I<> H E L1GION DE L INDE
et de la victoire. Il est monté sur un paon, et il porte six têtes et quatorze bras avec toutes sortes d'armes et un crâne humain : sa septième tête est cachée ; plus souvent il n'en a que six avec douze bras. C'est le héros du soleil et de l'année, comme Ganésa son frère en est le génie. Vol. I, p. 167 sq. Compar. fig. 27 et 37, 38. — ]N. Mùller, ibid. , 98.
. 40. (IV.) Ganésa méditant, et protégé par Soubramahnya, son frère; la sagesse à l'abri de la force. Compar. les fig. précéd. 37-39 avec les indications données, et voy. vol. I, p. 17a. — N.Mùller, tab. I, 159.
- 4i .(VIII). Dherma ou Dharma, forme de Siva et dieu de la justice, dont il porte la main et la balance. Il est monté sur le bœuf Nandi; sur sa tête rayonne l'œil du monde, et un peu plus haut une constellation de huit étoiles représentant ses huit régulateurs ou protecteurs. Vol. I, p. 169 sq., 246 sqq. Compar. ci-dessus, fig. 18, 27, etc., et ci- après, 42> 43. — N. Mùller, tab. II, 60.
■ 42. (IV). Dherma, dieu de la justice et de la vertu, sous la figure d'un bœuf blanc. Voy. fig. 41. — N. Mùller, ibid., i43.
v 43. (VII). Dherma-Déva , n'ayant plus qu'un seul de ses quatre pieds sur la terre, dans le quatrième âge ou l'âge actuel, Califouga. Voy. fig. 41, 42, les renvois indiqués; et confér. vol. I, p. 180, 181, et la note 6 sur le liv. 1, fin du vol. — Collection de Sami, n° i5o (ci-dessus, fig. 29).
l\[\.iy\ll).Yama, forme de Siva-Roudra et juge des enfers, monté sur un buffle et portant dans six de ses huit mains les symboles de la justice et de la vengeance; des serpens et des crânes humains lui servent d'ornemens. Vol. I, 'p. 169 et 247. Compar. fig. 26. — N. Mùller, tab. II, 61.
• 45. (VIII). Sana ou Sani, la planète de Saturne, génie analogue à Yama (fig. 44), présidant à la destinée future, à la transmigration des âmes, etc. Il a pour monture un corbeau, et porte de chaque main un trident; deux serpens qui déchirent un homme paraissent exprimer son terrible pouvoir sur la vie à venir ou sur la conscience. Vol. I, p. 170, 252 sq., coll. 23o. — N. Mùller, tab. HT, 99.
. 46. (IX). Nardyana, qui se meut sur les eaux, nom donné à Vichnou, considéré comme le principe éternel et supérieur de la création, ou à Brahmâ dans le même caractère. Ici c'est Vichnou Vatapatrastha, c'est-à-dire, flottant sur la feuille de vata ou aswattha, le grand figuier des Indes, avec les traits d'un jeune enfant, en attendant que Brahmâ, le créateur subordonné, naisse de son nombril. Vol. I, p. 177-180, 193, 223 sqq. Compar. fig. 1, 18, 47 , Moor'es H. Panth., tab. 20, etc. — Collection </<?Sami, n° 24 (ci-dessus, fig. 29).
. 47 .(IX). Fichnou-Narâyana couché sur un lit de lotus, porté par les replis du grand serpent Ananta ou Adhysêcha, qui élève au-dessus du dieu endormi ou méditant ses sept tètes formant une espèce de dais : du sein de Narâyana, richement décoré d'un collier d'étoiles et d'une couronne de pierres précieuses en forme de disque, croît un lotus qui porte Brahmâ dans son calice ; Lakchmi est aux pieds de son divin époux. Voy. la fig. avec les indications précédentes. Compar., en outre, fig. 3o et 36. — Moor'es Hindu Panth., tab. 7.
48. (IX). Matsyavatara, ier avatar ou incarnation de Vichnou, en poisson ou homme-poisson : la partie humaine est supposée bleue, le reste blanc. Le dieu porte, dans deux de ses quatre mains, le tchahra, ou soudarsana, espèce de roue enflammée, symbole de la force vivante qui pénètre et meut l'univers; la seconde main droite présente le carré mystique. Vol. I, p. i8i-i83, 193 sq. , 293. Compar. fig. 18, 20, 23, 29, etc.; Moor'es tab. 48. — Collect. de Sami, n° 1 (ci-dessus, fig. 29).
* 49. (IX). Kourmavatara , 2e avatar ou incarnation de Vichnou, en tortue : l'une de ses mains porte le tchahra; une autre élève quatre doigts, ce qui revient probablement, pour le sens, au carré que montre la fig. précéd. Vol. I, p. i83 sq., etc. Comp. Moor, ibid. — Même Collect., n° 2.
,5o.(IX). Varahavatara, 3e avatar de Vichnou, en verrat ou sanglier, pour détruire le géant Hirany-ahcha. Ibid., p. i83i85. Compar. Moor, ibid. — Même Collect., n° 3.
. 5i.(X). Narasinhavatara , 4e avatar de Vichnou, en hommelion , pour détruire le géant Riranyacasyapa. Le corps du
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dieu-monstre est blanc aussi bien que dans la figure précédente, à la différence des fig. /,8 et 49, où il est bleu, du moins en partie. Ibid., p. i85 sq. Compar. Sonnerat, pi. 3<j. — Collée t. de Sami, n° 4.
5a. (X). Vamanavatara, 5 e avatar de Vichnou, en brahmane nain, pour venger les dieux du géant BalL La figure est rouge-brun. Ibid., p. 187 sq. — Même Collect., n° 5.
53. (X). Parasou-Rama, 6e incarnation de Vichnou, en brahmane armé d'une hache (parasou) pour châtier les rois et les guerriers. La figure est verte. Ibid., p. 188. — Même Collect., n° 9.
54. (X). Srl-Rama, ou Rama-Tchandra, 7e incarnation de Vichnou, dans la famille des rois de la race du soleil, pour venger les hommes et les dieux de la tyrannie de Ravana , roi de Lanka ou Ceylan. Le héros, placé sur un lit de repos avec la blanche Sita, son épouse, reçoit les adorations de Lakchmana , son frère, des princes des singes, Sougriva , Hanouman, etc., et semble les bénir. Sa figure est tantôt bleue comme ici, tantôt verte. Ibid.,\). 188, 199. — Même Collect., n° 68.
55. (XII). Rama avec Sita, un singe de leur suite, armé d'une massue comme le héros lui-même, et Garoudha prosterné. Ibid. et p. 194 sq. — N. Mùller, tab. Il, 117.
56. (XII). Ravana, roi de Lanka, bleu ou noir, avec dix tètes et vingt bras tous armés. Ibid., et p. 2o3. Voy. fig. 54. — Même Collect., n° 117.
57. (XII). Hanouman , l'un des princes des singes, ministre de Rama, portant le vina ou luth indien, et adorant une Gandharva ou musicienne céleste, qui tient le même instrument. Un esclave, singe aussi, suit par derrière avec le samara, éventail ou fouet à chasser les monches. Vol. I, p. 20a, 260 sq. Compar. fig. 54, et ci-après, 96 bis. — N. Mùller, tab. I, ni.
58. (XI). Hanouman et ses compagnons bâtissant le pont de Rama, de la côte du Décan à celle de Ceylan, pour aller attaquer Ravana. Confér. les fig. précéd., depuis 54, et les indications ou renvois divers. — Moor'es Hindu Panthéon, tab. 53.
59. (X). Bala-Rama ou Balabhadra, incarnation, suivant les uns, de Vichnou, suivant d'autres, de Siva ; frère aîné de Cric/ma
(fig. o'i sqq.). Il porte un soc de charrue dans l'une de ses mains; sa couleur est naturelle. Vol. I, p. 189, 209. — Collect. de Sami, n° 8.
• 60. (XII). Bala-Rama, avec la peau de lion et tous les attributs de l'agriculture, lbid, — N. Muller, tab. III, i5o.
* 61. (XIII). Crichna, 8e avatar ou incarnation de Vichnou, sous la figure d'un enfant, allaité par Dévaki, sa mère, et recevant des offrandes de fruits; près de là est un groupe d'animaux rassemblés dans une espèce d'arche. La tête de l'enfant-dieu, noir, comme l'indique son nom, est ceinte d'une auréole aussi bien que celle de sa mère. On peut voir encore, dans cette belle peinture, Bouddha sur le sein de Maya. Vol. I, p. 2o5- 2ii, 221, note, 292 sq. Compar. fig. 23, 24, ci-dessus, et ci -après, 10/4. — Moor'es Hindu Panthéon, tab. 59.
» 62. (XII). Crichna enfant, monté sur un arbre et se jouant des
► Gopis, ou jeunes laitières, dont il tient les vétemens. Voy. la fig. et les indications precéd. — Muller, tab. III, i5i. . 63. (XII). Crichna, jouant de la Mie et charmant par ses accords
Pies monstres des forêts : deux de ses quatre mains tiennent le sankha et le lotus, lbid. — N. Muller, ib'uL, 1 52.
•64. (XIV). Crichna jouant de la flûte et dansant avec Radha ou Roukminiy son épouse, qui l'accompagne sur le même instrument : autour d'eux se meuvent circulairement huit couples à peu près semblables. Six musiciennes célestes, rangées trois par trois de chaque côté, forment un concert de divers instrumens. (M. Creuzer intitule cette scène évidemment astronomique : Crichna-So\e'\\ avec la Lune personnifiée, et les corps célestes se mouvant autour d'eux dans une danse harmonique). lbid., et p. 219, 260 sq. ; coll. note 11 sur le liv. I, fin du vol. — Moor'es Hindu Panthéon, tab. 63.
. 65. (X). Crichna assis et enseignant : un de ses disciples est devant lui les mains jointes. lbid., principalement p. 210 sq. — Collection de Sami, n° 1 1 bis.
-66. (XII). Crichna, conservateur et protecteur du monde, dont il occupe le centre, avec huit bras, desquels trois portent le tchakra , un quatrième une épée, un cinquième une sorte de
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sceptre formé de trois carrés posés à angle l'un sur l'autre ; un sixième, une espèce de flûte. Le dieu, couronné et richement vêtu, se trouve placé au milieu de deux carrés qui se coupent l'un l'autre en manière d'octogone, sans doute par allusion aux huit Vasous, aux huit éléphans qui portent la terre (fig. 83 sqq., et n5), etc. : ces deux carrés sont eux-mêmes enfermés dans un cercle avec quatre flammes vers les quatre points cardinaux; aux quatre points intermédiaires on voit quatre animaux représentans des quatre ordres de leur règne. Tout cet ensemble de figures, composant un grand ichahra, est une image du monde, cité du dieu, qui en est la vie et lui imprime un mouvement éternel. Ibid.} p. 21 î, 260 sq. Comp. fig. 48 et 96 bis, et Langlès, Mon. de VHind., I, p. 117. — N. Mùller, tab. I, 78.
67. (X). Calki-avatara, incarnation à venir de Vichnou (la 10e : voy. la 9e ci-après, fig. 111-114), en cheval ou. en hommecheval, etc., armé d'un glaive et d'un bouclier, pour détruire le monde à la fin de l'âge présent. Vol. I, p. 190, 265. — Collect. de S ami, n° 12.
68. (XII). Autre symbole de l'incarnation dernière de Vichnou. Ibid. — N. Mûller, tab. II, i53.
-69. (XII). Le serpent Sécha, à sept têtes, vomissant les flammes qui consument toutes choses, à la fin du quatrième âge. Ibid. Compar. , entre autres, fig. 47. — Collect. de Sami , n° 184.
•70. (XII). Lahchmi Padmâlaya, c'est-à-dire habitant le lotus : la déesse voilée répand de ses deux mains les bénédictions célestes sur la terre, où se manifestent tous les signes de l'abondance. Vol. I, p. 195 sq. Compar. fig. 23 et 71. — N. Mùller, tab. III, 102.
71 . (XII). Autre image de la belle Lahchmi avec la mitre et tenant le lotus. Ibid. — Collect. de Sami, n° 62.
. 72. (XII). Mohani-Maya, la beauté trompeuse, incarnation de Vichnou, pour enlever Xamrita ou ambroisie aux Asouras. La ravissante déesse s'élève sur la mer de lait, tenant dans sa main le précieux breuvage : près de là est le mont Mandar avec le
serpent Vasouhi. Vol. I, p. 197, i83-i85. Compar. fig. 23. — N. Mùller, 106.
73. (XII). Mahadévi, Bhoudévi, la déesse de la mauvaise fortune, en opposition avec les deux divinités précédentes : elle a pour ornemens des serpens et des têtes de mort, est montée sur un âne, et porte un corbeau sur son étendard. Ibid., p. 170, i85, 197. Compar. fig. 45. — N. Mùller, ibid., 100.
74 «(XII). Camadhenou, vache ailée qui sortit de la mer de lait, source de tous les biens : elle porte une tête humaine avec des cornes en forme de croissant. Ibid., p. i85, 198, note; 270 sq., note. Compar. fig. 23. — Collection de Sami, n° i54.
75. (XII). Radha, incarnation de Lakchmi, amante de Crichna , dans tout l'éclat de sa gloire et de sa beauté. Ibid., p. 207, 210 sq. Compar. fig. 64, 70, 71. — Même Collecta n° 126.
76. (XV). Brahmdh cinq têtes, avant que la cinquième lui eût été tranchée par Siva ou Bhairava, son fils : il tient le feu sacré et le collier des êtres; la figure est de couleur rouge. Vol. I, p. 240-244, note. Compar. ci-dessus, fig. 14, i5, 19,20, 22, etc., surtout 29, et ci-après 81. — Même Collectait0 64.
77 .(X.Y).Saraswati, Brahmani ou Brahmi , portée sur un cygne, comme Brahmd, son époux, et avec la plupart de ses attributs. Ibid., p. 244 sq. Compar. fig. précéd. et 17, 20, 22. — Même Collect., n° 69.
-8. (XV). Saraswati, jouant du vina, au milieu d'un chœur de musiciens célestes : devant elle est un livre ouvert. Ibid., et p. 261 sqq. Voy. fig. précéd. et 67. — N. Mùller, tab. TV, 109.
79 . (XV). Prithivi, déesse de la terre , souvent représentée sous la figure d'une vache : ici c'est une femme couronnée et voilée, assise sur un lotus, au pied d'un palmier; sur sa main droite est un limaçon, sur la gauche une cigogne; de ce côté-ci, un tigre avec une corbeille de fruits, un serpent et une source jaillissante; de l'autre, une vache avec une corbeille de fleurs, un soc de charrue et des ruches. Vol. I, p. 25o et passim. Comp. fig. 80. — N. M., tab. III, io3. (Les originaux de cette figure et de la suivante, consistant en deux miniatures indiennes, ont appartenu au célèbre Bailly, et ensuite au marquis de Dorset.)
