‹ Religion saint-simonienne: Procès en police correctionnelle, le 19 octobre 1832. Avec leChapitre 7 sur 14 · N« II · texte numérisé non relu

N« II

DEPOSITIOM DB Mi BES^ON.

( g Février i839. )

Besson ( Jacques-Marc ) , 5o uns » ancien adjoint au huitième arrondissement , demeurant place Royale , n. s.

Je n'ai aucun renseignement à vous donner sur les Saint-Simoniens et sur une famille de Bercy qu'on <^.t avq^r été dépossédée par eux , c'est la première fois que j'en entends parler , et , s'il y avait à Bercy une famille dépossédée, je le saurais infailliblement.

(N'ia.)

Déposition de M. PIAT, ouclb de Robiniit.

( i3 Février i«3a. )

PiatCViUers), courtier, 4f«^WwP|tQ|a?^4'AWMj|ïv II. ; .

. ,^ Anîft ondjQ de Bobluet ; loulei U» foi» que js'a)laiacàts kii,i€.le«ti!ttu1rÉiia entouré de Saint-Simoniens, je ne l'ai rencontré qu'une fuit setih • it ■ Dans le courant de septembre, Robinet avait fait demander à soBL/lKfts* seur une somme de 3,000 fr .jetant alléàMeauxdansle courant d'octobre» jt

éi:

ne eluDtfefti ^lufuie leair cette eonmief ob laircHut d'ibovi 6eofr. Un jMor jfprfétaieciMs lw,il aie dit de remettre eneoreteofr., à mSaûit-Si-

Âea f«i était là ; coaiHie je ne TOoUU pet âToir de rapport etec ces met-* \ Jmwojti le Imdemain par mon domettiqne lea «4oo fr. fnitBM ret-

'Dl Arex-Toat eonnaittance de quelqiiea faitt de captatioa on de tnggettîoB qm paitteat être impntéa anx Saint-Simonieni, en ee qui toache le tettameat de Robinet ?

R. Non, Monsieur, je tait qn'ib ne le quittaient pat d'nn instant ; quand j*âi en 'connaissance du testament, je me suit douté qu'ilt étaient tiré parti de l'influence qu'ilt aTaienttur Tetjpritde Robinet.

Vert le moit de noTcmbre, mon neveu me fit l'ofire des fcmdt qu'il me ditaroir reçut de ton tucoettèur ; naît eomme je n'en avait pat betoin , je l'en ai remercié.

D. Croyex-vout que Robinet ait été trantporté volontairement me MontignyF

R. Je ne le crois pas, je suis même étonné que, dana Tétatoii était Robinet, on ait tenté un pareil transport $

Je n'ai point connaittance que Robinet, de son Tivant, ait donné des fonds à la doctrine.

DEPOSITION DE M. HIPPOLYTE PIAT, ohclk de Robinet.

( î»3 février i83t. )

Piat (Hippolyte), 49 ans, commissionnaire en vins, demeurant Quai d'Anjou, n« II.

Je suit oncle de Robinet.

J'ai touvent rendu visite à mon neveu, dans la rue Grange«aux-Belles et dam la rue Monsigny; j'ai remarqué que toujours il 7 avait chez lui un grand nombre de Saint-Simoniens , je m'étonnais même que dans la chambre d'nn malade on laissât introduire autant de monde. *

D. Robinet, TOUS à- t^jainait parié de l'intention qu'il avait d'instituer Enfantin légataire universel ?

R. Mon , Monsieur, jamaià.

D. Ne TOUS a-t-on pas quelquefois refuse la porte chez votre netcul^ ' R. Non Monsieu r; lorsque j'allais chez màp neveu , j*avais rismarqué que la dame Petit, sa belle-mère, se retirait prtfiî^e toujours ; elle était ii^îtée contre moi , parce que j'avais été avec d'autres individus à la salle Saint-Simonienne dans l'intention de désapprouver les prédications Saint-Simo- «iennes, rue de Grenelle-Saint-Honoré.

D. Pourquoi vouliez-vous manifester de la désapprobation pour la doctrine ?

R. Parceque je la crois dangereuse ; je n'étais pas déterminé par le déplaisir de voir mon neveu Saint-Simonien. Je voyais dans cetUe affaire une affaire de parti plutôt que toute autre chose.

. Robinet était enthousiaste de la doctrine jusqu'au fanatisme , c'était d'ailleurs un homme d'un grand mérite, d'une grande pureté de conscience, et qui n'a peut-être pas eu dans toute sa vie le moindre reproche à se faire ; Il était plein de bonnes qualités, aussi nous avons été bien étonnés de le voir embrasser la doctrine, je crois même que cela a altéré sa santé, cette doctrine aura exalté ses idées.

