‹ Religion Saint-SimonienneChapitre 10 sur 46 · LES FEMMES · texte numérisé non relu

LES FEMMES

Mes Fils, mes Filles î

Le christianisme, lorsqn'apparut , an milieu du nau tVnge de la société antique , sa doctrine de salut, n’assîgna point d abord aux femmes une place dans F arche régénératrice; maïs, fidèle à sa mission de miséricorde et de charité, il leur en offrit le refuge sacré comme à des colombes tremblantes et battues de la tempête. Égarées dans les ténèbres , les femmes coururent h la lumière plutôt quelles n'y furent appelées; et quoique leur empressement a adopter l'Évangile dût cire pour ses apôtres la

révélation de leur génie, un res Lu injurieux d’étonnement se mêla peut-être encore h l’admiration des disciples du Christ, quand ils comptèrent, dans la milice enrôlée sous les drapeaux de leur maître , des rangs entiers prêts à partager avec les hommes les supplices du cirque et les palmes du martyre*

Mais pour nous* disciples de Sàtiti^Sïmoït , nous tic pouvons rendre témoignage de notre foi qu'eu ouvrant aux femmes, sans retard* I association nouvelle, où notre religion les destine, non point à suivre les traces d’un sexe long* temps dominateur, mais à marcher du même pas que lui; et toutefois cette promesse de leur émancipation définitive,

que déjîi nous avons énoncée, a excité chez vous, mes fils, qui vous obstinez dans vos orgueilleuses traditions de supériorité , chez vous , mes filles, qui , malgré vos désirs A indépendance , vous défiez en secret de vous^niêincs, un mélange de surprise et d’incrédulité* Ah 1 rappelez- !e-vous Lien ! c’est le règne de la paix et de l’amour que nous venons proclamer. Et vous vous étonnez qu’elles y soient mises en possession de la vie religieuse et sociale dont elles furent exclues sous le régne de la gftiêT ÿû €t tic Ui force ùv u Utlc J Et qui donc , à travers les âges grossiers teints de sang, de rouille et de larmes, a conquis rjiommc ^ à la paix et ù famour, si ce u’est la femme ?

G est elle qui d ahord adoucit la férocité du guerrier, et 1 arrache aux sanglans festins de l'anthropophagie 1 livrée aux soins de l^gricuUure ci de l’industrie, elle / plante et cultive de ses mains le rameau pacifique du Iraj vaih Si elle excite au combat son époux et son fils, c’est

que 1 association naissante ne peut s'étendre sans courir aux armes , ni l’arbre de la paix croître sans être arrosé de sang : toujours occupée du maintien de la concorde entre

les membres d'une môme nation et de 1* union do tous leurs efforts vers la destinée è laquelle elle les pousse diemême , elle prépare tour à tour les succès de la guerre par |a paix , et le triomphe de la paix par la guerre 1 Lk ou manque sa salutaire influence, les législateurs ne savent fonder que des ci tés animées d’un esprit de violence et de rapine î Mais qu’Eurydïce et Egérie inspirent Orphée et Numa, la Grèce devra au premier les lois qui polirent ses mœurs sauvages , et Home , è côté du temple de Mars, verra s’élever te temple de Janus, Long-temps condamnée à La servitude* au sein de celte captivité ou son génie pacificateur, loin des champs de bataille et des émotions enivra u les de la victoire et de la vengeance » se développe plus librement, c'est vers la paix que se tournent ineessain- ~ ment les regards de la femme* cest la paix que son œil , ardent d’espérance , entrevoit dans la nuit de l’avenir; et lorsque Jésus , pénétré de la douceur divine de sa mère, apporte une loi de charité, nécessairement incomplète encore , le silence des femmes dans Tétai et l'Eglise , c’estè-dire leur refus de s’associer désormais aux destinées sangla nies do T humanité , n’est- il pas une prédiction nouvelle de la fin prochaine de T ère des combats 2

La prophétie des femmes est perpétuelle , et celle pro-" pliétie est celle de la paix; toujours elles ont tendu è une association plus vaste et plus la ge. C’est le cœur des mères et des épouses qui a rendu le premier oracle contre la guerre ; c’est le cœur des vierges qui a prononcé ! le premier anathème contre les barrières hautaines qui ‘ séparaient les faibles des paissons, les pauvres des riches , les vaincus des vainqueurs , les profanes des saints 7 les étrangers des nationaux, les plébéiens des patriciens , esclaves des maîtres; cl, en aspirant h descendre, elles

ne se mésalliaient point; car elles n’avaient qu’une cause et qu'un nom avec tes plébéiens, et partout elles se sentaient unies aux opprimés par une condition commune. Il n’est ■pas un affranchissement dont elles iraient été les auteurs ou les complices. Prêtres, philosophes , poètes, tribuns ,elles ont tout inspiré , tout attende , tout accueilli.

Quels pins dignes auxiliaires du clergé chrétien, chargé de désarmer le pouvoir militaire , cjue les f fumes, dont les unes , passant dans le camp des guerriers pour les subjuguer plus facilement , les enchaînent de leurs brillantes écîiarpes; dont les autres , l’Evangile h la main, luttent obscurément , mais avec une infatigable persévérance, contre les mœurs encore brutales de TEnéOpe! Que font ces f eûmes assemblées en cours d’amour? passives dans l’Epî sc } elles se sont érigé un temple, oit elles perfectionnent, par les inspirations de leurs aines tendres et dévouées, le sentiment qui unit un sexe à Faulrc \ inour est le dieu de ce temple; elles en sont les sibylles, et , en augmentant sur le cœur des hommes leur puissance individuelle, elles concourent à de nouveaux progrès de la pat x I Mais q ue dis- j e ? J I i l d eb ra n d , ce h a r d i fbn da te u r du catholicisme , dont l'énergique sagesse assura le triomphe de la société pacifique sur la société belligérante , en affranchissant le clergé, par fins Li talion du célibat, de tous les liens dont le génie des castes enlaçait encore le monde féodal , Hildebrand lui-même cède è Fin fluence d’une femme, et ses vastes projets se mûrissent par l’ascendant qu’exerce sur son esprit la comtesse Mathilde.

Mais c*est taire trop long temps un nom glorieux pour les Ffitiims modernes 1 Sors, sors de la poussière des . campagnes, vierge inspirée! montre-no us le sublime réveil de leur enthousiasme ! Viens à la France désolée pré-

«lire son roi, et au roi détrôné sou royaume; prends-le parla main» et, h travers mille dangers que dissipe ta présence , condéfis-lc , à l'ombre de ta bannière , jusqu’à Faute! où ses aïeux reçurent Fonction royale ; couronne-le* sauve la France» et va mourir dons les fl animes cF.m bûcher , comme si l'esprit prophétique de la femme ne pouvait être qu'une émanation infernale I Vierge infortunée ! ah! loin de toi du moins ces injurieuses comparaisons qui rabaissent ta gloire en voulant la rehausser! non, ce n’est pas sous les traits de Débora ou de Judith, qui se faisaient un sanglant trophée de la tête de leurs ennemis, c’est moins encore sous ceux de Pallas et de Rel- Ume* FcêÜ étincelant de fureur, et le bras ensanglanté, que nous devons te révérer. Jeanne est une vierge chrétienne qui a le courage d’une lionne et la douceur d'une brebis , se bornant à se défendre , ne frappant qifà regret , niais s'armant avec confiance de son étendard., Image visible de la volonté divine, et ouvrant aux Français les rangs de leurs adversaires épouvantés h sa vue. A peine Charles est-il sacré, «f laissez-moi , dit-elle, hussez-moi retourner filer auprès de manière ; mon métier n'est point de guerroyer* » Ah ! ce n’est point une forte épée qu'elle a apportée dans les combats, mais une foi invincible dans les décrets célestes qu’elle accomplit par des succès inespérés ; et sa mission finie , a hiissez-moi , dit-elle, laissez-moi retourner filer auprès de ma mère. » Forcée de revêtir l'armure des chevaliers, mais fidèle jusqu’au milieu du carnage à un Dieu de miséricorde, Jeanne, en prédisant la victoire , est encore une sibylle pacifique !