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« 80. (XVI). Louki, déesse des moissons, au milieu d'un champ, tenant d'une main une faucille, de l'autre une bêche et un faisceau d épis. A sa droite est une colonne derrière laquelle se lève le soleil; au pied de cette colonne, on voit un enfant couché avec un gros ventre; un verrat paraît entre les épis, et le Lingam devant la déesse : à sa gauche est un mortier avec le bon serpent; la lune, environnée de nuages, répand sur la terre une rosée bienfaisante. Ibid. et p. i63, 186, notes. Compar. la fig. précédente. — N. Muller, ibid., io5. 81. (XVI). Dahcha ou Dakcha- Brahmâ , à tête de bélier, après avoir perdu sa tête humaine par la main de Virabhadra, fils de Siva : c'est l'un des principaux Brahmadicas ou Pradjapatis (maîtres de la création), et, à proprement parler, une forme de Brahmâ , dont il porte dans deux de ses mains l'attribut le plus caractéristique, la chaîne des êtres; une autre main fait voir le carré mystérieux. Vol. I, p. 226, 2/J0, 245, 254, 256, 261, 264. Comp. fig. 76, 37, etc. — Collect. de Sami, n° 144.
. 82. (XV). Naréda ou Narada , fils de Brahmâ et de Saraswati , l'un des Pradjapatis, Brahmadicas ou Maharchis , grand prophète, ministre des dieux, poète et musicien , inventeur du vina, et fort rapproché d'Hanouman (fig. 57). Il est représenté sous les traits d'un Mouni ou solitaire. Ibid., p. 225 sqq., 245, 254, 261. Voy. fig. précéd. et 78, etc. — Même Collection , no 188.
, 83. (XV). Indra ou Dévendra } dieu de l'éther, du firmament et des Swargas ou cieux visibles, chef des dieux inférieurs: il a le corps parsemé d'yeux, est monté sur l'éléphant Iravat, et porte diverses armes. Vol. I, p. 168, note, 198, note, 246 sq. — Même Collect, n° 96.
, 84. (XV). Indra assis sur Iravat à trois trompes, devant l'arbre Calpavrikcha ou Paridjata , sur lequel sont perchés quatre paons, dont, le dieu porte les yeux sur son corps : il tient dans ses quatre mains un lotus, un arc, une flèche et un sceptre. Ibid., et la fig. précéd. — N. Mùller, tab. III, 96. .85. (XVI). Indra voyageant sur les nuages auxquels il préside, avec le sceptre et le tchakraen main; près de lui est un chien,
symbole de la vigilance; au-dessous, Aroana conduisant le char du soleil. Ibid. et p. 25o, 256, note 2. Confér. liv. III, p. 5 18, et les deux fig. précéd. — N. Mùller, ibid., 147.
86. (XV). Viswakarma, architecte des dieux, génie de l'architecture et des arts mécaniques, méditant ou priant dans une espèce de niche : à ses pieds sont deux lions, symboles de la force ; à droite et à gauche, dans deux autres niches, deux Tchoubdaras y ses serviteurs, portant l'un le lotus avec une règle, l'autre un niveau avec une liasse d'olles; au-dessus de la niche principale, on voit un œil et une ligne perpendiculaire tombant à angle droit sur une ligne horizontale, avec quatre génies de chaque côté ; une voûte domine les trois niches et est elle-même surmontée d'un couronnement en forme de spire, où, entre deux rangées d'étoiles, se remarque le Zodiaque, dont la balance occupe le milieu. Le tout forme une sorte de chapelle consacrée au Démiurge ou à l'artisan divin. Vol. I, p. 246. — N. Mùller, ibid. , 94. (M. Mùller dit tenir ce dessin de son ami M. Mallet, qui en a donné l'analogue dans les Asiatic Researches, t. VI, p. 4^i, en décrivant les grottes d'Ellora. Conf. Langlès, Monum. de l'Hind., vol. II, pi. 64.)
87. (XV). Agni , dieu ou génie du feu, la tête environnée de flammes, ayant deux poignards dans deux de ses mains, et monté sur un bélier azuré avec des cornes rouges. Vol. I, p. 247 sq. Compar. la fig. suiv. — Collection de Sami, n° 97.
88. (XV). Agni à trois pieds (tripus), tenant dans ses quatre mains une flamme, le Tchahra ou la roue de feu, un lotus et un glaive; un triangle environné de flammes lui sert de support. Ibid. et fig. précéd. — N. Mùller, tab. II, 140.
80. (XV). Varouna, Pratcheta , Appadeva , le dieu des eaux, voguant sur un crocodile, le fouet dans une main, et dans l'autre, ou YYoni-Lingam, ou plutôt le vase iïamrita. Vol. I, p. 248. — N. Mùller, tab. I, 81.
90. (XV). Couvera y dieu des richesses, nu et à gros ventre, couché dans une grotte gardée par des serpens : une source d'eau jaillit des rochers et tombe dans les flammes qui sortent de la terre ; c'est le symbole de la production de toutes
I 8 IIRLICION DP, UNO F.
choses par le mélange des deux élémens. Ibid., a/»8 sq., et fxtssim. — N. Muller, ibid., 87.
(ji.(XV). Couvera y la couronne en tête et le sceptre en main, parcourant, sur un coursier richement orné, la terre dont il est le roi. Compar. la fig. précéd. — N. Muller, ibid., 88.
92. (XV). Vayou, Pavana, Ma routa , dieu de Pair et des vents, voguant au sein des nuages dans une nacelle légère : des ailes munissent sa couronne et ses épaules; il porte dans une main l'antilope (comme Siva), dans l'autre un glaive. Vol. T, 2/19. — N. Muller, ibid., 82.
93. (XVI). Sourya ou Aditya, Mitra, etc., le dieu du soleil et de la lumière, sur un char de parade surmonté d'un riche dais et traîné par sept chevaux que conduit Arouna , son cocher, ordinairement sans jambes. Le dieu à quatre bras porte deux Tchakras, un glaive;, et de sa quatrième main effeuille les roses dont les vives couleurs peignent son lever et son coucher. Vol. I, p. a5o sqq., et les deux Kg. ci-après. — N. Muller, ibid., 79.
94 .(XVII). Sourya, le soleil, sur son char et sept chevaux, conduit par Arouna dépourvu de jambes, et occupant le centre du Rasi-Tchakra ou cercle des signes, le Zodiaque, au milieu d'un disque dentelé qui représente ses rayons et projette huit rayons principaux vers les huit régions du monde ou les huit vents, correspondant aux éqninoxes, aux solstices et aux points intermédiaires. Entre ce cercle de lumière qui environne le soleil [a) et le cercle des signes proprement dit, sont rangées circulairement les huit autres planètes : Tchandra ou Sotnu, la Lune, ou plutôt Lunus (b), monté sur une gazelle et ayant quatre bras comme le Soleil; Mandata, Mars (c), monté sur un bélier; Boudha, Mercure (d); Vrihaspati , Jupiter [e); Soukra , Vénus mâle (f); Sami , Saturne (g), sur son corbeau; Ration ', tète du dragon, ou nœud ascendant [h); Ketou (i), queue du dragon ou nœud descendant (ces deux derniers supposés deux monstres auxquels sont attribuées les éclipses). Quant aux douze signes du Zodiaque, ils sont à très-peu près semblables aux nôtres : seulement le couple des Cerneaux est (orme de deux enfans ou jeunes j^ens
îles deux sexes, et le Capricorne est remplacé par une gazelle ; la Vierge a devant elle un feu allumé. Ibid., et note n sur le liv. I, fin du vol. Compar. les fig. précéd. et suiv. — Moor'es Hindu Panth., tab. 88.
% 95. (XVII). Sourya, le soleil, tenant de ses deux mains deux lotus étoiles; au-dessous est Arouna dirigeant le char à sept chevaux. Ibid., et les deux fig. précéd. — Statue de YIndia House. Frank, Chrestom. sanscr., p. T. Confér. W. A. Cadell, Transact. oftheR. S. ofEdinb. IX, i8i3, p. 384 sq.
, 96. (XVI). Arouni, femme iVArouna, l'Aurore des Hindous, guidant avec ses flambeaux le cheval du Soleil ailé et à sept têtes. Ibid. — Mùller, tab. III, 146.
. 96 bis. (XVII). Harouman-Pâvana, fils de Pavana-Siva (fig. 92), dans le rôle supérieur de Roudra, sous la forme d'un homme à tête de singe, occupant le centre d'une espèce de Tchakra ou roue du monde, qu'il fait mouvoir : Brahmâ est sous ses pieds, et le grand serpent Ananta forme sa couronne; il montre dans sa main le carré mystérieux. C'est l'âme universelle ou l'esprit divin qui anime toutes choses, et réside dans l'air, dans le feu, dans le soleil. Vol. I, p. 260 sq., i53 sq., etc. Compar. fig. 57, surtout 66, et passim. — Moor'es Hindu Panth., tab. 92, n° 5.
. 97. (XVI). Soma ou Tc/iandra, le dieu delà Lune et de l'humidité fécondante, sur un char de parade surmonté d'un dais orné de plusieurs étendards, et traîné par deux chevaux blancs, au lieu de deux antilopes ou gazelles; la tète et la queue du dragon forment l'avant et l'arrière du char. Le dieu porte sur sa tête un croissant dans lequel est un lotus, et dans ses deux mains deux autres lotus. Vol. I, p. 25 1 sq. Comp. fig. 94 (b) et 98. — N. Muller, tab. I, 93.
' 93. (XVI). Soma-Lum\s porté sur une oie, sa monture, symbole de la vigilance : tout près, devant une grotte, se jouent des lapins égalementconsacrés à ce dieu. Ibid. — N. Muller, ibid., 85. (Suivant cet auteur, Soma est le génie inférieur, et Tchandra, le génie supérieur de la Lune; mais je ne sais trop sur quelle autorité se fonde cette distinction.)
20 B kl i (; 10 H DE L i N DB.
99. (XVI). Ganga-Lum, déesse des eaux, tenant d'une main le Vina, de l'autre le lotus, et portée sur son élément par un poisson ou monstre marin, peut-être Macara répondant au signe du Capricorne. Vol. I, p. 9.63, et ci-dessus, fig. 25, etc. — N. Muller, tab. II, i?>3.
1 00. (XVII). Ganga, Yamouna et Saraswati, les trois Sactis de la Trimourti, représentées par le Triveni (les trois boucles tressées), où se réunissent les trois fleuves, homonymes des trois déesses confondues en un seul corps et portées sur un seul poisson. Ibid. et passim. Comp. (ig. 14, 17, etc., 99. — Moor'es Hind. Panth.y tab. 75, n° 2.
101 -(XVIII). Ragamala, tableau allégorique du système musical des Hindous, lié d'un côté à leur calendrier et à tout leur système astronomique, de l'autre à leur système hydrographique. Il faut en voir la description détaillée, avec l'explication de cette théorie mystique et religieuse de la musique, vol. I, p. 260-64, coll. note 12 sur le liv. I, fin du vol. — N. Muller in Dorow' s Morgenlœnd. Alterthûm., II, tab. II, fig. 2.
102. (XIX). Maya, la mère de l'Amour et du monde, identique avec Sacti, l'énergie créatrice de l'Etre, la grande Bhavani, au milieu du voile des préformations ou prototypes de la création, dont elle forme le tissu. Vol. I, p. 268 sqq. Comp. cidessus, fig. 2,3, i3, etc. — N. Muller, tab. I, 8.
io3.(X1X). Maya, mère de la mer de lait, matière première de toutes choses, qui s'écoule de son sein en deux ruisseaux : le voile des idées ou prototypes de la création environne la déesse richement parée 5 et de sa tète ceinte d'une espèce d'auréole partent trois rayons, emblèmes des trois qualités ou des trois personnes de la Trimourti. Idem , ibid. — IN. Muller, tab. II, i5.
io/f.(XIX). Maya avec l'enfant Cama, l'Amour, sur son sein, tou deux portés par un perroquet, monture ordinaire de ce dernier. La déesse, mère de toutes choses, a pour coiffure le voile des idées, et devant elle un étendard avec l'œil de la Providence : le dieu, son fils, tient de la main gauche son arc, dont le bois est fait d'une canne à sucre, la corde d'abeilles;
EXPLICATION DES PLANCHES. 2l
derrière lui est son carquois, ordinairement armé de cinq floches aiguës, répondant aux cinq sens; sur son étendard, surmonté d'un oiseau qui rappelle le passercalus Veneris , se voit le poisson Mina, symbole de la fécondité. Les fleurs prodiguées en ornements rappellent que le printemps et le doux zéphyr sont les compagnons inséparables de l'enfant malin. Ibid., p. 269, etc., et les fig. précéd. et suiv. Comp. en outre fig. 23 et 61. — N. Mùllkr, tab. I, 7.
io5.(XIX). Cama ou Camadeva ou Manmatha (celui qui perce les cœurs) voguant sur un poisson avec ses attributsordinaires. Cette figure est lependantde lafig.99. Ibid. — N. Muller, tab. II, i3/».
106. (XIX). Reti ou Rati, la Volupté, femme de Camadeva, montée sur un coursier fougueux et lançant un trait acéré. Ibid. et les fig. précéd. — N. Muller, tab. T, 90.
107. (XIX). Cama, l'Amour, produisant Yotma, la Force: le dieuenfant est porté sur son carquois, duquel sort un lion ; une abeiHe paraît soutenir ce groupe plein de grâce qui rappelle des allégoriessemblableschez les Grecs. Ibid., ibid. — N. Muller, ibid., 11.
108. (XIX). Yotma, la Force, représentée par un être fantastique, composé du lion , du taureau, de l'aigle et du serpent se repliant sur lui-même, produit la Bonté, Prahriti , sous la figure d'une vache qui sort de la gueule du monstre avec un essaim d'abeilles. Cette singulière image donnera lieu à d'importantes comparaisons. /&., p. 269-271. — N. Muller, ibid., 12
109. (XIX). Prakriti, la Bonté, figurée par une poule à tête de vache , donnant naissance à l'œuf du monde, Brahmanda, qui est la matière vivante, le grand phénomène , Mahanatma, Mahabhouta,etc. Ibid. et les fig. précéd.— N. Muller, tab. II, 1 3.
1 10. (XIII). Menoa et Sataroupa , ou Pouroucha et PraAriti, etc., le premier couple : l'homme et la femme unis l'un à l'autre, l'hermaphrodite ou humain ou divin, dans le vase du monde, d'où sortent des flammes d'un côté, de l'autre deux jets d'eau : Maya, dit-on, du haut des cieux, laisse flotter sur le premier couple le voile de la création. Vol.I, p. 254, note 1 ; 270, note a. Compar. ci-dessus, fig. 2. — N. Muller, tab. IV, 32.
