‹ Religions de l'antiquité (volume 2)Chapitre 17 sur 18 · XXVI · texte numérisé non relu

XXVI

633 b (CLXVIII). Sur le second petit côté du même sarcophage, se voit un chasseur, peut-être Mélèagre lui-même, couvert d'une peau de lion; il enfonce sa lance dans la poitrine d'un de ces animaux, qui se dresse contre lui; son casque est à terre; sous le lion est un autre chasseur renversé, tenant une épée courte et se couvrant de son bouclier, lbid., xxvin, 3.

634 (CLXXI ter). Mélèagre offre à Atalante la dépouille du sanglier de Calydon ; la jeune héroïne est en costume de Diane chasse-

'2.-J2 MYTHOLOGIE IIKROÏQIJE DES CRF.CS , ETC.

resse. — Mosaïque de Lyon, publiée par M. Artaud. Compar. le miroir étrusque dans Inghirami, Mon.Etr.fSer. II, part. II, pi. 61.

635 (CLXIX). Mélêagre combat contre les Curetés, armés par les frères de Sa mère, dans une sortie hors des portes de la ville , où se voit une colonne surmontée d'un vase, pour indiquer un tombeau. L'autre côté du bas-relief montre ce héros, qui vient de trouver la mort dans le combat, porté par plusieurs guerriers; son char, attelé de deux chevaux, est conduit par son compagnon; le peuple suit en foule, témoignant une affliction profonde; entre tous se distingue le vieil OEnée, qui presse le bras de son fils et le regarde avec l'expression de la douleur. Le bouclier placé au haut d'un poteau , presque au-dessus du cadavre, représente Mélêagre perçant de sa lance le sanglier de Calydon. Les deux cavaliers et les trophées placés aux deux extrémités paraissent être là pour la symétrie. — Winckelmann, Monum. ined., 88.

636 (CLXIX). Toxeus et Plexippus , ou Prothous et Comètes, oncles de Mélêagre, veulent lui arracher la hure et la peau du sanglier de Calydon, qu'il destine à Atalante. Mélêagre est nu ; sa chlamyde est jetée sur son bras gauche; il tient d'une main la dépouille du sanglier, et de l'autre son épée. Un de ses oncles est déjà étendu à t>es pieds; l'autre attaque Mélêagre, l' épée à la main. Le rocher indique que la querelle a lieu sur les montagnes de Calydon ; derrière est une Furie, qui poursuit Mélêagre avec une torche et un serpent; une autre Furie la suit, armée d'une torche; plus loin, Althée, mère du héros, en détournant les yeux du spectacle de la mort de ses frères, met le tison fatal dans le feu qui brûle sur l'autel. Une autre scène, conséquence de la première, s'ouvre vers le milieu du bas-relief. On voit Mélêagre étendu sur son lit; il meurt à mesure que le tison se consume ; le casque, l'épée et le bouclier du héros sont près de lui,

, ce dernier orné du Gorgonium. Le vieil OEnée, appuyé sur un bâton tortueux, est en face de son fils, dont il contemple avec anxiété la lente agonie; les deux sœurs de Mélêagre sont de l'autre côté , dans l'attitude de la plus vive douleur, et s'arrachant les cheveux; l'une d'elles soutient la tête du mourant, et

lui met dans la bouche la pièce de monnaie destinée à Charon. La femme placée derrière OEnée, et dont la douleur est encore plus fortement exprimée, est probablement Cléopdtre, épouse de Méléagre; celle qu'on voit assise sur un rocher, triste et pensive , doit être Atalante , en costume de chasseresse, et avec un chien à ses pieds. Le voile tendu au fond de la scène indique un appartement. La dernière figure debout à gauche est l'une des Parques, posant son pied sur une roue, attribut ordinaire ou de Némésis ou de la Fortune ; dans sa main elle tient un rouleau sur lequel elle écrit l'heure fatale deMéléagre. Tom. III, p. 333. — Mus. Capitol. IV, 35. Compar. Musée du Louvre, n° 270, et le remarquable miroir étrusque, dans Inghirami, Mon. Etr., Ser. II, part. II, pi. 62, où se voit Atropos (Athrpa), fichant le clou fatal, comme ci-dessus, fig. 43 1, coll. 591 c.

^7 (CXCIII). Pélias (I1EAIA2, en caractères archaïques) et Nélée (NEÀE), nus et armés de lances, retrouvent leur mère Tyro ( TYPIA) portant un vase suspendu à un anneau , signe de la condition où elle est réduite ; derrière Pélias, et sur un piédestal au bas duquel se dresse un serpent, est placée l'image d'une divinité dont le nom se lit Phlere ($AEPE); au-dessus est perché un oiseau, et un Génie ailé plane sur tonte la scène ; en bas, sur le manche de ce miroir étrusque, on voit une tête ailée coiffée d'un bonnet phrygien : ces figures ont sans doute rapport aux mystères. Voy. tom. III, p. 290 sqq. — Lanzi, Saggio, etc., II, xi, 5.

G38 (CLXVII). Jason rattache sa sandale à son pied droit (ici le gauche, parce que la planche n'a pas été gravée au miroir), après avoir porté Junon , changée en vieille femme, à travers le fleuve Anauros ; il la voit avec surprise reprendre ses formes divines, et il oublie de chausser l'autre sandale qui est devant lui (d'après l'explication de Winckelmann). — Statue du Musée du Louvre, n° 710, appelée autrefois le Cincinnatus , à cause d'un soe* de charrue que le restaurateur y avait ajouté d'après cette idée. De Clarac, Musée de sculpt.,pi. 309 (avec une nouvelle tête), coll. Mus. Pio-Clem. III, i 8.

6?>() (CXCVIII). Argus, coiffé d'un casque, construit le navire Argo ; il est assis sur la proue, qu'il travaille avec un ciseau et un mar-

'À*]t\ MYTHOLOGIE HÉROÏQUE DES GilECS, ETC.

teau; derrière lot est Tiphys qui dresse le mât; Minerve-Ergané, assise, casquée, vêtue d'une simple tunique et d'un grand péplus, ayant près d'elle son bouclier avec le Gorgonium , et la chouette perchée sur une colonne , l'aide à lever la voile et à l'attacher; l'édifice est le temple qu'Apollon avait sur le promontoire de Pagases, au pied du mont Pélion, où le vaisseau fut fabriqué. Voy. tom. II, p. 770-776. — Bas-relief de la villa A.lbani. Wiinckelmann, Monum. ined.y I, vignette, coll. Zoëga, Bassirilievi^ /t5.

6'.\g a (CLXX). Plaque de bronze représentant Argus qui travaille à son navire; Minerve-Ergané et Mercure, dieu du commerce, l'aident de leurs conseils, lbid. — Musée Borgia à Velletri. Flangini, V Argonautica di Apollonio Rodio, II, frontispice.

639 b (CLXXI ter). Jason (EA2YN) mettant lui-même la main au navire Argo. lbid. — Pierre gravée d'ancien style. Micau, atlas, pi. CXVI, 2.

64 0 (CLXX). Les Argonautes en marche sur le navire Argo. Hercule est à la rame du milieu; Tiphys assis à la poupe près du gouvernail ; tous ont la tête ceinte du strophium. — Fragment de terre-cuite, du cabinet du prélat Casali. Flangini, ibid.y I.

6^o a (CLXXVII). Le navire Argo et les Argonautes aux rames : on lit autour, AITii MArNHTftN ( Argo : monnaie des Magnètes). — Revers des médailles de Maximin, Gordien et Gailien, de Magnésie d'Ionie sur le Méandre, colonie de Magnésie de Thessalie, où le navire Argo avait été construit. Cabinet de la Bibliothèque du roi.

Nota. Voy. pi. XCIV, 354, ci-dessus, Hercule et Jason, à Lemnos, sacrifiant un jeune bœuf en l'honneur à'Atkéna-Chrysé.

64 1 (CLXXI). Trois Nymphes du fleuve Ascanius, éprises de la beauté d'Hylas, l'un des Argonautes et le favori d'Hercule, l'entraînent au fond de l'eau; des arbres et des broussailles entourent la source; dans la partie dégradée de la peinture, à droite, on voit dus qui entend les cris du jeune ami d'Hercule et ne peut le secourir. Voy. tom. III, p. 390. Compar. fig. 690. — Pitture d'Ercolano, IV, 6.

64a (CLXXI ter). Médaille de Cyzique : à la face, on voit la tête et le nom du héros Cyzicus, fondateur de cette ville, qui accueillit les

Argonautes à leur passage; au revers (non reproduit ici), deux serpents entortilles autour de dvux /lambeaux allumés, et un autel au milieu, d'où s'élève une flamme, symboles relatifs au culte de Proserpine , avec l'inscription KYZIKHN11N TŒ£»KO- PI2N. Voy. tom. III, p. 54 1, 56o, etc. — Hunter, Num, popul. eturb. XXIV, i5.

6/|3 (CLXXXVII). Amycus ( amvces), roi des Bébryces, défie Pollux (poloces), au combat du ceste; ils sont tous deux nus, et leurs bras garnis des courroies nécessaires ; Amycus est assis sur

Pune base près d'une colonne ; Pollux est debout sur la poupe du navire Argo; Diane-Lune (losna), appuyée sur unehastepure, et caractérisée par le croissant, assiste au combat. — Miroir italique. Musez Kirkeriani œnea, pi. IX. 644 (CLXXI). Pollux a vaincu, au combat du ceste, Amycus, roi des Bébryces, comme en témoigne la figure ailée de la Victoire, qui plane au-dessus de la scène, portant une couronne et, une bandelette; maintenant il l'attache à un arbre pour le faire mourir, sans doute du même supplice que Marsyas; Minerve assiste à cette exécution, et semble correspondre à la Lune du sujet précédent; Apollon, couronné de laurier, ayant aux bras de riches bracelets, et tenant une lance, comme la déesse, est assis près d'elle et contemple le châtiment du Barbare, ainsi que plusieurs des Argonautes, portant également des lances, et placés à droite ou à gauche du groupe principal, dans différentes positions; derrière Pollux on voit le Génie de la mort , figuré à la manière étrusque, le pied posé sur un rocher, dans l'attente de la proie qu'il va saisir ; le personnage couché au pied de l'arbre, près duquel sont les vêtements et les chaussures des combattants, est sans doute le génie du lieu. Cette scène n'est qu'un épisode de V arrivée des Argonautes sur la cote de Bithynie, que représente la suite de ce dessin. Le navire Argo est au centre, et porte encore une partie des héros ; d'autres sont descendus pour puiser de l'eau à une source gardée par un Silène (cf. fig. 490' a et pag. 207, ci-dessus), et qui jaillit de la gueule d'un lion; un Argonaute boit dans une coupe, sa lance à la main ; plus loin,

§une Nymphe locale est couchée sur son péplus.— Bande circu-

dessins sur bronze, et dans laquelle était le miroir ci-dessus. Musei Kirkeriani œnea, pi. I.

°^4 a (CLXXI bis), Phinée, délivré des Harpyies, qui infectaient sa table , par Zétès et Calais, fils de Borée, et Argonautes. Ceuxci sont ailcV comme leur père (53o, 53 1); quant aux Harpyies, leur forme est adoucie et se rapproche de celle A' Tris, leur sœur (confér. ci dessus, p. 219, etjes monuments indiqués); seulement leur mouvement est violent et désordonné, conformément à leur nature; elles fuient dispersées, au nombre de trois, devant l'attaque victorieuse des Boréades , et elles emportent les débris du festin du vieux roi, couché sur une cliné, dans l'attitude de la douleur. Voy. tom. II, pag. 365. — Peinture de vase. — Millingen, Unedited Monum., p. 40 et pi. XV. Il faut comparer, outre la peinture ci-après , 647 , celle d'un vase de Canino, maintenant au Musée Britannique, et publié dans le vol. XXIX, pi. XVI, p. 144, du recueil de la Société des Antiquaires de Londres, où l'on retrouve, d'après l'idée très vraisemblable de M. le duc de Luynes, Zétès et Calais^ complètement armés, emportant le cadavre de Phinée dans le pays des Bistons, ; en présence d'/m non ailée, avec le caducée, et d'une femme éplorée, qui doit être l'épouse du roi, Cléopatra.

6V|t> (CLXXII). Orphée , en costume hellénique, couronné de laurier et la lyre à la main, charmant par ses accents les animaux ■ divers qui l'entourent, à commencer par le lion sur lequel il semble assis; chacun des compartiments extérieurs renferme un animal différent. Voy. tom. III, p. 107 et 120 sqq. Compar. la fig. suiv. — Mosaïque de dix-sept pieds de haut sur autant de large, trouvée près de Granson en Suisse. Laborde, Voyage pittoresque de la Suisse, n° 197. O. Mùller (Archœol., p. 649, deux, édit.) parle d'une mosaïque semblable et non moins belle trouvée récemment près de Rottweil.

645 a (CLXXII bis). Orphée, en costume phrygien ou thrace, avec la mitre et les anaxy rides , pinçant la lyre et environné d'une foule d' animaux divers que charment ses accents. Même tome, ibid. — Peinture sur mur, dans la catacombe de saint Calixte. Bottabi, iSca/tare e pitture sagre, etc., tab. LXIII.

645 b (CLXXII bis). Orphée à l' entrée des enfers, d'où il veut re-

ra

tirer son épouse Eurydice, tenant sa lyre, par les sons mélodieux de laquelle il charme jusqu'à Cerbère aux trois têtes, qui garde cette entrée et paraît écouter attentivement. Orphée est complètement nu, et une simple bandelette ou un diadème orne sa tête. Creuzer, citant Horace, Od. III, n, v. i5 sqq. Même tome, ibid. — Pierre gravée, dans Leonardo Augustini, Gemmas antiquœ depictœ, part. II, tab. 8, coll. pag. 22. Compar. notre pi. CXLIX bis, 555, où Orphée, dans la même action, porte un riche costume thraco-phrygien. La scène qui fait suite à celle-ci, et où Orphée perd à jamais Eurydice au moment où il la retrouve, est le véritable sujet de la fig. 727 ci-après.

645 c (CLXXII bis). Mort à' Orphée , qui tombe en se défendant avec sa lyre contre une Bacchante furieuse, prête à le percer de son épée; les bras de cette dernière portent des stigmates formant une espèce de tatouage, usage thrace sur lequel il faut voir la note 5 du tome III, p. io5 sq. — Peinture de vase, dans les Mon. de l'Instit. de corresp. archéol. I, pi. V, 2 , expliquée par Th. Panofra, dans les Annales, tom. I, p. 265 sqq.

646 (CLXXIII bis). Arrivée des Argonautes chez JEétès. On voit, à droite, une colonne, et auprès, le roi de Colchos debout dans son palais , tenant un sceptre à la main , avec un grand vase à ses pieds, signe de ses immenses richesses; un des Argonautes, probablement Jason, leur chef, lui présente la tessère de l'hospitalité, sur laquelle on lit le nom de 2lzY4»02 , en souvenir de l'origine corinthienne d'jEétès; plus loin, Médée communique à l'une de ses femmes l'impression que fait sur elle la beauté du héros. A gauche de la colonne, le même Jason, la lance en terre, saisit la main que lui présente Médée et forme alliance avec elle; un Argonaute semble lui désigner la princesse; trois autres sont derrière, tous portant des couronnes de laurier. Voy. tom. III, pag. 423, 425 sqq., et surtout la note 2 sur le livre VIII, dans les Éclaircissem. de ce tome. Compar. les deux sujets suivants. — Peinture de vase. Dubois Maisonneuve, pi. 44-

646 a (CLXXXVII ter). Médée ( MHAEA ), en costume asiatique, faisant d'une main le geste de relever son voile, dans l'autre tenant une eiste, s'avance, précédée d'une de ses femmes (E . . . EPA , selon M. Gerhard rEAspa; EA...EPA, selon M. de Witte :

peut-être E/aspa), qui semble la rassurer, et suivie d'une autre (NIOTH ouNIOBH); Jason («MA0KTHTH2, épithète caractéristique, substituée au nom propre), qui marche le premier, portant deux javelots, se présente devant Métès ( A .... 2 , l'initiale et la finale du nom kwnç que croit avoir distingué M. Gerhard) assis, le bandeau royal au front, le sceptre en main, pour lui demander sa fille, lbid. — Deuxième tableau de la partie inférieure du vase dont les peintures occupent cette planche et la précédente. Le troisième et dernier tableau, 646 an, figure, suivant M. Gerhard, un mariage attique : deux éphèbes, OEneus et Dcmo/?^o«, s'approchentd'unejeunefiancée, nommée Chrysis ;Ito\s autres, qui paraissent envier leur bonheur, se trouyent dans le voisinage. Le nom de l'un d'eux se lit assez bien KAYMEN02; mais ceux des deux autres sont tellement altérés, que M. de Witte croit pouvoir lire XPY2IIT02 au lieu de IITO/.oftN, et $A£iN au lieu de ANtioXo?. Le premier tableau de cette partie inférieure est expliqué 665 a, et celui qui remplit toute la partie supérieure, 787 a, où nous nous étendrons sur le rapport de ces divers sujets entre eux et sur l'histoire même de ce vase célèbre.

646 b (CLXXXVII ter). A gauche, Jason dompte les taureaux de Colchos, en présence à'Métès; à droite, il s'unit avec Médée voilée, sous les auspices de Y Amour. Ibid. — Bas-relief du Musée du Louvre, n° ^73. De Clarac, Mus. de sculpta pi. 199.

646 c (CCXLVIII). Jason tenant par les cornes les deux taureaux aux pieds d'airain qu'il a domptés, lbid. — Fragment d'un basrelief du Musée de Turin. Marin. Taurin., II, 3o.

647 (CLXXÏII bis). Jason, l'épée à la main, combat le dragon gardien de la toison d'or, en présence de Médée debout derrière lui, tenant la ciste, et de cinq Argonautes assis, parmi lesquels on distingue à leurs ailes lesBoréades, Zétès et Cataïs (compar. fig. 644 a), lbid. — Peinture faisant suite à celle du n° 646, et prise du même vase, d'après Dubois Maisonneuve, pi. 44-

64 7 a (CLXXI ter). Jason, avec le casque, le bouclier et la chlamyde, contemple la toison d'or suspendue aux branches d'un chêne autour duquel est entortillé le dragon qui la garde; sur un autel placé au-devant ( celui de Jupiter Laphystius) repose la tête du

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EXPLICATION DES PLANCHÉS. 279

bélier jadis sacrifié par Phrixus (fig. 63o, 63o a et £).Tom. III, ibid. et p. 429, 433. — Pierre gravée du Cabinet de l'Académie de Cortone. Flangini, Argon, di Apollon Rod., I, 434.

"47 b (CLXXI ter). Jason devant une colonne autour de laquelle s'enroule le dragon gardien de la toison d'or, que combat l'oiseau lynx. Ibid. — Pierre gravée, lmpront. delï Instit. di corresp. archœol. I, 75, 76. Compar. dans Combe, Terracott., 53, Jason recevant lynx par l'entremise d'Hermès; et, 52, Médée charmant le dragon par un breuvage magique, comme dans Millingen, Vas. de div. collect., pi. VI , où en même temps Jason l'attaque avec l'épée. La planche suivante, ibid., montre, selon nous, le héros, couronné par la Victoire, présentant la toison d'or à Pélias; Médée l'accompagne. Un autre terme de comparaison bien plus remarquable à tous égards, est cette peinture de l'intérieur d'une coupe, publiée par M. Gerhard, Berlin, i835, qui représente Jason (iAZON) ou dévoré ou plutôt revomi par le dragon, en présence de Minerve attentive, tenant la chouette dans sa main. On peut consulter à ce sujet notre note 2 dans les Éclaircissem. du liv. VIII.

6/»8 (CLXXXIII). Médée tient l'épée qu'elle va remettre aux filles de Pélias, roi d'Iolcos, pour égorger leur père, sous prétexte de le rajeunir, comme elle a fait du vieil iEson; elle a son péplus retroussé, et le geste animé de sa main gauche témoigne de la vivacité de ses exhortations; une des Péliades , qui -l'écoute avec l'expression d'une anxiété profonde, tient le vase rempli de la liqueur destinée à produire le miracle annoncé; l'autre fuit, sans déguiser l'horreur que lui inspire la proposition de Médee. Tom. III, p. 425 sqq., etc. — Peinture de vase. Tischbein , I, 7. Compar. dans de Witte, Catalogue étrusque , 124 ? la description d'une autre peinture de vase , où l'on voit Médée auprès de Pélias, ressuscitant en présence de ses filles, et pour les persuader, un bélier qui s'élance d'un lébès.

^9 (CLXXIII). Cinq groupes représentant les principales scènes de la Médée d'Euripide. En partant de la gauche, on voit d'abord Jason , vêtu de la chlamyde et la tête ceinte du strophium , dans une attitude pensive, à la porte du palais deCréon, à Corinthe; ce palais est orné des festons qui ont été suspendus pour le ma-

&fté MYTHOLOGIE HEROÏQUF. DES GRECS, ETC.

riage du héros avec la fille du roi. Plus loin, dans l'intérieur d'un appartement, indiqué par une tenture, Médée assise se livrr à son désespoir; près d'elle est sa vieille nourrice qui l'excite à la vengeance ; derrière la nourrice est le Génie de l'hymen couronné de fleurs, tenant dans sa main gauche le flambeau nuptial qu'il se prépare à éteindre, et dans l'autre des pavots, symbole de l'oubli : ce génie remplace ici le Pédagogue de la tragédie grecque. Les deux fils de Médée, Mermérus et P/térès, portent, l'un une double couronne, et l'autre un péplus, présents funestes qu'ils doivent offrir à Creuse, nouvelle épouse de Jason ; près de Médée, on aperçoit à terre un diptyque (fig. 6o4 d) sur .lequel est inscrit l'acte du divorce. Dans le groupe suivant, Egée, note de Créon, rencontre /#«>« qui s'arme pour la défense deson épouse, sur laquelle les affreux présents de Médée ont déjà produit leur etfet; la fatale couronne a embrasé la chevelure de l'infortunée princesse ; le péplus empoisonné traîne à terre. Creuse, en proie aux plus horribles douleurs, va tomber sur le lit qui est derrière elle ; Créon est accouru à ses cris, et s'arrache les cheveux de désespoir ; le buste de Neptune^ dieu protecteur de Corinthe et de l'Isthme (fig. 5ioa) est sur un piédestal. Le quatrième groupe représente Médée qui a tiré l'épée du fourreau pour égorger ses fils ; ces malheureux enfants jouent à ses pieds avec une boule et le fût d'une colonne. Dans le dernier groupe, Médée, dont les traits égarés annoncent le forfait contre nature qu'elle vient de commettre, est sur son char traîné par deux dragons ailés, qui vont la soustraire à la vengeance de Jason; l'un de ses fils est couché sur le char; elle a chargé l'autre sur son épaule pour l'emporter avec elle. Ibid. — Bas-relief à Mantoue. Mus. di Real. Acad. diMantov., V, 58. Il faut comparer les deux autres copies du même original, au Musée du Louvre, n° 478 (de Clarac, pi. 204), et au Vatican (Winckelmann, Mon', ined., 90, 91), ce dernier plus riche encore.

650 (CLXVII). Médée entre ses deux enfants, tire une épée de son fourreau pour les tuer; ils implorent sa pitié. — Groupe trouvé à Arles. Millin, Voyage au Midi de la France, atlas LX VIII, 2.

65 1 (CLXXIII). Bas-relief représentant trois scènes différentes, empruntées à YAlceste d'Euripide. Au milieu est Alceste mou-

EXPLICATION DES PLANCHES. ?,8t

rante, étendue sur son lit et entourée des siens; sa fidèle nourrice, placée derrière elle, témoigne une vive douleur; à ses pieds sont la nourrice et le pédagogue de ses enfants, qui paraissent éplorés aux genoux de leur mère, sur le marche-pied de son lit ; Alceste remet au pédagogue le rouleau qui contient ses dernières dispositions relatives à ses fils. A droite, Admète, son époux, se tourne vers Hercule, dont le temps a emporté la figure, que l'on remarque sur d'autres monuments; entre eux ' est une des femmes d'Alceste en pleurs. Dans la partie gauche, Admète ordonne aux habitants de Phères de célébrer les funérailles d'Alceste avec la plus grande pompe; plus loin il reproche à son beau-père Phérès, de n'avoir pas voulu, dans un âge aussi avancé que le sien , mourir pour lui , et d'avoir souffert qu' Alceste se dévouât ; le vieillard s'appuie sur ilù bâton noueux ; des habitants de Phères les entourent. Voy. tom. II, p. 202. — Zoëga, Bassiril. ant., I, 4^, C°M Gerhard, Ant. Bildw., 28.

552 (CLXXIV). Jupiter, coiffé du modius cQinme Sérapis-Pluton (fig. 554 à), du reste comiquement déguisé en Amphitryon sous les traits d'un vieux Satyre barbu et ventru (4^8 b, /»o,5, etc.), tient une échelle pour monter à la fenêtre d'Alcmène, qu'il vient voir secrètement. Mercure, travesti en esclave comme le Sosie de Piaule, est figuré sous des traits analogues, mais reconnaissable à son pétase et à son caducée ( 4i5, 422 ); ministre complaisant des intrigues de son maître, il l'éclairé avec une lampe (si ce n'est plutôt une coupe qu'il présente à Alcmène pour la séduire) ; tous deux ont des caleçons, ainsi qu'on en voit à d'anciennes figures de comédiens. Cette véritable caricature , qui rappelle la scène du n° 275, est probablement fondée comme elle sur la représentation de quelque drame satyrique ou comique de l'antiquité. Voy. tom. II , p. 196 et 689. — Peinture de vase. D'Hancarville, IV, io5.

653 (CLXXV). Alcmèrte, qui vient d'enfanter Hercule, est étendue sur un lit qu'entourent plusieurs femmes dans différentes attitudes; l'une d'elles tient le nouveau-né entre ses bras; les deux dernières, à gauche, paraissent être deux magiciennes envoyées par Junon pour empêcher l'accouchement; l'une des deux a les doigts entrelacés, ce qui était regardé chez les anciens comme

un maléfice, tandis que l'autre vient de les séparer (Ilithyic provoquée par Galinthias); Mercure, Têtu de la chlamyde, coiffé d'un pétase sans ailes, et tenant le endurée» vient recevoir l'enfant pour le porter à Jupiter. Sur l'autre partie du bas-relief, à la gauche à' Hercule qui en occupe le centre, appuyé sur sa massue, coiffé et vêtu de la peau du lion, on voit Mercure qui emporte le héros enfant dans ses bras; devant lui est le fleuve 1smr/iusy qui coulait près de Thèbes , représenté sous les traits d'un vieillard couché sur les rochers de sa grotte, d'où l'on voit jaillir sa source, et tenant une rame à la main; à l'extrémité, une figure restaurée, que l'on croit être celle & Amphitryon , adossée à une colonne. Même tome, p. 194 sq. coll. i33, ef 689. — Mus. Pio-Clem. IV, xxxvn , 37. Compar. la peinture d'un vase de Voici, dans Mica m, pi. 76, 2.

^J4 (CLXII). Hercule enfant écrase deux serpents ; derrière lui est sa mère Alcmène, qui exprime sa frayeur ; Amphitryon, assis sur un siège élevé, ayant un sceptre dans la main gauche, de la droite tire son épée pour secourir le jeune héros; l'autre enfant, que porte dans ses bras le pédagogue h. l'habillement barbare, est Jphiclus, frère d'Hercule. Même tome, p. 196. — Pitture d'Ercolano, I, vu, coll. Mus. Borbon. IX, 54- Il y avait un tableau de Zeuxis du même sujet. On le retrouve aussi, moins développé, et dans la sculpture et sur les médailles.

""*■* (CLXXVI). Divers événements de la jeunesse ft Hercule, sur un bas-relief partagé par des colonnes en compartiments alternativement arqués et architraves. Deux sphinx sont placés aux deux angles; une plinthe et une corniche, richement ornées, entourent tout l'ouvrage; dans les arcades sont des figures, et sous les architraves il y a deux sujets tirés de la jeunesse d'Hercule. Dans la première niche, à droite, est Minerve, protectrice duhéros,armée dubouclier,delahasteetducasquecorinthien, sans parler de Fégide ; celle du milieu est occupée par Junon, persécutrice d'Hercule, mais par cela même cause de sa gloire, appuyée sur un long sceptre; la troisième figure est restaurée en Bacchus, frère du héros thébain (fig. 457, 685). La scène qui est entre Minerve et Junon représente Hercule enfant ; il étouffe les deux serpents envoyés contre lui par cette dernière déesse ; Alcmène est stu-

péfaite de sa force, et Amphitryon accourt en tirant l'épée ( fig. précéd. et suiv.) ; dans le fond sont les murs de Thèbes. Dans l'autre compartiment, entre Junon et Bacchus, on voit Eumolpus (ou Linus) assis, enseignant la musique au jeune Hercule, qui joue devant lui de la lyre ; d'une main Eumolpus semble régler la mesure, et dans l'autre il tient un rouleau ; derrière Hercule est la fille du vieux musicien (ou une Muse), que son vêtement ne couvre qu'à moitié, et qui paraît écouter. Même tome, p. 195 sqq. — Mus. Pio-Clem. IV, xxxviii, 38.

356 (CLXXVII). Suite du même bas-relief. Ici Minerve occupe la niche du milieu; Mars et Amphitryon sont aux extrémités, le premier armé de toutes pièces , l'autre recounaissable à l'épée qu'il veut tirer pour secourir son fils contre les serpents (654, 655); près de lui est un cippe pour indiquer que cette scène se passe dans un édifice. Sur le plan entre Amphitryon et Minerve, on voit Hercule , coiffé de la peau de lion retroussée autour de sa ceinture; il tient dans la main gauche un arc avec lequel il a décoché une flèche; les deux personnages qui l'accompagnent sont des Scythes, qui l'instruisent à tirer de l'arc ; près de lui est le carquois. Dans l'autre plan, Hei'cule armé de la lance, la chlamyde ou bien la peau de lion jetée sur ses épaules, combat et tue les Hippocoontides. Les bas-reliefs qui rappelaient les divers événements de la jeunesse d'Hercule étaient très propres à la décoration des gymnases, et c'est à quoi celui-ci paraît avoir été destiné. Même tome, ibid. — Mus. Pio-Clem. IV, xxxix, 3i5. 557 (CLXXVII). Vase de marbre de trente-deux palmes de circonférence, de la villa du cardinal Alexandre Albani ; les figures sculptées autour représentent les travaux d'Hercule. — Winckelmann, Monum. ined., n° 64. Le développement de ces basreliefs se trouve sur les deux planches suivantes. 657 (CLXXVIII-CLXXIX). Le premier travail représenté sur le vase qui vient d'être cité, est (a) le lion de Némée étouffé par Hercule nu et sans armes ; la Nymphe de Némée tient la palme qui attend le vainqueur dans les jeux qu'on y célèbre, (b) Hercule portant la peau de lion et la massue , emmène par la main Thésée coiffé du pétase des voyageurs , et le délivre de la prison d'Aïdonée où il était renfermé sous la garde de Cerbère qu'on

voit à ses pieds, (c) La figure assise devant Hercule est la Thrace, pays de Diomède, dont le héros armé de la massue dompte les coursiers; la roue indique le char auquel il va les atteler, (d) Hercule écrase de sa massue Y hydre de Lerne , figurée comme un gros serpent à neuf têtes; derrière le héros est la Nymphe du marais de Lerne, ou bien Amymone dont la source était voisine (658, 658 a et b) ; le palmier est ici à la place du platane sous lequel l'hydre avait pris naissance su sein des bois, (e) La figure suivante peut être OEnoé ou Cérynée, nymphe du lieu où se passe l'action ; l'espèce de pétase de chasse dont elle est coiffée et auquel elle porte la main, marque dans tous les cas une hôtesse des forêts; quant à Hercule, il est sans armes et il vient d'atteindre à la course la biche aux cornes d'or et aux pieds d'airain; le genou posé sur sa croupe, il saisit d'une main l'une de ses cornes, de l'antre sa bouche; le cerf est un de ceux qui traînent le char de Diane (32o, 3ai). (/") Dans le.groupe suivant, Hercule tue à coups de flèches les oiseaux Stymphalides ( 66 1 , 66 1 a et b); la Nymphe du lac Stymphale pleure leur mort, (g) La Nymphe de VEtymanthe, assise sur un rocher, s'afflige aussi de voir le héros porter sur son épaule le sanglier qui faisait l'ornement de ses montagnes, (h) Hercule dompte le taureau de Crète ; Britomartis assise en face tient un bouclier rond, (i) Le groupe d'après montre Hercule nettoyant Yétable d'Augéas , allusion au dessèchement des marais de l'Elide; le héros puise avec un vase l'eau du Pénée ou celle de Y Alphèe, placé devant lui, parce qu'il détourna le cours de l'un ou l'autre de ces fleuves pour accomplir cette grande opération. \k) Hercule combat Gêryon au triple corps et dont les bras tiennent trois boucliers, une lance et une épée (compar. 664 et suiv.) ; le héros n'est armé que de sa massue et de sa peau de lion qui lui sert de bouclier; Ylbèrie (ou Êrythia, coiffée d'un casque local et tenant un bouclier, est assise derrière Géryon. (/) Plus loin on voit Hercule, à peu près dans la même attitude et avec les mêmes armes, tuant le dragon qui gardait les pommes du jardin des Hespérides (665, 665 a et suiv.); derrière l'arbre autour duquel il s'entortille, est une de celles-ci. (m) Les boucs qui suivent et qu'un autre arbre sépare du groupe précédent, ont été rapporte's à l'Afrique

et à sa richesse en bêtes à laine ; mais nous pensons qu'ils tiennent à la scène suivante et désignent la localité, si riche en troupeaux et surtout en chèvres, de l'Arcadie : c'est le théâtre du dernier des douze travaux et du combat d'Hercule contre les Centaures de Pholoé (659, 659/2); le héros est armé, comme dans les deux scènes qui précèdent, de la massue et de la peau de lion; son arc et son carquois sont à terre; le Centaure tient de la main droite une grosse branche d'arbre avec laquelle il va frapper Hercule; son autre bras est couvert d'une peau qui lui sert aussi de bouclier. Voy. tom. II, p. 198 sqq. Compar., pour l'ensemble des douze travaux, dont plusieurs sont différents et l'ordre varie, ûg. 672 ci après; et pour les détails, 658-666, etc. Ajoutez , pour le lion de Némée , le sanglier d'Erymanthc , la biche de Cérynée, le taureau de Cnosse, les représentations archaïques, dans Micali, atlas, pi. 89, 85, 92; Maisonneuve, Vases, pi. 66; British Muséum, MarbL, II, 7 : ou idéales, dans le groupe du Mus. Florent. , III, 65 ; sur les métopes du temple de Thésée, Stuart, Antiq. ofÂth., vol. III, ch. I, pi. XI, 1-6; sur celles du temple de Jupiter à Olympie, de Clarac, Mus. de sculpt., pi. 195 by n° 211, A et C; etc., etc. — Winckelmann, Monum. ined., n° 65.

658 (CXCII). Hercule vêtu d'une tunique, armé d'une cuirasse, d'un casque, de cnémides, d'une épée, et portant sur son bras gauche sa chlamyde, qui lui sert de bouclier, lance des traits pour faire sortir V hydre de Lerne du marais qu'elle habite ; derrière lui est Minerve vêtue d'une tunique et d'un pépins, coiffée d'un casque et armée d'une lance; son égide, bordée de serpents, est étendue sur son bras gauche en guise de bouclier; elle va tuer un cancre énorme qui, pour secourir l'hydre, veut mordre au pied le héros qu'elle protège. Sur l'autre face du même vase, on voit Hercule (le personnage précédent doit être Iolaùs, son neveu et son compagnon) couvert de la peau du lion jetée par-dessus sa tunique ; il a quitté sa massue pour une harpe, pareille à celle de Persée (608, 610 etsuiv.), avec laquelle il va couper les têtes du monstre, et il vient d'en saisir une; ces têtes sont au nombre de neuf; la queue de l'hydre est fourchue. Sur les deux faces de ce vase, on aperçoit des traces d'inscriptions devenues indéchiffrables.

Tom. II, pag. 196, 200, 809. — Millin, Peint, de vases, II, 7$. 658 a (CCXLV). Hercule (HEDKoLE), nu, va combattre Vhydre; il tient d'une main sa massue, de l'autre une plante qui doit le guérir des morsures du monstre ; sa peau de lion est jetée sur son épaule; entre ses pieds on voit, le carquois avec la peau qui en couvre l'ouverture (c'est plutôt un tronçon de l'hydre déjà terrassée). A. côté de lui est Minerve (MENEDFA rétrograde), vêtue d'une longue tunique, recouverte en partie d'un himation et de l'égide ornée du gorgonium; le front de la déesse est ceint d'un bandeau et elle a des ailes , deux particularités fort remarquables; de plus, elle tient une baguette, traversée de traits ou de caractères qui expriment peut-être des nombres. 'L'hydre est un énorme serpent à trois têtes dont deux sont barbues. Ibid. — Miroir étrusque. Lanzï, Saggio, II, xi, 1.

658 b (CLXXV). Hercule, jeune et imberbe, et complètement nu, tient dans une main un des tronçons de Vhydre, dans l'autre un flambeau allumé, dont il les brûle pour empêcher les têtes de se reproduire ; plusieurs de ces têtes sont encore vivantes, quoique le monstre soit renversé derrière le héros, sur ses deux pieds armés de longues griffes. Ibid. — Mus. Capitol. III, 27.

659 (CLXX). Hercule a déjà tué un Centaure qui est étendu à terre; il appuie son genou sur un second qu'il va écraser avec sa massue, quoiqu'un troisième vienne à son secours, armé, comme ses compagnons, d'une grosse branche d'arbre dépouillée; cependant le centaure Homadus enlève Halcyone , sœur d'Eurysthée ; il a le corps entouré d'une guirlande de lierre, à titre de suivant de Bacchus (445, 474» etc.). On voit plus loin le temple d'Hercules Victor, dans le fronton duquel est un aigle, ùzxôç , nom que portait aussi cette partie de l'architecture. Tom. II, p. 200 sq.; tom. III, p. 63 1. — Médaillon d'Antonin-le-Pieux au Cabinet delà Bibliothèque royale. Decamps, Select, numism., 25.

659 a (CLXXV). Hercule, nu, combat deux Centaures, l'un desquels a déjà senti l'atteinte redoutable du héros ; l'autre lui lance un quartier de rocher, en se faisant un bouclier de la peau qui lui sert de vêtement, contre la massue dont Hercule va lui asséner un coup terrible. Ibid.— -Peinture de vase. Tischbein, I, i3. Compar. Micali, pi. 95.

I 660 (CLXXXIV). Hercule, avec la peau de lion et le carquois, ouvre le tonneau des Centaures; Pholos, l'un d'eux, le suit, portant un arbre dans sa main droite, lbid. — Peinture de vase, d'un style archaïque et d'un caractère presque grotesque, de la collection de M. Tochon, aujourd'hui au Musée du Louvre. Compar. Micali, pi. 99, 9 , 1 16, 7, et les monuments analogues décrits dans le Catalogue étrusque de M. de Witte, n<>s 76 et 77. 661 (CLXXXVIII). Hercule, un genou en terre, et couvert de la dépouille du lion de Némée, perce de ses flèches les oiseaux Styrnphalides. Tom. II, p. 198. Compar. les deux sujets ci-après. — Pierre gravée. Gori, Mus. Florent. II, xxxvm, 1 . 661 a (CLXXXVIII). Hercule ramassé en grotesque, couvert de la dépouille du lion, et armé de la massue, combat deux oiseaux Styrnphalides dont la taille démesurée contraste bizarrement avec la sienne ; il a saisi le cou de l'un d'eux, tandis que l'autre va le mordre au bras qui tient la massue prête à frapper. C'est encore une de ces caricatures dont les vases peints offrent maint exemple (275, 652, etc.), et qu'on rencontre aussi sur les peintures d'Herculanum. Ibid. — Millin, Peint, de vas. II, 18. (Tôlken voit ici un Pygmée déguisé en Hercule et combattant les grues : fig. 81 3.)

661 b (CXCI). Hercule combat les Styrnphalides ; il est vêtu d'une tunique, et sa peau de lion, jetée par-dessus, est retenue par une ceinture; on voit la courroie à laquelle son carquois est suspendu ; les bras et une des jambes sont à demi effacés, lbid. — Peinture de vase. Tischbein, II, 18.

662 (CXC). Hercule combat Hippolyle, reine des Amazones , pour avoir le baudrier de Mars qu'elle portait à sa ceinture comme insigne de sa royauté, et qu'Admète, fille d'Eurysthée, avait ordonné au héros thébain de lui apporter; le demi-cercle radieux indique le soleil, et que la scène se passe au grand jour. T. II, p. 198, coll. p. 87 sqq. Compar. fig. 769 et suiv. — Peinture de vase. Tischbein, I, 12.

66$ (CLXXXII). Hercule vient de percer d'une flèche mortelle le monstre marin auquel Hésione avait été exposée; le héros s'appuie sur sa massue, il tient un arc et deux flèches; sa peau de lion, nouée par les pattes sur sa poitrine, lui couvre la tête et le dos; il porte une ceinture guerrière, peut-être celle de l'Ama-

zone Hippolyte (662). Celui qui donne la main à Hésione et l'aide à descendre du rocher est Têlamon; son épée est suspendue à un baudrier ; son manteau est jeté sur son épaule et sur son bras; dans sa main gauche il tient une lance. Hésione est vêtue d'une tunique et d'un grand péplus, qui lui forme voile et dont elle relève le pan avec sa main gauche; une Stéphane orne sa tête. Le rocher d'où elle descend forme une cavité dans laquelle elle avait été retenue par des anneaux de métal qu'on voit encore des deux côtés; au bas est la mer avec le monstre expirant. Dans le lointain on voit un édifice embrasé, lequel fait allusion à la destruction de Troie par Hercule, qui se vengea ainsi de la mauvaise foi de Laomédon, père d'Hésione.- — Mosaïque de la villa Albani. Winckelmann, Mon. ined., n° 6G. Comp. Hercule, pareil à celui de Thasos (fig. 220), et Télamon, combattant de concert contre les Troyens, parmi les statues du fronton oriental du temple de Minerve à Egine, conservées à la Glyptothèque de Munich, et dans les Monum. antiq. d'O. MÙLLER,I,tab.VIII, 3o coll. 3i.

663 a (CLXXXIX). Télamon vient d'élever, près des murs de Troie, un autel à Hercule, sous le nom de Callinicus ( glorieux vainqueur : confér.fig. 6o3&, 665 c); le héros lui témoigne sa reconnaissance. — Pierre gravée. Gori, Mus.. Florent. II, xxxvi, 8.

664 (CLXXX). Hercule et Géryon combattant l'un contre l'autre. Hercule (imberbe et nu), qui attaque Géryon avec la massue, et nou point, selon la tradition vulgaire, avec l'arc et les flèches ici absents, est assisté par Minerve, placée à ses côtés, et armée du casque (ailé), delà lance, du bouclier et de la cuirasse; derrière la déesse se tient Mercure, avec le caducée dans une main, une branche de laurier dans l'autre, le pétaseailé sur la tête, la chlamyde rattachée sur la poitrine et retombant derrière les épaules. Il faut remarquer encore que Géryon n'est point ici, comme d'ordinaire, représenté avec trois corps (657 (^)> 66*4 a, 664 b, 672), mais seulement avec trois têtes (comme dans Hésiode); (ses armes sont l'épée et le bouclier.) Creuzer. Voy. tom. II, p. 196, 199 sq., 365 sq.;t. III, p. 632. — Peinture d'un vase du Musée Bourbon à Naples. Millingen, Vases de div. collect., pi. XXVII.

66 !\ a (CLXXXfoV). D'un côté Hercule nu , brandissant la massue, et la peau de lion roulée autour de son bras gauche, d'où elle pend sur le monument qui précède; de l'autre, Géryon sous la forme d'un triple guerrier armé de toutes pièces. Ibid. — Médaille de bronze fort rare, du Cabinet de la Bibliothèque du roi. 'Nouvelles Annales de Vïnstit. arc/iéol., tom. II, pi. C, 1 838.

664 b (CLXXX bis). Le monument le plus beau et le plus complet de tous ceux qui représentent le combat d'Hercule et de Géryon, dont les principaux détails y sont figurés en grand style. Au centre de la première scène du tableau qui se développe circulairement à l'extérieur de cette magnifique coupe , paraît Hercule (HEPAK.AE2) attaquant le triple Géryon. Le héros est barbu, pittoresquement couvert de la dépouille du lion, qu'une ceinture serre autour de son corps par-dessus sa tunique courte ;

»de la main droite il lève sa massue; de la gauche il porte en avant son arc et deux flèches , tout prêt à s'en servir de nouveau. Géryon (. . . Y01NŒ2), qui lui fait face, est formé de la réunion de trois guerriers dans la vigueur de l'âge, tenant les uns aux autres par la partie inférieure du tronc; les trois corps sont armés de toutes pièces; deux sont encore debout, et de leurs mains brandissent des javelols, en se couvrant de deux boucliers argiens, dont un montre l'emblème d'un sanglier ailé ; le troisième hoplite a déjà succombé et retombe sur son bouclier qu'il tient encore, une flèche lui étant entrée dans l'œil droit. Entre les combattants est renversé le chien bicéphale Orthrus^ dont la queue se termine en tête de serpent; il vient aussi d'être percé d'une flèche. A thé né ( A@E. . . .), placée derrière Hercule , vêtue d'une tunique talaire et d'un léger péplus, ne porte point l'égide, mais seulement un bouclier rond, décoré de la tête hideuse de la Gorgone, un casque et une lance; elle se retourne, avec un mouvement animé, vers le compagnon habituel d'Hercule, loin iis (IOAE02), figuré eu hoplite barbu , et, jusqu'ici, à ce qu'il semble, simple spectateur de la grande lutte ; à ses pieds et en arrière, est étendu blessé Eurytion (EYPYTION), le berger de Géryon, vêtu d'une tunique courte et d'une nebride, couvert d'un piléus. Du coté opposé, correspond à ce personnage et termine également cette première scène , une jeune femme

20,0 MYTHOLOGIE HEROÏQl F. DES GRECS, ETC.

qui suit Géryon, s'arrachant les cheveux d'une main , étendant l'autre comme pour implorer la pitié. d'Hercule; ce doit être Erythia, fille du roi , laquelle indique en même temps la localité {Vile rouge où fut depuis Gadira), de concert avec le palmier (Phœnix) planté derrière elle. — Une seconde scène, peinte en regard de la première, et qui en est la suite, fait voir les bœufs de Géryon emmenés par les compagnons d'Hercule. Un grand arbre, également local, sans doute l'olivier sauvage ou Cotinos (d'où l'île Êrythia nommée aussi Cotinusa), étend ses vastes brandies au-dessus du troupeau , composé d'un seul taureau qui marche accompagné de cinq génisses. Des quatre guerriers qui le conduisent un seul est barbu , les autres sont imberbes ; tous sont complètement armés et portent des boucliers argiens, dont les trois visibles ont pour emblèmes un coq, un canthare et un lion. — A l'intérieur de la coupe, enduit d'un émail rouge, est peint au milieu, en rouge aussi sur fond noir, un jeune cavalier, coiffé de la causia, chaussé de bottines de fourrure, et vêtu d'une tunique courte , sur laquelle est un petit manteau richement brodé. Autour on lit le nom AEATPO. ., sans doute celui du donataire du vase, accompagné de l'épithète KAAOZ, beau; et ce nom, AEATP02, Leagros, se trouve répété, avec ou sans son épithète, sur les deux faces extérieures; de plus, sur celle qui représente la seconde scène, et qu'on peut appeler le revers, est tracée l'acclamation HO IIAI2 KAAO^, le beau garçon. Enfin, deux inscriptions, qui se lisent en noir sur le pied, nous font connaître les noms des deux artistes qui ont contribué à ce monument remarquable sous tant de rapports, le potier et le peintre : le premier, XAXPYAION, Chachrylion , suivi du verbe EIIOIE2EN, a fait; le second, EX$PONI02, Euphronius, avec ETPA^EN , a peint. Compar. les deux figures qui précèdent, ainsi que 657 W? ci-dessus, 672 ci-après; et voy. tom. II et III, ibid. — Coupe peinte trouvée à Canino, et dont le diamètre est de quarante-deux centimètres environ; réduite d'après la planche XVI -XVII des Monum. de la section française de V Institut archéol., accompagnant la savante monographie de M. de Witte insérée au tome II des Nouvelles Annales , pag. 107 et p. 270, où tous les monuments connus, concernant le mythe de

Géryon, sont passés en revue, décrits, et le mythe lui-même exposé et expliqué au long.

