‹ Religion Saint-SimonienneChapitre 21 sur 46 · DIEU · texte numérisé non relu

DIEU

Enfaks de Sais^-Simon ?

Chacun de nous, h quelque rang qu'il soit placé dans la hiérarchie nouvelle , peut , de ce nom sacré qui lait notre bonheur à tous et notre gloire, du nom (Feu fan s do Saint-* Simon , saluer h. la fuis ses supérieurs, scs égaux et scs inférieurs.

Ce simple fait a de quoi nous réjouir. C’est la marqué du ücn qui nous unit; c’est le signe éclatant que nous formons une véritable famille , que parmi nous les chefs aiment leurs serviteurs comme un père aime ses enfans.

t|ne les égaux sont des frères, et que les inférieurs, comme des fils tendres et dévoués, sont heureux et glorieux de leur obéissance,

Et c’est aussi pour tous ceux tjui ne sont pas encore soumis h la loi nouvelle un grave enseignement; car, parcequ’ils n’ont pas de religion qui les lie , et qn’cn politique ils suivent des drapeaux divers et souvent opposés , il n’y a pas de nom dont on puisse se servir pour s’adresser ïi eu», — Hommes cl femmes qui nous entourez, de quel nom, de quel tilrc commun pourrais-je vous appeler , vous sa luer, puisque vous êtes inconnus, étrangers les uns aux attires ?

Or nous venons faire qu’il n’y ait plus d’étrangers nüUr part, mais partout des parens. Nous apportons la paix entre les nations, cor il n’y a plus qu’une patrie : c’est h terre; et, comme on l’a dit, toutes les guerres sont des guerres civiles. Nous apportons la paix entre les individus, car il n y a plus qu’uuc société : c’est l’humanité, et [ouïr? les querelles sont des querelles de famille.

C est pourquoi vous pouvez penser que nous sommes ici non pas seulement pour vous faire de simples discouru, mais dans le grand dessein de vous convertir?! nous. Dr tout âge, de tout éexe, de toutes conditions, nous vous appelons tous pour que vous veniez vivre avec nous et nous aider de tout votre amour , de toutes vos forces, de toutes vos lumières, h l'achèvement de l’œuvre que nous avons entreprise,

h\ t pour que cet appel fût plus facilement euiiiula, nous vous avons pris vous-mêmes h témoins des maux qui pèsent dans ln société actuel le sur les classes les plus pm îlégiécÉi Nom avons étudié leurs relations sociales, nous nvons pénétré jusqu'à leur foyer domestique , et nous

avons monlrè que, pour être à l'abri des misères palpables el saignantes que la c-Easse la plus nombreuse étale au grand jour, les classes privilégiées n’en ont pas moins leurs misères; misères secrètes, cachées sous des lambris dorés , dissimulées sous les joies du bal et du feslii», mais qui tuent sous l’édredon , comme les autres sur la paille.

Mais , plus heureux que les premiers apôtres chrétiens , en dévoilant les misères de nos semblables, nous pouvons dès celle vie leur offrir le remède, leur procurer lu guérison, Aussi je viens avec confiance, répétant les paroles que j’ai déjà prononcées en celle enceinte : — Vous tous qui souffrez de vos propres douleurs el qui u’étes pas sans compassion pour les douleurs do vos semblables , venez à nous : car nous sommes le commencement de l'association universelle ï nous sommes les premiers-nes de la lumilh vraiment sainte qui doit embrasser à la fin toute l'humanité j venez, et vous serez initiés aux joies que par nous Saint-Simon promet mi monde.

Toutefois prenez garde , et sachez bien tout d’abord nous comprendre. Quelles que soient vos peines , \ os chagrins individuels, uous vous le promotions , el l’expérience de la plupart de nous en est un sûr garant, nous saurons vous consoler et vous guérir. Mais enfin notre œuvre n’est pas seulement de morale. Nous ne voulons pas ici faire une levée d’ames mélaucoliqucs cl dcgouleos du monde , pour après ur malin , comme des frères Mornves , partir pour un village obscur de l’Allemagne; ou bieiî , commodes sectateurs d’Owen, vous emmener dans uno vallée ignorée de l’Ecosse, ou vers une rive sauvage de l'Amérique fonder une société coopérative- Vraiment , nous aspirons à quelque chose de mieux.

