‹ Religion saint-simonienne: Procès en police correctionnelle, le 19 octobre 1832. Avec leChapitre 3 sur 14 · PIECES JUSTIFICATIVES · texte numérisé non relu

PIECES JUSTIFICATIVES

PBBMIBK IRTBRROGATOIBB DU PE&Z (l),

( a5|anTier i83a.)

D. Quels sont vos nom , prénoms et profession ?

R. Barthélemy-Frosper Enfantin, âgé de 36 ans, chef de la religion Saint'Simoniennê', anciei^lcve de l'Ecole Polytechnique, demeurant à Paris, rue Monsigny, n. 6.-

D. Reconnaissez-vous qae Tassociation Saint-Simonienne se réunit depuis quelque tf^Q^B à certains jours marqués pour s'occuper d'objets religieux, littéraires et politiques sans l'agrément du gouvernement ?

R. Oui, Monsieur.

D. Reconnaissez- vous également que vous avez , en qualité de chef suprême de Tassociation , donné pouvoir à M. Rodrigues de se faire passer des procurations par les membres de l'association , pour gérer et administrer leurs biens, et qu'à cet|eiret il est établi une société en nom collectif?

R. Pour tout ce qui concerne les intérêts financiers de la Religion Saint- Simonienne, je désire qu'il en soit demandé compte à Olinde Bodrlgues^ qui, par suite de la division du travail existant dans notre sein, en est spécialement chargé. J'ajoute, toutefois, qu'il a été dans mon intention que la procuration dont il est ici question fût rédigée dans des termes tels que 'li. Nolleval pût dire ^ comme il l'a dit en effet )> en la faisant siq^ner à chacun de mesenfans, que cette procuration était plus large que toute» celles qu*on pourrait donner dans le monde à nn père.

D. Pourquoi cette société en nom collectif n'a-t-elle pas été précédée et suivie des formalités exigées par la loi F

R. Le chef du culte répondra.

(i) Ces interrogatoires ont eu liru per devant M. Barbou, juge d'tuslruction.

D. Il parait, d'après les renscignemens dont nous sommes porteurs , qu'il existe dans le sein de l'association une oi^anîsation d'ouvriers réunis en sections, dont l'objet serait de détruire ou changer la forme actuelle du gouTcrnement ? *

R» Quant à l'organisation des ouvriers ce sera le chef dti éulte qui donnera des détails sur cet objet , et pour répondre tout de suite à toutes les questions qui auraient pour but de savoir quelles sont les intentions politiques des Saint-Simoniens , nous croyons avoir assez fait pendant cinq années en les préchant, enseignant et publiant sous toutes les formes, pour cenvoyer à toutes nos œuvres. *

Et à l'instant M. Enfantin a demandé que l'on ouvrit en sa présence et qu'on lui restituât les papiers saisis hier à son domicile et renfermés dans deux cartons rouges*

Nous avons procédé à la levée des scellés que M. Enfantin a reconnus intacts.

Rupture faite des scellés, nous avons reconnu que les papiers contenus dans le premier carton étaient relatft aux intérêts personnels du sieur Enfantin , qu'ils contenaient des dossiers de diverses fai^tes , des dessins et autres objets relatifs à son service lorsqu'il appartenait à la Caisse Hypothécaire, et enfin d'autres papiers insignifiant.: et dans le second , diverses lettres dt famille sans rapport avec la présent^ Mursuite ; nous avons ordonné la restitution , qui a eu lieu de suite à Mi^^^tfantin , ainsi qu'il le reconnaît.

( N° 2. ) PREMIER INTBRROGATOIEK d'OLINDË RODRIGUËS.

(a3 janvier iSoa.)

D. Quels sont vos nom , prénoms et profession f

R. Renjamin-Olinde Rodrigues , âgé de 36 ans , docteur de la Faculté des Sciences de Paris, reçu le 5 juillet i8i5, ex-directeur-gênéral démis- • sionnaire de la Caisse Hypothécaire , chef du culte Saint-Simonie n , né à Bordeaux , demeurant à Paris , rue Monsigny , n. 6.

D. Reconnaissez vous que l'association Saint-8imonienne ^ dont vous

% lé.

êtes l'an des chefs 9 s'est réunie à certains jours marqués^ sans Tagrément du gouvernement , pour s'occuper d objets religieux et politiques ?