• ïio bis. (XVI). Un bon et un mauvais génie ou ange se disputant l'âme d'un malheureux prosterné entre \ A saura ( esprit de ténèbres ) , monstre affreux , et le Soura ( esprit de lumière ), à figure humaine, mais du côté de celui-ci. Vol. I, p. 267, 280, note 2. — N. Muller, tab. I, 1 15.
. 1 1 1 .(XIII). Bouddha, fils de Maya , neuvième avatar ou incarnation de Vichnou, richement décoré et assis, dans l'attitude de la méditation , sur un trône dont le dossier forme une espèce de conque ornée de fleurs de lotus : ce trône est lui-même au milieu d'une sorte de chapelle, sur le sommet triangulaire de laquelle se voient deux génies ailés ou anges en prière. Le dieu, symbole de l'intelligenee et de la sagesse divines, porte le croissant ou le signe de YYoni sur son front ; dans sa main gauche le carré magique : il est noir comme Crichna. Vol. I, p. 293, etc. Comp. fig. 61 . — N. Muller, tab. III, g5.
. 11 2. (XIII). Bouddha, entièrement nu et assis, les jambes croisées, sur un piédestal au milieu duquel est un serpent dans un carre ou tétragone, enfermé lui-même dans une espèce d'hexagone. Le dieu fait voir sur sa poitrine et dans la paume de sa main droite, placée dans sa main gauche, deux ffeurs à quatre pétales subdivisés en huit, ce qui revient au carré divisé par une croix en quatre autres carrés : les mille têtes du serpent Sécha ou Ananta, artistement rangées et entrelacées en demicercle, surmontent sa chevelure bouclée, et lui forment une coiffure radieuse. Ibid. et passim. — Moor'es Rindu Panth.y tab. 75, 3.
» 11 3. (XIII). Bouddha , dans l'attitude précédente, avec un collier et ses cheveux frisés, surmontés de la tresse roulée, nommée yata, insigne des pénitens. Ibid. — Id., tab. 71, 1.
« 11 4. (XVII). Bouddha-Sourya ou Soleil, dans l'attitude des trois figures précédentes, entièrement nu , mais portant sept têtes, remarquables par l'expression grande, austère et immobile qui est ici caractéristique : la chevelure courte et frisée règne seulement autour du front, et au-dessus s'élèvent, pour ainsi dire, cinq sommets qu'on a pris pour des coiffures pyramidales, mais qui peuvent bien n'être que les têtes du dieu ainsi
conformées à dessein. Sur la poitrine et dans la main droite, on voit le mystérieux carré; le croissant de la Lune orne le coussin sur lequel est accroupie la figure. Ibid., et p. 286, 291. — Id.r tab. 69.
i5.(XX). Les trois ou les vingt et un mondes portés par la tortue symbole de la force et du pouvoir conservateur, reposant ellemême sur le grand serpent, emblème de l'éternité, qui les embrasse tous dans son cercle fatal. Ces mondes forment trois grandes régions subdivisées chacune en sept sphères, zones ou contrées que Ton suppose rangées en spirale ou en cercles concentriques. A,, la région supérieure, composée des sept Swargas (ou Lokas), à la fois domiciles des planètes et résidences des dieux: 1. Satya-Loka ou Brahma-Loka, domicile de Sani (Saturne) et résidence de Brahmâ identifié avec Brahm, appelée encore Lilavaikonta ; 2. Tapaloka , domicile de Frihaspati ( Jupiter ) et résidence de Brahmâ subordonné ; selon d'autres , demeure des Vairagis ; 3. Janaloka , domicile de Mangala (Mars) et résidence de Vichnou, nommée Vaikonta; selon d'autres, demeure des enfants deBrahmà; 4. Maharloka, domicile de la Lune (Sonia) et résidence de Siva, appelée Kailasa; selon d'autres, demeure de Brighou; 5. Swarloka, domicile du Soleil ( Sourya ) et résidence d'Indra, Vaivanti;
6. Bhouvarloka, domicile de Vénus (Soukra) et résidence des Devatas ; selon d'autres, l'espace entre la terre et le soleil;
7. Bhourloka, domicile de Mercure (Boudha) et résidence de Casyapa, des Vasous, etc.; selon d'autres, la terre elle-même- BB, la région intermédiaire, la terre, Bhoumi , Mritloka, avec ses sept Dwipas ou îles entrecoupées par différentes mers : «, Djamboudwipa, la terre par excellence *, l'Inde, le pays du milieu, Madhyama; b, les monts Lokalokas, qui ferment l'enceinte de la terre. CC. La région inférieure ou les enfers, les sept Patalas. Trois (plus souvent quatre) éléphans, posés sur ]a tortue, soutiennent la terre ou le monde du milieu; huit animaux semblables portent le monde supérieur, la terre céleste, Swargabhoumi. Le mont Mérou est supposé traverser et réunir les trois mondes, et c'est sur son plus haut sommet, clans la
plus élevée des sphères, que rayonne le triangle, symbole de YYo/ii et de la création. Vol. I, p. 146 sqq., et passim; surtout note 2 sur le liv. I, fin du vol., p. 582 sqq. — N. Mùller, tab. I*, d'après le dessin original d'un Brahmane.
SECTION DEUXIEME (Livre II).
. .Fig.n6. (PI. XXI). Génies des planètes, d'après le livre intitulé Dabistan, tels qu'ils étaient adorés par les sectateurs de Mahabad. a Saturne, en pierre noire, avec une tête de singe et les parties inférieures d'un verrat, tenant d'une main une espèce de sphère, de l'autre un serpent, b Jupiter, de couleur de terre, avec une triple tête de vautour, de coq et de dragon, un turban ou une bande de toile à la main droite, une aiguière de cristal à la gauche, c Mars, en pierre rouge, avec un air terrible, tenant de la main droite un cimeterre, de la gauche un fouet de fer. d Le Soleil, figure d'or représentant un homme à cheval avec deux têtes, et sur chacune d'elles une couronne de rubis à sept pointes; un sceptre d'or à la main et des ailes; un riche collier et les parties inférieures d'un dragon, e Vénus, femme avec une couronne à sept pointes, une bouteille d'huile à la main droite, un peigne à la gauche. / Mercure à la tête de verrat, au corps et à la queue de poisson, tenant une écritoire et un stylet, g La Lune ou plutôt Lunus, homme assis sur une vache blanche avec un collier de rubis dans la main droite, et une tige de basilic dans la gauche. Voy. vol. I, liv. II, p. 3io-3ii. Conf. p. 549 sq. , 683 sq. — John Malcolm, Hist. of Persia, pi. à la page 186.
117. (XXII). Tombeau sculpté en bas-relief clans le roc, àPersépolis, et qui peut être celui de Darius, fils (YHystaspes. La façade s'élève perpendiculairement et forme deux étages inégaux, soit en largeur, soit en hauteur. L'étage inférieur figure une porte
à chacun des côtés de laquelle sont deux colonnes, dont les chapiteaux sont ornés d'un double demi-bœuf unicorne. A la frise sont rangés douze lions (et non pas chiens) qui se regardent six à six, séparés par un lotus. L'étage supérieur offre un double rang de caryatides, qui représentent des guerriers en costume persan avec l'épée à droite. Aux deux flancs de chaque étage, figurent en outre plusieurs rangs de Doryphores ou piquiers, vêtus de la robe médique et la tiare en tête. Aux deux coins de l'estrade qui occupe le centre du pian supérieur de l'édifice, sont en quelque sorte enchaînées deux licornes ailées, à la gueule menaçante, aux griffes de lion, et dont les pattes de derrière sortant d'un quintuple anneau, posent sur un lotus renversé qui s'épanouit autour d'un globe formant support : deux personnages inférieurs ont les mains placées sur les deux supports. Mais tout semble subordonné à la scène que l'on voit au-dessus de l'estrade. Un personnage portant la tiare, la robe médique et une longue barbe, la main gauche posée sur un arc, l'autre élevée en signe de respect ou d'adoration, est placé sur un triple degré devant un autel que soutient une triple base et d'où sort une flamme sacrée. Entre le feu et le roi son adorateur est suspendue dans les airs, en face de ce dernier, une figure parfaitement semblable à la sienne, si ce n'est qu'elle tient un anneau et qu'elle est à demi cachée dans une sorte de couronne à deux ailes, terminée par un plumage épais : ce doit être le Ferver ou le bon génie du roi. Au-dessus du feu, un peu en arrière, plane un globe posé dans un croissant. Voy. vol. I, p. 3 14, 326 sq., 334, 34o- 342, etc.; et les notes 1, \ 3, et 7 sur le liv. II, fin du vol. Compar. diverses figures ci-après, et W. Ouseley, Travels, II, pi. XLI; Ker-Porter, I, pi. 17. — Chardin, Voyage, pi. LXVII, coll. LXVIII (modifié d'après Ouseley).
117 a et 117 b. (XXII). Symboles et ornemens des bas-reliefs persépolitains. Voy. note 7 sur le liv. II, fin du vol. I. — W. Ouseley, Travels, II, pi. XLI.
118. (XXIII). La licorne ou le bœuf unicorne, chef des animaux purs iYOrmuzd, assailli par un lion, l'un des animaux impurs
$ Ahriman. Vol. I, p. 36g sq., et surtout la note 7 sur le liv. II, fin du vol. — Bas-relief de Persépolis. Robert Ker- Porter, Travels, I, pi. 35.
• 119. (XXIII). Bœuf ailé à tête humaine, ornée d'un diadème, espèce de sphinx persan, que M. Creuzer prend (dans l'explication de la fig. suiv.) pour l'homme-lion ou le Martichoras de Ctésias, et le chef des animaux impurs & Ahriman, mais qui doit être plutôt Aboudad-Kaiomorts, l'homme-taureau, roi de la terre. Vol. I, ibid. — Bas-reliefs de Persépolis. W. Ouseley, Travels, II, pi. XLI, fig. 4. Compar. Ker-Porter, I, pi. 32, 33. .119 a. (XXIII). Même sujet avec divers accessoires, tels qu'une étoile et un croissant. — Ibid. Pierre gravée, communiquée à M. Creuzer par M. Munter. Compar. Niebuhr, Reise, II, pi. XX, et W. Ouseley, Travcls, I, pi. XXI, fig. 3o.
119 b. (XXVII bis). Bœuf abattu, orné des emblèmes du soleil et de la lune, le disque et le croissant. Vol. I, ibid., et la note 9 sur le liv. II, fin du vol. — Ancienne pierre gravée persane. Wiener Jahrbûcher der Litteratur, X, 1820, p. 256.
j 19 c. (XXVII bis). Bouc à dix cornes, paré de bandelettes. Ibid. — Ancienne pierre gravée persane. Ibid, * 120. (XXIII). Scène qui paraît représenter une espèce d'initiation. Un personnage à longue barbe, richement vêtu et armé, tenant en main un instrument symbolique, la jambe gauche découverte, et monté sur une licorne sans ailes, accroupie, adresse la parole, en élevant la main droite, à un second personnage vêtu d'une longue robe, la tête nue et sans barbe, et qui semble s'apprêter à recevoir l'instrument symbolique. De l'autre côté est un troisième personnage sans barbe, à la taille élevée, à l'attitude héroïque, vêtu et armé comme le premier et dans la même action, si ce n'est qu'il présente de la main gauche un collier ou chapelet de grosses perles, qui doit également être reçu par le personnage intermédiaire. Sur la tête de celui-ci plane la figure ailée qui paraît être son Ferver ; sur celle du premier personnage est un croissant un peu avancé (la Lune); une grande étoile à huit rayons, probablement le Soleil, brille immédiatement au-dessus de la coiffure du troi-
20 RELIGION Dli LA PERSJ-:.
sième personnage, qui porte en outre une espèce de corne, de même que celle du premier. Entre le troisième et la figure du milieu, on voit un arbre mystérieux, peut-être le Hom; entre la licorne et la même figure, cinq petits globes ; entre le croissant et le Fcrver, sept globes plus gros. Une légende en caractères cunéiformes, de la quatrième espèce connue, est devant le premier personnage; une autre, derrière le troisième : toutes deux en partie effacées. Vol. I, p. 339-344, et surtout la note 7 sur le liv. II, fin du vol. Compar. les figures précéd. et suiv., passim. — Cylindre d'agate blanche, développé. Ker- Porteb, Travels, II, pi. 80, n° 1.
1 21 .(XXI). Personnage à longue barbe et à longs vêtements, assis, la tête couverte, sur un siège à pied de bœuf. Un croissant en avant de sa tête, le sépare d'une grande figure de femme parée d'une riche tiare et dont la robe forme sept ou huit bandes autour de son corps. Elle paraît lui présenter une autre femme qu'elle tient par la main, tandis que toutes deux élèvent l'autre main en signe de respect : cette seconde figure, vêtue d'une robe différente, quoique riche, a la tête ceinte d'un simple bandeau. Une troisième femme, coiffée comme la première, mais plus simplement vêtue, avec une tunique à longs plis, élève les deux mains comme en adoration. Une double inscription cunéiforme, en caractères très-compliqués, de la cinquième espèce connue, occupe le reste du tableau. Voy. la note 7 sur le liv. II, à la fin du vol. I. — Cylindre développé, trouvé à Babylone, comme le précédent. Ker-Porter, ibid., pi. 79, n°6.
122. (XXIV). Personnage, que l'on croit être le roi, saisissant d'une main la corne unique d'un monstre à forme de griffon, qui est dressé contre lui, et de l'autre lui enfonçant un poignard dans le flanc. L'attitude aussi ferme que calme du héros contraste fortement avec l'attitude violente et convulsive de l'animal ahrimanien. Vol. I, p. 339 sq., et surtout la note 7 sur le liv. II, fin du vol. — Bas-relief de Pcrsépolis. Rer-Porter, Trcwels\ I, pi. 52, coll. 53.
122 «. (XXVII bis). Trois groupes svmboliques successifs, ana-
logues au précédent, et représentant : le premier, un personnage mitre à longue barbe, domptant un taureau furieux qui se dresse en bondissant, et qu'il saisit par la corne et par le pied; les deux autres, un héros à face terrible étouffant un lion monstrueux dressé contre lui. Derrière le bœuf est une espèce de plante ou d'arbuste. Vol. I, p. 34o, 375 sq., et les notes 7 et 9, fin du vol. — Cylindre de Babylone.KER-PoRTER, Travels, vol. II, pi. 79, n<> 5.
