‹ Religion Saint-SimonienneChapitre 19 sur 46 · ON ET LA POUTIQVE S* UN 1 SS EN T BT SE CONFONDENT À JAMAIS · texte numérisé non relu

ON ET LA POUTIQVE S* UN 1 SS EN T BT SE CONFONDENT À JAMAIS

xvi n.

h\ RELUI um SA INT-Sl MQNfKVRïK*

M K s F J LS , M ES F I LL ES ,

Je me suis déjà appliqué à vous montrer comment la révélation de SilWT-SiîUOA , plus vaste que celle de Jésus, eî pou va y L légitimement embrasser le progrès de F humanité dans sa triple direction , loin de se. profaner par cette mission nouvelle , étrangère au christianisme, n 'était une religion qu a la condition, .d'oire une politique. Pour vous, quoique, la plupart , habitués h ne voir flans le culte qu'un commerce individuel entre F homme et iueïï* un rapport purement personnel de Fëtre Uni avec Fêtre infini, une espèce de compte courant que chaque créature entretient avec le créateur, eL dans Faute! enfin , qui autrefois rai-

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liait des populations entières, rien qu’un marche-pied an ciel pour le croyant isolé, vous avez compris du moins qnr la religion n'est possible aujourd’hui qu autant quelle saura satisfaire aux innombrables besoins de la société souffrante, et régler ses intérêts multipliés. Mais la doctrine enseignée par Saint-Simox est-elle une religion ? Voilà ce que vous mettez encore en doute; et si vous ne toi contestez plus ce titre parce qu’elle intervient dans le mouvement social , vous le lui refusez en examinant en lui-même îe caractère religieux qu'elle a revêtu, et en la défiant de produire le mandat divin qu’elle prétend avoir reçu.

Je vous l’ai dit , si nous vous étions apparus , Je front empreint de la mystérieuse autorité du prêtre égyptien, ou de l'austérité sombre et de l’humble résignation du prêtre chrétien; si ardens avons inspirer un profond mépris de la vie présente aptive , nous vous avions entretenus des mystiques jouissances d’une vie future contemplative; sî, après avoir fait briller aux yeux des justes l’espoir d'une céleste récompense, nous avions menacé de h vengeance divine l’égoïsme et les vices de l’époque; sienfin nous avions par des prières conjuré la Providence dr combler nos vœux et d éloigner de nous les maux qiif nous redoutons , vous nous auriez soudain , par un dédaigneux abandon , salués pour ‘des- .prêtres»

Et cependant , lorsque nous vous abordons avec une physionomie qui ne vous est point familière, avec un langage dont vous n’avez point été bercés dès votre enfance* quoique vous consentiez h nous entendre , votre premier mouvement est de nous nier le sacerdoce, attaché, dans votre esprit, à des signes que vous ne retrouvez pas en nous; de refuser à notre doctrine le titre de religion, inséparable h vos yeux cl un ordre convenu de formes et d’i™

dées; et vous allez même jusqu'à la juger un athéisme mal dissimulé; en sorte (pae le destin de la religion semble être aujourd'hui de ne pouvoir se présenter sous des irai U anciens sans être repoussée, et sous des traits nouveaux sans être méconnue*

Ce fait n’a rien qui doive surprendre* Toujours la société, dominée, même h son insu * par l’antique croyance , s’est m outrée lente à se familiariser avec 1 aspect imprévu sous lequel dieu lui était offert* Témoignage éditant de la supériorité du révélateur ! L’in tervalle immense qui sépare de la foi précédente sa révélation , lu place hors de la loi religieuse* 1E s’est, par son propre génie, excommunié lui-même. D’un pas il s’est, élancé hors de la foule; il touche au désert, et il y demeure chargé de sa royauté réprouvée , jusqu à ce que la multitude accoure autour de lui cl bénisse avec amour le signe de feu qui dévorait son front! Elira yé de son audacieux progrès et de cette lia u leur prodigieuse qui l’isole , lui-même quelquefois se renie; abandonné de I humanité, avec laquelle il sympathise si profondément* uu instant il s'abandonne; il éprouve * les ineffables angoisses d’un désespoir dont le secret n’appartieiit qu’à ces hommes d’une race divine, cl demande à uiec de le faire mourir ou d’écarter de lui ce calice d amertume; mois enfin , plein d’espoir , il lègue avec confiance aux générations ce calice que d’abord elles refusent à leur tour, maïs ou bientôt elles boivent à longs traits une vie féconde et nouvelle.

Ainsi moïse vit les Hébreux, affranchis par son génie, douter de la divinité de sa mission, et, par leurs fréquens retours à ridolàlrïe , l'accuser d’impiété* Les premiers chrétiens ne furent-ils pas condamnés , comme destructeurs de tout radie , par les païens , pour qui jueü pur esprit

iiétail qu'une ombre Insaïsissahla et mensongère , tmuib que, à leurs yeux, jupiter » maître du cic] et de la terre, et cos nom b ma ses divinités qui peu pîoîetlt et animaient Punivers, étaient les dieux viràtis, dont l'anéantissement, pro* clamé par ta loi de jèsus , leur semblait équivaloir h IV LÎiéisinc? Nous j\ 'éprouve os donc m étonnement ni încjuiétiidë lorsque le christianisme, ramassant ses forces pour s’opposer à la venue d'une croyance plus jeune , ici déploie h u appareil tkéologiquc , là suscite toutes les traditions Obscurément conservées dans tes esprits les plus rebelles * enrôle sous ses drapeaux ses champion* a r de-us et les déserteurs de sa cause , et même h sa suite traîne les philosophes , qui , malgré leurs prétentions à une entière indépendance, ne savent , pour s’assurer si la nouvelle doctrine est marquée du sceau divin, que In considérer avec iessouvenirs de leur catéchisme. Oui, tous aujourd'hui * croyons zélés ou philosophes redevenus superstitieux, chrétiens pour nous juger, vous vous accordez à envisager nas opinions religieuses, que vous ne comprenez pas encore , comme un frêle échafaudage desliné à tomber et à mettre à nu, en tombant, une secte * purement philosophique* Quelques-uns cependant, frappés de notre vive sympathie pour lès classes pauvres , regardent notre associa lion comme T un de ces rameaux multipliés , dans lesquels achève de se perdre on se divisant ta sève vieillie du christianisme t et no nous accordent d’être une religion que pour nous rabaisser au niveau d’une secte chrétienne* Enfin presque tous, cédant h la fois aux habitudes auxquelles vous a foçonnês lu loi du christ» et u Pinfluenoe de In philosophie qui Ta renversée , ne concevant ta révélation que sous les formes miraculeuses affectées aux révélations antérieures .

cl la repoussant sous ces Tonnes surannées, vous niez hardiment Impossibilité, dans noire siècle de lumières et de raison , de l'inspiration divine.

