SIRE
Yoas êtes au milieu de circonstances graves que vous n'aviez pas prévues , vous portez alternativement vos regards inquiets sur la France et sur les nations voisines ; de toutes 'parts vo'ns ne découvrez que malaise , qu'embarras , «Qu'incertitude pour vous comme po^r Je pays fatugi^el vous avez cependant immolé ce que vous Aviez de pli^ ç^er, la quiétude 4^ l'opulence privée , et les joies pabibles ^u fpyer domestique. Au dehors vous voyez une méfianice railleuse , et la guerre qui menace; au dedans, la méfiance encore , l'irritation et .V^* meute. Vous in terr§gez vos conseillers, vous les pns^j^z d'améliorer quelqi;ie peu le sort* de ce peuple que vops ^jqoiez^^t qqinn instant espéra en vous, e^t vos conseUJerji^ /rampes d'impuissance, s'en vont eiiplorant ('arsenal de la restjiinratipn ;
ils n'y trouvent que des armes rouîllées ou usées , ils n'y ra- ** massent que la poussière de ces débris que , dans leur audacieuse mais brillante rêverie, les Vilèlle et les Peyronnet avaient pris pour les colonnes étemelles de l'ordre social Le terme est atteint, Sire, de toutes ces tentatives sans fruit, ^ de tous ces tâtonnements sans résultat, de toute cette activité P sans vie; car un nouveau fléau vient d'ajouter ses ravages aux ravages de la misère , et la souffrance déborde. Le temps est venu où 'des hommes qui ont mission de tenir à tous et à vous-même , Sire , un langage à la fois conciliant et sévère , vont vous faire entendre les prophéties qui devraient sortir de la bouche de vos conseillers. Le premier j'en assume la responsabilité , et , prenant pour un instant le rôle de votre ministre des travaux publics, je vais vous parler en homme dont le cœur palpite à toutes les douleurs du peuple parce qu'il les a touchées une à une , en homme qui a volonté de les tarir, et qui sent en lui une autre puissance que la puissance nécessaire pour débiter de vaines paroles ou former de stériles vœux.
projet d£ rappoat du miiïistrë des travaux publics
au roi louxs-phiuppe.
Sire,
(«Lorsque la!|p^rance a voulu faire un roi, elle a jeté les ycm sur vous. Des hommes qui avaient sur les lèvres des paroles * d'épanchement et de confiance ont remis en vos mains un sceptre mutilé par la méfiance; eux seuls vous ont soutenu pour monter en peu de jours les degrés d'un trône brisé qu'il ne s'agissait plus de restaurer^ ijiais de Reconstruire ; en cet iâstant vous aviez foi à la légalité. Vous étiez entouré d'avocats, une charte venait d'être discutée et votée, vous l'aviez acceptée, j'allais dire subie. L'assemblée qui vous la présenlait
( 77 ) dlait composée d'hommes sincères : car en dorant la couronne, qu'ils avaient faite d'épines, ils se regardaient comme les sauveurs delà France; c'est avec sincérité aussi que vous . avez juré d'exécuter fidèlement les clauses de ce contrat improvisé. En tout ceci vous avez oLéi à vos croyances , et nul ne saurait vous en blâmer. Vous, avez cru de très-bonne foi que Charles X avait été précipité pour avoir apostasie la Charte; vous avez cru que la France avait soif de légalité ; vous avez crd que le jour où un roi, non plus de France mais des Français (la différence est grande), entouré des gladiateurs de la restauration , voudrait avec la loyauté d'un honnête homme exécuter franchement le marché écrit; que ce joar-là la France calmé ^ glorieuse, respectée, goûterait au milieu des douceurs de la paix toutes les joies d'une prospérité croissante se développant à l'ombre de son panache constitutionnel. Vous l'avez cru ; que croyez-vous aujjourd''hui ? \ujourd'hui que tant de faits éloquens sont venus saper votre Toi, et donner à vos espérances le nom d'illusions; aujouri'hui que la France , fatiguée du bavardage impuissant des chambres , n'attend plus un bonheur voté et sent que ses destinées sont ailleurs que dans un scrutin ; aujourd'hui que la ' nourricière des peuples , l'industrie , écrasée par la concnr- , rence , languit épuisée, et tombe après mille efforts convulsifs poup se raviver, aujourd'hui enfin que votre capitale est réduite à disputer ses enfans au fléau de F Asie , et livre tardivement à la misère dévorante un combat inégal. Que croyezvous ? Vous ne croyez plus rien.
