‹ Religion Saint-SimonienneChapitre 32 sur 46 · SA · texte numérisé non relu

SA

avec enthousiasme les paroles de Sa nt-Siitox taourj&u- U avenir f*st h nous. Mes Pères, je ne sais quels noms l'avenir nous des Line , si vous serez pour lui des pontifes ou fe rois; mais je sais que vous ôtes aimés : comme vous nous avez appelés pour travailler à l'amélioration de la classe k plus nombreuse, je sais que nous ne reconnaissonspûstîW tre loi que la votre , que nos biens et nos personnes sont \ vous , et que quand vous commanderez vous seriez obéis.

Le public arçtteillc par des applaudlssemcus prolongé! les (fer* nières paroles du p redirai eu r.

Après celle prédication , Olîndc Rodiugues sq lève ci lit la nikç suivante :

Il y a quatre jours nous exposions dan a U Globe que des retards inévitables dans la réalisation de nos propriétés actuelles, toutes immobilières, apportaient de graves difficultés h la continuation de ce journal.

Depuis lors nous nous sommes posés plus nettement eu* core devant le public : dans ta Globe* du 2 septembre &m avons déroulé à ses yeux notre position financière.

En agissant ainsi, notre pensée n’était point de toucher au milieu du public quelques personnes qui, sur notre appel , subitement émues , seraient vernies déposer à nos pieds leur fortune. Nous Savons que le temps n’est pas encore arrivé pour nous des conversions instantanées. Nous n’flt tendons rien que des personnes qui déjà nous connaissent et nous minent, qui savent le but glorieux et fécond vers lequel nos efforts poussent la société, et qui ont foi que nous I y conduirons. Mais de ces personnes qui déjà nous coq-

««Usent et nous aiment, nous le disons hautement, nous attendons d’elles quelque chose au nom de la classe la plus, nombreuse et la plus pauvre, dont Suw-Sukw nous a, constitués les représentans , et h laquelle nous vouons notre

existence. .

Notre intention a été de donner la mesure de notre situation aux personnes qui nous entourent, de leur Taire sentir la nécessité de se rapprocher de nous, et d exciter ca elles l’élan nécessaire pour franchir les difficultés qui s op posaient h la réalisation de nos propriétés immobilières. Notre intention u été parfaitement remplie; de nouveaux actes de foi ont eu lieu , les obstacles ont disparu.

En cc qui concerne le public , nous avons voulu loi f-ûie sentir par un exemple bien déterminé la position que nous comptons prendre vis-à-vis de lui. Nous nous présentons devant lui avec la prétention de lui enseigner son passé, son avenir, son présent; de lui expliquer cc qu il e&t> pourquoi il Fcst , et ce quTil doit être; en un mot nous voulons le diriger, le gouverner le plus tôt qu’Ü nous sera possible* Dés lors il faut qu’il ait foi en nous; et , pour cela * il est indispensable qu’il nous connaisse et que nous nous dessinions devant lui tout entiers. Il doit savoir toute notre vie, il doit être au courant de nos besoins, de nos espérances et de nos ressources ; et lorsque nous nous sommes trouvés dans une situation qui aurait pu sembler critique h des hommes moins religieux que nous, il a éLé de notre devoir de le lui apprendre. C’était la meilleure démonstration qui put lui être donnée de notre Iranchise*

Notre démarche, nous l'avions annoncée d avance, devait rester incomprise pour un grand nombre; c est ce qui nous explique les injures do quclqucs-uus, et 1 opinion qui

s’est répandue chez plusieurs que nous oyions poussé un cri de détresse, ci que la religion Saînt-Simonienne n\h\\ périr; tandis qu'il s’agissait tout au pins de hi stilptasion in o in SS i a n éc à1 u ne d e n os tu arilfeSlat ion s.

Ces bruits sinistres doivent nécessairement rotenür nu. lotir de toute doctrine nouvelle dès qu’elle éprouve tin instaKt tTarrèl dans' sa marche ascendante. Il y d cim| m nous les entendîmes circuler lorsque cessa la puh!icîU]i>n du Producteur ; alors un publiclsle célèbre , Fuji des pim courageux antagonistes de la restauration , M. Dunoyer, aujourd’hui préfet de FAllier, prononça dans la Rcmcnr cÿèlopcditjuc Foraisoh funèbre de la doctrine Samt^Sîino iiicune, qui maintenant compte des prosélytes dans ftfflfe les villes de Belgique cl de France, et dont les prngffe toujours croissans sont manifestes mêmes pour les ÿetis des hommes le plus prévenus contre nous*

Souvent aussi, lorsque le cliristianisme était au bercemi, les philosophes du temps annoncèrent -qu’il était anéanti* * Félicitons les dieux , disaient les Césars dans leurs édits, ?> il n’y a plus de chrétiens fa Et les disciples du Gnlilécn liuireul par plantera croix sur les manu mens où ces superbes empcrairsn voient inscrit leur propre gloire et l'éternité de leur Olympe.