664 c (CLXX). Hercule vient de tuer le géant Cacus, qui avait enlevé deux des bœufs du troupeau de Géryon qu'il emmenait avec lui ; la moitié du corps de Cacus est encore dans sa caverne. Les habitants du mont Aventin remercient le héros de les avoir délivrés de ce monstre, et baisent sa main encore armée de la massue. T. II, p. 192, ao3, etc. — Venuti, Mus.Albani, I, 18.

665 (CLXXXI). Hercule (HEPAKAHs), jeune et imberbe, la tête ceinte d'une bandelette ornée d'une lunule, pose le pied sur un rocher, ce qui indique son arrivée dans un pays étranger; sa peau de lion couvre son dos et est nouée par les pattes sur sa poitrine; son carquois est suspendu à son côté; dans sa main gauche il porte son arc, tout en s'appuyant sur sa massue noueuse ; dans l'autre main il tient une des pommes qu'il vient de recevoir de l'Hespéride qui les cueille. Les Hespérides sont au nombre de cinq : celle qui donne à manger s'appelle Calypso (KAAITD,); elle est assise sur un tertre de gazon indiqué par une plante; elle présente au dragon, dans une patère ornée d'oves, la nourriture liquide qu'elle vient d'y verser avec le vase à anse qu'elle tient dans l'autre main ; sur son pied est perché l'oiseau lynx, symbole des enchantements. Celle qui cueille les pommes est nommée Hermesa (HEPMH2A); à ses pieds est un oiseau palmipède ; c'est peut-être un cygne, dont le chant ferait ainsi allusion aux mélodieuses Hespérides. Antheia ( AN0EIA), qui est derrière Calypso, tient dans une main une bandelette, symbole de l'initiation, dans l'autre une des pommes de l'arbre. Aiopis (AIHITI2) regarde en s'appuyant sur sa sœur. Melisa (MHAI2A), placée derrière Hercule, porte un petit vase ou un autre objet qui peut également avoir rapport aux initiations. Toutes ces Hespérides sont vêtues d'une tunique talaire, pardessus laquelle est un ampéchouium et en outre un péplus; ces vêtements sont parsemés de points ou d'étoiles, et ornés de bordures en échiquier. Au centre de îa scène se voit Y arbre aux pommes d'or ( Y arbre des Hespérides, désigné par le nom E22- IIEPIA2 écrit à côté); le serpent Ladon, gardien de ces fruits, est entortillé autour de sa tige, lappant le breuvage enchanté

que lui présente Calypso. Dans le haut paraissent, à mi-corps, quatre divinités assistantes : à gauche e1 près de l'arbre, liera (HAPA), ou Junon, à qui la Terre avait fait ce beau présent, le jour de ses noces avec Jupiter; elle est coiffer d'un diadème et d'un voile. Devant elle, de l'autre côté, est Hermès ou Mercure, vêtu de la chlamyde, tenant le caducée, et le pétase sans ailes jeté sur ses épaules. Près de Junon se trouve Pan, dont la nébride est nouée par les pattes sur sa poitrine; il a des cornes de bouc, une barbe épaisse, et porle un thVrse. La ligure de femme placée en face de lui et derrière Mercure, coiffée à peu près comme Junon, est Donakis (AOTsAKlS, la nymphe des roseaux), une des nymphes aimées de Pan. L'inscription AXSTEA2 ErPA*E (Jslcas a peint) nous apprend le nom de l'auteur de cette remarquable peinture de vase (623). Voy. tom. II, p. 177, 198 ; tom. III, p. 179 sq;, etc. — Millin, Peint, de vas. I, 3. 665 a (CLXXXVII te/). Hercule (HPAKAH2, comme M. de Witte lit intégralement) paraît ici également jeune et imberbe, mais assis sur la peau de lion, ayant le glaive suspendu à son côté, et s'appuyant sur la massue; accompagné d'iolaiïs (lOAELÏl) debout, en costume de voyageur, et portant deux javelots, il regarde paisiblement les trois Hespérides, qui lui cueillent les pommes d'or de l'arbre gardé par le dragon entortillé autour de sa tige. La première, Lipara (Ain APA), richement coiffée et vêtue, tourne les yeux vers le héros, et tient une pomme dans la main gauche, landis que de l'autre elle relève son péplus; la seconde, Chrysothémis (XPY2O0EMI2) porte la main droite à Farbre, en même temps qu'elle tire son péplus de la gauche, comme pour recevoir les fruits; la troisième (selon M. Gerhard, A2IXEP0PH, Y Abondance, de à.viyzip, vcri^eip, donnés par Hésychius; suivant M. de Witte, et peut être plus naturellement, A22TEPOIIH), étend pareillement la main droite vers l'arbre, tout en s'appuyant du bras gauche sur l'épaule de sa sœur. Plus loin est assise une déesse, qui semble correspondre à Hercule, et qui est Hygiée ou Minerve -Hygiée (YTIEA), coiffée d'un diadème radié comme Lipara, et tenant la lance dans sa main gauche, de la droite relevant son péplus (compar. fig. 3 10, 3 10 a, 346). Un jeune guerrier, nommé Clytius (K.AYTI02 ), adossé à

EXPLICATION DES PLANCHES. 2o3

un arbuste, appuyant un pied sur un rocher, ayant deux javelots dans la main gauche, et portant la droite en avant, termine la scène et correspond évidemment à lolaùs. Tom. II, ibid. et p. 248. — Première scène de la partie inférieure du vase peint, dont les autres scènes sont reproduites dans cette même planche et dans la précédente, et décrites 646 a ci-dessus, et 7^7 a ci-après.

665 b (CCVII). Hercule, vêtu de la peau de lion, tenant la massue, visite Atlas en allant au Jardin des Hespérides; derrière lui est assise P allas- Athéné sans casque, mais couverte de l'égide, s'appuyant sur sa lance, et ayant son bouclier à ses pieds; une petite Victoire vole de la déesse au héros, les bras étendus vers lui. Atlas se voit en haut et au centre de cette partie supérieure du tableau, debout, nu , sauf la simple chlamyde rejetée en arrière par-dessus ses bras, soutenant de sa tête et de ses mains une portion de la voûte ctoilée ; à sa droite, Héosphoros ou Lucifer, monté sur un cheval et tenant un flambeau, précède Hélios ou le Soleil, qui s'avance de l'autre côté, porté sur un bige. Dans la partie inférieure, également au centre, est V arbre aux pommes d'or, que le dragon embrasse de ses replis; il est environné des sept Hespérides, distribuées trois à gauche, quatre à droite, assises ou debout, dans différentes positions; elles sont complètement vêtues, toutes parées de riches coiffures, de colliers et de bracelets, et elles tiennent dans leurs mains, ou l'on aperçoit à leurs pieds, divers objets de toilette, des fleurs, des guirlandes, des bandelettes, des cistes, un miroir, etc., qui paraissent les occuper exclusivement. Des fleurs croissent à l'entour ou sont parsemées dans le champ. Tom. II, ibid. et pag. 370, avec la note 6 sur le livre V, sect. I, dans les Éclaircissem. de ce même tome.-;- Peinture principale au revers du vase dont la face antérieure est représentée sur la planche précédente (725 a et 735 ci-après); au-dessus de celte peinture est une scène d'hymen mystique, où l'on reconnaît Diony sus- Liber et Ariadne- Libéra, précédés d! 'une Bacchante , et suivis de deux Satyres, dont l'un porte un flambeau. Voy. t. III, p. 270, et compar. fig.453 etsuiv. 665 c (CLXXXVI). Hercule ( Calanice, en vieux caractères grecs, rétrogrades : confér. fig. 6o3 b)9 couvert de la peau de lion, sa

chevelure frisée ceinte d'une bandelette, la massue noueuse dans sa main droite, et tenant dans la gauche trois pommes de l'arbre des Hespérides, semble prendre congé d' Atlas , qui les a cueillies pour lui. Celui-ci, portant une longue barbe et de longs cheveux, le sommet de la tête coiffé d'une sorte de calotte en réseau , soutient de ses épaules et de ses bras un segment de la voûte étoilée, dont il vient de reprendre le fardeau des mains d'Hercule; tout près, et à sa gauche, on voit une lance debout, qu'il avait emportée pour se défendre du dragon; l'inscription Aril, rétrograde, si elle est exacte, désigne Atlas par un nom inconnu d'ailleurs, qui serait d'origine étrusque. Tom. Il, ibid. Compar., outre le sujet qui précède, fig. 6o3 a ci-dessus, 667, 693 ci-après. — Miroir étrusque, d'après Micali, Storia, atlas , tav. XXXVI, 3.

665 d (CLXX). Hercule, après avoir tué le dragon, qui est encore sur Y arbre aux pommes d'or, cueille un de ses fruits; il tient dans la main gauche sa massue , et la dépouille du lion de Némée est jetée sur son bras; près de l'arbre sont les trois Hespérides, qui s'enfuient épouvantées, lbid. — Médaillon d'Antonin. Morell., Médaill. du roi, VI.

665 e (CLXX). Hercule au Jardin des Hespérides, à peu près comme sur le monument qui précède, si ce n'est que les Hespérides manquent, lbid. — Pierre gravée. Millin, Peint, de vases, I, vignette.

Nota. Il faut rapprocher ici deux scènes des aventures d'/f ercule en Afrique, sa lutte contre Antée et son combat contre Busiris, pi. LUI, fig. iô5 b et i65 c, avec l'explicat. p. 5i, ci-dessus.

666 (CLXXX bis). Lutte d'Hercule contre Nérée, pour obtenir qu'il lui livre le secret de la route qui conduit au jardin des Hespérides; le dieu marin, demi-homme et demi-poisson, paraît armé d'un bouclier. Voy. tom. II, p. 364- — Groupe tiré des bas-reliefs d'Assos, récemment apportés à Paris, et déposés au Musée du Louvre. C'est un sujet fréquemment reproduit sur les vases peints, où le monstre est souvent désigné par le nom de Triton.

667 (CXC). Hercule en repos, connu sous le nom de l'Hercule Farnèse, parce qu'il était autrefois à Rome, dans la collection Farnèse, actuellement à Naples; il tient derrière son dos les pommes

du jardin des Hespérides (cette main avec les pommes est une restauration), et s'appuie sur sa massue : l'inscription grecque qu'on lit sur la base signifie : Glycon Athénien faisait . C'est une imitation savante d'un Hercule colossal de Lysippe (trouvée dans les thermes de Caracalla ), comme le prouve l'inscription d'une autre copie médiocre, découverte sur le mont Palatin. — Maffei, Raccolta di statue, XLIX, coll. Bianchini, Palazzo de' Cesari, pi. 18, et les médailles de Commode et de Caracalla, ainsi que les pierres gravées , où Hercule est représenté dans la même attitude, tenant les pommes derrière son dos (Morell. MédailL du roi, XIV; O. Muller, Monum. de Part antique, I, pi. xxxviii, i5i-i55).

668 (CLXXIV). Hercule, assis sur la peau de lion , la tête appuyée sur son bras que supporte son genou, se repose, accablé de fatigue, après ses travaux accomplis ; il est entouré de ses armes et des trophées de ses combats, parmi lesquels sont les trois pommes. Voy. tom. II, p. 176 sq. Compar. fig. 665 c, 667, 6o,3. — Pierre gravée, qui est une imitation d'une autre statue colossale d'Hercule, également de Lysippe, transportée de Ta rente à Rome, puis à Constantinople, et décrite par Nicétas. — Lippert, Dactyl. II, 23i,coll. I, 285-287, et Supplém. 344-346.

669 (CLXXXII). Hercule porte dans ses bras son fils Télèphe, qui étend ses petites mains vers la biche qui l'a nourri ; Y arbre indique le bois dans lequel il a été élevé ; Hercule appuie sa massue sur une tête de bœuf, qui peut indiquer le fleuve Achéloùs (fig. 526, 526 a et b, avec l'explication); l'inscription signifie : Monnaie de Tarse, métropole des Deux-Cilicies , par un décret du sénat. — Médaillon de Maximin. Froelich , Tentam., 3 16.

670 (CLXXXIII). Hercule porte , suspendus à un baudrier, la peau du lion de Némée, son arc et son carquois; il est couronné d'olivier. Placé entre un aigle et un lion, symboles de la puissance et de la force, il regarde avec complaisance son fils Télèphe, qui joue avec la biche qui l'a nourri, et qu'il vient de retrouver. UArcadie est devant lui, assise à côté d'un panier de fleurs et de fruits, symbole de sa fertilité ; elle est couronnée de feuillage et porte une branche d'arbre. Derrière elle est Pan, dieu tutélaire de cette contrée, et en particulier de Tégée, ville de Té-

lèphe, qui tient une syrinx et un péduni. Près d'Hercule se voit un Génie ailé, couronné d'olivier comme le héros, tenant des épis sous son bras, et montrant du doigt Télèphe à Hercule. — Pitture d'Ercolano, I, 6.

671 (CLXXXI1). Beau groupe d'Hercule debout, tenant d'une main sa massue, de l'autre portant un jeune enfant sur la peau du lion de Némée ; Winckelmann y voit Ajax, fils de Télamon (fig. 665 , 663 «), Visconti Télèphe, fils d'Hercule lui-même. — Mus. Pio-Clem. II, 9.

672 (CLXXXIV). Hercule et Ompkale, au centre d'un bas-relief dont les côtés et la partie supérieure représentent les douze travaux. La reine de Lydie debout, demi-nue, et coiffée d'une tresse roulée sur la tête, comme au temps de Sabine, femme d'Hadrien, pose une main sur l'épaule d'Hercule, debout aussi, nu et imberbe, s'appuyant de la main droite sur sa massue, portant sur le bras gauche la peau de lion; Omphale prend ainsi possession de son esclave; leurs noms sont écrits au-dessous de leurs figures. Les six premiers travaux sont sculptés dans la bande d'en haut et se succèdent de gauche à droite : on y voit Hercule étouffant le lion de Némée; écrasant les têtes de Y hydre de Lerne; apportant à Eurysthée, qui se cache d'effroi dans un tonneau, le sanglier d'Êrymanthe ; posant le genou sur la biche Cérynite^ qu'il a jointe à la course; perçant de ses flèches les oiseaux Stymphalides ; nettoyant les étables d'Augéas. Les six autres travaux sont distribués de chaque côté, dans des compartiments placés les uns au-dessus des autres : en commençant en haut à gauche, Hercule s'empare des cavales de Diomède ; dompte le taureau de Crète ; saisit l'Amazone Hippolyte et lui ravit sa ceinture; à droite, il tue Géryon au triple corps; écrase de sa massue le serpent qui garde les pommes des Hespérides ; et emmène Cerbère enchaîné. Sur la base il y a un arc et un carquois du côté d'Omphale; du côté d'Hercule, une quenouille et un panier rempli de laine; au milieu l'inscription : Cassia Pris cilla, fille deManius, a fart (élevé) ce monument. Voy. t. II, p. 179 et 198 sqq. Compar. fig. 657 et suiv. — Ce beau bas -relief n'est connu que par une gravure particulière qu'en avait fait faire le cardinal Borgia, son possesseur, et dont celle-ci est une reproduction.

672 a (CXCI). Omphale ou une de ses femmes peigne les cheveux d'Hercule, qui paraît honteux de l'état où il est réduit ;V Amour, qui est devant lui, porte sa peau de lion et son carquois désormais inutiles. Même tome, p. 179, 2o3. — Millin, Pierres gravées inédites.

672 b (CLXXXV). Hercule a la partie supérieure du corps nue, et l'autre vêtue d'une robe de femme; une quenouille est fixée dans sa ceinture; il tient d'une main le fil, et de l'autre il tourne le fuseau; son bouclier et sa massue sont près de lui; tout son air exprime la langueur; on voit à terre un vase renversé, un thyrse et des raisins, symboles des cérémonies bachiques auxquelles il prend part avec Omphale. Deux Amours, dont l'un est couronné de feuilles de chêne, s'amusent avec un lion, qu'ils tiennent enchaîné, tandis qu'un troisième joue de la syrinx : c'est l'image du héros dompté et asservi par la passion. Le fond représente les environs de Sardes, et l'on y voit un palmier. Ibid. — Mosaïque du Musée Capi(olin,lY, 19.

672 c (CLXXIV). Tête à'Hercule enveloppée dans un grand voile et couronnée de laurier; il est vêtu en femme et s'apprête à célébrer les Orgies avec Omphale. Ibid. Compar. les fig. précéd. — Pierres gravées d'Orléans (aujourd'hui dans la collection de l'empereur de Russie).

673 (CXC). Hercule, assis sur sa peau de lion, a sa massue et son carquois près de lui; il prend dans ses bras Joie, qui est presque nue : on lit dans le champ, TEYKPOY (ouvrage de Teucros). Voy. tom. II , p. 202. — Célèbre pierre gravée de la Galerie de Florence. Bracci, Memor. d'Antiq. Incis., II, 112.

67A (CLXXXY). Déjanire, enlevée par le Centaure Nessus, qui la porte sur son dos et se retourne vers elle en la pressant amoureusement; elle a la tête couverte d'un voile; le Centaure est barbu et a de longs cheveux retenus par un diadème. Leurs noms, AAIANEIPA, FE5202, se lisent autour, bizarrement défigurés. Voy. t. II, p. 200 sq., et compar. les deux fig. suiv. — D'Hancarvili.e, Antiq. etrusc. , IV, 3i.

674 a (CLXXXVI). Hercule, couvert de la peau de lion, portant l'arc et le carquois , saisit de la main gauche par la tête le Centaure Dexamenus (AE S A M EN 02, rétrograde), ici jouant le rôle

de Nessus et l'ennemi du héros, contre la fable vulgaire, et de la droite levée s'apprête à lui asséner un coup de sa massue. Déjanire (AAIANEIPA, rétrograde), debout devant le Centaure, mais qu'il a déjà enlacée de son bras, semble appeler à son secours; elle est coiffée d'un riche diadème, vêtue d'une tunique et d'un ampéchonium brodés, par-dessus lequel est un court péplus ou himation, rattaché sur l'épaule droite par une agrafe. OEnée (0I1STEY2), son père, debout derrière Hercule, vêtu d'une tunique brodée et d'un ample péplus, rejeté sur l'épaule, tient dans sa main gauche un long sceptre terminé par une fleur, et, du bras droit étendu, semble répondre à l'appel de sa fille. Tom. II, ibid.j et torn. III, p. 333. — Millingen, Vases de div. collect., pi. XXXVIII.

67 J (CLXXXVII). Hercule a repris Déjanire, et la soulève pour l'emporter sur ses épaules; il tient la massue; l'arc et le carquois sont dans le champ. Tom. II, ibid. — Miroir étrusque, d'après Lanzi, Saggio, VII, 2.

676 (CLXXXVIII). Hercule assomme de sa massue le géant Alcyonée, qu'il a terrassé, et dont le corps se termine en serpent. Voy. t. II, p. 363, 369, et la note 5 sur le livre V, sect. I, dans les Eclaircissem. de ce même tome, Compar. fig. 253, 338, 356, etc. — Millin, Pierres gravées inédites.

676 a (CLXXXVIII). Hercule coiffé de la dépouille du lion de Némée, armé d'une cuirasse, avec une épée suspendue à son côté, décoche au géant Alcyonêe la flèche fatale qui va lui donner la mort. Le géant n'est p;is anguipède; mais sa taille démesurée le fait aisément reconnaître; Minerve l'a terrassé de sa lance, en dépit de la massue d'airain qu'il tient encore de la main droite; il étend sa main gauche sur la terre, sa mère, afin qu'elle lui rende de nouvelles forces. Mais Hercule, par le conseil de Minerve, l'a entraîné hors du territoire de Pallène, lieu de sa naissance, et tout espoir de secours lui est interdit. Un Ker (génie de la mort) ailé pose le pied sur son corps, et le saisit par la tête , pour montrer qu'il s'empare de lui. Les inscriptions sont illisibles. Tom. II, ibid., et p. 358, 809, etc. Compar., outre les figures précitées, 591 etsuiv., 592. — Peinture de vase. Tischbein, II, 20.

676 b (CLXXX bis). Combat à' Hercule (HEPKAE) contre Cycnus (KYK.NE), fils de Mars, qu'il a terrassé, et qu'il va tuer avec sa massue. — Pierre gravée étrusque; d'après Micali, Storia, atlasy tav. CXVI, 1, rectifié par O. Muller, Monum.y I, pi. LXIII, 322. Le même sujet est représenté, également avec des inscriptions, mais d'une manière différente, sur un vase grec du Musée du Louvre, publié par M. Millingen, Unedit. monum., Ser. I, Part. II, pi. XXXVIII.

677 (CLXXXII). Hercule s'appuie sur sa massue; sa peau de lion est jetée sur son bras; dans sa main gauche il tient une branche de myrte, symbole de l'initiation; sa tête est ceinte d'un strophium; une large bandelette brodée est suspendue au-dessus de lui, semblable à celle que lui présente une prétresse de Cérès, qui tient une lance renversée. (D'autres voient ici Arété, la Vertu personnifiée, avec ou sans allusion à la fable célèbre d' Hercules in bivio, entre la Vertu et la Volupté. Nous serions tentés, avec notre ami, M. Panofka, d'y reconnaître Minerve récompensant par l'initiation aux mystères son héros favori, au terme de ses travaux, d'autant plus que la déesse est fréquemment représentée sous des traits analogues, dans les peintures de ces vase» de l'Apulie, d'un style moderne ) Voy. tom. II, p. 201 coll. 198. — Millin, Peint, de vases, II, 71.

678 (CLXXIV). Hercule, assis sur un rocher, couvert de la peau de lion, tient un prochous et a devant lui un trépied , symbole de son apothéose ( ou plutôt d'expiation) ; sa massue est dans le champ, où on lit le nom de Crotone, ville où fut frappée cette médaille. Torn. II, pag. 177, 202, ao5. — Acad. des Inscript, et Belles-Lettres, I, pag. 235. Compar., outre la figure suivante, Hercule enlevant le trépied à' Apollon, fig. 280, ci-dessus, et la réconciliation du héros avec les dieux de Delphes , 682 a , ciaprès.

678 a (CLXXX bis). Hercule, assis comme ci-dessus, et tenant un vase de même genre, pose son pied droit sur un corps arrondi, qui parait être YOmphalos de Delphes (compar. fig. 280, 280 c, 836, 836 a); dans le champ on voit Tare et la massue, et on lit le nom KPOTHNIATAN. — H.-D. de Luynes , Choix de médailles grecque s, pi. IV, 2, coll. 3.

3oo MtTHOÏ.OfllF. HEROÏQUE DES CREOS, ETC.

679 (CXCÏ). Apothéose il' Hercule. Le héros, qui vient de retrouver la jeunesse sur le bûcher de l'OEta, est assis dans le quadrige de Minerve, eu compagnie d'Iris ou plutôt de Nice (In Victoire) kilee, qui tient les rênes; il a la têiè ceinte d'une bandelette et d'une couronne de myrte; il porte dans une main la massue, pose l'autre sur Yantyx (la rampe) du char, et sa chlamyde flotte au gré du vent. Hermès on Mercure, couronné de myrte , vêtu également d'une chlamyde retenue par une agrafe sur sa poitrine, et le caducée en maiu, précède à grands pas les chevaux qu'il conduit; son pétase flotte derrière sa tête. En face de lui est assis Jpollon Daphné phare , couronné de même, et prêt à accueillir son frère Hercule devenu immortel ; le personnage qu'on aperçoit à l'extrémité opposée, paraît être Jupiter, leur père commun; dans le fond est le portique d'un temple, symbole du culte réservé au divin héros. Dans le plan inférieur, on voit le but lier enflammé, avec le tranc non encore consume d'Hercule : à droite PœaS, ou Philoctète, son fils, coiffé du piléus, vêtu de la chlamyde, tenant deux lances dans la main gauche, fuit, après avoir mis le feu au bûcher, en emportant le carquois d'Hercule ; à gauche, une Nymphe, en qui semble personnifiée la source du ruisseau Dyras, portant une tunique longue, brodée et un court, pépins par-dessus, verse de l'eau d'une hy driesnr les flammes pour les éteindre. Tom. II, p. 204 et 689. — Gerhard, Ant. BiUhverke, I, Ta/. XXXI.

680 (CLXXXVII). Jupiter est assis sur un socle au bas duquel on lit son nom (IOVEI), et de sa main droite il cherche à rapprocher Junon à' Hercule, dont il va prendre la main. Junon (IVNO) tient dans une main une branche d'olivier, et appuie l'autre sur l'épaule de Jupiter; entre eux est un hermès de Sérapis (?J. Hercule (HERCELE, rétrograde) tient d'une main sa massue et sa chlamyde; il étend l'autre vers Jupiter, qui va la mettre dans celle de Junon réconciliée avec lui. Tom. II, p. 204 sq., 558, ^91, etc. — Miroir étrusque. Lanzi, Saggio, II, vi, 3.

681 (CXCHI), Hercule, coiffé et vêtu de la peau de lion, appuyé sur la massue, présente à Jupiter assis , couronné de laurier, et tenant un grand sceptre terminé par un oiseau, la corne d'Jchêloûs, devenue la corne d'abondance; près du dieu, et la main ap-

EXPLICATION DES PLANCHES. 3oi

puyée sur le dossier de son siège, est debout funon, coiffée d'une Stéphane d'où tombe un grand voile; elle paraît réconciliée avec Hercule. (Nous voyons ici Aïdoneus ou fupiter-Pluton, et Dioné-Proserpine ou funon infernale, son épouse : compar. fig. 555.) Tom. II, p. so4 sq., 544; tom. III, p. 68, et surtout 538. — Peinture de vase. Tischbein, IV, 25.

68i a (CXC). Statue d'Hercule, vainqueur à'Ackéloiïs (526, 526 a et b), dont il tient la corne; dans l'autre main, qui est restaurée, il avait probablement une patère (au lieu des pommes) pour offrir une libation à Jupiter. Ibid. — Mus. Pio-Clem., II, 5.

68 1 b (CXC bis). Hercule brandissant sa massue de la main droite, de la gauche portant son arc en avant, attaque Achéloùs (AXEÀO.s), représenté sous la forme d'un taureau à face humaine avec une longue corne; auprès, un arbre. Ibid. compar. fig. 526, 526 a et b. — Amphore à figures rouges, publiée dans les Annales de Vins t. archéol., tom. XI, tav. d'agg. Q., qu'il faut rapprocher du beau vase avec le même sujet, donné antérieurement par M. MillingeIv dans les Transactions of the roy. Soc. of Litterat.^ H, 1, et de celui qui est décrit dans de Witte, Cat. étr., p. 48 sq.

682 (CLXXX). Hercule (herkle, en caractères archaïques), jeune quoique barbu, avec la massue et la peau de lion, est présenté par Minerve (menrfa, rétrograde), sans autre arme que l'égide, et tenant peut-être une branche de laurier qu'on aperçoit, à Hêbê nue, parée d'un diadème et d'un collier, qui semble s'appuyer sur l'épaule de la déesse ; le héros regarde avec admiration l'épouse toujours jeune et toujours belle avec laquelle il va s'unir, en présence à' Apollon Daphnéphore assis, et de sa sœur Artémis ou Diane , qui tient un anneau. Autour de cette scène, et disposés circulairement, selon ia forme du miroir, sont des groupes d' animaux jéroces , réels ou fabuleux , qui terrassent et dévorent des animaux paisibles ; sur le manche, on voit un vieux Satyre accroupi, avec un pédnm à la main. Tom. II, p. 204 coll. p. 126 sq.; tom. III, p. i35 sq. — Miroir étrusque, d'après Micaxi, atlas, tac 49-

682 a (CXC bis). Hercule, vêtu de la peau de lion, portant la massue sur son épaule, le carquois à son côté, l'arc dans sa main,

3oa MYTHOLOGIE HEROÏQUE DES GRECS, ETC.

est précédé de Minerve, tenant son casque en avant et sa lance renversée, en signe de paix, et suivi d'un personnage de femme que l'on peut prendre pour sa mère Alcmène, mais qui peut être aussi bien Junon. A la rencontre de ce groupe qui s'avance, marche un autre groupe plus nombreux; et d'abord, en face de Minerve, Apollon, qui a quitté l'arc pour la cithare, puis sa sœur Diane avec l'arc, le carquois et la biche, et leur mère Latone, tous trois suivis de Mercure, dieu médiateur, et de trois femmes qui, se tenant par la main, laissent aisément reconnaître en elles les trois Grâces, ministres de paix et d'union (fig. 25o n). Nous voyons donc ici, avec O. Mùller, la réconciliation d'Hercule et des dieux de Delphes, après la scène du trépied enlevé (fig. a8o), et celle dé la capture de la biche (657, 672, 32i); plutôt que les noces d'Hercule et d'Hébé (fig. précéd.), avec Panofka; moins encore, avec Gerhard et Welcker, le cortège qui conduit Vénus nouvellement née vers l'Olympe. Tom. II, p. i55, 204 sq. — Bas-relief, de style ancien, d'un putéal, trouvé à Corinthe. Dodwell, Alcuni Bassiril. délia Grecia, pi. 2-4, coll. Gerhard, Ant.Bildw., Cent. I, pi. 14-16, et les Annal, de tlnst. de corresp. archéol., vol. II, pi. F, p. i45 et p. 3a8. 683 (CXCII). La réconciliation et Y apothéose d'Hercule, représentées sous une forme nouvelle , où le héros est mis en rapport avec les cultes d'Apollon et de Bacchus à la fois, dans les deux scènes de ce remarquable bas- relief. Celle d'en bas montre la Victoire ailée (Hébé, selon O. Mùller), versant le breuvage d'immortalité dans une grande coupe que tient avec elle une prétresse (celle de Juuon, suivant O. Mùllkr; suivant Panofka, Junon elle-même), qui porte un flambeau dans la main gauche; entre elles est un autel sur lequel brûle le feu sacré, et que décorent en bas-relief les figures d'un citharœde et d'un chœur de danseuses; derrière la prêtresse on voit Hercule, presque entièrement nu, la chlamyde rejetée sur son épaule, la tête ceinte d'une couronne torse, particulière aux athlètes, étendant sou bras droit, dont la main tient une coupe, pour recevoir le breuvage; devant lui est le trépied d'Apollon, posé sur une base qu'une inscription couvre (compar. fig. 678); des deux côtés de cette scène s'élèvent deux stèles ou deux co-

EXPLICATION DES PLANCHES. 3o3

Jonnes, portant d'autres inscriptions, commémoratives des hauts faits qui ont valu à Hercule son immortalité. Tout semble annoncer que nous sommes ici dans le temple d'Apollon Isménien à Thèbes, et peut-être le trépied est -il celui qu'avait jadis consacré Amphitryon, dans la cérémonie où le jeune Hercule remplit l'office de daphnéphore. L'autre scène nous transporte dans l'Olympe, ou plutôt dans une sorte de paradis terrestre, où nous retrouvons Hercule, parvenu au terme de ses travaux, se reposant, comme dit l'inscription ( HPAKAH2 ANAIÏAOMENOS), dans la société des joyeux compagnons de Bacchus. Le héros, désormais à l'abri des atteintes de l'âge et du malheur, figuré sous les mêmes traits que dans la scène précédente f mais avec des proportions colossales, est à demi couché sur la peau de lion, qui sert également de tapis aux personnages de son cortège. Il s'appuie sur le coude gauche, dans une attitude caractéristique, que pour cette raison le cynique Alcidamas affecte d'imiter dans Lucien, et il pose son bras droit sur sa tête, également en signe de repos (fig. 277); dans sa main gauche il tient l'énorme coupe (le scyphus) qualifiée d' herculéenne, et qui lui est propre, ainsi qu'aux Centaures. Pendant qu'il retourne vivement la tête, vers un groupe de Satyres trop empressés auprès de la femme placée à sa droite et qui paraît vouloir se défendre au moyen d'une lance, un autre Satyre, jeune, plonge sa face dans la vaste coupe, en présence d'un vieux Satyre et d'une Ménade , qui rient de son espièglerie, et semblent avec des gestes moqueurs lui promettre le secret, en même temps qu'ils expriment la crainte de voir Hercule se retourner. Les noms de la plupart des personnages de cette troupe bachique ont péri eu partie ou en totalité; mais, à en juger par ceux d'EYPfinH et d'iTAAOI, qui sont parfaitement conservés, on peut croire que tous ces personnages représentaient les contrées qu'Hercule avait visitées ou qui lui rendaient un culte; peut-être même l'une des deux femmes figurait-elle X Asie , ou plutôt la Libye , comme l'autre Y Europe. Ajoutons que cette scène, quoique traitée dans l'esprit du culte dionysiaque, semble faire allusion au mythe d'Hercule Mélampyge (le héros, en effet, tourne le dos) et des insolents Cercopes. Au bas du monument on lit une inscription qui se tra-

3o/| MYTHOLOGIE HEROÏQUE DES GRECS, ETC.

duit : Admata, prêtresse de liera (Jiiuon) Jrgienne, fille d'Eurysthée et d' Admata, fille d'Ampkidamas, pendant 58 ans; c'est-à-dire que la date de l'apothéose d'Hercule, objet de ce monument, est fixée par rjnscription à la 58e année du sacerdoce d'Adméta. Yoy. tom. II, p. i8o-i85, 204 sqq., 284, coll. 126 sqq. Compar. les fig. suiv. — Bas-relief de stuc passé du Musée Farnèse dans la villa Albani. Zoega, BassiriL, LXX, dont nous avons en grande partie réformé l'explication , ainsi que celle de Millin d'après lui et d'autres.

683 a (CUX XV). Hercule colossal est couché sur sa peau de lion; un jeune Satyre, monté sur une échelle, se penche dans le scyphus de grandeur démesurée, que tient le héros. T. II, p. 184. Comp, fig. précéd. — Guattani, Mon. ant., ann. 1786, XUIX.

683 b (CLXXXVIII). Hercule, armé de son arc et de sa massue, coiffé du muffle du lion, dont la peau lui sert à la fois de chlamyde et de bouclier, poursuit un Satyre aux oreilles pointues, à la queue de cheval, qui lui a enlevé son carquois , sans doute pendant qu'il succombait à l'ivresse. Ibid. et t. III, p. i35 sq. — Tischbein, III, 37. Compar. Millingen, Vases de div. collecta

683 c (CXC bis). Hercule Mêlàmpyge , entièrement nu, porte à Omphale les deux Cercopes captifs, suspendus à un bâton de charge, et caractérisés seulement par leurs cheveux frisés.T. II, p. 180, 181 sqq. — Métope du temple du milieu sur l'acropole de Sélinunte, du même style archaïque que celle dont il est fait mention plus haut, p. 263. Serradifalco, Antich. di Sicil.t II, iav. XXV.

684 (CLXXXIX). Hercule porte sur ses épaules Jupiter, qui paraît ivre et tient un grand rhyton ; ils sont tous deux couronnés de laurier et semblent revenir d'un banquet. (N'est-ce pas plutôt la corne d'abondance que tient Jupiter, absolument comme dans la peinture de vase, 68i ci-dessus, sans doute avec allusion à l'Achéloiis? Peut-être aussi Hercule lui fait-il ici passer l'eau, comme sur un autre vase, dans Gori , Monum. etr. II, 1 5c;, et Passeri, Pict. etr., t. II, 104. Voy. tom. II, p. 544, III, p. 538.) — Peinture d'une coupe. Millin, Peint, de vas., II, 10, coll. Bottiger, Mytholog. Beitrag zur MethyoL, I ( Kleine Schrif-

EXPLICATION DES PLANCHES. 3û5

ten, I, p. 367 sqq.), et Millingen, Vas. de div. coll., pag. 56. 685 (CXCIV). Patère d'or dont le fond représente un défi entre Hercule et Bacchus, à qui boira davantage ; ils sont assis, le dernier sur un siège élégant, l'autre sur sa peau de lion; sa massue est appuyée contre le rocher; il tient dans une main un cantkare qu'il va vider, et de l'autre il appuie son corps déjà chancelant. Bacchus tient un ihyrse et un rhyton; il est couronné de pampre et de lierre; à ses pieds est sa panthère ; à sa droite un jeune Satyre qui joue de la double flûte; derrière, ou voit le vieux Silène , dont le front chauve est ceint de pampres. Plus loin, et en arrière de Bacchus et d'Hercule, sont trois Bacchantes également couronnées de pampres, et dont celle de gauche, qui tieut une jérule (ou un thyrse), peut passer pour Méihê, l'ivresse personnifiée; entre les deux autres on aperçoit Pan, reconnaiss;ible à sa figure grotesque et à ses cornes de bouc, aussi bien qu'à la syrinx dont il joue. — Le bas-relief circulaire offre le triomphe, de Bacchus sur Hercule : les trois Génies bachiques, à gauche, qui placent des raisins dans un panier, indiquent le commencement du cortège (thiasos) ; une Bacchante qui joue des cymbales, qu'elle élève par-dessus sa tète, ouvre la marche; vient ensuite un Bacchant 'ou jeune Satyre) qui tient un thyrse dans sa main gauche, et de l'autre les rênes d'un chameau, sur le dos duquel est Silène, ivre, auquel une Bacchante , qui tient dans une main une canne de férule (riarthex)) présente de l'autre à boire dans un canthare ; entre lesjambes du chameau est un rhyton renversé; deux jeunes Bacchants suivent, tenant chacun un pédum et une grappe de raisin; la Bacchante qui vient après joue des cymbales, et regarde, aussi bien que le Bacchant qui l'accompagne, armé d'un pé«dum, un Pan qui a l.iissé tomber le sien et qui combat à coups de tête contre un bouc; une Bacchante vêtue d'une tunique, et qui tient une tige de férule , est près du Pan , dans l'attitude de la danse; un vieux Bacchant (ou Satyre) joue de la syrinx, et la Bacchante qui suit danse en faisant résonner des cymbales; un jeune Bacchant, ceint d'une nébride, et qui tient un pédum, précède un chariot bas (plaustrum ), chargé d'un panier ( c«» nistrum) rempli de raisins , qu'un autre Bacchant soutient et

3oC) MYTHOÏOG1K HEROÏQUE 1>KS GKfcCS, ETC.

qui est trainé par deux boucs. Plus loin, une Bacchante dansant, à demi vêtue de son péplus que le vent enfle autour de sa tête; d'un côté, un Bacchant ou Satyre, qui joue de la double flûte; de l'autre côté, un second Satyre tenant un pédum et qui parait admirer la danseuse. Le groupe suivant représente Hercule couronné de pampres, nu, ivre et chancelant; deux jeunes Bacchante le soutiennent par les bras, l'un d'eux portant la massue du héros. Le char de Bacchus vient derrière, attelé de deux panthères , précédé de Pan aux cornes et aux pieds de bouc, qui tient un pédum ; on y voit le dieu nonchalamment couché, un thyrse dans une main, l'autre posée sur sa tête en signe de repos; deux Bacchante, dont l'un joue de la double flûte , accompagnent le char; un Bacchant et une Bacchante, tous deux d'une grande beauté (peut-être Mêthé et Ampélos), l'un portant une tige de férule et l'autre un pédum, ferment la marche. Ce bas-relief circulaire est entouré d'une couronne de chêne. — Les seize médailles qui décorent le bord extérieur sont enchâssées dans des couronnes composées alternativement d'écaillés de palmier et de fleurons : à commencer par celle qui est au-dessus de Bacchus, et en allant de gauche à droite, elles sont à* Hadrien, de Caracalla, de Marc-Aurèle, de Faustine-la- Jeune, d' Antonin-le-Pieux, de Géta, de Commode, de Faustine- V Ancienne, de Sévère, et de Julia Domna. Sous chacune il y a une inscription pointillée qui en indique la place. Ce monument unique a été trouvé dans les fouilles d'une maison de la ville de Rennes, en 177a; il contenait encore quatre-vingts médailles d'or plus ou moins rares, dont quelques-unes étaient entourées d'ornements en filigrane et attachées avec des chaînes d'or. Quant aux scènes et aux personnages mythologiques qu'il représente, on peut voir tom. II, pag. a83 sq., III, pag. 124 sqq»> i35 sqq., i54» 167 sqq., 33a coll. 6a, etc.; et comparer, outre les nombreuses planches relatives au cortège dionysiaque , le lectisterne de Bacchus, d'Ariadne et d'Hercule, fig. 467. — Cabinet de la Bibliothèque du roi.MiixiN, Monum. ant. inédits, Y, aa5, dont nous avons reproduit l'explication, sauf quelques modifications légères.

686 (CXC). Tête imberbe et idéale $ Hercule , couronné à* olivier;

EXPLICATION IîKS PLANCHES. 3o7

les pattes de la peau de lion sont nouées autour du cou ; dans le

^ champ se lit le nom du graveur, Onesas. — Bracci, Memor. d'ant. Incis., II, 89.

6 a (CXC). Tête barbue à' Hercule, couronnée de lierre. — Pierre gravée. Mus. Florent., XXXIV, 8.

687 (CLXXXIX). Trois Amours supportent avec peine l'énorme massue d'Hercule ; un quatrième, placé sur un tertre, la hisse avec effort à l'aide d'une corde, pour la dresser; le cinquième boit dans un vase pour se rafraîchir après un si pénible exercice; le carquois et la peau de lion du héros sont suspendus dans le champ. Tom. II, p. 665. — Intaille d'une grande beauté. Mus. Capitol., IV, 87.

688 (CLXXXIX). Hercule, qui a porté le monde, ne peut porter Y Amour ; il a fléchi un genou, et il agite en vain sa massue, devenue impuissante, lbid. — Pierre gravée, lbid. Imitation probable d'une troisième statue de Lysippe (voy. fig. 667 et 668), représentant Hercule terrassé et spolié par Y Amour, statue décrite dans l'Anthologie de Planude, IV, io3.

689 (CLXXIII). Hercule Musagète, coiffé de la peau de lion, ayant la massue près de lui, et tenant une cithare ou une lyre dont il pince les cordes; on lit dans le champ, Hercules Musarum (Hercule conducteur des Muses). La face offre en regard la tête ft Apollon-Roi , avec l'inscription Q. Pompon ius Musa. Souvent aussi on trouve au revers l'une des Muses d'Ambracie, transportées à Rome dans le temple élevé à cet Hercule par Fuivius Nobilior. Tom. II, p. 197 coll. 177, et tom. III, p. 199. Compar. encore YHercule de Thasos à côté de qui est la lyre, fig. 220, ci-dessus. — Denier de la famille Pomponia. Morell., Fa m. rom.

690 (CXCV). Hercule et Mercure , protecteurs des chemins et des voyageurs, sont sur un socle placé dans un trivium, pour indiquer la route qui conduit à des bains. Hercule, couronné de feuillage, portant dans sa main gauche une branche noueuse, qui lui tient lieu de massue, et la peau de lion, fait, avec sa main droite élevée, le mouvement de regarder au loin (5o3 a). Mercure est coiffé du pétase ailé; sa chlamyde est retenue sur son épaule gauche par une agrafe; d'une main il tient le caducée,

3o8 MYTHOLOGIE HKHOÏQUK DKS GRECS, KTC.

de l'autre une bourse. Au bas (lu socle est la figHre du fleuve Ascanius couché, appuyé sur son urne, d'où l'eau s'écoule ; il tient un roseau, et sa tête est ceinte d'une bandelette. A gauche, on voit le groupe des trois Grâces, nues, entrelaçant leurs bras, et dont deux tiennent des épis ; à droite deux Nymphes du fleuve qui enlèvent Hylas, favori d'Hercule, pendant qu'il y va puiser de l'eau pour rafraîchir les Argonautes (641); il est vêtu d'une ample chlamyde, et il porte un vase à la main. Auprès du simulacre de Mercure, on lit une inscription acelamatoire,qui se traduit : Bonif ace, prêtre, vivez, et qui vient de quelque voyageur reconnaissant. L'autre inscription , officielle, qu'on lit au bas, signifie : Epitynchanus, affranchi et officier de la chambre de Marc-Aurèle César, a rétabli ce trivium, en l'honneur des/ovztaines et des nymphes très saintes, pour l'accomplissement d'un vœu, Voy. tom. II, p. 192, 348 et 689, III, p. 390 , et compar., outre les monuments précités, fig. 5oo et suiv., 4 10- 4 1 2 #, avec l'explicat. — Mus. Capitol., IV, 54- °9 * (CXC). La Monnaie personnifiée (Mor/eta, Juno-Moneta) tient dans sa main droite une balance et dans l'autre une corne d'abondance; devant elle est un tas de monnaies ; Jupiter, placé à sa droite, tient le sceptre et le foudre; Hercule, à sa gauche, s'appuie sur la massue, et porte une des pommes d'or du jardin des Hespérides; l'inscription doit se traduire : la Monnaie à Jupiter et à Hercule Augustes. On sait que Dioctétien et Maximien, son collègue à l'empire, se faisaient représenter sous les traits de Jupiter et d'Hercule, et qu'ils avaient pris les surnoms de Jovien et à' Herculéen. Tom. II, p. 623 sq. Compar. fig. 2?5 c. — Médaillon de Maximien. Buonarroti, Mcd. ant., XXXI, 5. 69a (CLXXXIX). Hercule, debout, entièrement nu , tenant d'une main la massue qu'il va quitter, de l'autre une hydrie , puise de l'eau à une fontaine sot tant d'nn rocher; auprès est tracé le mot AIONA, qui, en le lisant de droite à gauche, signifie démence, et, de gauche à droite, arrose. (Nous voyons ici une des formes de Y expiation d'Hercule après ses fureurs, qu'il fa ut rapprocher des autres formes 678 et 683 ci-dessus.) Tom. II, pag. 202. — Millin, Pierres grau, ittéd.

693 (CLXXY). Hercule, debout et nu, s'appuie de la main droite

EXPLICATION DES PLANCHES. 3o9

sur sa massue , dans la gauche tient les pommes du jardin des Hespërides(665c,667,668),par-dessuslesquellesla/?e<z« de lion retombe de son bras; à sa droite est son carquois, qui renferme son arc et ses flèches ; de l'autre côté est un cratère, et auprès un porc, dont le corps est ceint d'une large bande, comme les animaux destines aux sacrifices : ce vase et ce porc sont des symboles de la déification d'Hercule et du. culte qu'on lui rendait. Tom. II, p. 204 sqq. Compar. la fig. suiv. — Fronton d'un petit temple à Tibur. Mus. Pio-Clem., IV, 42.

694 (CLXXXIX). Hercule est sur \eporc qu'on lui offrait en sacrifice; il tient d'une main la massue avec laquelle il a accompli ses travaux, de l'autre un canthare, symbole de son culte. Ibid. Compar. la fig. précéd. — Pierre gravée. Mus. Flor., I, xxxix, 3.

695 (CXCIII). Hercule, couvert de la dépouille du lion de Némée, portant son carquois et accroupi sur un rocher, pêche avec une ligne attachée à un bâton ( la forme de cet instrument se rapproche de celle qu'affecte quelquefois la harpe, par exemple, 6 1 3 by Mercure barbu, coiffé d'un pétasesans ailes, vêtu d'une ehlamyde, et chaussé de bottines, est assis en face du héros et pêche également avec son caducée. Derrière Hercule se voit Neptune, barbu et vêtu d'une tunique brodée, recouverte d'uu péplus; il saisit un poisson qu'il vient de prendre avec son trident. tSur le rapprochement d'Hercule et de Mercure, voy. tom. II, pag. 238, coll. 172, et fig. 216 avec l'explication, pag. 112 ci-dessus. — Christie. Disquisit. upon JStrusc. Vas., XII, 70.

696 (CXCVI). Egée paraît consoler JEthra, qui s'afflige d'être devenue mère; il tient Cépée qu'il doit cacher, pour qu'elle devienne entre les mains de son fils le signe de sa naissance; il appuie un pied sur un tronçon de colonne. Le jeune Thésée, dans l'autre partie du bas-relief, lève, en présence des habitants de Trézène, étonnés de sa force, la pierre énorme qui couvrait Vépée et les chaussures qu'Egée avait placées dessous. Voy. tom. III, p. 499, 527, et la note 8 sur le livre VIII, dans les éclaircissements du même tome. Compar., pi. CCXXII (107); JEthra, dans sa vieillesse, ramenée de Troie par ses deux petitsfils Acamas et Démophon, telle qu'elle se trouve aussi sur les

3lO MYTHOLOGIE HEROÏQUE DES GRECS, ETC.

vases (toiii. III, pag. 5"Ji). — Wikokelmahw, Monum. inccl., <j6, coll. Combe, Num. Mus. Brit,, VI, 16.