El lorsque partout la femme s'offre h nos regards , investie de ce divin caractère, pressentant et préparant cet avenir de paix que nous annonçons, on s’étonne qu'au

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sein de l'association universelle, vers laquelle l’humanité, grâce h sa puissante inspiration, s’csl toujours acheminée, elle soit appelée h une gloire nouvelle ! Au seuil du temple que nous élevons , elle est arrêtée par les mépris et l’ingratitude de l’homme, arrêLée par sa propre défiance! Non , non , elle saura bien , à notre voix, s’y élancer, et, comme Jeanne d Arc, y déployant sa bannière sacrée, s’écrier : EUe cul part à ta peine, tpidle ait part à C honneur !

Mes pfcnES ,

\om que je vois assis ensemble, au-dessus tic la famille Smnt-Sinioiiicrme ? dans cc rang suprême où noire foi J nous enseigne qu’un jour siégera , auprès du PumPB-noi, 1 la prêtresse soc vint aise; vous qui, par vos eflbrts heui reusemenL associés, continuez seuls l’œuvre sainte qu’eiilanta sent le génie de Sust-Su!d4n ; la solitude do notre maître, et votre haiuiosik qui u’est que solitude au prix de 1 harmonie divine du couple choisi qu attend notre amour, n’nccusent ui de fausseté notre religion, ni d'infériorité la PEffiùE. Pour pressentir l’association universelle, P abolition de la guerre et de tons les privilèges violons qu’elle avait fondés, il n’a fallu à Saikt-Sjim», et à vous , que le souvenir des oracles pacifiques delà mi; la solitude de Saist-Sisos et la vôtre sont la plus éclatante glorification de tout son passé; et la destinée nouvelle que, sang sa participation, vous lui avez annoncée , deviendra son partage, du jour où Loucheront ù leur terme les rudes combats do 1 apostolat. Ali î lorsque dirigés par votre amour et

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votresagcsse, nous luttons avec une énergie dont vous nous donnez l'exemple contre le passé, dont les liens nous arrêtent encore, que faisons-nous ■* que préparer le glorieux avènement de cette fjkmi îe, bénie entre toutes I es femmes, il qui appartient cet immense avenir dont nous frayons la route? et moi, k qui mon rang dans la hiérarchie Saint- Simonîenne défend jusqu’à présent de rendre à une femme un hommage filial; moi qui le premier, mes Pères , ai répété aux femmes vos nobles promesses r avec quel bonheur je serai le premier encore à courber mon front devant sa lêLc sacrée , radieuse d'avenir !

Oui , mes filles , c’est ainsi que notre religion élève H votre sort; déjà vous voyez, assise au milieu de nous, use FEmiE que je me réjouis d'appeler ma stæun; sa présence I dans nos rangs a commencé une vie nouvelle pour votre sexe , et vous avertît que le temps est proche on des voix maternelles vous révéleront lèi joies ineffable* la vierge, Bépmree . de la mère SmntJjiïm*mii».pji£ ; mais avant qu"ellcs vous entre tien Dent de vos gloires futures, une tâche m’est d’abord réservée; c'est h moi de vous apprendre, si vous avez légitimement applaudi h la chute du christianisme, qu’affranchie aujourd’hui de tout lien religieux, votre puissance d’aimer ne sc témoigne qu’accompagnée de souffrance et de dégradation ; que cette indé- J pendance dont vous vous enorgueillissez vous isole, et fait de votre vie entière, depuis le jour ou s'éveille voire cœur jusqu'au moment où il cesse de battre , un long désenchantement; c’est à moi de vous faire connaître tous vos maux. Comme un père tendre, mais justement sévère, j 'affligerai peut-être vos cœurs; ah“ jetez -vous alors dans les bras de ma sœur; elle vous prodiguera ses faciles consolai ions ; je ferai peut-être couler vos larmes : ma sœur* fidèle h la

pitié de son sexé saura les sécher cl faire renaître sur vos lèvres le sourire et la joie*

Mferes cto famille laborieuses et retirées, qui r dans Y obscurité de vos foyers domestiques , ne savez aimer que vos époux et vos en fans ; beautés légères et brillantes qui faites les délices dessalons , et souvent n’aimez que vous-mêmes; vierges au front modeste, dont le cœur attend avec une secrète impatience ceux qui vous initieront à l'hymen * sans vous avoir peut- être initiées à l'amour; servantes du Seigneur, qui, étrangères à ce monde, n’aimez que votre Dieu solitaire, et quelques mu 1 heureux tributaires de votre mesquine charité; Snplios chrétiennes , qui , sous le nom profane de Muses, dont vous poursuit mie maligne flatterie, n otes plus inspiratrices ou inspirées; écoutez :

Vous souvenez -vous tic cette pieuse cérémonie, naguère sî solennelle, oii le cœur de la jeune vierge , qui jusqu'alors n’avaït connu que la tendresse de la famille, recevait par la commua La révélation d’un amour nouveau, rie Pamotir de son Dieu? Air I quelle était touchante cette vierge, belle de sa pureté; de son premier désir de plaire, de sa première parure, naïve encore et déjà pudique, s'offrant à son Dieu comme une jeune fiancée qui pour la première fois murmure des paroles du cœur , oh ne se trouve pas le nom de sa mère, enveloppée de scs voiles blancs et d’un parfum d’espérance et de premier amour! À sa vue, le vieillard, attristé du souvenir de scs longues fautes, se réjouissait et lui demandait des prières comme h un ange, qu’en laveur de ce lion mystérieux Dieu devait exaucer en eu jour de fête I Mes filles 1 qu’avezvous fait du charme ravissant de la communion ? il s’eêt évanoui, et rien ne Pa remplacé! Rien!,,,* oh! je me

trompe ! Sî autrefois la vierge chrétienne prenait , sous des auspices sacrés , possession d'une vie nouvelle qui dépassait les limites du toit paternel ; si autrefois son premier pas se faisait dans un temple où tous ses attachémens devaient ensuite s’épuiser, n'est- il pas pour elle une autre solennité , qui pour la première fois aussi fait battre son cœur, qui, au milieu tic plaisirs cnivrans et frivoles, elderhypocrite accueil d’une courtoisie dégénérée, lui révèle aussi un amour étranger h ses affections de famille ? Mes filles , pour vous aujourd'hui la première communion c’est le iîal ! c'est vous qui l’avez dit J

Et à mesure que vous grandissez au milieu de ce monde oîï vos mères se sont hâtées de vous introduire, à travers une mensongère politesse, que démêlez-vous enfin?*,. Le ■mépris de voire sexe! Ambition de dominer, esprit de contradiction, humeur capricieuse et fantasque, tels sont les traits injurieux sous lesquels vous vous voyez partout représentées, censurées, ou même louées! Ne repoussez pas ces reproches; vous avez du les mériter, pour rompre un lien vieilli , devenu oppresseur!

