SYSTÈME
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XiÀ WAIX COHSlDiRÉS SOUS LE EAPPOAT PES I»TÉ|ltxS.
90 jtnTier 483S (I).
Après les événtmtns de ]mU^ les esprits étaient préoccppés des souvenirs de la révolution française ; l'idée de b guerre traversa tous les esprits. On sentait que ces événemens avaient un caractère européen; mais on ne concevait pas que les principes d'émancipation pussent se répandre sur l'Europe autrement qu'à la suite des armées françaises; on croyait que 9 pour pénétrer, le progrès devait avoir son passe-port écrit sur un boulet. Ceux même qui éprouvaient le plus vive*
C C^)l^^^® ^^ Tipscrtion dans le Glokc.
ment le besoin de la paix le ressentaient en ëgoïstes. S'ils repoussaient la guerre, ce n^élait point qu'ils eussent en eux un sentiment des véritables intérêts européens supérieur à celui qui animait les libéraux; c'était plutôt parce que, àépourvus de larges sympathies , imbus des préjugés d^une nationalité étroite, ils se refusaient à exposer la France à on choc violent et ruineux , avec la pensée cependant que ce choc eût été utile au monde. Le sang français ne doit couler t/ue pour la France^ dît M. Périer : Chacun chez soi^ chacun son droit; dit M. Dupin.
Nous-mêmes alors nous partageâmes l'erreur commone. Sortis récemment des rangs des libéraux, nous caressions encore quelques-unes de leurs chimères. Plusieurs fois, de novembre i83o en juin i83i, le Globe a dit à ses lecteurs ; « La gnerre est inévitable. » Un seul homme pxniMl nous sentait nettement que le règne de la force brutale était à son terme ; que l'Europe ne pouvait plus être mise à feu et à sang de Cadix à Saint-Pétersbourg. Seul, calme au milieu des troubles de tous les rois, de tous les cabinets, de tons les hommes politiques, il pressentait que le progrès àes nations s'accomplirait pacifiquement ; cet homme est celui qoi depuis deux mois est seul au sommet de notre hiérarchie.
Il y a cinquante ans le système industriel de l'Europe était fort peu avancé. La population ouvrière était peu considérable relativement à ce qn elle est aujourd'hui. La plupart des grands centres de fabrication n'existaient pas ou n'iétàient qu'en noyau. La presque totalité des bras était employée à l'agriculture , et l'agriculture alors était ce que malheureuse- . meut elle est à peu près aujourd'hui encore, c'est-à-dire barbare, féodale, et presque complètement isolée, dans son mouvement, des institutions de crédit. Alors il n'y avait pas comme aujourd'hui entre les commerçans de tous les ^ays» sinon association', du moins solidarité évidente. La puissance des banquiers était alors rudimcntalre. Une guerre aLojns dé-
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plaçait assurément beaucoup d^exlsténces ^ une guerre était alors une source de perturbations déplorables. Toutefois alors la guerre n'ébranlait pas l'ordre social dans ses fondemens les plus intimes.
Depuis lors est survenu d'abord le blocus continental; système fort vicieux lorsqu'on l'envisage tel que Napoléon l'avait conçu , et en face du but qu'il s'était proposé en le décrétant. Mais il est écrit que tous les projets , même les plu» rétrogrades, les plus extra vagans, finissent par tourner au profit de la civilisation. Telle est la loi providentielle qm ré- ^t rhumanité; ainsi s'aplanit sans cesse pour. les populartions la voie du progrès, inalgré les efforts des pubsans génies qui viennent par momens se mettre à la traverse. Mettre bors la loi le peuple le plus travailleur, intercepter, par décret daté de Berlin , les relations commerciales les plus importantes qui fussent au monde , était un rêve tel qu'en pouv^^t former m géant audacieux qui, s'appelant Thomme du destin, avait pensé que sa volonté était la providence de la terre» Néanmoins, en fait, le blocus continental a sihgulièremeilt favorisé le développement manufacturier du continent. Lapajbc dont le monde a joui depuis i8i5 a bien autrement cbangé la condition de l'Europe. L'industrie manufacturière a pcis an essor prodigieux.
Ce résultat est très-sensible en France. Les villes de fabriques y ont doublé dépopulation depuis 1790, et ce surcroît de population est presque entièrement absorbé par les travaux des manufactures et des ateliers qui en ressortent. Lyon et Rouen et les villages qui les environnent ne sont plus reconnaissables : Saint-Etienne et Mulhouse, qui n'étaient que de petites villes , se sont transformées en grandes cités. L'Alsace et la Lorraine d'un côté , le Forez et le Dapphiné d'un autre , se sont couverts de filatures , de fabriques de cotonnades , de soieries et de dentelles. La Flandre et l'Artois sont parsemés de ces hautes cheminées qui indiquent au h^
\à t^ré^énce des uiàdiines motrieeg. hé soera dé beisei«f«s dans les départemens du Nord, ki porcelawe daat le Lîiràfrniû , la ftoude dans la Provence , les aluns et les tisans; 4q: càton dans l'Aisne , sont des industries qui n'existaiftiil j^ ihéitte en germe il y a cinquante xas. Dans la Champagst et là Boorgogne la fabrication du fer, de la fonte ; daoas k&Mki et dané les Vosges , celle du fer-blanc et de la tAle s'eât om- 8idéral>lèment élargie. L'exploitation des mines ^ nfait. éÊÊh groisière^ superficielle et bornée, a décuplé peut-être éopds lors ;. et cependant elle est bien rétrécîe encore èit eenparaiàon de ce que l'on sent qu'elle doit et peut élrei .G«r, piar exemple , les riches bassins hqjuiDers de Finny ( AoMjffbn), d'Alais (Gard), de Saint-Gervais et de BéieiScpx ( Hérault) , sont à. peine efQeur^ , et on grand aoidkvt. de gîtes sont tout an plus reconnus. Il n'est pas un court if^^k iàÈg duquel ne s'échelonnent des forges ou tréfileriesi./iesJftvoirs à mine , des moulins à fatrine , à huile ou à caiUomi» des papeteries et des scieries ; pas de pays de plaine sur l-herigen fldqôél ne se projettent les hautes cheminées des maoUne^i Vii^e|»r. he$ fabriques de produits chimiques qui n^eiiâtiJeDt jpas il y a cinquante ans abondent aujourd'hui; ee^btsioty depàis un deminsiècle la civilisation a enfanté en Ftance des milliers d'établissemens dont la vie est le crèML Leer.pveicpérité est la seule condition d'existence de plus de six milKons de têtes qui y gagnent leur salaire au jour le jour, et d'wle feule innombrable de capitalistes et de rentiers grands et f^ tits qui y ont placé ce qu'ils possèdent. De leur naaintteB dépend celui de presque toutes les fortunes ; car tous les iatéiêts sont inextricablement liéà à un intérêt aussi grave. S'ilsj venaient à s'arrêter, ce serait une, paralysie du corps social*.
Or ceci est vrai pour un grand nombre de pays^ pour l'Angleterre bien plus encore que pour la France. C'est wai surtout pour la Prusse, dont le gouvernement, fort entendu en administration ,. a singulièrement développé l'activité in-
dnstrielle; et voilà pourquoi toute la cirftnerie et '^ùelquift ofpders prussiens n'a pas trouvé bon accueil âàài te cbUsèil de Frédéric-Guillaume.