Au reste, aujourd'hui Finslant d’arrêt n’aura pas lieu. N o us venons vous a n n o n ce r , au n nm s d es Pè i *è$ supYêtÊi; que te Globe poursuivra son cours : à partir de cc jour, il? réalisent la promesse qu’ils avaient faîte de distribuer Icîtseignement politique qu’ils donnent au monde par leurs fils, aux mêmes conditions que Fcnseîgnément moral et religieux el les prëdi calions, ‘c’est^ù-dîrc ghatidtèmnti pésorniais nous n’aurons point d’abotmés dont nous devions

caresser iea caprices ou les frayeurs; désormais les lecteurs du Globe ot de Ç Organisateur seront nos prosélytes ou des hommes que nous aurons jugés être le plus près de le devenir : nous ne spéculons pas sur nos leçons* Due telle pratique est, suivant nous, un signe d'impuissance; nous I abandonnons à ceux qui nous avaient crus morts.

Cette pièce a été tue à la salle de P Athénée, et là, comme à la salle Taiibcmt, elle a été accumUiepar de vifs témoignages d'approbation.

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POLITIQUE* — MOIUIÆ, — RELIGION.

Nous venons organiser ta société* C’est là notre ambît&m; c'est notre volonté* Pour l'accomplissement cle ce grand dessein , nous avons foi en nous , en notre destinée, en notre puissance. C’est nous que la Providence a marqués pour apporter à T humant te le prix de tous ses sacrifices , pour établir enfin Tordre et la vraie liberté.

Parce que nous nous présentons au monde sous des formes inusitées, ne vous méprenez pas sur notre caractère. Nous sommes , je vous le dis , des hommes politiques. Nous venons constituer T association des travailleurs, nous promut-

gtions ta loi du travail pacifique : te classement selon U té* parité, et la rétribution scion les œuvres. Que d'autres fabriquent des constitutions et des lois au scrutin; nous ne croyons pas , nous, qu'il suffise d’un vole par assis et levé pour fonder des dynasties durables , et pour créer ct-s aristocraties que le peuple accepte avec amour et qtnlcniourc de ses respects. Pour eû traîner l'humanité dans uac voie nouvelle, nous ne savons qu'un seul moyen, ccstdc transformer la conscience publique, c’est de lui faire aimer d’abord ce qu’on veut lui voir pratiquer un jour. — Ces simples paroles vous expliquent la nature cl le but de nos efforts*

Et toutefois si vous n'aperceviez dans notre apostolat qu'une ee livre politique , vous auriez mal compris la graadeur de notre mission*

L’homme ne peut pas transporter sa vie entière au milieu des affaires publiques* II y a des affections intimes, il y a de secrets sentimens qui perdraient tout leur charme et leur prix s’ils étaient mis à la connaissance de ions et portés au grand jour. Il y a des besoins , des inlé* rêts , des plaisirs qui réclament la sainte obscurité du foyer domestique* El si le bonheur est impossible h celui qui voudrait s’isoler deS grands interets de V humanité, nuus süvoné aussi qiie les honneurs, la puissance, même celle acchutialion et celte reconnaissance populaire qu on peut obtenir dans lraecompHssement d'une fond ion sociale* laisseraient triste et vide un ccetir étranger aux joies dômes tiques,

La politique domino la vie sociale *, et la morale doit régler là Vie privée? tuais entre eos deux aspects de la vie il y a une connexion intime. Les devoirs que b 'politiqut, impose, lorsqu’ils blesséut la morale, ne sont acceptes rl

çjn . .

remplis, que (lajis des circonstances extrêmes et par des hommes . exceptionnels dont on a peur d'admirer le courage, tant leur courage parait voisin delà férocité. Et la morale, à son tour, n'a de puissance irrésistible sur nos âmes tpih ^ condition de nous montrer sa sanclion suprême dans les interets généraux de la société. C’e$t pour cela que tant de beaux gemes ont échoue a vouloir régler séparément ces deux ordres, de faits. Beaucoup ont tenté d’établir des systèmes de politique; beaucoup ont proposé des codes de i nora 1 o ; m ais ce u x - 1 k son le me n l on t la issé de le u v p a ssage

une marque proionde, qui surent concilier le devoir et la personnalité* 1 intérêt général et l inlérêl privé, en embrassant dans une simple loi la politique et la morale* Ceuxd^dans riiistoiro apparaissent de loin en loin, et Lien rares ; ils ont été salues par les nations du nom de révéla * leurs', ils ont fondé des juaiGioxs*

1 ouïe association est vraiment religieuse lorsque les senti mens, les désirs, les actes individuels s’y trouvent liés, coordonnés , harmonisé avec les scnlimcns , les désirs, les actes généraux. Ainsi la palrîarçhie , la cité , la nation, 1 église , en ti n mot , chacune des phases successives que nous présente le développement des sociétés humaines ; chacune d elles a eu sa. religion yinrTABLjs , sa morale propre avec sa politique.