R. Je reconnais le fait des réiniions; mais je ne reconnais ce fait, au moins jusqu'à ce jour, que sous l'agrément , au moins tacite du gouvernement, parce que ces réunions onfcommencè en 1 8a8, et se sont continuées depuis cette époque k aujourd'hui sans interruption. Je' réponds secondement que je n'admets pas l'applicatioB de l'article 291, parce que nous sommes culte.

D. Reconnaissez-vous qû*û a été passé à votre nom le 1"' décembre 1 83 1, chez M* Lehon , notaire , etchiez M* NoUeval , à une autre époque, des procurations dont l'objet est de vous donner, de la manière la plus large que la loi autorise , la disposition de tous les biens des mandans ?

R. Le fait est parfaitement vrai , et chaque jour j'en reçois de nouvelles.

D. Pourquoi vous êtes- vous constitué en société en nom collectif, ainsi que vous l'indiquez dans le Globe du s8 novembre dernier^sans avoir rempli les fontfàités exigées par la Ibif^ '

R. I^otre société étant toute naorale . et ne liant que les membres de l'assoeiation Saint-Sîmonîenne , l'acte ne peut préjudicier à personne , les eagagemens contractés envers les tiers étant exclusivement pris en mon nomf përjlMineletaltnom de touslesindividusdontj^la procuration.

D. àecondossét-vous le coupon de rente, que je vous représente, comme modèle de celles émises au nom des Saint-Simoniens dont vous avez la procuration', et consentez- vous à le signer?

R. Oiii , je le reconnais.

D. QuçUe garantie offrez-vous pour le paiement de ces rentea 7.

l^p La garantie que j'offire est : f l'engagement personnel desSaint-Simoniiwia , idont î'ai la procuration , et le -mien , ce qui entraîne par conséquent la responsabilité de tous les bieiM dont ils peuvent être propriétaires , ainsi que moi ; a*» la comnmnicaf ion que je donne à tous les acheteurs de rentes , qui la réclament , des garanties matérielles ci-dessus déjà acquises et aussi des contributions volontaireii qui, chaque jour, me sont apportées par tous ceux qui s'intéressent à la doctrine de Saiot-Siofion ; 3o la. publicité absolue que je donne à toutes les opérations financières dont j'ai pris la responsabiUt|è , publicité absolue sans laquelle je ne me regarderais pas comme remplissant.les.conditions de moralité indispensable à mes fonctions financières.

D. Je vous observe que l'on peut contester la puissance de cette garan-

tie, qnt tous no {ualifiei pat delà nature et de l'étendue des bîeM dont les Si^iit*Sîmonieas toui ont donné procuration , et que roi oombinaîiona ont le earactère de manœuvres frandolfsiues employées pour taire Battre l'espérance d'un succès imaginaire?

H J'oftie de justifier de la nature et de l'étendue des appqrts mobilière et'immobiUers dont {e puis disposer en vertu de l'abandon et des procurations dont je suif chargé. Le Giàbé, en justifiera incessamment 9 ainsi que je m'y suis déjà engagé dans ce journal.

Je ne reconnais pas une seule opération financière» de quelque gouvernement que ce soit , par l'intermédiaire de qi|e}que compagnie financée que ce soit, qui ne présenterait, plus que celle dont j'ai pris la responsabilité , le caractère immoral dont vous ioculpes la mienne»

D. Quel est l'objet des organisations d'ouvriers que vous aves établies?

R. Améliorer le plus rapidement possible et par des voies toutes pacifi* ques le sort moraV, intellectuel et physique de la classe la plus nombreuse et la plus pauvre , et notamment inspirer à cette classe le çeot^ment profond que toutes les autres classes delaepçiété s'empresseronl>4e|CCtiiÇ9urîr il nos efforts, du jour où elles seront convaincues que la clause ouvrit lenonce à toute espèce de moyens de violence pour 'améliorer sa position.

D. 11 paraît «j^oll a été fait plusieurs fol9 4*9fi^^onû>nA def ap.peb| aux ouvriers po«r4»ban|^er ou renverser l'ordre detchooes ét|4^y et notamment pour détruii^e le système de la propriété fur lequef^iepose l'ordre public?