L o rsjjj.i jm e antique religion se dissout , les deux sexes , cessant d’être unis par une destination commune, brisent Je nœud qui faisait aupann a ni leur gloire cl leurjuiu! Unis cel le indépendance , mes filles, vous livre k risolement et h l’injure, tandis qu'aux jours de servitude et de captivité, si vous étiez soumises , du moins vous n’étiez point accusées, parce que vous concouriez alors , par le rôle qui vous était départi, à l'accomplissement de la destinée sociale. Mêlas! qu est devenu 1 enthousiasme que vous inspiriez autrefois ? Votre autel est tombé avec FmUcl immense k I ombre duquel il avait été élevé* Faut-Il vous rappeler ccs jours de la chevalerie, où le guerrier, dompté par le chris-

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iianîsme au point de sa mettre au service de la Faiblesse, vous rendait un véritable culLe, associait au nom de Dieu le nom de sa daine * Hn-roquait hautement dans le combat, le glorifiait après la victoire, le murmurait tristement sous le fer de l'ennemi, et dans des jeux brillans, images de fa guerre, poursuivait avec un mélange d'adresse et d'impétuosité une victoire dout la gloire elle-même, sous les traits d'une femme éclatante de beauté, devait déposer le prix sur le front du vainqueur I Heine s des tournois , les femmes éiaië&t souveraines dans les cours d'amour. Insultées , elles étaient assurées de trouver des vengeurs; accusées, des défenseurs qui plaidaient leur cause l’épée h la main. Belles et pures , elles inspiraient tes exploits des chevaliers et les chants des poètes* Enfin telle était * dans ces jours de nobles passions, rinlimité de Fumon conjugale, qu’une moitié ne pouvait faillir sans déshonorer l'autre, et telle était la puissance de la femme , qu’elle ét ait F arbitre de l'honneur de son mari* La paix régnait alors dans lé Foyer domestique.

— Aujourd’hui la guerre y règne ; il y a , je le sais , des ficLions conjugales comme des fictions politiques; la raison est censée gouverner ; mais sous ce nom s’impatronise la désunion* Elle commence le premier jour de Fhymen. Quelle cérémonie touchante , en effet , que celle d’un ftum \c e , consacré par une loi décriée avec scs textes ridiculement surannés * et par une religion qui a cessé d’être crue, entre deux époux qui ne croient pas même h leur amour, et que rassemblent de froides convenances ou un sordide intérêt I Sans doute, à examiner les époques auxquelles les femmes étaient achetées, possédées elles-mêmes, et dès lors incapables de posséder, la dot est un progrès vers leur émancipation. Elle eut d’abord un caractère politique;

et propre à maintenir, en prévenant des mésalliances, ce nohio patricial , loag-LcGdps utile h. l'Europe moderne, elle trouva dans ce motif social une sanction. Mais aujourd’hui.

que fait-elle qu’empêcher l’aristocratie d’argent de déro¬

ger? que constituer entré les femmes des privilèges étrangers aux vertus, aux lalem#à la beauté; que perpétuer celte inégalité profonde qu’avait mise autrefois entre elles le hasard de la naissance, el que condamner tant de femmes au célibat , b de pénibles occupations , dont souvent le vice corrige l'insuffisance , ou enfin à des mariages mal assortis? car même parmi celles qui jouissent de la fortune , quelle est celle qui est sûre d’être assez riche ou assez pauvre pour n’avoir point à craindre de barrière entre elle et l'époux de son choix ? Alors, mes filles , on achète en votre nom , on vous marchande, on vous vend, ou vous livre, on vous refuse; le mariage n’est plus qu’une spéculation ,

qu’un trafic, qu’un négoce, qu’un agiotage*

Oh ! si voire légèreté ne* vous empêche pas d’apercevoir, b travers l’apparence d’une fête et l'éclat des bijoux dont on vous pare, les ennuis de cet hymen qui vous lie à jamais, que de larmes secrètement versées sur la perte des ravissantes illusions dont vous vous étiez bercées! que de cruelles épines à ce bouquet nuptial! Vous brûliez d’aimer et de plaire Lv, trop heureuses de ne point halrl quel désenchantement dans votre vie à jamais pâle et flétrie! et gardezvous bien de regrets trop amers; étouffez avec eux le secret besoin d’une consolation ! séchez des larmes qui vous perdraient en amollissant votre cœur. Employez toute votre force à amortir voire sensibilité; cherchez, en l’étudiant sans cesse, b la résignation une face moins sévère; imposezvous comme un châtiment ta loi d’être irréprochables; échappez a k honte par la souffrance; conservez, par des

combats assidus, un honneur qui satisfasse le monde sans vous satisfaire vous-mêmes; mettez votre vertu à feindre là sérénité, ou même la tendresse , et applaudissez-vous enfin de la vieillesse comme d’un port contre des orages toujours renaissons , auxquels vous tremblez toujours de céder!

La dot cependant* cette institution aujourd'hui corruptrice-, a trouvé de graves panégyristes qui no conçoivent le calme, la dignité, le bonheur dans le mariage , qu’à la condition d en tenir l’amour écarté. Et, il faut l'avouer, aujourd’hui Fiafoim est souvent un délire. Cette passion de deux êtres , qui , étrangers à tout seniimenl religieux , épuisent 1 un dans l'autre toute leur f] flimgrl

les plonge dans une ivresse qu'accoiii pogne l îï l .nécessaires meu^ I c trouble ci le dëso r d rc . U n i s p a r im 1 1 en q u e ne fo rtifie point la religion, seuls dans le monde vis-à-vis Fun de l’autre, ils ne peuvent se consacrer à leurs propres yeux que par des sacrifices mutuels sans cesse répétés. Ils tremblent à chaque instant de voir s affaiblir l’affection unique qui Fait leur vie. L’amour le plus passionné est alors F4goisme le plus profond: chaque amant regarde F autre comme sa propriété et sa proie, et se ravale au rang de vil esclave ou de maître impitoyable. Tous deux prompts à s alarmer, à s'irriter, à s apaiser, changent un lien qui devait être tressé de fleurs en une chaîne pesante qu’ils traînent péniblement. Ainsi deux plantes, tenant h peine au sol brûlant d’un désert sablonneux-;, et livrées aux ora^ ges cl un ciel agité, s’embrassent étroitement, se nourrissent F une de Fautre, s’étouffent et se flétrissent de leurs nœuds multipliés. L'amour, chez les âmes fortes, est doue une véritable maladie à ces époques ou louic leur énergie est concentrée dans une passion purement individuelle, La jalousie u est plus ce désir de se rendre chaque jour plu*