Si leglise doit être remplacée par une association plus complète, ccst qu’une religion nouvelle enseignera au monde une autre politique et aussi une autre morale que la politique el la morale de Jésus.

Qr ! association spirituelle que l'église avait révisée entre ions les membres de la communion chrétienne ne pouvait pas être le dernier terme du progrès. Le christianisme se lut-il réalisé sur toute la terre , comme il en avait k pré-

teii lion ; le ckrUliaûBinc n’était pas une religion complilc, puisque étant , par la nature même de son dogme, impuissant à s’assimiler les sociétés temporelles, il était forcé è laisser subsister leur politique , cl ne pouvait pas transformer complètement leur morale. C’est ainsi (pie tout en réalisant dans sou sein , d’une manière h la vérité imparfaite , le classement selon la capacité et la rétrihulioa scion les œuvres, il n’a jamais pu condamner dans l’état les privilèges indépendans du mérite personnel , ceux qui tiennent

ûu luisüTil dt la TiGtssitticc^

Saint-Simon, considérant la décadence de l’église elles révolutions qui bouleversaient l’organisation féodale, a compris que sur les débris de la double société spirituelle et .temporelle qui s’était développée au moyen âge , doit s'élever aujourd’hui une société unique; et il annonça la religion de l'humanité, religion vraiment définitive, vraiment tm6 ct universelle, parce que, réglant l’ordre temporel aussi Lien que l’ordre spirituel , clic saura concilier tous les intérêts privés avec tous les intérêts généraux.

La politique de toute association se rapporte aux destinées Je celte association. La morale se rapporte au développement (le l’individu ct â la destinée qui lui est promise an sein cle l’association.

La politique que nous vous enseignons repose sur la loi générale qui embrasse tout le développement de l'humanité; loi que S a ns T-S j mon nous a fait connaître, et qui aoas permet de saisir dans le présent tous les élémens de progrès que nous a légués te passé, et de les développer de plus en plus pour réaliser Varenir. Mais nous avons aussi ï vous enseigner la morale nouvelle, qui aura pour but de favoriser le développement de chaque individu , et de lier tous scs progrès au progrès général de l'humanité.

SI nous Connaissons vraiment l’avenir, nous seuls aujourd'hui possédons une véritable politique. Car H n’y a de p0. li tique que pour les sociétés qui sc conçoivent un buL à atteindre , qui ont conscience de leur destination. Pareillement , comme ii n’y a de morale que pour les individus qui savent la raison providentielle de leur existence, et qui sc comprennent an sein de l'ordre universel un droit, une fonction , une destinée , vous pouvez facilement prévoir que la morale individuelle n’aura jamais élé plus parfaite et plus puissante que dans la société que nous vous annonçons et que nous vous invitons à réaliser avec nous. Dans la société sainl-simonienne, en effet, toute l'éducation aura pour objet principal et pour résultat nécessaire de révéler à chacun sa capacité; et la capacité c’est le droit providentiel de l’individu, c’est sa fonction, c’est sa destinée.

Jusqu’à ce jour nous ne vous avons entretenus que rarement et d une manière vague des transformations que la loi sainl-simonienne venait opérer dans les relations individuelles. Nous vous avons plus souvent parlé de politique que de morale. C’est que In loi chrétienne ayant eu par sa nature une plus grande influence sur le perfectionnement individuel que sur le progrès social , nous avions bâte de vous présenter tout d’abord un remède à des souffrances universelles. Dans In tourmente générale nous devions vous offrir les moyens de sauver le vaisseau de l’état avant de vous parler du sort de chacun des passagers. Ah J nous avions besoin , avant toutes choses, de vous révéler un ordre nouveau , qui n’ait plus besoin pour appui décharges de cavalerie, dans les rues, sur des hommes désarmés, sur des femmes , sur de faibles enfans; un ordre public qui, ne laissant plus pour unique héritage au plus grand nombre

ta misère, l'ignorance et la dépravation; qui, allant p|HS pour aucun Foccasiou, la nécessité du crime, naît plug pour indispeu sable sanction les horreurs de la guillotine ou rinterminable agonie des bagnes ; un ordre enfla , un ordre vraiment social qui soit aimé de tous , étant favora^ !>le à tous; qui soit au faible qui Louilie un secours toujours présent, qui toujours aux malheureux qui a failli laisse î*cspoîr d’une sainte réhabilitation , et qui , reposant sur une heureuse communauté de sentimciis, d'idées et d1 intérêts, soit tou t-à -lait inébranlable*

