‹ Religion Saint-SimonienneChapitre 8 sur 46 · GG · texte numérisé non relu

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énergiques nccens, comme si dans ce moment la lideiitk, se dévoilant 5 leurs regards, eût illuminé leurs etcurs de soudaines inspirations? Était-elle donc plus grande la dévotion du chrétien , lorsque , h. la voix du prêtre» s’accomplissait entre ses mains le sacrifice mystique du divin rédempteur !

Non, le X'VIII0 siècle ne peut , sans se dégrader , démentir les témoignages de sa foî en ces dieux au nom desquels la France courut aux armes, sillonna, le glaive en main , tant de champs de bataille» conquît tant de gloire, versa le sang de tant de victimes , décerna à ses fils morts en vainqueurs les honneurs de l'apothéose, et ouvrit à leurs restes révérés un temple dédié aux grands hommes par la reconnaissance. D’ailleurs, aujourd'hui même, la révolution ,

I menacée un instant, ne vous a-t-elle pas rendu une partie I de votre Ferveur pour la liberté? N’avez-vous pas les reliques de ses martyrs? C’est peu de vouloir que vos héros obscurs, ensevelis avec respect au pied du palais des rois, attestent hautement que la majesté du tronc , devenu oppresseur, passe tout entière aux monumens de ceux qui le renversent au prix de leur sang I Vous avez surchargé leurs tombes de couronnes, de drapeaux, d'offrandes , et vous flétririez l’audace , qui les foulerait aux pieds , du nom d’impiété sacrilège ! Et n"esl-ce pas encore un ressouvenir du culte de là gloire qui vous inspire la pensée de déposer la cendre exilée de Napoléon nu pied de celle colonne façonnée do son bras puissant, sépulture digne du géant tombé , au plus grand de vos héros glorieuse pyramide!

Ne vous calomniez donc pas vous-même ! Que les prêtres vous accusent d’impiété et vous dénoncent à la colère impuissante de leur Dieu » devez-vous répéter contre vous les accusalionsde vos adversaires ? Non J Votre religion

est étroite, mesquine, éphémère; mais vous u'avez jamais cessé d’être iieligieux. J

Qu’ils taxent encore d’athéisme cette philosophie qui , par une vive réaction contre le spiritualisme exagéré du christianisme , nia V esprit dans l’univers et dans l’homme pour no voir en eux que la matière seule réelle, seule vivante, et qui fit profession d’adorer la nature , éternellement fé-/ conde, éternellement lielle; irez-vous toujours souscrire à leurs arrêts? Kl moi , je vous le dis hautement, elle n’est point impie, elle est seulement incomplète celte philosophie q i n renie D I EU souW’ajpÆcAlusciu 'alors enseigné p mj r le v oir , tout entier ^ sous 1 aspect JJiatciiel opprimé par le christianisme I

Enfin il n’est pas jusqu'à nos affections privées les plus énergiques qui n’aîcnt un caractère religieux. L’amitié ' u’a-t-elle pas un culte ? et à quelle langue appartiennent ces mois divinité, adoration , cuite, autel, victime ; b celle de la reugios ou à celle de F amour? Est-ce au pied d’une ' image de DIEU , est-ce aux pieds d’une beunb que l’homme, qui lient ce langage, est prosterné?

Àh 1 c’est qu’il est de sa nature d’être religieux ; c’est ~ que telle est la loi de son cire; il n’existe et ne se développe qu’à celte condition J tous ses progrès sont déterminés par | une BEUGIOH plus ou moins complète, plus ou moins du- ; rallie , suivant la partie du progrès qu’elle annonce et réa- i lise. 11 ne peut aimer avec force, sans Divistscn le sentiment qu’il éprouve ; être rempli d’nn enthousiasme sincère sans lui imposer des formes sacrées; se sentir dévoué sans arriver à la dévotiok; renier DIEU avec énergie sans foh- SJUX.EH do nouveaux symboles de foi; le blasphémer sans I’adoukk sous d’autres noms; renverser un autel sons lui oppose» d’autres autels; expulser des prêtres sans obéir