Les publicistes qui ont réclamé où désiré ta guerre , tém qui aujourd'hui la croient probable , n'ont pas codsciëïibe de l'importance actuelle du crédit industriel. Hs ignorent ^t'és^iie l'existence de ce nouvel élément âocial. Ils fae sentent pis que c'est là un intérêt bien autrenlent pressant qdë 4e pèiivent l'être maintenant tous lei intérêts dé j^ârki m de (dàssé. Sous ce rapport tout lé niondé aujbuirdliûi à ïei MUà Û^Ah^ zin; tous, jusqu'au plusmihcë manôûvrier, qàt^ siilhéî^ brasement guerrier éclatait en Eùr<qie , li'iiiffait pldi 8è pïàite èh son atelier.
L'industrie est éininèmnietit j^àcifi^iie. ïnstiiiclitéthienl elle repousse la giiérre. Ce qui crée kie peut se coticililsr àvet èe qui tue. Le premier effet d^un bruit de guerre est de sKûpèadre le crédit, imé déclaration de guerre l'ahéâiittraiL Or suppHr mez lé crédit , et il n'y a plujs que t&ùé et niisèfè ]^bili*^te inmîense armée d'industriels qui depuis dilipiàfatë ani est sortie de terre pour la féconder et l'eiûbellir, doiît les bahl^uiers sont les chefs, et qui descend jusqu'au pliis humble des hlrrtissiers. Dès lors la guerre serait la jlështictioil d'uiife des briiiiches de la civilisation ; là giierré serait la rétrbgradatiott ; la guerre, au lieu d'émanciper les popdîatidns, en ferait dès troupes de prolétaires affamés, trop heureux j^ôdr vivre d'accepter le vasselage des piropriéUirés foncieVâ, qui abràtekit tu plus de mbjens que tous les autres d'^arracher à l'incendie quelques débris dé leur richesse. Ce Serait là téconstrbctibn de la féodalité.
Et c'est précisément parce que la guëlrrë entraînerait d'âtissi èffrbyàblè's malheurs qu'elle ti'est pas pdftsiblë , cat* l'iihiiiense puissance de llndiistrie qu'elle tendrait à écrà^r siilBrii ^bbr liii opposer iine insurmontable barHière.
Les banquiers éfaîcnt des gens de médiocre importance il
y a cinquante ans. La finance d'alors comptait qœlqivi •homnies à haute renommée, comme Necker et M. Delaborde, par exemple; mais en masse les banquiers étaient sons Je poids des traditions et de la réputation des publicains , da lombards , des traitans. Nous ne prétendons pas dire qo'aiH jourd'hui ils soient exempts des habitudes d'agiotage et de copidité. Nous nous proposons môme de dévoiler quelque joaTi
. dans une vue toute de moralisation , des turpitudes qui foil partie intégrante des us et coutumes de la haute finance. Mais il est certain qu'avec le développement des établissemeDA industriels . qui vivent de crédit^ les hommes qui disposent du
.crédit ont acquis une importance sociale immense. Beaucoup de raisonneurs, et des plus libéraux, ont trouvé inconvenint le propos prêté à un célèbre banquier : « La maison de » Botchsdbild y aurait-il dit, est dans lés relations les plqs » amicales avec la maison de Habsbourg, » Noos ignorons si le mot a été proféré; mais, après tout, ce serait la constatation d^un fait dont les libéraux doivent se féliciter,, car il révèle l'accroissement de la puissance industrielle , qui tons les jours empiète sur la féodalité; c'est que les banquiers commencent à traiter de pair avec les gouvemans féodapx ou quasi-féodaux qui régissent l'Europe entière. Bien ploSi
. ceux-ci ayant besoin de crédit sont, sous ^e rapport, sposla
. dépendance des banquiers qui le distribuent. Du jour où les banquiers vaudront former eux aussi leur sainte-alliance , isi
..jour où ils se seront réunis en congrès, lear puissance politique sera fondée; de ce jour aussi les banquiers, se sentant une haute mission à remplir, grandiront à leurs propres yeux, et se dépouilleront de l'égoïsme mesquin et avaricieuz qui
. aujourd'hui les rapetisse.
faire la guerre peut sembler très-beau à des imaginations
. que l'éducation des collèges a perverties; quand on a passé toute sa jeunesse à contempler tous les grands çonquérans, Bacchus, Agamemnon, Cyrus, Alexandre, Céisar, ÂUllay
( 109 ) Ciovis, Godcfroy de Bouillon, Tamerlan et cent autres; quand on a la tête pleine des bulletins de la grande armée , des récits du champ d'honneur et des anecdotes du bivouac napoléonien ; quand on a été habitué dès le berceau à admirer de toute son admiration ces grandes scènes de carnage où des peuples entiers étaient exterminés d'un coup , quand on a été accoutmné à mesurer la grandeur des batailles par le nombre d'hommes qui y ont été immolés, et qu'on a entendu citer, comme les faits les plus glorieux de Fhistoire de la civilisation, les victoires d'Arbelles , celles de Marins et de Gatulos contre les Teutons et les Gimbres , de Pharsale , de Châlons-sur- Marne remportée par Mérovée sur Attila, celle de Tolbiac, celle de Tours gagnée par Charles Martel sur les Sarrasins , précisément parce que chacune d'elles a vu périr, au compte des historiens, cent mille, deux cent mille ou trois cent mille hommes, il est fort simple qu^on rêve la guerre et qu'on reoille aller cueillir des lauriers à l'ombre du drapeau d'Âr-« cole , d'Austerlitz et des Pyramides ; comme si l'humanité de« vait toii}ours se répéter, et comme si ce qui a été beau et utile à une époque arriérée devait nécessairement l'être toujours. Mais quels seraient aujourd'hui les lauriers d'une guerre réço^ htionFUtireF et il ne peut y en avoir d'autre; quelles en se-^ raient les chances, quels en seraient les résultats? c'est ce que j'examinerai dans un prochain article.
IMPOSSIBILITÉ DE FONDER tJN ÉQUILIBRE EUROPÉEN
•pAR LA GUERRE.
34 janvier I83S.
Quels seraient les caractères d^uQe gaerre européenne, quels çn seraient les résultats , quelles en seraient les chances ? avons-nous dit à la fin de notre premier article* C'e$t ce que nous allons examiner aujourd'hui.
Une guerre européenne aurait pour but , dans Pesprit des libéraux qui la veulent, de mettre à bas toute aristocratie , et d'aller partout, les armes ^ la main, implanter dans la prati* que gouvernementale les principes démocratiques.
Définissons en termes plus précis cette ten^tiye révolutionnaire telle quelle peut être conçue par une tête républicaine aux larges idées.
Il s'agir^ en France d'introniser la républij^ , que la grande propriété abhorre, dont le nom seul fait frissonner les industrieb sans être pour cela populaire parmi les ouvriers qui emplissent les villes, et de lancer ensuite aux fron|;ière3 les quatorze armées de la Convention.
U s^agirait, en ce qui concerne PAngleteri^, ^® d'entamer Q^ lutte à mort entrie une aristocratie puisçante, tei^^Qe eC
habile et une population ouvrière, auaacîeuse , énergiquesmaïs plus arriérée que celle de France de ioate la distance qui sépare les brigandages de Bristol de la modération des prolétaires lyonnais devenus maîtres , au prix de leur sang , d'oae cité opulente ; 2^ de retirer de leurs ateliers une partie de ces prolétaires ardens pour les verser sur FEurope avec leon frères de France. •
Il s'agirait, dans la péninsule, de mettre aux prises une faible minorité constitutionnelle éclairée, dans Faisance, mais mal reliée, dont le vocabulaire républicain fait médiocrement vibrer le cœur, avec un clergé opulent et compact , soutenu par des masses innombrables que le catholicisme a imbues d'un sentiment de hiérarchie et de religion, et auxquelles k libéralisme, dont l'essence est la négation directe de toute re-' liglon et de toute hiérarchie , inspire un profond dégoût.
