C01IM17NICA.TI0NS. L£S CHEMINS D£ FER
L'industrie , abstraction faite des industriels , se compose de centres de production unis entre eux par un lien relativement matériels , c*est-à-dire par des voies de transport , et par un lien relativement spirituel , c'est-à-dire par des
(i) La rivalité de la France et de TAngletciTe, qui occupe une si grande place dans Phistoire moderne , est un fait d^une moins grande généralité que la lutte dirigée contre le saint empire. Aussi les politiques anglais, dans descas pressans, ont-ils renoncé a leurs projels contre la France en vue de la. prééminence qu^ils auraient ainsi assurée à la cour impériale. Voila pourquoi Henri lY trouva des secours près d^Elisabeth , et pourquoi après Denain la ivine Anne fiitsi prompte k écouter des propositions de paix.
( 56) banque^. J'accepterai proyisoirement la distribution des centres de production telle qu'elle existe aujourd'boi , et je ne parlerai ici que des communications. Il y a de si ^ étroites relations entre le réseau des banques et le réseau des lignes de transport, que l'un des deux étant tracé a?ec la figure la plus convenable à la meilleure exploitation du globe, l'autre se trouve par cela même pareillement déterminé dans ses élémeas essentiels.
Les moyens de communication les plus faciles que l'honnme emploie en grand aujourd'hui , indépendamment de la mer, que l'on rencontre toujours dans les grands trajels , sont les rivières et canaux , et les chemins de fer. Les chemins de fev n'ont été. observés jusqu'ici que du point de vue industriel abstrait. Ceux qui les ont étudiés étant des ii^génieurs et ne prétendant pas à être autre chose,, ont négligé la question politique et morale pour se renfermer dana la qjuestion technique. Lorsque, par exemple, ils ont e<miparé les chemins de fer aux canaux , Us ont été exclusivement préoccupés de mesurer les frais d'établîssetnen^ et le coût du transport. La question de rapidité ne leur a apparu que comme secondaire , et ils ne Font examinée que sous le rapport de la marchandise. Aux yeux des hommes qui ont la foi que l'humanité marche vers V association universelle , et qui se vouent à l'y conduire , les chemins de.fer. apparaissent sous un tout autre jour. Les chemins de fer le long desquels les hommes et les produits peuvent se mouvoir avec une vitesse qu'il y a vingt ans l'on aurait }ugée fabuleuse , multiplieront singulièrement les rapports des peuples et des cités. Dans l'ordre matériel le chemin de fer est le symbole le plus parfait de Yassociation universelle. Les chemins de fer changeront les conditions de l'existence humaine. Il y a vingt ans, ils n'étaient
(37 ) oinp4oyé6 que pour le service intérieur de quelques mines : inventés d'hier , ils ont déjà éprouvé des perfectionnemens prodigieux relativement à leur tracé, h leur construction et aux moteurs destinés h les parcourir. Déjà , grâce aux admirables machines locomotrices , façonnées par les ingénieurs anglais^ on peut aisément s'y transporter avec une vitesse moyenne de dix lieues ( 4o,ooo mètres ) à l'heure (i) , et je ne doute pas que prochainement l'on n'arrive à dépasser cette vitesse , même par tous pays. Or quand il sera possible de métamorphoser Rouen et le Havre en faubourgs de Paris , quand il sera nisé d'aller non pas un à un » deux à deux , mais en nombreuses CM^avanes, de Paris à Pétersbourg en moitié moins de temps que là masse des voyageurs n'eii met habituellement à franchir l'intervalle de Paris à Marseille , quand un voyageur, parti du Havre de grand matin , pourra venir déjeûner à Paris ; dfner à Lyon et rejoindre le soir même à Toulon le bateau à vapeur d'Alger ou d'Alexandrie; quand Vienne et Berlin seront beaucoup plus voisins de Paris qu'aujourd'hui Bor^ deaux, et que relativement à Paris Gonstantinople sera tout au plus 2i la distance actuelle de Brest, de ce joUr un immens^e changement sera survenu dans la coqstitution du monde ; de ce jour ce qui maintenant est une vaste nation sera une province de moyenne taille (s).
(i) Les Toyag^urs par«««R^e«t la distlince «le Liverpool k Manchester , qui est de 5i klloiM. ( i3 lieues) , en une heure et quart.