Notre mission est éminemment religieuse. — Au sein d"

1 existence universelle nous connaissons la destinée de 1 humanité ; c est 1 humanité entière que nous venons enseigner et convertir. — Dans k succession des temps nous comprenons Tordre immuable rjui préside au développement des sociétés humaines, nous travaillons h Taccomplissement du plan providentiel qui les entraîne incessamment vers un avenir tout pacifique* Nous vénérons, nous aimons, nous bénissons la mémoire de tous les hommes qui, depuis les premiers âges, ont contribué aux progrès de leurs semblables. Les martyrs de la foi chilienne sont saints h nos yeux comme les martyrs delà liberté. Mais nous disons hautement cl remplis d’une confiance inébranlable; « G’ést nous, nous seuls qui pouvons achever leur ouvrage; car nous venons provoquer, accomplir un progrès plus grand que tous les progrès antérieurs.... Nous venons ouvrir les barrières qui séparent les peuples, et poser la société entière sur des bases nouvelles; faire aimer en tous lieux connaître et servir le vrai Dieu, le Dieu vivant qui n’est point invisible ou caché, qui appelle tous ses cnfanseL non réprouve aucun , qui n’a pas fait de pacte avec Satan non plus qu avec César, qui ne veut plus enfin des maîtres avec des esclaves, des seigneurs avec des serfs, des nobles avec des roturiers, des bourgeois avec des prolétaires; mais parlom des associés classés suivant leurs capacités diverses, travaillant avec amour, avec ordre, avec constance pour

leurs progrès mutuels sous le rapport moral, intellectuel et physique, n

t ^ ni^n^cûant 3 tous pouvez comprendre pourquoi nous n avons pas commencé par organiser saint-siuiaruenncmenL .uni i liage, une vallée, un canton. Nous sommes venus premièrement à Paris, c?cst-h-dire au centre de la civilisation, au foyer de la vio de l'humanité; h h ville souveraine d’où

toutes les villes, tonies les prorinces. Lentes les nations attendent et reçoivent la lumière. De ce point culminant, nous étendons déjà notre action sur des populations nombreuses; nous parlons h Versailles, à Limoges, a Metz , à Toulouse , à Montpellier , â Marseille , h Liège , h Bruxelles , nous apprêtant h faire entendre incessamment notre yoix dans toute ta France, dans toute l'Europe. Et ne dîtes pas que nous soyons des savans tout pâlis sur 1 étude du passé, on des rêveurs absorbés dans la contemplation d’un avenir lointain* — Nous sommes des hommes du présent; nous sommes au cœur de la politique actuelle. Par la parole et la presse, dans nos journaux et dans nos enscigncmens , nous montrons chaque jour aux hommes de bonne volonté ce qiiVls ont â faire pour concourir h T amélioration générale.

Que vous dirais- je de plus? Un peuple généreux s’est levé qui se voulait jeter dans les bras de la France. Et lorsqu'une diplomatie tortueuse Je repousse froidement , {'abandonne aux dangers de la guerre étrangère , aux fureurs (le la guerre civile, c’est nous qui portons aux Belges une parole d’espérance et de consolation , leur annonçant qu'une ère nouvelle a commencé où il n’y aura plus qu’une seule race, une seule nation s une seule famille.

À ces signes , vous pouvez reconnaître que si nos prétentions sont hautes , notre conduite au moins n’est pas audessous d'elles.

Voyez! quand les disciples de Jésus ont reçu la bonne nouvelle qui doit soutenir les faibles, éclairer les ignora os et consoler les alîlîgés , croyez- vous qu’ils se réfugieront dans quelque lieu désert pour y conformer leur vie privée h la morale de l'Évangile? Vraiment non. — -11 marchent droit fi la ville des Césars. Leurs prétentions h eux sont éle-

