‹ Religion Saint-Simonienne; Systeme de la MediterraneeChapitre 3 sur 6 · FI^VRIER · texte numérisé non relu

FI^VRIER

î)ms les articles précédent omis aironà établi , par rm» négative^ que la {)aix était désormais indispensablB aum^ po8 des pe«]^e$ , eo prouvant ipie la gitei^ro , loin dt foikw nir les moyens de terminer la crise aetatelle » ne tendait qu'A l'aggrarer. GetAe démonstraiioniést rosuffisania cm ca sens qu'elle n'offre aucune conclteion pro^fw» réalbatte* Nous antnerons maintenant dans la T«ie positive ^ c'èst^à* diro que nous exposerons les traits pnnapaiiK d'nn phn au moyen duquel on pourrait doter le oMMide de la paix «^ assurer à jamais aux peuples un avenir pacifique de prospérité et de gloiro.

Et d'abord posons les termes génénata du prng^anibm ^ remplir pour fonder cette paix brillante et féconde.

Le monde est livré à un continuel mouvement oscillatoire ; il cherche une assiette définitive , et il n'a pu encore la trouver, parce que l'état que chacun concevait conoypou» «ta-

bie était fondé sur Toppression d'une partie des peuples, et au sein de chaque peuple sur l'exploitation de plusieurs classes. L'état normal que concevait la catholicité avait pour condition V anéantissement des hérétiques et Vextermination des infidèles. Napoléon ajournait la pacification du monde jusqu'à la ruine de l'Angleterre. Aujourd'hui , suivant les légitimistes , pour rétablir l'harmonie en Europe , il faudrait Vécrasement de Y hydre révolutionnaire et de la cupide Albion; au gré des républicains, c'est l'Autriche, la Prusse et la Russie (i) que, dans le but d'assurer le bonheur du monde , il serait urgent de fouler aux pieds. Tous ces plans out échoué ou échoueront , parce qu'un plan foadé sur l'anéantissement , l'extirpation , l'extermination ou la ruine de quelques peuples , ou de quelques classes au sein de chaque peuple , est un plan arriéré. Les jours de la réprobation absolue, de la damnation , sont finis , aussi bien pour les individualités ^ peuples que pour les individualités-'hommes. Tous sont appelés et tous seront successivement élus. Chaque peuple , chaque classe a son génie propre, sa destination p>articulière. L'œuvre humanitaire est une et multiple à la fois. Les peuples sont les membres de l'humanité; l'hu- Boianité ne sera heureuse que lorsqu'elle aura le libre exerdcé de tous ses membres, c'est-à-dire lorsque chaque peuple occupera dans l'atelier , dans le laboratoire et dans le temple , la place que lui assigne sa nature. Celui qui , ne sachant quel rôle offrir à un peuple (parce qu'il ne sent pafi le mode de vitalité qui est eu ce peuple ), lui dit ana-

(1) Et qu^on ne fasse pas ici la distinction entre les peuples et les g^ou-^ vernemens j car dans ces pays il y a solidarité défait entre les gôuvenians e^ les gouvernés. • '

tiième , parle de. le ruiner, de Vexterminer, de Vécraser, comme s'il y avait un génie du mal dont ce peuple fût Tincarnation » fait ainsi lui-même la critique la plus con-* vaincante de ses théories de régénération sociale.

Pour être à même de tracer le plan de pacification dont la mise en pratique arrêtera le torrent de dissolution , de frayeurs et de ruine qui déborde sur le monde , il faut sentir ce qu'il y ^a de légitime dans le sentiment réel et incontestable de hiérarchie, d'unité et d'ordre qui est essentiel aux peuples du Nord ainsi qu'à TAutricheet à 'l'Espagne, et qui est maintenant assez vif chez presque toutes les nations pour les rendre impropres à l'inoculation des principes révolutioanaires; par conséquent il faut renoncer à les régénérer en leur insinuant ou en leur imposant ces principes. Eh quoi I n'est-ce pas assez que la généreuse France ait à elle seule subi le cataclysme d'une révolution terrible ? N'est-ce pas assez qu'elle ait reçu le baptême de feu , et qu'elle se soit audacieusement enfoncée dans le bain de sang ? Pour-^ quoi , grand Dieu ! ses mérites et ses travaux ne profiteraient-ils pas à l'humanitdtout entière ? La France a bu le calice révolutionnaire , elle l'a avalé d'un trait; la France est montée sur la croix; La France a été le Christ des natiens. Elle a acheté le progrès et la paix du monde par ses trésors , par ses angoisses et par la vie de ses fils éparse sur tous les champs de bataille. Le génie des révolutions n'a plus à visiter les peuples; il n'ira plus en soulever au-^ cun , pas même l'Angleterre , où cependant , au premier abord, une effroyable collision parait si imminente entre une orgueilleuse aristocratie et d'impatiens prolétaires.