B. Je nie que, sous l'autorité des chefs Saîn1;-;Siootf)nîeo«« U ait j^m^.é^ et il soit jamais fait appela une classe quelconque de la société , ayant pour objet de renverser, de détruire ni système de gouverne ment« ni système de propriété chez ceux qui ne sont pas Sa2nt-9imonlens , et que bieti au contr/^ire, j'ai vaoi-inêi|ne, dans une réunion rébentoA la salleTaitbont, déclaré formellemeat que je legardab tout acte de vîolenoe k l' ipn é éth ceux qui ne sont pai Saint-SûnonÎHUi» oonun» l'acte le plus DonlraiM^«| but que i¥>u4 nous proposons et le plw nuisible à nos succès. .

Ici nous avons terminé lloterrogatolre, et M. Rodrigues nous a'demandé l'ouverture d'un carton renfermant des papters saisis hier à sdii^ 4oùiiçi]e.'

Nous avons reconnu d*abord que les scellés étaient intacts ;ayi|i|jl; 'procédé à la rupture, nous avons trouvé j^ux'r^lfistres insignifians contenant des objets de littérature ; deux livres main - courante ^de ^radministration et du matériel de la doctrine , que nous avons j6inti| aux pièces , et un portefeuille , contenait i,5oo fr. de lettres de coniikiereé guenons

«Tons restituées à 11* fiodrigoflft» qui le reconnaît , et dÎTers papiers de Saint-Simon 9111 n'avaient auciin trait à l'affaire et que nous avons a«ssi restitués, ce que BL Rodrigues a égjBlemeut reconnu* Nous aTonsrepIacésons les scellés tous les autres objets qui se trouvaient dans le carton , uoos y avons ippoté notre sctatt et clos lé présent interrogatoire.

DBOXliMB imaBOGATOiaB DO

( 9 Mars i83a. ]

"Ùé RëconiMisses-voos que l'association saint-simonienne s'est réunie au notnbfte de -plus de vingt personnes , à certains jours marqués » pour s'occuper d'objets politiques ^Ireligieui , littéraires ou autres f

' R. Qui, Monsieur, les Saînt-Simonieus se sont réunis au nombre de plus* de vingt personnes, à certains jours marqués, pour s'occuper d'objets teii^édx , pbliiiqnes^ littéraires ou autres.

D. Tous n'avez pas obtenu , avant de vous réunir^ l'agrément dn gouvernement , et vous vous êtes mis ainsi en contravention aux dispositions de l'article 29 x du Code pénal. ' '

R. Toutes nos réunions étaient publiques , le Qhbé les «nnonçeit dVi* vance , nous en favorisions autant qu'il était en nous la publicité | nous avions même donné au Préfet de police des cartes pour qu'il pût j assister lui-même ou y envoyer des agens; il y avait d'ailleurs toujours un commissidre^ ^ poUiDe ,' M. Dyonnet.

Di' K'dirt-ce |ias de votre consentement et de votre autorisation qu'Onnde Rodrigues s'est fait passer des procurations par plusieurs membres de l'association , et même a émis des emprunts?

R. Oui, Monsieur, et j'ajoute qu'Olinde Rodrigues ne pouvait même riealali^ éads itim autoxiéation , à tel point que tout ce qui a é't^ fait par loi, jusqu'au jour où il s'est siS)>aré de moi, repose entièrement sur moi.

^D; Depuis cette séparation, n'êtes- vous pas vous-même porteur de procurations données par plusieurs Saint-Simoniens ?

R.'Onf^' Monsieur.

D. Est-ce vous qui aviez donné le modèle des procarationsf

R.'Non , Monsieur ; la rédaction a été motivée sur cette idée que Rodrignes voulait la procuration la plus étendue possible.

D. Âves-vous prévu toutes les conséquences de ces procuraliQns, si votre entreprise , en ce qu'elle a de financier , ne réussit pas » si vos dépenses excèdent vos recettes , vous aurez causé la ruine de ceux qui se sont associés avec vous f

R. Je vous ferai la même réponse qu'un chrétien aurait faite k celui qui lui aurait demandé s'il avait prévu que son entreprise pût ne pas réussir.

D. Pouvez-vous me donner quelques rtj^seignemens sur l'actif immobilier de la Société f

R. Je ne pourrais pas en fixer la. quotité ; il n'y pas encore de relevé à cet égard. M. Péreire vous dotinera des renseignemens sur ce point.