En Italie , la question serait h peu près la même que pàtxt l'Espagne, excepté pour la Lombardie, les LégationiS, le Piémont,Gènes, Venise, qu'une oppression brutale doit avoir disposés à accepter momentanément une réaction libérale, et à, reconstituer une république cisalpine et ligurienne.
Le régime républicain est sans poésie ; il a trop d^aridité et de sécheresse pour pouvoir se concilier avec cette grâce insinuante , cette pétillante élégance qui sont la vie de l'Ità^ lie. L'Italie n'est point un pays de scrutins, de formules parlementaires, où l'on sache discuter un budget son à soa : c'est la terre où l'on couronne Pétrarque et le Tasse; c'est tme terre d'éclat extérieur où les pompes du Vatican et leschef^ d'œuvresde Raphaël et de Michel-Ânge ont succédé an merveilles du Colysée, aux prodigieuses fêtes des édiles, anz jeux brillans de Néron et d'Adrien. Le régime républicain est trop mesquin, trop dépourvu de hautes solennités pour être compatible avec la dignité et la majesté castillane. La péninsule enfante des Charles-Quint et des Vasco de Gama, et adopte des Colomb. Elle élève sous les Maures l'Âlhambra, sous
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XHiilSppe It TEseûriàl ; elle féconde de ses colonies un cônti-* nent immense. Son héroïsme colossal se transmet intact, à travers deux mille ans « de Sagonte à Sarragosse. Elle ne s'enthousiasme que pour des œuvres de géant; elle dédaigne ce qui n*a pas cent coudées; elle ne -peut trouver d'élan poi» d'étroites réformes^ d'ardeur pour un replâtrage, de sympathie pour les discussions terre à terre, confuses, des assemblées dé* libérantes, et elle se laisse envahir plutAt que de se décider k défendre de mystiques droits et des garanties constitution^ nelles^i respirent la méfiance et l'égoYsmc. Il n'y a au monde qu'un peuple qui puisse , selon le temps et les besoins de lar civilisation, s'accommoder tour à tour de la pompeuse royauté de Louis XIY et de l'austérité de la Convention, qui puisse passer de la magnificence napoléonienne au constitutionna-iisme bourgeois de la restauration; il n'y a qu'une nation svt mondoi à qui il ait été donné de pouvoir être éminemment catholique anx jours des croisades, éminemment artiste souv Louis-le-Grand, éminemment sensuelle sous le régent^ émi-' nemment conquérante sous la république et l'empire, émi-' nemment laborieuse et pacifique sous la restauration; qur^ après avoir trôné sur le monde avec Napoléon, puisse pendant quinze ans se consacrer à suivre avec une admirable sagadté: les étroits défilés d'un subtil parlementarisme. Celte aation^ douée d'une flexibilité énergique et rationnelle , celle natiom UANTE, c'est la France.
Revenons à la guerre.
L'Allemagne du midi, comprenant la Bavière , leTyroI, le Wurtemberg, Bade et la Hesse, et une partie des provinces du Rhin , éprouve en ce moment une osdUaftion démo*cratique bien caractérisée, et si la France se constituait révolutionnairement ^ elle y trouverait des partisans k résolutions' énergiques. Mais l'Allemagne du nord^ la Prusse qui est la partie la plus originale de l'Allemagne; la Presse en qui^ respire dans sa pureté le génie Imaatwpte^ est aujourd'hui lan-^
€ét dans une vole qui n^est point celle du libëralisme» qaoi« qu'elle soit progressive; la Prusse est en travail de religiosité; son {protestantisme se fait pour ainsi dire catholique y en oc 9eas quUl s'alimente des sentimens d'unité, d'autorité, de par Ungénésie générale. En Prusse la philosophie voitairlennectt beaucoup moins goûtée que dans l'Allemagne du midi.. La principes de 89 sont peu en faveur dans les universités. On n'y est pas absolutiste , mais on y a peu de penchant pour k crît^çisme pur. On y sent que les principes du libéralisme français n'ont qu'une valeur de désorganisation. Dès ion quant k l'Allemagne^ il s'agirait d'imposer, les armes k la i^ain, aux états du Nord, les goûts, les idées et les sentimens des étals représentatifs du Midi.
II s'agirait de vaincre une formidable résistance de la part de l'Autriche . avec la Hongrie et la Bohême, car c'est une terjpe qui repousse la semence républicaine. Le senlîioent de hiérarchie, d'obéissance, y est profondément établi dans le sol. Pans la diète hongroise il a été, prononcé quelques mots de liberté ^ la politique de M* de Mettennich y a rencontré q9e^ues.opposans énergiques; mais à ces protestations c'est l'esprit de caste qui a la plus grande part. L'aristocratie des magots, ^i est éclairée et animée de sentimens sooventprogressifr, porte .impatiemment le joug du conseil anliqne; mais ses réclamations ont bien plutôt pour objet la restitution db ses franchises féodales et de ses prérogatives de nationaliié^ que l'application au régpîme social des principes d'égalité, tels par exemple qu'ils existent déjà en France. Entre la 90b|ç($se hongroise et les paysans il y un abime sur lequel le libéralisine ne jettera pas le pont.
Quapt à la Kussie, le libéralisme n'a chez elle aucune place» Elle doit instinctivement s'opposer à im débordement démoçratiq^e, parce qu'elle ne peut pas le comprendre.. Le {|ei]qpie russe ^.un .peuple tout obéissant, tout d'imitation^ tout-pas^ aif. C'est une m^km-ei^^iU qui on jour s'emporte , et dans ta
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farear égorge les mëdecins qui traitent le choléra^ dévaste leâ hApitaax et s'enivre des liqueurs que les hommes de l'art lui interdisent, et qui tout à coup, voyant venir le virum qnetny Bon tzar, s^arréte, se tait, s'agenouille, et k son commandement se disperse la tête basse. De ces hommes qui ne se conçoivent eux-mêmes que comme des instromens k çxécution ponctudie, vouloir faire des républicains i la personnalité extrême, à l'indépendance jalouse , serait une haute folie. Le gouvernement russe, habttné k manier cette màs^e noïi élastique, ces automates non initiés encore k la spontanéité , dont toute la vie n'est qu'une série de manœuvres sénd>lables k là charge en douze temps , ne comprend pas les prétentions des autres peuples plus avancés k des institutions qui dégagent l'individualité, qui donnent du jeu à chaque ressort. C'est là tome des causes^ pour lesquelles le cabinet de Pétersbôurg s'est constamment tenu si hautain envers la révolution de jiûîfet.
Voici ce que serait ta guerre : ~
La France et l'Angleterre, soutenues parles petits états dé r Allemagne du midi et par l'Italie septentritfnafe, entreraient en lice contre l' Autriche, h, Russie et PAIIemâgtïe du nord. Le reste des états, l'Espagne entre autres, n'y joueraient qu'on rAle insignifiant.