vées aussi ! ils viennent enseigner aux maîtres de la terni une antre puissance que celle du glaive* Ils viennent détraire l’esclavage , régénérer les mœurs d’une société corrompue , apprivoiser , civiliser des hordes de barbares; enfin , à ces nations innombrables qui se ruent de toutes parts sur l’empire, imposer la foi , ["espérance et la charité; Pour accomplir ces immenses travaux leur nombre comme le nôtre est bien faible d’abord. Mais comme nous ils ne connaissent pas d’obstacle f ils ont confiance en leur force; car leur force est en Dieu? en Dieu leur espoir* 11$ ont envisagé la grandeur de leur tâche , et n’en sont point troublés. Comme autrefois l’ancienne Borne s resserrée encore en d'étroites murailles, du haut du Capitole mesurait l'univers et ne le trouvait pas trop grand h la puissance de ses armes, ainsi les apôtres de Jésus feront sortir du fond des catacombes une Rome nouvelle qui ne trouvera pas k iuonde entier trop grand à son amour. Place , place aux chrétiens I triomphe! tous les efforts de leurs ennemi* tourneront, b leur gloire: railleries , col om nies * supplices, tout leur est un progrès, un succès, une victoire! c est de leur propre sang qi|7il $ écrivent sur l'arène du Cirque la première page do leur histoire : pour dicter la deuxième * ils prendront place auprès de Constantin sur le trône du monde.

Que ces grandes leçons ne soient pas sans fruit pour vous ! et comprenez que la puissance et l’avenir n’ont jamais manqué aux hommes qui se consacrèrent è l’accomplissement des volontés de Dieu*

Mais Dieu! Pourquoi Dieu? Est-ce bien sérieusement qu au XJ Xe siècle , en I1 rance, h Paris, des hommes se proclament les envoyés de Dira , ses organes, ses prêtres? Tarde semblables moyens, on pouvait apparemment réus-

sir îl y a 1800 ans ; mais aujourd’hui des envoyés de j)IliV i"t Qu est-ce que cela Dieu? Ce mol nVUl pas été çidé depuis long- temps de toutes les idées qui! renfermait? Comment? trois siècles e allers, employés à ruiner le droit divin des rois ci celui du clergé; tous les cœurs généreux, loua les esprits élevés, s'être, depuis Luther et Bacon ralliés à la réforme ou bien è la philosophie , pour briser b joug odieux que faisaient peser sur le monde le catholicisme et la féodalité; lorsque les temps furent accomplis, la France s’être levée, avoir donné pendant vingt ans le plus pur de son sang pour se racheter et pour racheter l'humanité entière de cette lèpre de servitude et de super stilfeû que les religions et les gouvernemens du passé nous laissaient en héritage; et maintenant qu’au dehors on entend de toutes paris craquer des trônes et crouler des autels, et que naguère encore chacun de nous peut avoir, du pied, heurté dans la boue des couronnes brisées et des croix renversées; maintenant venir des hommes ? est-ce un rêve, des hommes venir au nom do Dieu fonder une religion nouvelle, une politique nouvelle, une morale nouvelle ! au nom de Dieu diriger et gouverner les peuples, s’emparer de tous les cœurs, de tontes les intelligences, de toutes tes activités !

J'en conviens , ce spectacle peut vous sembler étrange» Vous trouveriez simple que les Saint- Siinonicns eussent une religion h eux; chacun de vous a bien la liberté de s en faire r^E h lui» Et puis , comme vous sentez le peu de va^ leur des autres religions , vous ne vous eu occupez guère, et vous dites : c Toutes les religions sont également bonnes, » C'est ainsi qu’à Rome , depuis que les augures ne se regardaient plus sans rire , on aurait trouvé certainement le Dieu des chrétiens aussi bon qu’un autre , s’il avait seulement

accepté de bonne grâce l'hospitalité que les tolérons, qnr? les libéraux de (époque lui offraient dans F Olympe, 3!aîs qu' une religion se présente fondant un véritable gouvernement, confiant à des hommes une mission politique, tendant ouvertement à remplacer tout ce qui est, ceci bouleverse vos idées, et plusieurs le trouveraient peut-être téméraire, si ce néiait à leurs yeux une tentative surtout fulli et ridicule; c’est pourquoi je m’appliquerai aujourd’hui à vous faire connaître et surtout b vous faire ahner la religion et le Dieu que Sa hit-Simon nous a révélés.