D. Je ue vous interroge pas sur les opérations financières ^e la jSoçiét^ ; j'ai adressé à celui que vous appeliez chef du culte les questions iirct<m|et,$ mais je dois vous ialre connaître cependant qu'il résulte d'un, rapport ,.. d'expert-commis » que vos opérations financières présenteraient- le carac* tère d^escroquerie, en ce que, laissant ignorer les déficits successifs constatés par les livres, vous auriez levé des emprunts considérables, ayant un passif supérieur à l'actif, et vous auries ainsi fait cnnre frauduleusement è un crédit imagjnairef

R. Il n'y a point d'experts en affaires de ce genre, et je pardonne à celui qui prend ce titre de me qualifier comme 11 le fidt; nous n'avons pas de déficit^ car noùsavons toujours grandi.

D. Poâ(6dëz-vons des biens fonds qui puissent servir de garantie aux emprunts éontractés par la société dont vous êtes le chef 7

R. Oui, Monsieur, je possède un terrain près du canalâfûnt-Martin, me des Terres-Fortes; et une maison à Ménilmontant ; sur la maison il y a des créances dé taia mère ; le terrain de Paris est libre, il m'a coût é 35,ooo îr. et lé ne sais pas ce qu'il vaut maintenant

D. Quelle est la doctrine Saint-Simonienne sur la propriété? ' R. Pi^bution de tous les capitaux selon la capacité et npii sçl^n la naissance. •- ,

b. Qui constatera la capacité : qui fera la distribution selon les «euvres? . , .:

R. Le* chefs. Notre doctrine est exposée dans de nombreux ouvrages, et

TOUS y trouverez la réponse à toixiti- les qu'estions que tous pourriez m^adresser sur ce sujet;

D. On TOUS inculpe d'exciter chez une classe de citoyens la haine et le mépris d'une autre classe^ d'irriter, en un mot, les protétahts contre les profnriétatres , délit préru par la loi du %S mars iSaarF

B. Nous répétons, au contraire, sans cessé aux prolétaires, p'est-à-dire aux hommes qiii ' travaillent et né possèdéilfc point, qu'ils ne peuvent améliorer leur sort que pacifiquement, et nous disons aux propriétaires, qneo'est&éar à s'occuper dîrectelnént de ^amélioration du sort moral, physique et intellectuel de la classe la plus panvreet la plus nombreuse , s'ils veulent faire cesser des craintes qui les agitent sans cesse. *

D. Est-il vrai que vbils- aveal^ilrseigné qde l'intimité entre les'setes, con sidérée aujourd'hui cômtaé ii\^fSnt' dé légitimité que dans l'état de mariagtj n^ devidtplug être ezclnnveeBtiro' les époux,: que le supérieur (le prêtre ou la prêtresse ) pouvait et devait provoquer cette intimité -entre lui et ses inférieuirsisoit commç moyen de satisfaction pour lui-piême, soit dans le but d'exercer une influence plus directe et plus vive .sur leurs «entimens, leurs pensées et leurs actes, et que vous admettiez ea consé~ quence qu'il puisse être moràd de donner naissance à des enfans sans pouvoir leuf faire connaître leur père, ainsi qu'on vous l'impute ? (r)

R. Je suis venu poser les premières bases d'une loi morale nouvelle , dans un monde où l'adultère, la prostitution et des vices honteux corrompent, abrutissent les hommes et les femmes. Cette loi morale nouvelle, tous ont besoin de l'aimer, de li^ connaître et de la pratiquer, même ceux qui prétendront juger ma moralité,, et comme il importe au monde de savoir quelle est ma vie, quelle est ma foi, il me tarde d'être en présence des hommes qui m'en demandant compte.

D. Vous ne répondez pas du tout à la question ; je vous ai demandé s'il était vrai que vous enseigniez la doctrine que j'ai formulée, répondez affirmativement on négativement t

R. La source où. vous avez puisé votre question ne vous a point fourni

des renseignemens exacts ; les termes en sont captieux, je m'en réfère sur

ma conception morale à un extrait de l'un de mes ensei^emens, inséré

dans le 6bbô du 19 février i83'a, et à des ensèignemens faits dans 'deux

réumons des membres de la famille les loet 3 1 novembre demxler,-qui

ont été tmprimé» ; car m je n'ai paâ répondu directement à la questldnf i^o

'■-•• . 'if.

(1) Cette question est littéralement extraite d«i écrits de Bazard et de Rodri-

Suei.