auxprétresdc ses divinités nouvelles ! Jadis , lorsque les Hébreux ne virent plus au milieu d'eux Moïse , que ses sublimes méditations retenaient h l’écart sur le sommet de la montagne, ils renièrent le Dieu qu’il leur avait enseigné : mais ils ne le renièrent que pour se faire des Veatix d'or t autour desquels ils chantèrent : «Voici les dieux qui nous ont tirés de l'Egypte ; voici les dieux qui marcheront devant nous ! n Et vous aussi vous n’avez renté le grand DIEU qui ne vous a jamais abandonnés, que pour l'adorer, petit et morcelé, dans des senlimens étroits, transformés en divinités; idolâtrie passagère à laquelle* vous aussi, vous faisiez honneur de tous vos succès! Ali! malgré vos discours , vous n’êtcs donc que des fanfarons dT incrédulité , toujours cftOYÀXü, dévots, B^LiGiEm , chaque fois que vous avez été aimons , généreux , 7^. liés entre vous/ Aussi le révélateur nouveau, que DIEU vous envoya, ne s’irrite point contre vous, et il ne tn’ enseigné ni la colère m Fanathème ! Lâ où le prêtre chrétien voit une apostasie , je vois une secrète conversion vers un DIEU nouveau ! où il voit une révolte, je vois un progrès I où il maudit, je bénis encore I

Mais enfin , lorsque vous eûtes accompli , sous Tin vocation de ces divinités , la tâche d’un jour qu’elles vous avaient prescrite, quel fut leur sort? Comme le DIEU. des ehrétiens, la liberté, la raison, la vérité, la nature, subirent les blasphèmes , les malédictions, les sarcasmes des esprits forts; et, sous les coups de la haine et du mépris, leurs autels, /désormais impuissant s’écroulèrent ; b la fois disparurent l'enthousiasme de celte religion multiple et l'association qu elle avait formée. I/égoïshe domina seul , et la société se prêta avec déférence è un essai de religion cl è un essai

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do pouvoir. Déjà , pendant la révolution, une tentative de' réorganisation s’était annoncée par un décret qui proclamait ta reconnaissance de l'Etre suprême et de l'immortalité de rame- Après la révolution vinrent la ihèopkitanthropie et le directoire ; mais les fondateurs de ce culte manquaient de foi eu DIEU , cl les dépositaires de celte autorité de foi en leur pouvoir. Rien de plus vague que celle religion , qui n 'ouvrait point une nouvelle carrière à cet amour de Dieu etdePhumaiiiié dont elle faisait profession î rien de plus insignifiant que celte autorité qui n’assignai L a ucime direction ii l'activité sociale; tontes deux tombèrent

eus cm b 1 e . M ais, ô su rpri se, o lém o îg na gc à j a ma is éclatant de ce besoin impérissable d’ordre et de croyance I les cendres des monarques , détrônées de leurs royales sépultures , avaient été livrées aux. vents , et le trône se relève I les restes de Vol Luire reposaient du us un temple qu'il avait enlevé au Dieu chrétien, et Faute! se relève I eU

quel autre lien pouvait rattacher la société h DIEU que cette AX TIQUE religion , vivante encore par la puissance de ses traditions et de ses augustes cérémonies , a laquelle ïc peuple français, solenui saut dans le Champ-deiVlars sa glorieuse apostasie du passé, avait aussi demandé mie sorte d'onction de sa souveraineté ? Ah ! c'est que Fhüinmiilé , si elle blasphème peudaut la tempête , à la vue d’un ciel pur et serein, dût celle sérénité n’ètre que passagère, se livre avec transport au bonheur do se réconcilier avec la Providence ! La France vit donc avec joie se rouvrir

les temples long-temps muets et déserts- Les prêtres, échappés à la mort ou h l'exil, racontaient Comment, après la captivité de Babylone , le temple, è la voix de Cyrns, était sorti do ses ruines; les hommes disaient sans colère : voila