Jésus, parlant à ses disciples, leur disait : * Ne penser

* F* qu^ je sois venu pour détruite la loi ou les prophètes:

* Je ne suis pas venu les détruire, mais les accomplir. > Aussi le christianisme s’est toujours considéré comme embrassant dans son développement toute rhïstoîre du peuple élu de Dieu , et comme remontant par lui jusqu au commencement de I Immnüité* Par rapport au christiy hlèine , le judaïsme n était pas une religion fausse; mais seulement une religion incomplète, qui ri 'avait cessé rl’étro a grc aide a Dieu qu a dater de I époque où la révélation nouvelle avait apporté aux hommes un autre culte , ua autre dogme et uqo autre morale. — En dehors des traditions religieuses renfermées dans leurs livras saints, et dont la série se continue sans interruption , depuis les promesses faites au premier homme jusqu’à la constitution de i Eglise , toute tradition , toute croyance religieuse apparat aux chrétiens comme iin fruit de 1 erreur et du mensonge* Et c est nu caractère commun à toutes les religions qui jusqu ici ont régné sur le monde , d avoir toujours condamné les autres religions.

Pour nous la bclicton , dans tous les temps et dans tous

fes fieux » c*csl la manifestation du sentiment qui uu l’homme à scs semblables et au monde.

Celle notion sî simple nous donne le droit de proclamer que toutes les religions du passe, y compris -a religion chrétienne , frétaient pas des religions fausses, mais des religions incomplètes et par conséquent provisoires.

De Maistre, le plus puissant défenseur de la religion catholique dans les temps modernes, a dit quelque part : toutes les autres religions sont fausses , précisément parce ([U 'elles sont a etres.

Nous disons nous : toute religion est vraie , par cela seulement quel fe est. Car, puisqu’elle est, elle établit un lien entre des hommes. Mais la religion complète et définitive , celle qui ne sera pas catholique de nom seulement, mais aussi de fait, la religion qui remplacera toutes les autres , c’est celle qui fera disparaître de l'humanité tonte guerre, tout antagonisme, toute haine sous quelque forme que ces faits se produisent, leur substituant partout la paix, l'association , T amour.

Les religions de [‘antiquité étaient incomplètes; car, si elles unissaient les hommes dans le sein d'uue même nation, d’une même cité, d’une même caste, d’une même famille, elles perpétuaient, en le sanctifiant, P antagonisme entre les nations , les cités, les familles diverses.

La religion chrétienne était incomplète, car, si elle tendait h unir par un lien spirituel toutes les familles, toutes les castes, toutes les cités, toutes les nations , elle consacrait encore , elle justifiait et sanctifiait l’ antagonisme dans ï individu, dans la société, dans le monde, opposant Fespiitïï la chair, F église k l’état, Dieu au démon. À la vérité, c!est en établissant cette opposition que la religion chrétienne a tiré les hommes de Pignornuce, de l'égoïsme

C 3go )

et de la brutalité; c*èst par la puissance de cos dogmes si méconnus aujourd’hui parles philosophes cri tiques qu’elle a fait la civilisation européenne supérieure à toutes les autres. Mais enfin cette religion était incomplète, puisque l'humanité devait un jour ne plus vouloir de démon ni de réprouvés, puisqu'elle devait aimer h. la fin h chair autapi que l'esprit , c’est-è-dire fin du strie comme les sciences ,1e bien-être physique comme le progrès înlelIeetucL

Or, SAnsT-SjitoN n’est venu condamner aucune religion, car il a vu dans les religions de la patriarchie, delà cité, de la nation, de f église, des aclieminemens, des préparations h la religion définitive, à la religion de l’ humanité. Dans le caractère purement matériel du polythéisme et dans le caractère purement spirituel du christianisme , if a vu des indications également importantes du double carao tère que devra présenter la religion de Ta venir.

Ainsi, tandis que Jésus n’accepte qu’une faible partie du passé, laissant poser sur tout le reste un irrévocable anathème , SiUST-SiMorr, plus grand que lui, embrasse dans ses vastes sympathies tout ce qu’a fait I1 humanité. « h voit » que Dieu a fait toutes ces choses, et qu’elles sont bon- » nés. » Et sa bouche reste pure de toute malédiction.

Humanité , il t’a bénie pour avoir adoré Dieu sous les faces diverses ou Dieu s’est manifesté h toi. II ta bénie encore lorsque tu te croyais impie, irréligieuse et blasphématrice , pour avoir déserté des autels oh la vraie nature de Dieu et sa sainte majesté demeuraient méconnues.