TOUS mViTez faite» c'est que nui céponBe* quelqu'éteodue que je puiise lui donner ici, pourrait trop facilement donner lieu à des iaterprètations fausses que la lecture de nos traraux éTÎtera,

D. Ainsi» tous reconnaissez comme contenant l'expression de ▼otre doctrine sur les relations de Thoaune et de la femme* r^rticle iosérédans le Gtobe du 19 féTrier 1 83 a, intitulé : Extrait de Cundfjtens^ignemengde NOTRB PÈRE SUPRÊM1|; tous «Tes cQnsenti à la publication de cet article? » .

R, Oui , Monsieur , je l'ai ordopiaé ; o'^st jaoi qui ait remis le ttuuniMrit à MicBBi. Gbstalukb» penoadé que «l'était le moyen de hiî .damier le p\o9 de publicité.

D, L'ouTrage intitulé : Béimkm, géfêàf ^f ê 4U.U FmaHi^f ^ênuto^dei 19 0t ai fiav«mâr«i83i,a-t-il été publié et ttii^ vente?

R. Gomme tous nos onvrages'^ cet outrage a étédlstribvé gMtttleement. ■ ■ \ • .

D. Tous êtes inculpé d'aToit; par là publication de cet ouvhigé, porté atteinte à la morale pubfiqne r ' >

R. Ma volonté est de changer la moraliB publique ; mais de I9 m^me manière que nous changerons la constitution de ]^ propriété 9 p<|cifiqneT ment et progresÛTement.

im-):

BXTIÀIT DU DBUXISMB IMTUROGATOIAJI . D.'OLINfîE RQO|l.IGUES

(a mars i839.)

D. N'aTcz-TOus pas émis »tÀnt dans le pois dç déçenibrie mie dans le mois de jauTier dernier , deux cent quarante-huit iQscriptionS| der^nte de 5o £r. qui., au capital de 1,000 fr.^ pr^nteraiçnt une ^e^t^ de ^3»ooo f^.?

R. Le &it est Trai 9, mais je faif tÀf^fex que les rentes que; j'ai créées l'ont ^té indépendamment, de toute stipuUition de capital 1 il Bfj'^ de ma part que promesse de rente, et nulle obligation de rembourser un capital , autrement que par le rachat aTec cours débattu.

D« Au moment où tous aTCz fait cette émission de renies » il y a? ait

éam vos fioancet un déflcU ccmiidérable; il t'éleTait, le 50 noTenbre i88t , d'après les reaseigneoieiM cooteaas dans le rapport de rexpert-eomain , ^fr. io6,i6o. £d ne faisant pas connaître cette situation aux personnes de qui vousemprqptiez , ainsi qu'il celles que tous engagiez à entrer dans la Société» tous auriez agi frauduleusement y^ c'est l'inculpation dirigée contre tous ; il y aurait eu dans Tolre conduite cette surprise qui constitue le délit d'escroquerie ?

B. Défiai n'est pas le mot propre. Il est Trai qu'à l'époque où je me suis chargé de l'administration des intérêts financiers de l'association $aint- SimonSenney le passif de cette société s'éleTait à euTiron 100,000 fr.; mais d'après les renseignemens que je tous ai fournis sur l'actif immobilier et mobilier, il tous est facile de Toir que loin d'être en déficit , l'association était toujours en mesure de liquider aTec honneur tous ses engagemens* Quant à l'état réel des finances de l'association , il aTâit déjà été rendu public aTant que je ne prisse en main la direction financière de cette association, par deux rapports adressés aut chefs Bniantin et Bazard, l'un signé Flachat et l^autre GnslaTe d*£ichthal , insérés dans le Ghbp du a septembre, le crois répondre ainsi à un genre d'inculpation , que les formes seules d'une procédure soumise à la lettre qui tue , et priTée de l'esprit qui TiTifie, peUTent ekpliqiieir et fuètifier à l'égard d'un homme dont lés antécédens et la loyauté bien connus repoussaient, seuls, touib suspicion de ce genre.

D. Pourquoi, lorsque la iSpciété a émis la première série d'inscriptions de rentes de 56 fr. , les liTres n'ont-ils d'abord été débités que du prix de U Tente , et ensuite pourquoi, mlUecoiiponÂde rentes ayant été créés , a-ton fait passer an compte de ces coupons, la somme dont le compte dlnscriptSons de reùtes était éhargé , dé sorte qu'il ti'y à plus d'antres charges sur les liTres au passif de la soeillé , qbé la reiite de cinq années à payer succesnTemént , saiu ^u'cV en reàié aucun» pour U capital ; n^est-ce pas pour cacher la Tétîtable situation de U Société f

B« Le titre de rentes , émis par l'associatibn Saint-Simonienne , ne constitue la Société débitrice que du paiement de ces rentes , et ne l'oblige nullement au rebilioursement d'un capital quelconque ; les écritures ont été tenues en conformité.