Sire,
«Lorsque j'ai reçu la haute mission que vous m^avez con« fiée , moi aussi j'avais foi à ce balancement des pouvoirs et à leur harmonieuse union dans un roi réduit à l'impuissance dé. mal faire, Je ne m'étais pas demandé alors si ceWe impurs- "
sancè n^entrainait pas avec elle Fimpuissance de bien faire * J'avais va avec joie la royauté garrottée et la loi souveraine; je m'étais réjoui de voir enfin un grand peuple traitant ses propres intérêts par lui-même ou par ses mandataires^ dressant un trdne comme une nécessité ^ et pouvant dire chaque joor à celui qu'elle y avait assis : « Qui t'a fait roi? »
n Comme vous j'ai cru , comme vous j^ai espéré.
» La tourmente des premiers temps m'a trouvé inébranlable dans ma foi. On disait que la France était semée d'agitateurs ; tantôt c'était la république avec son cortège de néga^ tions et criant toujours A bas quelqu'un ou quelque chose; tantôt c'était la monarchie avec ses vieilles affirmations et son imperturbable croyance aux rev^nans; et après avoir bien regardé tout ce que l'on montrait , bien écouté tout ce que Pon disait, je sws demeuré convaincu que la France né voulait ni la république y mot mystérieux dont elle craint lai révélation et soupçonne le sens , ni la monarchie qu'elle connaît et qu'elle a chassée. Mais , dans cet examen consciencieux et nouveau pour moi , quel a été mon étonnement lorsque j'ai porté nies regards sur nous-mêmes, et que du poste élevé dont votre confiance m'a investi j'ai contemplé nos institutions et Tes firuits qu^elles ont portés. Lorsque j'ai vu, sous c6 régime bâtard qui n'est ni la république ni la monarchie , la France livrée à mille douleurs sur lesquelles vous ne pouvez que gémir, inquiète sur son présent , sans boussole pour son avenir, cherdEiant encore un bonheur qu^elle avait cru payer de son sang aux jours des barricades , et lasse peut-être d'es* pérer. C'est alors qu'une longue lutte s'est engagée en moi entre la voix des faits et la voix retentissante de croyances enracinées par quinze années de promesses ; c'est alors aussi qu'une nouvelle lumière a lui pour moi. Je vous dois, Sire, les premières^inspîrations d'une conviction récente mais profonde ; je vouB les livre comme l'unique moyen de recevoir les béfoéâictions d'un peuple qui n'attend pas seulement de
( 77 ) dtalt composée d'hommes sincères : car en dorant la couronne, qu'ils avaient faite d'épines, ils se regardaient commeles sauveurs delà France; c'est avec sincérité aussi que vous . avez juré d'exécuter fidèlement les clauses de ce contrat îm~ provisé. En tout ceci vous avez oLéi à vos croyances , et nul ne saurait vous en blâmer. Vous, avez cru de très-bonne foi que Charles X avait été précipité pour avoir apostasie la Charte; vous avez cru que la France avait soif de légalité ; vous avez crd que le jour où un roi, non plus de France mais des Français (la différence est grande), entouré d^s gladiateurs de la restauration , voudrait avec la loyauté d'un lion- . nête homme exécuter franchement le marché écrit; que ce jour-là la France calmé , glorieuse, respectée, goûterait au milieu des douceurs de la paix toutes les joies d'une prospérité croissante se développant à l'ombre de son panache constitutionnel. Vous l'avez cru ; que croyez-vous aujourd'hui ? Aujourd'hui que tant de faits éloquens sont venus saper votre foi, et donner à vos espérances le nom d'illusions; aujourd'hui que la France , fatiguée du bavardage impuissant des chambres , n'attend plus un bonheur voté et sent que ses destinées sont ailleurs que dans un scrutin ; aujourd'hui que la ' nourricière des peuples , l'industrie , écrasée par la concur- . rence , languit épuisée, et < tombe après mille efforts convulsifs poujT se raviver, aujourd'hui enfin que votre capitale est réduite à disputer ses enfaps au fléau de T Asie , et livre tardivement à la misère déyorante un combat inégal. Que croyezvous ? Vous ne croyez plus rien.