Générations issues des générations chrétiennes, vous qui avez nié le Dieu do vos pères , au nom du Dieu vivant qui sera le Dieu de vos enfans , soyez bénies î Gloire à vous f

L’humanité était soumise il b loi qu enseignaient les

successeurs de. saint Pierre. Prosternée au pied delà croix, elle adressait au ciel d’humbles prières cl de ferventes actions de grâces. Un cri terrible, cri de révolte cl de guerre, a troublé tout à coup ce concert unanime. Luther paraît , Calvin le suit. — A leur puissante voix tout s émeut , tout s’agite. * Levons-nous , ont-ils dit, et sortons ! — Dieu n’est plus dans ces temples où des prêtres indignes ont nus scs grâces â l’enchère. — Lovons-nous, sortons, » a-l-on îepélé de toutes parts; et de toutes parts les lils des hommes cC lèvent , essuient la poussière qui souille leurs genoux, et ils sortent du Lemple eu foule pour aller chercher Dieu par le' monde.

Mais ce Dieu qui remplissait l’espace de sa présence , ils ne l’ont trouvé nulle part. Ils l’appelaient à grands cris, "et lui est resté sourd à leur appel. Us le demandaient à lu mer , b la terre , aux étoiles; mais depuis Galilée, la mer, la terre , les étoiles racontaient sa défaite.

Enfin V huma uité , lassée de poursuivre toujours un Dieu qui toujours se dérobe h ses regards , après avoir abandonné ses prêtres, arrive è le nier lui-même. « Dieu des chrétiens, dit-elle, n’esl-ce pas toi qui devais un jour apparaître au milieu de la gloire, laire de mes enfaus deux parts; cl , comme il y a selon toi beaucoup d'appelés et peu d’élus , condamner la plus nombreuse à des peiues éternelles ? El quand ces malheureux, remplis d une douleur amère, pousseront vers loi des cris désespérés ; « Seigneur, ayez pitié de nous, seigneur, secourçz-nous , agneau de Dieu , qui effacez les péchés du monde, détournez de nos têtes cette colère terrible, »lu leur répondras , impitoyable : «Je nevous connais pas , » escio vos! » Tu ne les connais pas ! « Dieu des chrétiens, a dit 1 huma-

riiléj je ne suis pus sans pitié , moi pour ceux qui jji’offe usent* Aux pltfë-graiids crimes, je ne veux plus rie peine irréparable ; car je connais, moi, j’aime, j’ai me encore le coupable endurci , le coupable sans repentir. Dieu de miséricorde t je suis plus miséricordieuse que toi; je ne te connais plus î — Dieu des chrétiens! lu poursuivais sur les fils innocens la foule de leur père; dans les murailles de leurs mères tu trouvais nos enfant; coupables! moi je ne veux plus de privilèges ni de réprobation par h naissance» Dieu de justice et d'amour , je suis plus aimante et plus juste que toi ; je ne te connais plus ! — JHèn fort ! Dieu puissant ! lu me commandais d'obéir au K puissances de la terre; tu me livrais sans défense h la brutalité des dynasties féodales; moi j’ai secoué leur joug et j’ai conquis la liberté, La pourpre ensanglantée des rois et leur glaive homicide étaient saints et légitimes devant toi! moi j’ai brisé leur glaive et j’ai traîné leur pourpre dans la fange; tu rendais quelque chose h César I moi je lui ai tout pris : tu faisais un pacte avec lui ! moi je Tai détrôné : je suis [dus puissante et plus forte que toi, - — Je ne lo connais plus! *

Mais quand 1 b mua ni té eut ainsi fait justice dit ne croyance qui blessait toutes ses sympathies, qui répugnait h son intelligence , el qu elle ne- pouvait plus pratiquer sans renoncer a ses progrès, il se trouva que, débarrassée de Terreur, elle ignorait encore la vérité. Le bandeau qui lui couvrait la vue est tombé , mais sa vue se perd dans une épaisse obscurités Elle ignore sa destinée , elle s’ignore elle- mémo, Llle baît le passé, I avenir 1 épouvante , le présent la dé* goûte; pourtant elle voudrait aimer, elle voudrait croire, elle voudrait agir. Mais autour d’elle tout est désordre,

confusion, chaos. Qui pourrait ia sauver du désespoir? niai terre est înfomie et jonchée de débris, les ténèbres couvrent la lace de l’abîme. *

Sàïnt-Simos sg lève *

Peuples, laites silence, prêtez l'oreille, ouvrez vos cœurs. Voici la parole, voici le verbe, le verbe divin qui lait la lumière, qui sépare le jour d’avec les ténèbres , qui fécondera le chaos de l'humanité.