697 (CXCVIl). Thésée est vêtu d'une chlamyde retenue par une agrafe , coiffé d'un pétase couronné d'olivier et attaché sous son menton par une courroie; son épée est suspendue à son eôté, et il tient dans sa main gauche deux lances; de la droite, il courbe une des plus longues branches de l'arbre qui est l'objet du défi que lui a proposé Sinis, surnommé Pytlocamptes (courbeur de pins), à cause de sa force et de son adresse dans ce genre d'exercice. Sinis courbe une autre branche; il est nu et barbu, et il a la tête ceinte de pin. Derrière Sinis est debout Neptune Isthmius, protecteur de l'isthme de Corinthe, où la scène se passe (et père divin de Thésée); il est couronné de pin, arbre qui s'y trouvait en abondance (fig. 626-627), vêtu d'un péplus, et tient un sceptre terminé par un fleuron. Même tome, ibid. — Millin, Peint, de vas., I, 34.

698 (CXCIX). Thésée va plonger son épée dans le sein de Sinis, qu'il tient par la tête; il est coiffé du pétase; sa chlamyde est jetée sur son bras gauche, et le baudrier de son épée est suspendu sur son épaule. Sinis porte une barbe épaisse; il est vêtu d'une peau bordée de feuilles de pin; près de lui est le pin qu'il défiait ses hôtes de courber, et dont les branches ont été rompues dans la lutte qu'il vient de soutenir contre Thésée. Ibid. Compar. la fig. précéd. — Tischbein, Engravings, I, 6.

698 a (CXCVIII). Thésée, couronné de laurier, remarquable par son air d'extrême jeunesse, saisit Damastes, surnommé Procruste, auquel il vient d'arracher son marteau, et va l'étendre sur le lit fatal, pour le faire périr du supplice qu'il lui réservait. L'inscription se rapporte probablement au donataire du vase. Ibid. — Millingeh, Vas. de div. collect., IX, coll. X.

698 b (CCXXV). Egée arrache de la main de Thésée, qu'il reconnaît comme son fils, la coupe empoisonnée qu'il lui avait servie parie conseil de Médée ; il regarde avec colère la magicienne debout derrière Thésée, et qui, tenant un vase, semble attendre avec anxiété le résultat de celte scène; les deux femmes placées de l'autre côté témoignent leur surprise. Tom. III, p. 499- — Combe, Terracott., pi. XII, ao, monument qui donne son vrai

EXPLICATION DES PLANCHES. 3lî

sens au fragment publié par Winckelmann, Mon. ined., 127, et communément expliqué par Machaon et Eurypyle.

699 (CXCVII). Thésée a dompté le taureau de Marathon, auquel il a fait courber la tête devant Minerve, protectrice d'Athènes, et qu'il entraine avec des cordes; dans la main droite, il porte sa massue; sa tête est ceinte d'une bandelette. La Victoire, balancée sur ses ailes au-dessus du taureau, présente au vainqueur une autre bandelette, comme un signe de son triomphe. Minerve est assise et appuyée sur son bouclier; dans sa main droite elle tient une lance ; son casque est surmonté d'une aigrette et entouré d'une couronne d'olivier; elle est vêtue d'une tunique longue et d'un ample péplus. A. l'extrémité opposée on voit le vieil Egée s'appuyant sur un bâton. Ibid. — Millin, Peint, de vas., I, 43. Ce combat de Thésée et sept autres, parmi lesquels ceux contre Sciron et contre la laie de Crommyon, sont représentés sur les métopes subsistantes du temple de Thésée, conjointement avec les travaux d'Hercule : voy. Stuart, Antiq. of Ath., yo\. III, ch. I, pi. XII, 7-10, et XIII, 11-14. C'est une raison de plus pour rapprocher du tableau actuel une autre peinture de vase publiée et savamment interprétée par M. Creuzer [Annal. del'Instit. de corresp. archèol., tom. VII, pag. 92iii et pi. addit. C, 2), où l'on voit Hercule, assisté de Minos, domptant le taureau de Cnosse , le même que celui de Marathon, et le soumettant au joug, en qualité de Bouzygès, sujet traité dans le style du drame satyrique.

700 (CXCVIII). Dédale, vêtu d'une courte tunique, coiffé du piléus ou bonnet d'ouvrier, est assis sur un siège, tient dans la main une scie, et de l'autre caresse le taureau, qui va lui servir de modèle pour fabriquer la génisse de bois que Pasiphaé lui a demandée; cette princesse est voilée et vêtue d'une longue tunique. Voy. tom. III, p. 481-490. Compar. la fig. suiv. — Winckelmann, Mon. ined., 94.

701 (CCI). Le sujet de ce bas-relief est partagé en trois scènes. Pasiphaé, assise, et accompagnée d'un Amour ailé, ordonne à un bouvier, placé devant elle, de lui amener le taureau blanc, objet de son infâme passion; l'entretien a lieu dans un palais, indiqué par le voile suspendu au-dessus. Plus loin, au centre,

3 19. MYTffOTOGTF. HEROÏQUE DES GRECS, ETC.

dit-

on voit Dédale debout, coiffé du piléus ; il travaille à la vaa que Pasiphaé lui a demandée, et il est aidé par un compagnon, qui façonne encore un des pieds avec un marteau; près de lui se retrouve le bouvier de la reine, appuyé sur un long bâton, et paraissant hâter le travail de Dédale. A droite, la génisse est terminée et placée sur un plancher garni de roues; une échelle appliquée contre, doit servir pour y monter et pour s'y renfermer; l'homme qui est à côté est encore le bouvier, confident de Pasiphaé : cette princesse, dont la tête porte un voile, est conduite vers cette machine par un Amour sans ailes ; sa nourrice on une de ses femmes l'accompagne. Le bâtiment qu'on voit dans le fond est probablement le labyrinthe, dont l'entrée est taillée dans le roc. Même tom., ibid.,et p. 4°3 sq. Wïnckeimann, Monum. ined., 93.

702 (CXCVIII). Dédale, après avoir fabriqué des ailes à son fils Icare, en fabrique aussi pour lui-même; il est assis sur un siège sans dossier, devant une table, sur laquelle il pose l'aile qu'il travaille avec un marteau qu'il tient de la main droite ; l'autre aile, terminée, est posée à terre. Icare a déjà ses ailes attachées avec deux bandes qui se croisent sur la poitrine; il s'appuie sur une pyramide. Le mur du fond indique la prison du labyrinthe. Ibid. — Wwckelmann, Mon, ined., 95.

703 (CC). Icare, après sa terrible chute, est étendu sur le rivage ; une de ses ailes est à ses pieds; un pêcheur^ assis sur un rocher, est le seul témoin de cette scène. Quant à Dédale, soutenu par ses ailes, il plane dans l'air au-dessus de la mer, sur laquelle on voit une barque montée par deux hommes qui tiennent chacun une rame ; un pavillon est placé sous les branches d'un arbre au sommet d'un rocher (peut-être pour indiquer le labyrinthe). Ibïd.—Pitt. JErcoL, IV, 63.

704 (CXCIX). Thésée a fait fléchir un genou au Minotaure; il appuie le bras gauche sur sa tête, qu'il a saisie par une de ses cornes, et lui enfonce son épée au défaut de l'omoplate. Le Minotaure est figuré avec la tête d'un taureau unie au corps d'un homme, ici entièrement velu, et avec une queue ; dans sa main gauche il tient une pierre qu'il veut lancer à Thésée. Celui-ci est vêtu d'une tunique courte sans manches, avec une bordure en forme de

EXPLICATION DITS PLANCHES. 3lH

vaguer; une peau, terminée en pointe vers le cou et vers les jambes, lui sert de cuirasse; son baudrier est suspendu sur son épaule droiîe; son cpée est une lame sans poignée, mais terminée par une traverse recourbée aux extrémités pour arrêter la main ; son casque, surmonté d'une large crête, est à ses pieds, que chaussent des brodequins retenus par des bandelettes fixées avec une agrafe; il a, ainsi que les quatre personnages qui l'accompagnent, la tête ceinte d'une bandelette ornée d'une raie en zig-zag. Les deux jeunes Athéniens qu'il a délivrés sont nus et tiennent chacun une lance; les deux jeunes fil les sont vêtues de tuniques longues et étroites avec d'autres tuniques brodées en carreaux et de forme diverse, qui sont serrées par-dessus. Voy. tom. III, p. 5oo-5o6, 5i3-6i7, passim, surtout p. 5i6. Compar. les fig. suiv. — -Vase de style fort ancien, ouvrage de Taleidrs, comme porte l'inscription, et trouvé en Sicile, mais probablement de l'école attique, le sujet étant représenté de la même manière sur un autre vase de cette provenance, appartenant à M. Burgon. Millin, Peint, de vas., II, n, coll. Maisonneuve, Introd. à l'étude des Vases, pi. 38.

704 a (CCXII). Le Minotaure, sous la forme humaine, avec une tête de taureau, a fléchi le genou devant Thésée (fig. précéd.); dans sa main droite il tient un corps rond qui paraît être une pierre qu'il allait lancer au héros. Au revers, on voit le labyrinthe, compVisié de quatre échiquiers disposés en croix sur un fond noir. *Ibid. — Médaillon d'argent de la ville de Cnossus en Crète. Barthélémy, Essai d'une paléogr. numism., Mém. de l'Acad. des Inscript., XXIV, p. 47, n°* 6 et 7.

704 b (CCXII). Le labyrinthe , formé de plusieurs lignes courbes entrelacées : on lit autour KNflSIilN, monnaie des Cnossiens. T. III, p. 493, 5o5, 5i6. — Médaille d'argent de Cnossus. Chi- SHtJLi, Antiq. asiat., p. 127.

704 c (CXCIX bis). Thésée, nu et barbu (?), tenant la massue dans sa main droite, saisit de la gauche par une de ses cornes le Minotaure, homme à tête de taureau, qu'il a terrassé, et sur le corps duquel il appuie son genou. Tom. III , pag. 5i5 sq. Compar. les fig. précéd. et suiv. — - Médaille des Athéniens, Pellerin, Recueil> I, pi. 22, 7, coll. Combe, Num. Mus. Erit., \I, 18-21,

3l4 MYTHOLOGIE HEROÏQUE OES GRECS, ETC.

704 d (GXCIX bis). Figure debout, composée du corps d'un homme avec la tête d'un taureau, portant dans une main un roseau, et dans l'autre ce qu'on a pris pour une pierre (fig. 704, 704 a), mais ce qui paraît être une patère; une courte chlamyde rejetée en arrière pend sur ses deux bras. On a vu dans celte figure, comparée aux précédentes, le Minotaure ; mais si on la rapproche de la fig. 526 a, décrite p. 217, coll. 216, ci-dessus, et qui représente le fleuve Achéloùs, on sera convaincu avec nous de l'identité des deux sujets. Quant aux figures composées à l'inverse d'une tête humaine avec un corps de taureau, si fréquentes sur les médailles de la Campa nie et de la Sicile, et que l'on rapportait également autrefois au Minotaure, elles n'ont rien de commun avec ce monstre, mais, pour la plupart, représentent aussi des fleuves , à commencer par C Achéloùs. Du reste , Achéloùs lui-même et le Minotaure , combattant l'un contre Hercule, l'autre contre Thésée, se correspondent sur les deux faces du vase décrit par M. de Witte et mentionné plus haut, p. 3oi.Voy. tom. III, p. 5i5 sqq., coll. fig. 526 &, 464, 465, 465 a, et p. 192 sq. ci-dessus. — Médaille de Métaponte. Magnan, Lucan. numisrn., pi. 34, 3.

7°4 e (CXCIX bis), A la face, la tête de Thésée, nue et imberbe, caractérisée par la massue qui se voit derrière l'épaule; au revers, le boucrane, allusion au sacrifice du taureau, et peut-être aussi au Minotaure, avec les initiales A0E. Tom. III , pag. 5o6 Sqq. — Médaille d'Athènes. Combe, Mus. Hunter., XII, 8, coll. Num. Mus. Brit., VI, 22, 2 3.

704 ee (CXCIX bis). Le Boucrane, couronné d'une bandelette avec une guirlande, en commémoration du sacrifice du taureau, au revers de la tête de P allas -Atliéné. llid. — Cab. de la Biblioth. r.

7°4/ (CXCVI). Talos, TAAHN, ou Taurus , gardien merveilleux de l'île de Crète, marche à grands pas, les ailes et les bras étendus, tenant des pierres dans ses mains; au revers, le taureau cornupète et les initiales 4>AI2. Voy. tom. II, p. 547, III , 5i 5, *- et la note 4 dans les Éclaircissements du livre VI. — Médaille de Phœstus. Dumersan, Cabin. Allier de Hauteroche, pi. VII, 5. Cf. Cavedoni, dans les Annales de l'lmtit. de corresp. archéol. , tom. VII, pag. i54 sqq.

EXPLICATION DES PLANCHES. ?>l5

70/» g (CXCVI). P'elchanos,LEAX\1$02, ou J upiter-V ulcain (autre forme, plus grécisée encore , du £<?«/ - Moloch de Phénieie, aussi bien que le Minotaure), nu, imberbe, assis dans Y antre Idéerty avec le cr;^ sur ses genoux; au revers, le taureau cornupète et l'inscription $AJ2 pour «pAIÏTION. Tom. II, i6mF.; III, i&û/., et pag. 704 sqq., 709, avec les noies 4 sur le livre VI et 16 sur le livre VIII dans les Éclaircissements. — Médaille de Phaestus en Crète , savamment expliquée par le P. Secchi dans une dissertation publiée à Rome en 1840. Cf. Raoul-Rochette, dans le Journal des Savants, septembre

705 (CXCV1). Thésée est nu et d'une haute stature ; sa chlamyde est jetée sur son épaule gauche; il porte une massue noueuse; à un doigt de la main gauche il a un anneau. Les jeunes Athéniens et Athéniennes^ qui devaient être les victimes du Mino-

. taure, l'entourent et lui témoignent leur reconnaissance; l'un d'eux lui baise la main droite; d'autres sont encore à la porte du labyrinthe. LcMinotaure est étendu aux pieds de Thésée; il a toutes les formes humaines, excepté la tête qui est celle du taureau. La figure assise sur une élévation, tenant d'une main un arc et une flèche, et portant le carquois sur le dos, peut être regardée comme Diane, protectrice du héros (ou divinité locale de la Crète). Tom. III, p. 5oi sqq.— >■ Pitt. d'Ercol.,l, 5. Compar. une mosaïque du pays des Marruccini, dans Allegranza, Opusc. erud., pi. IV, n° 5, p. 232.

706 (CXCIX). Peinture divisée en trois scènes. A gauche, on voit Ariadne présentant à Thésée le peloton de fil qui doit le guider dans le labyrinthe. Au centre, Thésée vêtu d'une chlamyde retenue sur l'épaule droite par une agrafe, a la tête ceiute d'un diadème; il tient dans la main gauche une des cornes duMinotaure* qui a le corps d'un homme, la tête et la queue d'un taureau, et auquel il a fait plier un genou; il va l'assommer avec la massue qu'il a enlevée à Périphétès. A droite, on retrouve Ariadne, à qui Thésée a rendu le peloton, en échange duquel elle lui a donné un strigile pour nettoyer son corps. Dans cette dernière scène et dans la première, Ariadne a près d'elle un personnage dans une posture suppliante et tenant une branche

3i6 Mvrwor.ooii hëroÏquk ni s grecs, etc.

de myrte, peut-être un initié. Tom. III, p. 5oo sqq. — TischbeiN,

706 a-</(CXCIX bis). Quatre scènes, renfermées dans quatre champs distincts, et représentant les principaux faits de l'histoire mythique de Thésée et à' Ariadne. Au centre, a, on voit le labyrinthe de Crète (704 a et b), dans l'intérieur duquel Thésée combat le Minolaure (704, 704 c). A gauche, b, Thésée vêtu de la simple chiamyde, comme sont d'ordinaire les héros, et tenant dans sa main une massue de la forme d'un pédum, reçoit à' Ariadne le peloton ; la fille de Minos porte un grand péplus, qui laisse à nu toute la partie supérieure de son corps. Audessus du labyrinthe, un vaisseau est à l'ancre ; Thésée y fait monter Ariadne par le moyen d'une planche ; deux rameurs sont à leurs rames, aux deux extrémités du navire, et montrent qu'il va partir. Enfin, à gauche du labyrinthe, on retrouve Ariadne seule et assise, plongée dans une profonde tristesse, et levant ses regards vers le ciel. Creuzer Voy. tom. III, p. 5oo-5o6. — Mosaïque trouvée près de Salzbourg, maintenant à Vienne, longue de dix-huit pieds et large de quinze, et réduite d'après Creuzer, Abbildung. z. Symbol. Taf., LV, 1.,

non (CC). Ariadne, abandonnée par Thésée dans l'île de Naxos, vient de se réveiller; la partie inférieure de son corps est couverte d'un manteau dont elle relève un pan ; elle a des bracelets au bras, et son cou est paré d'un riche collier. La figure ailée qui est derrière elle, et qui lui montre de loin le vaisseau de Thésée, paraît être Iris, et faire allusion à la part que les dieux prennent dans cet événement. Le vaisseau est garni de rames et d'une voile; sa proue se termine en cou de cygne, et la poupe est ornée d'un aplustre; un gouvernail a été laissé sur le bord de la mer près d' Ariadne. L'Amour pleurant indique la douleur d'une amante délaissée. Tom. III, ibid., surtout p. 5o4, coll. 267 sq. etfig. 45a sqq., 460-461 ci-dessus, 7620 ci-après, a\tec l'explicat. — Pitt. d?Ercol., II, i5.

708 (CCXV). Thésée. (©E2E) assis aux enfers, ou dans la prison d'Aïdoneus, pour avoir voulu enlc ver Proserpine, semble réfléchir sur son infortune. Tom. III, p. 529 et 537 SCL> — Pierre gravée étrusque. Lanzi, Saggio, II, IV, n. Confér. fig. 737

EXPLICATION DES ' PtAKCHïS. 3l7

ci-après, l'indication d'un monument représentant l'enlèvement d'Hélène par Thésée.

(CXCVII). Thésée (©H2EY2), nu, coiffé d'un casque à large crête, et armé d'une épée suspendue à un baudrier et d'un» lance, combat à pied Hippolyte (innOATTH), reine des Amazones, à cheval, et lui enfonce sa lance dans le sein, au moment où elle vient de lui porter avec la sienne un coup qu'il a paré de son bouclier. Deinomaché (AEINOMAXH), autre Amazone, à pied, décoche une flèche à Thésée pour secourir sa compagne; son carquois est suspendu à son côté par une courroie. Les deux Amazones sont vêtues de tuniques de fourrure, ornées l'une d'étoiles et l'autre de plaques rondes, el serrées par une ceinture; Hippolyte porte une cuirasse sur sa tunique, qui est bordée de palmettes ; celle de Deinomaché est bordée de méandres; leurs jambes sont couvertes d'anaxyrides de peaux avec des raies en zigzag, leurs chaussures sont attachées avec des cordons; toutes deux sont coiffées de mitres, et leur costume est l'ancien costume scythique. Voy. tom. III, p. 527 coll. tom. II, p. 57 sqq., et la note 9 sur le livre IV dans les Éclaircissements de ce dernier tome. Compar. fig. 662 ci-dessus, et les fig. ciaprès; de plus, Thésée combattant Antiope avec l'aide de Phalérus, dans la Description de quelques vases de M. le duc de Luynes, pi. XLIII, et l'enlevant, de concert avec Pirithoùs, dans les Monum. de l'Instit. archéol., I, pi. LV. — Peinture de vase. Millin, Monum. ant. inéd., 1, 3$i. L'histoire de Phèdre et Hippolyte, fils que Thésée eut d' Antiope, se trouve figurée dans ses actes successifs sur le célèbre sarcophage de Girgenti, dessiné par Houel, Voyage pittoresque de Sicile, tom. IV, pi. CCXXXVIII-CCXL. Cf. Zoega, Bassiril., XLIX; Gerhard, Ant. Bildw., I, 26.

710 (CCX). Une Amazone idéalisée est dans l'attitude de tendre un grand arc, dont elle tient les deux extrémités; son carquois, sans couvercle, est suspendu à son côté gauche; elle est vêtue d'une tunique courte, retroussée sur les hanches, et qui laisse à découvert le sein gauche ; autour du pied gauche est une courroie dont la boucle est destinée à tenir un éperon ; son casque, son bouclier en forme de croissant {pelta lunata), et la

'}l8 MYTHOLOGIE HÉROÏQUE OF.S GRECS, ETC.

hache à deux tranchants (bipennis) sont à ses pieds. Ibid. — Statue du Vatican, ici retournée, la gravure n'ayant pas été faite au miroir. Mus. Pio Clem., II, 38.

71 1 (CCIII).|Combat des Amazones avec les Athéniens. A gauche, une Amazone est tombée sur le genou, et elle lève sa bipenne pour repousser son adversaire qui va lui enfoncer sa lance dans le flanc ; un autre guerrier, placé sur un lieu élevé, va percer de sa lance une Amazone qui est au-dessous de lui et qui a laissé tomber son bouclier sur lequel elle appuie le genou gauche; un laurier sépare ce groupe d'un troisième que l'on voit clans le plan inférieur. Là, un guerrier poursuit une Amazone avec sa lance, tandis qu'elle s'apprête à lui porter un grand coup avec son épée qu'elle élève au-dessus de sa tête ; une dernière Amazone, à droite, est tombée sur le genou, comme les deux premières, et va recevoir de son adversaire un coup de lance qu'elle n'a pu parer avec son bouclier. Au centre, paraît la reine des Amazones dans un char traîné par quatre chevaux impétueux, et conduit par une autre Amazone qui fait les fonctions d'aurige (conducteur de char); la reine tient dans sa main gauche deux lances; et de l'autre elle s'appuie sur la rampe antérieure. Les Amazones sont ici presque toutes vaincues; elles ont toutes une tunique courte, peinte ou brodée, et ornée d'une bordure en forme de vagues ; elles sont coiffées de la mitre à pendants, et elles paraissent avoir des anaxyrides, car on ne distingue pas les doigts de leurs pieds. La même uniformité règne dans le costume des guerriers grecs, tous vêtus de chlamydes, coiffés de casques, armés de boucliers, de lances et d'épées; ils ne font usage que de leurs lauces, et leurs épées sont suspendues à leur côté gauche par un baudrier. Voy. tom. II, ibid. y et la même note dans les Éclaircissements. Comp. les deux sujets qui suivent. — Millin, Peint, de vasJ, I, 56.

712 (CCIV). Cet autre combat des Athéniens et des Amazones parait être une imitation de celui que Phidias avait représenté au revers du bouclier de sa Minerve. Ce grand artiste serait alors figuré lui-même sous les traits du vieillard vêtu d'une chlamyde et coiffé d'un pétase, qui élève de ses deux mains audessus de sa tête une énorme pierre dont il va écraser un guer-

EXPLICATION DES PLANCHES. 3l£

rier scythe renversé devant lui, et cherchant vainement à se couvrir de son bouclier : les Scythes étaient les auxiliaires des Amazones dans cette expédition. Dans le plan supérieur, derrière le vieillard, à droite, est un jeune guerrier dans une attitude très animée; sa chlamyde flotte au gré du vent, ainsi que ses cheveux et le pétase qui tombe derrière sa tête; d'une main il tient son bouclier, avec lequel il vient de parer une flèche décochée par Y Amazone placée devant lui, et de l'autre main il va lui porter un coup de lance : ce serait le portrait de Périclès que Phidias avait figuré près de lui, de telle sorte que l'on pouvait voir son visage, quoiqu'il le cachât en grande partie derrière son bouclier; le pétase de l'Amazone est aussi posé derrière sa tête, et elle a son carquois sur le dos. Au milieu de cette vaste et belle composition se voit une nuire Amazone à cheval,, vêtue d'une tunique courte comme la précédente , mais ayant par-dessus un péplus qui flotte au gré du vent de même que son pétase; elle porte un coup de lance à un guerrier placé audessous d'elle et coiffé d'un piléus ou bonnet conique, lequel cherche à parer le coup avec son bouclier. En haut, à gauche (derrière la reine des Amazones, car ce doit être elle), un guerrier, coiffé d'un bonnet pareil, mais tronqué, vêtu d'une tunique courte et d'une chlamyde retroussée par-dessus, et couvert de son bouclier, attaque un autre guerrier vêtu d'une ample chlamyde dont il se fait une défense, et portant un pétase derrière son dos; celui-ci, dont la jambe droite est repliée, va lancer une pierre à son ennemi. Dans le plan inférieur, du même côté, un guerrier , presque en tout semblable, paraît fuir; un héros placé devant lui (selon nous Thésée), portant un casque et une cuirasse sur sa tunique courte, un grand bouclier orné en dedans d'une couronne d'olivier et d'une bordure en forme de vagues, au bras gauche, va percer de l'épée qu'il tient dans sa main droite une Amazone renversée , tenant d'une main son bouclier d'osier tressé, et dans l'autre une pierre ; ses cheveux épars ajoutent à l'expression de terreur qui est sur sa figure, et son pétase retombe derrière ses épaules. Ibid. — Milliw, Peint, de Vas., I, 61, dont nous avons quelque peu modifié l'heureuse explication.

7x3 (CCV). Deux Amazones à cheval combattent' contre deux Grecs à pied ; l'une a des anaxyrides mouchetées, une tunique sans manches attachée avec une ceinture, et une peau de panthère ou pardalide jetée par-dessus; elle est coiffée de la mitre; son cheval se cabre devant son adversaire, auquel elle va porter un coup de lance qu'il s';ipprête à recevoir sur son bouclier, tandis qu'il la menace d'un javelot qu'elle pare avec sa pelta; la chlamyde et le pétase du guerrier sont jetés sur ses épaules. L'autre Amazoneest déjà vaincue; son petit bouclier, orné comme celui de sa compagne, de fleurons et de moulures, est tombé à terre, et elle met son cheval au galop pour s'enfuir; mais le guerrier qui la poursuit, armé d'une lance courte qu'elle cherche à détourner avec sa main, l'a saisie par les cheveux; il a jeté son grand bouclier derrière lui pour avoir le bras plus libre. Le champ est parsemé de fleurs imaginaires. — Dans le plan supérieur on voit quatre divinités et d'abord Minerve, assise, vêtue d'une tunique longue, sans manches, attachée avec une ceinture, et recouverte d'un diploïdion sur lequel est l'égide dépourvue du gorgonium; ses cheveux sont noués sur le sommet de la tête; d'une main elle présente son casque en signe de paix, dans l'autre elle tient une haste pure ou sans fer ; son bouclier est posé près d'elle. A gauche de la déesse et la regardant, est également assis Apollon, qui tient sa lyre dans une main et son plectrum dans l'autre; sa chevelure est ceinte d'une bandelette; à côté de lui sa sœur, Diane, dans la même attitude, vêtue d'une tunique retroussée sur laquelle est un court manteau, chaussée du brodequin crétois, appuie sa main droite sur une haste et l'autre sur sony genou; son front est orné d'une Stéphane, et son carquois suspendu sur son épaule gauche. A l'extrémité droite, en face de Minerve , est debout Hercule, vêtu de la peau de lion nouée par les pattes sur sa poitrine, portant sa massue sur son épaule gauche, et étendant la main droite. Dans le champ, parmi des fleurs, on aperçoit divers objets relatifs au culte des dieux, tels que des vases, un miroir, des boucranes, et, près de Diane, un petit temple avec une poignée pour le transporter j c'est, en effet, un temple portatif, symbole du temple d* ÉphètQ (fig. 3i8), que les Amazones avaient bâti en l'honneur de Diaafy

leur protectrice, dont le costume se rapproche ici du leur (fig. 327 et p. 148, ci-dessus). (G. Muller remarque avec raison, d'après Pausan., VU, 2, 5, que Minerve et Hercule, dans cette scène supérieure, semblent conclure un traité avec Apollon et Diane, au sujet de ce temple. Nous ajouterons que cette alliance de dieux et de cultes paraît représenter celle que formèrent enfin, après une longue lutte, les colons ioniens et les indigènes asiatiques, premiers adorateurs de l'Artémis d'Éphèse.) Voy. tom. II, pag. 87 sqq., 94 sq., et la note 9 dans les Éclaircissem. du liv. IV. Compar., pour la scène d'en haut, le sujet 682 a cidessus, avec l'explicat. — Millin, Peint, de vas., II, 25. Le combat de Thésée et des Athéniens contre les Am'azones, aussi bien que celui du même Thésée et des Lapithes contre les Centaures, que l'on va voir, sont représentés dans les sculptures en grande partie conservées du temple de Phigalie. Cf. le bel ouvrage du baron de Stacrelberg, der Apollotempel, etc., planches VI et VII- XXIX.

7i3 a (CCVIII). Une Amazone en tunique longue , avec un liimation rattaché sur l'épaule par une agrafe, maîtrise un griffon au bec et aux ailes d'aigle, au corps de lion, qui vient de la saisir de ses pattes de devant, et qu'elle a blessé ; elle tient une palme en signe de victoire. Ibid. — D'Agincourt, Recueil defragm.

s de sculpt. antique en terre cuite, pi. XI, 2.

714 (CCVIII). Des Arimaspes combattent contre des grijfons qui ont des crêtes et des aigrettes; ces guerriers fabuleux sont vêtus, comme les Amazones, de tuniques courtes retenues par des ceintures, et l'un d'eux porte en outre une chlamyde ; ils ont des manches et des anaxyrides, et ils sont coiffés de mitres phry~ giennes; leurs t.rmes sont la hache, le javelot, et le petit bouclier échancré en croissant. Ibid. et surtout la note aux Éclaircissem. . — Tischbein, Vases, II, 9, coll. Millin, Monum. inéd., II, p. 129.

714 a (CCVIII). Un puissant griffon terrasse un Arimaspe, vieux, barbu, vêtu d'un costume barbare , et tenant en vain sa hache dans la main droite; un guerrier jeune, demi-nu, coiffé d'un casque ailé, armé du bouclier et de l'épée (comme dans la contre-partie, que nous ne donnons point, il l'est de la hache),

322 MYTHOLOGIE HEkôlQUK Dlv> GRECS, ITC.

.semble venir à son secours. Ibid. — Combk, Terracoit/ts ofthe British Muséum, pi. VI, 8. La pî, IV, 6, ne représente point, comme lu cru O. Mullkr, des Arimaspes, mais bien des Amazones, terrassées par des griffons.

71 5 (CCIX). Un Centaure, sous la forme la plus ancienne, celle d'un Satyre ou d'un Plier, avec les oreilles et la queue de cheval, enlève une femme. Voy. tom. III, p. 63 1, avec la note 12 dans les Eclaircissem. du liv. VIII. Compar. les fig. suivantes et surtout 7i5 d. — Sestini, Leltere num., I, 1, 20.

71 5 w (CCIX). Un Centaure moitié homme et moitié cheval, mais avec la tête de Satyre et en style ancien, enlevant une femme. Ibid. — Pellerin, Supplém., III, V, 3.

71 5 b (CCIX). Un Centaure vieux et barbu, sous la forme ancienne, c'est-à-dire avec le corps entier d'un homme uni à la partie postérieure d'un cheval , lutte contre un héros imberbe et jeune qu'il cherche à enlever de terre; chacun d'eux porte un manteau flottant. Si la massue que l'on voit au bas appartient, comme nous le croyons, au héros, de même que le casque et le bouclier, elle indique Thésée plutôt qu'un autre. Ibid. — Pierre gravée. Gori, Mus- Florent., II, xxxix, 1.

7 15 c (CCIX). Un Centaure sous la forme plus récente, où le corps d'un homme est uni à la partie antérieure aussi bien qu'à la partie postérieure du cheval, combat, contre un Lapithe auquel il serre le cou avec an bras; de l'autre il tient une massue dont il va l'achever. Ibid. — Métope duParthénon à Athènes. Stuart, Antiq. of Athens^ II , 11. Le combat des Lapithcs et des Centaures se voit également, développé au long, sur la frise du côté occidental du temple de Thésée; celle du côté oriental représente un autre combat de Thésée et des Athéniens, en présence de six divinités, contre des hommes sauvages, armés de quartiers de rocher, ou O. Mûller a reconnu les Pallanddes. Cf. Stuart, III, pi. 21-24 et i5-2o.

71 5 d (CCIX). Urne étrusque sur laquelle se voit un Plier ou un Centaure sous la forme la plus ancienne, avec les pieds et la queue du cheval seulement; il est vêtu d'une tunique très courte, ornée ou brodée d'une branche de lierre , ce qui marque un rapport avec le culte de Bacchus, et d'un manteau qui flotte au-

EXPLICATION DES PLANCHES. 3ïfc3

dessus de sa tête. Ce monstre, qui a terrassé plusieurs ennemis couchés à ses pieds, est attaqué en avant par un lieras ou par un roi, portant une couronne et tenant une bipenne levée; en arrière, par un guerrier qui va lui asséner un coup d'une arme semblable; un homme et une femme accourent aussi pour le repousser, l'un avec une fourche, l'autre avec une torche. Un grand arbre s'élève en arrière du Centaure et en avant d'un édifice qui annonce un palais ou la porte d'une ville. On lit audessus une inscription en caractères étrusques ou en vieux caractères grecs, rétrogrades, dont le sens est : Lars Sintinatus,fils de Lars Pomponius. Ibid. Compar. fig. 71 5, et les Centaures bachiques, fig. 445, 45i a , etc. — Dempster, Etrur. régal. , XXI, 1.

716 (CCXIV). Le (la) Sphinx vient de terrasser un Thêbain qui n'a pas deviné son énigme, et va le tuer maigre l'épée dont il est armé : ce Sphinx a des formes idéales, de grandes ailes et plusieurs mamelles. Voy. tom. I , p. 5o2 sqq. Compar. les fig. ciaprès, et 169 sqq. ci-dessus, p. 53 sq. — Millin, Pierres gravées inédites.

7*7 (CCXIV). OEdipe , nu , la tête couverte d'un casque, portant sur son bras droit son bouclier et une haste, indique par un geste qu'il explique l'énigme que le Sphinx lui propose : ce monstre ailé est placé devant iui sur un rocher. Ibid. — Millin, ibid.

718 (CCVIII). Le Sphinx, furieux de ce qu' OEdipe a deviné son énigme, s'est jeté sur lui; mais le héros lui a opposé son bouclier, suspendu sur son épaule, et va le percer de son épée. Ibid. — Millin, ibid.

7*9 VCCX). OEdipe, couvert d'une cuirasse, a saisi avec sa main gauche la tête du Sphinx ; de l'autre il va le percer avec son épée; son genou est appuyé sur le dos du monstre, qui a des ailes, des mamelles et une queue; son corps est celui d'un lion, mais le cou et la tête sont ceux d'une femme. Ibid. — Millin, ibid. Le même sujet se retrouve sur les urnes étrusques, ainsi que la scène antérieure du meurtre de Laïus par OEdipe. Voy. Inghirami, Mon. etr., I, tab. LXVI-LXVIII.

720 (CCVIII). OEdipe, privé de la vue, vêtu d'une tunique longue

et d'un ample péplus, est conduit par ses fils, Polynice etÉtéocle, hors des portes de Thèbes, qui son! Indiquées par deux arcades : OEdipe a la tête ceinte d'une espèce de diadème, et son épée est suspendue à un baudrier sur son épaule; Polynice, qui marche le premier, montre moins de dureté envers son père; Étéocle porte un javelot et se retourne vers une figure dont il n'existe plus que le bras et une partie du vêtement, qui paraît être celui d'une femme, sans doute une des filles d'OEdipe. — Winc- , kelmann, Monum. inéd., io3. On croit voir Tirésias devant OEdipe, sur un vase publié par M. Raoul-Rochette, Monum. inéd., pi. LXXVIII; OEdipe, au moment où on lui crève les yeux, est certainement représenté sur une urne étrusque, dans Inghirami, I , tab. LXXI ; probablement enfin , OEdipe avec Antigone, réfugié à Colone, au moment de l'arrivée de Thésée, sur un vase qu'a reproduit M. Millingen, Vases de div . collect. , pi. XXIII.

721 (CCXV). Cinq des sept chefs réunis à Argos délibèrent sur l'expédition contre Thèbes : sur l'arrière-plan Jdraste, ATPE- 2@E, a revêtu ses armes, et se lève pour assembler les forces des Argiens; Tydée,T\TE, appuyé sur sa lance, mais le casque en tête et le bouclier en avant, va le suivre; les trois autres sont encore assis et sans armes, d'abord Amphiaraùs , AM*TIAPE, enveloppé d'une toison de bélier en sa qualité de devin; il semble adresser de sinistres prédictions à Polynice , 4>YANICE£, qui a la tête appuyée sur sa main et paraît accablé sous les imprécations d'OEdipe; Parthénopée, IIAPQANAn AE, écoute attentivement et partage ses impressions. Les trois premiers noms sont écrits de droite à gauche, et les deux autres de gauche à droite. Voy. t. III, p. 90. — Célèbre cornaline en forme de scarabée, maintenant au Cabinet du roi de Prusse. Lanzi, Saggio, II, vin, 7. Le départ à' Amphiaraùs et à'Adraste , prenant congé (YEriphyle, se voit, avec les noms, sur un vase, dans le recueil précité de M. Miixingen ,-pl. XX, XXI.

722 (CCXI). Tydée (TVTE, rétrograde), un des sept contre Thèbes, entièrement nu, se nettoie le corps après les exercices gyranastiques, en se servant du strigile (706), allusion à l'institution des Jeux néraéens. Cf, 7a 5 a et la page 3a6, *~ Lanzj» ihidft 8»

EXPLICATION DES PLANCHES. 3a5

7*3 (CCXII). Tydée (TVTE, rétrograde) est tombé sur ses genoux, après avoir reçu le coup mortel; il se couvre de son bouclier. — Lanzi, ibid,, 9. Ismène est tuée par Tydée, sur divers monuments, particulièrement sur les vases, dans Tischbein, IV, 18; Maisonneuve, pi. 5i; Millingen, div. coll., XXIII.

724 (CCXl). Capanée, un des sept chefs, qui vient d'être foudroyé, est sur les débris de réchelle avec laquelle il voulait escalader les murs de Thèbes; il porte un bouclier et le tronçon de sa lance; son nom, KAIÏNO, est écrit à côté, moitié en monogramme, moitié en lettres disposées en colonne. Compar. fig. 726 a. — Lanzi, ibid., 10. (Il va sans dire que ce monument et les deux qui précèdent ont leur place naturelle à la suite de 725 a ci-dessous.)

725 (CCXI). Adraste, aidé d'un de ses compagnons, tue le serpent qui vient d'étouffer de ses replis Opheltès, dont on ne voit plus que la partie supérieure du corps, et qui, depuis, fut nommé Archémore ; le héros est vêtu d'une chlamyde, et coiffé d'un casque; de sa main gauche il tient son bouclier, sur lequel on voit une tête de Méduse, et de l'autre un javelot court dont il va percer le serpent; à ses pieds est le vase dans lequel Hypsipyle, qui déplore le malheur de son nourrisson, avait apporté à boire à Adraste ; des deux côtés s'élèvent des rochers.Voy. t. III, p. go. Compar. le sujet suivant. — Winckfxmann, Monum. ined., 83.

72 5 <7 (CCVI). Au centre de ce tableau s'ouvre, soutenu par quatre hautes colonnes, le vestibule du palais de Lycurgue, roi de Némée : on voit au milieu Eurydice (EYPYAIKH), son épouse, qui vient d'apprendre avec douleur et colère à la fois la funeste nouvelle de la mort de son fils Opheltès; devant elle, à gauche, paraît Hypsipyle (£YYIIIYAH), tremblante , qui lui raconte ce triste événement en cherchant à s'excuser; de l'autre côté, Amphiaraus (AM^IAPAOl), richement armé et vêtu, semble confirmer ses paroles et proposer une transaction. Quatre personnages sont en dehors du vestibule : auprès d'Hypsipyle, ses deux fils en costume de voyageurs, Eunços (EYNEflZ), qu'elle eut de Jason, et probablement Thoas ; près d'Amphiaraûs, deux deseç compagnons, Parthenopœus (nAPOENOIIAIOS) et Capanée (ftAHANEYS), armés de la lance et de Yépée* Dans Je plan sy*

périeur, et au-dessus de ces figures accessoires , sont assis deux groupes divins : ici Jupiter (ZfiYS), portant le sceptre surmonté d'un aigle, ayant près de lui le foudre , et se tournant vers la nymphe locale Nêmée (NEMEA.) ; là , sous un berceau de pampres, Dionysus (AIONYSOS), tenant de la main gauche une lyre, en qualité dé Melpomenos , de la droite une large coupe dans laquelle un Satyre lui verse à boire. Ces dieux consacrent en quelque sorte la stipulation en vertu de laquelle les jeux de Némêe furent établis, comme expiation de la mort d'Opheltès, et pour honorer ses funérailles représentées dans la scène qui occupe le bas de la peinture. Sur un lit de repos, richement décoré, est couché l'enfant royal, devenu Archémore (APXEMO- POS), enveloppé dans son linceul; une femme voilée, en longs habits de deuil, peut-être encore sa nourrice Hypsipyle , lui pose sur la tête une couronne de myrte; sous le lit on aperçoit le vase destiné aux purifications. Trois figures sont à la tête, et autant au pied du lit : ici le Pédagogue (n AIAA TilTOS) au front chauve, à la longue barbe, s'appuyant sur un long bâton recourbé par le haut, et tenant une lyre, emblème de ses fonctions; là une autre femme, qui soutient un parasol au-dessus de la tête du mort. Derrière le premier marchent deux hommes, portant sur leurs têtes de petites tables chargées de vases et d'autres présents funèbres; ils en tiennent encore dans leurs mains, et. entre eux est placé le plus magnifique de tous, consistant en une grande amphore à deux anses, dont le couvercle surmonté d'un oiseau semble annoncer qu'elle est de métal. Deux autres hommes marchent également vers la femme au parasol, l'un portant dans ses mains un cratère pour les libations, l'autre en costume champêtre et tenant un pédum, mais tous deux restaurés. — Tableau principal peint sur la face antérieure du vase dit d' Archémore, trouvé à Ruvo, et dont les autres peintures sont données soit sur cette planche, soit sur la suivante, d'après les planches V et VI des Monurn. inéd. de la section française de V Institut archéologique , expliquées dans les Nouvelles Annales, tom. I, p. 352 sqq. Confér. le savant mémoire de M. Gerhard sur ce vase, dans les Mémoires de l'Acad. de Berlin, année i836, p. 253 sqq., et pi. I-IV.

a6 (CLXXII). Poïynice, à qui son frère Étéocle plonge son t'pi e dans le sein, est renversé sur le genou droit ; son casque est tombé loin de lui sous les pieds d'Etéocle; de la main gauche il tient encore son bouclier qu'Étéocle écarte , et de la droite il enfonce aussi son épée dans le ventre de son frère. De chaque côté est une Furie ailée qui porte un flambeau, et montre à chacun des deux frères celui qu'il doit percer. Voy. tom. II, p. 363. — Urne étrusque du cabinet de M. de Saint -Vincens à Aix. Millin, Voyage au Midi de la France, atlas, XXXI, i. 7^6a (CCXV bis). Les trois scènes principales de la première guerre de Thèbes réunies et représentées en plusieurs groupes qui se succèdent de gauche à droite. La première scène montre Hypsipyle suppliante, cherchant à conjurer le ressentiment de Lycurgue et d'Eurydice; deux des héros argiens semblent la prendre sous leur protection; un troisième se met en marche. La deuxième scène figure le siège de Thèbes et ses funestes suites : Capanèe, qui veut escalader les murs de la ville, est sur le point d'être foudroyé; ■ Amphiaraiis, penché en avant sur son char, va être englouti dans le sein de la terre, représentée sous l'image d'une femme couchée aux pieds de ses chevaux; trois autres héros, Parthenopée, Hippomédon et Mécisthée ou Êtéoclus sont étendus sur un bûcher commun. La troisième scène est composée, comme les précédentes, de plusieurs groupes distincts, dont l'un fait voir Étéocle et Poïynice s'entretuant; plus loin, à droite, Isrnène et Antigone soutiennent entre leurs bras le corps de Poïynice , tandis qu'à gauche deux satellites veillent à l'entrée du tombeau d'Etéocle. — Bas-relief de la villa Pamfili, publié par M. Raoul-Rochette, dans ses Mon. inéd., pi. LXVII A, et pag. 3i5, 4^6 sq. On peut comparer, pour les deux dernières scènes , les bas-reliefs plus ou moins curieux de divers sarcophages étrusques, dans Inghirami, Monum. etr., I, Part. Il, pi. 84, 87-90, 93 et 94. Un autre bas-relief de la villa Pamfili, voisin du précédent, mais d'une époque et d'un travail bien inférieurs, et connu seulement par la description de Zoëga ( dans Welcker, Thebaïs, Allgem. Schulzeit. , i832, Abtheil. II, n° 29), a paru à cet illustre archéologue représenter la scène finale de la seconde guerre de Thèbes ou de celle des

3a8 MYTHOLOGIE HEROÏQUE DES GRECS, ETC.

Epigones, à savoir la prise de la ville abandonnée de ses habitants. On y voit, suivanl lui, Alcm&on, fils d'Amphiaraùs, sur son char de guerre au milieu des Argiens; Égialée, fils d'Adraste, tué par Laodamas , fils d'Étéocle, qui seul fait résistance ; Manto, fille de Tirésias, tombant au pouvoir des assiégeants, etc. La vengeance exercée par Alcméon sur sa mère Ériphyle , au début de la guerre, se rencontre aussi sur les urnes étrusques; et Manto, selon toute apparence , consacrée dans le temple de Delphes, en présence de la Pythie et devant le trépied, comme la part la plus précieuse du butin , sur un bas-relief publié par M. Gerhard, Ant. Bildw., I, pi. XXI.

727 (CCLIII). Antiope voilée, entre ses deux fils, Amphion et Zéthus, caractérisés l'un par la lyre, l'autre par le pélase, qui là reconnaissent et la consolent des maux que lui a faits Dircé , sa belle-sœur. (Telle est l'interprétation ordinaire de ce bas-relief, d'un beau style grec, provenant de la villa Borghèse , et maintenant au Musée du Louvre, n* 212; interprétation fondée sur les noms écrits après coup en caractères latins au-dessus des personnages. Un autre exemplaire tiré de la villa Albani, et publié par Zoëga, Bassiril. I, 4 2, est sans inscription. Tous deux paraissent n'être que des copies de celui du Musée de Naples décrit par Gerhard et Panofka, Neap. ant. Bildw., p. 67, dont l'inscription grecque donne le véritable sujet, déjà restitué par Zoëga : Eurydice entre Orphée, qui la perd à l'instant même où il la retrouve, pour l'avoir regardée, et Hermès qui la réclame et va la ramener aux enfers l\a douleur se mêle à l'amour dans le regard fatal d'Orphée, dont le costume, quoique adouci, est encore caractéristique , et la figure d'Eurydice est empreinte d'une mélancolie profonde; Hermès est reconnaissable à l'expression de sa physionomie , aussi bien qu'à son pétase retombant en arrière, quoiqu'il ne porte d'ailes ni aux pieds ni à la tête. Voy. tom. III, p. 121. Compar. fig. 645 sqq., et p. 276 sq. ci-dessus.) — Winckelmann, Mon. ined., 85, coll. De Clarac , Musée de sculpture, pi. 116.

728 (CCXII). Amphion et Zéthus (les Dioscures thébains) retiennent le taureau indompté aux cornes duquel ils attachent Dircé par les cheveux, pour la faire déchirer sur les ronces et les ro-

EXPLICATION DÉS PLANCHES. 3îg

chers du Cithéron. Le thyrse et les festons indiquent que Dircé y était venue pour célébrer les fêtes de Bacchus. En bas, à droite, est assis un Bacchant, qui porte une guirlande de feuilles de vigne autour du corps; au-dessus on voit une lyre (probablement celle d' Amphion), et plus loin, un chien qui se dresse, une ciste mystique, une syrinx ; à gauche, une hure de sanglier, un aigle, un serpent qui sort d'un tronc d'arbre, la tête d'un autre serpent, et un chien qui s'enfuit (quelques-uns de ces attributs peuvent se rapporter à Zéthus, en sa qualité de chasseur; le reste appartient aux Bacchanales). Antiope, mère des héros thébains, paraît en arrière, tenant un thyrse (cette figure a été ajoutée par un des restaurateurs du monument). Voy. tom. II, p. 307, not. 2. — Groupe connu sous le nom du taureau Farnèse, ouvrage de deux sculpteurs de Tralles, Apollonius et Tauriscus, maintenant au Musée Bourbon à Naples : d'après Maffei, Raccolta di Stat.9 XLVIII. On retrouve le même groupe au revers d'une médaille de Thyatire en Lydie, frappée sous Alexandre-Sévère, dans Eckhel, Nurn.anecd., pi. XV, 1 ; et, moins exactement, sur une pierre gravée, fig. suiv.