Le pacificateur du monde tendra la main à tous les peu-^ pies ; il leur ouvrira la carrière à tous , sans placer à l'entréç des gardes qui les obligent à revêtir la tunique de la d^

( «6) mocratlr.» 11 n'faésitera pas k admetre dans l^e eoiiége de lo dvilisation ceux qui par leurs mcatirt de decilHé extrôme , tel que l'Autrichien , excitent aujourd'hui le dédain èts Français ou des Anglais à l'ipdépendance jalouse; non plus que ceux qui, par la délicatesse raffinée de leur esprit, tel que l'Italien / ou leur exclusive passion du grandiose , tel que l'Espagnol , ne peuvent se plier à l'aridité on à la mesquinerie du parlementarisme. De même , au sein dâ chaque peuple , il n'^xcluera aucune classe; ni ceuHL qui « comme en France les lé^timistes , auront poussé l'amour de l'ordre jusqu'à roulmr ressusciter l'ordre du passé , m ceux qui, comme quelques républicains fougueux, se seront laissé emporter par la haine de la féodalité jusqu'à sanctifier le nom de Marat et propeser comme exemple à l'unirera le règne de la guilloline. Le pacificateur accueillera tous; à fous, peuples, classes et individus, il assigneira, suivant leur vocation, une place distincte, une cauvre distincte dans l'œuvre commune. Il ménagera un cours à toutes lea spontanéités. Il régularisera lés virtualités qui iaomprîméea éclatent ou s'échappent en écarts. 11 fera grandir chaque individualité, race, peuple, classe ou homme, suivant la loi qui lui est propre, en Ini apprenant à s'appuyer sur loua et à aider tous , en la reliant à tous. Par lui le monde ea^ lier successivement entraîné gravitera vers l'association universelle à travers les pompes de l'industrie, l'éclat de la science et les jouissances des arts.

Je dis le monde entier; car il ne s'agit pas seulement de (comprendre dans les prévisions les plus prochaines de fàrcification tons les peuplés qui &:*ent parti de l'aggrégation catholique européenne. Ce ne sent pas seulement le» mambres de ta ci-devant chrétienté qu'il s'agit de concilier et d'associer. S'il était poséibld d'établir la paix, même pfimli

( »7 ) [es chrétiens d'Europe, en bornant ses prévisions à leur cercle, le catholicisme l'aurait fait. Il s'est passé au monde des luttes plus acharnées et plus longeies que celles où les nations chrétiennes s'entre^déehiroient les flânes; l'Occident et l'Orient en patent encore les cicatrices. Il y a proche de nous , aux porte* de l'Europe et dans son propre giron , des peuples à caractère profondément tracé , <jui furent puissans par la science , par les arts, autant que par te glaive , et qui né sont pas chrétiens , qui n'ont jamaispu l'être t informez-vous-en près des Arabes et des fils d'Othman. II y a des terres fé(^ondes , riantes et célèbres où Taustère christianisme a séché sur pied : demandez plutôt au dôme de Sainte-Sophie, h la belle Damas, aux rives dé rOronie, aux minarets de Jérusalem , aux ruines de Bal bec et dé Memphis. Les peuples chrétiens ne sont pas aujourd'hui les seuls qui aient soif de progrès. Si vous en doutez, demandez- vous quel est ce sultan qui a dompté les ortas indisciplinées de janissaires , fait passer à la clémence le seuil de la sublime Porte, jusque là gardé par des muets et des eunuques à poignard (i); qui publie à Stamboul un if omfear eu langue française, qui s'entoure delà civilisation de l'Occident; ou encore demandez-vous à quelle fin Mehmet- Ali « le pacha industriel , envahit maintenant le pays des Phéniciens et rangea sa loi le littoral sur lequel s'élevèrent Sidon et Tyr ; réfléchissez sur la présence d'une armée française dans la partie la plus fertile de la côte d'Afrique, ou enfin interrogez la Grèce, qui, secouant une léthargie séculaire , est sortie du cercueil où elle gisait.