Je ne comprends pas la disposition du testament de Robinet, dans laquelle il lègue à son oncle de Meaux, ancien juge d'instruction de Senlis, un petit couteau ; cet oncle Tavait élevé .

D. Avez-vous connaissance de quelques faits de suggestion et de capta tion?

R. Non, Monsieur, je ne puis pas savoir d'une manière bien positive si Robinet a été transporté volontairement rue Monsigny , j'ai entendu dire qu'il avait été écrit une lettre par madame Petit , dans laquelle elle ordonnait à son iils de faire transporter Robinet dans la rue Monsigny.

Je sais que celui-ci refusait de s'y faire transporter.

DfposiTioH DR M. BOCQTJIN , médeci.i de Robinet.

(29 Février i832. )

Rocquin, François, âgé de 28 ans, médecin attaché à l'hôpital^ StrLauis ,-• demeurant rue Grangc-aux-Belles,n. 34. . ;. ... îi 'm;!..

Je n'ai connaissance d'aucun fait de captatioii «f de " ii^g^SHôh ' qui ait pu déterminer le smut Rt^inet àané se» d^posieiérâs^V^t^j^.' taii-es. ; • ,r:.r.'t 3'nf:f 'irV rTS*'-.

J*ai donné des loins à M. Robinet tont le temps qn'il a été me Gfsngeanx-Bellcsy et même raeMonsi|nj oùilaTonlu que je le suivisse. H était partisan tièt-afdent de ladodâpie Saint-Simonienne et Tonlait conTeHir tons denz qûrentouraient: Je sais qu'il Toulait toujours donner son bien à la famille Saint-Simonienne ; moi-même, je loi ai fait des obsenrations à cet égard, lui rappelant qu'il avait une famiUe, et un jour même, fatigué de mes observations, il me dit qu'il ne donnait que ce qui lui appartenait. Il recevaitdenombreusesvisites pendant sa maladie, soit de la part des Saint- Simoniens, soit de la part de ses parens qui lui ont prodigué jusqu'au dernier moment les soins les plus affectueux.

J'ai été témoin d'une visite faite par le Père Rodrigues à M. Robinet ; Rodrigues lui mit les mains sur la poitrine et lui donna une sorte de bénédiction Sainl-Simonienne, et Robinet lui répondit à peu-près ces mots: je invrai oufe mourraii si je t^iSf je me détrônerai tout entier à la doctrine, si je meurs, ma mort sera utile à l'humanité : faisant allusion à son testament, je pense.

oiposiTioii OB M. ELOIN,

DIBSCTBVR DB LA MAISOH DB SASti OU RoBIRBT A ÛtÛ S0I6IIB .

(91 février i83a.)

Eloin, Marie Denis , 34 ans, directeur d'une maison de santé rue Grangeanx-Belles . n^ 34.

J'ai donné des soins à M. Robinet jusqu'au moment oii il sortit de chez moi pour aller habiter la rue Monsign j ; c'était un bomme d'un mérite supérieur, et un partisan très-ardent de la doctrine Saint-Simonienne. Il voyait très-souvent les Saint-Simoniens ; il avait souvent des conférences très-intimes avec eux , mais je n'ai connaissance d'aucun fait de captation ou de suggestion exercée sur l'esprit de M. Robinet par les Saint-Simoniens ; je crois au contraire que la volonté bien arrêtée de M. Robinet , était de donner ses biens à la doctrine ; il croyait que sa fortune profiterait beaucoup plus à la société entre les mains des Saint-Simoniens qu'entle celles de ses parens.

M. Robinet , quoiqu'il fût affecté d'ime maladie très-grave, jouissait de toutes 9tÊ facultés inteUcctnelles, et c'est v<dontairement qu'il a quitté ma maiiOiL pour se rendM me Monsignj, &1 manifestait mène une sorte de pliiiir à se faire transporter dans cet établissement.

M» Kobinet était , par «uite de sa maladie hors d'état de signer , parée qn*U avait leA Muint enteloppées.

H. Robinet, madame Yeuve Petit et ionifils me prièrent un joar d'aocispter une procuration à l'effet de tonclier une spnune qui était due par M. Meunier , successeur de M. Aobinet; j'acceptai pour l'obliger , mais je n'ai point touché cette somme, quoiqu'il m'en ait été donné quittance postérieurement , le la octobre i83i , par acte devant M* Esné , notaire ; je ne sais qui a perçu ces fonds.

niposmoa dk M. VALENTIN FRÉWnfN ,

HOTAIKS QUI A RBGDSILLI. I^B tBSTAMSIlT Dg RoBIHKT*

(a3 février i83aO

Fremyn , Valentin Etienne , 3g ans , notaire , rue de Seine , n« 63.