728 a (CCXII). Amphion et Ze'Mwj1 préparent le supplice àeDircé ; l'un contient le taureau , l'autre lui passe une corde autour des cornes; Dircé est agenouillée devant eux, et demande inutilement sa grâce (comme ci -dessus, elle semble implorer spécialement Amphion, moins féroce que son frère, qui joue le principal rôle dans cette scène de vengeance). — Millin, Pierres gravées inédites.

729 (CCX). Niobé (NIOBH) et Latone ( AHTil) se donnent la main en signe de leur première amitié ; Phœbé ( $OIBH ), fille de Latone, s'appuie sur Niobé, et semble prendre part à la conversation, pendant que Hileaira ( IAEAIPA) et Aglaé ( ATA AIH ), filles de Niobé, jouent aux osselets. En haut, à gauche, on lit en grec : Alexandre athénien a peint. — Pitt. d'Rrcol., I, 1.

730 (CCXIII). Apollon et Diane, placés aux deux extrémités du bas-relief, sont armés d'arcs et de flèches ; à gauche, Diane perce de ses traits quatre des filles de Niobé, qui se réfugient vainement près de leur mère, et qu'une de leurs nourrices essaie non moins vainement de secourir; la malheureuse Niobé voudrait

KtO MYTHOLOGIE HEROÏQUE DES GRECS, ETC.

elle-même les cacher sous son ample péplus (si toutefois ce voile qui règne sur toute la scène est autre chose que l'indication d'un appartement ). A droite, quatre de ses fils périssent également par les traits à! Apollon, sans que les javelots que porte l'un d'eux sur sa tête en fuyant, ni les efforts du Pédagogue en costume barbare, qui tient un autre d'entre eux dans ses bras, puissent les sauver; près de celui qui est étendu à terre est une de ses sœurs qui expire (si ce n'est pas plutôt Niobé qui reparaît dans cette seconde scène, expirant de douleur). Sur le couvercle du sarcophage on voit dix Niobides, cinq filles et cinq garçons, dont les corps sont couchés sur la terre; les jeunes filles sont sur des marche-pieds; la tenture du fond indique qu'elles ont été tuées dans l'intérieur du palais de leur père : les fils sont étendus sur leurs armes de chasseurs; et comme le voile du fond ne va pas jusqu'à l'espace qu'ils occupent, on peut juger qu'ils ont été tués hors du palais. — Mus. Pio-Clem., IV, 17.

7^0 a (CCXIV). Sur l'un des petits côtés du même sarcophage, paraissent deux filles de Niobé, qui cherchent en vain à échapper aux traits de Diane ; leurs péplus forment une tenture au-dessus de leurs têtes, comme sur le bas -relief précédent et avec le même sens. — Ibid.

73o b (CCXIV). L'autre petit côté montre deux fils de Niobé, dont l'un soutient son frère blessé à mort, auprès d'un cheval bridé qui s'échappe, nouvelle indication du lieu de la scène. — Ibid.

73i (CCXV) Niobé et la plus jeune de ses filles, qu'elle cherche à soustraire aux flèches de Diane en la garantissant avec son péplus; l'attitude et l'expression de cette figure sont d'une beauté touchante et cent fois remarquée. — ■ Groupe partiel de la galerie de Florence, qui se rattache à la statue suivante et à plusieurs autres, conservées là et ailleurs, dans la composition totale de la mort des Niobides. D'après Fabroni, Statue di Niobe, n° 2.

7^2 (CCXV). Le Pédagogue des fils de Niobé (et non pas A m phi on, son époux ), cherchant à garantir le plus jeune de ceux-ci (fig. 7°>o) des traits inévitables d'Apollon; la terreur et la pitié se mêlent dans ses traits. — Statue ou plutôt groupe, qui faisait, pendant au précédent; car la statue de l'enfant, conservée également dans la galerie de Florence, devait s'y lier, comme le

EXPLICATION DES PLANCHES. 33l

prouve un groupe découvert à Soissons en i83o. Fabronj, Wid., n° i, coll. Galleria realedi Firenze, Ser. IV, Stat., vol. I, pi. i5 et 1 1 , etRAOUL-RocHETTE, Monum. inéd.^X. LXXÏX et p. 427. 733 (CCXV bis). Essai de recomposition du groupe total de la Mort des Nîobù/es, d'après l'idée conçue par Baktholdy, exécutée par Cockerell, adoptée par Zannoni, modifiée et savamment motivée par M. Welcker; idée selon laquelle les statues originales de ce groupe, ouvrage de Scopas ou de Praxitèle, auraient formé la décoration du fronton d'un temple, soit en Grèce, soit à Rome, où elles furent transportées par le consul C. Sosius, au temps du triumvir Marc-Antoine. Le moment choisi et représenté par l'auteur de cette grande page de sculpture, est celui où les enfants de Niobé tombent sous les flèches d'Apollon et de Diane, et fuient éperdus sans savoir d'où leur vient la mort. Niobé seule, vers laquelle ils semblent, des deux côtés, chercher également leur refuge, paraît avoir conscience de cette inévitable catastrophe dont son orgueil maternel est la cause, et qui la frappe dans ce qu'elle a de plus cher. Placée au centre de la composition dont elle est l'âme, sa figure colossale («), les yeux levés vers le ciel, exprime le désespoir d'une mère avec autant de noblesse que d'énergie; elle sent qu'elle ne peut même sauver cette enfant (6) qui se jette à genoux dans ses bras, et toutefois elle la presse contre son sein de la main droite, en élevant son pépins de la gauche comme pour lui faire ^n rempart qu'elle sait inutile (compar. fig. 79>i). Deux de ses filles plus âgées (c et d), déjà blessées ou près de l'être, et la douleur empreinte sur le visage, s'avancent vers elle par la gauche, portant l'une la main gauche et l'autre la droite à leur péplus, derrière leurs épaules. Une de leurs sœurs (c), qui les suivait, est tombée mourante et s'appuie du bras droit sur le genou de son frère aîné (/*), qui ramène de la main droite, en se penchant, son manteau par dessus sa tête. Un second fds (#) vient après, fuyant, comme celui qui précède, élevant aussi son manteau roulé autour de son bras gauche, posant son pie;] gauche sur un rocher, et retournant la tête avec terreur vers le côté du danger. Le mouvement de la figure du Niobide qui suit {h) est à peu près semblable, si ce n'est que cette figure se présente à

332 MYTHOtOGlK HEROÏQUE DES GRECS, ETC.

l'inverse et par le dos, qu'elle porte en avant le pied droit et élève le bras droit, qu'elle retrousse son manteau du bras gauche abaissé, formant tout à la fois le pendant et le contraste de la précédente, avec laquelle elle s'harmonise ainsi parfaitement; ajoutons que le fini d'exécution de la partie postérieure de cette statue prouve qu'elle fut faite pour être vue ainsi, à la différence des autres. La ligure d'une fille de Niobé étendue morte, mais qui manque, devait, selon toute apparence, terminer ce côté du groupe, dans l'angle gauche de la disposition pyramidale (j), comme l'angle droit offre en pendant le Niobide couché. La progression du danger croît, en effet, du centre aux extrémités, de part et d'autre; pour les filles à gauche, et pour les fils à droite, selon qu'ils se trouvent plus près de Diane ou d'Apollon, acteurs invisibles de cette scène de deuil. Les fils placés à gauche sont encore intacts, et de même les filles à droite , en commençant par la plus jeune qui s'unit étroitement à sa mère, de ce côté. L'aînée (ft) regarde avec effroi et compassion, en élevant son péplus de la main gauche, par un geste analogue à celui de Niobé, l'un de ses frères (l) qui vient de tomber à ses pieds sur le genou gauche et qui cherche à se soutenir avec les mains, tandis que sa tête. se penche en arrière. Plus loin, le Pédagogue (#w), dans un groupe partiel, qui correspond pour la place à celui du frère soutenant sa sœur (e-f), pour l'action à celui de la mère protégeant la plus jeune de ses filles (a-k), reçoit dans ses bras le plus jeune des fils (n) que l'épouvante y précipite, et dont les regards, ainsi que les siens, semblent apercevoir le trait fatal qui va l'atteindre (compar. fig. 732). Le Niobide qui suit (0), tombé sur les deux genôlïx, a été frappé au dos, et il porte la main gauche à sa blessure , tandis qu'il élève le bras droit dans la contraction de la douleur. Venait ensuite une figure de femme nécessaire pour la symétrie de la composition , aussi bien que pour achever le nombre de sept filles, répondant aux sept fils dont le Niobide étendu mort (q), et la plus admirée de ces figures après la mère, est le dernier : si l'on pouvait admettre que la Psyché de notre planche CIV, 406 «, eût été primitivement l'une des filles de Niobé , comme on l'a cru, elle remplirait cette place , où nous l'avons reçue

d'une manière purement subsidiaire (/?). Rien de plus frappant, du reste, que Tair de famille qui règne entre la plupart de ces figures; de plus touchant que la sympathie qui semble les unir même au milieu de ce grand désastre; de plus varié et de plus harmonieux tout ensemble que l'expression de la souffrance ou de la terreur dans leurs traits, dans leurs attitudes ; de plus tragique et de plus beau que l'effet du groupe entier, du moins autant qu'il nous est permis de le restituer aujourd'hui, — Ces statues, qu'on ne saurait guère considérer comme les originaux, mais dont quelques-unes sont des copies excellentes, ont été trouvées au nombre de douze, en i583, près de la porte Saint- Jean-de-Latran à Rome, et se voient toutes, aujourd'hui, une seule exceptée, dans la Galerie de Florence, avec plusieurs au très qui, de même que la Psyché, paraissent n'avoir point appartenu à la composition primitive de la famille de Niobé ( un Discobole, une Muse, une lymphe pareille à Y Anchirroé, CX, 52i, un cheval, et même le groupe célèbre des deux jeunes Pancratiastes , quoique découvert au même endroit). Aux statues authentiques d.e Florence est ajoutée ici, d'après un groupe mutilé du Vatican , qualifié vulgairement de Céphale et Procris, la fille mourante qui s'appuie sur son frère, et où Canova, le premier, reconnut une Niobide. Pareillement le jeune homme tombé sur se» deux genoux, qu'on appelle le Narcisse, prend place parmi les fils de Niobé, d'après le sentiment de Thorwaldsen. Le plus jeune des fils a été groupé avec le Pédagogue, sur l'autoriié de la découverte faite à Soissons et mentionnée cidessus (732). La prétendue Psyché est intercalée, comme nous l'avons dit, pour tenir la place d'une figure perdue; mais nous avons laissé vide celle qu'occupait plus que probablement une autre fille gisante à gauche. D'ailleurs notre planche, copiée sur celle de M. Welcker, à la suite de sa belle dissertation Ueber die Gruppirung de/ Niobe und ihrer Kinder (dans le Rheinisches Muséum, année i836), mais soigneusement revue sur les figures de la Galleria reale di Firenze ( Stat., P. I, tav. I et seq.9 P. II , LXXIV-LXXVI) et sur divers plâtres, n'a d'autre prétention que de donner une idée de l'ensemble d'une des plus admirables compositions plastiques de l'art ancien.

334 MYTHOLOGIE HÉROÏQUE i»ES CRECS, ETC.

734 (CCXTV). Pélops , nu, sa chlamyde posée sur la cuisse, tient par les rênes les quatre coursiers qu'il a reçus en don de Neptune, et les abreuve dans une auge de marbre, sur laquelle il appuie le pied droit et qui est décorée de têtes de chevaux en relief; devant lui et près des coursiers est accroupi son aurige Sphœrus ou Cillas, coiffé et vêtu à la phrygienne, de la mitre, d'une tunique longue à manches, et d'anaxyrides; il boit dans un vase à deux anses, d'une belle forme et d'un riche travail ; derrière les chevaux se voit un Hermès de Silène, comme génie à la fois et décoration d'une fontaine (fig. 496 # et 6/i4 )• Y°y« tom. III, p. 149 sqq. — Camée du cabinet de la Bibliothèque royale. Millin, Monum. inéd., I, 1. On peut rapprocher, comme transition aux deux sujets qui suivent, la remarquable, peinture de vase, dans Maisonneuve, pi. 3o, où se voient , en partie avec les noms, OEnomaùs , accompagné de son quadrige conduit par son aurige Myrtile, sacrifiant devant l'idole à'Artémisj et Pélops, déjà sur son char avec Hippodamie , paraissant appeler le roi d'Elis; à cette scène assistent, d'un côté Poséidon, de l'autre Athéné et Zeus ou Jupiter, servi par Ganymède et peut-être par Hébé.

735 (CCVI). Sur un char emporté par deux coursiers au galop, est ' monté OEnomaùs, le roi d'Elis, barbu, armé d'un casque et

d'une cuirasse, la lance et le bouclier à la main ; à sa droite et prêt à s'élancer à terre, paraît son perfide aurige Myrtile, quia négligé à dessein de fixer la roue à l'essieu par la clavette; Myrtile est vêtu d'une courte tunique, serrée par une ceinture, avec une chlamyde par-dessus, et coiffé du bonnet phrygien. Le couple également emporté sur un bige, et que poursuit OEnomaùs, se compose de Pélops, imberbe et nu-tête, tenant les rênes, et à,Hippodamiei placée à ses côtés , le front paré d'une couronne élevée en forme de calathus, et dans sa main droite ayant une* lance; de la gauche elle se tient, comme Myrtile, à l'anlyx ou à la rampe du char. Au-dessus des coursiers de ce second bige, plane Y 'Amour, portant une bandelette en signe de victoire; tandis que, près des chevaux du premier, court un Heure, qui semble rivaliser avec eux de rapidité, et qu'on explique encore, ou comme un présage de malheur pour QEno-

KXr-LICATiON DES PLANCHES. 33 5

, maiïs, ou comme un symbole aphrodisiaque, relatif à l'union des deux amants (fig. 49 *)• Cette scène dans son ensemble fait, en outre, allusion à l'établissement des jeux Olympiques, comme celle qui est au-dessous a rapport à l'institution des jeux Néméens. — Peinture sur le col de la face antérieure clu vase d'Jrchémore. Confér. 725 a et 665 b ci-dessus , et le mémoire de M. Gerhard déjà indiqué.

735 a (CCII). Pélops, couvert d'une, cuirasse, est dans son char traîné par quatre chevaux pleins de feu ; il tient le fouet. Le char & OEnomaùs est brisé. Myrtile, armé d'un fouet, tourne la tête vers le roi d'Élis, dont sa trahison a causé la chute, et qui, vêtu d'une chlamyde jetée par-dessus sa cuirasse, est étendu par terre sur la roue même qui s'est détachée de son char. Au-dessus on voit, comme suspendu en l'air, le dieu du fleuve CUnléus, deminu, et assis sur un tertre avec un arbre; il appuie sa main droite sur une rame, pour indiquer que la course devait commencer aux bords de ce fleuve et finir à l'isthme de Corinthe. Êvarète? e'pouse du roi, coiffée d'une Stéphane, et sa fille Hippodamie, qui doit être le prix de la/yictoire, sont derrière OEnomaiis et paraissent pleurer sa mort. Aux deux extrémités sont des bornes pour indiquer la carrière ; près de celle de droite on aperçoit des têtes de spectateurs, parce que la course est supposée avoir lieu dans un cirque, sur ce sarcophage romain. — Guattani, Monum. ined., ann. 1785, XI, 111.

7*36 (CCXVI). Léda est couchée sur un lit, dans une attitude qui exprime la douleur; elle est vêtue d'une tunique et d'un péplus, un voile couvre sa tête; elle s'appuie sur un coussin, et ses pieds posent sur un tabouret; à côté est l'œuf qu'elle vient de mettre au jour et qui renferme Castor et Pollux avec Hélène. Derrière Léda est sa nourrice, qui a la tête couverte d'un voile, et de l'autre côté est une esclave qui assiste à l'accouchement; le vieillard, vêtu d'un ample manteau ou tribon, et qui étend ses bras vers les enfants, doit être le Pédagogue auquel l'éducation des jeunes héros sera confiée. Au pied du lit est Tyndare, dont le geste exprime l'étonnement que lui cause cet accouchement singulier. La draperie du fond indique l'intérieur d'un palais. Derrière Tyndare, Vénus retient d'une main son péplus et une tresse

de ses longs cheveux, de l'antre main une colombe; à sa gauche est un candélabre allumé. Le vieillard couché, qui porte dans sa main une plante aquatique, est V Euro tas, principal fleuve delà Laconie. La Canéphore qu'on voit à l'extrémité n'est qu'un ornement. Voy. tom. II, p. 3o4, 309 sq. — Millin, Voyage au Midi de la France, II, xxxvn, 1.

736 a (CCX). Jupiter, métamorphosé en cygne, sur le sein de Léda. Ibid. Compar. fig. 3o,3, et p. i65 ci-dessus. — Lampe en terre cuite, regardée par d' Agincourt comme une Lucerna meretricia. Fragments de sculpture antique en terre cuite , planche XXVIII, 3.

7^7 (CLXXXVII). Les Dioscures, c'est-à-dire Castor et Pollua:, reconnaissables à leurs bonnets coniques, et vêtus de chlamydes, enlèvent Phœbé et Rdaïra, filles de Leucippus, roi de Messène, que l'on voit à droite, faisant un geste d'indignation, armé d'un bouclier, d'un casque et d'une épée, et accompagné de son épouse Philodicé, qui a été gagnée par les présents des Dioscures. Entre ceux-ci sont trois des jeunes filles qui étaient venues pour célébrer les noces des Leucippides avec les Apharéides , et qui avaient apporté des fleurs, comme on en juge par le panier d'où ces fleurs se répandent ; celle du milieu, qui est la plus agitée, paraît être Arsinoé, la jeune sœur des Leucippides. A gauche, on aperçoit les fils d'Apharée, ldas et Lyncée, qui devaient épouser les filles de Leucippe; ils sont armés pour venger l'injure que les Dioscures leur ont faite; ldas lève son épée et veut attaquer un des ravisseurs; mais Lyncée le retient et demande que l'affaire soit décidée par un combat singulier. Aux deux extrémités sont des Victoires ailées, tenant des guirlandes dans leurs mains. Voy. tom. II, p. 309. — Mus. Pio-Clem., IV, 44- Compar., outre le sujet suivant , le vase de M. le duc de Luvnes (Descript. de quelques vases, etc., pi. IX, X, et pag. 6), où, suivant l'explication très probable du savant archéologue, sont rapprochés le combat des Dioscures et des Apharéides pour les Leucippides , et V enlèvement antérieur d'Hélène par Thésée aidé des mêmes Apharéides.

737 a (CLXXXVII bis). Au centre s'élève sur une base l'idole antique à'Artémis, dont l'une des filles de Leucippus était la pré-

tresse, comme l'antre celle rî'Athéné. A gauche, Pollux (110- AYAEYKTIÏi:) emmène H Haïra (EAEPA) qu'il a enlevée dans son quadrige lancé au galop, dont il tient les rênes, avec une couronne en signe de victoire, et un fouet; la jeune fille est debout devant lui, d'une main relevant son péplus, de l'autre se retenant à l'anlyx du char. A droite, Chrysippos (XPYEiniIOl), l'aurige de Castor, monté sur un autre quadrige qu'il arrête, et tenant également une couronne et un fouet, attend son maître (KASITIIP), qu'on voit au-dessous, portant entre ses bras Ériphy le (EPI<ï>Y AH), ainsi nommée, qu'il enlève à son tour; la jeune fille éperdue relève des deux mains son péplus, qui s'échappe au gré du vent dans la rapidité de la course; Castor est vêtu, comme son frère, d'une tunique richement brodée, serrée par une ceinture dans laquelle est passée une couronne, et d'un court manteau ou himation flottant, un pétase retombe derrière sa tête nue. Cinq divinités assistent à cette scène , dans le plan inférieur, avec des poses et un intérêt divers j mais vivement exprimé : d'abord Aphrodite (A<pPOAITH), assise au pied d'un autel, sur lequel elle s'appuie d'une main, en regardant l'enlèvement d'Ériphyle dont elle est la cause; puis les trois Charités ou Grâces, désignées par des noms particuliers : Pitho (iIEIÔil), la Persuasion, qui s'enfuit à la vue de cet acte de violence; Chryscis (xPYSEIl), à genonx devant Aphrodite et lui montrant le ravisseur ; Agave (ArAYH), debout et relevant son péplus des deux mains dans un mouvement animé; enfin Jupiter (ZEYE), assis à gauche, à demi vêtu d'un péplus, tenant dans sa main un long sceptre terminé par le calice d'une fleur, et paraissant consentir à l'union de ses fils avec les Leucippides sous les auspices de Vénus. Deux arbres croissent aux deux extrémités opposées de ce plan. Au-dessus du plan supérieur on lit : MEIAIAS ; EIIOIHSEN , Midias a fait. T. II, ibid, et p. 666; tom. III, p. 529, où ce sujet est indiqué pi. CLIX, 606, quoique nous y en ayons substitué un autre, en renvoyant celui-ci à sa vraie place. — Peinture qui occupe la partie supérieure du célèbre vase de la première collection d'Hamilton, publié d'abord par d'HANCABviLLE, I, i3o, maintenant au Musée britannique, et dont la partie inférieure, offrant trois tableaux dis-

33«S MYTHOLOGIE HKKOJOL'K DES CItECS, ETC.

ttricls, est donnée dans la planche suivante, pt expliquée sous les

n03 665 a et 6ftG a ci-dessus, d'après la nouvelle publication qu'a faite, en 1840, de ce monument, désormais connu {-OUI le nom de vase de Midias, M. Gerhard, qui en a si heureusement découvert les inscriptions. Il en résulte pour le tableau principal, donné ici, et qu'on avait expliqué de différentes manières, mais principalement par les Jeux de Dannus pour les secondes noces de ses filles (voy. t. III, p. 335; cf. fig. 606 et p. 2.59 cidessus), une interprétation aussi neuve que certaine. Ce tableau, du reste, se lie à ceux de la partie inférieure du vase par l'idée du mariage réalisée, dans le dernier des trois qu'elle comprend (6\6 aa), en une scène toute humaine, dont celles qui précèdent sont en quelque sorte les prototypes divins. Ce système de représentations symboliques de l'hymen, figurées tantôt par des jeux dont des femmes sont le prix, comme dans le sujet par lequel nous avons remplacé celui-ci (fig. 606) et sur le vase d'Archémore (fig. 735), tantôt par de véritables rapts, comme ici, et où le mythe des Hespérides joue fréquemment un rôle aussi bien que les aventures de Jason et Médée (fig. 646, 6/t6 a, et 665, 665 <7, 665 b), le tout aboutissant ou à une scène d'hymen mystique, comme sur le vase d'Archémore (665 bb) et sur celui de la collection Coghill (606), ou même, comme sur le vase actuel, à un mariage purement humain, sera l'objet de considérations plus étendues dans les Éelaircissem. du liv. VII, notes aoa3, mais surtout note ai, § 3, tom. III.

738 (CCXVI). Castor et Poliujc, debout, se donnent la main ; ils sont nus, mais coiffés dé leurs bonnets au-dessus desquels brillent des étoiles : on lit dans le champ A AKEAAIMONIH1N (monnaie des Lacédémoniens). Tom. II, p. 3oa sqq., 3o7-3ia. Compar. les fig. suiv. et fig. 58o, 58i, 6o3 6, 63a, avec l'explication pag. a36, a55 et 371 ci-dessus. — Cabinet de la Bibliothèque du roi.

739 (CCXVI). Les bonnets des Dioscures, surmontés d'étoiles; autour on lit la même inscription. Même tome , ibid, — Cabinet de la Bibliothèque du roi.

7A0 (CCXXI). Une diote ou hydrie à deux anses, sur le ventre de laquelle est un serpent; aux deux côtés, les bonnets étoiles des

EXPLICATION DES PLANCHES. 33o,

Dioscures. Même tome, p. 3io. — Médaille d'argent de Lacouie. Pellerin, Recueilli, pi. ig, 3, coll. i et i.

lh i a (CCXXI). Têtes des Dioscures, coiffées des bonnets coniques étoiles; au revers, seul donné ici, deux diotes, autour de chacune desquelles s'entortille un serpent. Même tome, p. 3n. — Médaille des Lacédérnoniens. Combe, Mus. Brit., VIII, i.

74 1 b (CCXVIII). D'un côté Ja tète de la Ccrès Cabirique ; de l'autre, celles des Dioscures avec les bonnets étoiles (c'est par erreur que, dans la copie de l'atlas de M. Creuzer, les étoiles sont omises), entourées d'une branche de vigne, et accompagnées de l'inscription 0A21OINT. Même tome, p. 3ia sq., 3i5. — Médaille de Thasos. Gesner, Mus. Haym., II, 106.

74' (CCXVl). Castor et Pollux, à cheval et armés de lances, dont les têtes accompagnées d'étoiles se regardent, quoiqu'ils courent dans une direction opposée l'un à l'autre, par allusion au séjour que chacun d'eux fait alternativement dans le ciel et dans les enfers : on lit dans l'exergue, c. serveil. m. f. (Ca'ius Servilins, fils de Marcus). Même tome, p. 3o3 sq., 3i i sqq. Compar. fig. suiv. et surtout 743. — Morell., Fam. Se?vi(ia.

7A2 (CCXVI). Tète à' Apollon couronnée de laurier, devant laquelle est une espèce de croix, derrière une étoile, au bas le nom ROMA. Sur le revers on voit les Dioscures, coiffés de leurs bonnets coniques ; ils s'appuient sur leurs lances auprès de leurs chevaux, qui boivent à une fontaine; au-dessus d'eux sont des étoiles, et devant il y a un croissant : on lit au bas, a. albinus. s. r. {Aldus Albinus, fils de Spurius). Pilême tome, ibid. — Denier d'un triumvir monétaire de la famille Poslumia, frappé en souvenir de la victoire remportée près du lac Régillc, sur les Latins et sur les fils de Tarquin-le-Superbe : les Dioscures, tels qu'ils sont figurés sur cette monnaie, apparurent, dit-on, dans le Forum, et y apportèrent la nouvelle de la bataille bien avant qu'elle pût parvenir par aucune voie humaine; on rapporte aussi que, pendant l'action, deux jeunes gens furent vus combattant pour les Romains sur des chevaux blancs, d'où le culte rendu aux Dioscures à Rome. Morell., Fam. rom.

7^a a (CXXXVI1I). Trois Nymphes demi-nues portent des coquilles; aux deux côtés sont les Dioscures, tenant chacun un

cheval par la bride et une lance; au bas est couché le dieu d'un Jlcuve, tenant une rame. On lit à droite : numerius fabius dkdicavit cum suis alumnis; à gauche : aurelius monnus clim suis; c'est-à-dire : Numerius Fabius a dédié ce monument avec ses élèves ; Aurelius Monnus avec les siens. Corn par. fi g. 5o3, 5o3 a, 7 /| i , 742. — Bas-relief votif inédit du Musée Borgia à Velletri. Millin.

743 (CCXXI). Têtes des Dioscures, tournées l'une en haut, l'autre en bas, pour exprimer qu'alternativement l'un est au ciel ou dans l'hémisphère supérieur, l'autre dans l'hémisphère inférieur ou aux enfers. Tom. II, pag. 3o4, 3oo,, et compar. fig. 741- — Médaille d'Istrus. Cabinet delà Bibliothèque du roi.

744 (CLXXIV). Têtes de Castor et Pollua: , avec des couronnes de laurier sous lesquelles leurs cheveux forment des boucles ondoyantes ; des étoiles brillent sur leurs fronts , et ils ont près d'eux chacun un javelot. Ce doivent être les portraits de deux jeunes Césars, peut-être Caïus et Lucius, petits-fils d'Auguste.

k Compar. fig. 704 a, 740 b. — Pâte en verre. Schlichtegroll, Pierres gravées de Stosch, XXVIII.

745 (CCXVII). Ganymède, enlevé par V aigle de Jupiter^ est vêtu d'une chlamyde; dans sa main droite il tient un pédum noueux : l'aigle a pris son vol; ses ailes sont déployées; il applique ses serres avec précaution sur le corps du jeune chasseur et sur sa chlamyde, pour ne pas le blesser; à côté est le chien de Ganymède, aboyant après son maître. Ce groupe paraît être une copie de celui de Léocharès (Plin. XXXIV, 19, 17, et O. Miïller, Archœol.,% 128, 1). Compar. fig. suiv. — Mus. Pio-Clem., III, 49.

745 a (CLXXIV). Ganymède est enlevé par Yaigle de Jupiter, qui pose légèrement ses serres contre le corps du beau jeune homme ; sur un tertre, qui indique la terre, est son chien, qui aboie après son ravisseur; ce chien parait s'élancer vers une plume qui tombe de l'aile droite de l'aigle, et que Ganymède en se débattant lui a peut-être arrachée. La posture du chien et l'inclinaison du corps de Ganymède font juger que le vol de l'aigle est rapide. — Schlichtegroll, Pierres gravées de Stosch, XXXI. Compar. Hébé ou Ganyméda, également enlevée par Jupiter transformé en aigle, fig. 621 b ci -dessus.

EXPLICATION DES PLANCHES. ?>\l

7^6 (CCXVIII). Vénus caresse Ganymède , et l'instruit de la haute destinée à laquelle il est appelé ; le bel adolescent porte un doigt à sa bouche, ce qui est un signe de sa timidité ; Jupiter, presque entièrement caché par son aigle, qui a les ailes éployées, le contemple sans en être vu ; Ganymède est coiffé du casque de chasseur, et la pelta qu'il porte au bras gauche est un signe de son origine phrygienne, comme le vase qui est à ses pieds est un symbole des fonctions qu'il va remplir. — Mus. Florent., II,

746 a (CCXVIII). Ganymède, appuyé contre un tronc d'arbre, vêtu d'une chlamyde, et coiffé du bonnet phrygien, tient dans sa main droite une coupe remplie d'ambroisie, qu'il va présenter à X aigle de Jupiter; il a dans sa main gauche un pédum. — Mus. Pio- Clem. II, 36.

747 (CCXXIII). Mercure (MIRQVRIOS), vêtu d'une chlamyde, coiffé de son pétase ailé, et chaussé du cothurne avec les talonnières aux pieds, adresse la parole à Alexandre (ALIXEN- TROM), premier nom de Paris, qui est assis sur un rocher, vêtu du costume phrygien et tenant une lance; à ses pieds est un chien, entre eux un laurier, et derrière Mercure une colonne. Les noms sont écrits^ caractères gréco-italiques rétrogrades. — Lanzi, Saggio, II, xii, 2.

748 (CCXI). Minerve, vêtue d'une tunique et d'un péplus, couverte de l'égide et coiffée d'un casque, tient dans une main sa lance et son bouclier, et de l'autre elle présente une bandelette à Paris : celui-ci est assis sur un rocher, et tient dans sa main gauche un long pédum ; il avance la droite pour recevoir le présent de la déesse. Des deux côtés on voit des arbres, et dans le fond des montagnes. — Winckelmann, Monum. ined., 11 3.

749 (CCX1X). Mercure , vêtu d'une chlamyde et coiffé d'un pétase sans ailes, tient dans sa main gauche son caducée, et dans l'autre la pomme d'or, qu'il présente à Paris : celui-ci est assis sur un rocher; il est vêtu d'une longue tunique, coiffé d'un bonnet phrygien, et tient un pédum ; ses troupeaux paissent sur les rives de YJEsacus. A. gauche, sur le sommet du mont Ida, sont les trois déesses, Vénus, Junon et Minerve, chacune tenant une lance : Vénus n'a qu'une Stéphane posée sur ses cheveux ; Junon porte

34a MYTHOLOGIE HEROÏQUE DES GRECS, ETC.

en outre un voile qui retombe derrière sa tête; Minerve est coiffée de son casque et s'appuie sur son bouclier; devant elle est un Amour ailé; à droite on voit un bocage. Tom. II, p. 66/|. Corap. fig. suiv. — Bartoli, Scpolcr. de' Nasoni, XXXIV.

75o (CCXXIII). Les trois déesses sont sur le mont Ida : on voit à gauche Vénus demi-nue, tenant la pomme, signe de sa victoire; Junon, voilée et portant une haste, lui tourne le dos avec dépit; en face d'elle est Minerve casquée, s'appuyant également sur sa haste. Paris , qui vient de prononcer son jugement, est assis sous un arbre; entre lui et les déesses est Mercure, qui les a amenées et qui vient de remettre la pomme à Vénus; audessus de celle-ci plane un Génie portant une couronne : dans le champ se lisent les lettres L. Z. (l'an VII). Ibid. — Médaille frappée à Alexandrie sous Antonin. Morell., Spécimen, n.

7^0 a (CCXVII). Mercure conduisant en toute hâte les trois déesses, Junon, Minerve et Vénus } vers Paris qui doit prononcer sur leur beauté : cette scène est figurée ici à peu près comme elle devait l'être sur le coffre de Cypsélus (Pausan.V, 19, i). — Peinture de vase en style archaïque. Millingen, Vases Coghrtl, pi. XXXIV, 1. Le jugement de Paris est représenté dans des styles divers et avec des attributs différents donnés aux trois déesses, sur un grand nombre d'autres vases, sur des miroirs, etc. Voy. Gerhard, Ant. Bildw., I, Taf. XXV, XXXII coll. XXXIV (cette seconde scène met en rapport avec la première, comme nous le croyons, Y arrivée de Paris chez Hélène ) ; Annal, de l'Instit. de correspond, archéol., tom. V, tav. d'Agg. E, F, et p. 33g sqq.; Raoul-Rochette, Monum. inéd., pi. XLIX, L, etc.

7^i (CCXXVIII). Hélène (ELINA), figure ailée en vieux style, fait une libation sur un «autel. Tom. II, p. 309; tom. III, p. 528 sqq. — Eckhel, Choix de pierres gravées du cabinet impérial de Vienne, XL. Compar. Elina rapprochée de Menle ou Menélas, sur un miroir étrusque, fig. 824 ci-après; Elanai, entre Mènélas et Agamemnon d'une part , et Paris-Alexandre de l'autre, sur un monument du même genre, mais beaucoup plus riche [Mon. de Vlnstit. archéol., II, pi. VI ); et les sujets analogues mentionnés dans les Annales, tom. VI, p. il^i.

7^2 (CCXLVI). Aphrodite ( A*POAITH), vêtue d'une tunique qui

laisse à découvert le sein gauche, et coiffée d'un voile, est assise à côté d'Hélène (EAENH) et cherche à lui persuader de suivre Paris, accompagnée qu'ell* est de Pitho (riEI@ft),la Persuasion, assise au-dessus d'elles sur un socle élevé, et coiffée d'un modius; en face d'Hélène est Alexandre (A AE2ANAPOS) ou Paris, vêtu d'une chlamyde, chaussé de brodequins, et qu'Éros ou V Amour, avec de grandes ailes, engage à l'entreprise qu'il va tenter. Tom. II, p. 663, 665, 666. Compar. la fig. suiv. — Beau bas-relief,aujourd'hui au Musée Bourbon à INaples. Winckelmann, Monum. ined., n5.

753 (CCXXXI). Hélène est assise avec un air modeste et décent, soutenant sa tête et retenant son péplus; Vénus , complètement vêtue, sauf le sein droit qui est ici découvert, siège à côté d'elle sur le même trône et lui montre Paris ; son geste et son attitude annoncent qu'elle cherche à lui persuader de s'en laisser charmer; vis-à-vis est Amour entraînant Paris vers Hélène; le prince troyen, frappé de sa beauté, est vêtu d'une simple chlamyde, rattachée par une agrafe sur l'épaule droite, et coiffé du bonnet phrygien. Trois Muses assistent à cette scène, prêtes à célébrer Phyménée : Polj-mnie , entièrement enveloppée dans son péplus, sauf la main qui tient un volume, et appuyée sur une colonne dans une attitude perisive ; Eutcrpe, jouant de la double flûte; Érato, qui préside aux chants amoureux, pinçant la lyre. Tom. II, ibid., et tom. III, p. 198 et 200. Compar. la fig. précéd. et fig. 293, 294, 296. — Bas-relief d'un vase de marbre de M. Jenkins. Tischbein, Figures d'Homère, II. II, 2.

754 (CCXXIX). Paris est assis devant le vaisseau phrygien sur lequel il va enlever Hélène, que deux Troyens lui amènent ; Amour, ici sans ailes, s'efforce de la faire approcher ; Vénus, placée entre elle et Paris, tient un flambeau allumé; deux Troyens sont aux deux bouts du navire, l'un à la poupe, tenant le gouvernail, l'autre, admirant Hélène, à la proue qui est ornée d'une tête de bélier. Compar. fig. 223. — Bas-relief. Tischbein, Ibid., I, !\.

755 (CCXXI). Le vieil Homère est assis sur un siège et tient un volume sur lequel est "écrit IAIAC (Ilias); on lit autour son nom, OMHPOC : au revers se voit un Sphinx ailé, qui est accroupi et pose l'un de ses pieds de devant sur une diote; l'inscription

XlilN indique une monnaie des habitants de Chics. Voy. t. III, pag. in et 319. Compar. les fig. suiv. — Mionnet, Descript. de mêd., III, p. 274, n°s 89-91. % <j56 (CCXXI). Tête d'Homère, barbue et ceinte d'une bandelette ; autour, son nom, OMHPOC : au revers, le fleuve Mélès ( ME- AHC , dans l'exergue), couché et appuyé sur l'urne d'où découlent ses eaux, tenant une corne d'abondance, symbole des riches campagnes qu'il arrose et fertilise, et une lyre, signe de l'illustration que la ville de Smyrne doit aux chants d'Homère; autour, l'inscription AMAcTPIANfl.N, monnaie des Amastriens (d'A.mastris en Paphlagonie, colonie probable de Smyrne). — Mionnet, II, p. 391, nos 20 et 21.

757 (CCXXIII). Buste d'Homère, vêtu d'un tribon ou pallium; autour le nom ilMHPOG (sic). I/aigle incrusté derrière est celui de la maison de Gonzdgue. — Contorniate. Visconti , Iconograph. gr., I, pi. 2 , 4.

758 (CCXXV). Tête d'Homère, ceinte d'une bandelette, et accollée à celle à? Archiloque. — Visconti, ibid., 2, 5.

759 (CC). Homère entre deux Muses: au-dessus, l'inscription OMHp(oj). Les têtes des Muses sont ornées des plumes qu'elles ont enlevées aux Sirènes (compar. fig. 298, 3oi). Tom. III, p. 197. — - Fragment d'un bas-relief conservé dans l'École de médecine à Montpellier. Millin, Foy. au Midi de la Fr., LXXII, 7.

760 (CCXX). Ce beau bas- relief représente Y apothéose d 'Homère. («) Jupiter est assis au sommet du Parnasse, et appuyé sur un rocher; sa tête est ceinte d'une bandelette; il tient le sceptre, et son aigle est à ses pieds. Au-dessous, et dans un premier repli de la montagne , on voit (b) Calliope, qui tient dans sa main gauche les tablettes (fig. 296); (ç) Clio avec le volume (296, 297) ; (d) Thalle fait des gestes avec la main droite, et dans la gauche elle tient une lyre; (e) Euterpe tient la double flûte (296, 753); (f) Melpomène, drapée, montée sur une estrade et chaussée du cothurne, ayant une lyre à ses pieds, porte sur sa figure le masque tragique et prend une attitude solennelle ( 289 et suiv.) ; {g) Érato danse avec action. Dans le plan intermédiaire, (A) Terpsichore, assise, tient la lyre et le plectrura (292, 296) ; (/) Uranie, en face d'elle, regarde une sphère posée sur un socle

(295, 296); (/■) Polymnie est enveloppée de son péplus et appuyée dans l'attitude de la méditation (294, 296, 753); (/) Apollon Pythien, citharœde et musagète (28*, 282), vêtu de l'orthostade, tient une lyre dans sa main gauche et un plectrum dans la droite ; on voit à ses pieds la cortine (ou plutôt l'omphalos) delphique (280, 280 c), qui soutient son arc et son carquois; (m) la Pythie offre au dieu une libation avec une patère : ces deux figures sont placées dans l'antre corycien ; (/?) Olen de Lycie, fondateur de l'oracle de Delphes, est placé devant le trépied fatidique. Sur le plan inférieur, dans un portique ou temple orné de tapisseries, (o) Homère (OMHPOE), assis sur un trône, et vêtu d'une tunique à manches courtes, tient dans sa main gauche un sceptre terminé par un fleuron, et dans l'autre un rouleau ou volume ; (p) la terre habitée (OIKOTMENH), sous les traits d'une femme qui porte une couronne tourrelée , élève au-dessus de la tête d'Homère une couronne de laurier; (q) le Temps (XPONOE), ailé, tient deux rouleaux, pour indiquer qu'il conserve les deux sublimes ouvrages du poète; au pied du trône d'Homère sont assises (r) Y Iliade (iAIAS), armée d'une épée, et (s) V Odyssée (OAYSSEIA), tenant un aplustre; les rats qui courent autour du marche-pied, font allusion à la Batrachomyomachie , autre poëme attribué à Homère ; en face de lui est un autel circulaire, orné d'un boucrane et de festons, et sur la plinthe duquel on lit les lettres AL, qui peuvent signifier le nombre XXXI, désignant ce bas-relief, soit parmi les autres ouvrages du même sculpteur, soit parmi les autres monuments appartenant au même propriétaire; auprès de l'autel est un bœuf, destiné au sacrifice en l'honneur d'Homère déifié; (t) le Mythe (MY0OS), c'est-à-dire le Génie des mythes ou des fables, sous les traits d'un éphèbe couronné de laurier, tenant un vase et une patère, s'apprête à verser la libation sacrée; (u) Y Histoire (iSTOPIA), tenant un rouleau dans sa main gauche, porte la droite en avant pour prendre part au sacrifice; (v) la Poésie (noiHSIS) s'y associe en élevant de ses deux mains deux flambeaux; (w) la Tragédie (TPATfi- AIA), voilée et chaussée du cothurne, en élevant, simplement la main droite, ainsi que(.r) la Comédie (KiiMUÀIA), sans voile et sans cothurne ; les cinq dernières figures groupées, qui assistent à

3/,6 MYTHOLOCIR HEROÏQUE DKS GRECS, ETC.

cette scène, sont : (/) la Nature (<I>Y£II), sous les traits d'un enfant;^) la ^e/7//(APETH), levant la main commepour exhorter; (aà) la Mémoire (MNHMH), qui paraît recueillie en elle-même; (bb) la Fidélité (îlllT 11) , qui porte les doigts sur ses lèvres et tient un volume dans la main gauche; enfin (ce) la Sagesse (ZO- <!'! A), tenant sa main sous le menton, comme une personne qui réfléchit. Dans le plan supérieur on lit l'inscription : APXE- AAOS AriOAAIilSIOY EIÏOIHIE IIHHNEYÏ (Archëlaiïs de Priène, fils d'Apollonius, a fait). Voy. torn. III, p. 199-200. Compar. la fig. suiv. — Célèbre bas-relief, autrefois au palais Colonna, maintenant au Musée britannique. Mus. Pio-Clem., I, B des preuves. Cf. Ctiper, Jpotkeosis Homeri, i683; Schott, Explic. nom\ de l'Jpoth. d'Hom., 1714.

rfn (GCXXI). Homère a la tète voilée ; il tient dans sa main gauche un volume, il porte la droite à sa bouche, et il est assis sur un aigle dont les ailes sont éployées : V Iliade, sous les traits d'une femme guerrière, coiffée d'tm casque, et armée d'un bouclier et d'une lance, est assise à sa droite; à sa gauche on voit Y Odyssée, caractérisée par le costume et surtout par le bonnet de marin, que porte d'ordinaire Ulysse (81 5 a, 841, etc.), et par une rame; toutes deux sont dans l'attitude de la réflexion. Au-dessus règne im ornement composé de bandelettes et de feuillages, décoré de deux cygnes qui ont les ailes éployées, par allusion à la douceur des chants du poète, et de deux masques qui rappellent les scènes tragiques et comiques de l'Iliade et de l'Odyssée. — Vase d'argent du Musée de Naples. Tischbein, Fig. d'Hom., IL, 1,3.

762 (CCII). Pelée, armé d'une épée, d'une lance et d'un bouclier, surprend Thétis endormie ; la tête de la déesse est appuyée sur ses bras; ses oieds sont croisés, attitude qui, dans les nionu ments, marque également le repos; près d'elle sont un lion et une chèvre, indiquant les différentes formes d'animaux qu'elle prenait pour échapper à ses poursuivants. Derrière Pelée est Protée, vieillard barbu, accompagné d'un monstre marin et tenant un gouvernail; au-dessous est assis le vieux Nérée, père de Thétis, couronné d'algues marines, tenant dans sa main droite une conque, et l'autre appuyée sur une urne; Jmphitrite, debout en arrière et à demi vêtue, est caractérisée par les deux

EXPLICATIOM DES PLANCHES. 347

pinces d'écrevisse qui saillent sur son front (fig. 3o5) et par l'aplustre qu'elle tient, comme déesse de la mer. Derrière Thétis est Morphée, dont la tête est ailée, versant sur la déesse avec une corne une liqueur soporifique; dans l'autre main, il tient une autre corne et une clepsydre ou horloge d'eau. Pelée pose son pied droit sur le vêtement de Thétis pour l'empêcher de s'échapper; les Amours le suivent; l'un veut le débarrasser de sa lance, un autre lui montre la belle Néréide endormie. La Terre, couronnée d'épis et à demi couchée, tenant une corne d'abondance et soutenue par un Génie, regarde Thétis. Les dieux sont témoins du triomphe de Pelée, et se préparent à célébrer ses noces: Junon Pronuba{Héra Zfgia) siège à la première place, parce qu'elle préside au mariage; son front est ceint de la Stéphane, et elle tient un sceptre ; près d'elle est Bébé, qui lui présente l'ambroisie dans une patère; Minerve est coiffée d'un casque, et l'olivier dont elle a fait présent aux hommes croît devant elle; Vulcain, coiffé du piléus, porte un flambeau, signe du feu -auquel il préside; Bacchus, placé auprès de lui, tient son thyrse, et sa main droite est posée sur sa tête couronnée de pampres; entre eux paraît Leucothée, qui l'a nourri, le front paré du crédemnon (peut-être Vestd). Immédiatement derrière Pelée , dans le plan supérieur, sont d'autres dieux : Apollon assis et appuyé sur sa lyre ; Diane avec le carquois ; Mercure tenant le caducée et coiffé du pétase; Proserpinc, distinguée, comme Junon, par la Stéphane qui orne son front et le voile qui en retombe. Derrière elle , et au-dessus d'Amphitrite , est porté un segment du zodiaque avec les signes du scorpion et de la balance, ce dernier propice à l'hymen. Voy. tom. II, p. 364 sq., etc. — Bas-relief. Winckelmann , Monum. ined., no. Il faut rapprocher la coupe de Sosias, dont il a déjà été question plus haut, pag. 212, et qui représente, sur le bord extérieur, le banquet des dieux aux noces de Thétis et de Pelée; au centre, la scène décrite fig. 771 ci -après.

762 a (CCXV bis). Thétis à demi couchée, tenant d'une de ses mains le. serpent dans lequel elle se métamorphose, au moment où Pelée, qui dépose sa chlamyde, essaie de la saisir pendant son sommeil ; un Amour plane au-dessus d'elle, portant

un arc et un flambeau; à ses pieds croit un arbre , près duquel est debout, vis-à-vis de Pelée, Neptune, autre amant de la déesse, le pied appuyé sur un rocher (5o8, 5o8 a et b) dans une attitude d'observation. — Le revers nous paraît offrir en pendant Ariadne, endormie, entre Thésée qui l'abandonne et Bacchus qui va le remplacer, tous deux assis vis-à-vis l'un de l'autre; aux pieds de la fille de Minos est un diptyque, qui fait allusion au contrat violé, comme ci-dessus, fig. 649. Ces deux scènes, dont chacune occupe un côté de la bande circulaire de sculptures développée ici, sont séparées par des masques de Tritons. Compar. la fig. précéd. et fig. 4^2, 461, plus haut. — Bas-relie£d'un vase de verre, du genre des diotes, connu sous le nom de vase Barberiniou Portland, aujourd'hui au Musée britannique, d'après le dessin de Millincen, Transact. ofthe royal Soc. of Literat.y I, 2, pag. 99. Parmi les nombreux monuments de tout genre qui représentent le sujet de Pelée et Thétis, on peut comparer les belles peintures de vases, dans les Monum. de l'Jnstit. archéoL, I , pi. XXXVII et XXXVIII; et dans la Description de quelques vases, etc., de M. le duc de Luynes, pi. XXXIV. La première est remarquable, entre autres circonstances, par la présence du Centaure Chiron.