Parmi les obligations imposées & noire religion , l’une des premières est donc de prouver quelle est une religion' avant do convaincre la société sceptique de la nécessité d'une croyance , il faut la convaincre que c’est une croyance que nous lui apportons; et avant de la convertir h notre culte, la convertir h l'habitude d’y discerner les signes d’un cnil© véritable.

Mes Pkars ,

Vous nous avez enseigné â bénir Saint-Sj-M#-, et le langage du inonde semble condamner notre amour et notre reconnaissance; il n’est point t nous dit-on , un aévÉ' la t iï cri ! En sorte que quarante ans consacrés par noire maître h de nombreux travaux préparatoires ? et à [’ étude profonde de toutes les sciences; en sorte que les dégoûts et les outrages qu’il accepta avec un dévoilaient sans bornes aux progrès de l’humanité; en sorte que la misère à laquelle le réduisit sa généreuse préoccupation , et celte glorieuse mendicité dont il ne rougît point , parce qu’il avait foi dans le bienfait qu’il apportait aux hommes; en sorte que ce sublime désespoir qui ébranla un instant son génie accablé du poids immense de sa révélation solitaire , n 'auraient rien produit qu’une secte philosophique ou chrétienne 1 Ob ! pour une couvre si mesquine fallait-il tant d’efforts , de souffrance et d’ignominie ? Esten donc un enfantement si laborieux , aujourd’hui que toutes les doctrines, tombant en dissolution, se décomposent d’elles-mêmes sous la main qui les touche, se frac-

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tionnenl sans peine, H üdulliplionl en religion, en polilique , en philosophie , en littérature, <aîi gré d'un caprice léger, ccs sectes innombrables dont la présence est un sî gno de désolante anarchie? Non ; niais enfanter nue heui;iow qui les dévore et leur survive grande, puissante, majestueuse, en faisant rentrer dans nne vaste conception Je passé et V avenir, telle est l’œuvre d’amour, de science et d’énergie, digne de quarante ans de labeurs, de glorieux opprobre et de joyeuses douleurs; telle est celle de Saint-Suuits.

A kl mes P b res , s’I l es t vrni que n o i * s ne so y o ns q < ie des .philosophé** pourquoi êtes -vous assis nu premier rang parmi nous; pourquoi nêtes-vous pas simplement des présidons de nos assemblées , soumis aux chances de notre élection; pourquoi ce nom de Pères que je yous adresse, témoignage commuta de votre tendresse et de votre autorité, de mon affection et de mou obéissance I Et si ce lien , librement formé f chaque jour se fortifie, ajoute h voLre pouvoir et à notre soumission , en njpl tant h leur mutuelle douceur, n est- ce donc pas que, dépositaires de la révélation par vous-mêmes développât*» vous nous tenez , heureux et fiers, unis h vous en Salvt- Si.uox et eu Diuu , dont la volonté ne se manifeste pour nous que par votre amour, votre sagesse et votre voix!

Et si nous ne sommes que des chrétiens, ma sueur, comment, dans cette croyance qui condamne votre sexe fi l’obscurité du cloître ou du foyer domestique, avez-vous puisé l'admirable courage avec lequel vous osez vous asseoir, au milieu de vos frères , en face de spectateurs qui ne comprennent pas votre sainte audace , et de femmes qui, ne sentant pas encore qu’elles sont toutes a lfrau chics en vous, préludent peut-être par un dédaigneux étonnement

h la reconnaissance dont elles vous entoureront un jour? Ah ! l'adoration d’un diku nouveau a pu seule dissiper votre fi midîté, et vous faire , poi^r sa gloire et celle de votre se^e , rechercher le grand jour avec autant d’empressement que nag uère vous a vie/* recherché 1 ombre et le silence*

Enfin j mes Fils, mes Filles, duquel front osé-je vous appeler, mol jeune , obscur, ignoré, de ce nom que, malgré votre surprise et vos dédains , vous avez accepté? C'est que ma foi religieuse m’a donné le courage de me présenter devant vous avec le langage de Tiin des pères de l'humanité nouvelle, et vous a ôté celui de le repousser!

Non, rien ici ne dément ce cpie nous sommes, tout nous sépare de ce qui existe autour de nous , en nous plaçant dans un monde 011 nous brûlons de vous attirer; tout atteste déjà que notre doctrine est une iuiligion, mais une BJiLÏÜIOK COttFOltïLK AV PROGRES*

La hiérarchie qui existe dans nos rangs m’autoriserait seule h nous défendre de toute ressemblance avec une secte philosophique. Jetez les yeux sur* la philosophie ancienne ou moderne : des écoles livrées h l'indiscipline et h IV çharnement des disputes ; capables de briser dos liens vieillis f incapables d'offrir un lien non venu aux peuples, dont aucun n’a jamais» dans son amour, adopté le nomd un philosophe ; s’interdîsant meme la prétention d associer, puisque toutes ont fait -k l'envi prédominer 1 intelligence sur le sentiment» et la raison sur la sympathie; voilà ce qu elle a produit, La philosophie du dix- huitième siècle, qui, par sa foi en elle-même , T ardeur de son prosélytisme, ii ut portance de son but, 1 activité de sa réalisation , a revêtu en quelque sorte les caractères d une