Mais enfin les douleurs de rhumanitc ne sont pas toutes sur la place publique; chaque famille a sa blessure, sa plaie secrète* C'est pourquoi il nous tarde de vous faire savoir que Saint-Simon nous a mis en état de rendre à chaque individu, comme à la société entière, le calme et l'espérance* Nous voulons vous montrer que si notre maître a posé la base cPim gouvernement nouveau, il a aussi institué un nouveau sacerdoce quî , seul aujourd’hui sur la terre, peut sanctifier les affections personnelles , et former de? liens sacrés qui ne soient plus , comme on le voit trop soir vent aujourd’hui , d’insupportables chaînes. Alors vous aurez compris que nous ne sommes pas seulement des hommes politiques , non plus que de simples moralistes ; vous aurez compris que nous sommes vraiment des hommes religieux.

Cependant je n’eu Itérai pas encore aujourd’hui dans celte voie nouvelle. Pour vous préparer à recevoir ces saints enscignemensj je dois vous reporter un instant en arrière; et puisque enfin les destinées individuelles août de valeur qu’en les rapportant aux destinées générales, je veux remettre sous vos yeux ce que nous vous avons appns jusqu’à ce jour de Y humanité*

D’où vient Illumine?., où est il?.* où va-t-il , marchant (hm cette voie mystérieuse qu’on appelle la vie, ayant derrière lui la naissance et devant lui la mort ? — Nailre, est-ce un réveil, un retour! Mourir, csi-cc une entrée à de nouveaux chemins ?

Questions sublimes ! doutes ambitieux L*.

— Paul ! apôtre tic Jésus ! loi qui, dans l'aréopage assemblé. le pris un jour h parler de la résurrection des morts , racohte-nous ta science, celte science devant qui riiumanîté, quinze siècles durant , demeura prosternée !

— Quoi ! tu ne sais rien d’abord do notre vie passée ! tu ne pourrais pas me dire si je sors du néant, et Lu me répondrais quand je voudrai savoir si je dois y rentrer !

— Alt! nous ne mourrons pas tout entiers! aux bons le ciel , cl renier aux médians !... Oui, renier; îl a raison. Moi j’y croîs, h l'enfer ! je l’ai vu , je le vois ! L’enfer ! ah! n’esl-cepas h tant de malheureux ce travail exténuant, désespéré , qui ne peut pas les nourrir? L’enfer! ah ! c’est le fils du peuple, serré, pressé, torturé entre la faim. IW mène cL le crime; ce sont les filles du pauvre peuple entre la misère et la prostitution, L’enfer, mais tous vos enfans n en seront pas sauvés, hommes cl femmes des classes privilégiées; vous dont les fils , bercés dans l’espoir d’un riche héritage , n auront rien appris, lorsque vous fermerez les yeux , qu’à dépenser noblement ce que vous aurez bourgeoisement amassé. toutes vos filles n’en seront pas sauvées, pauvresmèms qui vivez dans un monde oui épouse est unie à 1 epoux selon sa dot, et non pas selon son amour, sa grâce et sa beauté, Paul ! apôtre de Jésus, nous confessons ce fpic les Athéniens ont cru sur ta parole. Ta dis vrai ; îl y a beaucoup d’appelés et peu d’élus. Nous sommes sous le poids du péché originel, tous courbés sous le péché de lu

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naissance. Âîi ! la classe la plus nombreuse est reprûin^k! Va , continue, nous croyons Si Fenfçr!

— Mais le ciel , dont tu parles, el que Lu nous apprends h mériter, qu'y ferons-nous? Qu'y ferons-nous pour îaclasse la plus pauvre:1 Car si nous voulons vivre , c'est que nous voulons continuer notre vie % et, nous Favoris soleon'dlc* ment juré; noLrc vie csl consacrée toul en Libre à Tamélio* ration de !a classe la plus pauvre. Quoi! seulement chaittcr les gloires de Ion Die il , le prier quelquefois! CbdMcr, prier dans un monde mystique alors qu'un monde entier Gouffre avec les angoisses de 1 esprit tous les ta Limons h 'XOrps ! Ah ! nous aussi nous rêvons quelquefois de glorieux cantiques; quelquefois, du sein de nos travaux, nous écoulons, penchés vers F avenir , d'innombrables voix qui bénissent la Providence; mais ce sont les nations en clmtr racontant le bonheur de la paix , c'est la famille universelle qui pousse nu ciel, à la terre , des cris de joie et des chants d allégresse; car le règne de Dieu est arrivé; il a y a plus d'ennemis; plus d'étrangers , plus tFélus ni de réprouvés, de bourgeois ni de prolétaires; c'est un seul peuplé, une seule famille. Voilé nos joies futures, voila notre m à vu* nir; car nous aimons celte terre, et c'est avec l'humanité que nous voulons continuer de vivre.