D. tl^ns Totre^récédenf interrogatoire , tous aTez inroqué, pour garantie de l'emprunt , Pengagement personnel des Saint-Simoniens dcmt Vous aTiez les ^hxmrations ; mais il résulte de l'instruction que la j^hipart de ceux qui tous ont donné procuration ne possèdent rien f

B. Ils possèdent tous les moyens de se créer un retèdli ttoddstrief qui •erfi I» gaimUtie de* engagcmens dont ils sont solidaires. Je faisobscArrer

toatefoû tabfidiairement qae ceux des mandans cpxi pocsèdent, possèdent àssex matériellcinieot pour répoodre des engagemens contractés.

D. Vous arez également inToqaé comme garantie les reTenus des biens' immeubles. Qu'arriTera-t-il si ces biens sont grerés f '

R. J'ai fait l'appréciation ci-dessus indiquée , déduction' faite des charges.

D. Au 20 janvier i83a , rotre déficit était augmenté ; il était le lo de ce mois, époque où vos registres ont été arrêtés par moi 9 de 183,957 francs, et même si, d'après vos UTres«redressant tos écritures, on charge Totre passif de quelques articles omis ou mal supputés, ce déficit s'élevait à la somme de 355,167 fr«;.en outre, depub leSonoTembre i83i,datede Totre dernier inventaire , tous avez mis en circulation , selon votre livre d'effets à payer , 85,254 fi*. ; et c'est dans cet état, lorsque votre passif est plus que triple de votre actif , que vous émettez de nouvelles inscriptions , pour chacune desquelles l'association souscrit , en outre du titre de propriété , dix coupons d'intérêts. On vous inculpe de tromper le public en agissant ainsi , en faisant croire ^ un crédit imaginaire ; c'est commettre le délit d'escroquerie.

R. Sans discuter ici la confusion ^ans laquelle est tombé totre expert, par la manière dont il a évalué le passif des rentes constituées, je réponds d'une manière générale que, depuis le rapport de Gustave d'Eichthal et de Flachat , inséré dans le Giobe du 2 septembre • les Saint-Simoniens n'ont cessé d'appeler tous ceux qui voulaient traiter avec eux et leur fournir les moyens d'accomplir leur œuvre , à prendre une connaissance exacte de leur situation, et surtout des ressources sur lesquelles ils dcTaient compter pour l'avenir, comme contributions ou apports volontaires, > l'effet de concourir au payement des^ dettes qu'ils contractaient ; que le bas prix auquel les émissions de rentes ont été faites , constate suffisamiçent qu'il a été tenu compte de l'éventualité pu de la quotité de ces ressources annuelles, que la société a toujours pris l'engagement, spécialement par mon organe, ainsi que je l'ai déclaré le 27 novembre i83i , dans mon ^ippely de rembourser à qui le demanderait, toutes les somines qui auraient pu lui être avancées à titre de don ou de prêt.

D. Gomme l'un . ^es chefs de la Société saint-simonienne , vous êl;es responsaJ^le , aux termes de l'article 293 du Gode pénal , des doctrines qui ont été prêchées dans toutes les réunions de cette. sociéjaé. Reponnaissez- vous cette responsabilité P

R. Oui, Monsieur , j'accepte cette responsabilité.

Di Pour atteindre le but de cette société , vous prêchez des doctrines

subTersiTes, en ce qu'elles ont ponrobjet de créer un état dans l'éfat ; en ce qu'elles troublent la paix publique , en excitant le mépris ou là haine des citoyens contre une classe de personnes, délit prévu par l'article lo de la loi du a 5 mars iS$a; dans toutes ros prédications, tous représentez le peuple comme opprimé , comme exploité; les riches, ou plutôt ceux qui possèdent, comme des oppresseurs qui jouissent dans l'oisÎTeté de ce qui devrait être la part de tous ; tous attaques la propriété P

R. Je me réfère aux premières déclarations que j'ai faites devant M. Zangiacomi.

D. L'association saint-simonienne a embrigadé ou affilié des ouvriers ; quel était le but de ces affiliations P

R. Je m'en réfère comme dessus.

D. Expliquez-vous sur les motifs de votre séparation d'avec Enfantin P

R. J'ai mis Enfantin et sesadhérens hors delà communion Saint-Simonienne, par les motifs exposés dans ma proclamation aux Saint-Simoniens , en date du i3 février dernier, jointe aux pièces.