Tout homme qui n'est pas un étourdi , qui veut la guerre èains un intéirêt de civilisation, dans la per^nasioii que c'est l'unique moyen iS^en finir ^ comme on dit , avec toutes Icte aristocraties de l'Europe, sent nettemeôit que la guerre ne pourrait être' soutenue avec succès par le parti qui la veut, qu'à la condition d'allumer au cœur des masses une fièvre démocratique. Et comme il n'est rien que les <;lasses supérieures redoutent autant en Franee et en Angleterre, il en résulterait certainement division profonde au sein de ces deux peuples. Surexcitée parla contradiction, l'ardeur révolutionnaire irait toujours croissant chez les prolétaires de l'une et de l'autre nation : de là excès démagogiques qui seraient sérieux en France, éf-:
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froyaUcs en Angleterre. Le parti de la guerre^ pour briser la résistance des classes élevées , pour éviter la guerre civile ou pour la réduire, n'aurait bientôt d'autre moyen que de gouverner rè^olutionnairement; et ce serait une épouvantable débâcle des intérêts matériels. Une forte part des richesses de Thumanité entière, dont la France et l'Angleterre sont dépositaires, serait engloutie : l'industrie rétrograderait d'an demi-siècle.
Passons sur les désastres de la guerre, sur les maux qœ les autres nations belligérantes auraient à endurer. Jetons le voile sur les immenses difficultés qu'éprouvent les armées qui se sentent , vis-à-vis de leur patrie , dans la situation où fat la grande-armée pendant les cent jours. La guerre est terminée en six mois. Le coq gaulois et le léopard sont entrés victorieux à Vienne , à Berlin , à Madrid , à Rome. La nationalité polonaise est reconstituée. Le tzar, battu à Wilna, à Smolensk , épuisé , sans crédit, a demandé la paix. On a pris des canbns à construire dix colonnes Yendâme ; on a enlevé des drapeaux à pavoisier Paris de la barrière du Trône à l'arc de triomphe de l'Étoile. Que faire alors , comment terminer la crise qui travaille l'Europe, comment enjinir avec les aris^ tocrates?
Aucun des partisans de la guerre ne s^est posé cette simple question.
% On ne change pas la nature d'un peuple pour l'avoir yaincu. 'Lorsque dans une nation les masses sont compactes avecleun chefs^ on ne rompt point ses sentimens hiérarchiques ni la solidarité qui existe entre ses membres, pour lui avoir écrasé dix armées sous le canon.
S'il avait été possible d! en finir par la guerre avec les féodaux, le géant des batailles, Napoléon, en aurait fini. Napoléon a trois fois réduit l'Autriche à demander la paix, deux fois il a eu entre ses mains la destinée d'Alexandre, il a foudroyé le roi de Prusse et l'a tenu six ans sous ses pieds; il a levé des contributions, mis des garnisons dans les forteresses
(M7) d'Allemagne; il a assis ses frères sur des débris de trftae 9 il à pétri l'Europe, fors l'Angleterre, dans sa large main, et il io^a ^îx en finir n Chez les peuples où le libéralisme est sans racines , 00 il n'a jamais yécu qu'en serre-chaude, les républicains n'ont qu'un moyen di en finir de manière à ne plus re*commencer, de manière à ne plus voir les lugubres journées de Leipsick après celles d'Austerlitz et d'Iéna, c'est de raser les villes, d'emmener les populations , de maudire les terres d'un apathéme sans fin , et, pour signe de malédiction, de les labourer une dernière fois en y semant du sel.
Car, encore un coup , pour éviter cette horrible solution , il faudrait que les peuples de TÂutriche, de la Prusse et de la Russie, pussent être initiés à la pratique libérale , aux habitudes d'égalité jalouse et d'indépendance ombrageuse. Or le génie de ces peuples s'y refuse. Leur progrès ne peut être réalisé que par le concours direct de l'aristocratie et de leurs gouvernemens, car ce sont des gouvernemens ou des aristocraties jouissant aujourd'hui entre leurs frontières d'une popularité de fait.
Et c'est précisément parce que la guerre, si elle offrait le moyen de sortir de la crise européenne , n'y conduirait qu^à l'aide de ces mesures préventives à l' Attila, c'est pour cela que^^ la guerre est aujourd'hui sans but et qu'elle ne peut avoir lieu»
!Nous trouvons au reste tout simple que les républicains^ tant qu'ils resteront républicains, veuillent la guerre. Les hommes à doctrines exclusives , républicains et féodaux, doivent consciencieusement la désirer. Chacun de ces deux partis ne conçoit pas de conciliation possible avec le parti opposé ; il cherche son progrès dans la ruine de Tautre. Nous sentons que, placé à ce point de vue de réprobation absolue pour ce qui leur fait obstacle, des hommes généreux, tels que sont les républicains, exaspérés par des actes de bassesse, par le sacrifice de la Pologne et de l'Italie , brûlent d'en venir encore une fols aux mains avec ce qui est pour eux le génie du mal. Mais toute doctrine exclusive ne pouvant réussir que par l'ex-
tirpâtion et l'extermination , n'est pas une doctrine d'avenir, et ce n'est pas la république qui dotera les peuples de l'émancipation y pas plus que ce n'est le principe de la légttinuté p^ droit de naissance qui leur rendra l'ordre après lequel ils soupirent.
Une guerre révolutionnaire serait d'ailleurs peu populaire en Europe y même parmi les masses. La liberté des libéram a perdu de son prestige , parce qu'elle n'est pas la liberté de l'avenir. La liberté sans association, c'est-à-dire sans biérarchie, est l'isolement, et l'isolement est uo manteau de glace. La liberté républicaine n'a plus le don de soutenir , de conduire les bras vengeurs. Les. révolutions qu'elle avait suscitées avortent. Cette insurrection belge , si glorieuse aux premiers jours , est aujourd'hui sans ressort. En Italie, même en l'absence des baïonnettes autrichiennes , la voix de la liberté est à demi éteinte. En Espagne le libéralisme ne marque plus ses jours que par les catastrophes des hommes de cœur qui voudraient le ranimer. En Portugal ^ là où don Miguel règne de moitié avec le bourreau, la présence d'une flotte française victorieuse dans le port de Lisbonne n'a pu arracher signe de vie au parti libéral. En Pologne enfin c'est au nom de l'indépendance ^nationale que nobles et paysans ont pris les ar- V|pes j et lor^ue les jeunes hommes qui avaient enlevé le château du Belvéder voulurent ficançhir les limites du dpctrioarisme et faire un appel a la démocratie , leur parole fut sans écho, et ils ne recueillirent que des outrages. La liberté qu'adoptèrent nos pères et qui leur inspira tant d'héroïsme n'a fait que passer; elle est aujourd'hui sans inspiration et sans culte.
Ainsi . ce n'est point la guerre 9 non plus que tout autre moyen .que peut enseigner toute doctrine exclusive , qui changera la face de la terre et réalisera le progrès des nations. Les chances de prospérité sont dans la paix. Je commencerai à dire dans un prochain article comment on pourrait instituer une paix durable et féconde.
Xà PAIX DEFINITIVE DOIT ÊTRE FONDlÉE PAR l'aSSO-^ CIATION DE 1,'ORIENT ET DE l'qCCIDENT,
(iS.MviWLl83S.)
Dansr les articles précédens nous avons établi , par voie n^atiçè^ que la paix était désormais indispenisalblè au repôî^ des peuples , ei^ prouvant que là guerre , loin de fournit \ti ÉAojens de terminer la crise àctuellie , ne tendait qu'à Tàggiliter. Cette démonstration est insirffisante en ce sens qà^ëllé n'offre aucune conclusion pratique réalisable. NôuS èùtferonif Maintenant dans la voie posiSvt^ c^ est-à-dire qu^ nous étpô^ serons les tiràits principanir d'un plan au moyen duquel ok pourrait doter le monde de la paix et assurer k]iîa!Àis duSSr j^uples un avenir pacifique de prospérité et de gloire. ^
Et d-abord posons les termes généraux du programme Jt pètapiir pour fonder cette paix brillante et fécondé. ^
Lé monde est livré à un continuel mouvement oscillatoire; il cherche une assiette définitive, et il n'a pu encore là trOuver, parce que' Tétai que chacun concevait comme stable était fondé sur l'oppression d'une partie des peuples, et au sein de chaque peuple sur l'exploitation de plusieurs classes.