.122 b. (XXVII bis). Deux groupes analogues au précédent. Un personnage mitre lie deux taureaux qu'il a domptés et dont les pieds de devant ont disparu : un autre personnage demi-homme, demi -taureau, espèce de centaure , semble retenir par des liens magiques un lion fantastique qui s'élance, peut-être contre le taureau opposé. Idem, ibid. — Cylindre de Babylone. Ker- Porter, ibid*, n° 4«
1 ?.3. (XXIV). Personnage à longue robe avec quatre grandes ailes étendues, de la barbe, et une coiffure symbolique égyptienne : probablement un lzed ou un héros divinisé. Une triple inscription cunéiforme, en trois différens caractères, est au-dessus de sa tête. Vol. I, p. 342, 374, et la note 7 sur le livre II, fin du vol. Corn par. ci-après, pi. XLIV, 186 <?, etc. — Bas-relief d'un pilier à Morghab , crue l'ancienne Pasargades. Ker-Porter, vol. I, pi. i3.
124 et 124 #. (XXIV). Ized ou ange céleste, avec quatre ailes d'épervier, une riche armure et une parure non moins riche, saisissant dans l'attitude de la force, de ses deux bras à demi étendus, les cous de deux autruches qui paraissent dressées contre lui, mais détournent la tète avec un mouvement convulsif. Une inscription cunéiforme, probablement double, occupe le reste du tableau. Compar. fig. 120, 122, 123, et les renvois au texte et aux notes qui y sont indiqués. — Cylindre de jaspe rouge avec son développement, publié par le Dr Donow, Morgenlœndische Jlterthûmer, I, tab. I.
1-24 b et 124 c. (XXVII bis). Pierre gravée, taillée à faces et formant cachet. L'une des faces représente un chien assis dans une attitude expressive; sur une autre paraissent des caractères
3o RELIGION DE LA. PERSE.
cunéiformes compliqués. L'empreinte offre un personnage, peut-être un prêtre, enlevant un oiseau de la taille d'une oie, qu'il saisit d'une main par le coq ; de l'autre, il s'apprête à le frapper avec un instrument. Vol. I, ibid. — Compar. la fig. précéd. Ker-Porter, II, pi. 80, n° 2.
125 et 125 a. (XXII). Deux personnages placés dos à dos, l'un surmonté du croissant, portant un diadème, une longue barbe, une riche ceinture, ayant sur la poitrine et dans les mains divers symboles peu connus; l'autre qui paraît s'éloigner avec une hâtive précaution , espèce de monstre demi-homme et demi-oiseau, ayant entre les deux ailes une étoile à nombreux rayons et portant de l'une de ses mains une sorte de boîte. Une figure à quatre tiges ou branches, probablement une plante, est entre les deux personnages. Une inscription cunéiforme de la quatrième espèce les sépare sur l'autre face. Compar. fig. 120, 121, etc.; et voy. surtout la note 7 sur le liv. II, fin du vol. I. — Cylindre de porphyre avec son développement. W. Ouseley, Travels, II, pi. 37.
126-129. (XXV). Parties supérieures ou chapiteaux, et fragmens divers de colonnes persépolitaines. La plupart des chapiteaux sont mutilés, 128, 128 a; ils sont formés de plusieurs, ordinairement de trois pièces distinctes, dont la figure 127 offre le type le plus parfait; ils paraissent, en outre, avoir été surmontés d'animaux symboliques, tels que le double demi-bœuf, fig. 126, la licorne (compar. fig. 217), etc. Le lotus entre pour beaucoupdans ladécoration, soit des chapiteaux, soit des bases de ces colonnes, fig. 129; mais je ne trouve nulle part ces prétendues flammes, ces globes, demi-globes, etc., dont parle M. W. Gell, non plus que les hiéroglyphes du feu et de l'eau. Vol. I, p. 370 , et note 7 sur le liv. II, fin du vol. — Ker-Porter, Travels, I, pi. /»5, et le texte, p. 633 sqq. ; coll. Ouseley, II, pi. XLI e\ p. 258. Nieruhr, t. II , pi. XXV. Le Bruyn, t. IV, p. 3o6 sq., et pi. 144. Chardin, etc., etc. i3o.(XXV). Porte des lions àMycènes. Bas-relief représentant deux lions fort mutilés, dressés sur l'architrave, en face l'un de l'autre, et appuyant leurs pattes de devant sur un socle qui
porte une espèce de colonne renversée, avec divers ornemens que M. Creuzer regarde comme symboliques, et relatifs, ainsi qufe les lions, au plus ancien culte de Mithras-Persée. Voy, vol. I, p. 368-377 , et les notes 8 et 9 sur le liv. II, fin du vol. — W. Gell, Jrgolis, pi. 8-10.
3i .(XXVI). Mit/iras ou Mithra immolant le taureau à l'entrée d'une grotte mystérieuse: un chien, un serpent, un scorpion une fourmi, concourent à l'action. A la droite du dieu, dans la partie supérieure du tableau, on voit le Soleil figuré par une tête d'homme, et tout près un oiseau qui semble contempler la scène principale; à gauche, la Lune figurée par une tête de femme dans un croissant. Vol. I, p. 354 sqq., et les notes Set 9 sur le liv. II , fin du vol. — Bas-relief de la Villa Albani. Zoega., Bassi rilievi antichi, II, 67.
1 3?, .(XXVI). Mithra sur le taureau, qu'il immole avec un glaive remarquable par deux tètes d'oiseau qqi surmontent la poignée; le chien, comme dans la figure précédente; le serpent couché , le scorpion seul. Â droite et à gauche du dieu, sont deux ministres vêtus comme lui, et tenant chacun un flambeau dressé; l'un d'eux semble, en outre, porter la main sur les épis qui terminent la queue du taureau. L'oiseau , qui paraît être un corbeau, est 'placé un peu au-dessus de ce personnage. Du
tmême côté, on voit le Soleil s'élevant au sommet de la montagne, supposée former la grotte, dans un char à quatre chevaux que précède un enfant avec une torche dressée : du côté opposé descend la Lune dans un char à deux chevaux , précédé d'un autre enfant avec une torche renversée; entre les deux astres, sur la tête de Mithra, paraissent trois arbres. L'inscription qui distingue ce monument est unique. Compar. les figures précéd. et suiv. Voy. vol. I, ibid. — Bas-relief de la Villa Borghese, trouvé dans la grotte souterraine du Capitale. Montfaucon, Antiq. expliq.,\, pi. CCXVII, 1. i32 a. (XXVII bis). Mithra égorgeant le taureau : à sa droite, audessous de l'image radieuse du soleil, un génie abaissant son flambeau; à gauche, au-dessous de la lune, un autre génie élevant le sien. Le corbeau, le chien, le serpent, le scorpion,
32 K KL Mi ION DE la PERSE.
comme dans les figures précédentes. Au-dessus de la grotte, en face du corbeau, on voit un lion ; plus haut encore, dans une espèce de frise, un bélier et un taureau; au bas, une frise également symbolique, mais fort endommagée. Aux deux côtés sont deux bandes distribuées chacune en six compartimens, et formant douze tableaux relatifs aux épreuves des Mithriaques. Vol. l,ibid., et surtout note 9, fin du vol. — Bas-relief trouvé à Mauls en Tyrol, actuellement dans le Cabinet de l'empereur d'Autriche. Seel , Mithrageheimnisse , i8a3 , tab. XIX, coll. XX.
1 33. (XXVII.) Monument demi - mithriaque, demi - sabazien. Le tableau se divise en deux plans, qui représentent deux actes successifs du sacrifice : Mit/ira joue le principal rôle dans le premier; un prêtre dans le second. Il faut remarquer la figure qui tient la queue du taureau, et le lion placé derrière elle en sens contraire. Vol. I, p. 365 sq. , et surtout la note 9 sur le liv. H, fin du vol. — Bas-relief trouvé à Ladenburg sur le Neckar, entre Mannheim et Heidelberg. Actn Academ. Theodoro- Palatin., t. I, tab. II, n° 3.
i33 a. (XXVII bis) . Mithra-Herciûe, nu, et le casque surmonté du disque du soleil, en tète, assommant le taureau (presque entièrement effacé) avec la massue: le chien semble l'assaillir luimême par derrière en s'adressant au bras qui va frapper. Vol. I, ibid. , ibid. — - Monument découvert à Salzbourg. Wiener Jahrb. X, p. a56.
1 34. (XXVII). Mitra-femme, ou Venus-Victrix ailée, prise ordinairement pour la Victoire, égorgeant le taureau comme Mithras dans les précédentes figures : au-devant est une sorte d'autej chargé d'offrandes. Vol. I, p. 374-376, et la note 9 déjà indiquée.— Bas-relief en terre cuite. British Muséum , Lond. 18 18, pi. XVI, n°i6.
SECTION TROISIÈME (Livre III).
• Fig. i35, (PI. XXVIII). Sacre d'un Pharaon par Hermès et Osiris.
tLe jeune Pharaon, reconnaissante au serpent urœus, symbole de la royauté, est debout, les bras pendans, entre deux personnages divins, Osiris à sa gauche, Hermès à sa droite, qui répandent sur sa tête l'eau consacrée, et lui donnent ainsi l'initiation royale. Creuzer. Voyez vol. I, liv. III, p. 4i3. Conf. note 2, § 2, sur le même livre, à la fin du vol. (Le dieu à tête d'épervier est Thoth, dieu grand, seigneur suprême, comme porte sa légende rectifiée, dans la première colonne d'hiéroglyphes placée au-dessus de sa tête : c'est Hermès trismégiste, ordinairement peint en bleu. Le dieu à tête d'ibis est
»ThôoiU ou Thouti ou Thoth, seigneur des divines écritures, également d'après sa légende rectifiée et complétée : c'est Hermès deux fois grand, peint en rouge et plus souvent en vert. Le roi purifié par l'eau sainte entremêlée des symboles de la vie divine et de la bienfaisance, doit être l'un des Ptolémées. Conf. note 10 sur le liv. III). — Bas-relief du portique du grand temple de Philœ ou Philes. Description de l'Egypte, Antiquités, Planches, vol. I, pi. 10, 2.
« i36. (XXVIII). Un Égyptien, peut-être un prêtre (avec la coiffure
1 Pour le petit nombre de sujets dounés et expliqués par M. Creuzer, uous avons fidèlement conservé ses explications, en les développant et les accompagnant de nos propres observations placées entre parenthèses. Nous nous plaisons à répéter que nous devous presque tout en ceci aux découvertes et aux savaus travaux de M. i'.hampollion le jeune
.^4 U E T. I Ci 1 () N D E l' II GY1' 1 1.
symbolique qui exprime la domination sur la région inférieure), élevant des mains suppliantes : devant lui est Hermès à tête d'ibis, tenant une longue règle dentelée d'un côté et qui se recourbe à son extrémité supérieure terminée par trois branches réunies, sur laquelle il est prêt à marquer un degré avecson roseau ou stylet. En face du dieu, l'on voit Osiris à tête humaine, assis et tenant d'une main la croix à anse ou la clef du Nil (symbole de la vie divine), tandis que de l'autre il paraît soutenir l'instrument métrique porté par Hermès, ou lui indiquer le degré à marquer (il est coiffé du P.schent, emblème de la souveraineté sur la région supérieure et la région inférieure). Derrière lui est Isis, mère de l'Egypte (le vautour qui forme sa coiffure est l'emblème de la maternité), concourant de ses mains élevées à la prière de son adorateur. Scène relative à la future inondation du Nil et à la hauteur de ses eaux, d'où dépend la fertilité du pays. Creuzer. Voy. vol. I, p. 398 sqq., et passim. Conf. notes 4, 5, 10 sur le liv. III, fin du vol. (Cette scène, d'une nature toute différente, paraît se rapporter à la fixation d'une année déterminée, dans le cours d'une période panégyrique, exprimée par le sceptre dentelé auquel est suspendu le caractère symbolique panégyrie. Le dieu est Horus, et non point Osiris. Vol. I, p. 811, 81 3.) — Bas-relief du temple de l'ouest à Philes. Descript. de l'Egypte, Antiq., PL, vol. I, pi. 23, 1.
37. (XXIX). Isis assise, allaitant son fils Horus debout et déjà grand. Devant eux est un prêtre (ou plutôt un roi), leur faisant une offrande de lotus. Derrière paraît Hermès, le scribe sacré, à tète humaine, dans la même action que représente la précédente figure. Une quatrième divinité tenant un sceptre terminé par le calice d'un lotus, et de l'autre main la croix ansée, porte une grande feuille sur la tète. Même scène que ci-dessus. Creuzer. Vol. I, ibid. (Voy. nos observations sur la fig. i36. Ajoutez aux citations note 6, p. 8-28, 835. La déesse, et non point le dieu, qui tient le sceptre annuaire, est Bubastis , fille d'Isis et sœur à'Horus. L'autre divinité parèdre, qui porte le sceptre ordinaire des déesses, est Saté ou Sati, fille de Ré,
inscription dont on reconnaît encore les principaux élémens dans les hiéroglyphes défigurés qui composent la première colonne placée au-devant de la déesse. Le personnage royal est : le seigneur du monde, Autocrator [V empereur) y fils du soleil, maître de la terre, Tibère César, toujours vivant, sens complet des deux cartouches hiéroglyphiques^ avec leurs accessoires, qui accompagnent son image, et dont le second se trouve répété dans la grande colonne à droite.) — Galerie du temple de l'ouest à Philes. Descript. de f£g., ibid.} pi. 22, ai.
i3y a. (LU). Le dieu du Nil avec la tige de lotus et la corne d'abondance d'où sort un enfant ; devant lui trois autres enfans debout ; à côté, un sphinx couché : tous attributs du fleuve d'Egypte. Creuzer. Vol. I, p. 398 sq., etc. — Médaille d'Alexandre Sévère. Zoega, Numi JEgypt. imperat., tab. XVI, 7.
1 38. (XXX). Isis allaitant Horus enfant ou Harpocrate, assis sur ses genoux : derrière et debout un personnage femelle, coiffé, comme la déesse, du vautour que surmonte le globe entre les cornes de vache flanquées de deux urœus , et tenant d'une main le sceptre- lotus, de l'autre transmettant au dieu-enfant le symbole de la vie divine ; plus loin et s'unissant à cette action, une déesse à tète de lion avec une coiffure très-compliquée, formée des cornes de bélier, de celles de bouc, du globe entre les cornes de taureau, le tout surmonté d'une espèce de mitre terminée par un globule. Compar. ci-dessus fig. i36, 137, et les renvois indiqués. (Les deux déesses prolectrices paraissent être Jthor et Tafné; celle-ci forme de Neith : voy. note 6 s. 1. 1. III). — Bas-relief du sanctuaire d'Hermonthis. Descript. de l'Ég., Antiq., PL, vol. I, pi. 96, 3.
i38 a. (LII). Isis (ou plutôt Jthor) assise sur une chaise au-dessus de laquelle sont posées deux huppes, emblèmes de l'amour filial (plutôt un vautour, symbole de la maternité, et un épervier, symbole du soleil) : la déesse présente le sein à son fils Horus enfant ou Harpocrate , armé de la massue [Hercule- Harpocrate ou Semphoucrates). Sur une table est un vase mystique surmonté d'un serpent, double symbole exprimant la force toujours nouvelle de la nature dans le principe humide.