(S) £n ce moment, sur tes l'entes bien servies an continent, les dili{jences p*]«Goarent deux lieuetfi Theure. £n ne comptant que dix lieues pour les chemins ^ fer , il eo rëstlkeii^t^qu^ les distadoes seront à peine lé cinquième de ce qu'elles sont aujoard%ui. Si bien que les habitans de deux points placés à cinq oents lieuefs Tutf '4^ r«utt*e se trouveront dans lès mâmes rapports qui existent maintenant ^t^nire ceux de deux villes éloignées seulement de cent, lieues , et que par conséquent la population d'un pays dont la superficie se
: L'introduclion , sur une grande échelle , des chemins de fer sur les contînens , et des bateaux à sapeur sur les mers^ sera une révolution non-seulement industrielle, mais politique. Par leur moyen , et à l'aide de. quelques autres découvertes modernes , telles que, le télégraphe , il deviendra facile de gouverner la majeure partie des continens qui bordent la Méditerranée avec la même unité, la même instantanéité qui subsiste aujourd'hui en France. Or entre tous les pays, l'Angleterre exceptée, la France est de beaucoup celui où il est le plus aisé de communiquer l'impulsion du centre jusqu'à l'extrême circonférence (i).
Et cependant quelles que soient les merveilles qu'enfante déjà la vapeur sous les doigts de l'homme, il est encore novice à la manier et à l'appliquer soit aux chemins de fer, soit à la navigation. Les machines à vapeur sont des appareils compliqués et fort incommodes par lieurs poids , et
raijt de deux cent cinquante mille lieues carrée» , sera de fait placée dans les Trtènies circonstances que celle qui occupe aujourd^'hui un territoire vfngtcinq foi» moindre.
(i,) ^^8 obemiiis de fer, outre les avantages de Tordre moral et politique , présentent encore , sur les canaux et rivières , Tavantage matériel de n^être point sujets à chômages pendant Thiver, pendant les basses eaux^ et surtout celui de coûter moins à établir : on peut même les construire provisoirement pour la première fois à un prix extrêmement bas, sanfà les construire plus solidement lorsquMls ojit vivifié le pays qu^ils traversent. M. Litz annonce qu^aux États-Unis d^ Amérique , il en a été tracé de construction légère calculée pour dix années de service , en fer et en bois , et qui n'ont coûté que 7 ;5oo dollars le mille ( 22,000 fr. le kilom.). G^est bien moins que les routes rov aies de FrancQ avec leurs larges berges de boue. D'un autre côté, la rapidité de la course permet aux fabriques dont les produits les parcourent, de ne se point n^ettre en avances et deifabri^uer pour ainsi dire au fur et à- inesqre des bespÎQS 4^ la consommation. Avaç les canaux au contraire , il y a toujours une grande quantité dA.prod(iits en route , qui courent risque de se détériorer et dont la valeur con^itue .une énorme mise dçbofs.
(59) les expériences* les pkis scrupaleasés oonslaléiit ^'kvpon elles utilisent quatre à cinq pcnir cent 4e \m force calori&i que du combustible consocmné. Que sera-<;e' donc lors«i qu'une nouvelle inspiration scientifique^» ramenant rmitté dans des théories aujourd'hui embarrassées el complexes» aura éclairé ce qui n'est que ténèbres , tourné à' proit ce qui fait obstacle et mis de l'ordre au^sein du chaos ? i
Les chemins de fer figureront donc au'preiàîèr irang parmi les moyens de transport qui relieront les divers points du système méditerranéen ; et déjà , comme par un près sentiment d'avenir, les deux peuples les plus industriels du monde, TAngleterre et l'Amérique durNord, lorsqu'ils ouvrent des communications nouvelles , préfèrent généraleinent aujourd'hui des chemins de fer.
SYSTEME ci N^ AL. '3
- Or maintenant ^'on peut considérer la : Méditerranée comme une série de grands golfes qui «ont chacwtn l'entrée d'un large pays sur la ;mer. Dans chacun de ces golfes il y aura. à choisir un port principal^ et presque partout il isera possible d'ea trouver un. sur l'axe dela.plus importante des vallées aboutissant au golfe. Le port ainsi déterminé sera prisi pour pivot dTun ensemble d'opérations dont la plus capitale serait un chemin de fer qui i remontant l'a vallée médiale, irait par- dessus ou à travers le versant de^ cjaux cUeiH^her une autre ^vallée de premier ordre ; car les grands bassins des fleuves constituent géiléralement Jes dirigions itidiistrielles les plus naturelles. Et ces systèmes partiels > tous rattachés entre eux , constitueraient le système général.