762 b (CCX). Pelée (Pelé) sortant de la mer, où il a visité Thétis-, exprime l'eau de ses cheveux. — Pierre gravée étrusque. Œuvres de Winckelmann, éd. de Dresde, t. VII, p. 3 B..

763 (CCXXIV). Pelée est assis près de Thétis qu'il vient d'épouser et qui a encore le voile nuptial; Vulcain lui fait présent d'une épée et d'un bouclier; Minerve lui offre une lance et un casque ; les Heures ou Saisons apportent un sanglier, un oiseau, un chevreau, des fleurs et des fruits pour le banquet (compar. fig. 25o r) -y une jeune fille de la noce joue en éteignant son flambeau, tandis que Cornus apporte un autre flambeau et une amphore; plus loin Y Amour repousse de toutes ses forces Eris ou la Discorde, qui veut troubler la fête ; les arbres indiquent qu'elle se passe sur le mont Pélion. On voit dans la frise des hippocampes, des dauphins, et au milieu une tête de Triton, symboles du séjour où Thétis fait sa demeure habituelle. — Zoëga, Bassirilievi antichi, LU.

EXPLICATION DES PLANCHES. 3/jO,

764 (CCXXV). Putéal revêtu de marbre, sur lequel sont sculptés divers événements de Yhistoire d'Achille, (a) Thétis, assise sur un lit, vient de lui donner le jour; (b) la nourrice lave le nouveau-né dans un vase; (c) Thétis plonge son fils dans les eaux du Styx, figuré ici comme une vieille Nymphe (Styx, une des Océanides) appuyée sur une urne; (ci) elle remet Achille à Chiron, qui doit lui donn,er l'éducation des héros ; (e) le jeune prince est sur le dos du Centaure, et poursuit uu lion qu'il vient de blesser d'une flèche ; (/) Achille est caché, sous des habits de femme, parmi les esclaves de Déidamie, fille de Lycomède, roi de Scyros; (g) Déidamie veut retenir Achille^ mais il a déjà saisi un bouclier et une épée, et il se prépare à suivre Ulysse, qui ordonne à Agyrtès de sonner de la trompette pour exciter encore davantage sa jeune ardeur; (h) Achille combat Hector, qui veut venger la mort de Polydore , son frère, étendu à ses pieds; derrière eux est la porte Scée, et devant cette porte le fleuve Scamandre, sous les traits d'un vieillard couché, appuyé sur une urne, et tenant dans sa main droite un rc seau ; (/') Achille, nu, armé d'un casque et d'une épée, vient d'attacher à son char, sur lequel il est monté, le corps d'Hector ; il tient les rênes de ses chevaux, qui sont précédés par la Victoire portant une palme et une couronne; dans le fond, où sont les murs de Troie, Priam, coiffé du bonnet phrygien, est spectateur de cette scène dont il frémit. — Mus. Capit., IV, 37.

765 (CCXVIII). Le Centaure Chiron apprend au jeune Achille à jouer de la lyre. Tom. III, p. 63 1. — Gori, Mus. Florent., II, xxv, 2. (Le même sujet est représenté sur le sarcophage d'Ios, faussement regardé comme le tombeau d'Homère, et dans les peintures d'Herculanum, I, 8).

766 (CCXXV). Le Centaure Chiron, vêtu d'une chlamyde , et appuyé sur un bâton, donne à Achille, en présence de Pelée , sa leçon de botanique; Pelée est assis et tient un bâton; Achille a des plantes médicinales dans sa main gauche , comme le Centaure, son maître, dans sa droite, et s'appuie sur sa lyre. La scène est dans un lieu agreste, orné d'un trépied placé sur un piédestal, et consacré au dieu de la musique et de la médecine, lbid. et tom. II, p. ia5 sqq., 34g. — Milijn, Dissertation dans le

35o MYTHOLOGIE HEROÏQUE DES GRECS, ETC.

recueil de la Société d'émulation de médecine , p. 34a.

767 (CCXXVI). Achille, qui était caché à Scyros parmi les femmes de Déidamie, vient de rejeter le vêtement sous lequel il était déguisé, et paraît presque nu ; parmi les dons présentés par Ulysse, il a choisi la lance et le casque, ce dernier placé à ses pieds ; V Amour tente vainement de le retenir; Déidamie désespérée et ses compagnes surprises, qui voudraient aussi l'arrêter, ne peuvent plus l'empêcher de se trahir ; il fait un grand pas, comme s'il allait au combat; Ulysse , que sa barbe et son bonnet font aisément reconnaître, s'applaudit, par un geste expressif, du succès de sou artifice; Diomède, armé de toutes pièces, marche en avant, tandis qu* Agyrtès, armé de même, sonne de la trompette, pour enflammer le courage du jeune héros; une cuirasse est à leurs pieds, un panier à ouvrage derrière Achille, une lyre et des étoffes roulées dans les mains des femmes de Déidamie. — Mus. Pio-Clem., V, 17. (Le même sujet se voit encore sur le sarcophage d'Ios, sur celui de Barile, et ailleurs.) Cf. Raoul- Rochette, Monum. inéd., I, 12, et dans les Annal, de Vlnstit. archéol., IV, p. 32o, et tav. D, E.

■;68 (CCXXVII). lphigénie est assise, dans un accablement profond, au pied de l'autel de Diane, en Aulide, surmonté de la statue de cette déesse : devant elle est debout Achille, à qui elle avait été promise, et derrière celui-ci Mênélas, appuyé sur son sceptre; plus loin , Agamemnon, la tête voilée. De l'autre côté , on voit quatre héros, dont le second, seul en mouvement, est Calchas qui s'avance, cachant le glaive fatal. — Beau vase de marbre connu sous le nom de vase de Médicis. Tischbein, V, 3. Il faut comparer l'autel de Cléoménès, également à Florence, et la peinture de Pompeï, où, comme dans le fameux tableau de ïimanthe, Agamemnon est représenté se couvrant le visage de son manteau; et rapprocher de celte peinture celle d'un vase où la biche substituée à lphigénie, au lieu d'arriver par les airs, est placée derrière elle : bien d'autres monuments encore figurent cette scène, postérieure dans l'ordre historique à la suivante, et plusieurs avec des particularités remarquables ( Raoul - Rochette, I, pi. XXYI et XXVII).

EXPLICATION DES PLANCHES. 35l

769 (CCXVII). Un serpent entortillé autour d'un arbre va dévorer neuf petits oiseaux qui sont dans leur nid, et leur mère qui arrive partagera bientôt leur sort : c'était, selon Calchas, un présage que le siège de Troie devait durer dix années, et que la ville serait prise dans la dixième. — Pierre gravée. Gori, Mus. Florent. , II, xxiv, 3.

77° (CCXXIV). Combat d' Achille , à la tête des guerriers grecs, contre Télèphe, fils d'Hercule (fig. 667-671), devenu le filsadoptif de Teuthras, roi de Mysie; Télèphe va tomber blessé, en se heurtant contre la plante qui croît sur ses pas; un guerrier mysien est derrière lui, comme un grec derrière Achille ; mais, plus près encore de ce héros, on voit Nice ou la Victoire, prête à le couronner, tandis qu'à l'extrémité opposée intervient le roi 7Vmthras, le bras droit élevé, pour séparer les combattants dont il a reconnu l'erreur. — Vase du Louvre, publié par M. Millingen, Unedit.Monum,, I, 22. Si telle est la véritable explication de ce sujet, il faut admettre que l'artiste l'a traité avec une certaine liberté, en substituant la plante que Ton voit à la vigne qui fit tomber Télèphe, et l'épée à la lance dans la main d'Achille. Quoi qu'il en soit, cette explication est pour le moins aussi probable que celle qu'ont donnée MM. Panofra et de Witte [Annal, de l'instit. archéol., tom. VII , pag. 119 et tav. d'agg. D, 2; Catalogue du cabinet Durand, no 385) d'autres peintures de vases où l'on voit, suivant eux, Achille à pied, précédé d'un petit écuyerk cheval, poursuivant Télèphe nu , qui a laissé tomber une hydrie pleine de vin. Un vase ayant appartenu au cabinet Durand paraît représenter Télèphe, arrivé chez Teuthras, et poursuivant sa mère Auge , qu'il n'a pas d'abord reconnue ( fatal., n° 384). D'autres monuments offrent la suite des aventures de ce prince. Une urne étrusque, publiée par M. Raoul-Rochette, et récemment expliquée par M. Otto Jahn, le montre sous la figure d'un mendiant, dans le palais d'Agamemnon, menaçant d'égorger le jeune Oreste, pour obtenir sa guérison d'Achille par l'entremise du roi des rois. Une pierre gravée publiée dans Raponi, 36, 3, fait voir sa guérison par cette même lance d'Achille qui Pavait blessé.

771 (CCXVIII). Patrocfe (JTATPOKAOS), blessé dans le combat des

Grecs contre Télèphe, est pansé par Achille (AXIAEYS), qui serre une bande autour de son bras avec une attention marquée; tous deux sont accroupis sur un coussin, et l'expression de la douleur physique se lit sur la figure «mssi bien que dans l'attitude contractée de Patrocle; le dessin de cette peinture est remarquable, en outre, par le soin extrême que l'artiste a mis à rendre tous les détails, soit du nu, soit des vêtements. — Intérieur de la coupe dite de Sosias , d'après l'inscription qu'elle porte, et sur l'extérieur de laquelle est représentée, dans un style beaucoup plus roide, la scène dont il a été question sous les n°* 5io c et 762 ci-dessus. Monum. inèd. de Vlnst. de corresp. archéol., I, pi. 24, n° 25.

772 (CCXXVIII). Protésilas, vêtu d'une chlamyde, tient dans la main gauche un javelot 5 il présente l'autre à son épouse Laodamîe, qui est voilée et assise sur un trône dans l'intérieur de son palais, indiqué par 1.1 tenture du fond ; un guerrier armé tient le bouclier du jeune héros, et il se détourne pour ne pas entendre les adieux des deux époux. — Petit côté du sarcophage dont les autres bas-reliefs sont donnés sous les deux numéros qui suivent. Mus. Pio-Clem., V, 18. On peut rapprocher Achille et Patrocle prenant congé de Pelée et Ménétius , leurs pères , sujet lié à celui du combat A' Achille et de Télèphe , sur le vase du Louvre ci-dessus, fig, 770; et Ajax et Teucer, faisant leurs adieux au vieux Télamon, sur une autre peinture de vase donnée par M. Raoul-Rochktte, Mon. inéd., pi. LXXI, 2. 773 (CCXXVIII). Le débarquement des Grecs sur la rive troyenne est figuré par deux guerriers, dont l'un, qui a déjà un pied sur l'échelle de son vaisseau est Protésilas, Fautre doit être Énée ou Achate ou Euphorbe, si ce n'est Hector lui-même. L'oracle avait prédit que celui qui descendrait le premier sur le rivage de Troie y perdrait la vie; en effet, le corps de Protésilas est étendu un peu plus loin sur la rive; son âme, sous la forme d'une ombre enveloppée dans un grand voile, l'abandonne; Mercure Psychopompe la reçoit pour la conduire au séjour des morts. Le groupe suivant représente le même Protésilas qui, d'après la permission de Pluton , est ramené par Mercure à son épouse désolée. Au centre du bas-relief, devant la porte figurée du mo-

numeiit funèbre, on voit les deux jeunes ëpoux s'entretenant ensemble pendant le peu d'instants qui leur ont été accordés pour se revoir. A l'extrémité droite, Protésilas retourne, sous la conduite de Mercure, aux enfers, dont l'entrée est figurée par une arcade ; Charon l'y attend pour le faire entrer dans sa barque. Derrière ce groupe on aperçoit Laodamie mourante, couchée sur un lit, au pied duquel est assis son vieux père, Acaste, plongé dans la douleur ; la figure debout, enveloppée dans un grand voile, doit être encore Y ombre de Protésilas, qui semble attendre son épouse; derrière le lit, on voit, sur une sorte d'autel, un masque bachique enchâssé dans une niche, ayant h sa droite une lance, à sa gauche un thyrse, tandis qu'en bas sont des cymbales, des/lûtes droites et recourbées, et un tympanum, tous symboles du culte mystérieux de Bacchus, avec lequel Laodamie est en rapport, et où l'on enseignait le dogme consolant de la palingénésie. Voy. tom. II, pag. 689; et surtout tom. III, pag. 149 sqq., 3o2 sqq., 343, etc. — Face principale du même sarcophage, ibid.

773 a (CCXXVIII). Autre petit côté du même sarcophage, qui re présente les supplices de Tantale, de Sisyphe et d'Ixion, dans les enfers. Compar. fig. 555. — Ibid.

774 (CCXVIII). Sur cette frise, qui règne tout autour et au bas du col d'une amphore de Voici, à figures noires, parait représenté le combat des Grecs contre les Troyens , à la suite du débarquement, et la mort de Cycnus, fils de Neptune, et roi de Colone en Troade, par la main d'Achille. Le sujet est divisé en deux parties égales, l'une de quatre, l'autre de cinq groupes , séparées par deux figures isolées , dont le costume phrygien marque le lieu de la scène. Derrière le trompette vêtu de rouge et sonnant d'un cor recourbé, se voit le groupe principal, Cycnus , reconnaissable à l'emblème du cygne qui orne son bouclier, vaincu par Achille et prêt à tomber, mais défendu par Ténès, son fils, dont l'écu porte un sanglier; plus loin, à gauche, sont trois guerriers, ses compagnons, combattant contre trois Grecs, et montrant sur leurs boucliers un cerf axis, une chèvre et un astre, emblèmes qu'on trouve, ainsi que le précédent, sur les monnaies d'Éphèse, d'Antandrus, de Tralles et de Cyzique, villes asiati-

ques. Vient ensuite un archer troyen prenant la fuite, et de ce côté paraissent cinq guerriers Grecs attaquant cinq guerriers Phrygiens , défenseurs de Cycnus ; les emblèmes des boucliers grecs, ici visibles, comme là ceux des Troyens, sont la partie antérieure d'un cheval, une tête de panthère, la partie antérieure d'un bélier, les ailes d'un foudre, et la partie antérieure d'un lion, ce dernier, symbole connu d' ' Agamemnon et de Mycènes, les autres, qui se retrouvent sur les monnaies d'Arpi, d'Athènes, de Salamine, de Prasus, pouvant indiquer Diomède, Ménesthce, Ajax, fils de Télamon, Idoménée. — Duc de Luynes, Descript. de quelques vases peints, pi. I, et p. i sq., dont nous adoptons de tout point l'ingénieuse explication.

7?4 « (CCVII). Achille (AXIAAEY2), descendu de son quadrige, qu'on voit derrière lui, barbu, armé de toutes pièces, pose le pied gauche sur l'assise inférieure de Y autel d'Apollon Thymbrèen, bâti en pierres de taille; de la main droite il tient son épée nue, et de la gauche il saisit par le bras le jeune Troïlus (TPOIAOS, à demi-effacé), fils de Priam, réfugié sur l'autel, et qu'il va égorger j derrière l'autel on voit la porte Scée et les murs de Troie, entre les créneaux desquels se montrent deux têtes de guerriers ; de la porte sort un guerrier complètement armé, qu'un autre suit avec un quadrige : sans doute Hector, qui vient au secours de son frère avec Déiphobe, Ê née ou un autre, comme ils paraissent avec leurs noms dans une scène qui fait suite à celle-ci sur un autre vase [Musée étrusque du prince de Canino, n° 529). — Vase de Voici, publié par Otto Jahn, Telephos und Troilosf Kiel, 1841, pi. 2, et p. 70 sqq., où sont rapprochés plusieurs monuments analogues. Cf. de Witte, Cat. étr.,n° 143.

775 (CCXXII). Bas-relief de stuc, trouvé, à ce qu'on croit, dans les ruines d'un ancien temple sur la voie Appienne, à Frattocchie, dans les terres des princes Colonna, et appelé table Iliaque, parce qu'il représente les principaux événements de la guerre de Troie. Deux colonnes le partageaient en trois parties ; on lisait sur ces colonnes, en petits caractères, une courte explication des sujets sculptés sur le bas-relief. La colonne à gauche et. la partie qu'elle séparait de celle du milieu ont péri. Il est plus

que probable que ce monument servait aux grammairiens pour l'instruction de la jeunesse, dans les écoles, où on lisait les poésies d'Homère et de ses continuateurs.

Dans la bande supérieure de la partie centrale , à gauche (i et a), devant le temple cl 'Apollon Sminthien, IEPON AIIOAAJ1- NOS 2MIN0EHE, est Chrysès, XPY2H2, avec trois autres figures, dont l'une presque entièrement détruite par la fracture, et un bœuf qu'elles amènent pour être sacrifié ; les vœux du vieux prêtre, qui offre une libation à son dieu, sont exaucés; (3) les hommes elles chiens à la fois meurent de la peste, AOIMOS, envoyée par Apollon lançant ses traits dans le champ desAchéens; (4) Calchas, KAAXA2, élevant la main, signale la cause de cette scène de mort; ( 5 et 6) Agamemnon, ATAMEMNftN, et Nestor, NESTflP, sont assis, devant les autres chefs ; (7) Achille, AXIAAEYZ, tire l'épée contre Agamemnon ; mais (8) Mineme, A0HNA, le retient par les cheveux, tandis que Nestor s'interpose; (9 et 10) Ulysse conduisant l'hécatombe destinée au dieu, OAY2ZEYZ THN EKATOMBHN Tli 0E& ATilN; (n, 12 et i3) il rend Chryséis, XPYZHIS, à son père, qui embrasse sa fille près de l'autel placé en face du temple; (1/») Thétis, 0ETIS, à genoux devant Jupiter, le prie de venger son fils de l'injure que lui font les Grecs en lui enlevant Briséis.

La partie gauche , qui est perdue , contenait sans doute la suite des événements des douze premiers chants de l'Iliade. La partie droite, dans ses douze bandes superposées les unes aux autres, en remontant de bas en haut (comme celles de la partie gauche devaient se succéder de haut en bas), représente ceux des douze livres suivants.

Dans la bande la plus inférieure, marquée d'une N , lettre numérique du XIIIe chant de l'Iliade, on voit (i5) le combat de Mérionès, MHPICWHZ, et SAcamas , AKAMAZ : ce n'est cependant qu'au livre XVI que Mérionès tue Acamas; plus loin, (16) Idoménée, IAOMENEY2 , tue Othrionéc , O0PIONEY2, qu'emporte un de ses compagnons; (17) Asius, ASIOE , prince d'Arisba, reçoit la mort, en voulant venger celle d'Othrionée; (18) Ènée, AINHAS, combat contre Apharée, A$APEY2.

Bande S, chant XIV : (19) Ajax le Locrien, AIAS AOKPOS ,

tue Archéloque APXEAOXOS, en voulant frapper Polydamas, qui évite le coup : Homère dit cependant que ce fut le fils de Télamon qui tua Archéloque ; (20) Neptune, IIOIIAftN, sous les traits de Calchas, conduit Ajax, AI Aï , par la main ; (21) Apollon, AIIOAAftN, rend à Hector, EKTiiP, ses forces pour combattre les Grecs.

Bande O, cbant XV : (22, 23 et 24) Énée, AINHAI, Paris, Il APIS, etEAENOS : celui-ci tend un arc, quoique Homère ne l'ait pas compté parmi les guerriers qui combattirent près des vaisseaux; (25) combat près des vaisseaux, EÏÏI NAYSI MAXH : (26) Hector, EKTUP, attaque celui d'Ajax, dont on voit les rames; (27) Jjax, secondé de Teucer et d'un de ses compagnons, repousse les assaiilants; (28) Calétor, KAAHTD.P, périt sous ses coups en voulant mettre le feu au navire; (29) Clitos, KAITOI, est tué par Teucer qui, à l'abri du bouclier d'Ajax, lui a décoché une flèche.

Bande n, chant XVI : (3o) Patrocle, IIATPOKAOS, aidé par A ulo m édon, revêt l'armure d'Achille ; (3i) Achille, AXIAAEYZ, assis sous sa tente, refuse de combattre, quoique pressé par Phœnix, $0INI2, son précepteur, Diomède, AIOMHAHS, et un autre guerrier, peut-être Alcimus ; (32) Patrocle, IIATPO- KAOE, que la lance d'Euphorbe a déjà blessé, est tué par Hector (33); celui-ci poursuit Automédon (34), qui se sauve dans le char d'Achille (35), attelé seulement de deux chevaux, Xanthus et Balius, le troisième, Pédasus, ayant été tué par Sarpédon.

Bande P, chant XVII : (36) Hector, après avoir dépouillé Patrocle de son armure, renrre dans la ville, sur son char attelé de deux chevaux, et accompagné à' Enée; (37) Ajax , couvert de son grand bouclier, combat Hector ; (38) Mènélas veut emporter le corps de Patrocle ; (39) Mérionès et lui le placent sur un char attelé de deux chevaux et conduit par deux guerriers : Homère ne parle point de ce char.

Bande 2, chant XVIII : (40) Patrocle, IÏATPOKAOS, est étendu sur une estrade; Achille, AXIAAEYS, plongé dans une profonde douleur, est assis au pied du lit, et les femmes debout se lamentent; (41) Thétis , 0ETI2, suivie d'une Néréide, demande pour son fils de nouvelles armes à (42) Fulcain, H$AI-

2TO£, qui est assis près de sa forge; (43 et 44) trois Cyclopes forgent à coups de marteau un bouclier posé sur une enclume : la fabrication des armes, OIIAOIIOIA.

Bande T, chant XIX : (45) T/iétis (0ETIE) , accompagnée d'une Néréide, vient d'apporter à son fils l'armure forgée par Vulcain; (46) Achille, AXIAAEYI, attache ses cnémides, ens'appuyant sur la cuirasse qui est à ses pieds; (47) une autre Néréide lui présente le fameux bouclier, A2IIII; (48} Phœnix, «fcOINIE, tient dans ses mains le casque; (49) Achille, AXIAAEYI, armé de toutes pièces, s'élance sur son bige, avec Automédon, son aurige; près de Xanthus, le cheval de droite, est placé un devin (5o), pour indiquer que cet animal, devenu fatidique, prédit à son maître la mort qui l'attend.

Bande y, chant XX : (5i) Neptune, TIOSIAflW, enlève Énée, qu'Achille a rencontré le premier dans la mêlée; (52) Achille, AXIA AEYS, perce de son épée Iphition ou Démoléon (53), fils d'An ténor; (54 et 55) il frappe Hippodamas et Polydore, fils de Priam, qui avaient pris la fuite; (56) un guerrier relève un autre guerrier tombé sur les genoux.

Bande $, chant XXI : (57) Hector, enveloppé d'un nuage par Apollon, est sauvé de la fureur d'Achille; (58) le fleuve Scamandre, SKAMANAP02, rejette les cadavres dont Achille avait rempli son lit, et le combat par une inondation ; (5g et 60) Acliille, AXIAAEY2, que ses forces allaient abandonner, est relevé par Neptune, IIOSIAflN; les Phrygiens, *PYTE2, qui ne peuvent plus lui résister, se retirent dans la ville, dont la porte est ouverte.

Bande X, chant XXII : (61) Hector, seul, près de la porte Sçée; (62 et 63) Achille, AXI AAEYZ, tue Hector, EKTÛP ; (64) le dépouille de son armure et lui enJève son casque; (65 et 66) attache le corps du héros à son char; (67) Automédon suit le char à pied.

Bande Y, chant XXIII : (68) Achille, AXIAAEY2, debout, accompagné d'un serviteur qui porte une libation funèbre, consacre aux mânes de Patrocle, étendu sur 3e bûcher, la chevelure dont son père avait promis l'offrande au fleuve Sperchius; vis-à-vis (69) &>t peut-être Agamemnon, qui assista aux funé-

358 MYTHOLOGIE UKROÏQUE DES GRECS, ETG.

railles de Patrocle; le Pollinctor, c'est-à-dire celui qui lave et oint les cadavres, paraît vaquer à cet office ; on lit au bas, brûlement de Patrocle, KAYII2 IIATPOKAOY; (70) les Jeux funèbres, EIIITA4>I02 ATwv, qu'Achille fait célébrer en l'honneur de son ami; (71) Eumélus, fils d'Adraète, a été renversé par Minerve, et son cheval se cabre derrière lui.

Bande a, chant XXIV : (72 et 73) Mercure , EPMH2, a conduit Priant, IIPIAMOZ, au camp des Grecs ; (74) Achille, AXIA- AEY2, assis, écoute la demande du vieux roi suppliant, pour lequel semble intercéder Phœnix; (75) Auiomédon et Alcimédon ou Alcime, autres amis d'Achille, déchargent la rançon que Priam vient d'apporter sur un char traîné par des mulets; (76) Achille et ses deux amis soulèvent le cadavre d'Hector pour le placer sur le même char : Hector et le rachat d'Hector, EKT&P KAI AY - TPA EKTOPOZ.

Le reste du bas-relief représente les derniers événements de la guerre de Troie. Les noms des poètes et des ouvrages où les fa il s dont il s'agit et ceux qui précèdent ont été puisés, se lisent vers le milieu, aux nos 77, 78 et 79 : d'abord le titre du sujet total, la guerre de Troie, TP&IK02 (izolsyioç) ; puis, Y Iliade selon Homère, ÎAIAS KATA OMHPON; V JEthiopis selon Arctinus le Milêsien, AI0IOI1IS KATA APKTINON TON MIAHSION ; V Iliade dite la Petite d'après Leschès de Pyrrha, IAIA2 H MI- KPA AErOMENH KATA AEEXHN IIYPPAION, enfin, et d'une manière plus saillante, comme source du tableau central et principal, dont les bandes latérales ne sont que le cadre ou l'introduction , le sac d'ilion selon Stésichore, IAÏOY HEPSIS KATA ITHSÏXOPON.

Les deux bandes inférieures commencent la série des événements posthomériques. A gauche de la première on lit KH2 : c'est sans doute la dernière syllabe du nom de Podarcès , que l'Amazone Penthésilée perça de sa lance. (80) Penthèsilée, IIEN0E2IAEÏA, est tuée par Achille, AXIAAEYS; (81) Achille, AXlAAEYE, immole Thersite, 0EP2ITHS, près d'un autel : peutêtre est-ce une imitation du tableau de Panaenus; (82) Anliloque, ANTIAOXOS, est tué par Memnon ; (83) Achille, AXIA- AEYI, le venge par la mort de Memnon, MEMNftN ; (84) Achille,

EXPLICATION DES PLANCHES. 35o,

AXIAAEYZ, est tué lui-même devant la porte Scée, couverte de spectateurs; (85) Ajax, A1A2, fils de Télamon, et (86) Ulysse, OAYIEEYS, défendent le héros mort en le couvrant de leurs boucliers; (87) le corps d'Achille est enfin emporté par les Grecs, puis étendu à terre , la tête sur son bouclier; on lit au bas de toute la scène AXIAAEjQS IÏTfiMA ; (88) la Muse, MOY2A, représente ici le chœur entier de ces divines sœurs qui, dans l'Odyssée, forment autour d'Achille mort un concert lugubre; (89) Thétis, 0ETIZ, accompagnée du vieux Phœnix, place les cendres d'Achille dans le tombeau que ce héros avait élevé pour Patrocle et pour lui, VAchilleum, AXIAAEION; (90) Ajax furieux, AI AS MANÏ11AHE, est assis sur un rocher, et s'afflige de ce qu'Ulysse, quoique moins vaillant, a obtenu les armes d'Achille ; (91) colonne carrée, qu'on regarde comme le tombeau d'Ajax, près du promontoire Rhœteum.

Sur la dernière bande , (92) Paris est tombé, son arc à la main, blessé à mort par Philoctète; (93) Priam au tombeau de Paris, accompagné à' un de ses fils ; (94) combat à'Eurypyle et de Néoptolème , EYPYflYAOS NEOIITOAEMOS ; ($5) Ulysse, OAYE2EYS, et Diomède, AIOMHAHS, enlevant le Palladium, désigné par le mot IIAAAAS; (96) le cheval de bois, A0YPHO2 III- IIOS, que (97) les Troyennes et les Phrygiens font entrer dans la ville, TPftAAES KAI *PYrES ANATOYSI TON IIIIION; (98) Sinon, SlNilN, est amené, les mains liées derrière le dos, devant Priam, IIPIAMOSi (99) Cassandre, KASEANAPA, en avant de la porte Scée, 2KAIA I1YAH, s'oppose vainement au funeste projet de ses concitoyens.

Tout le milieu de cette partie du bas-relief, partagé en plusieurs plans distincts, de haut en bas, se compose des différentes scènes relatives à la prise de Troie et à ses conséquences. On y voit cette grande ville entourée de murailles crénelées et flanquées de tours. Dans le plan supérieur, à droite, on retrouve (100) le cheval de bois, AOYPHOS IIIIIOS, d'où les guerriers Achéens descendent au moyen d'une échelle; plus loin, à gauche et en haut, (10 1) parait le temple de Minerve, devant lequel (102) Cassandre à genoux implore la protection de la déesse contre la violence que veut lui faire (io3) Ajax, fils d'Oï-

lée; (104) Corœbus est tué par Pénéléus au pied de l'autel qu'il embrasse ; dans d'autres parties de l'enceinte de la citadelle, et des deux côtés en dehors, d'autres Troyens tombent sous le fer des Grecs. Dans le second plan intérieur, on aperçoit, de chaque côté, un temple : devant celui de gauche une femme Troyenne est massacrée par un Grec; à droite, devant le temple de Vénus, IEPON A4>POAITH£, Ménélas, près de tuer Hélène, est désarmé par la vue de son beau corps; au milieu s'ouvre le portique du palais du roi Priam : (io5) son fils, Polîtes, est tué par Néoptolème, fils d' Achille ; (106) JSéoptolème égorge Priam lui-même sur X autel de Jupiter Herceus; d'autres Troyens gisent mourants. Dans le plan inférieur de l'enceinte de la ville, on voit, à droite, (107) JElhra, AI0PA , mère de Thésée, emmenée par Démophon, AH .... et Acamas, ses petits-fils ; Hélène , de qui elle était devenue l'esclave, est couchée tout près dans une attitude plaintive, et au-dessous d'Hélène une autre de ses femmes paraît se rouler par terre, de désespoir; du côté opposé, (108) Ênée9 AINHAS, remet à son père Anchise les pénates renfermés dans une petite chapelle portative ; le fidèle Achate leur montre le chemin pour sortir; entre ces deux scènes principales est la continuât ijp de. la seconde : (109) Mercure , EPMHS, conduit Énée, AIKHAS, qui porte sur ses épaules Anchise , ANXÏSHS, son père, tenant le sacellum qui renferme les pénates; il tient par la main Ascagne, A2KANI02, son fils; Creuse, sa femme, suit par derrière; ils sortent tous par la porte de la ville ; Vénus, placée à droite de cette porte, semble veiller sur eux et leur indiquer la route; le groupe à gauche de la même porte représente probablement Hélène, devant laquelle passe Enée, l'epée à la main, et qu'il est tenté de tuer. Hors des murs de Troie, 011 trouve à gauche (110) le tombeau d'Hector, EKTOPOS TA#02, entouré d'un mur; audessus est placé un bouclier avec l'emblème d'un lion; (m) Talthybius et les Troyennes, TAA0YBIOS KAI TPHAAHS, qui sont assises près de ce tombeau et qu'il paraît gourmander : Andromaque, ANAPOMAXH, tenant dans ses bras son fils Aslyanax ; près d'elle Cassandre , KAS2ANAPA, et devant, Hélénus, EAENOI: de l'autre côté du tombeau , on voit (112) Hécube,

EXPLICATION DES PLANCHES. 36l

EKABH, embrassant sa fille Polyxène, IIOAYEENH, sur le point d'être immolée aux mânes d'Achille;, Andromaque , ANAPO- MAXH, privée de son fils; près d'elle encore Hélénus, EAE- N02, et devant, (n3) Ulysse, OAYSSEYS, qui semble leur annoncer la captivité qui les attend. A droite, (n4) Néoptolèrne, NEOIITOAEMOS, sacrifie Polyxène, IIOAYiENH, sur le tombeau d'Achille, AXIAAEas 2HMA, où l'on voit une figure couchée, représentant sans doute le héros mort; Ulysse, OAYSSEYZ, auteur de ce sacrifice, y assiste assis;C«fcA«.?,K.AAXA£, estdebout derrière lui; près de Néoptolèrne, est un servant du sacrifice, tenant un vase. En retournant à gauche, au-dessous du tombeau d'Hector, est indiquée la station des vaisseaux des Achéens, NAYITA0MON AXA1£IN, près du promontoire Sigée, 2E1- TAION, dont on voit le phare (116); à droite, sous le tombeau d'Achille, est représentée la fuite d'Ènée: (117) Anchise et les choses sacrées , ATXIEHE KAI TA IEPA ; il tient Védicule qui renferme les pénates, et entre dans le vaisseau; Énée aide son père d'une main, et de l'autre il conduit son fils Asçagne sur la planche qui mène au vaisseau (118) que les Troyens, ses compagnons, retiennent jusqu'à ce qu'ils y soient réunis; au-dessus du vaisseau on lit AIIOIIAOYi; AINH^Y, départ d'Ènée; de l'autre côté est écrit : AINHAE SYN TOIS IAIOIE AriAIPilN EIS THN ESI1EPIAN, Énée, avec les siens , faisant voile pour VHespérie, c'est-à-dire l'Italie; (119) Misène, MISHNOS, portant une trompette, ferme la marche et clôt en même temps cette longue série de sujets et de figures dont l'intention toute romaine se dévoile par la scène finale, aussi bien que par celle où l'on voit Énée, au centre même du tableau et sur le premier plan, emportant son père avec les pénates troyens, et emmenant son fils, sous l'œil de Vénus, sa mère, et sous la conduite d'Hermès. Au-dessous de la dernière partie règne une inscription métrique exhortatoire en l'honneur d'Homère, formée d'un distique dont subsiste la plus grande partie : aPH°N MA®E TAEm omhpoy o$pa AAEIS IÏA2HS METPON EXHS £0- <MAE {sic), apprenez la splendide ordonnance d'Homère, afin que la connaissant vous possédiez la mesure de toute sagesse. — Mus. Capitol.,lV, 68, revu sur Tischbein,VII, a. Compar. les

36a MYTHOLOGIE HEROÏQUE DES GRECS, ETC.

fragments d'une table toute pareille dans Choiseul-Goufeier , Voy, pitt. de la Grèce, II, p. 346; et dans la Galleria Omerica d'iNGHiRAMi, 5, 6. Il faut aussi consulter, sur l'ensemble de Ja composition de ce célèbre bas-relief, les excellentes observations de M. Welcker, dans les Annales de Vlnstit. de corr. arc/iéol.y tom. I, p. 227 sqq.

779 (CCXXX). Théano, prêtresse de Minerve, tient le Palladium placé sur son autel, qui est orné d'une guirlande. Voy. tom. Il, p. 733 sqq. Compar. les fig. suiv. — Millw, Pierres grau. inéd.

777 (CÇXVII). Diomède, armé d'un casque et d'une épée, a fléchi le genou devant l'autel sur lequel est placé le Palladium , qu'il va enlever. Même tome, ibid. et p. 3n sq. — Millin, ibid.

777 a (CCXLI). Diomède, assis sur un autel orné d'une guirlande, vient d'enlever le Palladium : il le tient de la main gauche, qu'il a enveloppée de sa chlamyde pour ne pas le souiller; la droite porte une épée, Ibid. — Gori, Mus. Florent. , II, xxvm, 2.

778 (CCXXXVj. Diomède, la tête couverte d'un casque, tenant une épée d'une main et le Palladium de l'autre, a le genou appuyé sur l'autel; la prétresse assise dans le temple, indiqué par le voile qui y est étendu, cherche vainement à l'arrêter. Ibid. — Millin, ibid.

779 (GCXLIV). Diomède est assis sur un autel; il tient dans sa main droite une épée et dans l'autre le Palladium ; la prétresse est étendue morte à ses pieds; devant lui, sur une colonne, est une statue à demi vêtue (celle de la P allas troyenne distincte du Palladium. Cf. la fig. suiv. et fig. 353 ci-dessus; de plus, p. 735, tom. II). On lit dans le champ AI02KOYPIAOY (ouvrage de Dioscorides). — Bracci, Memor. d'antiq. Incis., II, 61.

780 (CCXLI V). Diomède f assis sur un autel orné d'un feston, comme ci-dessus, tient d'une main son épée, et le Palladium de l'autre, qu'il a enveloppé de sa chlamyde pour ne pas le souiller; devant lui, comme ci-dessus encore, s'élève, sur une colonne, la statue de la» Minerve troyenne; plus loin, en face de Diomède, est Ulysse nu, barbu, coiffé du piléus, sa chlamyde roulée autour de son bras gauche, dont la main porte un javelot; de la main droite il montre avec indignation le cadavre

EXPLICATÏOW Dl« PLANCHES. 363

étendu de la prêtresse que Diomède vient d' égorger et dont on aperçoit les pieds; le temple se voit dans le fond. L'inscription grecque de l'exergue veut dire : Félix, affranchi de Calpurnius Severus, a fait. — Bracci, ibid., II, 75. Ce même sujet delV/zlèvement du Palladium se rencontre sur les vases peints, par exemple sur un vase de la Basilicate publié par Millingen, Uned. Mon., I, 28, et qui offre cette circonstance remarquable que Diomède et Ulysse enlèvent deux Palladium à la fois, comme on le trouve encore sur une terre-cuite du Musée de Berlin, et comme le rapporte Ptolémée Héphestion dans Photius, p. i.'è8 Bekker.

Nota. Il est aisé de voir que la place naturelle de cette série de monuments, 776-780, serait plus loin, immédiatement avant 817 et ceux qui concernent la prise de Troie. L'ordre véritable des faits mythologiques est rétabli par la Table Iliaque, p. 355 sqq. ci- dessus, et la lacune qui s'y trouve, remplie jusqu'à un certain point par les monuments ou les indications qui suivent. Et d'abord on croit reconnaître la dispute d'Achille et cV Agamemnort au revers d'une amphore tyrrhénienne, dont la face parait représenter Clytemneslre accompagnée d'une panthère, son symbole, avec Agamemnon et les Dioscures (de Witte, Catalogue Beugnot, n° 5o ). Deux peintures de Pompeï montrent Chryséis reconduite à Chrysès, son père, et Briséis redemandée en échange à Achille {Mus. Borbon., II, 57; Raoul-Rochette, Monum. inéd., I, 19). De plus, Achille et Briséis sont représentés, avec leurs noms, à la face et au revers d'un vase qui a fait partie de la collection Durand (de Witte, Catalogue Durand, n° 386).

781 (CCXVIII). Achille, entièrement nu, est assis sur un rocher recouvert de sa chlamyde, au bord de la mer, sur laquelle il fixe ses regards ; son épée est suspendue à un autre rocher, et son bouclier, sur lequel on voit une tête de Méduse ailée, y est appuyé; l'expression mélancolique de la figure d'Achille est caractéristique. — Gori, Mus. Florent., II, xxv, 3.

78a (CCXXV). Achille est, de même, assis sur un rocher, au bord de la mer ; il célèbre sur sa lyre les hauts faits des héros ; son casque est posé près de lui; son épée est suspendue par un bau-

drierà une branche de l'arbre contre lequel est appuyé son bouclier, ojù l'on voit une tête de Méduse et une course de chars : on lit sur la pierre, nAM<HAOT, ouvrage de Pamphile. — Bracci, Memor. d' ant. Incis., II, 90.

783 (CCXVII). Deux guerriers couverts de leurs armes, peut-être Paris et Ménèlas , combattent avec des lances en présence de deux hérauts qui tiennent chacun un sceptre, symbole de leur dignité. (Si l'un des deux combattants n'était pas prêt à lâcher pied, on pourrait voir ici le duel fameux à? Hector elAjax, qui fut interrompu par les hérauts. Un vase décrit dans le Catalogue Durand , n° 387, représente une autre monomachie tirée de l'Iliade, sur les acteurs de laquelle les noms de Diomède et à' Hector ne laissent aucun doute.) — Millin, Peint, de vas., I, 33.

7 84 (CCXXI1I). Diomède et Glaucus, au moment d'engager un combat singulier, se reconnaissent comme appartenant à deux familles liées par une ancienne amitié , s'embrassent , et échangent leurs armes; ils ont tous les deux une cuirasse et uu casque; leurs épées sont suspendues à leur côté ; l'un d'eux tient encore sa lance, tandis que celle de l'autre est appuyée derrière lui ainsi que son bouclier. — Gori, Mus. Florent., II, 29.

Nota. Deux vases à figures noires, l'un décrit par M. de Wittk, Cat. étr.y n° 472 , l'autre mentionné dans le Rapporto Volcente de M. Gerhard, n° 472 , paraissent représenter les Adieux d Hector et d'Andromaque : un troisième vase, publié par M. le duc de Luynes, Descript., etc., pi. XII, Hector entraînant Paris an combat, et prenant congé de Priam; le petit Astyanax fait ses adieux à son père; mais Andromaque est absente. Sur un quatrième vase, chez M. Raoul-Rochette, Mon. inéd., pi. XIII, est figurée, dans un style fort différent, la scène ultérieure d' Achille recevant l'ambassade des Grecs.

785 (CCXLVI). Ulysse, coiffé du piléus, et Diomède d'un casque, ce dernier armé d'un bouclier, d'une lance et d'une épée, le premier d'une lance seulement, s'introduisent furtivement dans une enceinte pour une expédition secrète. — Pierre gravée. TiscHBEiN, F/g. d'Hom.y IL, I, 11.

786 (CCXXXIV). Ulysse et Diomède surprennent Dolon : celui-ci

EXPLICATION DES FLANCHES. 365

couvert d'une peau de loup, d'après le récit d'Homère, embrasse les genoux d'Ulysse, qui semble l'interroger, tandis que Diomède, un pied posé sur lui, le saisit par le coi pour le tuer avec l'épée qu'il tient dans sa main. — Pierre gravée. Tischbein, ibid., I, 8.

787 (CCXXVTI). Ulysse et Diomède s'apprêtent à percer de leurs épées qu'ils tiennent d'une main et le fourreau de l'autre, Dolon placé entre eux et qui implore vainement leur pitié : les chlamydes des trois personnages sont jetées sur leurs bras et symétriquement disposées, comme les figures elles-mêmes. L'inscription tracée au bas du tableau est un vers qui paraît devoir se lire: Sîç T:s7zlï}ïyoiÇ toîov vu sTrârrur o^/xa, et se traduire : deux coups mortels, voilà le char qu'il a gagné, allusion à la promesse du char d'Achille qu'Hector avait faite à Dolon. — Tischbein , Vases, i, 23. L'inscription est expliquée d'après Boeckh, Corp. inscript, gr., I, p. 12, tit. 5.

788 (CCXXIX). Diomède tient dans une main la tête de Dolon, coiffée d'un bonnet phrygien ; il appuie l'autre sur son bouclier : Ulysse, qui est devant lui, et qui tient une épée, paraît lui donner un conseil. — Tischbein, Fig. d'Hom., II., I, 10. Compar. la scène représentée sur le col d'un des vases de Bernay, d'après Raoul-Rochette, Mon. inéd., p. 284 et pi. LUI.

789 (CCII). Ulysse, coiffé d'un casque et tenant une lance, emmène les chevaux de Rhésus. — Pierre gravée. Tischbein, ibid., I, 12.

790 (CCXXIX). Hector attaquant les vaisseaux des Grecs. — Pierre gravée. Impront. delV Institut, di corrisp. archeolog.di Roma, Cent. I, 82.

790 a (CCXXIX). Hector, une torche dans une main, le bouclier et la lance dans l'autre, prêt à incendier les mêmes vaisseaux.-— Pierre gravée. Inghirami, Galler. Orner., IL, CXXXVII.

791 (CCXXX). Jjax, fils de Télamon, nu, armé d'un casque, d'un bouclier, et d'une grosse, pierre, défend son vaisseau; deux lances sont fixées derrière lui. Compar. la fig. suiv. — Millin, Pierres grav. inéd.

792 (CCXXIX). Ajax, l'épée au côté, le javelot en main, combat sur son vaisseau ; son bouclier protège Teucer, qui vient de décocher ses flèches contre les ennemis ; la figure de ce dernier

est beaucoup plus petite. — Gori, Mus. Florent., II, 27.

793 (CCXXIX). Ulysse sous l'abri du bouclier à? Ajax. — Tischbein, Fig. d'Homère, II., 11,6.

79ri (CCI). Hector, armé d'une cuirasse et d'un casque, tient dans une main sa lance et son bouclier, dans l'autre les rênes des quatre cbevaux qui traînent son char, et une Victoire ailée qui porte une couronne et une palme; au-dessus on lit son nom, EKT£1P, et dans l'exergue, IAIEiiN (monnaie des lliens). — Médaillon de Septime Sévère. Morell., Médaill. du roi, XVII, 8.

7^5 (CCXXXJ. Les Grecs et les Troyens combattent pour le corps de Patrocle. Il a été dépouillé par Hector de l'armure d'Achille ; Ménèlas saisit le corps d'une main, et de l'autre le couvre de son bouclier; Ajax, fils de Télamon, armé d'une hache, a terrassé Hippothous, qui avait passé une courroie à l'un des pieds du corps de Patrocle pour le tirer à lui; Mérionès (ou plutôt Teucer), placé derrière Ménélas, et armé, comme Ajax, d'une cuirasse formée de plusieurs lames de métal, décoche une flèche; au-dessous de Ménélas, Ajax, fils d'Oïlée, vient au secours d'un autre guerrier qui appuie le genou sur un tertre, et cherche à frapper son adversaire avec sa lance ; deux archers, qui ont leurs carquois suspendus au côté gauche, dirigent leurs flèches contre les deux Ajax; celui du plan inférieur est coiffé d'une mitre phrygienne; ce pourrait être à la rigueur Paris, quoiqu'il ne soit point dit chez Homère avoir pris part à ce combat; l'autre, qui porte un casque, serait alors Pandarus. Le combat figuré dans le plan supérieur est censé se passer dans un lieu plus éloigné. Hector, armé d'un grand bouclier, attaque Automédon pour enlever les chevaux d'Achille, que celui-ci allait ramener à leur maître; il est accompagné à'Énée, qui tient une lance dont le bout est garni d'une traverse pour l'empêcher de glisser, et de Chromius ; Automédon, armé #un bouclier rond, soutient leur attaque; Antiloque, placé derrière lui, et que Ménélas a chargé de porter à Achille la triste nouvelle de la mort de son ami, part d'un air affligé. Tous les guerriers, uu seul excepté, sont coiffés du casque, et la plupart nus avec une chlamyde flottante; il y a toutefois quelque chose de caractéristique dans le costume plus complet de quelques-uns

des Troyens, ainsi que dans leurs armes. Compar. fig. suiv. — Millin, Peint, de vases, I, 49. Le même sujet paraît représenté dans les statues du fronton occidental du temple d'Égine, conservées à la glyptothèque de Munich, d'après les restaurations de Cockerell et Thorwaldsen (O. Mûller, Monum., I, pi. VI et VII ). Autour d'une coupe de Voici, publié par Inghirami, Gai. Om.y t. II, pi. 254, et reproduite dans le même recueil de Mùller, I, pi. XLIV, on voit, avec les noms, d'un côté Ajax, Diomède, Énée, Hippasus, se disputant le corps de Patrocle étendu ; de l'autre côté Phœnix et Antiloque, conduits par Iris, annonçant la triste nouvelle à Achille, qui, réconcilié avec les Grecs, accepte les offres du vieux Nestor.

796 (CCXXXIV). Hector, secondé par Phorcys, repousse vigoureusement les Grecs, et donne à Hippothous le temps d'attacher une corde au bras de Patrocle mort pour le traîner vers les Troyens ; les trois Grecs sont, d'après Homère, Ajax , fils de Télamon, Mênélas, et Ajax, fils d'Oïlée, ou Idoménèe, ou Mérionès ; celui qui est renversé derrière Hector, et dont on ne voit que les jambes et le bouclier, est Schedius, qu'il vient de tuer : tous ces guerriers ont des cnémides. — Pierre gravée. Milun, Peint, de vas., I, 72.

797 (CCXXXII). Mênélas, coiffé d'un casque orné d'une aigrette, et vêtu d'une chlamyde légère enflée par le vent, relève le corps de Patrocle. — Intaille. Mariette, Cabinet du roi, II, 114.