L'humanité, voilà ce que les chrétiens ignorent! Les apôtres de Jésus enseignaient la destinée de F/iemmtf, üs parcouraient le monde, apportant à chacun le moyen d'assurer $a vie éternelle, de faire son salut; mais ils ne savaient pas et ne pouvaient pas savoir la destinée , la vie, le salut de Y humanité* Cependant c'est au sein de l'humanité que Fhomnic accomplit sou progrès, comme elle-même accomplit son progrès au sein de F univers, C'est pourquoi nous , apôtres de Saint-Simon, nous vous enseignons ayant

butes choses les destinées de l'humanité. Nous vous raton* toussa rie passée, nous vous annonçons sa vie h venir, nous efforçant surtout de vous faire sentir sa 1 ie .présenta* El toutefois , lors même que nous vous parlons de l’avenir ou du passé, n’àUendcg pas de nous des paroles semblables h celles dos chrétiens. Nous n’avons pas la prétention de vous dévoiler comme eux toute Téter ni té. Notre doctrine csL la doctrine du progrès. C’est progressivement que Thumauilé étend scs sympathies , son savoir et son pouvoir. À mesure qu’elle avance , ses regards portent plus loin dans le passé , pénètrent plus avant dans Ta venir; mais si de Fini et de Taulrc côte la limite ù sa vue va s’éloignant toujours , sa vue est pourtant toujours limitée* Ainsi la sphère que nos investigations embrassent daus les cicux grandît sans cesse; mils toujours Tespacc infini recule devant nous et nous reste inconnu. Seulement là oîi la science de Tluima* nïLéeLson industrie s’arrêtent , la fox avance encore. Pardelà tous les temps historiques, aux premiers jours de Tore cosmogonique, Thu ma nité surgit) Thuniani Lé vient à la vie le Lendemain d’un cataclysme horrible qui semblait devoir à jamais effacer la vie de la surface de la terre* Devant celte naissance mystérieuse^ sot ont est muet; Thommc religieux sait qu’un lio caché unît celle forme nouvelle du b vie aux formes qui ont disparu; et dans ccüe em^ou le savant n’avait pu voir que la mort , l’homme religieux voit le progrès * Nous vous annonçons la vie future de Humanité, sa vie pour une longue suite de siècles. Maïs après la consommation des temps, après Tassociafion universelle, après la complète initiation de la classe la plus pauvre, nous n’avons plus rien h prévoir. Nous ne prétendons pas vous dire tout ce qui dans le temps ou dans Tcspace attend Thuniani le* Nous savons seulement par la foi que les coüdi fions

de l'existence hnmmne ne changeront jamais que ^ur Fncconiplissemcnt d’un progrès nouveau.

L 'humanité est un être collectif se développant ttnnsb -suite fies générations humaines* La loi de son développement » c'est h réalisation successive de l’association ml* verseflb* « Mats dans cet être collectif oit est [imM » de vjc, Fhxnrmonic et k diversité des fonctions que (tous » rencontrons dans l’organisme humain? Quesl-cc qui » de nous y représente le moi, ce fait central de FindîvL a dualité ( ï ) ? » En réponse h ces questions qu’on nous adresse , nous devons rappeler ce que nous avons dit si soutient. Les progrès du premier âge sont tous instinctifs, ce n’est que successivement que F humanité , comme Tin divMu, arrive ù la plénitude de l’existence. Jusque là ni Fim ni l’autre ne sent celle harmonie, celle diversité de fonctions qui constitue Porganisrpe et qui fait F individualité Mais enfin le temps vient où Fun et Fait ire a conscience do lui-même, et se sent vivre en chacun de ses membres l’un et F autre alors» évoquant scs souvenirs » peut trouver l’explication et saisir le lien de toutes ses sensations , de tous scs actes , qui jusque là lui paraissaient incohétons d désordonnés.