Il • ••
De la sorte les grands courans d'eau seraient longés cha-
cttsjpar.iiii chédHii de-fer ^iqqi en masse leur aeriût p«ralr lélô y>et le grand iDoinrement d'hommes et de produits qiii aurait Iseili le long de jeur cours le trouyerait partagé «de sdrte qiie le chemin de fer ne porterait que les hommes et li^^projiuîtsiégert, laissant à la navigation le soin de charrier les- |naa*ohandisQs lourdes et encombrantes. Les communicatiioiis secondaires seraient ensuite spéctalement éta? biJesià i^aîde . fde ehemiiis de fer.
ESPJLOMË.
L'Espagne , qui. ferhie la Méditerranée à Tune de ses extrémités > présente particulièrement un golfe en entour noir mal clos , entre ia côte de Valence et de Ci^alogne (:t les Baléares. Prenant Barcelone (i) pour point central de ce golfe , concevons un* ebemia de fer qui , rejoignant la vallée de l'Èbre , la remonte jusqu'à Sarragosse , aille de iàeh^rdber le basain du Tage^ aborde Madrid. et continué jtisqn'à 'Lisbonne à^ trai^r» les, plaines de la CaatiUe» TËIstramadni^e et le PortugaL. Cehii^qui établirait cette voie aurait conéacré Funioii ' du Portugal et de l'Espagne , car il n'y a d'assodatidik possible qo'entre des peuples qui peu-^ vent s'épancher matériellement l'iiQ sur l'autre et vivre réelleiàent de la vié4'of| de Fàdtne. L'unitéespagnoleesjt fert: imparfeite, quoique le gouverhefaieiit actuel la préparé tous les jours à son insu. Les dèuze royaumes d'Isabelle et de Ft^dinand «ont isolés^ ont des lois dlversei^ des usages. diverse Un autre chemin de fer qui , parti 4o Cadix» remonterait le Guadalquivir ptor Séi^ille et Gorgone , rejoindrait
(i) Le port de Tarragone à moilië chemin de Barcelone et des bouches de PEbrè etteeponAantléportle^pluftiûr deU t6(e. . ^
Madrid', et iraU'versBàréepux. par le bassiiido la Garonne». s'iiétait^Kysfiibie^'qut» Jiançaiit des embranchemens à droite et à gteiÀciie de l'Èbre, Jîattt ainsi le magnifique {>ofi .du Pasêage^'ev^oBarceloneetTortose; établirait la plus courte oommatHcation possible enttie les deux mers, (i).; qui pousr sant d'autres bras ^ Pun à toavers la ?allée du Douero vers Porto y lin autre vers iW abondantes mines de charbon et de fer des Asturies , un troisième vers les riches mines de plomb de l'Afldalousiè (s) ; un tel chemin , dis^je, avec tous ses rameaux et avee la grande voie de Etarceloneà Lisbonne, serait comgoe un système de veines et d'artènes ' le long desquelles la cttUisation circulant réveillerait l'Espagne assoupie , en relierait les membres disjoints et la fe* raît passer dé la torpeur où ses gardiens l'ont plongée afin qu'elle ne bondtt pas hors du cercle tracé par le catholi* cisme, à cette enivrai) t^e- activité qui tiendra sans cesse les populations en moiteur sous l'em^re d'une foi religîeûsè^anctîfrant Findostrie , sur un sol riche et fertile , dàiis uAe atmosphère embaumée parles orangers et les aloès.' ' ' ■ ■ ' •''■■'• "'■■ •■ ' .■ ...•..'.
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Ë]^.^)cance le port principal du golfe dé Lyon est Mars^lç (§)q}4ii termine admimblea^çut r»admirablç yallé^ di|.
(i) Il y a loog-iemps qu'un canal est projeté et même topainencé dans ce
but. '^* *■ /■■••■■■.:•• '• •
(2) Ces mines , sises particulièrement près de Marbelia , CoumiMeiit aonuellement 32,000,000 dekilog. de plomb. Ce sont les 3/7 de la production totale de TEurope.
(3) Le port de Toulon est cependant beaucoup plus beau et plus sûr que celui de Marseille; mais Toulon, étant port de guerre, le mouvement oommercm) a^èst jusqu'à préseM'concenirë sur it viUe do» Phocéens.