religion, al testa, par le scandale des déplorables inimitiés cjui Font divisée, que sa haine contre un ennemi commun faisait tonte son union; son anarchie n'a pu fonder aucune assor dation. Après avoir provoqué une explosion terrible et la chute de l'ancienne société, victorieuse, elle est tombée à son tour , et ne s'est' survécu que dans des efforts isolés* Mais, au milieu de ces débris amoncelés, une secte a prb naissance, qui n'est point destinée a renverser avec audace et persévérance un ordre de choses odieux * et qui ne compte ni héros ni martyrs, mais qui, après lo combat, se montre comme un premier indice du besoin de la concilia* tîon entre les combattant de tous les partis, comme ua premier retour de l'esprit humain k sa loi en lu binôme bouleversée par le scepticisme ; Vcdcctisme enfin! Eh bien! I éclectisme vous offrira-t-il le spectacle d'une associai ion plus réelle? Non; le voilé comptant les morts, les louant tous, les blâmant tous, se portant pour l'héritier de tous, prenant une part de la dépouille de chacun , se faisant Je leurs lambeaux rajustés une robe aux cent couleurs; mais 1 harmonie manque h cet assemblage monstrueux. Vous l avez vu, en philosophie* s'évertuer à mettre d'accord le spiritualisme et le matérialisme, sans trouver un j.ik neutre 0ux; en politique, s essayer sans relâche h des combinaisons incessamment troublées de l'ancien régime et de la révolution, D'ailleurs quelle règle commune préside au choix que fait chacun de ses sectateurs, si ce n'est le mot de chacun deux;’ H y a autant do systèmes que de philosophes. Chacun met V orthodoxie en soi , l'hérésie chez les autres; chacun est son propre révélateur, chacun sè complaît dans son œuvre solitaire , chacun est sa tradition et sa postérité* Et si l'absence d’une ardente passion pour l œuvre inanimée qu'ils accomplissent, en les préservant

de scandaleux débats , leur permet lu commerce d’une douce réciprocité d’éloges publics, ils offrent à vos regards, dans leur réunion sans lien, la réalisation vivante de leur système sans harmonie. Aussi l’éclectisme, l\ peine né, estil déjà caduc. Surpris parla rapidité progressive de l’IiUinanité, qui a retranché Alexandrie du cours des choses modernes, et a fait surgir du sein même de la tempête le signe delà sérénité, do sein même de la destruction la voix de paix et de conciliation , il a paru , lorsque déjà le jour d’une nouvelle révélation s’était levé, et , pressé comme un pygmée entre deux géaos , Jésus mourant ci Sàuvt-Siuo> naissant, il s’est laissé complaisamment ensevelir dans les honneurs politiques, universitaires, académiques, ajoutant , par çeüe fin prématurée, sa propre ruine à toutes celles qu’il commençait à remuer pour en former un fragile édifice , et fermant par ses funérailles les funérailles du passé 1

Où donc serait la ressemblance entre les philosophes qui nue peuvent s’associer, et nous qui avons fondé une association ?

Essaierez -vous de voir dans notre doctrine nue hérésie chrétienne , et de nous con fondre avec les prn tes tans ? Le protestantisme fait gloire de ne connaître d’autre autorité que celle de la conscience individuelle, abaisse la chaire et met de niveau renseignant et renseigné, le prêtre et Infidèle, s’enorgueîlli 1 du libre exercise du droit d’examen, et, dans chacune de ses sectes multipliées , grâce à la jalousie avec laquelle les cru y a ns se rendent les arbitres de toutes les interprétations des livres sacrés, chaque homme est' lui même une secte ! Or , loin de regarder cette anarchie , heureux symptôme delà décomposition de P ancienne foi religieuse, comme Pétai régulier de Pim inanité , nous la cou-

damnons par l'institution de l’aulorilé et de l' obéissance dans notre soin* Auriez-vous donc pensé, parce que nous avions attaqué dans ses abus le catholicisme, que nous voulions retourner au christianisme primitif? Poumons qui croyons è la continuité du progrès, ce retour, plus encore que le retour au catholicisme lui-même, serait une véritable rétrogradation*

Cependant l'Evangile de Sàjwt-Simon se rattache à ï’Iivangile du Christ, comme h la loi de Mois h se rattache l'Evangile du Christ. Si Jérusalem continue et dominé le mont Si un, Paris domine, en les Continuant, Jérusalem et Rome* Appelez-nous donc nouveaux chrétiens, mais comme rm appela les chrétiens eux-mêmes de nouveaux juifs; car si nous paraissons ne pas excéder les bornes de l’ancien Evangile en proclamant ralTrancbissemenl définitif de la classé U plus nombreuse et la plus pauvre, du moment où nous proclamons, dans la Spçïètè même, le classement selon la capacité , et la rétribution selon les œuvres, nous sommes déjS hors de ses limites, puisque nous entreprenons sur CisAI qu'il avait commandé do respecter, puisque nous fondons une autorité dans laquelle s’efface celle division du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel qu’il avait instituée. Entre Jésus et "Saiist-Simox il y a de moins Satan et César. Et lorsque la matière , ' frappée , sous ces deux noms , d’un terrible anathème , se relève, pure et pacifique, de sa longue réprobation ; lorsque politiquement elle cesse de porter le glaive ou des chaînes, et échappe il la honte d’n ne oppression exercée ou soulier le si longtemps; lorsque religieusement elle est affranchie de la nécessité de trembler sous un uiÉtf jaloux et de persécuter des misérables, dYtrc è la fois une déplorable victime et un impitoyable bourreau; en un mot, lorsque l'adoration

Je lNjhioes aimant, intelligent et fort , substituée^ rsàièh du ai ru pur esprit, en faisant disparàtlre jusque dans ses dernières traèaslja croyance aux deux principes, n’oppos© plus à Dieu Satan , à I’Égmsk César 3 h l’esprit la matière, au sacré le profaite, au cîol i;i terre, au paradis Pehfer,ti la gloire rhum! li Lé, au devoir Tinléi ét, mais permet à Phuinanité d’espérér une association nouvelle, ou Dam qui' de Dieu est pur de toute terreur, ou l'autorité est unitaire et pacifique, ou la scienceet l'industrie, également sanctifiées, soûl assises toutes deux dans le temple, où la vio de! homme se perpétué comme dans une carrière riante ouverte à son activité , où les peines cl les récompenses delà vie future sont remplacées par la douce loi du progrès, où le classement selon la capacité ne condamne plus à riiumïlîté, où la rétribution selon les œuvres concilie [Intérêt de tous avec celui rie chacun , où la femme enfin participe oux fonctions religieuses et sociales de l'homme; répondes, répondez, sommes-nous donc des chrétiens ?