L’Umviïrs, l'immensité des mondes qui remplissent l'espace , et dans ces mondes, tout ce qui aime , pense et agit, cette terre et sur elle toute la famille humaine, et vous qui nous écoulez , et nous qui vous enseignons tout cela , tout ce qui est, est un seul être, unique , indivisible, infini , vivait ; c'est Dï eu.

U univers esi Dieu, car tout ce qui est en lui , les cîeux, la terre , ^humanité, tout est lié, tout est uni, tout concourt h racomplissemont d'une commune destinée * tout manifeste un éternel amour , une éternelle providence,

A travers la succession du tempset l'immensité de 1 espace , la terre, manifestation finie du corps infini de Dieu , s avance harmonieusement, attirée par les astres sans nombre qui roulent dans les cionx ; elle aussi est active , elle aussi attire harmonieusement tout ce qui est hors à elle , concourt è la simplicité, h !a régularité , h. la Stabilité inc essam jnemt progressives de ces mou veine ns mystérieux qui remplissent l'espace ; mais comme entre lous les corps célestes il en est qui versent sur elle plus abondamment que d autres la chaleur, la lumière et la vie, ainsi elle exerce sur plusieurs une indugiice plus directe. Entre tous ces globes il y a

inégalité d’âotion* Les plus faibles obéissent aux plus puissam : c'est la sainte religion des mondes.

Parmi les êtres innombrables qui manifestent la vie ïi lu surface de lu terre , l'humanité lient le premier rang. L'humanité exerce sur ce globe qu elle habite une action bien liisante ; c'est elle qui Ta purgé des monstres affreux dont il était couvert. Elle a desséché les marais , arrosé les plaines arides , éclairci les forets ; elle a contenu les fleuves dans leurs lits * posé des dignes à la fureur des fiais , aplani les montagnes î entre ses mains les animaux, les végétaux sont devenus plus beaux et plus féconds. Mais pendant qu’ai nsi l'humanité cultive , orne , embellît U nature * la nature à son tour l'orne , la cultive et [embellit, Au commencement l'humanité , faible encore, ignorante, misérable, croyait tous les élémens conjurés pour sa ruine ; elle voit aujourd’hui que, sous ï influence continue des phénomènes qui ['entouraient , elle est incessamment devenue plus belle, plus forte et plus heureuse. Aujourd'hui elle peut sc confier avec amour à la providence s car lorsqu'elle cherche aux entrailles do la terre les vestiges des révolutions qui ont bouleversé la surface, elle voit avec une admiration profonde que ces immenses cataclysmes qui, tout d'un coup soulevant à travers les continens d'énormes chaînes de montagnes, semblaient devoir anéantir à tout jamais la vie, Pont toujours reproduite plus puissante et plus belle.

'foutes les révolutions cosmogoniques ont eu pour résultat d'améliorer les conditions de Inexistence terrestre. Mais ces transforma Lions devaient être des ch ange me ns brusques et violons , présenta ni V apparence d'une destruction absolue jusqu'à l'instant où l'espèce la plus avancée le serait assez pour travailler avec ordre , continuité et conscience à son pro-

( 3gs )

pre perfectionnement , à celui des espèces inférieures et de la planète tout entière.

Or c’est la précisément le caractère que Dieu, que l amour inlini se manifestant à nous par Saint-Simoa , nous a fait voir aussi dans les révolutions politiques qui tant de fois ont désolé l'humanité*

À travers ces crises terribles, ces épouvantables tempêtes qui faisaient disparaître des empires, au milieu du fracas des trônes écroulés, des sceptres brisés, des autels renversés, l'humanité marchait incessamment h lVssociation pacifique universelle. Toutes les révolutions politiques qui semblaient devoir anéantir à tout jamais la vie sociale, Pont toujours reproduite plus puissante et plus belle. Mois ces transformations devaient être des changemens brusques et violons présentant Papparence d’une destruction absolue jusqu’à l'instant oîi la nation la plus avancée* et dons cette nation les classes les plus avancées le seraient assez pour travailler avec ordre, continuité et conscience h leur propre perfectionnement, au perfectionnement des classes et des nations inférieures, à celui de 1 humanité entière .

Page 1