L'état normal que concevait la catholicité avait pour Coiûidition V anéantissement dés hérétiques et V extermination des
infidèles. Napoléon ajournait la pacification du monde jusqu'à la ruine de T Angleterre. Aujourd'hui, suivant les légiti^ mistes, pour rétablir l'harmonie en Europe» il faudrait Vécrasemeulde l hydre réooludonnaire tX de U cupide Alhùm ; au gré des républicains, c'est l'Autriche, la Prusse et la Russie (i) que, dans le but d'assurer le bonheur du monde, il serait argent At fouler aux pieds. Tous ces plans ont échooé ou échoueront, parce qu'un plan fondé sur l'anéantissement l'extirpation , l'extermination ou la ruine de quelques peuples, ou de quelques classes au sein de chaque peu'ple , est un plan arriéré. Les jours de la réprobation absolue, de la damnation^ sont finis , aussi bien pour les individualité-peuples que pour les individualité-hommes. Tous sont appelés et tous seront successivement élus. Chaque peuple, chaque classe a son génie propre , sa destination particulière. L'œuvre humani* taire est une et multiple à la fois. Les peuples sont les membres de l'humanité; l'humanité ne sera heureuse que lorsqu'elle aura le libre exercice de tous ses membres, c'est-àdire, lorsque chaque peuple occupera dans l'atelier, dans le laboratoire et dans le temple, la place que. lui assigne sa natu|:e. Celui qui , ne sachant quel rôle offrir à un peuple (parce qu'il ne sent pas le mode de vitalité qui est en ce tt|euple), lui dit anathème , parle de le ruiner ^ de V exterminer^ ^t V écraser^ comme s'il y avait iin génie du mal dont ce peuple fût l'incarnation, fait ainsi lui-même la critique la plus convaincante de ses théories de régénération sociale.
Pour être à même de tracer le plan de pacification dont la mise en pratique arrêtera le torrent de dissolution , de frayeur et.de ruine qui déborde sut le monde, il Jaut sentir ce qu'il y a de légitime dans le sentiment réel et incontestable de
(4) Et qu*dii ae fasse pas ici la distinction entre les peuples elles gouver^ nemens; car dans ces pays il y a solidarité dejàit entre les gouverna ns et les gouvernés.
kiértfcUe, d'unité et d'ordre qui est essentiel aux peuples do Nord aÎBsi qu'à TAutriche et à l'Espagne » et qui est mainte* nant assez vif chex presque toutes les nations pour les rendre impropres k l'inoculation des principes révolutionnaires; par conséquent il faut renoncer à les régénérer en leur insinuant ou en leur imposant ces principes, £h quoi! n'est-ce pas assez que la généreuse France ait k elle seule subi le cataclysme d'une révolution terrible F n'est-ce pas assez qu'elle ait Ttça le baptême de &u , et qu'elle se soit audadeusement enfoncée dans le bain de sang? Pourquoi, grand Dieu! ses mérites et ses travaux ne profiteraient-ils pas k rhumanité tout entière? La France a bu le calice révolutionnaire i elle Pa avalé d'un trait; la France est montée sur la croix; la France a été le Christ des nations. Elle a acheté le progrès et la paix du monde par ses trésors, par ses angoisses et par la vie de ses fib éparse sur tous les champs de bataille. Le génie des révolutions n'a plus k visiter les peuples; il n'ira plus en soulever aucun, pas même l'Angleterre, où cependant, au premier abord, une effroyable collision paratt si imminente sntre une orgueilleuse aristocratie et d'impatiens prolétaires. ~ Le pacificateur du monde tendra la main à tous les peuples; il leur ouvrira la carrière à tous , sans placer à l'entrée des gardes qui les obligent à revêtir la tunique de la démocratiljP Il n'hésitera pas à admettre dans le cortège de la civilisaticA ceux qui, par leurs mœurs dé docilité extrême, tel que l'Autrichien , excitent aujourd'hui le dédain des Français ou des Anglais k Tindépendance jalouse; non plus que ceux qui, par la délicatesse raffinée de leur esprit , tel que l'Italien , ou leur exclusive passion du grandiose, tel que l'Espagnol, ne peuvent se plier à l'aridité ou à la mesquinerie du parlementarisme. De même, au sein de chaque peuple, il n'exclura aucune classe ; ni ceux qui , comme' en France les légitimistes, auront poussé l'amour de Tordre jusqu'à vouloir ressusciter l'ordre du passé, ni ceux qui, comme quelques
( ua )
s^ublkains focigueuxi se seront laisse emporter par là haine de la féodalité jusqu'à sanctifier b nom 4e Marat et propose^ comme exemple à Tunivers 1er règne de la guillotine. I«e. pacificateur accueillera tOMS; à t^ous» peuples ^ classes etindîyir dus, il assignera^ avivant l^ur vocation, nne place distincte^ ime oeorre distincte dans. l'o^uFre coD^mune. )1 ménagera un cours à foutes les spontanéités. Il régularisera les yirtualités qui, comprimées, éclatent ou s'échappent en écarts. U fera grandir ehs^ueindiyidualité, race, p^ple, classe ou homme, suivait la lai qui loi est propre. , en lui appi^e«iànt à s'i^pujrcr sar tous et à aider tous, en larelîantàtpua* Par l^ile monde ^tier^ successivement entravé, graviter^a^ v^rs Tassociatioa. universelle à travers les pompes de Tind^slrse , l'éclat de Ik science et les jouissances djss artst,
; Je dis le raionde entier; car il ne s^agit pas seulement de comprendre dans, les prévidons les plus prochaines depaclfi* cationtousles peuples quifirentpartie.de Paggrégation^atho^ liquç européenne. Ce ne sont pas seulement les mendbres de la cirdevajat chrétienté qu'il s.'^it de cppcUier et d'associer. S'il était possible d'étahlûr la pai^ , m^me parmi les chrétiens, d^^qrope, en bornant. ses prévisions à leur cercle, le cathb- Ifôsmç rirait fait 11 s'est passé au mpnde des luttes plus; ipbarn^cs^ et plus longues que celles où les nations .^hrétienfnes; sfentre-^éc|iiraient les flancs; l'Occident et l'Orient en pori* tepf e^ncore les cicatrices. H y a prodie de nons^ aux portes de i'{)urope et dansson propre giron , des peuples à caractère profondément tracé , qui fiirent puissans par la science , paf les arts, autant que par Ijs glaive, et qui ne sont pas chrétiens, qui n'ont jamais pu l'être; informez- vous-en près des Arabes et des fils d'Othman. Il,y a des terres fécondes , riantes et célèbres où l'austère christiairisme a séché sur pied; demandez plutôt au d6me de Sainte- Sophie, à la belle Damas, aux rives de l'Oronte, aux minarets de Jérusalem 9 aux ruines de ^albec et de Memphis. Les peuples chrétiens né sont pas
( "3 ) aujourd'hui les seuls qui aient soif de progrès. I^i voq^ ep doutez y demandez-vous quel est ce sultan qui a dompté lef ortas indisciplinés de janissaires, fait passer à la cléotençe le seuil de la Sublime Porte, jusque-là gardé par des muets et des eunnuques k poignard (i) ; qui publie à Stamboul un Mor^ niieur^en langue française , qui s'entoure de la civilisation df rOccident; ou encore demandez-vous à quelle fin l)(|ehaiet- All , le pacha industriel , envahit maintenant |e pays des Phéniciens et range à sa loi le littoral sur lequel s'éleyéren^ Sidon et Tyr; réfléchissez si|r la présence d'une arinéç française dans la partie la plus fertile de la côte d^Afrique> ou enfin interrogez la Grèce, qui, secouant une léthargie séculaire 9 est sortie du cercueil où elle gisait, et qui; mai]Ei|e^ nant^ assise demi-nue sur |es ruines du Parthénqn, tçn4 les bras à l'Occident , et réclame de lui la civilisation qu'elfe a tant contribué à lui donner.