(4)Le8pacba6 rebelles de Scu tari et de Bagdad , soumis par la foi-ce des vmes , viennent d^obtenir la vie sauve et ont pu se retirer paisiblement duos la retraite qu^ils avaient choisie.

et qui maintenant , assise demi nue sur les ruines du Partbénon, tend les bras à l'Occident, et réclame de lui la civilisation qu'elle a tant contribué à lui donner.

Le plan de pacification devra donc faire une vaste part à l'Orient. Le jour de la pacification du monde sera celui où sera signé le traité de paix qui clora la rivalité immense de l'Orient et de l'Occident , qui pendant le cours de plus de trente siècles , à partir des campagnes du fabuleux Bacchus, se sont heurtés l'un contre l'autre, un jour sous les mu*railles de Troie , le lendemain aux Thermopyles , à Salamine et à Platée ; plus tard , sous la figure d'Alexandre et de Darius , au Granique et à Arbelles; puis en la personne de Rome et de Garthage; à Sagonte, à Trasimènes, à Gannes , à Zama. La paix universelle sera conclue dès que sera terminée cette lutte dévorante qui fit couler des flots de sang entre les Romains et les Parthes , entre Auguste et Antoine , entre le Bas-Empire et les Perses , entre les La> tins et les Grecs , entre les Sarrasins , Maures et Turcs , et la chrétienté. Apparemment , toute vanité européenne ^ part , il n'y a pas de combats qu'on puisse mettre en parallèle avec ces combats éternels qui précipitaient l'Europe à travers l'Asie jusqu'aux bouches de l'Euphrate et jusqu'à l'Indus 9 et qui ramenaient l'Asie h travers l'Europe comme un torrent qui a rompu sa digue. Apparemment ce prodigieux mouvement de flux et reflux , où des flots de peuples , traînés à la suite des Agamemnon et des Hector , des Xerxès et des Thémistocle , des Alexandre et des Darius , des Annibal et des Scipion , des Pompée et des Mîthridate , des Julien et des Kosroès , des Kaleb , des Ali et des Omar contre les Godefroi , les Frédéric et les Baudouin, des Charles Martel et des Abdérame , des Saladin et des Richard , des Mahomet II et des saint Louis, des Dandolo

(29) et des Soliman, des Charles-Quint et des Hariadan-Barberousse, des Hussiade et des Amurat, des Sobieski et des Mustapha , de Pierre-Ie> Grand et du grand-yisir Mehmet ^ venaient avec furie se choquer et se broyer Tun contre l'autre , et superposer l'une à l'autre des couches de civilisation; apparemment^ dis- je, ce mouvement^ par son étendue, sa durée et son intensité, efface tous les autres mouvemens belliqueux qui se sont passés à la surface do globe. La lutte la plus colossale , la plus générale et la plus enracinée qui ait fait jamais retentir la terre du fracas des batailles, est celle de l'Orient et de l'Occident. Cette lutte est le caractère distinctif de la phase de civilisation qui s'est écoulée depuis l'origine des temps historiques jusqu'à nous. C'est la manifestation la plus éclatante de la guerre que se font depuis six mille ans Y esprit et la matière ^ le spiritualisme et le sensualisme; guerre à laquelle nous venons mettre fin.

Auprès de la guerre de l'Orient contre TOccident toutes les autres guerres sont des dissensions intestines , des querelles de ménage ; il serait facile de les rattacher au principe même de la guerre de l'Orient contre l'Occident. La rivalité de la France et de l'Angleterre résume toutes les rixes européennes. Or de tous les peuples germains et Scandinaves , celui qui est et a toujours été le plus sensuel, le plus avide de la matière , est le peuple saxon , qui s'est installé avec son propre génie dans la Grande-Bretagne ( i )•

Le plan de pacification qu'attend le monde doit avoir pour objet l'association , dans une œuvre commune et créatrice, des deux plus grandes puissances belligérantes qui aient jamais existé, de celles qui dans leurs camps ont classé tous les peuples du monde , de l'Orient et de l'Occident.

