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ce que ceux qui les rem plissent s" y trouvent condamnés pur leur naissance et n’ont pas l’espoir ni les moyens dVn sortir : cela est si vrai, qu’en présentant cette objection» nul no songe h rappliquer aux fonctions inférieures des nrls ou île la science; et pourtant il y a dans l’atelier du peiulit ou du sculpteur , et. dans le cabinet du chimisLc ou du calculateur , clos occupations aussi fatigantes , aussi dégoûtantes et aussi fastidieuses que les pins fastidieuses , les plus dégoûtantes et les plus fatigantes occupations de l'agriculture , par exemple. Mais ceux qui s’y livrent ne les ont choisies que pour se rendre habiles a des fonctions plus hautes, et cela suflit pour qu’ils n’y éprouvent pas de répugnance. Partout o ii l 'apprentissage est la condition de l’élévation , F apprentissage le plus rude est accepté avec amour, avec gloire ; c’est ce qu’on voit aujourd’hui même parmi les marins et les soldats. C’est ce qu’on observe dans toute société unie par un sentiment religieux. Au moyen âge ie> apprentis chevaliers, pages, écuyers, varlels, ne dérogeaiool pas à la plus haute noblesse en se livrant aux fonctions 1rs plus humbles de la domesticité. Dans les ordres religieux le frère servant le plus infime sentait en lui toute la dignité humaine ; car il pouvait, selon In volonté de Dieu,fïïrt; élevé au premier rang.
Mais c’est assez vous exposer nos théories; aussi biciu pendant que nous discourons ici sur les conditions d’une société nouvelle , il y a au- dehors des hommes généreux qui s’eflbrcenl de réparer autant qu’ils peuvent les inégalités et les vices de la société présente, Beudant que bous parlons des imperfections de l’éducation actuelle , ces homme* ouvrent en tous lieux des écoles pour les oufans du peuple; et i dans un grand nombre de nos villes , ils se présentent eux- mêmes pour initier' les ouvriers aux découvertes
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ik la science Noue vous avons sans doute donné ridée cl’imn éducation plus vaste et plus complète que celle qiPiis répandent avec dévouement dans les masses; mm peut- Etre qu' auprès de l'exemple qu’ils donnent , nos paroles vous sembleraient de peu d’importance, si nous vous taissiens sortir de cette enceinte sans vous avoir mis à mémo de participer à quelque centre plus grande et plusi mportnnte que la leur!
Écoutez donc ! car je viens vous convier solennellement, au nom de Saint-Simon , que mes pères continuent, au nom de mes pères dont je suis en ce moment l’organe; je viens vous convier tous, quels que soient votre rang, votre âge et votre sexe, b prendre part , dès aujourd’hui, à une ce Livre politique et religieuse de la plus limite importance.
Nous voulons frire plus que ne fini eu dehors de nous les hommes aux sympathies 1rs plus fiàtmles : car nous roulons effacer tous les privilèges de la naissance sans exception, donner h tous les cofans delà famille humaine une éducation conforme k leurs capacités. — Nous respectons trop la dignité humaine pour vouloir pratiquer Pauniône sous aucune de scs formes. Nous ne donnerons è personne la science pur charité , pas plus que la richesse. —Nous n instituerons pas des écoles particulières pour les enfans du peuple, car les en fa ns du peuple sont nos enfouis, — La philantropie s’évertue a faire partout de bous ouvriers. Nous voulons , nous, faire quelque autre chose que d’ouvrir: des coursée mécanique et de géométrie a T usage des ouvriers: car, en appelant k Passe dation lés classes inférieures > nous saurons y former des ouvriers habiles, maïs nous voulons aussi en tirer ries chefs d industrie, des savaus et dos artistes : A chacun s&lox sa capacité !
(/est pourquoi je vous annonce PéLab Pissement d’une
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maison d'éducation oii seront réunis tous les en fa ns de la religion Saînt-Simonienne , pour être élevés, non pas selon leur naissance f mais selon leurs capacités naturelles. Jusqu’ici la plupart de nous étaient sortis des classes moyennes. Mais voici que , grâce à Dieu , des familles in ta classe la plus nombreuse et la plus pauvre , comprend notre parole , s’approchent eu fouie pour prendre place dans la société nouvelle.
Saint-Simon , sois glorifié ! ton nom est déjà grand devant les hommes , il est déjà béni par la bouche ries femmes et dos petits en fans.