.)(> RaiilOIOH pu L Egypte.
diKuzbR. Vol. I, p. 400 sqq., et notes 4, 5, G, etc., sur le liv. III, f. v. — Médaille d'Antonio le Pieux. Zoeoa , Numi Egypt. imp.t tab. X, 1.
1 5H b, (LU). Anubis tenant d'une main le jeune Horus -Harpocrate, et de l'autre un vase ou seau. Creuzer. Vol. Iyibid., et p. 435 sqq. (Thdout, ou Hermès Cynocéphale, et Anebo ou Anubis à tète de chakal : voy. note 10 sur le liv. III.) — Pierre gravée. Dactyliotheca Stoschiana, éd. Schlichtegroll , II, tab. 17, f. n3.
i38 c. (LUI). Vase mystique sur un trône richement sculpté et décoré : deux oiseaux, qu'il est difficile de déterminer, semblent le tenir sous leur garde. Vol. I, p. 404, 4 «5, 4^6, 819. Compar. fig. i38 a, etc. — Médaille de Marc-Aurèle. Zoega, Num. Mgypt. imper., tab. XIII, 17.
i3o.(XXX). Horus ; adolescent avec une chevelure tressée en corne de bélier, et armé du fouet ou fléau, symbole de la domina lion, paraît sortir du calice d'un lotus épanoui, emblème du Nil et de la vie également inépuisables. Lus, placée en face, lui tend la main droite comme pour l'aider; derrière, une seconde déesse, Nephthys, lui présente la croix ansée qu'il va bientôt saisir. Vol. I, p. 4oo sqq., 4o°> etc., 812 sqq. — Bas-relief du temple d'Hermonthis. Descript. de CÉg., Antiq., PI., vol. 1, pi. 95, 1.
1^9 a. (LII). Harpocrate avec le fléau et le doigt sur la bouche, en signe de mystère, assis sur un lotus. Creuzer. Compar. la ligure et les indications précédentes. — Pierre gravée. Dactylioth. Stosch.y II, tab. i5, f. 93.
1^9 b. (LUI). Le Soleil- Osiris sortant d'un arbre. Creuzkr. Compar. fig. 139 , et vol. I, p. 391, 406. — Pierre gravée. Pietro Vivenzio, Gemme antiche, Roma, 1819, tab. VIII.
1 (O.(XXXI). Une femme, avec une coiffure de tiges de lotus, chante un hymne sacré en s'accompagnant de la harpe aux attributs à'Isis, devant cette déesse assise, le sceptre-lotus et la croix ansée dans les mains : derrière elle est Horus ou Harpocrate adolescent, une guirlande de fleurs autour de la tète et portant la main vers sa bouche. D'après Creuzer. Vol. I,
EXPLICATION DES PLANCHES. 5j
)». ,o(i sqq., 4?5 sq.; et notes, j). 8i2sqq.,826sq., 835, 847, etc. (La déesse assise est Athor ou Hathor, c'est-à-dire la maison d'Hor ou Horus figuré par l'épervier, son symbole, dame du ciel, fille du Soleil, comme doit porter la légende hiéroglyphique. La musicienne est probablement aussi une déesse, et sa coiffure l'emblème ordinaire de la région inférieure de l'Egypte. La légende d'Horus le nomme Horsiesi,t\m veut dire Hor, fils d'Isis, seigneur des régions du monde.) — Sculptures du temple de l'ouest à Philes. Descript. de l'Êg., Jntiq., PL, vol. I, pi. ^3, 3.
• i/,o a. (LU). Harpocrate avec son geste ordinaire et portant la mas-
sue comme Hercule, monte un bélier sur le front duquel est un globe. Creuzer. Vol. I, p. 402, et surtout notes 4 et fy fin du vol. Compar. fig. i38 a. — Médaille d'Hadrien. Zoega, Numi vEgypt. imp.y tab. IX, 4-
• \!\0 h. (LII). Figure de femme enveloppée d'un long voile et le mo-
dem ou boisseau sur la tête, portant un doigt vers sa bouche, et de l'autre main tenant une massue (peut-être plutôt une idole iY Harpocrate) : devant elle est un autel sur lequel, entre autres offrandes, on voit trois pommes, par allusion aux trois saisons de l'année égyptienne. Scène probablement relative aux mystères d'Hercule-Harpocrate. Creuzer. Compar. fig. 1 38 «, 1.40 a. Voy. vol. I, p. 426, etc., et surtout notes 4 et 5, fin du vol. — Médaille égyptienne-alexandrine d'Hadrien. Eckhel. Syllog. I JSum. vet. anecdot., tab. VI, 16. Confer. tab. XIII, 9 , et Zoega, Nùm. imp. jEgypt., p. 214 et tab. IX, 1.
• 1 /, i . (XXXII). Sur un lit artistement couvert d'une peau de lion, est
étendue une figure d'homme, qui semble dormir, la tête appuyée sur son bras droit. Un oiseau chimérique ayant une tête humaine avec une coiffure symbolique, et portant un puissant phallus, plane au-dessus de cette figure, que l'on croit être Osiris-Nil près de son réveil, vers le solstice d'été, où il va reprendre une vigueur nouvelle. Deux femmes, Ylsis céleste et Ylsis terrestre, comme on les explique, se tiennent debout l'une à la tête, l'autre au pied du lit, avec la sollicitude de l'attente. Derrière la première de ces déesses est un double r;:ng de
38 RKMGIOiV DE I, EGYPTE.
Mois personnages, ceux du milieu ayant des corps de femme et des têtes de serpent; ceux de devant, des corps d'homme et des têtes de grenouille ; les deux autres, placés en arrière, Thotk ou Hermès à tète d'ibis, et, à ce qu'il semble, Harpocrate avec ses jambes collées l'une à l'autre et son aspect roide et immobile. A l'extrémité opposée, l'on voit également deux rangs de figures d'hommes à tête de grenouille, et de femmes à tête de serpent, portant, comme leurs pareilles de l'autre côté, des chaussures à tête de chakal. Immédiatement derrière la déesse qui se tient au pied du lit, un homme à tête d'épervier est sur le point de frapper d'une massue un nain à tète de lièvre (aucuns disent à tète d'âne), garrotté et qu'il saisit d'une main par les oreilles. Après ce sacrifice, expiatoire et symbolique, de l'animal odieux qui s'enfuit aux approches de l'inondation du Nil, tandis que. les serpens d'eau et les grenouilles sont rejetés par le fleuve dans les déserts, séjour des chakals, un personnage humain (non pas un prêtre, mais un Pharaon) fait une offrande de deux vases ornés de bandelettes. Au-dessus de ce bas-relief, qui représente la grande scène au réveil d'Osiris et le retour fécondant du Nil, règne une frise composée de divinités mâles accroupies, d'éperviers symboliques et de légendes (cartouches) hiéroglyphiques. Le bas-relief est lui-même chargé d'hiéroglyphes qui malheureusement n'ont pas tous été copiés. Crkuzkr, d'après MM. Jollois et Devili.iers. Vol. I, p. 396- 402, 41 3, 417 sq., 507, et les notes 4? 5, 6, i5 sur le liv. III,. f. v. (Le dieu qui plane sur la figure couchée est Amon-Ra ou Ammon-Sole.il, générateur et régénérateur; la déesse de la tête du lit est bien lsis ; mais la figure opposée est celle de TSephthys ou Nephthè, l'une représentant l'Egypte arabique ou orientale, l'autre l'Egypte libyque ou occidentale. Le dieu pris pour Harpocrate paraît être Phtha ou Phtah, le Démiurge, place à l'orient, et ayant au-dessous de lui le scribe sacré Thôout ou Thoth second. Les déesses à tête de serpent et les dieux à tête de grenouille ne nous sont point connus, et nous ne pouvons lire leurs légendes. Le personnage à tète d'épervier est Horus, ou l'un des siens, frappant Typhon personnifié dans l'un des-
. KXP I- I C AT ION DES PLANCHES. 3o,
animaux qui lui sont consacrés, lièvre ou âne. Quant au Pharaon, la légende qui surmonte sa tète dans un encadrement peu ordinaire, assez semblable à l'un des symboles du premier Thoth ou à' Hermès trismégistc, porte un nom que nous ne nous hasarderons point à lire, et qui, non plus que les noms ou prénoms renfermés, soit dans les deux cartouches placés en avant, soit dans les deux autres trois fois reproduits à la frise supérieure, où on les voit alternativement protégés par l'épervier sacré d'Hermès et par l'image accroupie de Phtha, ne se retrouve dans aucune des légendes royales interprétées jusqu'ici par notre savant Champollion : mais peut-être cette première légende contient-elle un nom divin, plutôt qu'un nom royal.) — Bas-relief du petit temple au sud du palais de Karnak. Descript. de fÉg., Antiq., PL, vol. III, pi. 64; et le texte, vol. II, p. 273 sqq.
1 4 1 0. (LU). Un lion portant sur son dos la momie d'O.v/m privé de la vie : Anubis à tête de chien, ou plutôt de chakal, semble la protégerde ses bras étendus. Compar. la fig. précéd., et ci-après, fig. 181. Vol. I, ibid., et p. 442, coll. note 10, fin du vol. — Pierre gravée. Caylus, Recueil d'Antiquités, tom. IV, pi. XIV.
142. (XXXIII). Un dieu à tête de crocodile, assis sur un trône, le sceptre et la croix ansée dans les mains, avec une coiffure symbolique formée du modius, d'où sortent deux cornes de bouc, supportant un globe, et deux longues et larges plumes ou palmes flanquées de deux urœus. Derrière est un autre dieu debout, remarquable par la tunique longue et étroite qui enveloppe et serre son corps depuis le cou jusque sous la plante des pieds, et de laquelle s'échappent à peine ses dei\x mains tenant le sceptre ordinaire, combiné avec la croix à anse et avec cette espèce de colonne à quatre tablettes ou corniches, que l'on appelle nilomètre ; de plus, le fléau et le crochet : sa tête coiffée d'une calotte qui s'adapte étroitement au crâne, et que ceint une bandelette ou un diadème, est surmontée d'un disque considérable placé sur un croissant (compar. fig. i5o, 177). Un roi s'avance vers le crocodilocéphale, portant une riche offrande. Vol. I, p. 4i-8sq., 49° ^ ci les notes 1, § •>., p. 756,
,jO RELIGION DE L É G Y I» TE.
5 et 6' sur le livre III, f. v. (Le dieu crocodilocéphaie, ordinairement pris pour Typhon, est Souchos ou Saturne, dont le nom rectifié Sovk, et terminé par un crocodile, son représentant, se lit dans la quatrième colonne hiéroglyphique en avant de sa tête. Le dieu au disque dans le croissant, mal à propos regardé comme Harpocrate, est loh, Ooh Piioh ou Pook, ou encore Ioh~ en-sou, Ooh-en-sou, Lunus ou le dieu Lune. Le monarque est : le Seigneur du monde, dieu Évergète, approuvé par Phtah,
IMAGE VIVANTE d'AmON-Ra, fils du Soleil, PtOLMES, TOUJOURS
vivant, chéri de Phtah : légende de Ptolémée Évergète II.) — Portique du grand temple à Ombos. Descript. de VEg., Antiq., P/.,vol.I, pi. 43, 19.
i43. (XXXII). Un crocodile portant sur sa tête le globe du soleil avec Yurceus dressé : symbole du premier dieu décrit dans la figure précédente, Sovk. Un personnage, dans la posture de l'adoration, tenant d'une main le fouet, emblème de la puissance, offre de l'autre au dieu-crocodile les trois premiers attributs portés par le second dieu, Piioh, et qui appartiennent également au dieu Phtha ou Vulcain. Derrière l'animal divin, un autre animal non moins divin, non moins symbolique, le serpent urœus, coiffé du globe ou disque et muni de deux ailes étendues en avant, entre lesquelles s'élève un sceptre ou plutôt un étendard avec les emblèmes de la victoire, est dressé sur une espèce de vase ou de coupe. Voy. les indications de la fig. précéd., et p. 507 sqq., rectifiés par la note i5, vol. I. Compar. fig. i63 ci-après. — Basrelief d'Esné ou Latopolis. Descript. de l'Ég., Antiq., PL, vol. I, pi. 82, a.
1 44. (XXXIV). Osiris-Apis à tête de taureau, portaut d'une main le sceptre des dieux bienfaisans, de l'autre le signe de la vie céleste. Vol. I, p. 396, 407, 498 sqq., et les notes 4 et 5 sur le liv. III, f. v. — Figure détachée du zodiaque d'Esné, ci-après, pi. XLVIII, 191.
145. (XXXIV). Isis-Athor à tête de vache, coiffée du vautour, symbole^de la maternité, au-dessus duquel s'élève le disque entre les cornes, surmonté d'une mitre formée de d*'ux feuilles
ou plumes. La déesse, mère et nourrice, tient sur ses genoux un jeune enfant portant un globe sur la tète, et qui doit être Horus. Compar. fig. i37, i38, i38 #, 140, elc.; voy. vol. I, p. 407, 5i2 sqq., et les notes 5 et 6 sur le liv. III, f. v. — Montfaucon, Antiquité expliquée, t. II, pi. CV, 3.
«46. (XXXIV). Athor, la mère universelle, coiffée du disque entre deux cornes de vache, en avant desquelles se dresse Yurœus, qui pend aussi aux oreilles de la déesse. Athor ou Hathor (la demeure cosmique à'Hor ou Horus) rcctricc de la région supérieure du monde^ comme porte la légende hiéroglyphique qui est au-devant d'elle, parée de sa chevelure nattée que ceint le diadème, d'une riche tunique à nombreux losanges renfermant des hiéroglyphes, et d'un collier orné d'émaux, auquel tient par derrière un appendice terminé par une sorte de roue, de la main droite porte en avant l'espèce de sac replié sur luimême, en forme de fer à cheval, qui tient également à son collier, et de la gauche accueille le Pharaon défunt placé en face d'elle. Ce Pharaon , reconnaissable à Yurœus , qui distingue les rois et les dieux, ainsi qu'à son costume non moins caractéristique dans sa magnificence, est le fils de Ré et de Saté, le serviteur de Phtah , Ousirei (sens des deux cartels ou cartouches renfermant le prénom, et le titre ou surnom et nom propre du roi, que l'on voit au-dessus de sa tête), le même que Y Achenchérès 1 de la XVIIIe dynastie de Manéthon, qui vivait probablement dans le XVIe siècle avant J. C, et pour lequel fut creusé, bâti et décoré le célèbre tombeau découvert à Thèbes par le courageux et infortuné Belzoni. Ce groupe est tiré d'une scène des peintures de ce magnifique monument. Voy. les indications de la fig. précéd., et de plus la note 2, §§ 2 et 3, et la note 1 1 sur le liv. III, f. v. — Voyages de Belzoni, atlas, pi. 18.
