MES PÈRES
Vous qui les premiers avez osé vous charger de ce titre de prêtres , si long-temps flétri , mais réservé h une éclatante réhabilitation , gloire h vous 1 vous avez ouvert Fé — poque d une nouvelle société, <]?une nouvelle autorité, d un nouveau pontificat 1 Ouï , c’est à vous que se rat- * tache légitimement la hiérarchie de l'avenir, comme vousmêmes vous vous rattachez légitimement h SAINT-SIMON; et SAINT-SIMON , révélateur de la destinée de Fhumani té entière, personnification vivante* au milieu d'une époque d imprévoyance et d anarchie, d’un progrès et d'un ordre nouveaux, associant en lui toutes les souverainetés. pontife, ROI r/r peuple h la fois , fût b lui seul une rarciiie, une SOCIÉTÉ, un MONDE! Émanée de lui , l’an* J tcirité a dignement passé en vous ! Sa religion, dont vous avez agrandi F héritage , est votre titre sacré; car, tandis que tous les systèmes divers , qui aspiraient b régir la so ci été fa ligue e de sa désolante indépendance , soumis à l'épreuve du tabernacle, comme des branches coupées de la veille, se sont desséchées et ont été condamnées par leur stérilité ; semblable à la verge d’Àaroü, le rameau divin, que vous aviez reçu de Saint-Simon, a poussé des feuilles , des (leurs et des Iruîts ! À vous donc la gloire du nouveau pontificat, puisque, seuls entre les hommes de nos jours, wms avez su donner un signe d'espérance et d’amour , et
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rallier une famille dévouée autour de ce rameau fécond, qui j planté par vos mains , et s’affermissant malgré ta tempête , un jour couvrira de de son vaste ombrage le globe entier ! Cm: fs sf frémi; s de la société Sninî-Simonienne , que Tamour et In reconnaissance de vos enfans dont ma voix se plait à faire éclater te témoignage , attestent la douceur de votre autorité et de noire obéissance , et, en vous séparant , plus vivement encore que mes paroles, des prêtres, dont je vais évoquer les fantômes, vous rapprochent du prêtre de l'avenir , qui déjà vit en vous!
Oui , mes fils , mes filles , ne cherchez plus dans vos jroa» rentrs haineux le pontife H'qinpAU. Vous savez quel est le Dieu que nous adorons; voyez quels furent les prêtres du 1 passé*
^ D’abord nous apparaît , dans un lointain reculé , le prêtrr égyptien; il domine toute la société, regarde les ms comme ses ministres , et discipline le peuple à la faveur | d'un système de castes fondé parla force ; perpétué par fi- | gnorance, Retiré dans la solitude du sanctuaire, défendu, dans sa retraite inaccessible, par le mystère d’une langue qui voile d’autres mystères * il poursuit en silence 1* élaboration des idées religieuses, morales , politiques, maïs dédaigne d’initier à ses découvertes la vulgaire qu'il tient enchaîné à scs pieds, et qu’il opprima do moins du privilège de la science, 51 ambre dhin vrai patriciàt , il est entretenu dans la paix de ses loisirs studieux par les immenses travaux du profane , et ridobHrie grossière qui seconde le développement de celle activité matérielle , en maintenant , le système rigide des castes , hâte chez celle tliéocraiie hautaine les progrès de l'activité intellectuelle de toute Timmobilité des classes inférieures i Dû jour , un jour vice-
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dra oii cette science , cachée dans un sanctuaire impéuétrahie CQJütne ta source du Nil * se fera pardonner sa Ion gîte avarice par de salutaires débordement; niais enfin, possesseur jaloux d'une doctrine épurée , assis sur la masse ignorante et asservie , semblable h ces statues dont la moitié inférieure * bloc informe , est P immobile piédestal de la partie supérieure» noble, développée et vivante, tel est le prêtre égyptien ; (rots mille ans nous séparent de lui.
irez-vous donc ^ lorsque nous annonçons que Dieu unil, par l'aniour j l'intelligence h la force, et commande l'amélioration morale , intellectuelle et physique de la classe la plus nombreuse et la plus pauvre , irez-vous confronter avec ce prêtre antique T interprète de sa loi progressive? — Maintenant voici le puêtee nimiBu : ce if est plus ta dépositaire privilégié du ne doctrine secrète; sur son sein éclate en traits 1ml tans ta révéla lion de Moïsi* Mais pontife d’un Dieu dont la croyance ne peut se conserver que par une implacable jalousie, il a conquis par le glaive, dont d s'arma contre tas tribus infidèles, le droit d\m sacerdoce héréditaire; el5 d'abord investi à ta fois dePauto- ! rifé religieuse et politique, il assure le triomphe de sa re- j ligion pl us humaine par rexterminatîon des idolâtres, dont farche terrasse les divinités, Jéhovah sembta-t-iî abdiquer son pouvoir; sous les traits de Samuel , il jette avec dédain la couronne au front du premier roi , et dans ce long interrègne de DIEU t rempli de tant de monarques , if ressaisit quelquefois la souveraineté, mata abandonne aux phoph1;tes le sacerdoce de Ta venir, jusqu’au moment ou Dieu lui-même, paraissant se mantafester encore, mais avec plus de douceur, sous tas traits de soi* Fils, condamne h ta lois la loi vieillie et son ministre rigoureux.
ï£$t ce donc sons tas traits de ce prêtre que vous cher-
cberez le prêtre quî vous est promis , lorsque Dieu , par Saint-Simon, ne fait pas élection d'un seul peuple, mais appelle toutes les nations au bienfait d’une communion universelle , et n’est plus le Dieu jaloux , le Dieu terrible, le Dieu dus armées?
^ Arrêterez-vous vos regards sur le prêtée païen ? ceint de la bandelette sacrée , et portant sur sou front le casque ou la couronne, il prie cl agit, délibère et offre des sacrifices , prédit et combat , habite tour h. tour , sans crainte de se profaner, la cité, le temple et le camp. Admis aux divins mystères comme membre d’un patricial militaire, il ne permet aux plébéiens de communiquer avec les dieux que par sa médiation, et il foule aux pieds, sans remords, les esclaves, vil troupeau qui a des maîtres et n’a point du divinités. Adorateur d’une loi de sang, il n’a point pour compagne une prêtresse. Le sacerdoce , incomplet encore, existe alors séparément soit dans l'homme , soit dans la femme; et le front de la pythie et de la sibylle est attristé d\me couronne stérile, qui lui est chère, parce qu’elle est le gage de sa liberté. Et toutefois ce prêtre initiant, le glaive h la main, les peuples ennemis h une même domination , étend le cercle de l’association pacifique.
Ah! sans doute, vous ne nous confondez point, nous qui substituons, au nom de Dieu, au règne de la force le règne du travail et de la paix , avec ce prêtre guerrier et ceux qui le précédèrent ? Tous , quel que fût le degré de pureté du leur doctrine, ont porLé le joug de la matière sanglante et souillée I tous ont été déjà condamnés par le