Le plan de pacification devra donc faire une vaste part à rOrient Le jour de la pacification du monde serar celui où sera signé le traité de paix qui clorra |a rivalité immense de l'Orient et de rOccident, qui pent^ant Iç cours de p)us de trente siècles, à partir des campagnes du fabuleux Bacchus , se sont heurtés l'un contre l'autre , un jour sous les muraiUes de Troie , le lendemain aux Thermôpyles , à Salamipe et ^ Platée ; plus tard , sous la figure d'Alexandre et de Darius^ au Granique et à Ârbelles; puis en la personne de Bome et de Carthage , à Sagonte, à Trasimènes, à Cannes, à Zama^ La paix universelle sera conclue dès que ser^ terminée cet^ lutte dévorante , qui fit couler des flots de sang entre les ^p~ mains et. les Parthes, entre Auguste et Antoine, entre le Bas-Empire et les Perses , entre les Latins et les Grecs )
. (4) Les.pachas robellea de Scatari et de Bagdad , soumis par la force des armes , vieoneat d'obtenir la vie sanre et (ait pa sis retirer paisili^ement-daiitf |a retraite qnUis avaient choisie.
entre les Sarrasins» Maures et Turcs, et la chrétienté. Apparemment f toute vanité européenne à part , il n'y a pas de combats qu'on puisse mettre en parallèle avec ces x:ombat$ éternels qui précipitaient l'Europe à travers l'Asie jusqu'aux bouches de l'Euphrate et jusqu^à l' Indus , et qui ramenaient l'Asie à travers l'Europe , comme un torrent qui a ronlpu sa digue. Apparemment ce prodigieux mouvement de flux et reflux, où des flots de peuples , traînés à la suite des Agamemnon et des Hector, des Xercès et des Thémistocle, des Alexandre et des Darius , des Annibal et des Scipion , des Pompée et des Mithridate , des Julien et des Kosroès , des Kaleb , des Ali et des Omar contre les Godefroi , les Frédéric et les Baudouin , des Charles Martel et des Abdérame, des Saladin et des Richard , des Mahomet II et des saint; Louis I des Dandolo et des Soliman , des Gharles-Quint et et des Hariadan-Barberousse , des Huniade et des Amurat , des Sobieski et des Mustapha » de Pierre-le-Grand et du grand' visir Mehmet, venaient avec furie se choquer et se broyer l'un coi!itre l'autre , et superposer l'une à l'autre des couches de civilisation ; apparemment , dis-je , ce mouvement par son étendue , sa durée et son intensité , efface tous les autres m ouvemens belliqueux qui se sont passés à la surface du globe. La lutte la plus colossale , la plus générale et la plus enracinée qui ait jamais fait retentir la terre du fracas des batailles, est celle de l'Orient et de l'Occident. Cette lutte est le caractère distinctif de la phase de civilisation qui s'est écoulée depuis l'origine des temps historiques jusqu'à nous. C'est la manifestation la plus éclatante de la guerre que se font depuis six mille ans V esprit et la matière ^ le spiritua^ lisme et le sensualisme; guerre à laquelle nous venons mettre fin.
Auprès de la guerre de l'Orient contre l'Occident toutes les autres guerres sont des dissensions intestines, des querelles de ménage ; il serait facile de les rattacher au principe même
de la guerre de l'Orient contre l'Occident. La rivalité de la France et de l'Angleterre résame toutes les rixes européennes* Or de tous les peuples germains et Scandinaves , celui qui est et a toujours été le plus sensuel^ le plus avide de la matière y est le peuple saxon , qui s'est installé avec son propre génie dans la Grande-Bretagne (i)«
Le plan de pacification qu'attend le monde doit avoir pour objet l'association y dans une œuvre commune et créatrice, des deux plus grandes puissances belligérantes qui aient ja-* mais existé, de celles qui, dans leurs camps, ont classé tous les peuples du monde , de l'Orient et de l'Occident.
Et maintenant fixons nos égards sur la Méditerranée. Ce sont les fertiles pays qui bordent cette nappe magnifique, qui ont été les champs de bataille de l'Orient contre TOccideut. Le littoral de la Méditerranée c'est l'Espagne, qui fut conquise et reconqube par B6me et par Garthage , par les Maures et les réfugiés des Asturies ; c'est l'Italie , qui a frémi SOUS les pas d'Annibal, qui à son tour a inondé la terre, et qui depuis a tremblé un instant de voir les Sarrasins envahir la ville étemelle ; c'est l'Allemagne , dix fois à demi absorbée par les Turcs ; c'est la France, qui a vu les Maures jusque sur la Loire, et qui, sous Brennus, avait envoyé ses enfans sa-* criléges piller le temple de Delphes et s'impatroniser en Asie; c'est l'Egypte, plus disputée encore que l'Espagne; c'est la côte d'Afrique , où il ne reste plus que des ruines de l'opulente Garthage, où les cités florissantes , dans les basiliques desquelles prêchait saint Augustin , sont réduites à de misérables villages gouvernés par un cheik arabe grossier et , ignorant ; c'est la Grèce, la poétique Grèce, la Grèce policée,* la Grèce riante et fertile, que l'Orient et POccident se sont si souvent arrachée qu'ils l'ont mise en lambeaux; ce sont leà
0) Voir lur m lujet de« détaiU d«ns U GMç du H janYîep.
froTÎDoes d'Âsîe , naguère si riches , si belles , si virantes ,' où forent Anlîocîie etNinive, Ephèse et Tyr, Palmyre et Jérôsàlem, màignifiqoes capitales , etBabylone, la ville da laste . là ville ^es ^plaisirs , la ville sans pareille , aujourdlmi teotes décharnées comme des cadavres. Ce littoral , en comprenant dans la Méditerranée la mer Noire, qui en effet en est une, dépendance; c'est la Russie Successivement subjuguée par les Polonais et les Tartares, population semi-asiatiqué , semi-eiiropéenne. Ce littoral encore, ce sont les fies que l'Orient et l'Occident se sont disputées pied à pied, dans âtlB combats herculéens : Chypre, Candie, Rhodes et Mahe.Là Méditerranée a été perpétuellement sillonnée par des flottes ennemies. La Méditerranée a été une arène , un chamfp cloii joày duraht trente siècles, l'Orient et l'Occident se isont livré des batailles. Désormais la Méditerranée doit être comttie nh vaste forum sur tous les points duquel communieront les peuples jusqu'ici divisés. La Méditerranée va devenir le lit nuptial de l'Orient et de l'Occident.
..Ce n'est pas en vain que les poètes de l'Europe rèvevt rO rient, i|u'ils le chantent dans leurs transports. Ce n'est pa& ^n vain qu'ils voht y fouler une terre riante , y caresser oiie nature voluptueuse , y chercher la trace des gloires passées et )e germe des gloires à venin Les poètes ont le don de prescience. Leur élan dans les régions orientales atteste qu'en effet une association est proche entre l'Orient et l'Occident.