798 (CCXXIX). Mênélas, vêtu d'une simple chlamyde et coiffé d'un casque, emporte le corps de Patrocle. — Groupe du Musée de Florence. Millin, Peint, de vas., I, lxxii , n° 3. Conf. sur ce groupe célèbre, dont il existe plusieurs copies, O. Muller, Archœol., § 4i5, 2, pag. 65g , deux, édit., qui y reconnaît Ajax, fils de Télamon, plutôt que Mênélas, aussi bien que dans la pierre gravée ci-dessus.

799 (CCII). Achille, assis sur une pierre devant sa cabane, pleure la mort de Patrocle , qu' Antiloque , qui est devant lui , appuyé sur un cippe, vient de lui annoncer; la figure casquée, qu'on voit à l'entrée de la cabane, est probablement Phœnix. Compar. fig. 781. — ('aînée d'une grande beauté. Wincrelmann, Mon, ined., n° 129, coll. Tischeein, Homernach Antihen, IX, 4-

800 (CCXXXII). Achille, assis sur un siège sans dossier, et vêtu d'une simple cblamyde, tient dans une main des cnêmides (jambières) forgées par Vulcain, et porte l'autre à son épée. Devant lui est Ulysse debout, caractérisé par son pilëus et la branche d'olivier dont ce bonnet est couronné; une chlamyde, attachée par une agrafe sur l'épaule droite, est jetée par-dessus sa tunique; il s'appuie sur un bâton, à cause de la blessure qu'il a reçue, et il adresse la parole à Achille. Agamemnon, debout derrière Ulysse, et reconnaissable à la majesté de sa figure, la seule barbue, élève la main en témoignage de sa réconciliation avec le fils de Pelée. Derrière celui-ci, est Automédon , son aurige, tenant le fameux bouclier. Le guerrier qui est assis au-dessous, et qui s'appuie sur sa lance et sur son bouclier, paraît être Diomède, qui avait aussi été blessé. Dans le plan inférieur, Thétis, assise sur un hippocampe (cheval marin), apporte à son fils la dernière pièce de son armure; c'est une cuirasse que Vulcain vient de terminer. Une Néréide, assise derrière Thétis, la suit des yeux. Compar. la fig. suiv. — Millin, Peint, de vas., I, 14. 800 a (CCXXIII). Thétis, assise, fend l'onde sur un hippocampe ; elle tient le bouclier forgé par Vulcain , qu'elle va porter à son fils, et sur lequel on voit une tête de Méduse ou Gorgonium. Compar. fig. précéd. — Buonarroti, Med. ant., p. n3. (Fréquemment jaussi l'on trouve les Néréides portant les armes d'Achille, et sur des monuments de toute sorte, peintures de vases, bas-reliefs, médailles, pierres gravées. Cf. O. Mûller, Archœol., § koi, 3, p. 61 5, et les Mon. inéd. de l'Inst. archéol. tom. III, pi. XIX et XX.)

801 (CCXLIVj. Achille, s'armant, met ses cnêmides. — Pierre gravée étrusque. Inghirami, Gai. Orner., IL, CLXXXIII.

802 (CCV). Achille, dont la chlamyde retombe à mi-corps sur ses genoux, est assis sur un siège avec un marche-pied; ses cheveux qu'il a coupés pour les consacrer à la mémoire de Patrocle, sont courts; il tient une lance, la seule de ses armes qui n'ait point été enlevée par Hector, Patrocle n'ayant pu la manier à cause de sa pesanteur. Antiloque, qu'Achille aimait le plus après Patrocle, lui présente Briséis qu'Agamemnon vient de lui rendre ; il est vêtu d'une tunique courte à nrnches échancrées?

EXPLICATION DES PLANCHES. 36o,

son épée est suspendue sur l'épaule droite par une courroie, et il porte des brodequins. Briséis est vêtue d'une robe avec de longues manches, appelée Chiridote (^tcùv xuptiïvTÔç)', un ample voile descend de sa tête à ses pieds; elle porte des pendants d'oreilles. Agamemnon jure à Achille, en mettant la main gauche sur son épée, et la droite sur sa poitrine, qu'il a respectera pudeur de Briséis; il n'est vêtu que d'une tunique courte, attachée avec une ceinture, et par-dessus laquelle est jetée une chlamyde. Nestor est placé derrière Achille et Antiloque; il s'appuie sur un bâton à cause de sa vieillesse; le héros qu'on aperçoit derrière Nestor, tenant un long sceptre, est peut- être Idoménée. Celui dont on ne voit que la tête entre Achille et Agamemnon, et qui lève la main en parlant à ce dernier, ne peut être qu'Z7lysse, qui s'oppose au renouvellement du combat avant que les troupes se soient reposées. Celui dont on ne voit non plus que la tête coiffée d'un casque, et qui est armé d'un bouclier et d'une lance, est peut-être Mérionès, un de cè*ux qui accompagnèrent Ulysse et Agamemnon. Le vieux Phœnix, auquel Achille avait fait dresser un lit dans sa tente, est assis à terre, et croise ses mains sur le genou droit; son épée est suspendue à son côte'. Le guerrier qui se tient debout derrière Phœnix, est un héraut, probablement Talthybius ; il porte une cuirasse par-dessus sa tunique, et il est coiffé d'un casque ; son épée est suspendue par une courroie sur son épaule droite; il tient une trompette recourbée, une espèce de tuba ou de lituus, ce qui est contraire aux traditions homériques et ne convient qu'aux hérauts des jeux olympiques. Sur une table ronde, derrière Talthybius, il y a une guirlande et un vase entre deux corps ronds; ce sont les présents qu'Agamemnon fait à Achille: les corps ronds sont peut-être les talents d'or qui en faisaient partie. Aux pieds d'Achille et des autres chefs, on voit deux casques, deux épées, deux boucliers, une cuirasse, un arc, un carquois rempli de /lèches et dont le couvercle est ouvert, un lituus et des cnémides : ce ne sont point les armes du héros, car elles ont été enlevées par Hector, et Thétis ne lui a pas encore apporté celles qu'elle a obtenues pour lui de Vulcaiu ; ce sont celles des guerriers qui l'entourent (ou plutôt celles qui lui sont offertes pour rempla-

cer ses armes perdues). L'ornement d'architecture devant lequel Achille est placé, est le péristyle de son habitation ; au milieu an fronton triangulaire de la porte principale, est une /leur prolifère, c'est-à-dire d'où sort une autre fleur; aux deux petites portes cintrées sont suspendus des voiles semblables à des portières. Les colonnes qui soutiennent l'édifice sont d'ordre corinthien; aux deux côtés du fronton sont des rosaces, et audessus on voit. un Triton et une Néréide, qui font peut-être allusion à l'origine du fils de Thétis; tous deux embouchent une conque. Un cercle de petits fleurons borde ce disque d'argent, connu sous le faux uom de bouclier de Scipion, et qui n'est autre chose qu'une grande coupe, trouvée près d'Avignon en i656. — Cabinet des antiques de la Bibliothèque royale. Millin, Mon. inéd., I, 10.

803 (CCXLVII1 bis). Hermès (TVPM), assis, coiffé du bonnet ailé, tient élevée une balance, dans les plateaux de laquelle sont les âmes d'Achille (AXAE) et d'Evas (EFA2), représentées sous la figure de deux petits guerriers armés de toutes pièces. A droite, et du côté d'Evas, est Apollon (AIIAY), assis également, levant son bras gauche au-dessus de sa tête avec l'extrémité de sa ch la myde, et portant la main droite en avant, comme pour contrôler l'opération d'Hermès. Winckelmann a vu ici la Psychostasie ou pesée des dmes d'Achille et d'Hector, supposant qu*Evas était un nom étrusque de ce dernier héros; mais si l'on rapproche ce nom de celui d'Aevas, donné au personnage en bonnet phrygien qui accompagne Paris- Alexandre, sur un monument du même genre mentionné fig. 75 1 et 824, on restera convaincu qu'il s'agit du fils de l'Aurore (Eos, d'où Eoas, Aoùs, etc.), c'est-à dire de Memnon, comme sur le vase célèbre décrit cidessous, 812. — tMiroir étrusque. Winckelmanic, Monum. inéd., i33, coll. Lanzi, Saggio, tom. II, p. 178, et tab. XII, 4.

804 (CC VI). Achille, barbu et armé de toutes pièces, accompagné d'Autornédon, tenant les rênes, est monté sur son quadrige, auquel est attaché le cadavre colossal d'Hector, misérablement traîné dans la poussière; un serpent avance sa gueule béante sur la tête du héros iroyen ; plus haut, on aperçoit Yeidolon, ombre ou âme, de Patrocle, sous l'image d'un petit guerrier, complé-

renient armé, placé sur un tertre qui figure son tombeau. — Peinture de vase. Raoul-Rochbtte, Mon. inéd., pi. XVII, coll. XVIII, i et 2. L'un des deux principaux vases d'argent trouvés en i83o à Bernay, et qui sont un des plus précieux ornements du cabinet de la Bibliothèque du roi, rapproche les deux scènes du deuil des héros grecs autour du corps de Patrocle et de la rançon d'Hector, dont le cadavre est pesé contre un cratère, ainsi que l'avait représenté Eschyle dans les Phrygiens; l'autre, les deux scènes connexes d'Hector traîné par Achille et du combat autour d'Achille blessé au talon. Au col du premier est figuré l' enlèvement du Palladium; au col du second, en pendant, Diomède et Ulysse qui viennent de tuer Doion (fig. 788 ci-dessus). A cette série de sujets appartient encore la ciste de bronze de M. Révil, découverte en 1826, et où se voient les sacrifices humains ojfcrts aux mânes de Patrocle dont le corps est sur son bûcher. M. Raoul-Rochette a publié ces divers monuments, pi. LU, LUI, et pi. XX.

8o5 (CCXXVI). Priam, vêtu d'une tunique, la tête voilée, et les pieds nus, a fléchi un genou devant Achille, dont il prend la main pour la baiser, en lui redemandant le corps de son fils; Achille est assis sur un siège sous lequel est son casque; il est ceint de l'épée, et sa chlamyde le couvre à peine; il détourne les yeux pour ne pas voir la douleur du malheureux père; Automédon, son aurige, est près de lui; derrière Priam est le hige dans lequel il est venu et que conduit son aurige, armé de toutes pièces; un serviteur soigne les chevaux; des soldats d'Achille, l'un vêtu, l'autre nu, déchargent l'autre char, qui contient les présents apportés par Priam; l'un tient un vase, l'autre une cuirasse qui leur sont livrés par les hérauts ; Idœus est dans le char, et coiffé de la mitre phrygienne. Compar. fig. suiv. — Bas-relief du Mus. Capitol., IV, k, dont se rapproche celui du Musée du Louvre, n° 206, et de Clarac, pi. 111.

8o5 a (CCI). Priam à genoux devant Achille, dont on ne voit qu'une jambe, le monument étant mutilé, redemande le corps d'Hector, en offrant au héros les présents qu'il apporte et qui consistent en vases précieux de différentes formes, dont ses serviteurs, coiffés comme lui du bonnet phrygien , vêtus de tuniques et d'anaxy-

rides, sont chargés; trois guerriers grecs, placés près d'Achille, se distinguent par leurs casques. De l'autre côté du bas-relief ou voit le corps d'Hector, qui est porté par des hommes vers la porte Scée, où des guerriers et des femmes viennent le recevoir; , Andromaque veut se jeter sur le corps de son époux, une suivante la retient; auprès d'elle est Astyanax en pleurs. Compar. la fig. précéd. — Sarcophage du Louvre, n° 41 8.Wwckelmann, Monum. ined., i3, et de Clarac, Mus. desculpt, pi. 194. Une mosaïque trouvée en 1823, à Barhely, dans le comitat de Hunyade en Transylvanie , représente la première des deux scène-» avec les noms de Priam , à' Achille et d'Automédon en lettres grecques. On la voit aussi, figurée d'une manière plus antique et plus complète à la fois, sur une coupe peinte de Voici décrite dans le Catalogue étrusque de M. de Witte, n° i44> et publiée par M. Inghirami, Gall. Orner., IL, tav. 238 et 239.

805 b (CCXLIV Vis). Priam, coiffé de la mitre phrygienne, dont les bouts retombent derrière et sur les côtés, porte une barbe épaisse : on lit sur le devant, AETI&NOC, ouvrage d'Aétion. — Pierre gravée. Bracci, Mem. d' ant. Incis., I, 4.

806 (CCXXIX). Penthésilée, reine des Amazones , debout et appuyée sur son cheval , offre son secours à Paris et à Hélène, qui sont assis sur un même siège ; Hélène se couvre de son voile, et appuie un bras sur l'épaule de Paris, qu'un chien caresse, et qui, en qualité de chasseur, tient un pédum; lecippe, surmonté d'une urne, fait allusion à Hector que les Troyens ont perdu. — Camée du cabinet de la Bibliothèque royale.

807 - 808 (CCXXXÏII). andromaque, assise devant Hécube, tient Astyanax sur ses genoux; derrière elle est la nourrice du fils d'Hector; à côté est une autre suivante: toutes pleurent avec elle la mort du héros, dont le bouclier, qui doit servir de sépulture à Astyanax, esta terre (?). ¥\us\o'm ^Priam, coiffé de la mitre phrygienne, et tenant un sceptre, présente la main à Penthésilée, qui vient à son secours; le casque et le bouclier de l'Amazone sont à ses pieds; elle tient les rênes de son cheval; une autre Amazone, armée d'une lance et d'un bouclier, l'accompagne. Priam est suivi de plusieurs autres Troyens, affligés de la mort d'Hector, dont les cendres sont renfermées dans l'urne qn'Andro-

maque, figurée pour la seconde fois, a sur ses genoux ; auprès d'elle on voit une de ses suivantes en pleurs, et Astyanax, qui partage sa douleur ( compar. fig. suivante). L'autre partie du bas -relief représente les préparatifs des Amazones pour le combat : elles ont toutes des tuniques courtes, serrées par des ceintures, et le sein droit découvert; leurs armes sont la pelta ou le bouclier échancré, et la bipenne ou hache à double tranchant. La première à gauche, qui paraît être Penthésilée, a un bouclier ovale, qu'une de ses guerrières, encore sans chaussure et sans armes, arrange à son bras ; son casque est à ses pieds; la troisième Amazone est prête au combat; celle qui est assise chausse ses brodequins; une cinquième, debout, tient une espèce de masse d'armes ; les deux dernières sont occupées à brider un cheval qui se cabre. — Winckelmann, Monum. ined., 137. 4$o8 a (CCXXVI1). Andromaque et Astyanax pleurent la mort d'Hector sur sa tombe, figurée ici par une stèle funéraire (compar. fig. 812 a, 829, etc.). Andromaque, assise et voilée, tient sur ses genoux Y urne qui renferme les cendres de son époux ; Astyanax, figuré comme un éphèbe , coiffé du bonnet phrygien et vêtu d'une tunique courte sur laquelle est une chlamyde, est debout devant sa mère, et appuie sa tête sur sa main droite. — Camée de la collection de M. Giraud. Milljn, Pierres gravées inédites.

809 (CCXXXIV). Penthésilée combat, au milieu des Troyens, contre les Grecs; elle est vêtue d'une tunique de peau, chaussée d'anaxyrides, et coiffée de la mitre phrygienne; son arme est une bipenne ; le guerrier qui lui est opposé est probablement Achille, qui la tua. Les autres guerriers, dont trois sont déjà terrassés, un quatrième va l'être, ont un casque à une seule crinière, sauf celui qui est placé à l'extrémité gauche, dont le casque est orné d'aigrettes; les généiastèrcs (couvre-joues) cachent le visage presque en entier, et ressemblent à des visières. Ces guerriers portent leur épée suspendue au côté par un baudrier, et combattent avec des lances ; leurs cuirasses sont courtes et étroites ; leurs jambes sont défendues par des cnémides; presque tous les boucliers sont ronds, un seul est échancré; ils portent divers emblèmes, entre lesquels on remarque surtout un serpent, un

trépied, et unej'ambe humaine. — Peinture de vase d'un style ancien, qui, sous ce rapport, forme un frappant contraste avec le bas-relief qui suit. Mjllin, II, 19. On peut comparer le combat d'Achille et de Penlhésilée, avec les noms, sur le vase d'Exékias, décrit dans de Witte, Cat. Durand, n° 389.

810 (CCXXXI) "Les Amazones combattent contre les Grecs, et quelques-unes ont déjà péri dans le combat; on les voit étendues, la face contre terre, ou bien tombant avec leurs chevaux. Penthésilée elle-même vient d'être frappée à mort par Achille , qui la retient et s'est épris d'elle au moment où il l'a reconnue, mais trop tard ; il ne la regarde point toutefois, mais il paraît menacer Thersite, qui lui reprochait cette faiblesse et qui est gisant à ses pieds; la peita, ornée d'une tête de Méduse, échappe à la main mourante de Penthésilée. A droite et à gauche, deux Amazones à cheval sont saisies et sur le point d'être renversées par deux guerriers grecs; d'autres combattent à armes plus égales, le glaive ou la hache en main; deux enfin, placées aux extrémités, semblent quitter le champ de bataille avec terreur et regret, emmenant leurs chevaux et sauvant leurs enseignes. Toutes ont un sein découvert, comme ci-dessus, fig. 807-808, mais non pas toujours le droit. Le visage d'Achille' est défiguré par une petite barbe qui rappelle celle d'Héliogabale. En général, l'exécution de ce monument est très incorrecte, comme celle de la plupart des sarcophages ; mais l'invention des figures et la composition des groupes sont loin d'être sans mérite; peut-être même reproduisent-elles quelque original des beaux temps de l'art. — Mus. Pio- Clem., V, 21.

8n'(CCXXXV). Nestor, assisté des guerriers de Pylos, place sur son char le corps de son fils Antiloque, qui a été tué par Memnon, roi des Éthiopiens, venu au secours de Troie; il y a trois lances dans le char; Yaurige tient l'épée et le casque du jeune héros. Parmi les assistants on distingue Ulysse à la forme de son piléus couronné de l'olivier de Minerve. — Tischbein, Fig. d'Homère, IL, I, 6.

812 (CCXXXVI). Memnon vient de retirer la lance qu'Ajax lui avait plongée dans le côte ; la douleur lui a fait fléchir un genou sur le sol, indiqué par quelques traits; la lance sur laquelle il

EXPLICATION DES PLANCHES. ?f]5

s'appuyait s'est brisée. Achille, qui a percé d'un premier javelot l'épaule droite du roi des Éthiopiens, en darde un autre avec lequel il va lui porter le coup mortel. Le héros grec est coiffé d'un casque orné d'un panache et de trois aigrettes; il est couvert d'une cuirasse par-dessus sa tunique, et en outre d'une chlaniyde flottante; ses jambes sont protégées par des cnémides; on aperçoit la tête de Méduse appliquée sur la face de son bouclier. Quant à Memnon, vêtu à peu près de même, sauf la chlamyde, il a des généiastères (809) à son casque, dont la visière se termine en bec d'oiseau , peut-être par allusion aux oiseaux Memnonides; l'emblème du bouclier de ce fils de l'Aurore est un astre rayonnant. Dans le plan supérieur, Mercure est assis devant un arbre, auquel est suspendue par un clou une balance; il est coiffé d'un pétase sans ailes et chaussé de brodequins lacés sur le devant; sa chlamyde est jetée avec grâce, il s'appuie sur un long caducée, et il montre du doigt le bassin de la balance qui descend ; on y voit Xâme de Memnon sous la forme d'un Génie ailé; l'autre Génie semblable qui s'élève avec l'autre bassin, représente Y âme d'Achille. A gauche, Thétis étend une main vers son fils, et de l'autre elle relève son voile sur lequel est posée une double couronne; à droite, Y Aurore , désespérée de la mort de Memnon, s'arrache les cheveux. Voy. 1. 1, p. 482, /»84 sqq.; tom. II, p. 689; tom. III, p. 28 sqq., etc. Compar. fig. 557, 602, 6o3, 8o3. — Vase dit du Stathouder. Millin, Peint, de vas., I, 19. Un autre vase peint, publié par M. Millingen , Unedit. mon. I, 4 o, fait voir Y arrivée de Memnon à Troie. Un troisième, provenant d'Agrigente, et gravé dans le même recueil, I, 5, montre en deux groupes le combat d'Achille et de Memnon, et Y Aurore enlevant dans ses bras le corps de son fils. Cf. ZoËga, Bassiril., 55, où Y Aurore veut séparer les combattants; Millingen, Vas, de div. coll., XLIX; de Luynes, Descript., etc., pi. XI; et les peintures de vases analogues décrites dans de Witte, Catal. Durand, n° 891, et Catal. Magnoncour, n° 59, où le corps A' Antiloque gît aux pieds des combattants. 812 a (CCXXXVI). Col du vase précédent. Deux femmes, coiffées de diadèmes radiés, portent, l'une un flambeau allumé et une ciste mystique, l'autre un vase avec lequel elle va faire une liba-

tion sur un autel ou plutôt sur une stèle funéraire. On peut voir ici Y Aurore au tombeau- de Memnon, si ce n'est Thétis au tombeau d'Achille. Ibid.

812 b (CCXXXVI). Bordure du vase précédent. Ou y voit un taureau abattu sur ses pieds de devant , et un griffon qui le tient en arrêt et lève une de ses pâlies pour le déchirer. Le premier de ces animaux représente peut-être symboliquement Me/n«o/?, et l'autre Achille. (Peut-être aussi est-ce une figure mystique de la mort, comme destruction de la vie matérielle dont le taureau, consacré à Dionysus ou Bacchus, est l'emblème; le griffon appartient à Apollon, dieu destructeur et purificateur à la fois, qui, par la mort, ramène la vie à sa source, à l'esprit, à l'unité. Voy. tom. III, p. 272 sqq., 464 sqq., 5g6, etc.) — Ibid.

8i3 (CCXXXVII). Deux Pygmées (voisins des Éthiopiens), armés de lances, et portant sur leurs bras gauches des peaux qui leur servent de boucliers, comba tient contre deux grues ; un troisième sans armes s'élance pour en secourir un quatrième, que l'un des redoutables oiseaux a terrassé en le frappant de son bec au front. De grosses têtes barbues et frisées sur des corps d'enfants donnent aux Pygmées un aspect tout-à-fait grotesque. Voy. t. II, p. 3n,et compar. fig^ 661 a et p. 287 ci-dessus. — Tischbein, Vases grecs, II, 7.

8i4 (CCXXXII). Achille, blessé par Paris au talon, seule partie vulnérable de son corps, est tombé sur le genou droit; il arrache d'une main la flèche fatale ; dans l'autre il tient son bouclier orné à' lin foudre. — Intaille. Millin, Monum. ont. inéd., II, 6. Compar. le combat autour d'Achille blessé, indiqué sous la fïg. 8o4 ci-dessus, et le combat sur le corps d'Achille, dans les Monum. de l'instit. archéol., I, pi. LI (vase de Voici).

8x4 a (CCXLIV bis). Jjax (ALEAS, rétrograde) a posé un genou en terre pour charger sur ses épaules Achille (AXELE), qui vient d'être tué. Ajax a une cuirasse ; mais Achille a été dépouillé de la sienne; la petite figure que l'on voit devant paraît représen-

* ter Veidolon ou Yâme du héros mort. — Cornaline étrusque, taillée en scarabée, dont la partie convexe montre une Sirène comme Muse de la mort : maintenant dans la collection de l'empereur de Russie. Cabinet d'Orléans, II, pi. n. Confér. Raoul-

Rochette, Monum. inéd., pi. LXVIII, i , et p. 283, 38i, 387 sq.; de Witte, Cat. étr., n° 148, où Veidolon plane également au-dessus à! Achille mort.

81 5 (CCXLVI). Dispute pour les armes d' Achille, pardevant Minerve,, entre Ulysse et Ajax. La déesse est assise sur un siège sans dossier, muni d'un marche-pied ; elle a le casque en tête, l'égide avec le gorgonium sur la poitrine, sa lance dans la main droite, et son bouclier près d'elle; elle lève la main gauche comme pour prononcer son arrêt. Jjax debout, coiffé du casque, chaussé des bottines, et sa chlamyde jetée sur son bras droit que soutient sa lance, fait un geste par lequel il réclame avec fermeté les armes qu'on voit aux pieds de Minerve, et qui consistent en un casque, une cuirasse et une paire de bottines. Ulysse, debout également, en face de son. adversaire, chaussé de même, mais la tête nue, et vêtu d'une tunique par-dessus laquelle est une chlamyde, tient aussi sa lance dans la main droite, et semble par le geste de sa main gauche, ainsi que par la pantomime animée de toute sa personne , invoquer Achille luimême, qui se montre tout S. coup dans un nuage et témoigne en sa faveur. Compar. fig. suivante. — Disque ou coupe d'argent, trouvée en Permie, et faisant partie du Cabinet de M. de Stroganow, à Saint-Pétersbourg, d'après une gravure publiée par M. de Kôhler, Magasin encyclop., ann. i8o3, tom. V, p. 37a.

8x5 a (CCXLV bis). Ulysse avec une barbe en pointe, coiffe du piléus, vêtu delà chlamyde, regarde les armes qui viennent d'être le prix de son éloquence : ces armes sont une cuirasse, un bouclier, une épée et une lance. Compar. fig. précéd. — Millin, Pierres grav. in éd.

8i5 b (CCXLII). Ajax (AIFAS, rétrograde), dépouillé de ses vêtements et de ses armes, qu'on voit autour de lui, mais couronné comme pour le sacrifice, se précipite sur son épée plantée en terre. — Peint, de vase. Mon. de l'Instit. archéol., II, pi. VIII.

816 (CLXXX1I). Philoctète marche avec peine, malgré le bâton sur lequel il s'appuie ; sa jambe gauche est entourée de bandelettes qui couvrent la blessure que lui a faite la morsure d'un serpent; dans sa main droite il tient, avec un arc, le carquois rempli des

flèches d'Hercule et où Ton aperçoit un second arc. — Pierre gravée. Winckelmann, Mon. ined., 119.

816 a (CLXXXII). Philoctète, assis sur 1111 rocher de l'île de Lemnos, évente sa plaie avec une aile d'oiseau pour la rafraîchir; sa jambe est entourée de bandages; on lit au-dessus BOII0OY, ouvrage de Boëthus, — Pierre gravée. Choiseul-Gouffier, Voy. pittoresq. de la Grèce, II, 16. Compar. les nrnes étrusques publiées par Raoul-Rochette, Monum. inéd., pi. LIV, LV.

816 b (CCXXVI1). Machaon et Podalire, fils d'Esculape, qui guérirent Philoctète de sa blessure ; l'un est coiffé du casque, l'«utr« du théristrion, espèce de bonnet qu'on remarque à plusieurs figures du dieu delà médecine. Voy. tom. II, p. 33o, sq., 346 sq. — Cornaline du Cabinet de l'empereur de Russie. Milliw, Mon. ant. inéd., II, 3o. La guérison de Philoctète ($EAIV0E) par Machaon (MAX AN), et non pas celle de Télèphe par la lance d'Achille (p. 35i ci-dessus), se voit sur un miroir dans Inghirami, II, 39.

Nota. Dans l'ordre des faits mythologiques, comme nous l'avons déjà observé plus haut, doivent se placer ici les monuments décrits sous les nos 776-780 ci-dessus.

817 (CCIX). Le cheval de bois (AECSE, rétrograde, aehse, equus) avec des cordes autour du col, et des anneaux de fer autour du pied droit de devant, pour indiquer qu'il doit êlre traîné; derrière lui, Epcus (EriVVE, epuue), qui travaille encore à la tête avec un marteau; devant, Hephœstus ou Vulcain (ME© A ANS, Sethlans) tenant dans sa main droite une masse informe, probablement de la poix, pour remplir les interstices. Sur une tablette, qui parait être attachée au cheval, on lit HAFNS {Helins pour Hellènes), les Grecs, enfermés dans la cavité dé la machine. Voy. tom. II, pag. 486, etc. — Miroir étrusque, au Cabinet de la Bibliothèque royale. Lanzi, Saggio, II, xu, 3, coll. Micali, tav. XLVIII.

817 « (CCXXXVIII). Laocoon, fils d'Anténor et prêtre d'Apollon Thymbréen, se défend en vain, ainsi que ses deux fils , contre deux énormes serpents envoyés par les dieux, ennemis des Troyens, pour le punir de l'audace qu'il avait eue de s'opposer à l'entrée du cheval de bois dans les murs d'Ilion , et de lancer

EXtLlCAT.JOft DM PLANCHES, ^79

on trait contre cette funeste machine , afin de dissiper l'erreur de ses compatriotes. Enlacé dans les replis des monstres, dont un lui mord le flanc , l'infortuné Laocoon expire, après d'inutiles efforts pour se dégager; il va tomber sur Y autel même du dieu qu'il sert, ainsi que le plus jeune de ses fils succombant sous l'étreinte et sous la dent cruelle de l'autre dragon; l'aîné, qui lutte encore, regarde avec terreur son père mourant. L'harmonie qui règne entre les trois figures dans la plus haute expression de la douleur, et d'une douleur sympathique, n'est pas moins remarquable que la hardiesse de la composition, la beauté de l'ordonnance et le talent de l'exécution. Ce groupe fameux et digne de sa renommée fut, selon Pline, l'ouvrage de trois sculpteurs rhodiens, Agésandre, Polydore et Athénodore, qui vivaient, selon toute apparence, peu de temps avant l'ère chrétienne. Il a été trouvé, en i5o6, dans le quartier des Bains de Titus, et il se voyair, à l'époque de Pline, dans le palais de ce prince. Le bras droit du père et deux bras des enfants ont été restaurés. — Mus. Pio-Clem., II, 39.

818 (CCXXXIX). Le cheval de bois est dans la ville de Troie, dont on voit les murs, deux créneaux et une tour; une partie de ce* murs a été abattue pour faire entrer la fatale machine; elle pose encore sur un cylindre ou une des roues qui ont servi à la mouvoir. Entre les créneaux paraît Cassandre, dont la prédiction a été méprisée ; le génie fatidique l'agite encore; ses cheveux sont hérissés et elle étend ses mains vers le ciel, à l'aspect des Grecs qui sortent des flancs du cheval avec une échelle et de longues cordes. Celui qui est sur l'échelle sans armes, doit être Sinon y qui vient d'ouvrir la porte pratiquée dans le corps du cheval, et qui aide le3 guerriers à descendre; quatre sont déjà descendus. — Winckelmann , Moniuii. ined., 140. L'entrée du cheval de bois est représentée sur des monuments divers, vases, bas-reliefs [Marrnor. Oxon. I, 147)» urnes étrusques (Raoul-Rochette, Monum. inéd., pi. LVII, 1, 2), etc.

819 (CCXLI). Cassandre arrachée par Jjax, fils d'Oîlée, de l'autel de Minerve où elle se réfugie. — Pierre gravée. Mus. Worsleyan.y IV, a3. Le sacrilège dAjax se retrouve, avec diverses circonstances, sur des monuments de toute espèce. Corn par., outre

38o MYTHOLOGIE HEROÏQUE DES GRECS, ETC.

la figure 8?.o, la belle peinture de vase, pi. XCIV, 353 cidessus, où paraît la prêtresse de Minerve; et Raoul-Rochette, Monum. inêd., pi. LX, LXVI (vases), XX (miroir); de Witte, CataL Durand, nos 407-4 10 (vases) ; de Clarac, Mus. desculpt., pi. 117 (bas-relief), etc., etc.

819 a (CCX). Ajax, fils d'Oïlée et roi des Locriens, marchant , au combat, le casque en tête, le bouclier en avant, et l'épée à la

main ; à ses pieds une lance. — Médaille des Opontiens. Landon, Nurnism. d'Anach., pi. 27.

820 (CCXL). Plusieurs scènes réunies du sac d'Ilion. Ênêe porte entre ses bras son père Anchise; il est armé d'une cuirasse, d'un casque, et de cnémides; son épée est suspendue à son côté; son bouclier a pour emblème un serpent; Anchise, ayant une longue barbe, est coiffé d'un piléus en forme de calotte et tient une béquille ; le petit Ascagne, couvert d'un tribon, marche devant son père; tous les trois tournent leurs regards vers leur malheureuse patrie comme pour lui dire un dernier adieu. Dans le groupe suivant, Ajax, fils d'Oïlée, armé de toutes pièces, a saisi Cassandre par les cheveux et la menace de son épée; la malheureuse princesse s'est réfugiée auprès de la statue de Minerve, dans le temple et à Y autel de cette déesse; elle embrasse d'une main la statue, et de l'autre elle adjure son ennemi ; ses regards, pleins de compassion, sont fixés sur un guerrier troyen étendu aux pieds d'Ajax ; c'est probablement son amant Corœbus qui vient d'expirer sous les coups du fils d'Oïlée; Cassandre, tombée sur le genou droit, est presque nue, son péplus, noué sur la poi trine, étant rejeté en arrière; quant à la statue de la déesse, eil se présente de telle sorte qu'elle paraît protéger sa suppliante avec son bouclier, et menacer de sa lance l'impie qui veut l'outrager. Les deux femmes assises, l'une au revers de l'autel de Pallas, l'autre sous le palmier, sont deux autres filles ou bellesfilles de Priam; leurs mains placées sur leurs cheveux et toute leur attitude expriment la désolation; le geste de la dernière pourrait faire croire que c'est Andromaque, à qui vient d'être enlevé son fils Astyanax, tandis que l'autre serait Médésicaste , fille naturelle de Priam, ou Laodicé, la plus belle de ses filles. Le troisième groupe, à gauche de la seconde bande qui n'est qu'une

EXPLICATION DES PLANCHES. 38l

continuation de la première, représente Priant, vêtu d'une ample tunique à manches, mais sans mitre et sans barbe, assis sur Y autel àe Jupiter H erceus; il couvre en vain sa tête de ses mains pour se garantir du coup que Néoptolème ou Pyrrhus, arme de toutes pièces, va lui porter avec l'épée qu'il tient levée d'une main, pendant que de l'autre il a saisi la tête du vieillard pour la lui trancher; sur les genoux de Priam on voit un enfant mort; c'est un de ses petits-fils égorgé par Pyrrhus ( Astyanax qu'il vient d'écraser contre l'autel : voy. le vase décrit dans ïe Catalogue étrusque de M. de Witte, n° 149); aux pieds de cet implacable ennemi est couché mort Politès , fils du vieux roi. Les personnages du groupe d'après ne sauraient être aisément déterminés : un guerrier accroupi cherche à couvrir son corps de son bouclier pour parer le coup qu'une femme furieuse va lui porter avec un joug dont elle s'est emparée. Dans le dernier groupe, un guerrier armé d'un casque, d'un bouclier et d'une lance, prend par le bras une femme assise devant lui et qui paraît plongée dans une profonde affliction : c'est peut-être Ulysse qui veut emmener Hécube , devenue son esclave (nous verrions plutôt ici Polyxène, et dans la femme du groupe précédent Hécube). Voy. tom. II, pag. 571. — Peinture circulaire d'un vase qui, de la collection Vivenzio à Nola, est passé au Musée de Naples. Millin, Peint, de vas., I, 25, coll. Gerhard et Panofra, Neap. Ant. Bildw., p. 368 sq.

821 (CCXXXV). Andromaque supplie vainement Ulysse, qui tient une lance et une épée, et a sa chlamyde jetée sur l'épaulé gauche; de l'autre côté on voit un soldai grec, qui pose un genou sur la galerie d'une tour(?) avec une frise ornée de sphinx ailés et de bas-reliefs ; il tient le jeune Astyanax, qu'il va frapper avec son épée et précipiter ensuite, dès qu'il aura reçu l'ordre d'Ulysse; l'enfant tend les bras vers sa nourrice désespérée, qui demande non moins vainement sa grâce. Compar. les fig. précéd. etsuiv. — Tischbein, Phases, II, 6. (O. Jahn est tenté de voir ici, comme sur le monument cité fig. 770 ci-dessus, Télèphe menaçant d'égorger le jeune Oreste sur Y autel des dieux domestiques, en présence d'Agamemnon retenu par Clytemnestre effrayée. Le même doute règne sur beaucoup d'autres monu-

382 MYTHOLOGIE HEROlOUE DES GRECS, ETC.

ments où Ton avait cru reconnaître le meurtre d'Astyanax, par exemple sur le vase de Voici [Mon. de VInstii. I, pi. XXXIV ) supposé représenter le fils d'Hector écrasé par Néoptolème contre l'autel d'Apollon Thymbréen figuré par un trépied, et où M. Welcrer [Annal., V, p. a53) et O. Jahn s'accordent à signaler Troïlus tué par Achille, en rapprochant diverses autres peintures de vases dont nous donnons une plus haut (fig. 774 a). 82» (CCXLVIII bis). Néoptolème, nu, l'épée dans la main droite, saisit de la gauche par les cheveux Polyxène, qu'il va immoler aux mânes de son père ; la fille de Priam est assise devant lui, sur un bouclier, au pied du tombeau d'Achille, et cherche à se couvrir de son péplus qui retombe sur ses genoux; au-dessus du tombeau, décoré d'une guirlande, s'élève une stèle, surmontée d'une figure assise à ailes de papillon représentant Y âme du héros morf, dont le glaive dans son fourreau est en outre suspendu à l'une des colonnes du monument. — Pierre gravée de la collection de Stosch. Wincrelmann, Mon. ined., 144. On peut comparer, outre la Table Iliaque, CCXXII (1 14), la célèbre ciste Townley , au Musée Britannique , publiée par M. Raoul-Rochette, Mon. inêd., pi. LVIII, et par M. O. Gerhard, Etrusk. Spieg., tav. XV-XVI; elle se compose de deux scènes, dans l'une desquelles ces deux savants s'accordent à reconnaître le sacrifice de Polyxène, tandis que, pour l'autre, le premier y voit le meurtre antérieur d'Astyanax, le second, l'immolation postérieure, au contraire, de Néoptolème par Ores te dans le temple de Delphes (fig. 840 ci-après). 8a3 (CCXLI). Au milieu du plan inférieur de cette peinture de vase est Hécube, vêtue d'une ample tunique , et parée d'un collier à deux rangs, assise sur un trône dont le dossier est orné d'un méandre; d'une main elle s'arrache les cheveux, dont elle a déjà déchiré la bandelette; dans l'autre elle tient le corps à'Astyanax, où est la marque d'une des blessures qui lui ont donné la mort : les pieds de la princesse posent sur un marche-pied rond supporté par quatre pattes de lion. Le bouclier suspendu entre deux cnémides indique le mur de l'habitation d'Ulysse, dont Hécube est l'esclave; la quenouille et le fuseau sont des signes de la servitude à laquelle elle est réduite. Talthybius , héraut des

Grecs, lui annonce qu'elle doit faire inhumer son petit-fils dans le bouclier d'Hector sur lequel il s'appuie ; il est armé de toutes pièces et sa chlamyde est jetée sur ses bras. Hecube a déjà suivi l'ordre de Talihybius, de parer l'enfant pour cette triste cérémonie ; une des jambes d'Astyanax a des périscélides, et une bandelette de perles ou de grains enfilés est posée sur son corps. Les guerriers qui l'entourent apportent de quoi compléter ces ornements funéraires; celui qui est le plus près, coiffé d'un pétase, et dont l'attitude annonce la tristesse, présente une bandelette; l'autre, qui pose un pied sur une pierre, apporte un piléus avec une bordure; celui qui est derrière Talthybius est peutêtre un de ceux qui l'accompagnent et qui vont creuser le tombeau d'Astyanax avec leurs lances. Le champ est semé de différentes fleurs, pour la plupart imaginaires. Derrière Hécube est un éventail qui est censé fixé au mur, et plus loin il y a une espèce de crochet qui servait pour y suspendre des armes. Dons le plan supérieur on voit un char carré, sur lequel est Iris ailée , caractérisée eu outre par une auréole qui figure l'arc -enciel; le char est traîné par quatre chevaux et le limon en est recourbé; Mercure, vêtu d'une chlamyde et coiffé du pétase, portant des talonnières et tenant le caducée, le précède. 11 serait difficile de déterminer quel est le guerrier qui est appuyé sur une lance en face de Mercure ; il est vêtu d'une chlamyde, le pétase est jeté derrière son dos, et son bouclier est placé à ses pieds. Le piléus et Vépée en sautoir, qu'on voit au-dessus de cette scène supérieure, sont des signes allégoriques de l'Iliade et de l'Odyssée; ils rappellent les titres d'Homère à la protection des dieux et à l'admiration des hommes. Le retour de Mercure et d'Iris dans l'Olympe annonce que la mort d'Astyanax a mis fin à l'expédition de Troie, et que les décrets des dieux ont reçu leur exécution. En haut on lit, AAIIMOS ET¥AWE,Lasimos a peint. — Millin, Peint, de vas., II, 37, dont nous avons reproduit l'explication, avec quelques modifications légères, quoique cette explication nous paraisse encore plus ingénieuse que certaine. S24 (CCXXXIV). Ménélas (MENLE, rétrograde), complètement armé, est assis et s'appuie sur son bouclier, sur lequel est écrit son nom; il tient un collier, présent de Vénus, qu'Hélène (EAI-

38/| MYTHOLOGIE HEKOÏoUB DES GRECS, ETC.

W A), assise vis-à-vis de lui, vient de lui donner; entre eux est Venus debout, et à côté son nom étrusque, TYPAN. (On pourrait voir ici la réconciliation de Ménélas et d'Hélène sous les auspices de Vénus, s'il n'était peut-être plus naturel d'y reconnaître Ménélas offrant un collier en présent de noces à Hélènef quj étend ses mains vers Vénus, soit pour implorer ses avis dans le choix d'un époux , soit pour obtenir un autre présent que Vénus, conspirant avec le héros, paraît tenir dans sa main droite). Voy. t. II, p. 486, et les Éclaircissem., note indiquée là même. — Miroir étrusque. Mus, Pio-Clem., IV, B des preuves, n° 1, coll. Monum. cTO. Millier, I, pi. LX, n° 3o6, avec l'explication p. 36. Il faut comparer un autre miroir, beaucoup plus riche, dont il a déjà été question ci-dessus, fig. 751, et qui est publié dans les Monum. de Vlnstit. archéol., II, pi. VI. On y voit également, suivant différentes interprétations, ou la réconciliation de Ménélas et d1 'Hélène, coiffée de la mitre phrygienne, sous les auspices d'Agamemnon, avec un sens mystique, qui motiverait la présence de Paris (EAXSNTPE) tournant le dos et congédié ; ou bien les adieux d'Againemnon et de Ménélas qui partent pour l'île de Crète, tandis que Paris* Alexandre demeure avec Hélène dans le palais de son époux, sous la foi de l'hospitalité. Une scène est au-dessus, en rapport avec celle-là, suivant le premier système d'explication. Cf. Orioli dans les Annales de l'instit. archéol., t. VI, p. i83 sqq., outre de Witte, ibid., p. 241, et O. Mùller, Archœol., p. 655, deux. édit. 8^5 (CCXXIII). Ménélas, vêtu d'une tunique courte, coiffé d'un casque à couvre-joues, et portant en avant son grand bouclier argien, poursuit Hélène, qu'il a retrouvée après la prise de Troie, et veut la tuer ; mais elle se retourne, au moment où il va l'atteindre, et, frappé de sa beauté, il laisse échapper son glaive de sa main droite; Hélène, coiffée d'une Stéphane d'où tombe un voile, vêtue d'une tunique longue et d'un péplus, se réfugie auprès de V autel de ses dieux domestiques, derrière lequel est une statue placée sur un cippe et ombragée d'un arbre. — Delaborde, Vases de Lamberg, II, pi. XXXIV. Ce sujet était représenté sur le coffre de Cypsélus (Pausan. V, 18), mais d'une manière probablement plus rapprochée de la peinture d'un vase de

EXPLICATION QES PLANCHES. 385

la seconde collection d'Hamilton, dans Tischbein, IV, pi. L; au contraire , le vase décrit dans le Catalogue étrusque de M. db Witte, n° i5o, coïncide presque avec le nôtre; enfin un autre vase publié par M. Millingen, XJnedit. monum., part. II, pi. 3a, auquel il faut comparer celui qui est donné dans les Mon. inéd. de VJnstit. archèol., I, pi. XXVII, 26, fait voir Ménélas, ME- NEAEOS, emmenant par la main une femme voilée où l'on croit retrouver Hélène réconciliée avec lui.

826 (CCXLYI). Ménélas, complètement armé, consacre le casque du Troyen Euphorbe, orné d'un griffon et d'un sphinx, à Apollon, dont la statue est placée sur un cippe ; cette statue est nue et tient un arc ( elle ressemble à l'Apollon Sminthien et Didyméen, fig. 285 6, et 285 c ci-dessus). — Mus. Pio-Clem., V,23.

827 (CCXLIII). Clytemnestre, vêtue d'une tunique longue et d'un ample péplus, avance avec précaution pour frapper, avec la /tache qu'elle tient dans sa main, Agamemnon endormi; Égisthe la suit (et semble vouloir la retenir), vêtu d'une tunique courte, sur laquelle est une chlamyde , et son pétase jeté derrière son épaule. (Suivant Tôlken, Mérope, reine de Messène, qui a saisi la hache pour tuer son propre fils qu'elle ne reconnaît pas. Le vieux berger, qui a secrètement élevé le jeune prince, retient la main de sa mère et dévoile le mystère.) — Millin, Peint, de vas., II, 24.

828 (CCXLIII). Clytemnestre, vêtue d'une longue tunique brodée et sans manches, à laquelle est attaché un péplus flottant, va porter le coup mortel à Agamemnon, avec une hache qu'elle a saisie des deux mains. Ce prince est coiffé du casque des héros , du reste nu; les premiers coups de son épouse adultère l'ont fait tomber près d'une colonne , qui indique que la scène se passe dans l'intérieur d'un palais; il est parvenu à se dégager de l'ample vêtement dans lequel Clytemnestre l'avait enveloppé comme dans un filet, et il lui oppose en vain son bouclier. (Suivant Tôlken, Mérope, comme dans la figure précédente, sur le point de tuer jEpytus, son fils, endormi sous le vestibule du palais; il se réveille et se fait connaître.) — Millin, Peint, de vas., I, 58.

829 (CCXXXV), Oreste enlève l'urne que sa sœur Electre a déposée sur le tombeau d' Agamemnon, et qu'elle croit renfermer les

cendres de son frère; elle reconnaît son erreur. Sur le tombeau s'élève une stèle, portant l'urne cinéraire d'Agaraemnon.— Millin , Pierres grav. inéd. Electre paraît sur les vases peints, tenant l'wrae supposée contenir les cendres d'Oreste. Voy. Millingen, Vases de div. collect., pi. XVI ; Delaborde, Vases de Lamberg, I, pi. VIII; Raoul-Rochette, Mon. inéd., pi. XXXI.

83 0 (CCXXXIX). Oreste et Electre, après s'être reconnus, se tiennent embrassés et s'entretiennent de leur vengeance. Ce groupe (ainsi expliqué par Winckelmann) est celui qui est connu sous le nom du Jeune Papirius et sa mère. — Maffei , Raccolta di Statue, LXII. Compar. le groupe du Mus. Borbon., IV, 8, et dans Raoul-Rochette, pi. XXXIII, i.

83 1 (CCXXXVII). Égisthe est égorgé sur son trône (le trône d'Agamemnon) par Pylade, qui l'a saisi par les cheveux et pose le pied sur son genou ; le jeune héros a jeté son bouclier à côté du trône et ne se sert que de son épée; sa chlamyde tombe par terre; une Furie, qui tient un fouet, est derrière lui et l'excite à ce meurtre; plus loin, à gauche, on voit Chrysothémis, fille d'Agamemnon, et un Argien de la garde du roi, qui n'ose ou ne veut pas le secourir; à droite, Electre va frapper Égisthe avec un marche-pied ou un objet semblable. Cependant Oreste immole Clyternnestre, qu'il tient également parles cheveux, et sur laquelle il appuie son genou; la vieille nourrice lui arrête le bras et veut l'empêcher de commettre ce matricide, mais elle est distraite par les cris d'Égisthe vers qui elle tourne ses regards; derrière Clyternnestre et à côté de son fils est aussi une Furie tenant un fouet dont on ne voit que le manche; un jeune Argien veut défendre la reine avec un vase , seule arme qu'il ait trouvée sous sa main; plus loin, à droite, est une figure dont on n'aperçoit que le bras et la jambe, et qui parait tenir un arc. — Bas- relief qui est à Rome, dans l'escalier du palais Circi. Visconti, Mus. Pio-Clem., tom. V, pi. A des preuves.