le DIEU qu'ont adoré nos pères; et les femmes , pleurant

■née (Église, si long- temps affligée, leurs propres nillictioDs , se consolaient avec elle et s’empressaient <1 initier leurs en fans curieux et étonnés aux pompes du sanctuaire. Une voix de poète, émue à la fois de passions pioinncs, de pieux ressouvenir® , par ses acccus purs, harmonieux et touclians , premiers accens du génie après une révolution où avaient retenti des chants de haine, de guerre et de vengeance , ajoutait au pouvoir de la religion qui les avait inspirés; enfin le conquérant, qui semblait n’avoir relevé l’autel que pour en faire le marchepied du trône , avait contribué lui-même , par la gloire précoce de ses triomphes , par l’espoir mytérieux attaché à son front si jeune encore , par le retour de l’ordre qu’il avait conquis sur les factions , h faire renaître dans les cœurs le sentiment d’nne Providence, et lui-même, se sentant une mission b remplir, s’il ne sc disait pas l’envoyé de DIEU , s’appelait Phomme du destin.

Cependant quel but le cmt&Ti&mmR pouvait -il offrir à la société ? la guerre était alors le besoin de la France 1 Aussi, quoique Napoléonle trouvât infatigable à chanter des le Detnn, il ressuscite le culte do Y honneur , et , destinant le Panthéon aux restes de sa nouvelle féodalité , il commence it bâtir, de granit et d’airain , le temple delà Gloire, sorte de paradis militaire, où les noms de tous les braves sont consacrés h l’immortalité 3 Ce fuL le règne de la dévotion guerrière! Vous savez si elle fut féconde en exploits; vous savez, quand elle s’éteignit, si le héros qu’elle avait légitimé , malgré fonction chrétienne, fut autre chose qu un usurpateur! et toutefois unefemme, glorifiez-vous, mes filles! une femme réhabilitait le sentiment religieux, sans 1 enfermer dans les limites du christianisme , sans démentir les pacifiques inspirations de son sexe, et, signalant avec

énergie la tristesse que laisse dans les âmes aimante* la rup- \ turc d’un Lien antique et sacré , pressentait la venue «l’une ~ religion nouvelle, qu’elle prophétisait avec enthousiasme !

Mais quoi doncl vous vous étiez targué* de votre indifférence , et je vous vois retourner au christianisme! vous aviez maudit les hommes qui voulaient vous imposer une désastreuse rétrogradation , et je vous vois, grâce à votre précipitation à reprendre vos rangs dans l’antique procession guidée par la croix, aller vous-même au-devant des jésuites sur la roule du passé! Vous aviez abjuré loute$uperstition, et je vous vois encore professer le dogme suranné de la légitimité! Vous vous étiez armés de haine et de rigueur contre tout ce qui ne satisfaisait pas vos esprits positifs * cl je vous vois enlacés dans les liens des fictions constitutionnelles ! Jo pouvais craindre de vous trouver rebelles h toute espèce de croyance; faudra-t-il maintenant que je vous accuse de trop de crédulité? non , je veux vous absoudre encore! La foi des jours passés, en rentrant dam vos cœurs sans les ressaisir entièrement , vous a initiés, par le retour de ces vagues émotions , au besoin d une loi nouvelle; et suivies autels relevés vous avez presque tous, en silence, gravé ces mois ; æm Dieu inconnu / 11 fallait enfin que le c H ut s tià jf is m e , dont Chateaubriand et de Maistre , Fun avec plus de pompe et d’éclat, l’autre avec plus de force et de conviction, prononcèrent Porcîson funèbre, après une sanglante et terrible agonie, expirai consolé par la reconnaissance dos peuples, afin que la glorification do l’antique révélation précédât ta révélation nouvelle , et que la chaîne des temps fût renouée avec solennité avant que Saint Simon y ajoutât un nouvel anneau!