Rhône. Il n'est personne qui, regardant la carte» n'ait rêvé
quelque grande communication entre Marseille et.le Ha-
vre, par Lyon et Paris, à travers les trois vallées du Rhône,
de .la Loire et de la Seine. La seule partie de cette belle
voie qui pût présenter de sérieuses difficultés à vaincre ,
celle qui doit lier le bassin du Rhône au bassin de la Loire,
est presque terminée aujourd'hui. Le plus haut avantage de
cette grande communication serait certainement d'ouvrir à
TAngleterre les abords de la Méditerranée. L'industrie jouera
un beau rôle dans la régénératioA des peuples méditer^
ranéens. La reine de l'industrie, l'Angleterre, ne saurait ne
saurait manquer d'apparaître avec éclat dans les paçifiquea
croisades qui s'ébranleront en Occident pour aller relever
l'Orient à demi enseveli sous des monceaux de ruines. Le
chemin de fer du Havre à Marseille sera comme un pont
jeté aurdessus de la France pour le passage de la puissante
Albion , de ses ingénieurs et de ses trésors.
. Les principaux chemins de fer qui sillonneraient encore la France seraient , i*" celui de Toulouse à Bordeaux , qui continuerait sur Paris par Orléans , et qui , par Metz , Sarrebruck aux inépuisables mines de houille, Mayence et Francfort , irait tourner les Vosges et la forêt Noire pour entrer en Allemagne., et dont un embranchement rattacherait à Paris Mons, Bruxelles et Anvers; 2"" ceux qui de Lyon rejoindraient les bassins de la Meuse et du Rhin , et descendraient jusqu'à Maëstricht et Amsterdam; 3"^ celui qui poursuivrait la Loire jusqu'à Nantes , et de là irait rallier la superbe rade de Brest.
ITALIK.
L'Italie, au territoire alongé , ressemble à un messager
(43 ) de l'Europe yers l'Afrique et TA^îe. l'Italie à l'ame d'artiste , l'Italie » voluptueuse et riante comme une fille d'Orient , aura une éclatante mission dans l'ère qui s'ouvre pour les peuples de la Méditerranée. Mais l'Italie sans uuité est condamnée à l'impuissance. L'Italie est bien morcelée; toutefois le sentiment de l'unité l'agite jusqu'au fond des entrailles. L'emblème matériel de l'unité italienne sera un chemin de fer qui s'étendra de Venise à Tarente par Florence , Rome et Naples , et auquel il sera facile de rattacher les points principaux du versant oriental des Apennins , ainsi que Livourneet les ports secondaires du versant occidental. Les derniers jours de Venise ne sont pas venus ; ses lagunes qui se comblent et ses canaux qui s'en* gorgent depuis qu'un lourd Autrichien la glace de sa présence , ne se changeront pas , comme les travaux des Sesostris et des Pharaons, en marécages fétides et impraticables. Qu'elles étaient brillantes les galères qui » portant la fleur des chevaliers de l'Occident , allèrent » après avoir en passant soumis Zara , asseoir Baudouin de Flandre sur le trône de Constantin et inaugurer le lion de Saint-Marc en Morée et dans les lies de l'Archipel I £b bien ! Venise lancera de son sein de nouveaux convois plus magnifiques. L'Adriatique est une pointe poussée par la mer vers le cœur de l'Allemagne; c'est une rade par laquelle l'Allemagne laborieuse est appelée à épandre autour de la Méditerranée ses produits et ceux des terres Scandinaves. Venise , qui est assise au sommet de l'Adriatique comme une reine aurdessus de sa cour, sera le centre auquel aboutiront les rayons en grand nombre dont chacun apportera les richesses de toute une contrée. De Venise partiront des chemins de fer qui iront l'un vers Gênes sa sœur, veuve aussi de son doge et de son antique liberté; i'autre à Turin par
Mtlan ; un lroî»ièiiie Ver« Hambourg , la Venise de la mer du Nord , par l'une des vallées latérales du Daaube, la vallée de la Moldau et celle de l'Elbe» où fleurissent de riches cités , Prague, Dresde ^ Magdebourg (i). Venise et Trieste sa voisine senmt deux des plus beaux bazars du monde.
ALL2IIAGNE. TURQUIE d'eUROPE,
L'Allemagne, dans ce grand mouvement qui pousse instinctivement tous les peuples vers Tunité, est presque parvenue à se donner un lien iatellefctue). Il y a en Ailemagne deux grandes divisions, l'Allemagne du nord et ^Allemagne du midi ; l'une revenant des doctrines du protestantisme ou d'individualisme à l'unité; Tautre, plus particulièrement occupée de s'initier à l'individualisme , après éire long-temps restée fidèle aiix doctrines exclusivement unitaires du catholicisme. Toutefois il y a par toute F Allemagne un même parfum de poésie contemplative mystique, Ken flottant qui relie vaguement les ame» élevées de la Teutonîe. Il y a entre les savans des univerj^ilés un 'Ken {)lus saisissablOé Les souvenirs dû Tugend Bund et de la Burschetuekaft sont d'autres éléniens d'unité également répandus sur r Allemagne du nord comme sur l'Allemagne du midi. Mais les communications matérielles sont peu activés sur la terfe germanique. Elles y sont loin de la célérité et de la régularité à laquelle elles sont parveliues en Angleterre bu en France. L'unité commerciale de l'Allemagne n'existe pas. De beaux chemins de fer établis dans quelques difeotièns principales seront des liens qui t^ssertcront tous ces peuples qui parient la même langiie et qui
(i) Il «Kitte un diemin de fer entre lé M^au et ic Danube.