147. (XXXV). Isis ou peut-être Athor, coiffée du vautour et des cornes qui embrassent le disque, et portant dans ses mains les symboles de la bienfaisance des dieux et de la vie divine; deux grandes ailes de vautour sont repliées autour de sa tunique. Voy. les fig. et les indications précéd. — Bas reliefs
4 2 n j: I, I G I O N de l'égtpt i:.
de Déridera. Descript. de l'Ég., Antiq., PL, vol. IV, pi. 16.
1/18. (XXXV). Figure de femme à comparer aux précédentes, mais qui pourrait bien être celle de la déesse correspondant au dieu Ioh ou Ooh, à la fois Lunus et Lnna (Ilithyia?) : elle est coiffée, comme lui, du disque dans le croissant, emblème de la Lune, d'où pend de chaque côté Yurœus ; sa chevelure est superbe; une tunique parfaitement transparente et dont on aperçoit seulement la bordure inférieure, laisse voir les belles formes de son corps. Voy. notes 4, 5 et 6 sur le liv. III, f. v. Confér. ci-dessus, fig. 142, et ci-dessous, i5o. — Hypogées de Thèbes. Descript. de l'Ég., Antiq., PL, vol. II, pi. 46, 7.
149. (XXXVII). Isis coiffée simplement du vautour à ailes déployées et portant deux bouquets de longues tiges terminées par des épis : une offrande de lotus et d'épis tressés en guirlande est placée devant la déesse, qui n'a d'autre vêtement qu'une ceinture. Compar. les fig. précéd., où les renvois sont indiqués. — Bas-relief de Keft ou Coptos, probablement du dernier style. Descript. de VÊg., Antiq., PL, vol. IV, pi. 1, 7.
i5o. (XXXV). Tête ordinairement prise pour celle à'Horus, mais qui paraît être plutôt celle du dieu Pooh, Piioh ou simplement Ioh, Lunus ou la Lune mâle, caractérisé par le disque placé dans le croissant, par la tresse de cheveux en forme de corne de bélier, enfin par Yurœus, coiffé du globe. Tous ces attributs, qui le rapprochent singulièrement de la déesse représentée au n° 148, l'assimilent aussi à quelques égards au roi des dieux, Amon-Ra. Confér. fig. 142, 177 ; et voy. notes 4, 5 et 6 sur le liv. III, vol. I, p. 807, 812, 83o sq. — Hypogées de Thèbes. Descript. de l'Ég., Antiq., PL, vol. II, pi. 92, 4-
i5i . (XXXII). Bubastis embrassant Horus, comme on l'explique vulgairement (selon nous, Bouto ou Latone embrassant Osiris : la déesse porte pour coiffure la partie inférieure du Pschent, symbole de la domination sur la région inférieure du monde et de l'Egypte; le dieu, sa mitre ordinaire). Voy. notes 4, 5 et 6 sur le liv. III, vol. I, p. 8o5, 812, 826 sq. — Thèbes, basrelief de Louksor. Descript. de l'Êg., Antiq., PL, vol. IIÏ. pi. j4, 2.
i5i a. (LU). Typhon combattant avec Diane (Bubastis) changée en biche ou plutôt en cerf. Creuzf.r. Vol. I, p. 418. Conf.
nos remarques dans la note 5 sur le liv. III, p. 814 sqq.
Pierre gravée. Dactyliotheca Stoschnia, éd. Schlichtegroll, tab. 22, n° 126.
i5i b. (XXXVII). L'ichneumon, animal consacré non-seulement à Hercule, mais à Latona-Bouto, sa nourrice. Vol. I, p. 496 sq. ; et la note 6 sur le liv. III, p. 826 sq. — Médaille de Létopolis. Descript. de VÉg., Antiq., PL, vol. V, pi. 5tf, 4i.
i5i c. (XXXVII). Figure de femme portant sur sa main ou l'ichneumon ou plutôt la musaraigne consacrée à Latona-Bouto, peut-être aussi à Diana-Bubastis. Compar. la fig. précéd., et voy. surtout notes 5, 6 et 1 5 sur le liv. III, pr 814, 826. — Médaille de Bubastus. Descript. de l'Êg., Antiq., PL, vol. V, pi. 58, 28.
1^2. (XXXVI). Phtha-Socharis, ou Phtah-Snkari , à tète d'épervier, avec une espèce de mitre, emblème de la domination sur la région supérieure, surmontant les cornes de bouc, emblème de la génération. Le dieu, qui porte le fouet et le bâton augurai, a pour parèdre Athor,son épouse, coiffée du vautour avec le globe entre les cornes, et tenant d'une main le signe de îa vie divine, l'autre main élevée en signe de protection. Devant le céleste couple est un autel chargé d'une barque symbolique, contenant une arche avec divers animaux sacrés entre lesquels se distingue l'épervier du soleil, reconnaissable au disque qu'il porte en tète. Un monarque à demi vêtu d'une peau de panthère, au-dessus duquel est une légende divine dans un encadrement à peu près pareil à celui que nous avons remarqué fig. 141 , mais dont la légende royale n'a point été copiée, tient une corde attachée à l'autel. Derrière lui, élevés sur des supports terminés en forme de serpens, paraissent successivement une coiffure symbolique propre au dieu Sovk, fig. 1 42, un vautour, un épervier, un ibis, une gazelle et un chakal. Ces animaux, ainsi que la scène de l'autel et le couple divin qu'ils précèdent, font face à un second personnage royal coiffé du Pschent et offrant l'encens. Vov. notes 5, 6, i5 sur le liv. III,
44 RELIGION DE LE G Y Pli.
fin <lu vol. I. — Bas-relief de la galerie de l'est à Phi le s. De cript. de l'Ég., Antiq., PL, vol. I, pi. i3, 4.
1 53. (XXXVI). Un personnage ayant une triple eoiffure formée d'un bonnet surmonté du Pschent, emblème de la domination sur les régions supérieure et inférieure; un second personnag coiffé du symbole de la région inférieure tant du monde que d l'Egypte, et qui doit être un monarque, comme le prouve les cartouches royaux placés au-devant de lui; une femm probablement sa royale épouse, portant sur sa tête deux grandes plumes, s'avance en présentant diverses offrandes, vers trois divinités dont la première doit être /*/*, distinguée par le trône qui s'élève au-dessus du globe enfermé par les cornes de vache; la seconde Osiris, avec son bonnet ordinaire; la troisième Djom, Gom ou Sem, l'Hercule égyptien, suivant M. Champollion, mais suivant nous, Sou ou Soou^ c'est-àdire Pi-Zeous, le dieu de la planète de Jupiter, un Amman subordonné, ayant en tête le disque planétaire, surmonté de deux longues plumes ou feuilles semblables à celles qui forment souvent la coiffure du premier Ammon. Tous trois portent éga lement, d'une main le sceptre des dieux bienfaisans, de l'autre le signe de la vie divine, et semblent à leur tour s'avancer pour faire accueil à leurs adorateurs. Restent à expliquer les deux enfans qui précèdent, coiffés de la partie inférieure du Psclient, et offrant chacun aux royales personnes un symbole différent, le premier une croix, le second un globe dans un croissant : M. Hirt, qui, dans les deux premières divinités caractérisées plus haut, voit Vénus et Mars, tient en conséquence ces deux enfans pour les deux Amours que reconnaissaient aussi les Égyptiens, adorant le Soleil comme un troisième. Voy. notes \, 5 et 6 sur le liv. III, fin du vol. I. — Bas- relief du grand temple à Dendera. Descript. de l'Ég., Antiq., PL, vol. IV, pi. 14, 3.
54 .(XXXV). Tête à'Athor aux oreilles de vache, coiffée de l'édi (ice emblématique exprimant l'univers, et posée, comme elle se voit souvent, sur une coupe richement ornée, symbole d<i l'humidité féconde qui a produit toutes choses. Vol. I, p. /,o',,
5i2$qq., et note 6 sur le liv. III. Conipar. tig. 145, 146, etc. — Tête symbolique continuellement reproduite aux chapiteaux, frises et corniches des temples d! Athor, particulièrement à Dendera. Descript. de l'Ég., Antiq., PL, vol. IV, pi. i5.
■ 5/| a. (LUI). Tète d'Isis ( Isis - Athor) coiffée comme la vache, dont elle porte à la fois les cornes et les oreilles: trois étoiles l'environnent. Creuzer. Vol. I, p. 3o,3, 439, 5i3; et les notes sur le liv. III, p. 8o5, 812, etc. Compar. la fig. et les indicat. précéd. — Pierre gravée. Dactyliotheca Stoschiana , vol. II, tab. 8, n<> 42.
i54 b. (LU). Athor avec la colombe (ou plutôt l'épervier). Creu-
tzER. Vol. I, p. 5i3, et la note 6 sur le liv. III. Compar. cidessus, fig. i38 a, 146, etc. — Médaille d'ATHRiBis. ZoftGà, Num. Mgypt. imper., tab. XXI, n<> 8.
. ( XXXVII ). Mendès-Schmoun ou Aman générateur, le Pan égyptien, debout avec le phallus en érection : le dieu , mutilé du reste, semble n'avoir qu'une jambe et qu'un bras, et ce bras levé va saisir le fouet dont le Soleil créateur stimule la Lune ou plutôt Lunus. Son corps est entièrement bleu; sur sa tête est la coiffure habituelle d'Amon ou Amon-Ra, formée de deux longues plumes de diverses couleurs; une longue bandelette en descend et tombe jusqu'aux pieds; à la barbe tressée sous le menton, on reconnaît le mâle par excellence; un riche collier pare son cou, et sur sa poitrine brille le plus sacré des symboles, le globe ailé investi des urœus, emblème de la divinité irrévélée, de la suprême intelligence, du dieu caché, âme de la nature, d'Eicton, de Thoth trismégiste, d' Amon-Cnouphis '. Une petite figure est prosternée en adoration, aux pieds du dieu; une autre debout est occupée derrière: plus loin, une espèce de châsse surmontée de deux éperviers, symboles de la lumière. Vol. I, p. 499 sq. , 446, 4°-5 sq. , 5o8 , 52i ; et les notes 6, 10, i5 sur le liv. III. — Bas-relief de Karnak à Thèbes. Descript. de l'Ég., Antiq., PL, vol. III, pi. 36, 5. 55 a. (XXXVII). Personnage barbu avec une coiffure symbolique, appuyé d'une main sur un sceptre et de l'autre tenant un bouc, image vivante de Ptin-Mendès. Compar. la fig. et les in-
iJ6 UELIGION 1)£ LE G Y PI F.
dicat. précéd. — Médaille gréco-égyptienne de la ville de Mendès. Descript. de l'Êg., Antiq>, PI., vol. V, pi. 58, n° 26. i55 b. (LU). Autre image du dieu Pan, moins caractérisée. — Médaille de Panopolis. Zoega, Nurn. Mgypt. imper., tab. XXI, 20.
1 56. (XXXVII). Vieillard assis et jouant d'un instrument à cordes : le caractère de sa physionomie et sa coiffure le rapprochent naturellement d'une des principales ligures du n° suivant. Nous voyons ici Phtha, le Démiurge, inventeur des arts et de la musique en particulier, organisant toutes choses par sa divine harmonie. Vol. I, p. 408, 5ïo sqq.; et les notes 5 et 6 sur le liv. III. — (Bas-relief à Dandour. G au, Antiquités de la Nubie, pi. 24, n° 1.
157. (XXXIX). Entre deux légendes hiéroglyphiques, contenues dans des encadremens, on voit trois figures très -diversement caractérisées : celle du milieu est Harpocrate assis sur le lotus^ et la face tournée vers le créateur Kneph ou Agathodémon, le bon esprit ; derrière paraît Typhon, le mauvais esprit, avec la tête d'un crocodile, le corps d'une laie et des mains humaines. Creuzeu. (Le vieillard barbu, nain à gros ventre et à face bizarre, portant une coiffure de plumes, est plutôt Phtha- Vulcain, le Démiurge et l'artisan céleste ; l'enfant accroupi sur le calice d'un lotus, tenant une main élevée vers sa bouche, et la tête surmontée d'un disque orné de Yurœus, est Phré- Hélios, son fils, qui figure peut-être ici le Soleil levant ; quant au monstre, ce doit être Typhon, ou quelque autre des enfans de Sovk crocodilocéphale, en rapport avec le couchant. Les quatre figures à tête d'épervier, coiffées du Pschent, adossées de chaque côté à trois ornemens terminés par une fleur de lotus que couronne un globe, représentent Aroéris ou Horus tenant le signe de la vie divine. Les légendes royales des deux cartouches sont le nom et le prénom avec les titres de Ptolémée Êvergète II, déjà expliqués sous le n° 142 ci dessus). Vol. I, p. 496, 5o8, 520 sqq. ; et les notes 4, 5 et 6 sur le liv. III. — Frise du Typhonium d'Edfou (Apollinopolis Magna). Descript. de VÈg., Antiq., PL, vol. I, pi. 63, 5.
• 1 57 a ou bis. (LU). Un Cabire nain, avec le marteau et le cro-
KXl'LICATION DES PLANCHES. fa
chet ou sceptre recourbé dans les mains: au revers un bœuf. Creuzer. Compar. les fig. i56, i57 et 172 a; et voy. vol. I, p. 5 19-5 21, 817, 829. — Médaille d'argent communiquée à M. Creuzer par M. Munter.
.167 u. (XXXVII j. Osiris et Horus (ou peut-être Phré, le Soleil, père de tous les deux) sortant du calice d'un lotus et environné de tiges de la même plante. Creuzer. (Vis-à-vis, le Phënix, s 'élevant au-dessus d'une sorte de coupe, également portée sur des lotus; une étoile à cinq branches est placée entre les pattes de l'oiseau du Soleil qui semble, en outre , avoir des bras humains; deux autres étoiles, d'une forme différente, se voient à la fois aux côtés du Phénix et à ceux de l'astre du jour renaissant. Il y a certainement ici un double rapport à Sot/us- Sinus, l'étoile caniculaire, et au renouvellement des temps, par le cours du Soleil , dans la période Sothiaque.) Vol. I, p. 406, 436 sqq., 472 sqq. ; et entre autres, la note *3 sur le liv. III. — Frise à Keft ou Coptos. Descript. de l'Ég., Antiq., PL, vol. IX, pi. 1, 9.
07 b. (XLVIII). Le Phénix, tel qu'il est décrit dans la figure précédente , mais encore mieux caractérisé par l'aigrette et le plumage ; auprès, l'étoile de Sothis. Vol. I, p. 472 sqq. — Basrelief du temple d'Antœopolis. Descript de l'Ég., Antiq. y PL, vol. IV, pi. 38, 9.