Mai s pendant que ce travail ^accomplissait dans la France è la faveur de chants pieux qu’elle écoutait avec joie, quel

cri do douleur et de désespoir a tout à coup de T Angleterre retenti dans l'Europe ?

Byboa, Bvbgiï paraît ! d'une voix audacieuse il détrône !a Providence ci lait asseoir sur son trône une aveugle fatalité ; Î1 raille avec dédain , poursuit avec une implacable ironie tout ce qui a mérité les hommages de l’humanité,, semblé prendre un plaisir infernal à tout désenchanter, à se désenchanter lui-même , et soudain , au milieu de ce rire amer , laisse échapper les accens d’une sombre mélancolie ! Incrédules! est-ce un appui que vient vous offrir sa muse blasphématrice? Ecoutez, et sachez le secret doses souffrances, !

Il est seul; votre société, livrée è l'égoïsme et h l’anarcliie , condamnée k ses yeux è d'éternelles alternatives de liberté, d -esclavage, de joies lue» courtes, de douleurs bien longues, lui offre Tunage désolante du chaos qu'il retrouve dans Tunivers- Il est seul j car réduit à concentrer sa puissance d’aimer dans des affections individuelles, livrée leurs caprices, h leurs tournons, à une délirante jalousie, ne trouvant rien, ô mon DIEU, parce qu’il ne vous connaissait pas , rien qui puisse satisfaire sa self inaltérable d’amour, misérable de n’aimer que lui, ü se hait lui-même, comme il haït le monde dont il est entouré!

Aussi voyez comme, accablé de sa solitude, il cherche a tromper par de lointaines excursions, par de téméraires plaisirs, ce vide, ce vide affreux dont u est dévoré! Et pourtant, lorsqu'on présence de la nature si belle d’un climat favorisé, îl la reflète dans ses vers, tantôt avec ses nuages , scs foudres, ses éclairs , tantôt avec son ciel d’azur répété par T azur des Ilots aplanis, le souille de ses brises, le parfum de ses fleurs, Téclat de sa lumière si pure , oh ! ne sentez-vous pas combien il lui serait doux

d’ aimer I Mais il est seul* en présence du monde, comme en présence de rtmmamté; il est époux, il est père! mais pour lui tous les liens sont brisés; il est seul, toujours seul,

A peine se rattache-bil à la société par son génie! Il ne chaule que pour se chanter ; il ne cherche pas meme , comme Voltaire , h flétrir dans l’intérêt commun les superstitions qu’il repousse; non , il affiche nue orgueilleuse indépendance, un scepticisme hautain; il étale, pour s'y complaire, le spectacle de scs souffrances, la bizarrerie de ses goûts, les fantaisies de scs passions; et, si l’admiration qu’inspirent ses chants suspend quelquefois son ennui, il prend souvent en dédain celte gloire dont il seul la slériliLé pour ses semblables et pour lui- même; il semble cniin vouloir empoisonner cette source de passagères consolations, en portant te mépris pour les hommes jusqu’à accepter le leur; il sc fait un jeu de provoquer leurs calomnies en se parant en quelque sorte à leurs yeux de Fauré oie du crime , comme s’il était jaloux de toute espèce de supériorité sur eux*

Mais , au milieu de tant d’infortunes , tout à coup îl espère, il rêve. Ah! la Grèce veut être libre, la Grèce brise scs fers! Avec quelle ardeur il répond h sa voix, s’élance dans cette carrière de dangers on son dévouement trouve enfin un aliment digne de lui ! Mais sur cette terre même que ses souvenirs lut peignaient si brillante, où devaient se réaliser ses rêves de poésie et de gloire, sur ccLte terre dont tes malheurs l'avaient appelé, mais dont la barbarie le repousse, il retrouve encore ce fatal désenchantement dont le poursuit partout, vigoureux ou caduc, un passé mort, pour lut; sur cette terre, où le jeta ce noble besoin de dévouement , F infortuné meurt comme il avait vécu , seul l