Cette association sera consommée du jour où les princes et les peuples de l'ancien continent se seront dit : « Â quoi bon nos intarissables querelles.^ » et que tous ils auront tourné la face vers la IVIéditerranée.
Car la politique nouvelle de l'ancien continent, qui doit tendre à établir une communion de plus en plus intime entre l'Orient et l'Occident, doit avoir pour premier objet, pour but immédiat , la mise en pratique d'un système destiné à régénérer les contrées qui bordent la Méditerranée , et dont
la plupart ressemblent à ces malades sur la figure desquels on s'apprête à jeter le linceul de mort; tant leur a été cruelle la situation forcée de lutte où elles se trouvent retenues depuis quelques siècles !
Du jour où ce système méditerranéen aura été assez élaboré pour qu'on puisse en entamer la réalisation , la paix reviendra en Europe comme par enchantement , et elle y reviendra à tout jamais ; car l'état de défiance et d'observation armée où restent les peuples et les cabinets, les uns vis-à-vis des autres , profvient principalement de ce qu'ils né se conçoivent aucun but pacifique d^activité.
Dans un prochain article , je tracerai le cadre du système méditerranéen; je présenterai particulièrement les traits principaux d'un plan industriel conçu autour de la Méditerranée comme centre, tel que je l'ai conçu, sous l'inspiration primordiale de notre père suprême £mfâ^tiN| sar la conciliatioa de l'Orient et de l'Occident.
EXPOSITIOlSi
DU
P0UTIQ1J£ MOUVELLE.
là février 1852.
La plus grande lutte, avons-noBS dit, qui ait jamais fait retentir la terre du fracas àcs armes , celle qui a fait verser le plus de flots de sang, celle qui comprend toute la période par laquelle a passé Phumanité depuis l'origine des temps historiques jusqu^à nous, c'est la lutte de l'Orient contre l'Occident. Le plan de pacification qu'attend le monde devra être la conciliation de l'Orient et de l'Occident. Ce sera la consécration politique de l'accord qui doit exister dans l'avenir entre la matière et V esprit, qui jusqu'ici ont perpétuellement été en guerre.
La Méditerranée avec ses rives a été le continuel champ' de bataille où s'entre-déchiraient l'Orient et l'Occident. De-' puis le débarquement des Grecs en Troade jusqu'à la bataille de Navarin, la Méditerranée a été le principal chemin par le^ quel ils sont allés l'un à l'antre se chercher le fer à la main pour* s'exterminer. « La Méditerranée, avons -^nous dit,, doit être » désormais un vaste forum sur tous les points duquel com-^ » ihunieront les peuples jusqu'ici divisée. La Méditerranée vai j» devenir le lit nuptial de l'Orient et de TOccident. »
La politique des Européens dana l'antiquité » dès que l'Eu^
( iSo )
rope eut reçu le gerihe dû progrès par lès colonies qui l'apportèrent avec elles de TEgypte et de TAsie^ a été la soumission des barbares et des Orientaux en particulier. Chez les Grecs, Bacchus, Agamemnon et Alexandre; chez le^s Romains , Caton y Tennemi de Carthage ; les Scipions , Lucullus; S^U; Pdôifpée, ont été les principaux praticiens de cette politique.
La politique principale de la chrétienté vis-à-yis de l'Orient , tant que fut ardente la foi catholique , fut plus défensive qu^offensive, mais toujours belliqueuse: il s'agissait de repousser les infidèles , de delwrér lès lîèûx saints. Les souverains pontifes , les apôtres des croisades , tels que saint Bernard et Pierre-I'Ërmite, et les princes croisés, se sont surtout consacrés à la faire embrasser et mettre en œuvre par les làâscfS qu'ils goùvernaâeût de leur voix où àé leur glaive.
Après U réforme, la lutte entré fOriènt et POecident perdit peu à ^u fle son intensité. L^ Orient s'assit et sembla s'cndofmir. Les Ocddèntaut , pluî tàtUïSStûiy éontinuèrent à gèerrèi^er les uns contre les âiArds. Bepiifs k>rs la ffolifiqué ^roi^enne là plus élevée est ceHè qài à diète le traité de Westphâlie, que tous les traités subséqàéns n'ont Aïoâifié f(ue dâtis seh dispôsîtioné secoilirdaires. Elle A eu poiir but et pour râiisoti y profonde quoique ignoré^ cependant par beaucoup de ceux qui y ont pris part , l'abaissement àè la féôoâl- Hté, ^rsonàifiée àkûi le saint em/fifè. G*eéX particulièrement le eftbinet fran'çàis qui à présidé à ^ mVmvémént poIi'li<j[ne par Henri IV, Richelieu , Looiis XIV, b Convention et Najfôléon(i). .
{^} tia tfvalUë dé là ^rs^cé el de TÂngleterre, qui occupe une si ^ndo f^be àMki rhis^ire tfiodéi^De , cstûti'fth dVAb toioins f][rande gënëralitë que la luUe diri^ éontte le sumt empire» Atisii les polftiques anglais , daià's dei ca9 pressans , ont-^ils reiioiu;ë;k leurs, projets contre la France en vue de la prëëminence quUIis auraient ainsi fi&siDrëe à la cour impëriale* Y^ila pourquoi Henri IV trouva ^es secours près d^^lisabeth , et pourquoi après Denaia \^ rêbé Aniië tut sf pfdttipié 1k ëco^itér des propcAî'tioBs j'ê paix.
La politique pacifiqfae de ravénir aura pour objet, dans son application lâ plus immédiate, de constituer à l'état d'association, autour de lâ Méditerranée, les deux massifs de peuples qui depuis trois miKe ans s'entrechoquent comine représentans de l'Orient et de FOccideni : c^est là le premier pas ai faire vers rÀssociATioi^ imivÉfiSËLLE. La Méditerranée, en y comprenant la mèr !Noire et niême la Caspienne, qui n'en a probablement été séparée que dans une des dernières révolutions du globe , deviendra ainsi ïè centre d'on système politique qui raUierà tous les peuplée de l'ancien continent , et leur permettra d'harmoniser leurs rapports entre eux et avec le nouveau monde.
Considérons ce système méditerranéen sons lè rapport industriel; car la politique est spécialement le règlement des intérêts dès peuples et des individus sous te rapport.
GOMMUKltlATIONS. -^ LÈS CHEMINS DE F£R.
L^industrie, abstraction faite des industriels , se compose de centres de production unis entre eux par un lien relativement Ynatériely c'est-ih-dire par des voies de transport, et par nri lien relativement spirituel ^ c'est-à-dire par des banques. J'accepterai provisoirement la distribution dès centres de production telle qu'elle existe aujourd'hui, et je ne parlerai ici que des communications. Il y a de si étroites relations entré le réseau des banques et le réseau des lignes de transport, que l'un des deux étant tracé avec la figure la plus convenable à la meilleure exploitation du globe, l'autre se trouve par cela même pareillement déterminé dans ses élémens es- ;sentiels.