1 5 8. (XXXVIII). Cnouphis- Nilus - Agathodémon , le Jupiter - Nil ou le Nil céleste des Egyptiens, — Noute - Phen ( le dieu qui se répand), seigneur de l'inondation (exprimée parles trois lignes brisées suivies d'un vase), Amon-Ra, — comme porte la légende symbolico-phonétique inscrite dans la deuxième colonne d'hiéroglyphes, placée devant le personnage à tête de bélier. Le dieu, dont les chairs sont bleues , assis sur un riche trône, est coiffé des cornes du bouc générateur, surmontées d'un disque et d'une mitre flanquée de quatre urœus, à titre de Soleil, roi -des rois : il tient dans ses deux mains le signe de la vie divine et le sceptre des dieux bienfaisans; deux emblèmes répétés plusieurs fois dans le soubassement du trône, ainsi que le caractère symbolique signifiant maître
48 11KLIGION DE l' K G Y V 1 t.
ou seigneur, La déesse parèdre qui l'accompagne est Anouke. dame du ciely YEstia des Grecs, la Vesta des Lutins : son corps est habituellement peint en rouge, et sa tunique semble parsemée de petites flammes; deux grandes cornes flanquent son bonnet formé de la partie supérieure du Pschent, et Xurœus se dresse en avant ; d'une main elle tient la croix ansée, de l'autre le sceptre à fleur de lotus des déesses ; au soubassement de son trône sont sculptés septdeces oiseaux chimériques, regardés comme les images du Phénix (ty. 157 « et b), et audessous l'hiéroglyphe déjà signalé. Un roi que sa légende deux fois reproduite dans les sujets précédens, 157 et 142, nous fait reconnaître comme Ptolémée Evergète II, offre aux deux grandes divinités la cassolette d'encens: son vêtement militaire et surtout sa coiffure ornée de divers emblèmes divins et royaux, sont extrêmement remarquables; une espèce de corne autour de son oreille le voue, en quelque sorte, au dieu criocéphale. La bande azurée, parsemée d'étoiles, qui règne audessus de cette scène, est une image de la voûte céleste. Vol. I, p. 408, 5i4 sqq., et la note 6 sur le liv. III, p. 824 sq., 835, 848, etc. — Bas-relief peint sculpté sous le portique du grand temple de Philes. Descript. del'Ég., Ânliq.,PL, vol. I, pi. 16, 1. 1 b'9 . (XXXIX). Ammon-Kneph ou Cnouphis à tête de bélier avec les cornes de bouc et une coiffure de plumes ou de feuilles. Le dieu étend les ailes dont il est muni, ainsi que ses deux bras, l'un tenant la croix ansée, l'autre une espèce de mât, avec une voile enflée. Suivant M. Hirt, il porte la clef du Nil, comme seigneur de l'inondation; la voile, comme inventeur et protecteur de la navigation, et les ailes comme moteur des vents annuels ou étésiens , qui, soufflant du nord , avaient , dans l'opinion des anciens, une grande part au débordement du fleuve (Ueber die Bildung der JEgypt. Gottheit, p. i5). Un épervier criocéphale, comme le dieu lui-même, portant aussi des cornes de bouc surmontées d'un grand disque, et peutêtre ayant trait au renouvellement de la lumière dans le bélier, paraît devant Amman : quatre personnages accroupis suivent l'animal sacré, le premier encore criocéphale et tenant une
espèce de plume; les trois autres à tète humaine et armés du fouet, du sceptre à tête de coucoupha et de la croix à anse. Compar. la fig. précéd. et ajoutez aux renvois, vol. I, p. 5o2, sqq.; notes 2, § i, 8, i3 et i5 sur le liv. III. — Sculptures du grand temple à Dendera. Descript. de FÉg., Antiq.t PI., vol. IV, pi. 19, coll. 26, f. 8.
160. (XXXIX). Déesse que l'on est, au premier abord, tenté de comparer au dieu de la précédente figure : elle déploie ses vastes ailes de vautour, tient d'une main le crochet ou bâton augurai, de l'autre une espèce de feuille, et porte sur sa tête un disque qu'embrassent les cornes de vache; un autre disque ou globe semble s'échapper d'entre ses ailes. Ailleurs, au lieu de la feuille et du crochet, elle tient la croix ansée et le sceptre à tête de coucoupha. M. Hirt voit en elle Isis, maîtresse de l'inondation du Nil, directrice et motrice des vents étésiens. Pour nous, nous la croyons une divinité d'un ordre supérieur à Isis, qu'elle accompagne et paraît protéger dans certains monumens : elle se rapproche naturellement de plusieurs figures de déesses peintes sur le couvercle de la caisse de momie, pi. XLV, 182, et qui représentent soit Saté ou Sati, épouse à'Ammon, comme dominatrice de la région inférieure, soit Netpé ou Netphé, la Rhéa égyptienne, mère à* Isis et d'Osiris. Vol. I, p. 4°3> et surtout notes 6 et 12 sur le liv. III. Comp. ci-dessus, fig. 137, et ci-après, Pexplieat. de la
pi. XLV Thèbes, tombeaux des rois. Descript. de l'Ég., Jn-
tiq., PL, vol. Il, p. 92, 2 ; coll. 85, 2, et vol. I, pi. 95, 8.
160 a. (LU). Isis Pharia avec la voile et le sistre : vis-à-vis la tour de Pharos. Voyez les notes 8 et i5 sur le liv. III, vol. I, p. 847, etc. — Médaille égyptienne d'Hadrien. Zoega, Num. JEgypt. imper., tab. VIII, n° 16; coll. VI, 9.
161 .(XXXII). Dieu à tête de lion, vêtu en guerrier, portant une
arme, et qui doit être ou XHercule ou le Mars égyptien, fort rapprochés l'un de l'autre, soit par leur caractère, soit par leurs attributs. Djom, Gom ou Sem-Hercule, \efort par excellence, avait le lion pour symbole, aussi bien que Mars et Horus, les deux autres dieux guerriers. Vol. I, p. 420 sqq., 428,
5 O K B h I G |0 N PB L* K G Y P I J:.
433, 471, surtout 52o; et les notes 5, 6 et i5 sur le liv. III, f. v. — Bas-reliefs deDendera. Descript. de l'Ég., Antiq., PL, vol. IV, pi. 25, 2.
161 a. (XXXVII). Guerrier armé de la lance, le casque en tête, et portant, sur sa main étendue, un lion, emblème de la force. Type grec du Mars égyptien, dieu de Paprémis. Voy. la fig. et les indicat. précéd. — Médaille de Léontopolis. Descript. de l'Ég., Antiq., PL, vol. V, pi. 58, 27.
1 62 . (XL). Neith ou la Minerve égyptienne à tête de lion, comme gardienne et protectrice : elle est assise et tient dans sa main le symbole de la vie divine; le cercle de rayons qui ceint sa tête la caractérise en outre comme déesse de la lumière. Vol. I, p, 5io,sq. , et la note 6 sur le liv. III, p. 828. Compar. fig. 164, et ci-dessus, i38. — Statue de granit, des ruines de Karnak à Thèbes. Descript. de VÉg., Antiq., P/., vol. III, pi. 48, f. 2.
1 63. (XXXIX). Le serpent-lion égyptien, Kneph-Phtha ou Phanes, ou encore Hercule (la révélation première du dieu caché Ammon; le fils de Jupiter). Creuzer. Compar. ci-dessus, fig. i43; voy. vol. I, p. 5o8 sq., 520, et les notes 6 et i5 sur le liv. III. — Bas-reliefs de Dendera. Descript. de VÊg., Antiq., PL, vol. IV, pi. 23, 3.
164 «(XL). Neith léontocéphale assise à la manière égyptienne et protégée par les ailes déployées d'un épervier, image vivante de son fils, Phré ou le Soleil, tenant dans ses serres le symbole de la victoire. Le divin couple occupe le haut d'une estrade à six degrés, divisée en deux compartimens ; le premier nous présente la légende même de la déesse, mère et trois fois reine, exprimée par une femme assise sur ses talons, suivie d'un vautour et de trois urœus ; le second reproduit quatre fois la figure léontocéphale. Confér. les fig. 162, t63, et les renvois déjà indiqués. — Bas-reliefs de Dendera. Descript. de l'Ég., Antiq., PI., vol. IV, pi. i3, f. 3.
i65.(XL). L'épervier sacré coiffé du Pschent et environné de tiges de lotus, représentant Aroeris ou Sortis, fils de Phré : devant lui, un monstre composé de l'hippopotame et du lion, et qui, se dressant sur ses pattes de derrière, appuie l'une de ses
EXPLICATION DES PLANCHES. f) I
pattes de devant sur la croix ansée ; derrière, et en face du monstre, un lion, animal consacré à Horus, dressé dans* la même posture, mais tenant, de plus, une double arme, de la patte droite antérieure. Peut-être Horus attaqué par Mars ou Typhon, défendu par Hercule. Compar. les fig. précéd. 161- 1 64, i57 ; et voy. les renvois indiqués, principalement à cette dernière figure. — Bas-relief du petit temple au S. de Karnak, à Thèbes. Descript. de VÉg., Antiq., PL, vol. III, pi. 64.
iG5 a. (XL). Deux lutteurs égyptiens, peut-être Hercule et Antée. La position des deux adversaires semble montrer le vaincu ainsi enlevé dans les airs plutôt par des artifices magiques que par des moyens naturels. Creuzer. Vol. I, p. 420 sqq., 427, et note 5 sur le liv. III, p. 8i5 sq. — Bas-reliefs de Beni-Hassan. Descript. de VEg., Antiq., PL, vol. IV, pi. 66.
j 65 b. (LUI). Hercule enlevant de terre Antée, le serrant dans ses bras et l'étouffant : à côté, la fidèle massue inutile pour un tel combat. Confér. la fig. et les indicat. précéd. — Pierre gravée. De Wilde, Selectœ gemmœ antiquœ, n° 1 53.
1 65 c. (LUI). Combat d'Hercule et de Busiris. Le monarque égyptien est sur son trône, vêtu avec un luxe barbare; devant lui, Hercule chargé de liens, gardé et contenu par des esclaves. Déjà est ouverte la lutte qui doit rendre au héros sa liberté ; déjà même il a reçu une blessure. Mais, d'un puissant effort, il brise ses chaînes, lève sa redoutable massue, et bientôt va étendre à ses pieds le tyran. C'est ainsi que la peinture a su choisir l'instant décisif de l'action. Creuzer. Voy. vol. I, p. 428- 434; confér. note 9 sur le liv. III, p. 848 sqq. — Peintures de vases grecs, par Millingen, Rome, 181 3, n° XXVIII.
166. (XXXVII). Bœuf ou taureau dont les cornes, formant le croissant, embrassent un disque ou globe surmonté de deux longues plumes ou feuilles, coiffure ordinaire de plusieurs divinités; un double lien pend de son cou; peut-être Apis, corps perpétuellement renouvelé d'Osiris, l'âme du monde, et son image vivante. Compar. ci-après, fig. 182 b, et ci-dessus, i44« "Voy. vol. I, p. 395 sq., 446, 498 sqq., et la note i5 sur le liv. III. — Ce bœuf sacré marche en avant de la procession d'Amon-
Mendès ithyphallique (f. i55), dans les Las-reliefs de Medinel- Abou, suivi du pharaon Ramsès-Meiamoun, qui tient d'une main son sceptre, de l'autre une espèce de bâton ou de houlette, peut-être comme pasteur (p. 8/,3 sq., 846). Bescript. de l'Ég.y Antiq., PL, vol. II, pi. 1 1, atlas.
166 a. (LUI). Le bœuf Apis coiffé du disque, comme le précédent, et portant, au lieu de bandelettes pendantes, un riche collier : le croissant de la lune est marqué sur son flanc droit. Devant lui est un autel avec l'offrande symbolique d'un globe dans un croissant. Voy. la fig. et les indicat. ci-dessus. — Médaille égyptienne de Domitien. Zoega, Num. Mgypt. imper., tab. IV, S.
^7- (XXXIV). Dieu cynocéphale on à tète de chien, ayant près de lui un scarabée, emblème du monde (et tout à la fois première lettre hiéroglyphique du mot Tho, qui veut dire monde, et de celui de Thoth qui est le nom de Y Hermès égyptien), tous deux inclus dans un disque qui doit être ou celui de la lune ou plutôt celui de la planète a" Hermès -Mercure. Au-dessus du disque planétaire, l'on voit un serpent et une tête à cornes, peut-être celle d'une gazelle ; au-dessous un crocodile et un autre signe symbolico-astronomique dont la valeur est peu connue. Vol. I, p. /t35 sqq., 43g sqq. ; et les notes 10, i3 et i5 sur le liv. III. — Bas-relief astronomique du 5e tombeau de l'est, dans la vallée de Biban-el-Molouk, à l'occident de Thèbes (p. 846). Bescript. de VÉg., Antiq., PL, vol. II, pi. 84, 7.
168. (XXXVII). Thoth ou Hermès, sous la figure d'un singe cynocéphale, assis et inscrivant avec un stylet des caractères sur les tablettes qu'il tient sous ses yeux, dans une attitude très-expressive : il faut encore remarquer le disque ordinairement peint en rouge et quelquefois doublé, qui est à la partie inférieure de son corps peint en vert. Confér. la fig. précéd. et les renvois au vol. I et aux notes 10 et i5. — Sculpt. de la galerie de l'est à Philes. Bescript. de CÉg., Antiq., PL, vol. I, pi. i3, 3.
168 a. (XLI\ Un cynocéphale, image vivante du second Thoth, dans l'attitude de l'adoration, devant une lionne à triple mamelle, sur la tète de laquelle plane un disque ou globe investi de deux urœus, emblème ordinaire du premier Thoth; plus
loin, un vautour coiffé du Pschent, oiseau symbolique de Neith, élend ses ailes au-dessus du quadrupède sacré, luimême sans doute image vivante de la déesse, à la fois sage et forte. Ce rapprochement de symboles confirme avec un bonheur singulier le rapprochement d'idées que nous avons établi dans la note 6 sur le liv. III, p. 8a3 sqq., et surtout 827 sq. Confér. les fig. 167, 168, et les renvois qui y sont indiqués. — Bas-relief en creux du temple de Dakké, dédié à Thoth- Hermès, surnommé Paytnouphis, comme portent les inscriptions grecques (p. 754). Gau, Antiquités de la Nubie, pi. 36, C.
169. (XLI). Un sphinx femelle, coiffé du Pschent, et sur lequel plane le vautour sacré de Neith, tenant dans ses serres le symbole de la victoire, paraît offrir un vase ou Canope à tête d'épervier, surmonté d'un disque, au dieu assis devant lui et portant la même tête avec une riche coiffure, probablement Horus ou Aroéris : compar. f. 172. Vol. I, p. 5o3 sqq., 520; et les notes 5, p. 8i3 sq., 819; 6, p. 828, îbpassim. — Thèbes, Memnonium, bas-relief du temple de l'ouest. Descript. de l'Ég., Antiq., PL, vol. II, pi. 36, 4.