Au sein de Fhumanité chaque nal ion remplît safonctm* Dans l'antiquité, FÉgyptîeü* le Grec le Juif, lu Romain, ont entraîné les peuples moins avancés vers FutiîLé définitive; et dans le sein de chaque nation les castes supérieures , les classes privilégiées, ont rempli , i\ l’égiml des castes et des classes inférieures , une fonction semblable. Seulement ces initiations ont été do ulou reuses , cor les initiateurs ignoraient leur mission providentielle, et, prépu-

(1) Lettre du M, lion r d firi'x discrètes de Saînt-Sii/ion , p. G»

rant h leur Insu rassociaUon universelle, ils exploit aïeul h leur profit , et durement , ceux dont l'éducation leur était; confiée- Au moyen âge le clergé chrétien, peuple immense épandusur toutes les nations, établissait entre elles un lieu bien imparfait encore, mais enfin d’une nature pacifique. Prêchant la fraternité entre les vainqueurs et les vaincus, entre les serfs cl les seigneurs, il a préparé la famille définitive. Enfin, dans les temps modernes, un peuple, entre tous, apparaît, qui sympathise avec la destinée de tous les autres. La France prend part aux douleurs de tous les opprimés , elle applaudît au succès de tous ceux qui se sont dévoués h la cause du progrès, elle souffre de tous leurs désastres, elle commence h partager leur vie, à se sentir vivre m eùx! Or voici qu’au milieu de ce peuple un homme s’est levé proclamant l'association universelle, annonçant Peînancîpation définitive de tons ceux que la force a tenus sous le joug, f avènement social de la femme et des travail leurs pacifiques. De ce moment , prêchant la fraternité entre les vainqueurs et les vaincus , je vous le dis , b vie humanitaire a commencé. L’humanité s’est sentie vivre au coeur de cet 3 mm nie : elle a maintenant conscience d’elle-même; et ce centre d’action, ce centre de vie qui s’est d’abord manifesté dans un seul, ira désormais étendant partout son influence, unissant, harmonisant tous scs membres , prenant possession de tous scs or* ganeî , s’assimilant toutes les nations et tous les individus. Et alors tous les Individus , comme toutes les nations, connaissant dans l’ordre universel lcurdroît, leur fonction” leur destinée, les devoirs généraux et les devoirs individuels seront établis sur une base définitive* La loi politique et la loi morale régneront dans toute leur plénitude.

À près la prédication , Laitue nt adresse à rassemblée l'allocution suivante :

Dos attaques do plus en plus nombreuses » do plag^ plus violentes , sont dirigées conte nous; loin de m’en étonner, je n’y vois que la justification des prévisions que j exprimai la première fois que je parlai dnnsceüe cncriuta Oui, nous savons que [es préventions, les répugnances, les rires elles sarcasmes dont nous sommes l'objet ne peuvent de si Lot disparaître; car une doctrine n’est réellement régénérai ri ce qu’à la condition de contrarier les préjugés qui sont le plus fortement enracinés , qui ont le plus eu leur faveur l’appui de la raison vulgaire, et dont IVih slenee, généralement et machinalement respectée, constate précisément lu nécessité de la rénovation; car une religion nouvelle ne justifie sa venue qu’a la condition de paraître étrange et ridicule au milieu des sentiment, des idées et des intérêts qu’elle vient Ira us former ou détruire, sans égard pour la vétusté du sceau que la rotitiqe et Pcmpirtsine y ont apposé* Ainsi, plus nous étions convaincus de la vérité et de la puissance de notre foi , plus nous nous attendions à la double opposition des vétérans , jeunes et vieux, du christianisme et du dix-huitième siècle* Nous n'avions pas oublié que les chrétiens curent à subir, un leur temps , les attaques des païens et des philosophes* Kl la philosophie elle-memè , si railleuse de sa nature, ne Intel le pas accueil lie par des railleries et des dédains, ea même temps que par des persécutions, lorsqu’elle apparut nti monde pour accomplir Ja loi dti progrès, pour saper les croyances cl les traditions surannées qui y mettaient obstacle? Aristophane, dans sa mordante ironie, divas ses plaisanteries cruelles contre Socrate, ne chercha -I -Il pas & flatter, à caresser l'opinion de H mineuse majorité des !$&*

nêtts gens d’Alhèncs, troublés dans leurs vieilles idées , jnenacés dans leurs plus chères aliectious, dans leurs plus douces habitudes, par les nouveautés que vouait enseigner le maître de Platon? Et* de nos jours, Voltaire lui-même* le plus ingénieux, le plus malin, quelquefois le plus cj nique, et toujours le plus admirable des rieurs, parce que, bien différent des Aristophane* anciens et nouveaux, Uexerçaitdu moins son esprit épigrammatique contre le passe nu profit de l'avenir; Voltaire , ce puissant interprété du génie de l'avancement , dans sa haine contre des doctrines et des institutions devenues abusives et rétrogrades; Voltaire, cet Hercule de la critique moderne , ne fut-il pas brutalement attaqué* bassement calomnié, grossièrement raille par les immobiles de son temps , admirateurs exclusifs des anciens dogmes do la religion de la îmijorUé , défenseurs intéressés ou sincères des préjugés del a multitude? Aussi ra ppc- * lez vous avec quel art il caractérisa les hommes trop servilement attachés à ce qui est, et trop prompts a rire ou à médire de ce qui dépasse les bornes étroites de leur sphère habituelle ? H appelez-vous comment il vengea les philosophes novateurs des trépignement, des cris stériles, des sarcasmes ïmpuUsans des amis du bon vieux temps ; sons quels traits ineffaçables il peignit les dévots idolâtres du présent et du passé*

