‹ Religion saint-simonienne: Politique européenneChapitre 9 sur 27 · ÉQUILIBRE EUROPÉEN · texte numérisé non relu

ÉQUILIBRE EUROPÉEN

La diplomatie est arriérée; elle vit encore sur un principe du passé que repoussent les hommes éclairés de tous les pays , et cela n'a rien qui doive surprendre : chez tous les peuples de l'Europe occidentale l'élément de progrès a cessé d'être dans le gouvernement. Suivant les diplomates, chaque peuple a des intérêts opposés à ceux des autres peuples; l'intérêt de l'Angleterre est contraire à celui de la

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France; fes intérêts de la France et de l'Angleterre sont les. antipodes des intérêts de la Russie et de la Prusse. Telle est la haute conception qui domine le système delà diplomatie actuelle, qui passe pour axiome au^si bien au Foreign-Office à Londres qu'au boulevard des Capucines à Paris; dans le cabinet de M. Nesselrode tout comme dans celui de M. de Metternich. ^ .

Ce principe rétrograde a dû être en vigueur lorsque la vie extérieure des peuples ne se manifestait que par la guerre. Alors, aux yeux des rois, l'Europe était an cbamp de combat , où il n'y avait que des bataillons qu'ils tâchaient d'attirer dai)s leurs rangs , et des positîoAS militi|ire^ qu'ils s'efforçaient d'occuper ou de rendre au moins inabordables à leurs antagonistes.

Alors il y avait, des ennemis naturels ; c'étaient les peuples qui cherchaient mutuellement à s'envahîi* , tels que la France et l'Angleterre. Alors , par exemple , la France ; ^n guerre perpétuelle avec la maison d'Autriche , ainsi, qu'il est arrivé depuis la réforme, posait son aile diK>it0 ^ Constantinople » et se servait de son allié natverd; le .grand-seigneur, piour, battre on brèche Ip jîuissfince des Césars de Vienne , grands l^ataires et continualeors de la; féodaUté.

Aujourd'hui les peuples sontiOasés.Mul né^^o Age A' envahir son w>isia pour lui découper: son terriliMne.ët' le. convertir en fiefs. Le temps dès «rôh^icé^«s est passé; œtui^d^ l'a^soctalion commence.

Sous l'influence de la politique de rimlité ofx avait far-^ mnlé un i^tiAxsaàa équilibre em'opém^ dansloqùd les puissances diverses se contre-balançaient tant bien que mal 1e^ unes les autres , s'observant réciproquement et s'obligeant mutuellement à l'inaction. Dans un tel état de choses , tous les états s'opposaient à l'agrandissement de chacun d'eux,

car cet agrandissement aurait troublé la balance ; ce qui n'a pas empêché le système de l'Europe d'être perpétuellement transformé.

\J équilibre européen a été y quant à l'organisation gêné* raie de l'Europe, ce qu'a été pour la France, par exemple, le système représentatif, une transaction entre les intérêts rétrogrades et les intérêts de l'avenir; transaction toujours déclarée perpétuelle et toujours violée , puis récrite sur de nouveaux frais , tout comme les constitutions impérissables, dont dix ont péri en France depuis quarante ans.

En vertu de V équilibre européen ^ la diplomatie, depuis cinquante ans , s'oppose à la tendance de la Russie vers l'Orient; elle veut faire mentir l'instinct qui révélait' à Catherine que Gherson était le chemin de Byzance, et qui lui faisait donner à l'un de ses petits-jGls le nom de Gons tantin.

Galcul insensé I La destination de la Russie est de s'étendre sur l'Orient. Gonstantinople deviendra le siège d'un nouvel empire ; Saint-Pétersbourg subira peut-être le sort de Rome désertée par le premier Gonstantin , et la Russie perdra , en retour de la Macédoine , de la Romélie et des pachaliks. d'Asie , quelques-unes de ses provinces occidentales^ la Livonie, la Gourlande, les pays russo-polonais» qui , par leur degré de civilisation , doivent rentrer dans le cercle de l'Allemagne. Il faut que la Russie s'épanche vers Gonstantinople , car il lui faut un cours, et si elle ne l'avait pas de ce côté, il faudrait qu'elle le trouvât vers l'Occident, qu'elle s'armât contre la civilisation , à laquelle son intérêt et celui de tous est cependant qu'elle tende les bras.

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