Eh bien I oserez-vous soutenir toujours que vous n'avez pas besoin de croyances? Il Fait beau h des cœurs froids et engourdis de vivre sans aucun souci dé foi I Mais vos portes cependant, privés d'un saint enthousiasme, que peuvent-ils que traîner, en vous la peignant , une douloureuse agonie ? Vous fil u t- il donc, pour vos passe -temps, des supplices de nobtes? Oh ! que du moins tant d angoisses, tant de pleurs, tant de gémissemeiis ne soient pas perdus pour vous ! Ce sont ces /poètes qui, en mettant un secret poison dans vos cœurs oublieux de la Providence , vous ont obligés à jeter vers . elle un cri de douleur et de miséricorde ! Que Byron, étalé il vos yeux, soit comme le serpent d'airain , qui vous guérisse de vos plaies! Déjà vos âmes se sont amollies aux accens de Chateaubriand* de M™ do Staël* de Lamartine enfin, qui, ne pouvant subir jusqu'au boni les terribles épreuves d une époque irréligieuse, laisse expirer ses murmures et ses blasphèmes dans des chants d'amour et do foi, qu’il rajeunit pour se consoler. Mais tandis que, comme un ange déchu , Lamartine remonte par son repentir vers ce ciel abandonné : assis dans un inflexible désespoir, comme le dernier de ces anges rebelles qui détrônèrent le Dieu des chrétiens , sur les ruines qu'ils ont faites* et qu'il a lui-même agrandies; ne trouvant qu'un enfer dans ce monde oii il ne peut aimer, trop ardent pour se passer d une croyance , trop puissant pour demander grâce à des croyances (ju il foule aux pieds , victime expiatoire d'une incrédulité qu'il ne peut abjurer, déjà ne réfléchissant plus aucun rayon de la religion qui s’éteinl clans un abîme, ne réfléchissant pas encore l’aurore d'une religion naissante, couronné de ténèbres, toujours puni de ses blasphèmes, et blasphémant toujours, Byîyok ferme à jamais ce long siècle d attaques contre la Providence; il jette sa

douleur, comme un irrévocable anathème, sur Fautel vieilli p qui tomba en poussière sous sa main qui cherchait un appui; il proclame hautement, avec toute l’éloquence de ses souffrances , le besoin d’un autel bouveau !

Oui, mes fils, oui, mes biles, vous avez hcsoui ijinc religion; mais que sera ‘Mille,.. ? conforme au VHOaabfi î Voilà déjà ce que vous savez. Assez donc du christianisme) irrévocablement condamné; assez du culte de la na- N itirc > de la raison , de la liberté; ce serait également rétrograder. Vos poètes ne trouvent a pour célébrer la liberté victorieuse, que des chants sans vigueur, échos affaiblis de l’hymne patriotique qui naguère franchit avec nos bataillons les Alpes et le Rhin. Vous-mêmes eniin, tiède s adorateurs de votre divinité, loin de brûler d'étendre son empire, vous placez dans sa bouche le principe de la nûii-inUnmvenlion, tandis que vos pères, énivrés par scs oracles de 1 ardeur de lu propagande > auraient donné leur sang pour faire partager aux autres peuples les joies de l'affranchissement , ci pour planter au milieu d’eux son arbre sacré. Et quelle loi d'ailleurs avez-vous aujourd’hui dans la liberté elle même? Vous avez, pendant trois jours, noblement combattu en son nom , pour repousser un passé menaçant encore dans sa décrépitude; à peine vainqueurs vous avez donné pour mentor à voire déesse V ordre public* A coté de Tune vous voyez Fanorchie; à coté de Fautas le despotisme; vous tremblez toujours; votre enthousiasme se glace; non, vous u avez do dévotion ni à l’ordre public , ni à la liberté elle-même. Et cependant vous avez besoin de croyance, parce que vous avez un immense besoin de progrès ! J

Ecoutez , écoutez donc une parole religieuse nouvelle !