Ali! nous ne rougissons pas de ce litre, puisqu’il semble mi fieu entre la révélation quis’élcinl et celle qui loi succède; mais que du moins il ne déguise pas la vérité* Et d’ailleurs , sî ce nom est un hommage que doive payer à la religion qui s’en va la religion qui paraît , celle-ci reçoit de sa devancière un hommage plus grand encore* Oui , que le catholicisme nous traite avec dédain , nous qui sommes d’hier , en invoquant avec complaisance les souvenirs majestueux de son antique existence, et qu’il aille jusqu’à nous compter, comme si le progrès et la puissance de f accomplir étaient une affaire tic majorité, déjà il a compris quelque chose de vrai, de bon, de divin dans notre doctrine; et quoiqu’il ne puisse, sans inconséquence, ajuster nos espérances avec sou dogme, il essare

do rajeunir sa croyance épuisée de tonies les promesses à u n o c ro y a n ce n a i ssa nie* N mis no ! u i ra pj >e tiero u s p as q 1 1 h Je jésuitisme; quoique favorisé pur l’esprit do son époque, échoua dans l'audacieuse entreprise d'unir les deux sociétés» et tomba avec la gloire et la honte d'avoir été F incarnat ion de Dieu et du démou , tels que les croyaient les chrétiens, Mais puisqu’il ouvre aujourd'hui son sein h la science cia F indus trie qu’il avait si long- temps répudiées » tToù vient qu'il ne proclame point l’émancipation définitive des femmos? Juge-t 41 plus profane que la science ou que ['industrie, ce sexe qui, affranchi parla loi de Jésus dans lenceinlo du loyer domestique, aspire, encouragé par la sympathie croissante de Fhoimnc, ii de plus hautes destinées , ou croit - il sa réhabilitation moins compa hhlc avec F anathème que frit peser sur lui le dogme de la chute? D’où vient enfin qu’il nous laisse l'honneur de proclamer I abolition de tous les privilèges de la naissance, si ce n est de ce que sa charité expire sur les li mîtes de ce monde dont le sépare sou Dieu? C’est ainsi que te catholicisme eusse de répondre aux besoins nouveaux, ou ne peut échapper à l'abdication que par Faposfcasie.

Toutefois c est avec un haut intérêt que nous contem pions un culte qui , dans ses clïorts pour nier sa décadence, fait du moins sentir avec énergie le besoin de la foi et de l'unité, surtout lorsque, revivant dans un prêtre catholique, il prétend, par 1 abandon des faveurs du pouvoir, revendiquer son indépendance, et reconquérir la société avec la croix de bois et fa pauvreté apostolique. Prêtre courageux, vous voulez ressaisir la société; elle ne vous résiste même pas; elle applaudît à 1 éloquence de vos paroles , et, prenez -y garde, elle insulte il I apôtre par son admiration pour l'é-

envahi* Ne voyez-vous pas que vous prêchez en vain, vous qui, pour ranimer la foi dans le monde, devez la réveiller d’abord jusque dans le sanctuaire? Et lorsque te sel est affadi, qui lui redonnera de La saveur $ Vous qui, pour commencer vos travaux évangéliques, êtes réduit à violer la hiérarchie; vous qui, pour ramener les peuples à votre croyance, les courtisez dans leur amour de la liberté, au point d’adopler dans les libérateurs de l'Amérique et de PI r lande des saints nouveaux; vous qui seinblez vous-même, en déclarant que b religion est défaillante dans sa métropole et que Home n’est pas dans Home , mais partout où est la liberté, vous avouer le Serlorius de la Rome chrétienne ! Les prêtres seront sourds à votre voix; ils subiront le salaire et h dégradation., sachant trop bien que b ferveur des fidèles ne changerait plus la croix de bois en croix d’or; vos supérieurs s’éveilleront peut-être un jour de leur léthargique orthodoxie pour frapper en vous d’excommunication un sauveurque n’avoue pas leur aveugle immobilité (i); enfin, les peuples démêlant, à travers les couleurs libérales que vous étalez, le signe lugubre de la croix, et sous les chants inspirés par une énergique ardeur les accens de fa résignation et du mysticisme , vous laisseront derrière eux, et s'élanceront sans vous dans une route ou vous ne les aurez point guidés. Tout ce que put de nos jours le catholicisme, ce fut de vous produire, afin que voire génie, préparé par l'éloquence de De Maistre et de Chateaubriand, luî ménageât une agonie à laquelle no manquassent ni la gloire, ni la majesté, ni lu reconnaissance, Mais le temple chréLien ne se relèvera plus, et les

(ï) Le vopfje de M» la Mcfiiiub ;i Rome prouve peut-être qiêil craint 1«Jîuffme rnci:ompliÿfieulcitl de cette prédiction»

flammes qui s’élancèrent Je la montagne sucrée, lorsque les Juifs essayèrent Je rebâtir le temple Je Jérusalem, sont l image des invincibles obstacles qui repoussent è jamais votre courageuse mais rétrograde tentative!

Recon naissez Je donc, noire religion n’est pas un de ee$ obscurs ruisseaux dans lesquels va se perdant le fleuve immense qui s'appela christianisme; elle n’est point un Je ers rameaux faibles et tardifs qui, on attestant la longue fécondité d’un tronc majestueux, parent sa vétusté d’un stérilë ornement, et, è peine nés, sont condamnés avec l’arbre h une mort irrévocable* Elle porto un nom qui a’apparlîeûl qu’à elle ; elle jaillit comme une source; elle est vivace comme une plante nouvelle! Chrétiens, vous que dévore le besoin Je croire et d'aimer , écoutez notre voix , aime? encore avec nous le christianisme, mais dans tin épanouissement imprévu que ne peut fournir l'Evangile épuisé/ Ali! id imitez pas IVreuglement des Juifs qui s’attachaient h Moïse et condamnaient le Christ, seul capable ^accomplir ta loi; car la révélation de Jésus n’était^elle pas h transformation de la loi de Moïse développée par la prophétie, oL ii en avez-vous pas souvent admiré Un magnifique emblème dans Jésus, s entretenant sur le sommet de là montagne avec Moïse et Élie, les effaçant par Féblonissanliî blancheur dont l'éclat l'environne, cl. demeurant seul aux yeux de ses fidèles disciples , lorsqu à ces mots échappé» du sein de la nue ; Celut-ci est mon fils bien-aimê, ils uV perçoivent plus que leur maître, sublime transfiguration de Moïse et d Élie? Les Juifs, qui, croyant glorifier Moïse et H te , crucifièrent Jésus, ont donc crucifié en lui Moïse et Elie; et moi je vous le dis, chrétiens, ne repoussez pas là révélation nouvelle, transformation de la loi du Christ, qui nC se développe cl ne «accomplit que par elle; tremblez.

tlans votre aveugle amour , fie repousser Jésus lui-même , Joui Saint-Simon est h son tour laborieuse trartiDguration!