Sire,
«Lorsque j'ai reçu la haute mission que vous m'avez confiée , moi aussi j'avais foi à ce balancement des pouvoirs et à leur harmonieuse union dans un roi réduit à l'impuissance de mal faire. Je ne m'étais pas demandé alors si cette impuis- ,
ils n^y trouvent que des armes rouiilées ou usées , ils n^y ramassent que la poussière de ces débris que , dans leur audacieuse mais brillante rêverie, les Vilèlle et les Peyronnet avaient pris pour les colonnes étemelles de l'ordre social Le terme est atteint , Sire, de toutes ces tentatives sans fruit, ' fie tous ces tâtonnements sans résultat, de toute cette activité " sans vie; car un nouveau fléau vient d'ajouter ses ravages aux r ravages de la misère , et la souffrance déborde. Le temps est • venu où 'des hommes qui ont mission de tenir à tous et à "^ vous-même , Sire , un langage à la fois conciliant et sévère, vont vous faire entendre les prophéties qui devraient sortir de la bouche de vos conseillers. Le premier j'en assume la responsabilité , et , prenant pour un instant le rôle de votre ministre des travaux publics, je vais vous parler en homme dont le cœur palpite à toutes les douleurs du peuple parce qu'il les a touchées une à une , en homme qui a volonté de les tarir, et qui sent en lui une autre puissance que la puissance nécessaire pour débiter de vaines paroles ou former de stériles vœux.
projet d£ rapport du ministre des travaux publics
au roi louis-phiuppe.
Sire,
«Lorsque la!|p^rance a voulu faire un roi, elle a jeté les yeux sur vous. Des hommes qui avaient sur les lèvres des paroles * d'épanchement et de confiance ont remis en vos mains un sceptre mutilé par la méfiance ; eux seuls vous ont soutenu pour monter en peu de jours les degrés d'un trône brisé qu'il ne s'agissait plus de restaurer^ ijiais de rIconj^truire ; en cet iikstant vous aviez foi à la légalité. Vous étiez entouré d'avocats, une charte venait d'être discutée et volée, vous l'aviez acceptée, j'allais dire subie. L'ass^embléc qui vous la présenlai'
( 77 ) était composée d'hommes siucères : car en dorant la coU'^ roone, qu'ils avaient faîte d'épines, ils se regardaient comme les sauveurs delà France; c'est avec sincérité aussi que vous . avez juré d^exécuter fidèlement les clauses de ce contrat improvisé. £n tout ceci vous avez oLéi à vos croyances , et nul ne saurait vous en blâmer. Vous avez cru de très-bonne foi que Charles X avait été précipité pour avoir apostasie la Charte; vous avez cru que la France avait soif de légalité; vous avez crd que le jour où un roi, non plus de France mais des Français (la différence est grande), entouré des gladiateurs de la restauration , voudrait avec la loyauté d'un honnête homme exécuter franchement le marché écrit; que ce jour-là la France calmé ^ glorieuse, respectée , goûterait au milieu des douceurs de la paix toutes les joies d'une prospérité croissante se développant à l'ombre de son panache constitutionnel. Tous l'avez cru ; que croyez-vous aujourdlmi ? Aujourd'hui que tant de faits éloquens sont venus saper votre foi, et donner à vos espérances le nom d'illusions; aujourd'hui que la France , fatiguée du bavardage impuissant des chambres, n'attend plus un bonheur voté et sent que ses destinées sont ailleurs que dans un scrutin ; aujourd'hui que la * nourricière des peuples , l'industrie , écrasée par la concurrence f languit épuisée, et tombe après mille efforts convulsiCs poup se raviver, aujourd'hui enfin que votre capitale est réduite à disputer ses enfans au fléau de T Asie , et livre tardivement h la misère dévorante un combat inégal. Que croyezvous ? Vous ne croyez plus rien.