digne d’être aimé , et la crainte de n’avoir point fessez bien réussi; c'est un égoïsme brutal qui asservit ce qu’il aime, menace eh caressant, se venge en se punissant lui-même; démon cruel qu’on maudit et qu’on plaint * qu’où admire quelquefois avec terreur, an milieu d'une société qui n’aime plus, comme un exemple de la puissance d'aimer. Telle est la punition inévitable d’un tel amour î la crainte constante de V ingratitude est le châtiment do celui qui sc donne tout entier 5 un seul cire! le supplice de T a me énergique est d’être resserrée dans les limites cFun être fini, et de sentir â chaque instant les bornes que F oh jet même de sa tendresse oppose â son ardeur inépuisable, brûlante , insatiable dTmc perfection qu'il rêve sans cesse cl ne trouve nulle parti Infortunés î vous ne savez aimer que vous seuls, \ et vous êtes condamnés T un h l'autre I La terre n’a pour vous de fleurs que celles qui éclosent sous les pas de ce que vous aimez, et ces fleurs sont souvent un poison ! Le jour n’a de rayons pour vous que ceux de F as Ire adoré, et cet, astre n’est souvent qu’un astre fatal ! Vous êtes chacun Fun â Fautre Dieu et l 'humanité; niais capables de vous immoler b celte idole périssable et imparfaite que vous vous êtes erigee , que de lois, comme Fidolàtre, vous vous immolez h vous-même votre Dieu! L’amour, dans nue époque ir- | religieuse, est donc presque toujours une passion irrégu- 1 Itère , capricieuse, immorale, forcenée, tristement illustrée parle nombre doses victimes. La société offre latriste spectacle de cm urs passionnés qui s’égarent, et de cœurs glacés qui raillent; la passion est folie, et la raison froideur. ^ Maïs lorsque Famour et Fjiymkn , mes filles, vous laissent h peine une ombre de bonheur ou de dignité, la maternit/v vous réserve- l-el le des jouissances plus pures et plus cor-

taines? Ne rappelons pas la discorde dont vos enlkus sont entre vous et vos époux l'occasion inévitable t puisque l'absence d'une loi commune vous livre, sur l'éducation à leur donner et sur la carrière à leur ouvrir , à toutes les divergences des volontés particulières. Que les en fa as soient presque toujours, pour les parons, un sujet de mésintelligence, vous ne pouvez le nier; qu’ignorant ce qu'il faut leur enseigner, parce que vous ne savez ce qu’il faut aimer» vous vous délivriez h ce sujet de toule responsabilité, en les abandonnant à ce hasard que Ton nomme éducation publique, vous en conviendrez encore; mais écartons ces tristes images, et contemplons votre bonheur ‘

Et déjà dans ce moment même, où , émues à la fois des souffrances et des joies de la maternité , vous reposez vos regards sur ce fruit de votre sein que vous avez senti tressaillir et que vous voyez enfin, il est une première félicité qui vous manque. La mère chrétienne arrêtait un sourire bien plus doux encore sur son enfant lavé des eaux du baptême, marqué du sceau divin , consacré h. son Dieu, associé h la grande famille religieuse , et f uii des héritiers des promesses du Seigneur! Mais pour vous qu’est-ce au^ jourd’hui qu’un baptême? Ün nom, et rien de plus. Pauvre mère! Votre fils repose endormi sur vos bras; et moi je vous le dis , votre fils est orphelin , car la religion ne ' \ l'a point adopté; elle ne Pu point lavé de In tache origi - ‘ en baissant il a apportée; et vous la retou vere*

cette lâche dans tout le cours de votre vie; cesL elle qui corrompra 1 affection de vos cofans pour vous , et la votre

?pour eux. Cette tache originelle, savez-vous quelle elle est P 1* égoïsme ! Oui, votre fils a 'appartient qu'à voa$> à W($ seule ! vous 1 usurpez tout entier sur Dieu et t’huma-

mi&\ Malheur ! malheur donc k vous * qui, après n’avoir aimé que vous en vos entons, un jour éprouverez les affligeantes mais justes représailles d'un ici amour!

Mères qui m’écoutez, je ne veux point vous calomnier ; mais apprenez h quel point s’égare et se pervertit quel- I quefois, quand elle n’est pas réglée par la religion , voire tendresse, trop accessible alors à cette lâche înduh I gence , à cette excessive rigueur, à ces jalousies et h cetle fragilité qui atteignent tous les autres sentimens! Pénétrez dans le cœur de cette mère , oh l’amour le plus vif cl le plus pur semble, dans des jours d’égoïsme, s’être réfugié comme dans uu sanctuaire» Est-ce en vue de Dieu, dont ils sont è ses yeux les images , est-ce en vue de la société dont ils lui semblent tes membres utiles, qu’elle chérit ses enfans? Non , c’est en vue d’eUe^mémo : aussi la voyez-' vous, tantôt s’obstiner h leur offrir un lait altéré ou presque tari, joyeuse de les presser sur son sein ; tantôt marâtre è force d’indulgence, refuser de s’affliger en eux, et empoisonner leur naturel de ses molles complaisances; tour à tour se mettre, par sa faiblesse, dans leur dépendance, et leur rappeler son autorité par les caprices de sa sévérité ; exiger pourprixde son attachement leur attachement tout entier; les accuser d’ingratitude s’ils aiment ailleurs , et voir d’un œil jaloux les objets nouveaux de leurs affections; enfin rebutée d’une passion sous l’empire de laquelle elle ne peut les re tenir constamment , sentir d Incroyables dégoûts se mêler û scs secrètes amertumes, regretter les jours de leur enfance ou ils étaient entre ses bras comme des jouets vivons, caressés et caressons; réduite, au moment ou leur développe ment devrait faire sa joie et son orgueil, h n’aimer en eux que les souvenirs de leur première existence ; et triste , dans l’isolement , se berçant elle- même de ccs chants dont elle les

berça naguère , rêver la volupté do leurs baisers enfantins; ne retrouver 8és émotions maternelles que sur le berceau de ses peiils-enfans; et n’éprouvant jamais la douceur d’être aimée par qui peut aimer, sans dignité et souvent sans tendresse sous ses cheveux blanchis, expier par l’abandon où elle languit, et par le refroidissement de son propre cœur, un amour maternel auquel est étranger l’amodr de Dieu et / Je là société ! Oui , Dieu Ta voulu , dès que Phmnantlé se J 8^Pare de hiï ci s’adore , elle se déprave; l'épouse la plus 1 dévouée, la mère la plus passionnée , ne peuvent ellesmêmes avoir une foi sincère dans leur amour et y trouver gloire et bonheur qu’aulant q u’elles ont foi dans leur amour pour Dieu èt IMmmanité. O mes filles 1 vous avez quelquefois pleuré sur le sort de mères désolées , tremblantes pour leurs fils, ou privées de leur appui; mais environnées de voa en fan s , quelquefois aussi vous pleurez en secret sur vousmêmes , et votre maternité fêtée* heureuse, enviée, a d’inexprimables angoisses !

Mats la vieillesse arrive! cet %e, qui vous ravit la grâce et la beauté dont vous étiez si fières, en vous menaçant de l'abandon du monde * vous oblige à le fuir dans 1 exil* Retirées h l ombre du foyer domestique , assises auprès de vos époux que vous n’avez point choisis, vous subissez dans ce long tête-à-tête, sans souvenir de paix ni d’amour , un divorce toujours flagrant* et le poids de cette solitude pèse surtout sur la femme. Etes-vous entourées de votre famille? ù la condition de vous ensevelir dans une neutralité absolue entre les époux, les pères et les enfans, les maîtres et les serviteurs , vous pouvez vivre encore, sans en être I epouvantail- Et prenez garde d’oser vous y faire un parti par votre indulgence pour les en la ns. Les mères , vous le savez, sont jalouses de Falleçtkm de leurs fils» Souvent d ailleurs t

ces enfans , qui traduisent en une insolence naïve les secrets mépris de leurs pa l'eus j acceptent vos jouets, et dédaignent vos caresses- Hélas ! je vois votre tendresse partout rebutée , pour trouver quelque retour, descendre, j’ai honte de le dire, jusqu'à une idolâtrie grossière , jusqu’à l'adora lion des animaux- Ou bien, si votre âme garde plus d’énergie, vous vous souvenez du Dieu que vous aviez oublié, vous lui portez l'offrande de votre cœur dédaigné , eL tombant dans une dévotion étroite mesquine, rigoureuse pour vous-mêmes et pour les autres, vous vous donnez pour occupation le repentir, pour aliment de votre âme délaissée le remords; vous remplissez votre solitude d'expïa^ lions renaissantes et de frayeurs multipliées; et comme des ombres livrées h une religion qui n'est plus elle-même qu’une ombre , plutôt que d’expirer dans un désert , vous vous y créez un enfeu î