Je connaissais Kobinet depuis 30 ans ; au commencement de Tannée >8^i , j'appris de lui-même qu'il était voué à la leligion Siant-Siraonienne , il chercha même à me convertira cette religion , et me remit les ouvrages qui pouvaient m'éclairer.

Après son retour des eaux de Bourbonne , Robinet me fit prier de passer chez lui , rue Grange-aux-Belles ; je m'y rendis , c'était une maison de santé oii Robinet était traité d'une grave maladie de peau ; il me dit qu'il m'avait fait demander , non-seulement pour me voir comme ami , mais pour m'entretenir , comme notaire , du projet qu'il avait de faire son testament ; il me dit entr'autres choses : «Tu sais que je suis Saint-Simonien, je me conduirai selon ma religion.» Je lui fis quelques observations, je lui rappelai la position de sa mère , il me répondit que ses dispositions seraient telles , qu'elle les préférerait à la quotité que la loi lui réservait.

J'allai une autre fois rueGrange-aux-Belles, chez Robinet, toujours sur sa demande; il me parla encore de son projet de testament, mais je parvins à le détourner de cette idée , et àtfaire remettre ce projet à un autre jour.

Dans le cours du mois de novembre dernier , M. Alexis Petit se«présenta chea moi et m'engagea à me rendre chez Robinet, qui, disait^l, me demandait avec instance ; il m'apprit que Robmet denenrait tiiaiiUéBant rue Monsigny; je m-y rendis, et, introduit dans la chambre de Rol(i|«t( je le trouvai plus fatiginé que je ne l'avajU trouvé juaqu'alor» ; je l'enga^aî ii.at-

tendre encore ; il se fâcha , me répondit avec emportement : « Vous serez cause que je mourrai sans faire «e que je Yeux » ; il demanda qu'on fit monter M« Enfantin.

Celui-ci en effet Tint dans la chambre du malade, s'assît près de son lit et lui dit : « Nous t'avons fait transporter ici, mon fils, pour que tu y puises la tie; «caria yie est ici; sois donc tranquille; regarde-moi dans les yeux, car la Tue d'un père fait du bien; » et il ajouta : « je ne tcux pas que tu fasses rien ce soir, puisque ton ami est prêta revenir quand tu le jugeras convenable; cela doit te suffire.» Et alors, sur la promesse que je lui fis de revenir aussitôt ' qu'il le désirerait , il me laissa me retirer.

Le aa novembre je fus prévenu que Robinet désirait que je me rendisse immédiatement chez lui , accompagné d'un confrère ; je me rendis en effet ce jour-là rue Monsigny , accompagné de M* Glausse.

Nous sommes entrés d'abord dans une petite chambre , celle de la dame Petit, je crois; cette dame nous a remis une note qui contenait les dispositions testamentaires ; entré dans la chambre de Robinet, je causai quelques instants avec lui, il jouissait de toutes 'ses facultés intellectuelles; je le trouvai même beaucoup mieux que je ne l'avais trouvé précédemment , il nous dicta ses dispositions testamentaires , telles que nous les avons écrites , il était resté absolument seul avec nous et les deux témoins.

Lecture faite a persisté et a ajouté que les observations qu'il avait faites à Robinet , et les réponses de ce dernier , au sujet de sa mère n'ont point eu lieu, lors de sa première visite , mais bien lors de la seconde entrevue.

Il n'est point à ma connaissance personnelle . que Robinet de son vivant ait versé dans la caisse de la société des fonds , je l'ai entendu dire.

DKt>o8iTioN DE M. CLAUSSE, notaire, quî a assisté

M. FrÉmyn.

(Le 23 février i832.)

Glausse^ Charles, 38 ans, notaire, rue des Moulins , n« 21 •

C'<^t mol qui ai.açsisté M. Frémyn, dans la rédaction du testament de M. Robinet ;. longue nous fûmes arrivés, M. Frémynet moi, rue Monsigny, n»4j on nous introduisit dans une pièce du troisième étage où nous trouvâmes trois personnes , une dame, un jeune homme et un homme plus

âgé : le jeune homme nous remit une note qui contenait un projet de testament ; nous avons pris lecture de cette note, M. Frémyn et moi, et nous avons arrêté , entre nous deux , que nous n'aurions aucun égard à cette note , que nous demanderions à M. Robinet , de nous déclarer positivement qu'elles étaient ses dernières volontés.

Nous entrâmes alors dans la chambre qui était celle de M. Robinet; cette chambre était assez grande, il y avait un lit sans tenture , entouré d'une sorte d'échafaudage , qui annonçait qu'on était obligé d'enlever le malade pdur le panser.