(1) Voir sur ce sujet des détails dans le Globe an 14 janvier.

Et matateoant fixons nos regards sur la Méditerranée. Ce sont les fertiles pays qui bordent cette nappe magnifique I qui ont été les champs de bataille de l'Orient contre l'Occident. Le littoral de la Méditerranée c'est l'Espagne^ qui fut conquise et reconquise par Rome et par Garthage , par l6s Maures et les réfugiés des Asturies; c'est l'Italie, qui a frémi sous les pas d'Annibal; qui à son tour a inondé la terre , et qui depuis a tremblé un instant de voir les Sarrasins envahir la ville éternelle ; c'est l'Allemagne y dix fois à denii absorbée par les Turcs; c'est la France, qui a vu les Maures jusque sur la Loire, et qui, sous Brennus, avait envoyé ses enfans sacrilèges piller le temple de Delphes et i'knpatroniser en Asie; c'est l'Egypte, plus disputée ea^ <Mre que l'Espagne; c'est la côte d'Afrique, où il ne reste plus que des ruines de l'opulente Garthage , où les cités florissantes dans les basiliques desquelles prêchait saint Augustin sont réduites à de misérables villages gouvernés par un cheik arabe grossier et ignorant ; c'est la Grèce , la poétique Grèce, la Grèce policée, la Grèce riante et fertile , que l'Orient et l'Occident se sont si souvent arrachée qu'ils l'ont mise en lambeaux ; ce sont les provinces d'Asie naguères si riches , si belles , si vivantes , où furent Antioche et Ninive , Lphèseet Tyr , Palmyre et Jérusalem, magnifiques capitales , et Babylone , la ville du faste , la viHe des plaisirs , la ville sans pareille , aujourd'hui toutes décharnées comme des cadavres. Ge littoral , en comprenant dans la Méditerranée la mer Noire , qui est en effet um dépendance, c'est la Russie successivement subjuguée par les Polonais et les Tartares , population semi-asiatique> semi-'européenne. Ge littoral encore , ce sont Jes des que l'Orient et l'Occident se sont disputées pied à pied , dans ^es combats herculéens : Ghypre , Gandie , Rhodes et Malte. La Méditerranée a été perpétuellement sillonnée par

des ftoUM eimemies. Lu Méditerranée a élé une arène, un champ éloa où , durant trente sièeles , l'Orient et l'OC'*^ cident se sont livré èes bataillea* IMsotniab la Méditerra* née doit étbe comme un vaste fo#mn sur tous les points duquel cemmunieront tes peuples jusifu^ici divisés* Là Médfterf anée va devenir la lit nuptial de l'Orienl et dé rOecideni.

Ce n'tfst pas en vaià :qua les poètes de TBurope révent rOrient, qu'il le bhaiiteliidasâ leurs traiteperta. Ce n'est piii en vain qu'ils vont y fouler une terre riante , y caresser une nature voluptueuse , y chercher la trace des gloires passées et le germe des gloires à venir. Les poètes ont le don de prescience. Leur élan dans les régions orientales atteste qu'en effet une association est proche entre l'Orient et l'Occident.

Cette association sera consommée du jour où les princes et les peuples de l'ancien continent se seront dit : « A quoi hon nos intarissables querelles? > et que tous ils auront tourné la face vers la Méditerranée.

Car la politique nouvelle de l'ancien continent, qui doit tendre à établir une conununion de plus en plus intime entre l'Orient et l'Occident , doit avoir pour premier objet, pour but immédiat , la mise en pratique d'un système destiné à régénérer les contrées qui bordent la Méditerranée , et dont la plupart ressemblent à ces malades sur la figure desquels on s'apprête à jeter le linceul de mort ; tant leur a été cruelle la situation forcée de lutte où elles se trouvent retenues depuis quelques siècles !

Du jour où ce système méditerranée aura été assez élaboré pour qu'on puisse en entamer la réalisation , la paix reviendra en Europe comme par enchantement , et elle y reviendra à tout jamais; car l'état de défiance et d'obser-

valion armée où restent les peuples et les cabinets les uns vis-à-yis des autres , provient principalement de ce qu'ils ne se conçoivent aucun but pacifique d'activité.