83a (CCXXXVII). Égisthe a été renversé du trône par Pylade, qui, après l'avoir tué, lui enlève le manteau qui le couvrait; de son côté, Oreste vient de frapper Clyternnestre étendue à ses pieds ; le voile suspendu sur des hermès indique que l'action se passe dans l'intérieur du palais. &a vengeance des hommes est aipsi *a«

tisfaite; mais celle des dieux va commencer. En effet, on aperçoit, à gauche, un groupe formé de trois Furies qui dorment, assises ou appuyées; près d'elles, la nourrice de Clylemnestre. en détournant ses yeux du double meurtre, semble dire par son geste : <» Prenez garde de les réveiller. » Elles sont réveillées, à droite, et l'on en voit deux, derrière le voile, secouant leurs torches et leurs serpents contre O reste, qu'elles poursuivent jusqu'au rocher de Delphes, où on le retrouve saisissant d'une main le trépied d'Apollon, ombragé du laurier sacré, de l'autre tenant, tout éperdu, l'épée dont il a frappe sa mère; YErinnys couchée à ses pieds, avec ses torches renversées et ses serpents, semble épuisée de la course qu'elle a faite, ou peut-être cède-telle devant la puissance du dieu expiateur. La figure d'homme qu'on aperçoit accroupie dos à dos avec elle, du côté de Clytemnestre, et soulevant dans ses mains une espèce de meuble, est prise par Visconti pour le Pédagogue d'Oreste enlevant le petit ««^/domestique de la maison d'Àgamemnon, pour qu'il ne soit pas souillé du sang de sa famille. — Cas-relief au Vatican. Mus. Pio-Clem., V, 22. Compar., outre la figure qui suit, le bas-relief du Louvre, n° 388, de Clabac, pi. 202, et le même sujet traité à la manière étrusque dans Micali, pi. CIX. 833 (CCXLV). La scène principale du sujet précédent, représentée absolument de la même manière, comme si elle était détachée du bas-relief ci-dessus. La nourrice ni le Pédagogue n'y manquent pas, non plus que la main d'une des Furies armée du serpent.— Gamée.EcKHEL, Pierres grav. du Cabinet de Vienne \ 20. 83/f (CCXLIII). Oreste, tourmenté par ses remords, s'évanouit dans les bras d'Electre. Compar. 83o, (a), où il tombe dans les bras de Pylade. — Millin, Pierres grav. inéd. 835 (CCXLII). Oreste entre deux Furies qui le tourmentent, ar- - niées de serpents; celle de droite lui présente en outre un miroir, où l'on aperçoit la tête de Clytemncstrc , symbole de ses remords ; il cherche à se défendre en opposant à l'une l'épée nue qui a tué sa mère, à l'autre le fourreau de cette épée, dans une disposition toute symétrique. Compar., à cet égard, fig. 787. — Face d'un vase peint du Musée de Naples, publié pour la première fois par BL iUouL-IlocHi-TTB, Mon. inéd., pi. XXXVI,

835 a (CCXLII). Oreste, coiffé du pétase , vêtu de la chlamyde, portant d'une main son épée dans le fourreau , de l'autre deux lances, arrive à Delphes, et se présente en suppliant devant Apollon assis sur Y Omphalos , et tenant dans ses mains la cithare et le laurier, comme dieu expiateur et purificateur (corn-* par. fig. suiv. avec les renvois) ; derrière Oreste est Electre, sa sœur, qui l'a suivi; à droite, son fidèle compagnon, Pylade, et plus loin la Pythie assise sur le trépied. — Revers du même vase. Ibid., pi. XXXVII. Il faut rapprocher la composition plus simple encore du vase publié par Thorlacius et reproduit dans les Denkmâler der alten Kunst d'O. Mûller, \\,Taf. XIII, 148, sans parler des peintures plus ou moins analogues données par Tischbein, Vases, II, 16; Millin, Peint, de vas., II, 68; Raoul-Rochette, pi. XXXV, etc.

836 (CCXLIV). Oreste, vêtu d'une chlamyde ornée d'une large bordure et semée d'étoiles, tenant deux lances d'une main , de l'autre l'épée avec laquelle il a tué sa mère, est accroupi en suppliant sur un réseau qui sert de couverture à. Y Omphalos -placé devant le trépied d'Apollon (280, 280 c); un rang de perles descend de son épaule gauche et passe sous son bras droit; il regarde Minerve, placée à sa gauche, comme pour implorer son assistance. La déesse, qui l'a conduit à Delphes, paraît le rassurer et lui promettre sa protection; son casque, posé sur sa longue chevelure bouclée, est surmonté d'un cimier qui porte une crinière de cheval entre deux panaches; son cou est paré d'un collier à deux rangs ; sa poitrine est couverte d'une énorme égide écaillée, bordée de serpents, et décorée de la tête de la Gorgone; sous l'égide est une tunique courte ou un diploïdion , qui recouvre une tunique plus longue semée de paillettes d'or, avec une riche bordure et des manches rattachées par des agrafes; un ample péplus est jeté par-dessus; les bras de Minerve sont ornés de bracelets en forme de serpents; elle tient dans sa main gauche une longue lance à deux pointes, et elle appuie son pied sur un fût de colonne. A la droite d'Oreste est Apollon debout, dans son rôle de dieu expiateur et purificateur (fig. 835 a) ; ses longs cheveux flottent sur ses épaules et sont couronnés de laurier ; un rang de perles descend de son

épaule gauche, un autre orne sa cuisse droite ; il est chaussé du cothurne; son ample chîamyde retombe derrière lui, et l'on y voit le laurier sacré aux branches duquel sont suspendues des bandelettes et des tablettes votives sur lesquelles on remarque des figures. Le dieu protège son suppliant contre deux Furies qui le poursuivent, l'une à gauche et en pied, sur le même plan que les figures précédentes, l'autre à droite, sur un plan un peu plus élevé, et figurée seulement à mi-corps; la première est vêtue d'une tunique courte, propre aux déesses chasseresses, avec des paillettes d'or, sans bordure, et des manches serrées par des bandes; cette tunique en recouvre une autre qui descend jusqu'au genou et que termine une bordure en forme de vagues; YÊrinnys porte le brodequin crétois; ses longues ailes sont attachées avec des rubans croisés sur la poitrine et semés de clous d'or; elle tient un gros serpent qui se replie autour d'elle et surmonte sa tête ; un autre se dresse sur son front. La seconde Furie est vêtue de même, mais elle vient de quitter ses ailes, ou du moins elles ne sont indiquées que par les rubans croisés; deux serpents se dressent sur ses épaules, un troisième est dans sa main, et un quatrième sur son front. La femme figurée également à mi-corps , dans le plan supérieur, est Clytemnestre, qui accuse Oreste et excite les Furies contre lui ; elle est vêtue d'une tunique à manches avec une large bordure dentelée, parée d'un collier et de pendants d'oreille; sa tête est couverte d'un voile qui retombe sur les côtés (835). La figure d'homme à mi-corps, qui correspond à celle-là dans l'angle gauche , est celle de Pylade, faisant un rôle opposé et assistant son ami; il est vêtu comme lui, mais coiffé du piléus, et il tient une lance. Les rayons en forme de cônes allongés ou de langues, qui forment un demi-cercle au-dessus d'Apollon, indiquent que le joleil éclaire cette scène. — Peinture de vase. Millin, Mon. ant. inéd., 1, 29. Compar. les peintures analogues dans Tischbein, III, 33, et Raodl-Rochette, Mon. inéd., pi XXXVIII. 837 (CCXLIV). Minerve, vêtue d'une tunique longue par-dessus laquelle est jeté un ample péplus, et coiffée d'un casque , absout Oreste en mettant une boule blanche dans Y urne posée sur une table, et qui contient les suffrages partagés de l'Aréopage ; de-

vant elle est une Furie, qui tient un rouleau, signe de l'accusation, et une torche (un servant du tribunal avec le flambeau allumé, parce que les jugements se rendaient pendant la nuit) ; derrière la Furie ou voit Oreste nu , dans l'attitude d'un suppliant, et sa ehlamyde jetée sur son épaule gauche; sur un rocher, derrière Minerve, est assise Érigone, fille d'Égislhe, absorbée dans sa douleur, et attendant le jugement qui va être rendu {Dicé, la Justice personnifiée de l'Aréopage, assise dans l'attitude de la méditation et posant le pied sur le rocher de Mars) ; derrière elle un gnomon est placé sur un cippe ; les deux dernières figures à droite sont Pylade et Electre, dont l'un semble épier, l'autre calculer le résultat probable du vote. — Bas-relief du vase d'argent, dit de Corsini, trouvé dans le port d'Antium. Winckelmann, Monum. ined., i5i, coll. Panofka, dans les Annales de l'instit. archéol., II, p. i37-

838 (CCXXXIX). Oreste assis, dans une attitude triste et pensive, est reconnu par Jphigénie, qui pleure et l'embrasse ; Pylade est assis vis-à-vis de lui sur une espèce de table, tenant à demi ouverte la lettre qulphigénie l'avait chargé de remettre dans Argos à son frère ; deux compagnes d'Iphigénie sont auprès d'elle; l'une témoigne sa surprise de ce singulier événement; l'autre, en portant le doigt à sa bouche, indique le secret dont il doit être couvert; Thoas arrive, et Iphigénie lui dit qu'un de ces jeunes gens a tué sa propre mère, et qu'il faut le purifier dans l'eau de la mer, ainsi que la statue de Diane, qu'on voit au fond dans une espèce de niche, le carquois sur l'épaule. (Ce sujet, d'après une interprétation différente, aurait trait au moment où Oreste, malgré l'absolution de l'Aréopage, tourmenté encore par ses remords, reçoit l'oracle de Delphes qui lui ordonne de partir pour la Tauride; Electre et Pylade, placés près de lui, témoigneraient leur surprise et leur douleur ; et l'abattement profond dans lequel il tombe lui-même, aurait alors son interprétation naturelle, ainsi que les costumes complètement helléniques des personnages.) — Pitt. d'Ercol. I, n , coll. Annal, de l'instit. de corresp. archéol.,X. II, p. i34-

S39 (CCXLIV bis). Ce bas-relief, qui orne un sarcophage autrefois au palais Accoraroboni à Rome, et maintenant à Munich, se di-

EXPLICATION DRS PLANCHES. ?>Ç)t

vise en trois ou quatre scènes, dont la première (a) occupe le milieu : on y voit une Furie agitant un flambeau ardent, autour duquel un serpent est entortillé, et portant un fouet; placée derrière un rocher du rivage de la Tauride, elle tourmente Oreste, qui est tombé par terre, saisi d'un de ses accès, à sou arrivée dans ce pays, et qui tient encore l'épée, instrument funeste de son matricide ; Pylade le soutient et le soulève. La seconde scène (&), à gauche de la première, montre Oreste et Pylade venus pour enlever la statue de Diane Tauriqcre, qu'on aperçoit sur son autel, le croissant au front et un flambeau dans la main; cet autel est placé dans une édicule supportée par des colonnes torses, et derrière se trouve un arbre, auquel sont suspendues, aussi bien qu'aux colonnes, une tète de taureau et des tètes humaines, avec un glaive et un autre instrument de sacrifice; Oreste et son ami ont les mains liées derrière le dos, et un Scythe les conduit, armé d'une épée, pour être immolés; les deux héros sont nus, sauf leurs chlamydes jetées sur leurs bras; quant au Scythe, il a, selon l'usage barbare, une tunique courte retroussée, des anaxyrides , et un bonnet phrygien; Iphigénie est debout devant l'autel orné d'une guirlande et au pied duquel brûlent des parfums; elle tient un glaive dans son fourreau, et tourne avec un tendre intérêt la tête vers les captifs. Dans la troisième scène (c), à droite, T/ioas a été renversé par Oreste, qui est armé d'une épée et d'un bouclier couvert d'écailies comme l'égide ; la tête de Méduse est cachée; Oreste va porter le coup mortel au barbare, que veut en vain défendre un de ses satellites tenant une lance et un bouclier orné d'arabesques; Iphigénie craintive, derrière Thoas, joint les mains pour soutenir la statue de la déesse dont elle s'est chargée : un dernier groupe la fait voir de nouveau, avec l'aide de Pylade, montée sur le navire qui va les emporter; sa tête et ses bras sont enveloppés dans un ample péplus, et elle regarde avec anxiété l'issue du combat; mais bientôt Oreste les suit, levant son épée victorieuse, et se précipite dans le vaisseau par un escalier qui est appliqué à la poupe. Voy. t. II, p. io3 sqq., III, p. 563 sqq. — Winckelmann , Monum. ined., 149, rectifié d'après la planche jointe à l'explication de Uhdkn,

3gi MYTHOLOGIE HEROÏQUE DES GRECS, ETC.

dans les Mém. de l'Jcad. de Berlin, 1812-1813. Compar. les deux bas-reliefs Grimani dans Millin , YOrestéide, pi. 3 et 4 ; le vase de Lucanie, dans Raoul-Rochette, Mon. inéd., Orestéide, pi. 41 ; la belle amphore de Ruvo publiée dans les Mon. de Vlnstit. archéol., II, pi. 43, et expliquée par E. Braun dans les Annales, tom. IX, p. 198 sqq.; la peinture d'Herculanum faisant suite à celle qui est donnée ci-dessus, I, 12 ; enfin, pour la dernière scène, le vase dans Maisonneuve, pi. 5g. 84o (CCXLIII). Oreste, barbu, qui vient d'égorger Néoptolème, et qu'un serpent, symbole du remords, enlace de ses replis, se réfugie à l' autel de Delphes sur lequel il pose un genou, et à l'ombre du laurier sacré, tenant d'une main l'épée nue, de l'autre le fourreau; à ses pieds gît Pyrrhus mourant, que saisit Thanatos ou le Génie de la mort, barbu et ailé, à peu près comme sur les monuments étrusques (voy. fig. 591 a, 5gi c, 692 a, et compar. fig. 557, 676 a); à droite, un personnage barbu, vêtu d'un péplus et couronné de laurier, tenant un bâton d'une main, lançant une pierre de l'autre, représente, soit un prêtre, soit même le Démos de Delphes, ameuté contre Néoptolème. — Canthare du cabinet Pourtalès, publié par M. Raoul-Rochette, Monum. inéd., pi. XL, 2. L'autre face, ibid., 1, représente O reste, barbu et nu', conduit en criminel par un guerrier et par Mercure, qui lui tiennent les deux mains, devant une femme enveloppée dans un grand voile , assise sur un trône et le front diadème ; Mercure se tourne vers Minerve, debout à droite, sans aucun de ses attributs ordinaires, si ce n'est le casque, et posant sa main gauche abaissée sur une roue ailée , pendant que la droite semble accompagner les paroles qu'elle adresse à Mercure. M. Raoul- Rochette voit ici Oreste conduit devant Iphigénie en Tauride : mais alors pourquoi Mercure et Minerve ? M. Panofela , avec beaucoup plus de probabilité, Oreste conduit par Mars et par Mercure devant Diké , la Justice personnifiée de l'Aréopage (compar. l'explicat. de la fig. 837 ci-dessus). Quant à la roue ailée, où l'on est tenté au premier abord de soupçonner la roue de Némésis (fig. 56o), comme on Ta fait pour le cercle que tient Pyrrhus tué par Oreste sur une urne funéraire de Volterra (Raoul-Rochette, ibid., pi. XXXIX : ce savant archéologue y

reconnaît simplement le cercle du trépied fatidique que Néoptolème a saisi pour se défendre), c'est plutôt le symbole du char qui vole et dont Minerve passait pour l'inventrice (t. II, p. 79$ sqq.). Cf. Panofka, Cabinet Pourtalès, pi. VII et pag. 37-42, et dans les Annal, de l'Institut, archéol. t. II, p. i36 sq. 841 (CCXLV Wj). Ulysse, vêtu d'une chlamyde, et coiffé d'un pi» léus entouré d'un bandeau, va frapper de sa lance un sanglier, celui même qui le blessa au-dessus du genou , dans les états de son grand-père Autolycus ; il porte la chaussure propre aux chasseurs, aussi bien que son compagnon, un fils d' Autolycus, qui va asséner au sanglier un coup de massue; le chien Argus, grimpé sur le dos de l'animal, l'attaque de son côté. — Tischbein, Fig. d'Hom., Odyss., IV.

84a (CCXLVIII bis). Ulysse, par son effroi, trahit le rôle de fou qu'il s'était imposé pour ne pas aller à la guerre de Troie, grâce à l'artifice de Palamède, qui l'observe, après avoir posé à terre le jeune Télémaque devant la charrue qu'il conduisait; cette charrue est attelée de deux bœufs, au lieu d'un cheval ou d'un âne accouplé avec un bœuf. — Pierre gravée, publiée et expliquée par M. Panofka, dans les Annal, de l'Jnstit. archéol., tom. VII, tav. d'agg. i835, H, 4> et p. 249 sq. Cette scène était représentée différemment dans une peinture décrite par Lucien, de domo, 3o, où l'on voyait Palamède feignant de vouloir trancher la tête à l'enfant. Une amphore de Nola, appartenant à M. le duc de Luynes et publiée'par ce savant ( Description de quelques vases peints, pi. XXXV), nous montre Palamède sous un autre point de vue, apprenant de Minerve, placée devant lui et qui écrit sur des tablettes , l'art de tracer les caractères dont il était supposé avoir enrichi l'alphabet grec. Le même personnage, selon toute apparence, lance le disque, jeu dont il passait également pour l'inventeur, au revers d'une autre amphore de la même fabrique, mais trouvée à Voici , que M. Gerhard a fait connaître dans les Monum. de V Institut, archéol., tom. I. pi. XXVI, 6, et expliquée dans les Annales, t. III, p. 23o sq. Enfin ce héros, auquel on attribuait tant d'autres inventions, est justement soupçonné dans l'un des deux guerriers (l'autre serait Thersite comme dans le tableau de Polygnote à Delphes, Pausan. X, 3i),

que l'on voit sur jun si grand nombre de vases, jouant aux dés, quelquefois en présence de Minerve i'he Witte, Catal. Durand, nos 320, 385, 398-4o3; Catal. étrusque, 141, etc., etc.). Néanmoins, sur le beau vase du Vatican, donné dans les Monurn. de V Institut, archéoi, II, pi. XXII, les noms A' Achille clà'Ajax sont ceux qui se lisent auprès des héros Cybeutes. Cf. Panofka, Bull, de VInst. archéoL, i83'>., p. 70 sqq., et Raokl-Rochette dans les Mém. de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres noiiv. sér., tom. XIII, p. 634 sqq.

Nota. Les faits ou les circonstances de la guerre de Troie, dans lesquels figure Ulysse, sont représentés, soit sur la Tabl Iliaque, 775 ci-dessus, soit sur divers monuments qui la suivent, 780, 785-789, 802, 81 5, etc. Il ne s'agit plus ici que des événements de V Odyssée proprement dite.

843 (CCXLV bis), Polyphème est assis sur un rocher au bord de la mer; sa chlamyde est jetée sur ses genoux; il tient son énorme lyre formée d'un tronc d'arbre à deux branches, et un plectrum; il étend la main pour recevoir une lettre de Galatée, que lui apporte un Amour monté .sur un dauphin; il a trois yeux et n'est point difforme ; un arbre ébranché, qui lui sert de bâton, est à côté de lui. — Pi(t. d'Ercol., I, to. Conf. Zoëga, BassiriL, Sj.

843 a (CCXLVII). Tète de Polyphème avec un seul œil sur le front ; les deux yeux ordinaires sont indiqués seulement par des paupières. — Tête inédite, trouvée à Lyon, et dont le dessin avait été communiqué à Millin par M. Artaud.

844 (CCXLV bis). Polyphème est assis sur une peau d'animal éten due sur un roc dans sa caverne ; il tient sous ses pieds un c compagnons d'Ulysse qu'il a tué, et va déchirer ses membr pour les dévorer; de l'autre main il prend le vase grossier, re pli de vin, qu'Ulysse, reconnaissable à son piléus, lui présente ; un autre des compagnons du héros est chargé d'une outre; on voit près de Polyphème l'extrémité de l'arbre qui lui sert de bâton. — Bas-relief mutilé du Musée du Louvre. Dk Clarac, Musée de sculpt., pi. 223.

844 ^ (CCXLVIII bis). Polyphème, nu, portant une barte hérissée et.de longs cheveux, retenus dans une sorte de calotte ou de réseau que serrent des bandelettes, est assis sur bu fragment de ro-

EXPLICATION DES PLANCHES. 3t)5

cher; d'un air stupide, il tient encore dans ses mains les jambes d'un des malheureux qu'il a dévorés. Ulysse, debout et imberbe, coiffé à peti près de même (et non du piléus), ainsi que les trois compagnons qui l'assistent, lui présente à boire de la main droite dans un scyphus à une seule anse ou cissybium ; de la main gauche il soutient sur son épaule, aidé de ceux qui le suivent, un long pieu aiguisé, qu'il dirige veis le front duCycIope pour l'enfoncer dans l'œil du milieu; les deux autres yeux n'en sont pa* moins figurés, à en juger par celui qu'on voit de profil. Audessus des Grecs, et particulièrement, de leur chef, se déroule un long serpent tacheté, dont la gueule béante vient toucher la tête de Polyphème; on peut le regarder comme le symbole de Minerve, protectrice du héros, et C'est dans tous les cas l'emblème de sa prudence et de son astuce bien connues (compar. toutefois fig. 8o4 ci-dessus). Sous les figures, s'étend en sens opposé, par conséquent dans le sens même où se présente le Cyclope, un gros poisson, qui parait nager et s'approche d'un appât qu'il va saisir; c'est l'emblème manifeste et naturel de l'avidité féroce autant que stupide du fils de Neptune. — Peinture du fond d'une coupe oucylix à figures noires et de style archaïque, publiée dans les Mon. inéd. de Vlnstit. archéoi, I, pi. VII, i, et savamment expliquée par M. le duc de Luynes, Annales, tom. I, pag. 278 sqq. Compar. les monuments qui s'y trouvent rapprochés, et ceux qui ont été indiqués ou publiés par M. Raoul-Rochette , Mon. inéd., Odysséide, pi. LXII-LXIII, et p. 3o5 sqq. 8/|5 (CCXLVII). Ulysse se sauve de l'antre de Polyphème, sous le ventre d'un des grands béliers du Cyclope. — Statuette de la villa Parafili, reproduite dans la villa Albani. "Winckelmann, Monum. ined., i55 et pag. 210, seconde édit. Le miroir de bronze donné par Winckelmann à la suite de ce bas-relief, montre Ulysse et un de ses compagnons attachés aux béliers , et au-dessus la figure de Polyphème terminée en queues de poissons, comme fils de Neptune. Il faut comparer les peintures de vases analogues, publiées ou décrites dans les Monum. de l'Inst.arch., ibid.y 3, 4; Annales, ibid., pag. 283; dans Raoul-Rochette, Monum. inéd , pi. LXV, 1 ; et dans df.Witte, Calai, étrusque, n°i5i.

3g() MYTHOLOGIE HEROÏQUE DES GRECS, ETC.

846 (CCXXXIX). Ulysse barbu, coiffé du piléus, et vêtu d'une courte tunique retenue par une ceinture, par-dessus laquelle est jeté un himation , saisit l'outre gonflée des Vents, qu'Éole lui a confiée. — Pierre gravée. Winckelmann, Monum. ined., i58. Conf. Passeri, Lucern., H, ioo.

847 (CCXLVII). Fragment d'une Table Odyssèenne, c'est-à-dire qui contenait la représentation des événements de Y Odyssée, comme la Table Iliaque, 77$, contient ceux de l'Iliade. Il est composé de trois scènes. Sur le plan inférieur on voit Ulysse qui vient de sortir de son vaisseau garni de rames et d'un aplustre; il est armé d'une lance* vêtu d'une tunique courte avec un himation par-dessus, et coiffé du piléus, et il reçoit de Mercure, vêtu et coiffé de même, l'herbe moly (allium moly'), qui doit le garantir des enchantements de Circé ; on lit au-dessous : OAY2- 2EI TO MliAY EPMHS, Hermès donne le moly à Ulysse. La seconde scène, plus haut à droite, montre Ulysse , OAY££EYE,dans l'intérieur du palais de Circé, KIPKH, armé d'une épée et d'un bouclier, et menaçant la magicienne, qui s'est jetée à ses pieds, de la tuer, si elle ne rend à ses compagnons leur forme première. Dans le plan supérieur et dans la troisième scène, Ulysse, OAYSIEYS, se tient à côté de Circé, KIPKH, qui, avec sa baguette enchantée , rend la forme humaine à ses compagnons qu'elle avait changés en animaux; on en voit quatre, le premier avec une tête de pourceau, le second de sanglier, le troisième de mouton, le quatrième, qui est encore dans l'étable, de bœuf; on lit au-dessous d'eux : ETAIPOI TE0HPI&ME. . ., les compagnons d'Ulysse changés en bétes. L'inscription qui est au bas se traduit : tiré du récit à Alcinoùs, dans le dixième livre de l'Odyssée. Voy. tom. I, p. 468, tom. III, p. 4^5 sqq. — Bas-relief du palais Rondanini. Guattani, Monum. ant.per V anno 1788, Febr., XI. La métamorphose des compagnons d'Ulysse se rencontre fréquemment sur les urnes étrusques, sans doute par allusion à la métempsychose : cf. les Mon. inéd. de M. Raoul - Rochrtte, pi. LXI, 2.

847 a (CCXVIII). Ulysse, coiffé du piléus, nu d'ailleurs, tient d'une main son épée, et de l'autre, qu'il élève, le moly. Compar. la fig, précéd. — MiLLiif, Pierres grav. inéd.

848 (CCXLVII). Ulysse, avec le piléus et la chlamyde, vient d'ouvrir le sol d'un hoyau sur lequel il s'appuie de la main gauche ; de la droite il fait un geste de surprise causé par l'apparition de sa mère Anticlée , dont l'âme ou le spectre, enveloppé dans une longue tunique, et la. tête couverte d'une espèce de bandeau, se dresse à mi-corps du sein de la terre, en étendant vers » lui une main suppliante. De l'autre côté du vase , un homme barbu, en tunique et en pallium, debout dans une attitude de

repos, la main gauche cachée dans son manteau et posée$>ur la hanche, la droite appuyée sur un bâton, et en qui se personnifie le Démos, se retourne vers un Canope à tête humaine, posé sur une base, ce qui indique, suivant M. Raoul-Rochette , la localité de V Averne et Y oracle des morts , en rapport avec la scène précédente, tirée de la nécyomantie ou de l'évocation des mânes dans l'Odyssée. — Peinture grossière d'un vase de Nola, du Cabinet de M. de Pourtalès, publié par M. Raoul-Rochette, Monum. inéd., pi. LXIV et p. 36g.

849 (CCXLV1II). Ulysse, barbu , coiffé du piléus, sa chlamyde ou son manteau jeté sur son genou, pose le pied gauche sur un rocher, et tenant d'une main son épée, de l'autre le fourreau, interroge sur son retour, à l'entrée des enfers, le devin aveugle Tirésias; celui-ci est barbu également, vêtu d'une tunique longue, et enveloppé dans un ample péplus qui lui couvre la tête et retombe sur ses bras; il porte un long sceptre, présent de

Minerve, et s'appuie contre un cippe , dans l'attitude d'une ré- i

flexion profonde. — Beau bas-relief du Musée du Louvre, n° 298, provenant de la villa Albani. Winckelmann, Mon. ined., i57 ; de Clarac, pi. 22*3. Il faut rapprocher la peinture de vase analogue, dans Inghirami, Mon. etr., Ser.Y, tav. XLIV, et surtout le remarquable miroir étrusque gravé dans les Mon. de Vlnst. archéol., tom. II, pi. XXIX, et si savamment expliqué, avec ses espèces d'inscriptions bilingues, par le P. Secchi dans les Annales, tom. VIII, p. 65-99.

850 (CCXXXIX). Ulysse est attaché par les bras au mât de son vaisseau, orné de la chénisque (tête d'oie) qui décore la proue, d'une tête de monstre au rostrum ou éperon, et d'un aplustre à la poupe j les voiles sont pliées ; cinq rameurs lui font fendre les

'^B MYTROLOCIR HEROÏQUE DP* CRKCS, EtC.

vagues, et le pilote est au gouvernail; le navire passe ainsi devant l'île des Sirènes, qu'on voit au-dessus, au nombre de trois. Elles ont des corps de femmes terminés en queues et en pieds d'oiseaux, avec des ailes; celle du milieu tient un rouleau de musique et paraît chanter, une autre pince la lyre, et la troisième joue de la double flûte. Voy. tom. III, p. 194 sqq., et compar. fig. 527 et 5a8 avec l'explicat., p. 217 sq. ci-dessus. — Pierre gravée. Paciaudi, Mon. Pelop., I, 139. Cette scène est représentée, avec des particularite's fort remarquables, sur un vase de Voici publié dans les Mon. de Vins t. arch.t I, pi. VIII, à peu près expliqué dans les Annales, p. 284 sqq.; les Sirènes y figurent, comme dans les peintures de vases en général, surtout de style archaïque ou archaïstique, et même encore sur une peinture de Pompeï du même sujet, sous la forme d'oiseaux à têtes de femmes; elles sont au nombre de trois, dont une avec le nom HIMEPOTJA, une autre se précipitant dans la mer; trois Génies mâles ailés, qui leur correspondent, volent au-dessous, l'un nommé H1MEPOS, si la lecture est certaine, les deux autres, qui seraient alors Éros et Pothos , portant une bandelette, une guirlande et un lièvre; un œil est peint à la proue du vaisseau et un crédemnon suspendu à la poupe : la haute intention morale de cette représentation nous paraît évidente, aussi bien que son rapport avec les initiations de Samothrace. Voy. tom. II , p. 3oo sq., 321, et fig. 853 ci-dessous, avec l'explication. Cf. de Witte, CataL Durand, n° 418, Calai. étr.y i52; Raoul-Rochette, Mon. inéd., pi. LXI, 1, avec ses observations, p. 377 sqq. coll. 283 ; et surtout celles de Panofka, Cabinet Pour talé s, p. 73-77, avec les pi. II, XXIII et XXIV. *5i (CCXLV). Scylla, tenant un gouvernail dans sa main gauche, de la droite arrache un des compagnons d'Ulysse de son vaisseau ; les replis du monstre, dont les extrémités se terminent en queues de poissons, indiquent la violence du tourbillon, au passage du détroit; Ulysse essaie en vain de défendre son compagnon avec „ l'arme qu'il lève; un autre personnage est en arrière, spectateur de cette scène ; quelques Grecs et un dtiupéin nagent dans le gouffre; derrière Scylla se voit un arbre. Voy. ton». III, p. 497

EXPLICATION DES PLANCHES. 3gg

sq. Compar. fig. 34i/ct l'explication. — Ccnlorniate. Havhrcamp, n° 64.

85a (CCXV bis). Ulysse construisant le radeau sur lequel il doit quitter l'île de Calypso. Compar. fig. 63o, b ci-dessus. — lmpronte gemmarie dell' Instit. di corresp. archeol., I, o5.

853 (CCXLV). Ulysse, OAYSSEYS, nu, portant une longue barbe, et la tristesse empreinte sur le visage, tient à la main le crêdemnon ou l'ëcbarpe de salut, que vient de lui donner lno-Leucothée, après son dernier naufrage; la déesse, désignée par l'épithete de KAAE, la b^lle, se replonge dans les flots en tournant les yeux vers lui. Voy. tom. II, p. 32 1, et l'explication de la fig. 85o ci-dessus. Compar. fig. 625. — Panofka, Musée Blacas , pi. XII et p. 38 sq.

854 (CCXLV bis), Ulysse, coiffé du piléus, et sa chlnmyde jetée sur son épaule, prend congé à'Alcinoùs, roi des Phéacicns; celui-ci pose son pied sur la base d'un cippe hexagone, qui porte la statue d'une divinité marine, peut-être celle à'Ino , tenant une ancre; l'attitude du roi (qu'aucun attribut ne caractérise comme tel) annonce la réflexion; à gauche on voit l'arrière du vaisseau qu'il a fait équiper pour le retour d'Ulysse à Ithaque, et l'on y remarque la chénisque, comme ci-dessus, 85o. (M. Raoul- Rochette reconnaît ici, trop vaguement, Ulysse concertant avec Eury loque son retour, après avoir consulté Tirésias; et dans la déesse avec l'ancre, sur une colonne, Galène, la sérénité de la mer. Pourquoi ne serait-ce pas plutôt, d'après le texte positif de l'Odyssée, aussi bien que d'après l'attitude respective des deux personnages, Ulysse qui vient d'aborder à l'île d'JEœa, séjour de Circé, et donne à Euryloque ses instructions pour explorer cette terre inconnue?) — Buonarroti, Medagl. ant., frontisp.

855 (CCXXXIX). Ulysse, de retour dans son île, et déguisé en mendiant, est reconnu par son chien Argus (fig. 841), placé sous la porte de son habitation. — Pàciaudi, Mon. Pelop., I, i39.

855 a (CCXXXIX). Le même sujet sur une monnaie de la famille Mamilia : on lit autour, C. Mamil. limean. — Morell., Fam. Rom. Compar. Tischbein, Homer nach Antihen, Od., VIII, 3- 5, et, 8, les Bergers préparant le repas d'Ulysse.

856 (CCXLVII). Fragments d'un bas-relief de terre-cuite. Celui qui est à gauche représente Ulysse, que sa nourrice Euryclée a reconnu, en lui lavant les pieds, à la cicatrice de la blessure que lui fit jadis un sanglier (841); le héros lui ferme la bouche pour qu'elle ne divulgue pas son secret; derrière lui est son porcher Eumée, vêtu d'une peau velue jetée par-dessus ses autres vêtements; Argus est couché à côté du siège de son maître. Sur l'autre fragment on voit Pénélope, assise sur une chaise sous laquelle est son panier à ouvrage, et plongée dans une rêverie profonde; devant elle se tiennent deux de se£ femmes, Mélantho et Eurynome : la fidèle Eurynome paraît être celle qui regarde Pénélope et semble prendre part à sa douleur, tandis que l'infidèle Mélantho regarde en arrière, et paraît plus occupée de l'étranger auquel on lave les pieds que de sa maîtresse. — Milliw, Mon. ant. inéd., II, 40 et 41 • Ulysse se présente en mendiant devant Pénélope,, sur une peinture de Pompeï : W. Gell, Pomp. , n. s. , pi. i5. Sar une peinture de vase on reconnaît Pénélope à l'emblème parlant de l'espèce de canard appelé itwéloip, qui l'accompagne (de Witte, Cabinet Durand^ n° 419); on croit la voir aussi filant et entourée des Prétendants , puis conversant avec Télémaque, sur un autre vase (Cat. étrusque, i53).

857 (CCLII). Tête d'Ulysse, coiffé du piléus, et ayant le menton ombragé d'une barbe épaisse et frisée; au revers est un coq, symbole de la vigilance et de la pénétration qui caractérisaient Ulysse et dont l'expression est sur sa figure ; autour on lit I© A- KUN (monnaie des habitants d'Ithaque), et dans le champ un monogramme. — Neumann, Popul. et Reg. Nurn. ined., I, vi, 8, coll. de Bosset, Mèd. de Céphalonie et d'Ithaque, pi. V et p. 11. La tête d'Ulysse se voit aussi sur une médaille de Cumes, avec Scylla au revers : Raoul-Rochette , Mon, inéd., p. 253, vign.

857 a (CCXLVIII bis). Tête et buste d'Ulysse, coiffé d'un piléus ou casque conique fort riche, parmi les ornements duquel on remarque le combat d'un Lapithe et d'un Centaure; une bandelette, dont les bouts retombent, ceint en dessous la chevelure du héros ; son menton est ombragé d'une barbe touffue et frisée ; les traits de sa figure respirent l'énergie calme et forte de son âme ; sur son

EXPLICATION DÏ8 PLANCHE*. ^01

épaule gauche est jetée V égide écaillée de Minerve, avec le gorgonium et les serpents, pour indiquer la protection de la déesse ; de la main droite élevée Ulysse brandit sa lance, sans doute contre les Prétendants, après avoir épuisé ses flèches. — Camée du Cabinet de la Bibliothèque royale. Millin , Mon. inéd., I, pi. XXII, p. 201.

857 ^ (CCXLV). Buste à' Ulysse , copié d'après un marbre appartenant au lord Bristol : ses yeux expriment au plus haut degré la pénétration, l'intelligence, la réflexion, le calme et la fermeté; les mèches bouclées de la barbe et de la chevelure sont travaillées dans le goût de celles des plus belles têtes de Jupiter, avec la différence que celles-ci sont ordinairement tombantes, tandis que chez Ulysse elles se redressent d'ordinaire; une chlamyde, retenue par une agrafe, couvre ses épaules et sa poitrine; le piléus dont il est coiffé est artistement travaillé et orné de cannelures, d'une bande transversale, de figures, d'arabesques, et d'une bordure en forme de vagues.— Tischbein,F^. d'Hom*, Odyss., I.

858 (CCXLVIU). Virgile, vêtu d'une tunique longue et d'un ample manteau, est assis dans une attitude méditative, tenant à sa main le rouleau ou volume sur lequel il a tracé son Enéide; à sa gauche est un scrinium, et à sa droite une table à écrire. — Bartoli, Virgil. Cod. Bibl. Vatic. Piclurœ.

859 (CCLI). Énée vient de prendre les armes pour voler au secours de Troie, surprise par les Grecs; Creuse, son épouse, se jette à ses pieds, et le supplie d'employer sa valeur à défendre elle, son père et son fils; deux serviteurs, coiffés de bonnets phrygiens, de tuniques retroussées à manches, et d'anaxyridcs, versent de l'eau sur la tête du jeune Jule qui tient uu pédum, pour éteindre la flamme que ses parents y virent briller au même instant; le vieil Anchise lève ses mains vers le ciel étoile, priant Jupiter de confirmer l'heureux présage qu'il reconnaît dans cette flamme. — Ibid.

859 a (CCXLVI). Énée, vêtu d'une chlamyde flottante, par-dessus sa cuirasse, chaussé de bottines, porte son père Anchise sur son épaule ; celui-ci tient la cassette dans laquelle sont renferme» les pénates ; Énée en outre donne la main à son fils Ascagne,

4 02 MYTHOLOGIE HEr.OÏQUE DES GRECS, ETC.

vêtu également d'une chlamyde, coiffé d'un bonnet phrygien, et tenant un pédum. Ces trois personnages sont ici représentés en caricature et sous la figure de singes. Sur la Table Iliaque, pi. CCXXII (109), et sur le beau vase de Nola, CCXL, 3ao, cidessus, la même scène est figurée au sérieux, comme ellese voit sur un grand nombre d'autres monuments de toute sorte. — Pitt. dErcol,, IV, "368. Compar. les peint, de vases d'un style ancien, dans Micali, Allas, tav. LXXXVIII, b, et Raoul-Rochette, Mon. iriéd.f pi. LXVIII, 2, 3.

860 (CCL). Les dieux Pénates, qu'Enée avait emportés de Troie, lui apparaissent en songe, sur les côtes de Crète, où, suivant l'avis d'Anchise, il avait cherche en vain la contrée que l'oracle avait promise à lui et à ses descendants, et lui ordonnent de retourner dans son ancienne patrie; ils lui annoncent que cette patrie, dont Apollon avait parlé, est l'Italie, d'où étaient sortis Dardanus et Jasion , auteurs de la nation troyenne. Ênée est couché sur un lit; deux colonnes supportent la voûte de la chambre ; on aperçoit les étoiles et la lune, à la lueur de laquelle il avait reconnu les pénates; ceux-ci sont représentés sous deux figures entièrement voilées, dont l'une ne peut être que celle de Jupiter, l'autre semble être Vesta.\oy.t. JI, p. 4i5sq., et compar. la représentation fort différente, fig. 58o. — Iîaktolï, Virgil. Cocl. Pict.

861 (CCXLIX). Les vaisseaux d'Enée sont en proie à une horrible tempête causée par le déchaînement des Vents, que Junon avait obtenu d'Éole, en lui promettant une de ses Nymphes. Les Vents sont ici figurés à mi-corps et sans ailes, portés sur des nuages, et soufflant dans des tubes courbés ; leur front est accompagné de deux cornes; une autre figure ailée, également portée sur des nuages, espèce de Génie de la tempête, secoue des deux mains deux autres tubes, d'où semblent s'échapper la foudre et les éclairs; autour des vaisseaux et à fleur d'eau, on voit des poissons et des monstres marins. Énée , reconnaissable à l'auréole qui entoure sa tête, lève ses deux mains vers le ciel. Compar. les figures des Vents du temps classique de l'art, 529-538 ci-dessus. — Ibid.

862 (CCXLIX). Ênée et son fidèle Jchate, tenant chacun une lance,

EXPLICATION DES ?LANCHî«. 4o5

et enveloppés d'un nuage, contemplent, de la colline où il* sont placés, la ville nouvelle de Cartilage, où Didon en personne, et le sceptre en main, se multiplie, pour diriger et animer les travaux des Tyriens.-— Ibid. Il faut comparer le bas-relief fort remarquable, quoique d'un bas-temps aussi, dans ItMus. Pio- Clem., VII, 17, où l'on voit Didon montrant à Énée les merveilles de sa nouvelle ville, placée sous la protection des dieux tutélaires.

863 (CCLI). llionce et d'autres Troyens implorent la protection de Didon dans le temple de Junon : ils tiennent de longues lances; Ilionée, en qualité de héraut, a la tête ceinte d'un bandeau; d'autres sont coiffés de la mitre phrygienne et ils ont des anaxyrides ; tous sont vêtus de tuniques retroussées , par-dessus lesquelles sont agrafées des chlamydes. Didon , vêtue d'une tunique longue et d'un ample péplus, est assise sur un trône élevé; elle est coiffée du diadème et porte un long sceptre dans sa main gauche; le geste de sa droite indique qu'elle répond aux Troyens; derrière elle est une de ses suivantes (sans doute Anna, sa sœur). Dans le fond on aperçoit une haute montagne, et deux des vaisseaux d'Énéc stationnés près du rivage. — lbid.

864 (CCL). Ènée, placé à la droite de Didon, lui raconte les événements de la guerre de Troie ; il est coiffé du bonnet phrygien, vêtu d'une ample tunique à manches, et son épée est suspendue sur son épaule droite par un baudrier; Didon est coiffée d'une espèce de diadème, et vêtue d'un péplus par-dessus sa tunique longue; le personnage placé à sa gauche et qui boit, vêtu et coiffé comme Énée, est Bitias à qui Didon vient de remettre la coupe d'or de Bélus; tous trois ont deà auréoles autour de leurs têtes. U appartement, le lit, sur lequel ils sont couchés tous trois, sont richement drapés, et devant eux s'élève une table somptueuse, sur laquelle on voit un poisson dans un plat. Ueuxjeuncs garçons tiennent de grands vases, et l'un d'eux présente à Enée une coupe pareille à celle de Bitias , tandis que l'autre va remplir une coupe d'une autre forme, sans doute pour Didon. — Ibid.

865 (CCLI). Amour a pris, par ordre de sa mère, les traits et l'habit d'Ascagne, fils d'Énéc, pour enflammer le cœur de Didon;

/,o4 MYTHOLOGIE HEROÏQtJE DES GRECS, ETC.

il est vêtu d'une tunique courte , d'une chlamycTe et d'anaxyrides, coiffé de la mitre phrygienne, et il tient son arc ; derrière lui est Didon, assise sur un trône avec un marche-pied, au bas duquel se voit un poisson , probablement du nombre des présents qu'Amour avait offerts à la reine (peut-être en même temps un symbole d'amour). De l'autre côté on aperçoit le véritable Ascagne, couché et endormi sur un gazon de fleurs, devant le temple d'Idalie, où "Vénus l'avait transporté. — lbid,

866 (CCLII). Énêe et Didon se sont réfugiés dans une caverne, pour se mettre à l'abri d'un violent orage qui les a surpris à la chasse ; ils ont l'un et l'autre des brodequins de chasseurs ; leurs boucliers et leurs lances sont à côté d'eux, le bouclier de Didon pareil à la pelta des Amazones (fig. 710 et suiv.); à l'entrée de la grotte on voit leurs chevaux ; deux hommes de leur suite, armés du bouclier et de la lance, sont assis sur le rocher au-dessus, l'un abrité sous un arbre, l'autre sous son bouclier; dans le fond on voit tomber une forte pluie. — lbid.

867 (CCL). Didon, désespérée du départ d'Énée, est couchée sur le lit, dressé sur un bûcher, où elle vient de se donner la mort avec l'épée dont elle avait fait présent au héros troyen, et qu'elle tient encore de sa main défaillante ; ses femmes accourues pour assister au sacrifice qu'elle avait préparé, poussent des cris de douleur en voyant la fin tragique de leur reine; celle qui est éplorée, à la tête du lit, est sans doute Anna, sa sœur ; celle qui est au pied, la vieille nourrice de Sychée. — lbid.

868 (CCXXXVIII). Statue trouvée sans tête et sans extrémités , et restaurée comme représentant Didon, d'après celle du palais Barberini; elle est assise sur un gradin, dans l'attitude d'un accablement profond, et s'y appuie de la main droite; sa main gauche semble être placée pour tenir le poignard avec lequel elle s'est donné la mort ; son pied gauche est chaussé, tandis que l'autre est nu. — Mus. Pio-Clem.,ïl, 40, coll. B des preuves, 10.

868 a (CCXLIV). Deux Trirèmes voguent sur la mer indiquée par des dauphins ; sur celle de gauche est Didon, debout, le sceptre dans une main, étendant l'autre vers la trirème de droite, sur laquelle on voit deux figures, dont l'une, portant aussi un sceptre, doit être Pygmalion qui poursuit sa sœur fugitive ; der-

EXPLICATION BUS PLANCHES. ^oS

rière celle-ci est une petite figure , et au-dessus de la seconde trirème le char d'Astarté, divinité locale. Autour, la légende : col. met. aur. pi a sid. {Colonia metropolis Aurélia pia Sidon). Voy. tom. II , p. 247 sq. — - Médaille impériale de Sidon, frappée sous Élagabale. Vaillant, Num. in Colon percuss., II, pag. i3o, coll. pag. 252, 253 et 265, oùDidon, comme ci-dessus, 862, préside aux travaux de sa ville nouvelle,

869 (CCXXXVIII). Darès, dans une attitude menaçante, défie au combat du ceste Entelle, qui l'attend de pied ferme; ils sont tous les deux nus, et leurs bras sont armés du ceste; le taureau qui est entre eux est le prix du vainqueur. — Mosaïque de l'hôtelde-ville d'Aix. Millin, Voyage au Midi de la France , atlas,

870 (CCLI). Le héraut llionée, à la tête d'autres Troyens envoyé'* vers le roi Latinus, lui adresse la parole. Les Troyens sont vêtus de tuniques courtes, de clilamydes et d'anaxyrides ; ils portent tous des mitres phrygiennes; ils tiennent dans leurs mains des présents divers, destinés au roi. Celui-ci est assis sur un siège au bas des marches de son palais; son front est ceint d'un bandeau, marque de sa dignité; il tient une longue lance, et fait un. geste allocutoire; un des hommes de sa suite est appuyé sur le dos de son siège. Le palais de Latinus est orné d'une colonnade, de statues des dieux, et d'un fronton avec un bas-relief. On lit le nom du roi sous ses pieds , et sous ceux des Troyens , le mot Trojani. — Bartoli, Virg. Cod. Vatic. pict.

871 (CCL). Les vaisseaux d'Énée, attachés par la poupe aux rives du Tibre, sont changés en "Nymphes par une voix céleste. Cybèle avait obtenu de Jupiter que les navires qui devaient porter les Troyens en Italie, seraient métamorphosés en Néréides, pour avoir été construits avec les pins sacrés de l'Ida. Les Rutules9 Turnus et Messapus à leur tête , qui avaient voulu les incendier pendant l'absence d'Énée, reculent d'épouvante. — Ibid. Compar., pour les origines de Rome, l'arrivée d'Énée en Italie, la truie d'Albe et ses trente pourceaux, etc., les bas-reliefs de la statue du Tibre, fig. 5*3 et p. 2i5 ci-dessus, et l'autel d'Auguste au Vatican, publié par M. Raoul- Rochette, Mon. inéd., pi. LXIX.

4o6 MYTHOLOGIE HEROÏQUE DIS GRECS, ETC.

873 (CCLIV). Mars, armé du casque, du bouclier et de la lance, et vêtu d'une chlamyde flottante, est debout devant Rhéa Silviaon llia, qui parait être assise; leurs noms sont écrits près d'eux. Compar. la. fig. suiv. — Médaillon exécuté en relief sur un vase de terre rouge du Cabinet de Lyon. Caylus, Recueil, II F, 107.