Au nom (1 u DIEU qufil nous enseigne» Saint-Simon, par ma bouche , vous signale un but nouveau dans la promesse la plus belle qui ait encore été faite par un révélateur! Ce n’est plus, comme MOÏSE, à un seul peuple, une contrée fertile; c’csi à I’hhuakité entière, associée pour le connaître et l'exploiter, la richesse et la fécondité toujours croissante du globe lui-même î Ce n’est plus, comme JÉSUS, un séjour de jouissances célestes, oisives contemplations de la sagesse divine, achetées au prix de souffrances toujours renaissantes sur la terre, et de craintes toujours entretenues par los tentations du mauvais esprit; c’esL un avenir de paix, de gloire et de bonheur, conquis par nos efforts sur cette terre même, carrière sublime ouverte h nos progrès, dont JÉSUS nous avait déshérités , et que Saint-Simon uous rend au nom du DIEU nouveau , qui n’est point relégué dans les profondeurs d’un ciel solitaire, mais qui est partout présent, qui est tout lui-même ! Ce n’est plus aux pauvres et aux opprimés un affranchissement incomplet comme celui du christ ionisme; c’est ta destruction des derniers anneaux de la chaîne qu’a long-temps traînée f humant té, l'admission de tous les hommes au bienfait de Tédu cation , ljk

CLASSEMENT SUIVANT LA CAPACITÉ , ET LA RÉTRIBUTION SE¬ LON ses œuvres, À vous, mes Jiîlcs, ce n'est plus le sort de Marie, libre dans le foyer domestique, mais condamnée h u uc dégradante subalternité par son silence dans le temple et dans l’état; c’est votre participation à toutes les fonctions religieuses et sociales de Tavenir, qui ne coûteront aucun sacrifice h votre douceur et à votre pureté, parce qu’elles seront toutes pacifiques; c’est une association plus complète entre vous et vos époux, dont vous partagerez les travaux et le rang! À tous, a Lu us enfin *

Association de Ions les peuples en une seule famille, où tes plus aimans , tes plus savans , les plus actifs, constipa en une hiérarchie toujours progressive, poursuivent incessamment te progrès de la société entière par l'amélioration morale, intellectuelle et physique de la classe la plus nombreuse et la plus pauvre!

Quoi donc! auriez- vêtis adoré vos dieux métaphoriques, allégoriques , chimériques, pour refuser d'adorer le DIEU VIVANT, universel, aimant;, intelligent et fort, en présence duquel s'évanouissent, comme de vains fantômes , les divinités éphémères que votts aviez rêvées? Entre nous et vous, de quel côté seraient alors les amis des ténèbres? Est-ce nous qui nous élançons vers une lumière éblouissante, ou vous qui professez le culte des ombres? De quel côté les mystiques? Est-ce nous qui adorong te i:éallté vivanle, infinie, dont In sagesse et I a beauté éçlaten i part o 1 1 1. h nos regards, ou vous qui ne pouvez aujourd’hui vous unir pour un noble but , ^ims vous passionner pour des abstractions personnifiées , auxquelles vous vous immolez dans l’espoir dTune mensongère immortalité? De quel côté enfin les superstitieux? Est-ce nous qui abjurons toutes les croyances du passé pour une croyance progressive, on vous, qui ne pouvez avoir de prix h vos propres yeux qu'à la condition de ranimer en vous tes restes Iimguissans de voire idolâtrie ?