ne s'entendent 4)as; qui ont les mêmes mœups , les mêmes habitude»» et qui restent de fait étrangers les uns aux autres. — Qu'on ouvi*e une voie qui partant de Mayence ou de Francfort , où aboutirait celle de Cadix à Paris prolongée par Metz, se dirige vers Ratisbonne dan» la vadlée da Danube » aille de là» par Linz , Vienne, Presbourg et Ofen» jusqu'à Belgrade^ où le sang de l'Orient et de l'Occident a coulé avec une si effroyable profusion ; qu'à Belgrade elle se bifurque, et qu'elle se dirige d'un côté vers Sophia , capitale de la Bulgarie^ où elle se bifurquera encore pour rejoindre Salonique dans l'Arcbipel , et Constantinople pair Ândrinople; de l'autre, côté par Bucharest jusi|u'à Odessa» principal étabMssemçiU dans la mer Noire, ville créée \neHf par un Français» M. de Richelieu^ et' dont k population est déjà de 4o»ooo âmes» -r- Qu'use seconde grande voie » prenant comaie la première son origine à Alayenoe ou è Francfort^ se déroule à travers la pkiine imoiense qui cosohmeoce aux Ftandres , qui se développe sur rAllemagne di| nord , dans toute la . Russie et dans les steppea de l'Asie septentrionale jusqu'au Kamsckatka ;^ qu'elle coupe à Dresde la ligne de YeJEktse à Hambourg» et qu'elle s*avaacQ parBreslau, Varsovie, Vilna et Riga, jusqu'à Çaiot-Pén tersbourg. Qu'on la rattache , par des embrancbemena >,.à Brème , daps^ te bassin du Weser; par le Hanovre^,, pajis de mines» aux bouches de l'Oder; àDantzick» qui dot Je bassin de la Vistule; qu'à travers la Silésie et la GalUcie» proviiuctils magnifiques » deux de ces embranchemens r^ lient par Breslau ». Berlin- et le pays de Cracovie.» )e poft d'Odessa, à Sftralsuud vers l'extrémité occidentale de la Ba^ t^ue^y et que l'un d'eux , se dédoublant pour traverser J g Hongrie dans sa plus grande dimension le long de la:Tbdiss^ noue les chemins du Nord avec le système méridional
(46) établi autour de Belgrade. -^ Que des embranchement partis de la grande voie du midi aillent rejoindre les salines de la forêt Noire , circulent daiis les plaines de la Sôuabe , remontent même jusqu'à Turin , s'il est possible , afin que le groupe du Nord et le groupe du Midi se déversent par cent issues l'un sur l'autre. — Et lorsque par ce réseau symétriquement distribué autour de Dresde » qui est la ville des Français de l'Allemagne , ce beau pays aujourd'hui emprisonné au milieu des terres , aura des portes ouvertes sur toutes les mers, sur l'Archipel , la mer Noire, l'Adriatique et la Caspienne , lorsque les pacifiques bourgeois de Vienne , qui frissonnent encore au souvenir du grand-visir KararMustapha , pourront itUer trafiquer à Constantinople tout aussi commodément qu'un négociant de Paris va rendre visite à son correspondant de Lille; lorsque les savans de la Germanie , sentant leurs sens émoussés » pourront aller chercher des inspirations dans les jardins odoriférans deBujukdéré et de Térapià , sous le ciel éùchanteur de la Propontide , tout comme le Parisien (|ui a besoin de se distraire va regarder à Dieppe le flux et le reflux de l'Océan; lorsque l'académicien berlinois et l'étudiant de Goettingue pourront en vingt-quatre heures passer des salles de leurs universités aux collections du Jardin-des-Plantes y à' une séance de l'Institut ou au musée du Louvre; lorsque la grâce de l'Italie, la finesse des Hellènes et l'élégante aisance des Français débordant incessamment sur l'Allemagne se marieront avec la sincérité , la conscience et la bonté d'ame des Germains ; lorsque tout cela subsistera » qui peut dire quelles seront la splendeur, la richesse et la force d'association au sein de la Germanie?