Nous venons de nous séparer nettement de la philosophie et du christianisme ; il nous reste h vous montrer dans notre -doctrine les signes d’ubc mission divine, ÜL d’abord on lui reproche ne n’èlre point une religion, parce qu’elle n’aunonce point un Dieu vengeur vl rémunérateur. Ainsi , proclamer qu’à nos yeux il n’y a point une race d 'Htts et une race de réprouvés que se disputent entre eux deux principes opposés; envisager les médians comme les représenta ns d\m état arriéré clê civilisalion , et les bons comme le témoignage de la civilisation la plus avancée i concevoir la vie future comme la continuation jpr cette terne même du progrès pour tous el pour chacun , jusqu’au jour où T humanité sera appelée avec le globe lui même h de plus nobles destinées; signaler dans le c tassement selon la capacité et la rétribution scion les œuvres la transformation de la loi des récompenses et des cbâtiiuens, mais dépouillée du caractère de V expiation, grâce h une heureuse association d'efforts <|uï fasse trouver aux médians un secours chez les bons pour faire un pas hors du mal , et aux bons l'occasion chez les médians de faire un progrès dans le bien, c’est ne point être religieux I Ou sont-ils donc ceux qui aspirent à des palmes éternelles au prix du supplice éternel de leurs semblables? Ab ! qu ils apprennent de nu us à mieux aimer el à mieux connaître Dieu, qui n’a imposé a l'humanité unp discipline de terreur qu’a fin qu’elle se dépouillât de sa férocité ! Songez d'ailleurs que t si les médians sont les traditions vivantes d’un étal de civilisation reculé , la société offre

Aussi les traces cl' une organisation arriérée. Comprenez alors que sa régénéra tion , en lui permettant de cote fier l'améliora tîon de ses fils retardataires h Pamoui? de scs fils les plus avancés, vous dispense de signaler dans □os croyances religieuses la lacune du bourreau. Si pourtant vous vous complaisiez dans la conservation de Pordrê social présent, vous devriez sans doute maintenir ii ta foh l’enfer et Péchnfnud. Mais quoi? votre justice elle -même est prêle h déposer son glaive sanglant ; le bourreau rentre, dans la foule, et de sa main touche la main des vivansfct vous voudriez que Dieu apparut encore sous un aspect terrible, menaçant? non , désormais la loi du pVogrèS , loi d’amour el d’espoir, est la seule religieuse; le dogme des peines et des récompenses, fondé sur le règne de Satan, est impie; Phomme n’est plus damné, il est sans cesse élevé des derniers rangs h un rang supérieur; il n’est plus excommunié, il est admis à s’associer plus étroitement; il iP est plus réprouvé , tons sont élus I

Mais lorsque l’humanité s’avance sans avoir à redouter de puissance ennemie, pour s’attirer les biens quelle ambitionne et pour détourner les maux dont elle se croît menacéo, elle n’a plus h se consumer en supplications, en minutieuses pratiques A*èàpiiàtioh\ en longues litanies , cl ù mettre dans la balance de ses destinées les grains d’un chapelet chargés de ses prières ; c’est h elle l conquérir le bien eu transformant le mal; agir, penser, aimer , c’est prier, La Providence à ses yeux ne peut plus conserver le caractère que lui avaient imprimé les précédentes religions* Si d’abord l’homme, obéissant aveuglément è son organisation , ignore le but vers lequel il s’achemine , adore, dans tous les événement qui favorisent ou déjouent les calculs de sa prévoyance obscure

v\ limitée , rinfluence ÿune puissance mystérieuse, 01 s*aLUobc & conjurer sa colère ou h se concilier sa protection , anjourd’haî qu*Ü comprend sa destina Lion tout entière , et se sent capable de P atteindre , il tend a embrasser de plus en plus dans le cercle de sa prévoyance ions les événement qui peuvent y concourir* Il laisse donc à l'action de celle Providence fatale un rôle toujours plus resserré : il semble eu un mol renouveler l'audace de Prométfaée , et s’emparer du flambeau sacré qui du haut du ciel éclairait sa ma relie encore chancelante* Immortelle el pieuse audace! car si JXmir n’est plus sous le nom de Providence un pouvoir étranger qui intervienne magique tbeut dans le sort de l’humanilé, c’est que l'humanité elle-même n’est plus hors de Dieu ; elle n’est donc plus réduite h Rétablir un commerce avec lui que par des vœux et des prières; glorieuse manifestation de 1 être infini, elle aimé, pense, agît en lui; te merveilleux n’est plus pour elle un accident , une exception imprévue ; cVst sa nature même, apparaissant constamment è ses yeux dans le génie do ses grands hommes; son existence est une suite toujours croissante d’inépuisables eneh an Ioniens; elle tend sans cesse à se met Ire de plus en plus en harmonie avec l’univers, et , pleine de saints transports , & chaque progrès elle trouva un cantique de grâces cl d’amour pour Dieu, qui se réjouit luî-raême de ce développement accompli dans son sein. Ah! ne prétendez plus que tout est humain en nous; oui, tout est humain, mais d’une divine humanité!

Cessez donc , lorsque la Providence se témoigne sous un aspect nouveau , de chercher, dans la révélation de notre maître, des formes merveilleuses évanouies sans retour.