Enfin lorsque vos affections privées dépouillent votre vio de charme et d'appui, est-il du moins que] que lien qui vous ratlâche à la société ? Le christianisme ne vous a permis qu'u ne seule vertu sociale, la bienfaisance , et toujours dans Je 9 étroites limites de l'aumôue : la quête sous les auspices du be deau , telle est. 1 a plus gra nde.de vos lbnct i ods poliii ques; le titre de dame de chanté, voilà le titre le plus beau que notre temps vous ait laissé. Oui , s'il est parmi vous des femmes qui aspirent à exercer, par leurs talen s , une inlluence sur la société , quel est le sort de ces modernes Saphos , de ces brillantes Connues? il finit qu'elles aienL d'abord le courage d'affronter Fana thème dont les flétrissent la jalousie de leur propre sexe et Forgueil du nôtre; qu elles se résignent à un ridicule dout la gloire la plus légitime les absout à peine, ou qu'elles éteignent, dans F obscurité , au prix de cruelles souffrances , un génie qui eu

éclatant les condamnerait peut-être à des souffrances plus poignantes ] Mais c’est peu que d’encourir aux veux du monde cette première réprobation; au milieu de ces applaudissement qu excite leur poissa nie exaltation * elles éprouvent le besoin de partager la joie de tant d’hommages; ce cœur qui manque au leur, elles veulent le conquérir; c’est, belles delà couronne, attachée sur tour front par la main de tous, qu’elles veulent mériter l’amour d’un seul; c cst riches de leur gloire comme d’une dot sublime qu’elles veulent dignement choisir ; h quelles peines nouvelles les condamne cet espoir souvent trompé I comme les vierges du vieil Evangile, elles avaient cependant allumé leur lampe, et l’époux n’est pas venu, ou ne leur a montré qu'un visage irrité» Et quel supplice alors que cette gloire qui les environne d’une pompe extérieure, et leur interdit les jouissances de douces affections; qui les isole au milieu de Ions, et fait craindre à leurs admirateurs sa triste contagion ! Eh bien ! ce seront elles alors qui mendieront avec leur gloire un peu d’amour; et bientôt elles auront b rougir d elles-mêmes è leurs propres yeux! Voilé comme dans notre société, telle que le christianisme l’a laissée, eu l’absence d’une religion qui légitime cette noble ambition des femmes , le génie u est plus pour elles un soutien, mais une occasion de chute; et ce qui dans un nuire temps ferait leur gloire , leur vertu , leur bonheur , aujourd’hui leur impose un fardeau de honte, de fautes et d’infortunes!

Ah! ces misères sont affreuses, lamentables, flétrissantes ! et cependant, vous h qui je m’adresse on ce moment , vous êtes heureuses entre les femmes , privilégiées au milieu déliés, supérieures enfin a toutes celles qui vivent loin, bien loin au-dessous de vous , déshéritées de tous les avantages qui ue font pas même votre joie , cou dam nées par

le hasard «le la naissance b des amertumes plus grandes encore qu* les vôtres, b des travaux dont s'épouvanterait votre délicatesse , a des privations dont vous ne supporteriez pas la plus légère, b un abaissement dont vous frémiriez pour vous-mêmes I et si j’ai pu signaler dans vos rangs les nlllictions dont vous êtes atteintes, b travers celte désolante, uniformité de souffrances qu’étend sur les femmes des classes inférieures une commune dégradation , comment me serait-il possible d’assigner une place et de donner un nom b ces maux innombrables? je ne vois «pi une couleur, celle de la misère; je n’eotends qu’un cri, celui de la douleur. lit cependant, mes filles, avez -vous jamais déploré le sort de cette classe de femmes , où dorment , étouffes, les germes de nobles passions, de talena généreux, un immense avenir enfin pour la société régénérée ? non , vous manquez de pitié pour votre propre sexe; et tandis «pie quelques hommes de la classe privilégiée, pressant de leur main la main rude de l’artisan , ont appelé de tous leurs vœux son émancipation , loin de témoigner une égale sympathie pour les femmes du peuple, vous affectez sur elles uno dédaigneuse supériorité , et votre pitié n a point encore i ranch i les barrières qu’élève entre elles cl vous la délicatesse des manières, l’aristocratie du bon ton.

Et moi , je vous le dis , je n’ai jamais paru dans cette enceinte où vous vous asseyez seulement encore avec les heureux du siècle, sans l’avoir, dans nia pensée, élargie et peuplée de tous ces infortunés qui sont aussi mes fils , qui sont aussi mes filles, et auxquels Dieu m’a dit aussi d’annoncer sa parole ! Oui , toujours, toujours je les vois auprès de vous : à côté de vos orgueilleux privilèges, leur pauvreté accablée d’un poids qu’ils peu veut b peine soulever; à coté de vos souffrances voilées avec art , leurs blessures saignantes; b

côté de vos élégantes parures, leurs haillons souillés de poussière! ils so.nt, ils sojvt ici!.,. Ah! mes filles, jetez les yeux sur tant de femmes qui sonL restées les esclaves de leurs époux grossiers , sur tant de mères qui s’épouvantent de leur maternité, et enfantent dans la solitude d’un hôpital des malheureux destinés, comme ils y sont nés, à y mourir; qui, dans cet instant délicieux pour vous, où le premier cri de ï’cnfanl frappe l’oreille de sa mère , sont réduites à calculer si ce nouveau -né, comme un hôte importun, n affamera point sa famille; qui remercient Dieu , qui le remercient ! lorsqu’il leur ôte un de leurs trop nombreux enfaris; enfin sur ces femmes sans nom, déchues de leur sexe, condamnées à l’opprobre par la nécessité de vivre, et dont l’aspect, s’il vous faisait rougir, devrait surtout vous faire rougir de votre insensibilité à tant d’humiliation ! Sans doute , occupées jusqu’à ce jour du soin d assurer, par des luttes renaissantes, voire propre indépendance, vous n’avez pu songer qu’à vous; mais aujourd’hui que ma voix vous révèle à la fois vos maux et ceux de vos soeurs, plus à plaindre que vous, sachez- le bien, votre pitié pour vous- mêmes ne peut devenir féconde q n en s’épanchant aussi sur elles; vous ne tarirez la source de vos larmes qu en séchant leurs pleurs!