Sire,
«Lorsque j'ai reçu la haute mission que vous m^avez confiée, moi aussi j'avais foi à ce balancement des pouvoirs et à leur harmonieuse union dans un roi réduit à l'impuissance de. mal faire, Je ne m'étais pas demandé alors si ce(té junpuis- .
(7») saAcè n^entrainalt pas avec elle Fimpuissance de bien faire. J'avais va avec joie la royauté garrottée et la loi souveraine; je m'étais réjoui de voir enfin un grand peuple traitant ses propres intérêts par lui-même ou par ses mandataires^ dressant un trdne comme une nécessité , et pouvant dire clîaqae joor à celui qu'elle y avait assis : « Qui t'a fait roi? »
» Comme vous j'ai cru , comme vous j'ai espéré.
» La tourmente des premiers tempsm'atrouvé inébranlable dans ma foi. On disait que la France était semée d'agitateurs ; tantôt c^était la république avec son cortège de néga^ tions et criant toujours A bas quelqu'un ou quelque chose ; tantôt c'était la monarchie avec ses vieilles affirmations et son imperturbable croyance aux rev^nans; et après avoir bieii regardé tout ce que l'on montrait , bien écouté tout ce que Pon disait, je suis demeuré convaincu que la France né voulait ni la république, mot mystérieux dont elle craint la*^ révélation et soujpçonne le sens , ni la monarchie qu'elle connaf t et^ qu'elle a chassée. Mais , dans cet examen consciencieux eCnouveau pour moi , quel a été mon étonnement lorsque j'ai port^ nies regards sur nous-mêmes , et que du poste élevé dont votre confiance m'a investi j'ai contemplé nos institutions et Tes fruits qu^elles ont portés. Lorsque j'ai vu, sous c6 régime bâtard qui n'est ni la république ni la monarchie , là France livrée à mille douleurs sur lesquelles vous ne pouvez que gémir, inquiète sur son présent , sans boussole pour son avenir, cherd^ant encore un bonheur qu^elle avait cru payer de son sang aux jours des barricades , et lasse peut-être d'espérer. C'est alors qu'une longue lutte s'est engagée en moi entre la voix des faits et la voix retentissante de croyances enracinées par quinze années de promesses ; c^est alors aussi qu'une nouvelle lumière a lui pour moi. Je vous dois, Sire , les premières-inspirations d'une conviction récente mais profonde ; je vouB les livre comme l'unique moyen de recevoir les béiiéclictions d'un peuple qui n'attend pas seulement de
(79.) simples aumAnes ; mais qui chercbe des yenx tm étendard antoor daquel il retrouye renthoosiasme et la yie.
Sire ,
»La France veatla paix, et pourtant lamémeardenr qu'elle épancha naguère sor les champs de bataille booillonne encore dans son sein. Noos avons yq cette ardeur déborder en émeutes dans nos rues et sur nos places publiques ; nous l'avons vue, exaltée par la misère , servir le désespoir de plusieurs milliers d^ommes affamés qui réclamaient de QÎ^re EN TaAVÂiLLANT , et ce grand enseignement avait été perda pour nous.
» Sire , ce que j'ai appris de nouveau , c'est que la voix du peuple était bien en ce jour la voix de Dieu , et les mesures que je viens vous proposer aujourd'hui sont une réponse vraiment royale à la pétition sublime écrite sur le drapeau lyonnais. Oui, Sire , travailler et non combattre , produire et non détruire , tel est le grand secret de la politique du jour. Que d'immenses travaux soient donc ordonnés , non demain mais aujourd'hui même; que des armées de iraçailleurs soient levées avec la même audace qu'en d'autres jours de dédil la Convention fit sortir de terre quatorze armées de comàat-^ tans, y oici l'ordonnance que je vous propose de rendre immédiatement. A votre décision , Sire , est attaché le salut de l'état.
ORDOttHAKdB. .