Cependant ce qu’il y a. de mystérieux dans les prodiges an-

t i r 1 1 1 e s n’ est pas ce q ni nops cm p èch e d1 e n dé fendre I a v é ri té . L'Iiomoae , être fuir , est entouré de mystères , porte \v mystère en lui-même; mais dans sa carrière ascendante, îl les pénètre successivement . * et maintenant celui des miracles est éclairci pour lui.

Le miracle en effet tient uu dogme des deux principes Sous quelque forme que l’ homme les ait envisagés t qaTil aü proclamé leur coéternité et se soit considéré comme dévoué au mal, ou qu'il ait siiballerLusë le mauvais principe et se soit jugé seulement exposé à ses attaques, 1! n’a pu poursuivre l'amélioration de son sort , sans croire h une puissance qui , luttant en sa faveur contre te génie du mal, écartait l'obstacle, dissipait les ténèbres, dirigeait ses traits, le couvrait d une égide, doublait sa force, versait la prudence en son sein, mettait drus sa voix un formidable accent , brisait l'audace de ses ennemis , lui dévoilait un piège, et le sauvait enfin des périls renaissons dont il était assiégé. Plus la force du Dieu persécuteur est grande, plus le miracle est nécessaire , Im 1er vent ion ftéq u en Le, Passés tan ce prodiguée, lu révélation journalière, aflu de suppléer a la faiblesse de Phormne, qui ne peut luire uu pas sans l'appui div In; et quels temps en effet [dus ni ira ci deux que ces temps reculés ou Phommc, acca blé par lemondc extérieure! par ses semb laides, dut aussi trouver, dans des phénomènes et des incideus favorables , quoique inexplicables pour lui f des témoignages de la protection de ses dieux propices! La croyance aux miracles fut surtout de sa part un acte de foi en des divinités tutélaires, c L une protestation contre la (i cm i nation du mauvais génie*

Alors que P homme supérieur, entraîné h régénérer lu société, l'arrache i* P ascendant dn principe malfaisant; interprète de Drcti, qn’îl terrasse par les miracles opérés

nn son nom tas prêtres du démon , doués aussi du pouvoir cTaccomplir des prodiges; pour ta vaincre. qu'il entre en relation avec Dnsu lui-meme, Exalté par cet insatiable désir , if découvre » dans tas faits dont il est entouré et que ta science nta point expliqués, des signes extraordinaires; maîtrisé par une impérieuse passion „ il évoque la Divinité , et cédant aux ravissement d’une puissante extase , il croit souvent, dans des apparitions incomplètes et luîrïtivns * l'entendre cl l’en f revoir* Fort de la sainte terreur

qu'îl a éprouvée, agrandi h ses propres yeux par une majesté surnaturelle, il apparaît aux regards des peuples, qui ne peuvent accueillir ses bienfaits sans croire *5 une cmiummicnlion secrète entre lui et la Divinité, La révélation est donc un mystérieux événement , dont les déserts et les lieux élevés sont ta scène solennelle ; alors rinspiration brille sous la forme d'un buisson ardent , s'échappe de la nuée orageuse étincelante de foudres et d’éclairs , éclate en rayons de tau sur le front du révélateur T obligé de voiler sa face auguste, descend de la voule du ciel comme une voîx douce et majestueuse, pénétre comme un souffle rapide et imprévu , ou revêt les ailes blanches et pures d’un ange radieux. En un mol , l’inspira J. ion miraculeuse semble alors lier l’homme h la Divinité, comme Farc-eii-cîel , pour tas païens message de Jupiter et pour tas Juifs signe d’alliance de Jého vah, semble unir ta terre au cieb

Exiger pour preuves do ta mission de Sais T- Snî ox I1 appareil de ce merveilleux commerce entre lui et Dnïiî , ce serait donc professer la croyance eux deux principes; ce serait supposer que le révélateur nouveau , se séparant encoro violemment do tout le passé comme d une œuvre maudite et réprouvée , eût besoin d'une niîracu-

leuse coopération pour arracher d'une fatale ornière le char égaré de la civilisation.

Tel n'cst point son langage : il offre avec In justification du passé la promesse de Ta venir; il signale un ï n a! I érable enchaînement entre les progrès que l'homme a déjà accomplis et ceux <|U*il Lnde d'accomplir; il dévoile h m yeux l'harmonie dans le monde extérieur, et l'appelant à sNtnîr avec amour à tout ce qui 1 entoure, en ajoutant chaque jour à scs efforts pour le connaître et le pratiquer, il révèle Dim1 dam T univers vivant Et nous demanderez vous alors où est Finspiralion divine? Àh ! lorsque celte religion ferme h jamais F abîme que les religions incomplètes du passé avaient laissé entre ['humanité et Dieu, et passagèrement comblé par le miracle , lorsque cessant de la considérer en dehors de lui , elle la montre grandissant dans sou sein en amour, en intelligence et eo force, l'inspiration n'a-t-elle pas un caractère plus auguste, plus solennel, et vraiment divin P~L' inspiration antique était une courte et brusque hospitalité de Dm dans le révélateur; F inspiration moderne est la révéla lion progressive par laquelle , dans leur éternelle communion , Fjboimne et le monde sont animés du souille du Dieu vivant. Ce n'est plus Féclaîrau milieu des ténèbres.

I a c o l on n e de Te 1 1 e nvel o p \ >ée d e nu a ges ; c'est une lu r n i ère pure, paisible , qui rayonne sans cesse , ne comiaSL pas de nuit * enveloppe , pénètre, échauffe tous les hommes. Elle n'esl pas un privilège, elle est un fait vulgaire , et se manifeste à tous les j esta ns , sous Loutcs les formes , dans tous les progrès des arts, des sciences, de l'industrie* suivant la hiérarchie des capacités. Si cependant le litre de révélateur demeure attaché seulement à quelques hommes, c’est que seuls ils ont su établir un lien entre toutes les

( aâô )

existences, ei sympa l&feer avec rhumamlé clans lé développement de \ ouïes ses facultés : ù eux seuls la gloire du rameau d'or!