Oh! qu’il faudrait amèrement gémir sur votre destinée, vierges, épouses , mères, solitaires ou brillantes, à l’aurore de votre vie ou au déclin de vos jours, si notre relicio.v, en ollrnnl dans une sympathie générale une sancLion à, vos sympathies particulières, ne permettait à voire tendresse agrandie de s’exercer désormais sans désordre , n’attachait à votre existence les délices plus pures d cncliantemens nouveaux; et si eu vous révélant un sujet de glorifies-

lion pour tous dans les anathèmes du christianisme , et un lîtrc ïi Fad mirât! on dans cntle puissance d’aimer qui lotir h tour , suivant la présence ou l'absence d'une loi religieuse, vous élève au plus haut degré du bien, ou vous précipite dans F excès du mai., elle ne vous appelait l\ uue gloire et h une félicité inouïes 1

Ouï, mes ii 1 les , pénétrez aujourd'hui le mystère de Y anathème chrétien rpii pèse encore sur vous. Le dogme de la chute était pour l'homme La condition de ses PB0G3ik$; il ne pouvait, assailli de maux nombreux , faire un nouveau pas sans avoir légitimé tout ce qui était derrière lui , se flatter de conquérir le bien avant de l'avoir regardé comme son héritage , espérer d’échapper au mal s'il ne Le considérait comme un accident dans sa destinée et non comme sa destinée elle-même; dès lors il devait s’envisager comme déchu d’un état de perfection et de bonheur»

Mais quelle faute si grave Fa donc fait déchoir? 1 ambition d’égaler Dtettl ... Gloire à la femme! car c’osl elle qu'il accuse de s’être laissé la première feuler à cette Orgueilleuse espérance* Oui, c’étaît à la femme , toujours jalouse de pénétrer F avenir , osant dans sa téméraire curiosité se ménager des intelligences avec les dieux bons et avec les dieux mauvais, se plongeant dans le bien ou dans le mal avec un égal enthousiasme , et dès lors plus hardie à sonder ce terrible mystère , c’était à elle h se montrer affamée d’une science et d’une félicité supérieures, à essayer, en prenant le démon pour complice, de s’initier h celles de Dieu Iui*mêmû! c’est ainsi que nos grossières traditions devaient nous raconter la participation de son sexe aux progrès de l'humanité. La femme , pendant toute la durée de la lutte de Fhoüime contre la matière, alors sanglante et abandonnée par le christianisme h Satan , devait être ré-

prouvée et hâter cependant lexpiation de Ihommc et de lu minière, en écrasant un jour la tête du serpent î et voici que la pbophétie s’est accomplie ! le génie pacifique de In femme va triompher du génie de la guerre. Elle se relève de r an a thème dont elle avait été frappée., et aspire à une existence nouvelle dans le temple et dans Tétât,

Et voyez comme s dès le début de notre époque irréligieuse , les^FEMMES dédaignent Thorizon étroit tracé autour d’elles par le christianisme. Elles font une invasion dans les arts , les sciences » f industrie , remplissent un rôle qui n’avait jamais été leur partage » et, aux temps do îa réforme , de la ligue, de la fronde , manifestent un vif besoin de s’intéresser à la chose publique; mais leur ambition, gênée par les institutions politiques ou religieuses , et par les prétentions exclusives des hommes , fut obligée de se réduire aux proportions honteuses de T intrigue et d’éclater par de sangla ns excès, 1

Enfin quand la révolution , en détruisant Tanciéîmc société et Tancicnnc religion ? eut donné sur l'échafaud, illustré par madame Roland , droit de bourgeoisie aux femmes, dans la cité régénérée par le sang, une femme pa raît> qui réclame avec plus d'énergie le privilège pour son sexe de se mêler aux affaires publiques; mais elle est repoussée par la main rude et violente du soldat qui , chargé d’affermir et d’étendre par ta force la base de la cité nouvelle , reste fidèle à sa mission sanglante , en rétrogradant jusqu’à la brutalité de ces temps où le génie de la guerre ne demande à la femme que des en fa ns. Toutefois dès que le guerrier qui , dans les vues de la Providence et à son insu, ne devait faire servir les armes qu’à détruire dans l’Europe les restes d'une société fondée par les armes , voulut, aveugle qu’il était, enivré de sa gloire et de sa puissance ,

fonder une unité européenne sous la seule sanction" du glaive, le génie pacifique fie la femme se réveilla dans madame de Staël. Accusée par Napoléon de n’étre pas assez française, parce qu'ci te est européenne par ses sympathies; refusant de s'associer & la gloire de nos trophées , parce qu'elle y voit le triomphe de ta force brutale; prompte h condamner cet enthousiasme belliqueux qui occupe la place de l'enthousiasme religieux presqu’éleint , et peut se concilier avec le despotisme ; faisant des vœux secrets pour te. cause de V Allemagne , où les restes de la foî et Pamcur de la liberté se prêtent un mutuel appui; offrant h l’Europe et h ses rois le spectacle d’une femme que le monarque, dans sa toute grandeur , exila de Paris parce qu’elle l’y gênait; mémorable exemple de fa puissance de Pesprît sous le régne de la victoire , d'une vaste sympathie sociale sous le règne de l'égoïsme militaire, elle prédit la chute de celui quelle haïssait nu nom de Phumanité , elle arma la paix pour terrasser la guerre , et la main d’une femme cou Lribua à renverser le colosse.

Mais la sibylle des temps modernes n’a point encore rempli sa lâche. Tandis que C ha tenu brian l demande élo quemmént grâce pour le christianisme * et relève ses autels renversés; tandis que Byroo insulte à ses débris et met Punivcrs entre les mains d'n n fantôme terrible, qu’il appelle fatalité ; madame de Staël , rendant hommage au christianisme, parce que l'avenir religieux qu'elle rêve est pour elle une prophétie du passé, lui échappe cependant parles pressenti mens d’une aine grande eL passionnée; elle prédit la venue d’une religion nouvelle. Le génie de la guerre est détruit; le christianisme a cessé; P athéisme disparaît, et c’est par la bouche d’une femme que se révèle h l’humanité le v ligue besoin d’un sentimmivt eelioievx kodveau !

Mais ce temple que son «me a rêvé, appelé, prophétisé, lui a manqué toute sa vie. Comme elle cherche partout sa place sans pouvoir la trouver, importunée de n’être que femme* embarrassée de son génie, souhaitant une sphère plus large que celle où s'exercait son influence ! l’Italie avec les pompes éclatantes de son ciel * de sa nature, de ses moulinions, de ses souvenirs ; l'Allemagne avec h sombre majesté do son climat nébuleux et de son ardent mysticisme, voilà le temple où elle erre inquiète, tourmentée * le Iront ceint du turban de la sybillc, la lyre entre les mains , souvent réduite k avoir son trépied dans un salon! Et que pouvait pour elle notre société? Lui donner une place à l’académie ? à la tribune? Non * non ! placez-la dans un temple , et là , laissant échapper de scs lèvres passionnées ses admirables pressenliincns , clic y sera pure et sublime I

Oui, ccst dans le temple que désormais trouveront nn asile ces femmes pmvtl&gjées , qui se sentent destinées à exercer une influence sociale et religieuse, car désormais la puissance sociale est religieuse; c'est là qu'elles manifesteront, librement et avec pureté, celte faculté qu'elles n’ont pu, jusqu'à nos jours, déployer qu’avec elïbrt et désordre. Cessez , mes filles , cessez de nous vanter celles d'entre vous qui semblent avoir appelé de l’ann thème Sîdiquc par des règnes illustres que votre orgueil oppose avec satisfaction aux règnes des monarques les plus glorieux. Tout ce que le Christ put faire pour les femmes d'une noble naissance fut de les asseoir sur un trône encore militaire, dont elles ne parurent souvent dignes que parce qu'elles notaient pas dignes de leur sexe* ou qui les pervertit jusqu'à eU faire de farouches successeurs de César. Mais l'avenir n'exile plus sur un trône la femme la plus aimante;

le tkêpied sacré qu'il lui promet devient le trône le plus élevé qu’elle puisse ambitionner, lit c’est là que viennent se grouper autour d’elle, selon les rangs d’une juste hiérarchie, toutes ces femmes que le don de pressentir IV venir de ! humanité , et la puissance de l’enchanter par l’éloquence, la poésie, et les arts aujourd’hui réservés aux musées et aux théâtres, rendent capables de seconder le mouvement politique cl religieux.