11 y avait trois ou quatre chaises , une petite table et un lit posé par terre pour le domestique.

Cet' état de choses nous étonna vu la position de M. Robinet.

Nous causâmes avec lui pendant environ ao minutes, avant de commencer à nous occuper du testament ; il nous dicta alors son testamjent à peu prés dans les mêmes termes que ceux énoncés dans la note qui nous avait été remise, cependant je ne suis pas certain de ce fait, je ne l'affirmerais pas ; quant aux dispositions , j'affirme qu'elles étaient les mêmes ; -

La seule diflférence quf ma mémoire me permet de signale^ entre la noteqftd nous avait été remise et ce que nous dicta M. Robinet, consiste en ce que dans la note, M. Enfantin était désigné sous le titre de chef "uprême de la religion Saint-Simoniénne , et que, lors du testament, M^ Ro* binet ne nous répéta pas cette qualification.

M. Robinet m'a paru jouir de la plénitude de ses facultés intelfectueQes, être parfaitement sain d'esprit, il a cKiisé plus particnlièHemfent aVec M. Frénr^n, son camarade de coll^;e, et toujours à haute toîx, de façon qii'e j'ai par moi-même pu juger que sa conversation était suivie. ' ' '

Je ne connais aucun fait antérieur qui ait rapport à M. Robinet ou à ses dispositions testamentaires;

Le; jeune homme qui nous a remis la DOte )| a servi de témoin ;aa. testa**' ment.

Ccét tout ce que je sais.

DéposiTioif DE Madame veuve PETIT.

(LeiaféYiiér iSSa.)

Marie Eloi , TeuTe Petit , 48 &n8 , sans profettioB , demeurant rue Mon* gigny,n« 6.

Je demeure dans la maison , rue Monsigny , n* 6, {e sois la mère d'un Saint-Simonîen, M. AuxisPniT} j'y ai été amenée par le désir de continuer à donner des soins à M. Robinet, mon gendre, qui s'était fait transporter rue Monsigny , où il est décédé ;

Je ne fais pas partie de l'association Saint-Simonienne.

p. «^ M. Robinet n'a-t-il pas fait en fareur de M, Bnlantin «o teft»* ment ?

R. -« Qui» Monsieur, et je puis vous en donn^ la copie.

Ce testament est rédigé de maniée qu'il ne reviendra rien au. légataire «niveraeli et que même il n'y aira pas • dimtles émolumens de la succession, somme suffisante pour acquitter-les legs et les rentes y énoncés | teDe est mon opinion du moins; c'est tellement vrai, que j'ai conseillé k BL Enfantin de n'accepter que sous bénéfice d'inventaire. Gelw-oi m'a répondu, qu'il suffisait que M. Robinet eût donné de son vivant quel- ' qnes sommes à la Société, peur qull fe crût obligé d'accepter purement et simplement, et même de payer quelque chose s'il le fallait. Par ce testament , M. Robinet n'a pas dépouillé sa famille , cela ressortira de là lecture du testament et encore plus d'un procès qui doit avoir lieu ; je crois que le testament sera attaqué par la mère de M. Robinet , car elle a fait faire inventaire d'un mobilier qui lui était laissé par ce même testa-* ment , et qui garnissait les lieux qu'elle occupait ; il n'est pas à ma connaissance que Robinet eût un portefeuille qui contint des valeurs pour 90 mille francs , je sais qu'il y avait un portefeuille dans lequel il y avait une rente de mille francs, ce portefeuille a été remis par le domestique de M. Robinet à un membre de sa famille, M. Piat, et a été compris dans l'inventaire; j'ai lieu de croire qu'il contenait des quittances qui n'ont point été retrou-» vées à l'inventaire ; je ne sache point ^11 y ait eu plainte ou procès au tribunal de Senlis.

JiC projet de testament a été fait dans la rue Grange-aux-BelIes , avant que M. Robinet ait été transféré rue Monsigny , n« 6, et il a été réalisé

après son arriTée dans cette maison ; il a fait Tenir plusieurs fois M. Fremyn rue Grange-aux-Beiles.

Je puis attester que Robinet , lorsqu'il a fait son testament, était sain d'esprit, et jouissait de toutes ses facultés intellectuelles.

Il est à ma connaissance que Robinet donnait aux Saiiit-Simoniens ; je ne connab pas les sommes qu'il a Tersées; il était grand partisan de la doctrine , et désirait que sa foi se propageât.

S'il a institué M. Enfantin légataire universel , c'est qu'il avait la plus grande confiance en lui.

Je donne quelque fois moi-même aux Saint-Simonîens.

DÉPOSITION d'Alexis petit, j^potre , bej^u-frere de

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