Voulez- vous donc savoir si nous sommes des envoyé* de Dtfcif , des apôtres légitimes d’une religion vraiment divine, consultez votre cœur, votre intelligence, votre activité, et demandez-vous quelle doctrine esL plus propre à hâter votre triple progrès : si vous avez cessé d’être chrétiens , et d? établir, à leur exemple, une perpét uelle opposition entre Dieu et l'humanité, concevez que Dieu, qui s'est manifesté par cette révélation en Saint-Simoïï, sc témoignera par voire enthousiasme pour sa révélation* Quant aux miracles , s ils avaient été nécessaires pour que vous eussiez foi à la religion nouvelle, vous auriez eu foi h des miracles; mais les temps sont changés ; les révélateurs antiques, pour être crus, ont paru en avoir besoin; aujourd'hui si nous prétendions on faire , nous ne serions pas crus. Déjà Jésus sc plaignait que les Juifs lui demandassent des prodiges; et en effet sonl-ce les miracles de Moïse et de Jésus qui ont donné une sanction à leur mission divine, ou u’esUcc pas plutôt la divinité de leur mission, c’est- à-dire su conformité aux besoins des hommes , qui a imprimé une sanction aux miracles qu’on leur attribué? N’y avait- il point en Égypte, en Judée, dans rem pire Romain, des magiciens et de s lha u m al 1 1 çgc s ? El fl' o u v ient q uc M ois e cl J Ésu s n ’ ont p oi u L é Lé c o n fo n d us a v ec e ux ? c es t q ne p a r M oïs e e l J k sus Dieu se révélait sous un aspect favorable a l'humanité! Le vrai miracle du christianisme , c’est d’avoir contraint une société livrée a un matérialisme abject et corrompu, â offrir h un Dieu pur esprit te sacrifice de srs passions et de ses pics alors coupables ; c’est d’avoir arraché au aille de leurs idoles sanguinaires des peuples bar-

[tares; c est d’avoir appris aux vainqueurs a épargner les vaincus , aux maîtres h aimer leurs esclaves , et aux esclaves à attendre leur aflfra ncliissemeu t. de la sytripathie toujours croissante de leurs maîtres; c'est enfin d’avoir régénéré un monde dont les aveugles redevenus clair vu vans , l\$ paralytiques reçu 1 1 v r a n l I e u r s f o t rès , I es morts ress n scî 1rs fie la lombe , sont les poétiques emblèmes; voilà son miracle réel, sou miracle le plus étonnant, puisque les Juifs, crédules aux formes merveilleuses sous lesquelles sc pm:4 diiïsit sa révélation , refusèrent obstinément de croire à l'accomplissement de sou Evangile !

Et je vous le dis , un miracle a commencé sous vos yeus; c’est celui de là propagation cTiino foi religieuse dam un siècle A'ùtCïêdaiitê , de t’établi^enimL d’une hiérarchie dans une époque <Y anarchie, de la fondation d’une société aimante dans des jours iV égoïsme ; oui, voilà un JiiîL que vous ne pouvez nier, et que vous ne pouvez encore comprendre * parce que vous ne le voyez nulle part autour île vous , parce que vous ne sentez pas la force du lien qui nous unit en nous associant en Di*: u ; voilà le miracle qu'il nous est donné d’accomplir, cl rpie nous poursuivrons avec une infatigable ardeur, jusqu’il ce que lu société entière , milieu h notre croyance * h notre espoir, a nos joies, cesse de voir un miracle dans un spectacle do loi ci d amour , cl parlant enfin un nrmjc langage, ne seuquerre plus ironiquement si les langues de feu sont descendues avec un souille violent sur les disciples de Saiht-Si iuox, mais reconnaisse, par un concert unanime* la voix cle Dieu lui même dans la parole du prêtre qui proclame 1 association uïsivêjrskllb, le classement selon la cArAcrrâ^et la aÈTiuiUiTioiv, selon les muviuis.

Cesse?. dîme de répéter que la doctrine de noire maître ne connût ue qu'une secte philosophique ou chrétienne. SaiÉT-Simon n'a pa| Je triple honneur d'avoir apporté un nouvel aliment à la coq l reverse, mai s In gknrc immortelle d'n voir préparé la fin des interminables dbçjissions de nos j0„rSl ïl n'a pus employé ses efforts à réduire en poussière des ruines déjà Tuiles, h classer des pierres tombées, pour en construire un abri provisoire et mesquin , ou h mutiler une colonne des temples renversés, pour ensuite s’écrier: $ oict l’iitttül tiouvcüii ! peuples de la ti ric , ch ti a icz . murs il a du ne main puissante assis In base d’un Éjtficc majestueux qu’agrandira I h mua ni le; en un mol, il a fonde, non pas une socle, mais une religion» la plus vaste des religions, puisqu'elle associe tous les hommes pour le libre développement cio toutes leurs facultés» en les unissant en Dieu adoré sous tous ses aspects !

Ali ! sans doute elle est nouvelle! Mais que sa nouveauté vous soit sacrée I Songez que la chute de l’ordre social qu’elle vient transformer est d’hier» et glorifiez le génie audacieux qui, sur des débris encore ftimam » a tracé l’enceinte de la cité régénérée. Songez que cc fut au bruit d’un monde croulant, au milieu des cris de rage et de terreur , qu’il conçut hi sublime pensée d’un ordre Souvenu f et qtul traversa la phase éblouissante de l empire » assista h la pompe de nos triomphes militaires , vit tomber et s'élever dos dynasties vieilles ti récentes , sans être arraché h la fidélité inaltérable avec laquelle il poursuivi l l'accomplissement de son glorieux dessein. Répondez I Qui de la société ou de lut a Eut le plus do hâte ? Encore haleta ns de voire carrière révolutionnaire , vous venez à peîiie, par vos dernières journées , d’assurer votre vietniré sur le passé, et déjà Saint-Simon, vous ouvrant une

carrière plus belle n signalé h voire infatigable ardeur un Lui itou venu dans un noble avenir. Il fut prêt a vous parler aussitôt que vous h l’entendra Pourquoi voâa plaindre alors que sa parole ne soit pas plus ancienne P

Que sa nouveau té vous soit sacrée ! car rien n’est plus nouveau , rien n’est plus saint que le riiocnfes; et toutefois respecter son antique origine , sa légitimité fondée sur le cours de tous les siècles écoulés; car elle a éclairé d’un jour imprévu le passé aussi bien que l’avenir; elle a réhabilité tous les efforts accomplis jusqu’à ce jour ; elle les a lofas adoptés en les agrandissant par une harmonieuse transformation : elle a sanctifié à la fois l’exercice de inintelligence et de ta force * qui précédemment n avaient été sanctifiées que d’une manière sue* cessive * incomplète, exclusive; et c’cst ainsi qu’elle n, dans toutes les religions , une longue généalogie qui revit tout entière en elle sous des formes plus vastes» plus pures, plus pacifiques*

Oui , que sa nouveauté vous soit sacrée; car si le passé appartient aux autres croyances , l'avenir est à elle ! Mais que dis-je ! le présent même lui appartient, et n’appartient qu’à elle seule.