Nous accueillons avec une vive allégresse tous ceux qui viennent : car tous sont en fans de Dieu et tous sans excc|>lion sont appelés. Mars, vous le savez , ô mon Dieu! c’rsl suri ont quand nous voyons venir h nous ceux qui jusqu'il présent étaient déshérités des bienfaits de la civilisation, que noire ame se remplit du ne joie sans égide. Ce sont ceux-là surtout que nous sommes heureux d’appeler nos fils et nos filles , nos frères et nos sœurs ; car nous sentons alors que nous avons fait aussi quelque chose, et que notre vie n’aura pas été lout-à-fait inutile 1
Et eux ils noos apportent la seule richesse , ô mon Dieu! que vous leur ayez donnée : ils nous apportent leurs eufans , parce qu'ils ont foi en vous et en vos promesses parce qu'ils ont foi dans l'avenir réservé à l'humanité. Leur foi ne sera pas trompée* Nous ne sommes point hélas! en état de réaliser dès aujourd'hui , pour tous les p areas , le classement selon la capacité; mais au moins nous le pratiquerons pour leurs enfans , que nous traiterons de la même manière que les nôtres, À tous nous donnerons une mémo éducation wioralc que nous seuls pouvons donner dans la société actuelle, el chacun une
éducation spéciale pour laquelle nous emprunterons toutes [es ressources que mm s offre ta société extérieure.
Pour accomplir une tâche si sainte , nous réclamons las islance de tous t de vous surtout qui avez reçu le bienfait de réducat ion , de ^instruction, de la fortune. Ah ! c’cst bien au jour® bu i que nous pouvons faire une quête générale ffAMOun, d g lumières et de richesses , pour établir le plus rapidement possible un ordre social ou toute richesse, loti le lumière et tout à si o un soient à ceux y Ut travaiUenL Vous tous (pii jusqu'ici hésitiez peut-être à vous unir U nous » dans la crainte de ne pouvoir nous aider h soutenir le fardeau de l'apostolat, oh ! comprenez maintenant que nous pouvons vous employer tous utilement.
C’est à vous surtout que je m'adresse s femmes «le lotit ageet de toute condition* Dans tous les temps c’est votre sexe qui a protégé h faiblesse de l’enfance. Mais aujourd'hui noire venons vous mettre h même de faire plus pour elle que vous n’avez jamais pu faire.
Femmes des classes privilégiées , je ne vous demande pas, comme un Vincent de Pau le, de vous dépouiller de vos ornemens pour fonder une maison de charité ouverte seulement aux eafans que leurs parons auront abandonnés. Je viens è vous suivi de tous les enfans du peuple : leurs pauvres mères vous implorent par tua bouche; c’est vousmûmes » eest voire amour et vos soins que je réclame eu leur nom pour élever les enfans d’une société qui n’aura jamais d’ orphelins. — Mères de famille des classes privilégiées, vraiment je fais de vous et de la grandeur de vos aunes une plus haute estime que ce prêtre chrétien ! car ce sont vos propres enfans que je viens vous demander au nom de Dieu, de Dieu qui hénit votre amour maternel, rttjni veut que vos enfans reçoivent avec ceux de tout son
( 5:âs )
peuple le bienfait d'une éducation conforme à leur vochliorw Car nous 11e venons pas les arracher do vos iras; im les préparant à toutes les sympathies , b lotis les liens sociaux qui doivent un jour les embrasser, nous n’avons pas l’extravagant projet de détruire les sympathies , les lions k la famille que Dieu lui-même a formée; Mais considéra m peu ce qu'avec les privilèges qu’elle vous accorde , la société où vous vivez promet h vos enfans. Hélas 1 elle na plus puissance de leur rien commander, de leur rien apprendre , de leur rien faire aimer.
Et maintenant peuple et classes privilégiées, écoutez tous ! Sur les places publiques vous vous trouvez souvent en présence les uns des autres , remplis également tVindignation et de colère ; nul ne sait le moyen de prévenir ces tristes émeutes; nul ne saurait prévoir la fin de ces combats toujours renaissons. Eh bien I nous établissons une trêve qui sera suivie d’une paix assurée ; void que nous posons entre vous Farchc d’alliance , l’arche de Pal fiance éternelle qui , réunissant vos enlans sous une commune loi , ne fera plus de vous tous qu’une seule famille.