elle ne contient pas tout le secret de notre destinée, et qu’elle est suivie pour le serviteur fidèle du devoir de joies plus pures et plus durables que celles de l'existence terrestre.
Les hommes, dans un louable sentiment d'équité, ont attaché leurs plus belles récompenses à ce don de la vie qui a la patrie pour objet: ils honorent par-dessus tout la mémoire du soldat tombé devant l’ennemi; ils inscrivent son nom sur la pierre ou le marbre, et rappellent avec respect son souvenir. Mais toi seul, Ô Seigneur, tu peux donner la vraie 1mmortalité, l’immortalité dans la paix, dans la gloire, dans la possession de la vérité, l’immortalité bienheureuse à laquelle nous croyons de toute la puissance de nos instincts et de notre raison, sans pouvoir la définir ni même la comprendre. C’est cette immortalité que nous sollicitons en ce jour, d’un cœur ému, pour nos chers morts. Que leur âme repose en paix! Amen |
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