La femme paraît donc dans le tbmpi.Ie, et cette placé; nous ne la lui donnons que parce qu’elle t’a demandée, recherchée, méritée; car dans une rénovation sociale, aucun rang ne se donne , tons se conquièrent. Elle y paraît, ASSOCIÉE et non socmisk à l'homme , jamais sa rAnettuf, mais toujours sou égale. Non, la femme n’est pas lesaleI-“ lîle obscur de l’homme, destiné à rouler dans l’orbite d’un astre impérieux , et à offrir un pâle reflet de ses rayons; elle a son mouvement propre et sa lumière native. Compagne du prêtre , tandis que son époux gouverne l’hninanÎLé dans son ensemble ou dans l'une de ses parties , en réglant son ritôïmlis sur le passe qu’il connaît, elle prend pour mesure de ce progrès Y avenir qu’elle espère. Par leur L hymen, la civilisation poursuit son cours, sans djèrüger nu passé, saris dègéiièrer de l’avenir; elle réglement politique, I instruction morale qui dirige la société, ouvragé de tous deux , appartient à In tradition par le prêtre qui en esL le fidèle dépositaire, à la prophétie par la prêtresse qui en est I organe. Ce n’est plus cependant du fond de la retraite ou de sombres cavernes , qu’émanent ces prédictions. Jadis les oracles semblaient le privilège de la solitude , et le désert un degré entre la terre elle ciel ; mais aujourd’hui que Dieu nous apparaît dans toct,csL tout lui-même, c’est au sein du temple, en présence de ses pompes et de ses j

1 an )

joies» au milieu du concours des fidèles , que la prélruM dans ces manifestations les plus glorieuses de Dieu» îe verra » le sentira , le révélera; le (Usâ t est muet» le t jîmpuî seul a des oracles* Le prêtre n'est donc complet que par la prêtresse, la prêtresse, que par le prêtre. L’individu religieux et social » prêtre, savant ou industriel, n’existe que par Tumoa de Thomme ci delà femme; l’institution du mariage parvient h sa plus limite dignité. Désormais TommE et le mariage sont identiques. Plus de servitude, de subalternité, de dot et d'hérédité ; l'humanité entière est admise aux bienfaits de l’éducation ; et tandis que la moitié nùiim trouve dans les grades divers de chaque hiérarchie le prix de son amour, de son intelligence et de sa force pacifique, b moitié femme, libre de choisir et d’êlrc choisi©, en s’unissant h l’autre suivant une mutuelle inclination, trouve dans Tépoux lui-même, dont elle compleUc l'existence et le rang, le prix de sa bonté» de sa sagesse et de sa beauté; et c’est ainsi que I’iuimaxitÏv» c’est- â -dire la nè^iviüN étroitement formée de tous ces couples assortis, grâce h Tas sogutïox de leurs efforts, se développe tous les jours dans la triple faculté du silktimemt , de Y intelligence et A la force!

Ali 1 quand auront été plus grandes la puissance et la gloire delà femme P Dans Tantiquîlé , clic avait été de son époux; pendant le clirislmnisme, elle fui honorée p r lui comme la mère de ses (ils , héritiers de son nom. Sons le règne de notre religion , associée b des conditions éga* les , elle est véritablement son épouse. Mère plus heureuse, même au déclin de sa vie, elle recueille dans la reconnaissance de ses milans, croissante comme le progrès qu'elle leur a enseigné, les fruits d’un amour maternel qui ne s’est pas complu dans un stérile égoïsme , et sa vieil-

couronnée des palme# dont leur piété filiale loi lait un clous hommage, initiée h son tour h leur progrès , if arrive point à la tombe par un désert , mais, soutenue de leurs liras cnrossahs , marche jusqu’il son dernier jour dans des sentiers fleuris , et & endort , mollement bercée de chants d’ a m ou r e t d* esp é r a n ce î

Saluez donc, o rnes filles * de vos justes transports d*allégrosse et de reconnaissance, la religion nouvelle ; lia Lez -en par vos e dort s la glorieuse intronisation! En vous, hors de vous , tout vous invite, tout vous entraîne i* ce magnîfique progrès ; tout * le soin de votre propre bonheur , l'intérêt de vos fils et celui de riuunaniLé qui n’attendent que de vous leur saint.

Déjà nous vous 1 avons dît, partout* en France et en Europe ; les classes inférieures , soulevées par le désir énergique de 1 amélioration de leur sort , armées de leurs besoins , frémissant de leur indigence , dans les champs , au sein de leurs ateliers , sur vos places , s’agitent , vous en viron neut , vous assiègent; nouveaux barbares * ils réclament üofe^part de& bienfaits delà civilisa tion a laquelle i fs ont tant ajouté par leurs exploits sur le champ do bataille, pur leurs pacifiques travaux dans In eilé; ils n'accourçnl pas du fond de lointaines contrées , mais ils ^élancent de leurs misérables réduits , suspendus sur vos salons dorés ; fis sont au milieu de vous; ils ont , parmi vous, de publiques intelligences; fis sont vos maîtres , puisque vous leur devez la victoire sur la tyrannie; ils s'enorgueillissent de toutes vos concessions, et chaque ibis que vous croirez, comme les Romains, avoir acheté la paix , vous aurez soudoyé la guerre! Que veulent-ils ? Améliorer leur sort. 'Comment ?

ils l' ignorent eux-mêmes ! Et nous , interprètes de lu loi du progrès , nous vous annonçons qu'ils ne déposeront celle attitude menaçante que lorsque T abolition , sans exception , DE TOUS LES PRIVILÈGES DE LÀ NAISSANCE ET LE CLAS¬ SEMENT SELON LÀ capacité , auront été proclamés et préparés.

Mais j’aî lu dans vos cœurs ; je devine vos frayeurs et vos répugnances, Nosenfans, dites-vous, doivent-ils être déshérités du rang de leurs pères? Rassurez - vous : vos enfans ont un héritage qui ne Leur manquera jamais; la providence sociale, qui pourvoit au sort de tous, ne leur otc le vôtre, indigne d’eux peut-être, que pour leur rendre, dans un rang maintenant pur d’autres occupé, un nouvel héritage plus en harmonie avec leurs véritables besoins! Maïs vous tremblez encore que leur part, souvent plus belle que celle que vous leur auriez laissée, ne soit souvent inférieure à celle que demande pour eux votre ambition ! comme si dans une société religieuse tous les grades, convenablement remplis , notaient pas sacrés aux yeux de tous! comme s’il y avait plus d'honneur et de joie h succomber sous un fardeau trop pesant qu'à porter avec facilité le poids approprié à ses forces; à végéter avec une insolente nullité dans une oisiveté privilégiée cpi’è exercer utilement une fonction déterminée par sa capacité !