« Une commission, composée de trente ingénieurs, suivra » avec activité le projet si long-temps ajourné de la distrikta- » tien des 6aux de "Paris , et commencera son exécution dans » le plus bref délai. Il sera préparé de nouveaux travaux povrhi » partie de la population qiii aujourd'hui vit de la distribttttèn » de ces eaux.
V Cinquante jeoi^es ingénieurs traceront h grande ligne
» des chemins de fer du Havre à Marseille cl. de Strasbourg à » Nautes. Les cadres sont ouverts dès ce jour pour cnrâler » tous les ouvriers qui se présenteront des divers points de la » France. Deux cent millions sont nécessaires pour cette en- « ireprise; pour se les procurer le gouvernement négociera » dix millions d«s rentes acquises par ramortissement/ll sera » procédé dansledélaide trois semaines à toutes les formalités ^> d'enquêtes, d'avis des préfets, etc. Pour les terrains traversés » toutes difficultés seront aplanies par des voies extra-légales» n s^il est nécessaire, moyennant indemnité calculée sur la base » de trente à quarante fois le revenu.
» Dix mille hommes , sous la direction de M. Mathieu de » Dombasle seront envoyés dans les départements deTOuest » pour défricher les terrains incultes et perfectionner les » moyens arriérés de culture qui sont encore en usage dans » ces contrées. Yingt millions sont mis à la di^osilion du i> chef de cette colonie , qui sera le véritable pacificateur de » la Vendée.
» Les Vosges et les Pyrénées seront replantés,
» Des fonds seront appliqués immédiatement aux travaux , » du canal latéral à la Loire. Le canal de Nantes à Brest » sera poursuivi avec activité.
M Deux nouvelles rues de{^u!s long-temps en projet seront . » percées- à Paris dans l^s quartiers qui ont le plus besoin » d'être assainis : celle qui va du Louvre à la Bastille, et celle » qui va du pont d'Arcole au parvis Notre-Dame.
» Les marchés seront ternriînés d'après les plans présentés » en 1808 à l'empereur, qui voulait que le peuple edi aussi son
» Les propriétaires de mabons recevront des indemnités 3» 'Calculées sur les mêmes bases indiquées ci--dessus pour les j» terrains livrés aux chemins de fer.
» Une comnaisAon permanente s'occupera de nouveaux pro*- 9 jqU à présenter, et de créer les moyens dç les exécutei, l^e^
)i èoDseils'gJnéraux de tous les déparlemens s^assemUero&l » avant le 3o avril» et enverront à celte commission lean » observalions et lenrs requêtes sur les travaux d'intérêt local.
I» Deux millions s(int répartis entre les divers ministères » pom* augmenter le nombre des bourses dans les diverses » écoles» qui seront toutes réorganisées sur un plan général.»
«Telles sont, Sire, les mesures les plus urgentes ; j'ai choisi i dessein des projets avec lesquels l'esprit public est familiarisé et dont la haute utilité est généralement sentie. Aux hommes qui bourdonneront le mot de LÉGALrrÉ vous direz : « Mon peuple a (aim, et vos éternels discours ne le nourris-sent pas; » à ceux qui vous parleront de l'intérêt des propriétaires vous apprendrez que l'intérêt des propriétaires c'est l'ordre et la paix ; âi ceux enfin qui compteront les millions dont vous disposes, vous répondrez que la guerre d'Espagne a coûté quatre cent millions. »
SiRB,
Oubliez un peu la Charte et faites que le sang versé en juillet soit une vérité. Au milieu d'une horrible tourmente de trois années» la Convention, bravant toutes les têtes couron-^ nées I a soutenu la guerre contre l'Europe conjurée , et a pré^ paré ainsi Toeuvre d*nn guerrier gigantesque. Tons» Sire, plus heureux que ces hardis démolisseurs , après la grande émeute des trois jours vous avez rempli une mission conciliatiice et vous avez préparé la venue d'un Mapoléoh pacifique» car tel est l'homme que la France incertaine etflottmte attend avec anxiété. Il faut au fondateur de l'ère nouvelle lit haute intelligence de Descartes , la foi persévérante dé f}ildebrand» l'audacieuse confiance de Christophe Colomb. Sivous^ êtes cet homme» Sire» marchez!
Henri Fotmufi:..
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