Dans un prochain article je tracerai le cadre du système méditerranéen , je présenterai particulièrement les traits principaux d'un plan industriel conçu autour de la Méditerranée comme centre , tel que je l'ai conçu sous l'inspiration primordiale de notre p^re suprêhe Enfantin sur la conciliation de l'Orient et de l'Occident.

là FÉVRIER 183S.

IIOLITIQVB MOUtÉLLB.

La plus grande lutte, avons-nous dit , qui ait jamais fait vetentir la terré du fracas des armes » celle <pû a fait Ter aer le plus de âots-da sang» celle qui comprend toufte-la période par laquelle a passé l'humanité depuis l'origine des temps historiques jusqu'à nous , c'est la lutte de l'Orient Quatre l-Oceîdeal. Le plan de pacification qu^altend le nionde devraêtre la conciliation derOrient ettde l'Occident. Ce. sera la consécration politique de Taceiord qui doit» ^e»^ ter dans l'ayenir entre la matière et Vesprit , qui jusqu'ici ont p^pétudlement été0o gyerré. • ' !

La Méditerranée.iiy<ic. ses. rives a été lè^^ntinnel chaknp de bataille oinl Ventre -déchiraient l'Orient et l'Oceideirt» D0puis le débarquement des Grecs durTroade jii^uî'è la bataille de Nbvarin ïilp» Hédttenmnée ^étf l9 >prînt»pft| che»

min par lequel ils sont allés Tun l'autre se chercher le fei* à la main pour s'exterminer. « La Méditerranée, avons- » nous dît , doit être désormais un vaste forum sur tous » les points duquel communieront les peuples jusqu'ici » divisés. La Méditerranée va devenir le lit nuptial de l'O- » rient et de l'Occident.

La politique des Européens dans l'antiquité , dès que l'Europe eut reçu le germe du progrès par les colonies qui l'apportèrent avec elles de l'Egypte et de l'Asie , a été la soumission des barbares et des Orientaux en particulier. Chez les Grecs, Bacchus, Agamemnouet Alexandre; chez les Romains , Caton , l'ennemi de Garthage; les Scipions , Lucullus , Sylla, Pompée , ont été les principaux praticiens de cette politique.

La politique principale de la chrétienté vis-à-vis de l'Orient, tant que fut ardente la foi catholique, fut plus défensive qu'oifeusive y mais toujours belliqueuse : il s'agissait de repousser les infidèles, de délivrer les lieux saints. Les souverains pontifes , les apôtres dés croisades , tels que saint>Bièmat4 et Pierre-l'Ermite , el les princes croisés, se Mïki surtout consacrés à la faire embrasser et mettre en œuvre par les masseé qu'ils gou,veraaient de leur voix ou

d« ieîir glaive;

' AprèiJft réforme, ta lutte entre l'Orient et l'Occident perdît peu à peu soi^ intensitéi L'Orient s'assît et sembla 8<tsilââi<mir. Les Occidentaux, plus renikians^ HK>ntinuèrent à guerroyer les Uns contre tes autres. 'Depuis lors te porlitique européenne la plus élevée e^t celle qui a dicté le traité de Westphalic', que tous les traités subsé^oens n'ont modifié^i^'e'dans ses dispositions secondaires. Elle a 6u pour but:et pour raison , profonde quoique ignorée cepen-^ dant par beaucoup de ceux qui y ont pi#is part, Pabaisseinent

de la féodalité , personnifiée dans le saint empire. C'est particulièrement le cabinet français qui a présidé à ce mouvoment politique par Henri IV» Richelieu, Louis XIV, la Gon^ vention et Napoléon ( i ) .

La politique pacifique de l'avenir aura pour objet, dans son application la plus immédiate, de constituer à l'état d'association , autour de la Méditerranée , les deux massifs de peuples qui depuis trois mille ans s'entrechoquent comme représentans de l'Orient et de l'Occident : c'est là le premier pas à faire vers I'associA-tion ur«ivERS£LLis. La Méditerranée, en y comprenant la mer Noire et même la Caspienne, qui n'en a probablement été séparée que dans une des dernières révolutions du globe , deviendra ainsi le centre d'un système politique qui ralliera tous les peuples de l'ancien continent, et leur permettra d'harmoniser leurs rapports entre eux et avec le nouveau monde.

Considérons ce système méditerranéen sous le rapport industriel ; car la politique est spécialement le règlement des intérêts des peuples et des individus sous ce rapport.

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