Cependant voulez-vous orgueilleusement sauver, h tout prix , l'héritage de vos en fans ? ne perdez pas de temps; armez les bras de vos époux et de vos iils, et dites- leur :

« Soyez prêts, au premier signal , a marcher contre ces » nouveaux barbares! Parmi eux l'enfance est flétrie par de » précoces fatigues; la vieillesse est sans asile ou meurt » dans les hôpitaux; la jeunesse pi l’âge mûr y sont con- » damnés ?i de rudes travaux , a de cruelles privations; les

fl femmes sont esclaves, livrées à In misère et à la honte! a Allez, nobles fils, allez, nobles époux, que parmi nous

se perpétuent à jamais In richesse , le savoir , les plaisirs

» et la gloire; que parmi eux la pauvreté » l'ignorance,

„ la cl ou leur et F opprobre transmettent fidèlement de gé- » uérntion en génération leurs flétrissures héréditaires ! »

0 mes filles! Dieu vous a-t-îl faites pour tenir cet horrible langage? et savez-vous bien quelle est cette classe immense que vous prétendriez immoler h votre jalouse maternité? Le savez-vous? Quand allé était esclave , vous étiez asservies avec elle, et vous Lremblioz devant vos époux, vous vous incliniez devant vos fils! Quand de Fesclavage elle passa h la condition du servage, elle fut attachée h la glèbe , et vous au foyer domestique. Quand elle parvint h une émancipation moins imparfaite , vos

palîcm définitive, et vous, n’ambîtioemez^vous rien? Sa¬

lariée, elle demande à ses maîtres F association; et que

demandez-vous vous-mêmes, si ce n*est une associât ion complète avec vos époux , qui vous ont jusqu’à ce jour

exclues de toute participation à leurs fonctions religieuses ^ et sociales?

Pourriez-vous donc, sans un étrange aveuglement, dans cette parité de situation, dans cette conformité cle vœux, méconnaître to signe manifeste d'une mission divine ! Entre vos Üvqvx et vos fils, qui jouent, à leur insu , le rôle tFop- 1 presse urs et auxquels vous appartenez par votre tendresse, et tes classes laborieuses auxquelles vous appartenez aussi par les liens d'une destinée commune; entre ccs deux orï nées d on I la lutte , sa u rd o c ne o re , me n ace de j o u r en j o u r d’éclater plus ouvertement; entre ces deux partis prêts au combat, terribles, acharnés, impitoyables, ô mes filles!

qui donc se précipitera pour prévenir l'effusion du sang? N’avëE'VOtts plus de voix qui fléchisse, de lamies qui louchent , de bras qui désarment? Résisterez-vous h. l'élan de vos urnes, et ne comprendrez- vous pas la parole du Dieu nouveau ? Vous avez cru le Dieu de Jésus > parce qu'il vous commandait k paix; refuserez-vous de croire le Dieu de > Saikt-Simok, qui vous appelle h la gloire de terminer h ja- : mais le règne de la guerre? Âh! c'est en accomplissant J cette sainte mission que vous gagnerez le dernier grade de votre émancipation, Qui donc osera demander si vous êtes 1rs égales des hommes, lorsque votre pieuse médiation aura sauvé le monde? Qui donc osera vous fermer les portes du temple et de la cité nouvelle , lorsque s y avancera l'humanité , unie par les noeuds dont vous aurez lié entre elles toutes les classes de la société ? Et quels chants seront assez doux, assez purs pour glorifier cette longue suite de pacifique! victoires, couronnées d'un triomphe éclatant? Par la voix de leurs poètes, vos époux vous di- I vont :

• Femmes* vous nous avez vaincus : gloire h vous! Nous vous devons un iimour nouveau, ignoré de nos pères; nous vous devons le règne de la paix , de la liberté, du travail : gloire à vous ! »

Vos fils diront aussi :

« Gloire à nos mères ! elles ont dit è leurs époux , jaloux encore des privilèges de la naissance : Ces enta us, que notre sein a portés et nourris, sont aussi à Dieu et h. P humanité. Et Dieu les a récompensées en leur donnant des fils plus tendres et plus dévoués , des filles à jamais reconnaissantes de r affranchissement que leurs mères ont terminé! n Et alors des chœurs harmonieux oii se marieront les voix des hommes aux acccns des femmes, rediront la gloire lou-

( ISS )

jours croissante de rhamanité grandissant dans le sein du Dieu,

Ah! mes filles* élancez-vous enfin vers cet avenir de «doire et de bonheur * ouvrez vos âmes à des sympathies générales ! et sî, dans le siècle dernier, Rousseau mérita votre reconnaissance pour avoir réchauffé eu vous ! amour delà famille, le seul amour des époques irrél igi dises , oii sont aujourd’hui, ù jpbMües , vos couronnes , vos bénédiclions, votre enthousiasme pour Sxivr -Simon , qui ranime en vous Tamouiy au l’ulîiunité , et qui, eu vous permettant d'aimer avec plus de tendresse vos fils régénérés, plus dignes de vous, vous défend aussi de tarir la source de ce lait salutaire qu’attendent de vous les fils de Dieu , si long- temps sevrés de votre amour!

Êtres ai ma ns , l’on vous voit , lorsqu’une croyance expire et tombe , l’entourer encore de vos hommages , cl lorsqu’un autel naissant s’élève , les premières accourir autour de lui; ainsi que dans votre carrière vous adoucissez aux vieillards la pente du tombeau, et veillez avec un tendre sourire sur Je berceau de l’enfant. Venez, venez donc à nous, car nous avons besoin de vous; venez réchauffer avec nous les sou timons glacés de nos jours, et nous aider h accomplir lu tâche immense que Dieu nous a confiée! Oh! que nous puissions mettre dans nos paroles tout ce que notre âme a de poésie, tout ce que notre voix a de mélodie et d’entraînement, et lorsqu’à nos accens auront tressailli des cœurs de femmes, lorsqu’elles y auront répondu par un langage d’une ravissante douceur, alors, ô mon Dieu , le signal de 1ère nouvelle sera donné 1 alors une pitié soudaine saisira l’homme pour ces maux qu’il laisse sans remède. Des terrons de larmes expieront son aveugle endurcissement; un amour nouveau agrandira toutes les in

Uîlligences , animera toutes les activités, et un sublime espoir rentrera dans la société désolée, car des voix de femmes auront retenti h son oreille 1 Proclamez donc* o femmes, avec votre condition nouvelle une nouvelle condition pour l'humanité entière* I illes d Eve, retrouvez sa sublime ambition; osez cueillir Je fruit divin que vous offre, par la main de Saint-Simon , non pins P esprit tentateur, mais Dieu lui-même! et vous connaîtrez la science bu bien et du mal; car vous révélerez à I homme comment le bien doit chaque jour é tendre ses progrès , et le mal chaque jour décroître et s'effacer, etjous deviendrez SEi.muuiLES^iuju ; car vous aîdei-ez l étre fini h se rapprocher chaque jour davantage des perfections do 1 être infini. Et alors ne se formeront plus pour vous les portes du paradis terrestre; mais pour vous s’ouvrira un nouvel Eden. Autrefois expulsés , nous disent les traditions juives , de ce heu de délices, aujoirrd hui Adam et Eve, après un long exil , suivis d’une nombreuse postérité, rentrent dans ce paradis, dont leurs mains conquérantes ont reculé les limites jusqu'aux bornes de la terre. Mais rentrés dans ce séjour de bonheur, l'homme , lu femme y sont égaux : moitiés d'un même être, ils tendent se réunir. Le mariage est une association coin plèle. Mes fils, mes filles, glorifiez ensemble le Dieu de Saint-Simon! le rï-gne de la paix et de l’auouh est ; arrivL

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