873 (CCLV). Mars vêtu d'une tunique, armé d'un casque, d'un bouclier et d'une épée, emmène Rhéa Silvia enveloppée de l'ample voile des Vestales; ils paraissent descendre d'une montagne; au bas on voit, appuyé sur son urne, et relevant son vêtement, le fleuve Aniénus, où Rhéa allait chercher de l'eau pour les cérémonies sacrées; le mont. Albanus est assis sur la hauteur, tenant une branche de pin; les deux béliers indiquent un lieu agreste. — Bas-relief. Mus. Pio-CIem.,\\ 2 5.

8^4 (CCLIV). Le berger Faustulux regarde avec étonnement la louve qui nourrit Romulus et Rémus , près au figuier ruminai, sur lequel est perché le corbeau de Mars (ou plutôt le pivert)', la tête de ce dieu est dans le champ de la pierre (c'est plutôt la tête de Rome). Compar. 874 a. — Gori, Mus. Florent., II, liv, 4.

875 (CCLIV). La. louve de Mars nourrit Romulus et Rémus dans la grotte du mont Palatin appelé le Lupercal; deux bergers, coiffés du galérus et le péduni à la main, admirent ce spectacle; à gauche on voit les jambes d'une figure effacée par le temps, et qui peut avoir été le Génie de Mars. — Mus. Pio-Clem., V, 24.

876 (CCLIV). La louve de Mars, allaitant Romulus et Rémus sous le figuier ruminai, représentée comme le symbole des soldats de la

XIe légion, établie en Afrique ; près des enseignes de cette légion, placées au-dessus, on lit : l. xi. c. p. r. ( légion XIe, Claudienne, pieuse, fidèle)', Y Afrique est indiquée, à gauche, par le buste d'une femme coiffée d'un muffle d'éléphant, et accompagnée d'un scorpion , qui fait allusion à la chaleur du climat de cette contrée (fig. 577); au-dessous est le NU, emblème de l'Egypte, avec des pinces de cancer sur le front (compar. 5i8-52o) ; à droite, Y Espagne est figurée par le buste d'une femme dont la tête est ceinte d'une couronne tourelée; au-dessous on voit un trophée militaire, en avant duquel est un lapin, emblème de ce pays où il mullipliait si abondamment; tout au bas, les lettres o. e. t. t. o.. sont peut*étre les initiales des noms du préteur ou

du légat d'Espagne, d'Afrique et de cette légion.— Gorï, Ant. Et ruse. Urb., I, vi, 5.

877 (CCLVIII). Romulus, couvert d'une cuirasse, tient une lance et porte en trophée les armes du roi Acron , premières dépouilles opimes, qu'il va offrir à Jupiter Férétrien (fig. 260 a); on lit autour : romulo augusto, s. c. (à Romulus Auguste, par autorité du sénat). — Médaille frappée en l'honneur d'An toainle-Pieux, auquel le sénat avait donné le surnom de Romulus, à cause de son attachement pour les ancieus usages religieux des Romains. Ecrhel, D. N., VII, i5.

877 « (CCLVIII). Les Sabins, indignés de l'enlèvement de leurs filles, ont, sous la conduite de leur roi Tatius, attaqué les Romains; le combat s'est engagé; Hersilie, devenue l'épouse de Romulus, et les autres Sctbines , se précipitent dans le champ de x bataille entre leurs pères, leurs frères et leurs époux, et leur présentent leurs enfants; Tatius et Romulus cessent le combat. — Médaillon de Faustinc l'Ancienne. Morkll., Méd. du roi, IX, 2.

877 b (CCXLIV). Scène antérieure à la précédente, et qui fait voir Tarpéia accablée sous les boucliers des guerriers sabins qui l'entourent; au-dessus un croissant avec une étoile, pour indiquer que cette scène se passa la nuit; à l'exergue, L. TITVRI. La face, non donnée ici, offre la tête de Tatius , avec la. palme de la victoire et l'inscription SABIN , Sabinus , surnom des Titurius. — Morell., Fam. rom., p. 420.

878 (CCLIV). Romulus , vêtu de la toge, est porté au ciel par les vents et les tourbillons, figurés comme deux Génies ailés, dont l'un, qui a une barbe épaisse, indique l'orage et le brouillard au milieu desquels Romulus disparut; outre les deux grandes ailes attachées aux épaules, ils ont encore deux petites ailes sur le front, et des chlumydes, signe de leur vélocité; le ciel est représenté par le Soleil avec un disque radié, et par le zodiaque, sur lequel on voit les signes de la balance, du scorpion, du sagittaire, du bélier, du verseau, et des poissons; de l'autre côté sont les figures de cinq dieux qui représentent les planètes , et auxquels Romulus va être associé comme un nouveau Mars [Quirinus). Au-dessous de cette scène, à gauche, est un bûcher à trois es-

4o8 JKTTHOLOG1K HÉROÏQUE DES GRECS, ETC.

trades dressées l'une sur l'autre et tendues de draperies; deux aigles qui s'envolent sont censés porter au ciel Y âme de Romulus, dont les bûchers indiquent l'apothéose ; sur le plus haut des bûchers est le Génie de Romultis dans un quadrige, ce qui fait allusion à un passage d'Ovide où il dit que Romulus monta au ciel dans un char traîné par les chevaux de Mars, son père. A droite et en bas, Romulus lui-même, déifié , est figuré assis sur un trône placé sous une espèce de portique orné de colonnes, et qui repose sur un char à quatre roues, auquel sont attelés quatre éléphants harnachés; il tient dans une main une branche de laurier, et appuie l'autre sur un long sceptre ; les conducteurs des éléphants sont assis sur leurs dos; deux d'entre eux, vieux et barbus, tiennent des fers pointus et garnis de crochets avec lesquels ils paraissent diriger leur marche, comme font encore * les cornacs ; deuxautres, imberbes, tiennent des cymbales cannelées, qu'ils semblent faire sonner avec leurs mains pour régler le pas des éléphants ; un cinquième conducteur marche en avant. Au milieu du bord supérieur de ce bas-relief est le monogramme du nom de Romulus. ( C'est ici une imitation évidente, soit du triomphe, soit de l'apothéose des empereurs romains, et l'on serait peut-être mieux fondé à rapporter ce monument à tel ou tel d'entre eux, reçu au ciel par ses prédécesseurs). Voy. t. II, pag. /jO,5, III, pag. 28-3 1, et la note 4 sur le livre VII dans les Éclaircissements de ce tome. — Diptyque d'ivoire du Musée des comtes de Gherardesca. Buonarroti, Vetri antichi, p. 236. 879 (CCLV). La déesse Rome est assise sur un tr$ne dont les supports et le gradin sur lequel il est posé sont, ainsi que le grand bouclier appuyé à côté, décorés d'arabesques ; son casque romain est surmonté de deux ailes d'aigle; elle est vêtue d'une tunique blanche à manches courtes, qui lui retombe jusque sur le bout des pieds; par-dessus cette tunique elle a une prétexte de couleur d'or; un paludamentum de couleur pourpre est jeté par-dessus ces deux vêtements; une Victoire, qui tient dans une main le vexillum, dans l'autre le globe du monde, est posée sur sa main droite; dans sa gauche elle tient le sceptre; deux autres Victoires sont assises sur ses épaules, et paraissent y fixer le paludamentum, signe de la victoire. Voy. tom. II, pag. 5 19 sqq.,

III, pag. 3i , et la note 4 dans les Éclair cissei^its du livre VII. Compar. les fig. suiv. — . Peinture célèbre du palais Barberini. Sickler u. Reinhart, Almanach aus Rom, frontispice.

880 (CCLVIII). Rome, en costume d'Amazone (fig. 710 et suiv.), le casque romain en tête, est assise sur les sept collines, dans l'attitude du repos, et s'appuie sur son épée; elle a près d'elle la louve, qui allaite les deux jumeaux, Romulus et Remus, et en face le Tibre, appuyé sur son urne; à l'exergue, ROMA, et dans le champ, S C [par décret du sénat). Ibid. — Pedrtjsi, VI, 12, b.

881 (CCLVIII). Rome debout sur un autel, dans un temple soutenu par six colonnes; autour, rome ,eter.., à Rome éternelle. Ibid. — Médaille de Probus. Pembrock, III, 75, 17.

88a (CCLIV). Autel consacré à Rome et à Auguste par soixante nations gauloises, au confluent de la Saône et du Rhône. Cet autel est entre deux colonnes surmontées de Victoires qui portent des < couronnes et des palmes (375, 378) ; sur la face de l'autel deux Génies supportent une couronne placée entre deux pins; on lit dans l'exergue : rom. et avg., à Rome et a Auguste. Ibid. — Médaille de Lyon. Les colonnes du véritable autel ont été sciées en deux, et forment aujourd'hui les piliers qui supportent la voûte du chœur de l'église d'Aisnay.

883 (CCLIV). Auguste assis, vêtu à mi-corps et couronné de laurier, porte une double corne d'abondance et le lituus ou bâton augurai; Livie, avec les attributs de la déesse Rome, est assise près de lui sur le même trône décoré d'un côté d'un sphinx ailé ; elle appuie ses mains sur un bouclier, et elle est coiffée d'un casque; sa longue tunique lui couvre le sein (879), et ses pieds reposent, ainsi que ceux d'Auguste, sur un marche-pied très orné. Ibid. — Ecrhel, Choix de pierres gravées du Cabinet impérial de Vienne, II.

884 (CCLII). Le Sénat romain , sans barbe, avec cette inscription : 0EON CYNKAHTON {le dieu Sénat). Tom. III , pag. 3o sq. — - Médaille de Cypre. Seguin, Numism. sélect., 91.

885 (CCLVIII).Le Génie du Sénat romain,sous les traits d'un homme barbu, vêtu de la toge, debout, et tenant d'une main une branche d'olivier, signe de la paix, de l'autre le sceptre d'ivoire, marque distinctive des consuls; au-dessus on lit SENATVS(fe Se-

nat), et dans le Àamp, S C ( par l'autorité du sénat ). IbiJ. — Médaille d'Antonm-le-Pieux. Pedrusï, Mus. Farnes. f\ll, 1 1, 3.

886 (CCLVIII). Le Génie du peupla romain , imberbe et debout, à demi vêtu du palliuin, coiffé du modius etteuant une corne d'abondance, va faire une libation avec une patère sur un autel allumé; on lit autour : genio popvli romani (au Génie du peuple romain), et dans l'exergue : p. l. c, qu'on interprète, Pevi'.nia Lugduni cusa (monnaie frappée à Lyon), lbid. — Médaille de Constantin I, moyen bronze. Banduri, II, a.

887 (CCLVIII). Le Génie du peuple romain, barbu, vêtu du paliium comme Jupiter, assis sur une chaise curule, tient dans une main un sceptre, dans l'autre une corne d'abondance, et pose son pied droit sur le globe du monde ; il retourne la tête vers la Victoire qui va le couronner : on lit dans le champ, d'un côté, p. lentulus p. F. (Publias Lentulus, fils de Publias), et de l'autre son surnom, Spin (Spinther). lbid. — Monnaie de la famille Cornélia. Morell., Fam. rom., II, 5.

888 (CCLVIII-. Le Génie du peuple romain, figuré imberbe, debout, à demi vêtu du palliuin, couronne à son tour la déesse Rome, debout également, s'appuyant sur un long sceptre, la tête tourelée, et vêtue en Amazone (fig. 880). On lit dans l'exergue : lent. r,iAR. f. (Lentulus Marcelli films). Jbid.t — Morell., même famille.

889 (CCXLV). Galba, représenté comme le Génie du peuple ro~ main, avec la corne d'abondance derrière sa tête; le front est chauve, comme était celui de cet empereur, à qui la haine générale contre Néron fit décerner ce titre; on lit autour : genio p. r. Ibid. — Morell., Imper., II, iv, 17.

890 f CCLVII). Têtes de Ptolémée Soter, roi d'Egypte, et de Bérénice, avec la légende C-)E£1N (des dieux) ; et de l'autre côté les têtes de Ptolémée Philadelphe , fils de Soter, et à'Arsinoé , sa seconde femme, disposées de la même manière, avec l'inscription AAEA- 4>£1N (frères); chacun d'eux avait épousé sa sœur. Voy. t. III, p. 3o. — Visconti, Iconogr. gr., III, pi. 5'», n° 1.

891 (CCLIII). Tête de Marc- An toi ne, avec la légende ANT&NIOC AVïOKPATaP TPITCW TPIHN ANÂPÛN (Antoine, empereur pour la troisième fois, triumvir) ; au revers est le buste de Çlto-

EXPLICATION DES PLANCHES. 4ll

pâtre; sa chevelure, artistement arrangée, est ceinte d'un diadème, et un manteau orné de pierreries couvre ses épaules; on lit autour : BomnàEESA KAEOIIATPà 0EA NEftTEPA {la reine Cléopdtre, nouvelle déesse). Ibid. — Monnaie d'argent frappée à Alexandrie. — Ibid., n° 22.

892 (CCLIII). Tète $ Antiochus IV Êpiphane, ceinte d'un diadème; il est représenté au revers sous les traits de Jupiter Olympien, assis sur un trône, appuyant une main sur un long sceptre, et dans l'autre tenant une Victoire; des deux côtés et dans l'exergue on lit : BAIIAEm ANTIOXOY 0EOY EIIMANOYS NIKH- $OPOY (monnaie du roi Antiochus, dieu épi phane , victorieux)'^ dans le champ est un monogramme. Ibid. Cornpar. fig. a54 et 255. — Ibid., pi. /,6, n° 11.

893 (CCXVII1). Buste du roi Arsace Vil, coiffé de la tiare; sur le revers on lit autour de la figure du même roi, qui est assis sur un trône et qui tient un arc : BA2IAEH2 MErA AOY APSAKOY 0EOIIATOPO2 MKATOPOS ( monnaie du roi grand, Arsace, ayant un dieu pour père, victorieux). Ibid. — Ibid., pi. 49, n° 8.

894 (CCLII). Tête de Jules César, ceinte d'une couronne de laurier ; au-dessus est la comète, qui parut sept jours de suite à la même heure, pendant les jeux qu'Auguste faisait célébrer en l'honneur de César, et qui fut regardée comme le signe de son apothéose : au revers, la même étoile à chevelure enflammée, avec l'inscription divi iuli (astre du divin Jules). Ibid. — Gessner, Imp. rotn., III, 27.

895 (CCLVII). Dans le plan supérieur, Auguste, représenté en Jupitei\ est assis sur un trône ; dans sa main droite il tient le ïituusy symbole des auspices, dans la gauche un long sceptre sur lequel il s'appuie; un bouclier lui sert de marche-pied; sous le trône est Y aigle, et au-devant de la tête de l'empereur on voit le signe du capricorne, qui présida à sa naissance. Derrière le trône sont l'Abondance, portant la corne qui la caractérise, et ayant à ses côtés deux enfants, dont l'un tient des épis ( dans cette figure on reconnaît Agrippine, épouse de Germanicus); l'Océan à la chevelure, à la barbe épaisse ; et la Terre, couronnée de tours, voiiée par -derrière, qui pose une couronne de chêne sur la tête d'Auguste. A côlé de ce prince et sur le même trône est

assise Livie sous les traits et avec les attributs de la déesse Rome; elle est coiffée d'un casque à trois crêtes; dans sa main, droite elle tient une lance; la gauche repose sur le pommeau de son épée ; son bouclier est adossé contre son genou , et ses pieds portent sur une cuirasse. Près d'elle est Germanicus, debout et en habit militaire; et plus loin, à gauche, Tibère, vêtu de la toge, couronné de laurier, tenant dans sa main gauche un long sceptre, et dans l'autre, sans doute, un bâton de commandement, ainsi que Germanicus, qui partage son triomphe : Tibère va descendre du char triomphal, guidé par la Victoire tenant un fouet, pour se prosterner devant l'empereur, son père adoptif ; les casques des deux princes sont à leurs pieds. Dans le plan inférieur, des soldats romains, les uns légionnaires, les autres auxiliaires [socii), et quelques goujats {calories), sont occupés à ériger un trophée, auquel ils vont attacher quatre prisonniers, deux hommes et deux femmes, en costume barbare. Le scorpion sur un des boucliers qui décorent le trophée, peut se rapporter à l'horoscope de Tibère , dont le triomphe sur les Pannoniens est ici représenté, ainsi que la famille d'Auguste, dans l'année 12 de notre ère. Ibid. — Camée de neuf pouces sur huit de diamètre, et d'un travail extrêmement soigné, qui appartint jadis à l'abbaye de Poissy, d'où il fut enlevé pendant les guerres civiles et porté à Vienne en Autriche, où il se voit actuellement dans le Cabinet de l'empereur. Eckhel, Choix de pierres gravées , I, coll. Mongez, lconogr. rom,, pi. 19*.

896 (CCLVIj. Au centre paraît Tibère, figuré en Jupiter Mgiochus (264), couronné de laurier, vêtu à mi-corps d'un manteau recouvert de Y égide, s'appuyant de la main gauche sur un long sceptre, et dans la droite tenant le lituus ou bâton augurai; il est assis sur un même trône avec Livie, sa mère, représentée en Cérès, également couronnée de laurier, et portant dans l'une de ses mains des têtes de pavot. Germanicus , debout devant eux, va partir pour aller faire la guerre aux Parthes, et son épouse dgrippine , ayant aussi une couronne de laurier, l'aide à compléter son armement; à gauche, le jeune Caligula, leur fils, déjà presque entièrement armé, son casque sous l'un de ses pieds, et de l'autre foulant un cadavre, semble impatient du repos. Der-

EXPLICATION DES PLANCHES. 4l3

rière Livie, à droite, Drusus-César, fils de Tibère, debout et armé, étend le bras droit vers la scène du plan supérieur, et de la main gauche porte un trophée. Un jeune garçon, en costume asiatique, est assis près de l'impératrice au pied du trône, la tète tristement baissée, comme pour indiquer l'oppression de l'Asie qui réclame un libérateur. Aux deux extrémités sont assises deux Muses, Clio et Polymnie, prêtes à célébrer les exploits de Germanicus; la dernière a près d'elle un sphinx. Le plan supérieur représente Y apothéose d'Auguste, arrivée deux ans auparavant. Auguste, couronné de laurier, vêtu d'une chlamyde flottante, est transporté au ciel par un cheval ailé ou un Pégase, qu'un Génie ailé également, ou plutôt Y Amour, fils de Vénus, aïeule de la famille Julia, conduit par les rênes; Ênée, reconnaissable à son costume phrygien, vole à sa rencontre, tenant le globe, symbole de l'empire du monde promis à sa postérité; derrière lui est Jules - César en costume d'empereur consacré ou déifié [Divus fulius), le sceptre en main et la couronne radiée en tête, d'où descend un grand voile ; le dernier personnage qui s'avance à gauche, couronné de laurier et en tenue militaire, portant un bouclier, est Drusus, le héros de la famille, dont la mort avait précédé celle d'Auguste. Les figures du plan inférieur représentent les nations vaincues par les Romains dans l'Europe septentrionale et dans l'Asie. Ibid. — Camée dit de la Sainte- Chapelle, parce qu'il y fut déposé d'abord, après avoir été envoyé de Constantinople à saint Louis par Baudouin II; aujourd'hui au Cabinet de la Bibliothèque du roi. C'est le plus grand que l'on connaisse , ayant treize pouces sur onze de diamètre. Morand, Histoire de la Sainte -Chapelle , coll. Mongez, Iconogr. rom., pi. 26. Il faut rapprocher l'autre camée du même Cabinet, donné pi. CXLIV, 547, ci-dessus, où, sous les traits de Cérès- Thesmophore et de Triptolèrne, sont représentés Agrippine et Germanicus, versant leurs bienfaits sur les provinces dans leur voyage à Antioche.

896 a (CCLIII). Un prince, dont la poitrine est couverte de Y égide, tient dans une main une corne d'abondance , comme le Génie du peuple romain (886 et suiv.), et dans l'autre le lituus, signe de la dignité augurale ; il est porté sur un aigle qui tient dans

4t4 mythologie héroïque des grecs, etc. .

ses serres la palme de la victoire, et la Victoire elle -même lui présente une couronne. On croit reconnaître ici Germanicus ', quoiqu'il n'ait jamais eu les honneurs de l'apothéose; il se peut cependant qu'il ait été figuré ainsi, d'une manière allégorique, au temps de Caligula, son fils. Jb'ul. — Autre beau camée du même Cabine!. Académie des Inscript, et Belles- Lettres, I, 273.

897 (CCLII). Claude, figuré sous les traits de Jupiter, est assis dans un char traîné par des Centaures ; il est couronné de laurier et tient de la main droite un grand foudre; il pose la gauche sur l'épaule de Messaline , son épouse, figurée en Cérès , le front couronné comme le sien, la tête voilée par-derrière, un faisceau d'épis et de pavots dans la main gauche. Devant eux est leur fils Britannic.us, en habit militaire, tenant d'une main le bâton de commandement, l'autre placée sur son épée. Derrière Claude est sa sœur Qctavie debout, elle aussi couronnée de laurier. Les Centaures, qui jouent ici le même rôle que dans le triomphe de Bacchus, dont ils sont les servants, comme on le voit par le cratère renversé sous le char, foulent aux pieds les peuples vaincus par l'empereur, et soutiennent un grand trophée, tandis que la Victoire, planant au-dessus d'eux, présente une couronne au vainqueur. Ibid. — Ce beau camée, de dix pouces de haut, a été fait après l'expédition de Bretagne, lorsque le sénat eut décerné à Claude, l'an de Rome 796, le titre de Britannicus, qui devint commun à son fils; il a été gravé très infidèlement par Cuper, Âpotheos. Hom. p. 2o3, et il est ici reproduit d'après l'original, qui est passé d'une famille hollandaise dans le Cabinet du roi des Pays-Bas. Confér. Mongez, Iconogr. rom., pi. 29, et Jonge, Notice sur le Cabinet des médailles du roi des Pays-Bas , premier suppléai., 1824, p. i4- Le grand camée du Vatican gravé et décrit ci-dessus, pi. CXLÏV, 489, et p. 2o3 sq., offre un sujet de ce nparaison du même genre, selon toute apparence, que celui qui est indiqué fig. 896 et pag. précéd.

898 (CCLV). L'empereur Hadrien est assis sur un trône, et appuyé sur un marche-pied, comme Jupiter; il tient une patère et un sceptre. Devant lui, une figure de femme debout, vêtue d'une tunique longue avec un diploïdion, d'une main relève son voile, de l'autre porte une œnochoé : c'est Jfêbé qui va verser l'a m-

r.xrr.iCATiox des plaschf.s. 4i5

bioî^ie au nouveau dieu. La petite Jîgurc d'homme 'enveloppée dans un manteau, et qui s'avance derrière, un doigt levé, est probablement quelque Grec qui a dédié ce monument à Hadrien, soit par flatterie, soit par reconnaissance. Ibid. Compar. fig. 262 et 683. — Bas-relief. Mus. Pio-Clem., V, 26. 899 (CCLVII). Hadrien , barbu, le front ceint de lauriers , la poitrine couverte de l'égide, tenant dans une main la corne d'abondance, sur l'autre une Victoire qui lui présente une couronne, est emporté an ciel, comme un nouveau Jupiter, sur un aigle qui tient un poudra da&s ses serre*. Ibid. Compar. fig. 896 a et 900. — Millih, Pierres grav. inJd. 9°° (CGLVI). L 'empereur, assis sur un aigle, tient un sceptre ; au bas, sur un tertre, est la Terre qu'il vient de quitter ; on lit autour, consecratio (consécration). Ibid. — Médaille d'Anton iule-Pieux. Venuti, Mus. Alb., I, 27, 1.

901 (CCLV). Le Génie du monde ou de l'éternité, tenant dans une main un serpent et un globe, sur lequel on voit des étoiles et le zodiaque, de l'autre relevant son manteau qui flotte, transporte sur ses grandes ailes Antonin-le-Pieux et Faustine, sa femme. L'empereur est représenté sous les Iraits de Jupiter, avec un sceptre surmonté d'un aigle (fig. 55 1, etc.), et Faustine sous ceux de Junon, avec une couronne quadruple, un grand voile qui en descend, et un sceptre (273 a, 275, etc.); près de chacun d'eux est un aigle aux ailes étendues. Sur le plan inférieur est la déesse Rome (875 et suiv.), assise sur uu monceau d'armes enlevées aux ennemis : elle est vêtue d'une tuuique, qui laisse iesein droit découvert, et coiffée d'un casque; son épée est suspendue à son côté par un baudrier; elle s'appuie sur son bouclier, où sont figurés Romulus et Rémus allaités par la louve , et elle étend sa main droite vers le groupe supérieur, comme pour applaudir à ces nouveaux dieux tutélaires ; un trophée composé de diverses armes est à ses pieds. L'autre figure, qu'on voit en face, et qui est celle d'un jeune homme à demi couché et drapéj s'appuyant sur le bras droit, et tenant un obélisque (l'obélisque d'Héliopolis) du bras gauche, représente le Génie du Champ de Mars, où l'on dressait ordinairement les bûchers des empereurs et des impératrices. Aux pieds des deux figures coule le Tibre,

4l6 MYTHOLOGIE HEROÏQUE CES GRECS, ETC.

qui longeait en effet le Champ de Mars, et baignait les murailles de Rome. Ibid. — Bas-relief. Mus. Pio-Clem., V, 29.

902 (CCLVI). L'impératrice Julia Domna, figurée enJunon, est assise sur un paon dont les ailes sont déployées; un voile tombe de son diadème; elle élève la main droite, et dans l'autre elle tient un sceptre; on lit autour : consecratio se (consécration par V autorité du sénat). Ibid. — Médaille du Cabinet de la Bibliothèque du roi.

903 (CCLVIII). Tête de l'historien Théophanes de Mytilène, divinisé par la reconnaissance de ses compatriotes : sa chevelure est dans le costume romain, parce qu'il était devenu citoyen de Rome, et même il servait dans l'armée; on lit autour, 0EO$A- NHC ©EOC MY ( Théophanes dieu : monnaie des Mytilénéens). Au revers , une tête de femme voilée , peut-être l'épouse de Théophanes, avec l'inscription APXEAAM. (Archédama). Tom. III, p. 3i. — Visconti, Iconograph. gr., I, pi. 27, n° l\.

904 (CCIX). Portrait de Sextus Empiritus , contemporain des Antonins, et dont la patrie était demeurée inconnue ; sa barbe et sa chevelure sont dans le costume grec; on lit autour, CEECTON HPjQA (les Mytilénéens honorent le héros Sextus). Au revers est la télé d'une femme, avec la légende $AA NEIXOMAXIC MY- TIA (Flacia Nicomachis : monnaie des Mytilénéens). Il paraît que celte femme , d'ailleurs absolument inconnue , s'est distinguée par son rang ou par sa beauté, ou encore par des services rendus à sa patrie. Ibid. — Ibid., pi. 37, n° 1.

go5 (CCLVIII). Tête àe Julia P roda, qui paraît avoir cultivé la poésie avec assez de succès pour mériter d'être honorée à Mytilène comme une héroïne : ses cheveux frisés sont ceints d'un bandeau, et on lit autour, IOY I1POKAAN HP1HAA (les Mytilénéens honorent Julia Procla, héroïne). Le revers représente, comme une sorte de patronne divine des poétesses, Sappho assise, s'accompagnant de sa lyre, posée sur ses genoux. La légende contient ces mots : EIII STPA ATIOAAftNI MYT (sous le préteur Apollonius : monnaie des Mytilénéens). Ibid. — Ibid., 3.

906 (CCLVIII). Tête de Nausicaa, à laquelle les Mytilénéens paraissent avoir décerné les honneurs rendus aux héroïnes, pour son talent poétique; sa coiffure est celle de Faustine-la-Jeune ;

EXPLICATION DES PLATCCHE*. 417

on Ht atltour, NAYÇIKAAN HPHIAA (les Mytilénéens honorent Nausicaa, héroïne). Au revers on voit Sappho assise et jouant de la lyre, à peu près comme ci-dessus , avec l'inscription : EIII CTPA IEPOITA MYTIA (sous le préteur Hierœtas : monnaie des Mytilénéens). lbid. — lbid.y 4.

906 «(CCXLVIII bis).\}nejeunefemme assise sur une chaise de forme très simple, vêtue d'une tunique légère à mi-manches, serrée par une ceinture, les cheveux élégamment relevés derrière la tête, et les pieds nus croisés l'un sur l'autre , parcourt de ses doigts une grande lyre triangulaire et polychorde (trigonon, trigonos pectis, magadisf sambyce) «qu'elle tient sur ses genoux : très probablement Sappho, la poétesse et l'héroïne de Lesbos. Compar. les deux figures précédentes. — Intaille sur cristal, d'une grande beauté, publiée par M. Brôndsted, avec d'excellentes remarques sur Sappho et ses représentations figurées, pi. XXXV et p. 277-285 de sesl^oy. et Rech.en Grèce, \iw. II.

907 (CXCI). Aristomachus, reposant sous un arbre, est enseveli dans de profondes réflexions, les yeux fixés sur les abeilles qui voltigent devant lui autour d'un petit autel. Creuzer. Voy. tom. III, p. 681 sq.' — Pierre gravée, dans Leonardo Agostini, Gemma? antiq. depict., Part. II, tab. 27, coll. p. 45 (et Visconti, Iconograph. gr.% 1, pi. 21, n° 3, et p. 97 sq.).

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SECTION SEPTIÈME (livre IX ).

QUELQUES MONUMENTS CHOISIS POUR MAR- QUER LA TRANSITION DE LA SYMBOLIQUE PAYENNE A LA SYMBOLIQUE CHRÉTIENNE.

Fig. 908 (CCL1X). Antinous, favori de l'empereur Hadrien, figuré en Aristée, comme dieu des bergers, dieu-pasteur : il est coiffé d'un piléus ou bonnet, vêtu d'une tunique retroussée par une ceinture, laquelle laisse libre le bras droit, et chaussé d'une espèce de brodequins lacés, particulière aux gens de la campagne ; il tient de sa main droite une houe, et dans la gauche une branche chargée de fruits. Compar. la fig. suiv. et, pour le costume, celui des divinités champêtres, fig. 596-599 ci-dessus. —Statue du Louvre, n° a58. Dr. Clarac, Mus. de sculpt., pi. 266.

909 (CCLIX). Aristée ou le Bon Pasteur, vêtu d'une tunique courte, retroussée par une ceinture , et qui laisse nu le bras droit, la cibise ou panetière suspendue au côté, les chaussures formées d'une espèce de guêtres lacées autour des jambes, porte, comme Hermès Criophore, un bélier sur ses épaules, et il est suivi de son chien fidèle que l'on voit à ses pieds : des deux cotés croissent deux arbres. Voy. tom. III, liv. IX, coll. t. II, liv. VI, p. 675. Compar. les fig. précéd. et suiv. — Bas-relief d'un sarcophage à cannelures ondulées, qui, à en juger par le style , semble devoir remonter à la fin du second siècle et ne pouvoir être chrétien. Musée du Louvre, n° 772. De Clarac, ibid., pi. a54.

910 (CCLIX). Aristée ou le Bon Pasteur, nu, à la réserve d'un pe-

tit manteau jeté sur le bras droir, porte une chèvre sur ses épaules et un pédum ou bâton pastoral à la main ; il est placé entre les quatre figures allégoriques des quatre saisons de l'année, figures dont nous donnons ici celle qui représente la saison des fruits ou Y Automne, tenant un calathus dans une main, un thyrse de l'autre. Voy. tom. III, même livre, et compar., outre les deux fig. suiv., la fig. 628 c ci-dessus. — Bellori, Pitt. ant. del sepo/cr. de' Nason. (du temps des Antonins), tab. XXII, p. 58.

91 1 (CCLIX). Le Bon Pasteur, vêtu d'une tunique courte, retroussée, mais la tête et les jambes nues, porte sur ses épaules une chèvre qu'il retient d'une main par les pattes; deux autres chèvres sont à ses pieds, dont Tune le regarde; des arbres encadrent le tableau. Même tome, ibid. — Peinture chrétienne du cimetière des Saints Marcellin et Pierre, dans les catacombes de Rome. Bottari, Sculture e Pitture sagre, tom. II , tab. CIII.

91a (CCLIX). Le Bon Pasteur, vêtu d'une tunique retroussée, avec \\\\ manteau par-dessus, le pied droit chaussé d'une espèce de guêtre, le gauche d'un brodequin ou d'une bottine, soutient d'une main la brebis qu'il porte sur ses épaules, et tient de l'autre une syrinx ou flûte de Pan; deux brebis sont à ses pieds; de chaque côté croît un arbre. Ibid. — Peinture du cimetière de Saint-Calixte, dans les catacombes de Rome, pouvant appartenir au troisième siècle. D'Agincourt, Hist. de l'Art, Peinture, pi. VIII, 4.

9i3 (CCLX). Le Bon Pasteur, barbu et vieux, enveloppé d'un manteau par-dessus sa tunique, et s'appuya ut sur un bâton, retient par les pattes une brebis qu'il porte sur ses épaules, au milieu d'un paysage où se remarquent non-seulement deux autres brebis, mais encore quatre Génies demi-nus, figurant, par leurs actes comme par leurs attributs, les quatre saisons de l'année, le Printemps et l' Été à droite, Y Automne et Y Hiver à gauche. Même tome, ibid. Compar. l'èxplicat. de la fig. 910 , outre les fig. a5o s et 476 ci-dessus. — Peinture du cimetière de Saint- Sébastien. Bottari, tom. II, tab. LV.

914 (CCLIX). Le Bon Pasteur, vêtu de la tunique retroussée, pardessus laquelle est un manteau agrafé sur la poitrine, ayant les jambes couvertes d'une sorte de guêtres, porte sur ses épaules

/,20 SYMBOLIQUE PAOANO-CHMïTIIÏNNE.

une brebis qu'il tient par les pattes; sept autres brebis, représentant les sept communes de l'Apocalypse, sont groupées à ses pieds et semblent le regarder avec amour ; sept étoiles brillent au-dessus de sa tête, et dés deux côtés sont figurés symboliquement le Soleil par un buste d'homme à la tête radiée, porté sur des nuages, la Lune par un buste de femme avec un croissant au front et un voile éployé qu'elle tient de ses deux mains audessus de sa tête; au-dessous, et des deux côtés également, on voit la colombe , posée sur Y arche, emblème de Y Église , et une autre colombe en pendant sur une montagne; plus bas encore, Jonas, type de la résurrection du Christ, rejeté par la baleine, au bout de trois jours,fpuis reposant à l'ombre d'une cucurbite ou d'un figuier^ qui penche sur luises fruits et ses feuilles, et d'un autre arbre. Même tome, ibid. — Lampe chrétienne, d'après Bartoli, Lucern. sepulcr. , part. III, tab.XXIX. Il faut rapprocher le Ciel entouré Ôl étoiles, entre le Soleil et la Lune, sur une autre lampe donnée ci-dessus, fig. 3o4 ah et les représentations analogues de la Nuit et du Matin aux deux côtés à'Jsaïe, sur la peinture n° 333, avec l'explicat. p. 140, 149.

91 5 (CCLIX). Le Bon Pasteur, dans la seconde patrie à'Aristée, à Cyrène, sous des traits qui paraissent le rapprocher beaucoup de ce fils et représentant à' Apollon Nomios. Couronné defeuillage, et les cheveux séparés sur le front , vêtu d'une double tunique blanche, par -dessus laquelle est jeté un petit manteau rouge avec une bordure bleue, les bras et les jambes nus, sauf les brodequins légers qui couvrent le bas de ces dernières, il tient, soulevée par les pattes, sur ses épaules, une brebis à cornes, de l'espèce orientale appelée ovis Ammon ; un pédum est en outre dans sa main gauche; six autres brebis semblables se pressent à ses pieds et le regardent ; des deux côtés sont deux arbres, et tout autour du tableau, rangés en demi-cercle, sept gros poissons qui correspondent peut-être aux sept brebis (ces sept poissons n'ont pu être donnés ici, faute d'espace). Tom. III, liv. IX, passim, et liv. VIII, pag. 683. — Peinture d'un hypogée chrétien de la nécropole de Cyrène, d'après Pachô, Voyage de la Cyrénaïque, atlas, pi. LI.

916 (CCLIX) . Idole sarde que l'on peut rapprocher des figures pré-

cédentes, et qui nous a paru devoir en compléter la série, d'autant plus qu'Aristée s'était naturalisé dans l'île de Sardaigne. Elle offre, sous des traits extrêmement grossiers, l'image d'un homme, dont la tête paraît rasée et couverte d'une espèce de calotte, dont le corps est vêtu d'une tunique ou casaque longue, et qui porte sur ses épaules un bélier qu'il tient par les pattes, de même qn'Hermès Criophore et le Bon Pasteur. Voy. t. III, liv. IX, et liv. VIII, p. 685. — Bronze du Musée royal de Cagliari, publié par M. le général comte de la Marmora, Voyage en Sardaigne, atlas des Antiquités, pi. XXX, fig. i43, coll. t. II du texte, p. 327 sq. Le savant auteur, en comparant cette figurine à la suivante (916 a) et à quelques autres, notamment à la fig. i34, pi. XXIX de sa collection , incline à y voir un prêtre sacrificateur portant sur son dos la victime, bien qu'avec un doute en faveur de notre opinion.

916 a (CCLIX). Figurine, d'origine probablement sarde, portant sur ses épaules, comme la précédente, ou un bélier ou une chèvre, mais décorée, en outre, d'une écharpe en sautoir, à laquelle est attaché un poignard, qui paraît caractériser un prêtre sacrificateur. — Musée du Louvre. A. de la Marmora, Voyage en Sardaigne, tom. II, Antiquités, p. 328, coll. fig. i33, i34 et 1 36, pi. XXIX de l'atlas.

917 (CCLIX). Le Bon Pasteur, vêtu de la tunique, chaussé des brodequins , entre deux brebis qu'il ramène vers lui de ses deux mains : en haut, à gauche et à droite de sa tête, les deux caractères grecs A et n, inilium et finis. — Bulle de plomb du pape Deus dédit. Ficoroni, Piombi antichi, tab. XXIII, 3.

Nota. De cette série des images du Bon Pasteur, dans l'origine Aristée ou Apollon Nomios, se rapproche assez naturellement l'image d'O/p/je'e entouré des animaux que charment ses accents, sur une peinture du cimetière de Saint-Calixte dans les catacombes, sujet plus d'une fois reproduit sur les monuments chrétiens. Voy. fig. 64 5 a, coll. 645, et p. 276 ci-dessus; déplus, t. III, liv. IX.

918 (CCLXJ. Moïse sur la montagne, recevant les Tables de la Loi que lui tend une main- sortant des nuages, seule représentation du Père éternel que l'art des premiers temps du christianisme ait admise ; plus loin, Élie, laissant son manteau à Elisée, son dis-

4aa SYMBOLIQUE PAGANO- CHRETIENNE.

ciple, monte au ciel sur un quadrige, sous les pieds duquel on aperçoit le fleuve du Jourdain, couché et appuyé sur son urne, absolument comme les dieux des fleuves dans le paganisme. Voy. t. III, liv. IX, et compar. Isaïe , sur qui la main de Dieu darde ses rayons, fig. 333 déjàindiquée, sans parler des./7e«<w, fig. 5i8 et suiv. — Partie des bas-reliefs d'un grand et beau sarcophage chrétien, au Musée du Louvre, n° 777. De Clarac , Mus. de sculpt., pi. 227.

919 (CCLXII). Le Christ, assis sur un bisellium, et posant ses pieds sur le Ciel, figuré par un vieillard à mi-corps, qui tient un voile éployé au-dessus de sa tête , enseigne deux de ses disciples debout à ses côtés, et tenant des rouleaux ou volumes , probablement saint Pierre et saint Paul. Tom. III, ibid. Compar., pour la figure du Ciel, fig. 3o4, 3o4 a, avec Fexplicat., pag. 140 cidessus. — Bas-relief au centre delà bande supérieure du sarcophage de Junius Bas sus, lequel porte la date précise de l'an 35g. Bottari, tom. I, tab. XV, coll. d'Agincotjrt, Sculpture, pi. VI. 9ao (CCLX). Sur une espèce de tribunal élevé et construit en assises de pierre (suggestum), est assis le Christ, barbu, un nimbe ou une auréole autour de la tête, drapé à mi-corps, en Jupiter ou en Pluton, d'un manteau qui retombe à plis nombreux de son épaule gauche, étendant le bras droit, comme pour prononcer un arrêt ; à côté de lui siège la vierge Marie, vêtue en matrone, d'une tunique longue et d'un péplus qui lui forme voile, et représentant Proserpine; au bas et des deux côtés, cinq femmes voilées figurant des âmes, et dont l'une porte une espèce de tambourin, instrument des mystères, sont amenées au tribunal du souverain juge, assisté de sa mère, par un héraut , dans lequel on ne saurait méconnaître Mercure , coiffé d'un péfase, velu d'une tunique retroussée, par-dessus laquelle est une chlamyde , et tenant à la main la verge ou baguette , qui achève de le caractériser. Voy. tom. III, liv. IX, et compar. fig. 421, 554 et suiv. — Peinture du cimetière de Saint-Calixte, aux catacombes de Rome, qu'il faut rapprocher de celles qui la complètent et la confirment, dans Bottari, Scult. e Pitt. sagre, tom. III, tab. ad pag. 218, en y joignant les excellentes observations de M-Raoul-Rochette, dans son Premier Mémoire sur

S*PLlC!Af ION ÛKS PLANCHfcS. /jSH

ter antiquités chrétiennes, Acad. des Inscript., tom. XIÏI , nouvelle série, p. 1 46-1 58.

921 (CCLXj. Un héros chrétien en triomphateur, debout sur un quadrige richement caparaçonné , et tenant dans ses mains la

palme et la co«rort/?e, symboles de victoire. Même tome, ibid.

Peinture du cimetière de Sainte-Priscille, appartenant au quatrième siècle. Bottari, tom. III, tab. CLX, coll. d'Agincourt, Hist. de l'Art, Peinture, pi. VI.

922 (CCLX). Une Victoire volant, la palme et la couronne en main, dans les décorations du même tombeau. Compar. fig. 374 et suiv. — Ibid.

9^3 et 924 (CCLX). Un Pégase ailé, et un aigle perché sur un globe, tenant dans son bec une couronne de laurier, deux symboles connus d'apothéose, dans les peintures du même tombeau chrétien. A ces sujets et aux deux précédents, il faut comparer les monuments de consécration et d'apothéose, fig. 896 et suiv., ci-dessus. — Ibid.

9^5 (CCLX). Groupe à! Amour et Psyché, détaché d'un sarcophage chrétien, qui porte également le masque bachique dans sa décoration. Même tome, ibid Compar. fig. 407 et suiv., et surtout 6o3 ci-dessus.— D'Agincourt, Hist. de V 'Art, Sculpture, pi. IV ", 4 et 5.

926 (CCLXI). lïancre de salut entre deux poissons , symboles du Christ et des chrétiens ; en haut et en bas, IHCOÏC XPEIGTOC. Voy. tom. I, p. 120 sq., tom. III, liv. IX. Compar. fig. suiv. — Pierre gravée. Mamachi, Origin. etAntiq. Christian., I, p. 3i.

9^7 (CCLXI). D'un côté et sur la face antérieure, les lettres , disposées en colonne , du nom IX0YC, remplaçant le poisson, et donnant les initiales des mots iyj<roOg- X/hotô? 0soO vlqç aurnp {Jésus-Christ, fils de Dieu, sauveur); de l'autre, Y ancre de salut. Mêmes tomes, ibid. — Mamachi, ibid., p. 428.

928 (CCLXI). Le monogramme du Christ, ou les deux premières lettres combinées de son nom , X et P, avec la première et la dernière lettres de l'alphabet, A et jQ, le commencement et la fin, au milieu d'une couronne sur laquelle sont posées deux colombes, symboles de la pureté des chrétiens, dans un ensemble aussi gracieux que significatif. Ibid. Compar. fig. suiv. — Bas-

4»/» SYMBOLIQUE PAGANO-CHRKTIENNE.

relief au centre d'un sarcophage chrétien du Musée du Louvre. De Clarac, pi. 256. Consultez sur le monogramme du Christ, d'origine païenne comme les symboles précédents , et sur ses différentes modifications, l'ouvrage du docteur Fr. Mùnter, Sinnbitder und Kunstvors\ellungen der alleu Christen , I , p. 33 sqq.

929 (CCLXI). Le Monogramme du Christ au-dessus d'un vase (le vase d'élection) placé entre deux colombes tenant chacune une branche à' olivier dans son bec. Ibid.— Aringhi, Roma subterraneay II, p. 348.

930 (CCLXI). Le Monogramme du Christ, combiné avec la croix en forme de T ; en haut, des deux côtés, les lettres A et n; au centre, un serpent s'enroulant autour de l'arbre de la croix ; en bas, des deux côtés, deux colombes [soyez prudents comme les serpents, et simples comme les colombes, Matth., X, 16); à l'exergue, salus. Ibid. — Anneau chrétien, servant de sceau. Aringhi, II, 387.

93i (CCLXI). Le Labarum, surmonté du monogramme, du Christ, et posé sur un serpent [Y ancien serpent) qu'il semble écraser; au milieu, l'inscription spes publica; à l'exergue, cons. Ibid. Compar. fig. suiv. — Médaille de bronze de Constantin-le- Grand, d'après Banddri, II, pag. 21 3. Il faut comparer, entre autres, les deniers d'or de Majorien {ibid., p. 584), où l'empereur lui-même est représenté portant d'une main un sceptre terminé par une croix, de l'autre la déesse de la Victoire, et de son pied écrasant la tête du serpent.

9Î2 (CCLXI). Le Monogramme inscrit dans le Labarum placé entre deux soldats romains qui le gardent; autour, gloria exercitus. — Médaille de bronze souvent reproduite sous les princes de la famille de Constantin. Mùnter, Sinnbilder, I, tab. I, 8.

933 (CCLX). Statue en pied de l'empereur Constantin, en costume militaire, couronné de laurier, couvert d'une riche armure, d'une main s'appuyant sur un long sceptre terminé en haut par le Monogramme du Christ, et de l'autre main saisissant la garde de son épée. — D'Agincourt, Hist. de l'Art, Sculpture, pi. III, 3.

934 (CCLXI). Le Soleil, sous la figure d'un homme presque entièrement nu, la tête ceinte d'un diadème radié , élevant la main

droite, comme pour indiquer du doigt un point de sa carrière (l'époque de sa naissance, où fut fixée également celle du Christ, après le solstice d'hiver, au a5 décembre, Natales, Noël), et dans l'autre main tenant le globe du monde ; dans le champ, une croix byzantine ou grecque, à quatre bras égaux, et une étoile, de chaque côté du dieu; autour, l'inscription : son invicto comiti. Voy. tom. I, pag. 364, et tom. III, liv. IX, passim. —Médaille de Constantin-le-Grand frappée à Trêves, comme le disent les deux initiales de l'exergue, Tertia Trevirensis (offîcina). Mûster, Sinnbilder, I, tab. II, 53, et pag. 73 sqq. 635 (CCLXI). L'empereur Constance, en habit militaire, debout sur un vaisseau (le vaisseau de l'état), au gouvernail duquel est la Victoire: il tient d'une main le Labarum avec le monogramme du Christ, de l'autre le Phénix ayant la tête couronnée de rayons et posé sur un globe, symbole du rajeunissement de l'empire sous les auspices du christianisme; autour, l'inscription en ce sens : tel. temporum reparatio; à l'exergue, les lettres SHK.B. — Médaillon de bronze, d'après Banduri, II, p. 368.

936 (CCLXI). L'empereur Honorius, armé de la lance et d'un riche bouclier, sur lequel la croix est empreinte ; autour, son nom et ses titres. — Médaille de bronze. Banduri, II, pag. 499.

937 (CCLXI). La déesse de la Victoire , ailée et debout, ayant devant elle une étoile , et tenant de la main droite une longue croix latine. — Médaille d'or de l'impératrice G alla Placidia. Banduri, II, pag. 5oi.

938 (CCLXI). Une croix à quatre bras égaux, placée entre deux paons, symboles d'immortalité. Compar. fig. 902 ci-dessus. — - Face antérieure d'une urne sépulcrale inédite du quatrième ou du cinquième siècle, publiée par d'Agincourt, Hist. de V Art, Sculpture, pi. VI, 4«

939 (CCLXI). Un paon faisant la roue, au milieu d'une couronne, avec un sens analogue à celui des deux précédents. — Bas-relief d'un sarcophage chrétien. Bottari, t. III, tab. CLXXII.

940 (CCLXI). Deux pélicans, sculptés aux deux côtés d'une fleur de lotus surmontée d'une rose, et se déchirant la poitrine avec leurs becs, sur les chapiteaux des colonnes de l'église de Saint- Césaire à Rome , peut-être par allusion au sacrifice du Christ

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