Les moyens de communications les plus faciles que l'homme emploie en grand aujourd'hui, indépendamment de la mer, que l'on rencontre toujours dans les gi^nds trajets , sont les
rivières et canaux, et les chemins de fer. Les chemins de fer n'ont été observés jusqu^îci que du point de vue industriel abstrait Ceux qui les ont étudiés étant des ingénieurs et ne prétendant pas à être autre chose, ont négligé la question politique et morale pour se renfermer dans la question technique. Lorsque , par exemple , ils ont comparé les chemins de fer aux canaux, ib ont été excîushemeni préoccupés de mesurer les frais d'établissement et le coût du transport. La question de rapidité ne leur a apparu que comme secondairci et ils ne Font examinée que sous le rapport de la marchandise. Aux yeux des hommes qui ont la foi que Thumanité marche vers V association unioerselle , et qui se vouent à l'y conduire, les chemins de fer apparaissent sous un tout autre jour* Les chemins de fer le long desquels les hommes et les produits peuvent se mouvoir avec une vitesse qu^'l y a vingt ans Ton aurait jugée fabuleuse, multiplieront sitiguiièremcnt les rapports des peuples et des cités. Dans Tordre matériel le chemin de fer est le symbole le plus parfait de Vassocîaiion uniçerselle. Les chemins de fer changeront les conditions de l'existence humaine. Il y a vingt ans, ils n'étaient employés que pour le service intérieur de .quelques mines : inventés d'hier, ils ont déjà éprouvé des perfeetioQpemens prodigieux relativement à leur tracé , à leur construction et aux moteurs destinés à les parcourir. Déjà, grâce aux admirables machines locomotrices^ façonnées par les ingénieurs, anglais, on peut aisément s'y transporter avec une vitesse moyenne de dix lieues (4o,ooo mètres) à l'heure (i)^ et jç ne doute pas que prochainement l'on n'arrive à dépasser cette vitesse^ même par tous pays. Or quand il sera possible de métamorphoser Kouen et le Havre en faubourgs de Paris , quand il sera aisé d'aller non pas un à un, deux à deux, mais en nombreuses
(1) Les voyag^eurs parcourent la distance de Liverpool à Mnocbester, qui i est de 5S kilomètre? (^3 lieues), en uae h^u^e et <[uçir^
caravanes , de Paris k Pelersbourg en moitlë moins Ae temps que la masse des voyageurs n^en met habituellement à fran-* chir l'Intervalle de Paris à Marseille, quand un voyageur^ parti du Havre de grand matin, pourra venir déjeuner à Paris^ dîner à Lyon et rejoindre le soir même k Toulon le bateau k vapeur d'Alger ou d'Alexandrie ; quand Vienne et Berlia seront beaucoup plus voisins de Paris, qu'aujourd'hui Bor^ deaux , et que relativement à Paris Constantinopfe sera tout au plus à la distance actuelle de Brest, de ce jour un immense changement sera survenu dans la constitution du monde ; de ce jour ce qui maintenant est une vaste nation, sera une pro-* rince de moyenne laille^i).
L'Introduction, sur une grande échelle, des chemins de fer sur les contlnens, et des bateau^ à vapeur sur les mers^ sera une révolution non seulement industrielle, mais poli* tique. Par leur moyen , et à l'aide de quelque? autres décou-' vertes modernes, telles que le télégraphe, il deviendra facile de gouverner la majeure partie des contlnens qui bordent la Méditerranée avec la même unité, la même instantanéité qui subsiste aujourd'hui en France. Or entre tous les pays, l'Angleterre exceptée, la France est de beaucoup celui où il est le plus aisé de communiquer l'impulsion du centre jusqu'à Textrême circonférence (2).
{i ) En ce moment, sur les routes bien servies du continent , les diligences parcourent deux lieues ^ l'heure. En ne comptant que dix lieues pour les chemins de fer , il en résultera que les distances seront à peine le cinquième de ce qu'elles sont aujourd'hui. Si bien que les habitans de deux points placés à cinq cents lieues Fun de l'autre se trouveront dans les mêmes rapports qui existent maintenant entre ceux de deux villes Soignées seulement de -cent lieues^ et que par conséquent la population d'un pays dont la superficie serait de deux c^nt cinquante mille lieues carrées , sera de fait placée dans les mêmes circonstances que celle qui occupe aujourd'hui un territoire vingt-cinq fois moindre,
(2) Les chemins de fcr^ outre les avantages de Tordre moral et politique, présentent encore, sur 1^ canaux et rivières, l'av.antage matéridi de n'être
Et cependant quelles xjue soient les merveilles qu^enfante déjà la vapeur sous les doigts de Thomme, il est encore novice à la manier et à l'appliquer soit aux chemins de fer, soit à la navigation. Les machines à vapeur sont des appareils compliqués et fort incommodes par leurs poids , et les expériences les jplus scrupuleuses constatent qu'à peine elles utilisent quatre h cinq pour cent jde la force calorifique du combustible consommé. Que sera-ce donc lorqu'une nouvelle inspiration scientifique, ramenant Tunité dans des théories aujourdliui embarrassées et complexes, aura éclairé ce qui n'^est que ténèbres, tourné à profil ce qui fait obstacle, et mis de Tordre au sein du chaos ?
Les chemins de fer figureront donc an premier rang parmi le^ moyens de transport qui relieront lés divers points du ^sterne méditerranéen; et déjà, comme par un pressentiment d^avenir, les deux peupleii les plus industriels du monde, l'Angleterre et TAniérique du Nord, lorsqu'ils ouvrent des communications nouvelles, préfèrent généralement aujourd'hui les chemiàs de fer.
point sujets à chômages pendant Phiver , pendant les basses eaux , et surtout celui de coûter moins à établir : on pent même les construire provisoirement pour la première fois a un prix extrêmement bas, teuf k les construire plus solidement lorsqu'ils ont vivifié le pays qu'ils traversent. M. Litz annonce qu'aux États-Unis d'Amérique , il en a été tracé de construction légère, calculée pour dix années de service , en îer et en bois, et qui n'ont coûté que 7^500 dollars le mille (22,000 fr. le kilomètre). C'est bien moins que les routes royales de France avec leurs larges berges de boue. D'un autre côté , la rapidité de la course permet aux fabriques dont les produits les parcourent, de ne se point mettre ea. avance et 4e fabriquer, pour ainsi dire, au fur et à mesure des besoins de la consommation. Avec les canaux, au contraire, il y a toujours une grande quantité de produits en route, qlii courent risquo de se détâ^iorer et dont la valeur constitue une énorme mise dehors.
Or maintenant )^on peut considérer la M^diterr^n^q Cpifiin^ une série de grands golfes api sont chacun {'eptrée i^'m Ur^p pays sur la mer. Dans chacun dç ces golfe^ il y aors^ à çhoi^ un port principal , et presque partout il sera poft8i|>|e d*^ trouver un sur l'axç de la plus impprt^qte des vaUé^^ ?}>99¥r tjssant au golfe. Le port apsi déterminé sera pris pqijir piyot d'un ensemble d'opérations dont la p|u^ çfipjtalç gérait op chemin de fer qui , rtçmontant la yallée naédiale , igraît pjr^ dessus ou k travers le versant des eaux chercher une autre vallée de premier ordre ; car les ^^ds bassins d^ Qçpy^ constituent généralement les divisions industrielle 1^ |^fi^ naturelles. Et ces systèpies partiels , tous rattachés en^*p igiu^ constitueraient )(e systènie génjéral.
De la sorte les grands courans d'eau seraient longes çh|<cun par un chemin de fer, gui en ma^e leur serait parall^^ et le grand mouvement d^ommes et de p|^odui^ qpi aprait lieu le long de leur cours se trouverait partagé , 4e sorte qqp le chemin de fer ne porterait que les hommes et les produj{^ légers , laissant à la navigation le soin de çharri<|^ les ^^r chandises lourdes et encombrantes. Les communication^ 9^ condaires seraient ensuite spécialeoiient établies à ra|4ç 4?
chemins de fer.