Et cependant tout ce que vous avez aimé , révéré, pratiqué sous Fin vocation de vos dieux divers et ennemis, vous 1e retrouvez , sous un seul nom, dans le DIEU unique que nous vous annonçons! La luîeutè ! et quelle liberté plus grande que celte que notre DIEU vous permet , lui qui demande l'abolition de tous les privilèges , sans exccplion > du hasard de la naissance, et le classement selon

la capacité? L’obdüe! et quel ordre plus digne de vos désirs que celui qui se confond avec la liberté même, sons l’empîre d’une religion qui n’a pas besoin de l’appui delà force brutale, parce que la hiérarchie qu’elle insliLue repose tout entière sur l'amour? La matuiie ! et quelle nature plus digne do votre enthousiasme , de votre élude, de votre activité, que ce DIEU lui-même qui veut être aimé, connu, pratiqué , sous l’aspect matériel aussi Lien que sous l’aspect spirituel ? Enfin ne voyez-vous pas que Saint-Simon a fait rentrer dans sa révélation toutes les conquêtes du passé, toutes les tendances, tous les efforts, toutes les prétentions de l’humnnilé, qu’il explique, légitime, agrandit et complète parla conception immense de ce DIEll , dont tous les êtres étroitement liés en lui par des progrès toujours nouveaux adoreront avec un amour toujours croissant la majestueuse UNITÉ !

El lorsque vous aurez salué de vos bénédictions le Dieu que nous vous annonçons, alors seulement vous aurez rompu sans retour avec le passé. Ne vous y trompez pas : dans votre légitime antipathie pour une religion impuissante et vieillie , aujourd’hui vous voyez, avec une sorte dejoie, les nouveaux outrages qu’essuie sa décrépitude, et vous envisagez le signe de sa fin prochaine dans le spectacle delà Papauté réduite à so détendre contre ses propres sujets; vous espérez enfin qu’il suffit d’une victoire pour la terrasser à jamais. Non : serait-elle dépossédée de la ville éternelle et emprisonnée dans le Vatican , de là elle ièrait entendre une voix qui trouverait des échos. Ne lui resterait-il qu’une pierre de son palais , celte pierre serait, pour clic un trône d’où die régnerait sur plus d’une âme. Exilée de l’Italie, partout où die siégerait avec son conclave , là serait Rome : n’aurait - elle

entre les mains qu’une crosse pontificale de bois , elle aurait encore un troupeau à guider vers le bercail céleste 1 Serait-elle réduite h errer au milieu des tempêtes sur la barque de saint Pierre , elle pourrait avec orgueil proclamer son salut , et son inébranlable confiance dans les promesses de son Dieu! Car un besoin de croire anime les cœurs; et le catholicisme , qui autrefois, par sa puissante intervention , régularisa une société j violente , et y fit régner une sorte d’ordre , continuera à troubler la société actuelle par les obstacles qu’il suscitera à sa marche, tant qu’il ne sera pas condamné h lout jamais et remplacé par une religion qui lui offre un avgnir plus conforme à ses espérances : oui , malgré tous vos efforts , la victoire ne vous restera qu’en op- ^ posant h la religion antique une religion nouvelle, h un j clergé vieilli un clergé nouveau , au Vatican enfin un lem- ' pie assis sur des fondemens nouveaux!

O DIEU trois lois saint ! loi que la foi honore, toi que V incrédulité glorifie encore, toi que l’homme a tour h tour adoré sous cent noms divers, mais qu’il ne peut se lasser de chercher, même en croyant le fuir, toi que tout le passé raconte incessamment à l’avenir, ô DIEU d’amour, d’intel-^ ligenco et de force ! désormais tu n'as plus qu’un nom ; tu es Puni vers; tu n’as plus qu’au peuple, I’üumanité! et ta parole , élancée de ce centre encore obscur, doit un jour éclairer la terre de ses rayons ! ah ! laisse-moi te bénir de ce que tu nous a choisis pour aider h la répandre! laissemoi te bénir de ces joies délicieuses que lu gardes à ceux qui savent t aimer; laisse-moi fuire envier h ceux qui m’écoutent un bonheur qu’ils ignorent encore et que nous brûlons de partager avec eux ! O DIEU trois fois saint ! lu commandes d’aimer, et nous t’obéissons; viennent , vien-

nenUi nous tous ceux qui pleurent, et ils seront réjouis; tous ceux qui souffrent , et ils seront guéris ; tous ceux qui désespèrent s et nous leur rendrons, avec ton divin amour, nu impérissable ESPOIR.

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