TROISIEME IHTBRROGATOIRB OU

( i5 Mai i83a .)

■* D. Vous avez été institué légataire universel par M. Robinet. .

R. Oui , Monsieur.

D. À combien appréciez-vous le montant du legs P

R.-'Je ne le sais pas. précisément , mais je crois que ce sera j>eu df çho^e»

D. Gomment coniudssiez-vous Robinet PTavez-vous vu souvent P.

R. Je le ccmnaissais comme membre de la famille , et seulement depuis qu'il faisait partie de cette famille* Je n'ai eu avec lui aucune relation antérieure. .,...,.,.... .<... .

D. Alliez-^ous le voir me Grange-am-BellesP

R* Oui , Monsieur , quelquefois. ' < ' '

D. Savez-vous povrquoi il à quitté la maison rtte*GMtfgeiàiis^-B«ilés , èé pourquoi il a été transporté rue MonsignyP

R, Piarce qu'il «léiirait être aa aiiiieu de nous » noa-»eulemeiit pour mUafaire let sympatliies » raaia encore pour être soigné avec plus d*alUnlion et plus de zèle.

D. Le Yojiez-vons souvent, lorsqu'il était rue Monsig»j ?

R. Asseï souvent.

D. N'tvei-vous pat en connaissance du testament de Robinet avant la mort de celui-ci ? un |pfe«jet ne vous a*t«4lpas été communiqué P

R. Un projet m'a été communiqué un peu avant ou après l'entrée de Robinet , rue Monsigii j ; je crois que ce projet était semblable au testament qui depuis a été fait , cependant je ne pui^ l'affirmer , et je crois me rappeler que la personne en faveur de laquelle le legs était fait , n'était désignée ni par son nom ni par ses qualités.

D. À quel motif attribuex-vous ce lega fait à votre profit par un bomme qui vous oonnaissMtà peine ?

R. J'attribue cette disposition à ce qu'il me considérait comme chef de la famille dans laquelle il vx>ulait passer sa vie , et à laquelle il voulait complètement s'associer, comme le veulent d'aillçurs tous ceux qui font partie de cette famille.

D. Robinet avait souvent auprès de lui des Saint-Simoniens; quelques-uns ne lui parlaient-ils pas d'un testament en votre faveur P

R. Ils parlaient souvent à Robinet de testament , car lui-même provoquait ces entretiens ; son plus grand désir était de faire ce que faisaient ses frères, c'est-à-dire de faire dans Is. famille tout ce qui dépendait de lui pour la propagation de notre œuvre.

D. Robinet est mort dans votre maison au milieu des Saint-Simoniens, sa famille signale son testament comme étant l'œuvre de la captation P

R. Non, Monsieur, Robinet n'a pointétÉ cs^té. Il a témoigné, comme le font tous les Saint-Simoniens , son afTectioft pour la doctrine. Tous les hommes que vous avea.eutendmi ont dû vous paraître aases dévoués à notre œuvre pour vous donner la conviction qu'il n'y aurait pas besoin, à l'égard d'aucun d'eux, de captation dans un cas semblable à celui de Robinet.

D. N'êtes-vous pas personne interposée, les biens'qui vous sont légués ne serottt^ib pas reuiis |jar vous à l'aâsociation Saint-SimonienneP'

R. Les biens , qui me tout légués , seront emplôyét éonime tous les biens de la Camille à satisfaire nos beaoins. Je ne puis pas être interposé eiitre la famille Saint-Simonienne et toute autre personne, car la famille et moi nous sommes indivisibles et inséparables, nous ne formons qu'un tout , qu'un ensemble, et il n'y aurait pas famille là oii je ne serais pas.

D. Il manque dans la succession RobinM une somme de 3&,qoo francs provenant delà vente d'une. fpuUaurr#a^f saves- vous ce qu'est devenue cette sommeP

R. Je ne puis sur ce point vous donner aucun détail; dès mon premier interrogatoire , j'ai eu soin de m'en référer, sur tous les points concernant les intérêts financiers, aux membres de la famille chargés des dits intérêts.

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