Mais voyons plus près de nous* Le fondateur de la tribune française, le héros du Jeu-de-Pauma > Mirabeau, ne fut il pas accueilli par des rires quand il voulut consacrer législativement, par une adoption solennelle, les couleurs nationales que le patriotisme avait spontanément arborées comme signe de ralliement , et dont se parent aujourd’hui même la plupart de nos détracteurs ? Mais Mirabeau, qui sentait en ses mains le symbole du progrès quand il déplu) ait son drapeau sur le monde; Mirabeau ne laissa pas

fléchir sa sublime and a ce devant ce mouvement l 'lié insensée : « Je vous jure, dit-il aux interrupteurs, quV Tant que j’aie cessé de parler vous ne serez pas tentés 4 rire. » El Mirabeau tint parole. Ce fut dans ce discours qu'au milieu des Irépîgncmens et des insultes de ceux qui s’étaient un peu trop pressés dans T explosion de leur susceptibilité railleuse , il articula cotte Fameuse prophétie sur les destinées du pavillon tricolore, « Il voguera sot les mers, s’écrïa-tril; il obtiendra lé respect de toutes [es contrées , non comme le signe des combats et de la victoire, mais comme celui de la sainte confraternité des amis de ta liberté sur toute la terre, & Que d'incrédules ont pu assister depuis à l’ accomplissement de celte prédiction , quand les Couleurs de la France ont poursuivi de capitale en capitale rémîgralion rétrograde , les rieurs mêmes de rassemblée constituante ! Je recommande ce rapprochement à ceux qui , tout en applaudissant au triomphe de la sainte confraternité des amis de la liberté, ne trouvent qu’un sujet de raillerie dans le présage de l’association universelle te peuples, dans le signal d’une nouvelle et sainte ultime des amis de l’ordre cl de la liberté,

Jfûis qu’ai -je besoin d’aller fouiller dans les ruines h [ antiquité, dans les archives du dix- huitième siècle ou dans les fastes de la révolution, pour Irouvcrfes preuves délaprofanatîon dès séotimens les plus nobles elles plus généreux, par le rire et le sarcasme? J’en appelle aux souvenirs les plu» réécris des écrivains qui se font le plu^re marquer pur leur exaltation libérale. Le même jour qu’ils sain nient Spf* ment notre b a nnière d'affranchissement pour les classes pauvres, ils ont eu h s’indigner de F/ ronic bruyante avec lïifjuello un grand nombre de députés français avalent entendu un de leurs collègues parier delà misère publique, Eh! de quel droit vous indignez-vous contre ceux qui rient do voire

pitié pour FincUgence, vous qui riez de nos efforts pour donner de la moralité , de l'instruction et du bien-être h rinçât ? De que! droit accusez-vous vos adversaires de manquer de sympathie pour le peuple, vous qui ne savez que vous moquer des vrais amis du peuple , vous qui opposez incessamment le ridicule, l'amertume* le fiel h nos paroles de paix cl d'amour pour le peuple? Écoutez plutôt les organes du parti que vous dénoncez comme impitoyable, i Si l’on a ri , disent-ils, quand vos mandataires ont parlé ries malheureux qui meurent de faim ,c’ est que toute votre sollicitude pour les masses laborieuses et souffrantes se borne à de stériles déclamations; c'est que vous ne proposez rien qui puisse faire cesser leurs souffrances; c est que vous semble/ ne les rappeler que pour ce faire un moyen tVirrî talion et de désordre. * Tel est en effet le tangage officiel des publicistes du juste milieu* Qu'avez-vous à y répondre, qu'avez -vous à dire de celle apologie des rires parlementaires qui vous ont si vivement courroucés, vous qui, non contons d'exhaler en de vains discours toute votre philantropie , vous acharnez encore h calomnier et h. lîéfrîr la philantropie active et plus efficace dont nous sommes les apôtres? Que pouvez-vous opposer à celle excuse des rieurs opulcns du modérantisme , vous qui, tout en présentant le tableau hideux de certaines positions sociales f tout en nous demandant des larmes pour l'homme que la faîm dévore, ne savez que plaisanter sur ceux qui vous indiquent les moyens de lui donner du pain; vous qui trouvez absurde l'abolition Complète des privilèges héréditaires; vous qui taxez d'extravagance le classement selon la capacité et la rétribution suivant les œuvres; vous qui avez épuisé toutes les ressources que l'Imagination peut prêter b la malveillance contre une doctriue qui a pour but