Cesl en vain que vous la dédaignez et que vous lui cou* testez meme d’être une religion ; il n’y a aujourd’hui de culte eL de religion qu’en elle*

Supposons que Saiîït-Simüh n’eut point paru , et que sa révélation , fondatrice d’une association puissante par sa hiérarchie et par le but qu’elle proclame , ensevelie dans le néant, n’eut point offert à I humanité l’espoir d’un lien nouveau: seul au milieu de notre société, tourmenté du besoin impérieux de me rattacher h Dieu et aux hommes, je vais cherchant une religion ! Et d’abord je ne vois au-

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luur du mai que les marques d'une profonde indifférence , le dédain réservé à la eréduliLé, et, solis le nom fastueux de tolérance, une véritable insouciance de Dieu; la loi, si die survit dans quelques aines, houleuse, stérile et souvent rebelle; enfin, pour comble de tiédeur, le christianisme, que le siècle dernier avait sî vivement attaqué, traite avec plus de ménagement , semblable » un criminel qui , après avoir été ? objet d'un violent déchaînement, une fois l'arrêt rendu, en subit la première exécution dans des soins pleins de bienveillance el d'humanité.

Frappé de ce déplorable spectacle que m'offre le monde, je pénètre dans le sanctuaire, et j’interroge les prêtres : ils éclatent en lamentations sur l'incrédulité générale; ils la dénoncent avec éloquence ï* mon indignation, et cependant, à travers ces amers regrets, chez quelques-uns expression vraie d'une profonde douleur, et chez le plus grand nombre sorte de texte banni , je démêle une foi altérée pai la contagion irréligieuse : je ne vois plus chez eux les lions de F association fidèlement observés; brebis el pasteurs, tous sont frappés de dispersion.

Et cependant je brûle d'aimer , je veux me rallier h une croyance, h une société , à un but : j'interroge les sa vans; ils savent de tout; de Dieu ils ne savent rien , el travaillent sans unir leurs efforts, sans autre but qu’cux-niêmes : j'interroge les industriels; comment répondraient-ils quand ils se livrent avec acharnement , sous les drapeaux de la libre concurrence, une guerre qui, pour quelques vainqueurs, compte d'innombrables victimes, et ne savent que se haïr et s’entre-déchirer? j'interroge les poètes, ils répondent par des cris de blasphème et de douleur.

Effrayé, j'arrête mes regards sur les femmes, et je ma flatte que leur cœur garde encore des trésors secrets dei-

pérance et d’amour. EDès-mêmes, atteintes par h scepticisme ou par l’indifférence , ne com prenant plus même leur antique patrone, Marie, accusent ou sont accusées, gèmj&, sont dans PisoIeiiiGnt ou dans une triste servitude.

Alors je cours au milieu de la foule immense des travailleurs pauvres, dont la misère semble avoir besoin d’appui > et de consolation; je les interroge h leur tour, et je les vois , dédaigneux d’une religion incapable d’adoucir leurs maux et ne leur offrant que de mesquines aumônes, se précipiter avec inquiétude dans des révoltes contre leurs maîtres , ou , comba Liant avec ardeur au nom de la liberté, adorer celte trompeuse divinité qui prend leur sang et ne sait point améliorer leur sorti

En proie à un lunnste abattement, poussé d'une invincible curiosité > je m’approche du lit des niounuis , et je les vois, le front décoloré d’espotr, proclamer la vanité de tous les rêves d’amour, de religion et de liberté dont ils s’accusent d’avoir poursuivi la chimère.

El alors , jetant un regard désolé sur la ci Lé* les temples, les églises, les autels, le clergé; clergé , autels, églises, temples , cité , tout ne me parait qu’ombres , que fantômes, que mensonges; et, parmi d épaisses ténèbres, accablé de tristesse, répétant avec douleur les chants de désespoir du poète * je murmure , je doute., j e blasphème , et je crie ; a Dieu que j ai cherché , Dieu d amour , Dieu d’espoir, où donc es-tu ?* Prêtres, s a vans , industriels, femmes, pauvres, aucun ne répond; et l ont est silencieux Alors, alors, ô mon Diltu J comme une lumière inattendue , brille a mes yeux In révélation de Sai^t-Simoiv, éclat an te comme 1 astre du jour lançant ses premiers feux; alors j’aime eucore , j espère, je revis; et, plein du transport délicieux uno existence nouvelle, je m’écrie ; ô Dieu J non , tu ne

serais pas pour pou», /il n était sorti tic Fiocrédulitê pe foi nouvelle, du silence une nouvelle parole d'amour , des ténèbre» une nouvelle lumière , de Famirchîe un ordre nouveau, du désespoir une nouvelle espérance; non, lu ne serais pas pour nous , ô mon Kiev , et ta cause serait perdue aux yeux des incrédules triompha ns , aux yeux de ceux-Ià mêmes qui le cherchent avec amour, si, lorsque partout ta gloire s’éclipse , elle nes’étiilt, par Saint-Simon, révélée plus brillante, plus pure , plus magnifique.

Prêtres , saluez le Dieu qui mut en vos mains un pouvoir fondé sur V amour; sa va ns , le Dieu qui vous éclaire de sa sagesse; industriels , le Dieu qui , en nous dévoilant son aspect matériel , réhabilite vos travaux et vous tire à jamais de la servitude; femmes , le Dieu qui vous èleve à une gloire et l\ une félicité supérieures h la gloire et h la lélicité de Marie, en vous appelant à régénérer 1 humanité; classes pauvres et laborieuses , le Dieu qui vous associe è vos maîtres, vous promet , avec les bienfaits de P éducation,

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