TuiuélioraLion morale , lateUeclucllo et pliysiquo de 1,1 clause la plus nombreuse et la plus pauvre? J] ne sert de rien de harceler pur des sarcasmes ou même parties émeutes les stationnaires et îes rétrogrades, si Tou raille et si foa calomnie (Tailleurs les hommes du progrès, si Ton repousse avec dédain ou colère ce qui peut seul réaliser le progrès, Vous doue, libéraux do bonne foi , vous qui voulez sîucèrement le soulagement cl le bonheur du peuple, bâtezvous de sortir de l'impuissance qui fait seule toute lu justification do vos adversaires. Au lieu de rire aveuglément de la nouvelle politique , de la nouvelle morale , qui dépouillent le hasard de la naissance de toutes ses vieilles prérogatives., pour tout donner désormais h la vertu, aux talons et aux services, venez détendre avec nous la légitimité du mérite, le droit divin de la capacité* Alors, quand Topnlencc oisive se laissera eut rainer h des mouvemens d’hllaliié en en tendant le récit des misères du pauvre » vous pourrez signaler ce scandale au monde , sans craindre qu'on y trouve une excuse , et surtout qu'on en fasse tm sujet d’accusation contre vous ; venez , car s’il arrivait que le reproche de stérilité vous poursuivît jusque sous notre drapeau , et que les orgueilleuses prétentions de la fortune héréditaire fissent méconnaître la puissance organique de nos idées, il nous serait facile de convaincre , sinon de niau* vaise foi , du moins d'ignorance et do témérité , quiconque Oserait s'égayer de notre compassion religieuse pour les souffrances populaires , sous prétexte que nous ne saurions les luire cesser; et d’une voix que ni les sophismes ni H récriminations no pourraient étouffer, nous dirions ensemble à ceux qui manqueraient encore de décence et de pitié» h la vue des plaies profondes et toutes saignantes du corps social :

ft Vous qui êtes LrnnqüîIIemenL assis sur la dépouille etc F aristocratie féodale que U peuple seul a terrassée; vous, les derniers héritiers, les derniers représentons du hasard de la naissance » comprenez enfin la solidarité qui vous lie h l’nncien régime; 11c vous obstinez plus à offrir pour fondement de l’ordre social , réservé b Fa-venir» les misérables débris que vous avez sauvés» h voire profit, du grand naufrage du passé* Au Heu d’aller chercher dans Thisloire des témoins en faveur des privilèges héréditaires, sachéz-y lire la décroissance continue de ces privilèges; instruisez-vous, puisque vous !c voulez, de l’exemple des patriciens de Pant iq ni té et des nobles du moyen âge, non pour imiter leur opiniâtreté à défendre ce que le temps avait irrévocable ment condamné, mais pour préserver l’humanité des catastrophes que leur folle résistance h la loi du progrès attira sur leur pays. Les doléances populaires vous importunent cl vous effraient , parce que , malgré tout l'empire de flin* blinde et le secours de vos vieilles théories, vous sentez instinctivement que l’appui de la conscience publique manque de plus en plus à Tordre selon la naissance, et que vous ne pouvez pas vous convaincre réellement , profondément vous-mêmes de la raison sociale, de la nécessité , de la légitimité des privilèges du sang, Mais plutôt que de s’abandonner h do vaines terreurs , de repousser de justes réclamations par le mépris et l’emportement , et de conjurer ce qui doit inévitablement s’accomplir, faites céder la science des anciens jours à Fiutetfigence des temps nouveaux; obéissez h la loi providentielle qui a détrôné graduellement la force brutale et le hasard au profit de la capacité, félicitez-vous surtout de pouvoir faire ce noble sacrifice dans un pays et dans un siècle oh, grâce h tous les progrès que la violence a précédemment réalisés, Tépoque des progrès

pacifiques est enfin arrive; ce qui m’autorise h prédira % non pins sous la forme menaçante de Mirabeau , mais comme une magnifique espérance', que nos railleurs , .poursuivis et convertis Heur tour par les conquêtes du drapeau de IV Sûcialion universelle, cesseront enfin de rire, pour saluer ce drapeau avec amour; car c’est de ce drapeau surtout qu’èft peut dire : « II VoGtmnî sur les me es , il ôbtiemmu

LE RESPECT DE TOUTES LES CONTRÉES , SON COMME LE SÎCNE DES COMÎIATS ET UE LA VICTOIRE * MAIS COMME CELUI M U SAINTE CONFRATERNITÉ DES AMIS DE L*ORDRE ET DE IA LI¬ BERTÉ a DES AMIS DE LA CLASSE LA PIXS NOM II RE FSE ET LA PLUS PAUVRE , SUR TOUTE LA TERRE* n

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