170. (XLI). Sphinx mâle, ayant Xurœus en tête, et tenant dans ses griffes de lion un Canope ou une petite idole à tète de bélier, coiffée d'un disque. Compar. la fig. et les indicat. précéd. — Décoration extérieure de la porte du temple d'Omm-Beydah à Syouah, l'ancienne Oasis d' A m/non. Cailliaud, Voyage à Syouah, pi. XVI.
171. (XLI). Un bélier couché, image vivante â'Amtnon-Kneph, comme gardien : les pattes armées de griffes, et la queue, qui paraissent être celles du lion, font rentrer cet animal sacré dans la classe des sphinx. C'est la bonté dans la force en repos Compar. les fig. et indicat. précéd. — Avenue des propylées du palais-temple de Karnak, à Thèbes. Descript. de l'Ég., Antiq., P/.,vol. III, pi. 46, 2.
172. (XLI). Espèce de sphinx au corps de lion et à la tête d'épervier, avec une coiffure symbolique, pareille à celle que porte le dieu Horus, f. 169 : l'animal chimérique est couché sur un serpent à longs replis. Compar. les fig. et indicat. précéd., et
f>4 - RELIGION D li h' É G Y 1» I E.
voy. surtout p. 8i3 sq. — Frise de la galerie du nord du petit temple d'Edfou , l'ancienne Apollinopolis magna. Descript. de l'Èg., Antiq.y P/.,vol. I, pi. 64, bande du milieu. - 172 a. (LUI). Nain barbu, Cabire égyptien, Kneph , Phtha , Osiris ou enfin Horus enfant (Harpocrate) entre deux sphinx maies, dont les queues se terminent en calices de lotus avec d'autres fleurs. Creuzer. (Le dieu enfant est plutôt Phtha- Pokrat que tout autre.) Vol. I, p. 5o5, 52 1 ; et les notes 4, 5 et 6 sur le liv. III, p. 808, 81 5 sq., 829. — Bas-relief en terre cuite, ouvrage d'imitation égyptienne, du temps romain. British Muséum, London, 1818, Plate XXIII, n° 42. 172 b. (LU). Sphinx sans barbe avec (les cornes de bouc et) le lotus sur la tête : la partie antérieure de son corps est couverte d'un voile qui descend jusqu'aux pieds ; de sa poitrine semble sortir la tête renversée d'un crocodile (?) ; sous ses pieds rampe un serpent, et sur son dos paraît un griffon avec la roue. Cette figure compliquée présente, groupés dans son ensemble, les divers attributs de la divinité, tels que la Force et la Sagesse, (la faculté créatrice et) le pouvoir caché de la nature, l'idée de l'éternité et celle d'un génie bienfaisant, etc. : elle doit, par conséquent, être rapportée à la classe des panthées. Creuzer. Vol. I, p. 473, 5o5-5o7, et la note 1 5 sur le liv. III.— Médaille égyptienne de l'empereur Hadrien. Eckhel, Syllog. 1 numor. vet. anecdot., tab. I, n° 12. Gonfér. Zoéga, Num. JEgypt. imp., p. 11, 114, 144 sq.
i73.(XLII). Procession de la Bari ou Barque sacrée, renfermant le petit temple ou V arche, et portée par quatre prêtres, la tête rasée et vêtus de longues robes. Parmi les nombreux ornemens, tous symboliques, on remarque les têtes à'Isis , qui décorent les deux extrémités de la barque; de petites figures ailées, espèce de chérubins, semblent protéger les images divines, placées dans le sanctuaire; au-dessus plane le globe ailé entouré des urœus. En avant de la scène, marche un jeune héros tenant d'une main la cassolette enflammée, et de l'autre y jetant l'encens. Creuzer. (Il faut encore remarquer dans le sanctuaire, au-dessous des images divines, le
vautour sacré àeNeith; plus loin, la figure hiéracocéphale agenouillée, qui peut bien être celle à'Horus; et derrière elle, à la proue, Pépervier consacré au dieu, précédé d'un sphinx à rapprocher des fig. 169 à 172 b, et plus encore de celui qui est représenté sur les zodiaques, ci-après. A la poupe se voient un second hiéracocéphale et divers agrès combinés, soit avec la tête d'épervier, soit avec Yurœus, symboles du soleil roi.) Voy. vol. I, p. 404 et passim, surtout 5o2-5o5, 507 sq. Conf. note 2, § 4, et note i5 sur ce livre, fin du vol. — Bas-relief du premier pylône du grand temple à Philes. Descript. de l'Ég., Antiq., PI., vol. I, pi. 11, 4. Compar. pi. 12, 3; vol. III, pi. 32, 5; et ci-dessous, (ig. 174, 175.
1 '^'(XLII). Deux prêtres portant sur leurs épaules une table sur laquelle est un vase sacré ou Canope surmonté de la tête de bélier de Jupiter- Amman : la base du Canope est investie de fleurs de lotus, et en avant une espèce de bec ou d'entonnoir semble fermée par un sphinx. Une figure d'homme est agenouillée derrière le vase sacré et l'embrasse : une figure de femme est debout en avant, les mains élevées. Les hiéroglyphes tracés sur le devant de la table sont deux nilomètres flanqués chacun de deux sceptres des dieux bienfaisans et de deux croix à anse, symboles de la vie divine. Vol. I, p. 40/4, 41 5 sq., 5oa sqq. Conf. note 2, § 4, et notes 5, 6 et 1 5 sur ce liv.,fin du vol. — Descript. de l'Ég., Antiq., PL, vol. I, pi. 10, 4.
174 a. (LI). Canobus, Canopus ou Canope à tête humaine mâle, coiffée d'une espèce de modius, et portant un riche collier, de fleurs de lotus. Sur le ventre sphérique du dieu-vase, symbole de la fécondité de la nature, et probablement en rapport intime avec Knouphis-Nilus, le fécondateur par excellence, sont représentés plusieurs divinités et emblèmes sacrés de l'Egypte : vers le centre, un autel servant de base à deux éperviers face à face, et offrant au-dessous deux enfans accroupis; autour et principalement à la droite de l'autel, quatre figures debout, parmi lesquelles on reconnaît Horus ou Harpocrate avec son doigt sur la bouche, à côté Osiris, et plus loin Anubis à la tête de chakal ; dans la partie inférieure, Thoth ou
56 RELIGION PS l.LGYPTE.
Hermès cynocéphale assis, et directement sous l'autel, un scarabée aux ailes étendues, image du monde et du Démiurge, Tho ou Thoré, soutenant de sa tête et de ses pattes le globe investi des urœus, symbole du dieu suprême et du premier Thothy Hermès trismégiste, son représentant. Cette figure, d'imitation égyptienne, rentre dans la classe des panthées. Compar. 169, 170, 174, et lafig. suiv. Voy. vol. I, p. 4i5, 5i5, 5ai, et les notes 5, 6, 10 et i5 sur le liv. III, surtout p. 819, 825, 829, etc. — Canope en basalte vert, de la Villa Albani. Winckelmawn, Hist. de l'Art, t. I, pi. XV, coll. XVI.
Ï74 b. (LU). Canobus-Sérapis avec la coiffure symbolique des grands dieux : le voile qui descend de sa tête paraît envelopper son corps sphérique. Voy. la fig. et la plupart des renvois précéd.; compar. encore fig. i38 a et i38 c. — Médaille égyptienne de Galba. Zoega, Num. JEgypt. imp., tab. III, 3.
17/1 c, (LU). Jupiter-Sérapis avec le modius sur la tête, assis sur son trône, le sceptre en main; à ses pieds, un monstre à triple tête, qui rappelle Cerbère. Vol. I, p. 414 sqq., et les notes 5 et 6 sur le liv. III, p. 818 sq., 833, 836. — Médaille d'Alexandre Sévère. Zoega, ibid., tab. XVI, 8.
i75.(XLII). La barque sacrée d'Ammon, colossale, renfermant, outre Y arche magnifiquement décorée, quatre autres petites barques, avec des attributs divers, et dont la principale, aux attributs d'Ammon comme la grande, semble reproduire celleci, au centre même de Yarche, et contient à son tour une petite arche qui est le vrai sanctuaire. La poupe et la proue et tous les agrès de la barque sont ornés de têtes de bélier avec de riches coiffures ; des mâts, des obélisques s'élèvent audevant de Yarche ou du temple portatif, peut-être monolithe, comme on en voit au-devant des grands temples égyptiens. Un Pharaon, sur la tête duquel plane le vautour sacré avec le symbole de la victoire, offre l'encens, dans la barque même ; et à la proue, après l'autel chargé de toute sorte d'offrandes, après le sphinx qui garde l'entrée, sont debout deux femmes parées des attributs des déesses Isis-Athor et Saté, et qui pourraient être des hiérodoules ou servantes sacrées. Elles éta-
blissent le rapport avec la première partie de la scène, qui nous montre, dans une nouvelle barque à la livrée du Soleil ou du dieu Aroéris (l'épervier sacré, leur commun symbole), quatre hommes, l'un à tête de bélier, un autre à tête humaine, et deux à têtes d'épervier, précédées d'une femme avec une coiffure symbolique de lotus, et traînant à la remorque la barque d'Ammon. A la proue de la première barque sont divers symboles, entre lesquels, et tout à fait en avant, l'on remarque le chakal en arrêt, placé sur un serpent, ce qui nous semble annoncer la rive libyque du Nil ; car c'est ici évidemment la procession annuelle décrite par Diodore de Sicile. Compar. les fig. 173, 174, et les passages du texte et des notes qui y sont indiqués. — Thèbes, sculptures peintes du grand temple, à Karnak. Descript. de fÉg., Antiq., PL, vol. III, pi. 33. i76.(XLIII). Pi-Ré ou Phré, le Soleil, à tête d'épervier, coiffé du disque au centre duquel se dresse un urœusy symbole de la royauté. Le dieu debout tient d'une main le signe de la vie divine, de l'autre le sceptre du pouvoir bienfaisant : devant lui, est un autel portatif, surmonté d'un globe, emblème du soleil, et, dans l'intérieur de cet autel, on voit une colonne dont le chapiteau est formé de quatre assises ou tablettes ; c'est l'emblème de la stabilité et de la coordination, suivant M. Champollion le jeune. Deux petites figures debout paraissent soutenir l'autel ; deux autres à genoux sont en rapport avec la colonne, ordinairement appelée nilomètre. Compar. les fig. suiv. ; et voy. vol. ï, p. 5o8, 519, et la note 6 sur le liv. III, p. 83o sqq. — Figure détachée des bas-reliefs de la porte du sud à Karnak. Descript. de VÊg.% Antiq. , P/., vol. III, pi. 5a. 77.(XLIII). Pooh ou Pi-Ioh, le dieu Lunus ou la Lune mâle, reconnaissable au croissant dans lequel est posé le disque, coiffure habituelle de cette divinité. Cette coiffure, ainsi que Yurœus, la tresse en corne de bélier, le riche ornement, ici caractéristique, qui, formant un second collier, se termine par un croissant sur la poitrine, enfin le triple sceptre que nous avons décrit ailleurs (fig. 142, i43; ajoutez 146, 148, i5o), rapprochent cette image de Pooh, tant des figures citées que de
celles qui suivent. Voyez principalement note 6 sur le liv. III, p. 83o, 834- — Bas-relief à Karnak. Descript. de l'Ég.f Jntiq.,
Pki vol. m, pi. 67, 10.
177 a. (XLIII). Grande figure debout, ayant les jambes serrées dans une étroite tunique, et pour tête les quatre assises, tablettes ou corniches qui surmontent la colonne vulgairement appelée nilomètre ; on aperçoit, au travers, des yeux d'une conformation singulière, qui se rapprochent de l'œil symbolique figuré ciaprès, pi. XLVI, i83 ; une coiffure déjà connue, composée des cornes de bouc, d'un petit disque ou globe, et de deux plumes ou feuilles accolées l'une à l'autre, orne la tête caractéristique de Phtha-stabiliteur, jusqu'ici pris pour Sérapis, dieu du Nil, et qui porte dans ses mains un riche fléau et le sceptre à crochet fort allongé. Confér. les fig. 177, 176, i5a, et les renvois divers qui y sont indiqués; ajoutez, p. 818, vol. I. — Peintures d'un des tombeaux des rois à Thèbes (ci-dessus, p. 41). Voyages de Belzoni, atlas, p. 5.
177 b. (XLIII). Autre figure de Phtha-stabiliteur, plus complètement identifiée avec la colonne, car elle n'offre d'humain que les deux bras, armés chacun du sceptre des dieux bienfaisans,et portant en manière de bracelets le signe de la vie divine, ici tout à fait semblable à une croix : la coiffure modifiée offre de plus deux urceus. Compar. la fig. et les indicat. ci-dessus. — Bas-relief d'un autre tombeau des rois à Thèbes. Descript. de l'Ég., Jntiq., PL, vol. II, pi. 84, 5.
178.(0). Figure analogue aux précédentes, mais qui paraît être celle de Sérapis ou d*Osiris noir, ou plutôt encore d'Imouth ou Imuthes, l'Esculape égyptien, fils de Phtha : la tête est complètement humaine et la colonne à quatre corniches abaissée sur la poitrine; la coiffure et les attributs rappellent ceux du n° 177 a. Voy. principalement notes sur le liv. III, vol. I, p. 818, 83o, 833, 836. —Fragment d'une enveloppe de momie, trouvée dans les hypogées de Thèbes. Descript. de l'Ég., Antiq., Pi., vol. II, pi. 5o, 3.
179- (LI). Femme portant un scorpion sur la tète et dans ses mains le sceptre à tête de coucoupha et la croix ansée : probable-
EXPLICATION DES PLANCHES. 5o,
ment la déesse Pselk ou Selk, qui donna son nom à la ville de Pselcis, aujourd'hui Dakké, en Nubie. Voy. notes 5 et i3 sur le liv. III, p. 819, etc., vol. I. — Environs de Babylone, près de Memphis. Descript. de VÉg., Antiq., PL, vol. V, pi. 2 5, 1. • 179 a. (LI). Figure certainement en rapport avec la précédente, et qui n'en diffère que parce qu'au scorpion est substitué le vase sur la tête. Mêmes renvois. — Ibid., ibid., même planche, 3. i8o.(XLIII). Jupiter- Sérapis et Isis myrionyme, son épouse, représentés sous la forme de deux grands serpens, l'un mâle et à tète d'homme coiffée du rnodius, l'autre femelle et à tête de femme, avec une coiffure de feuilles ou de plumes : ces têtes ont un air de majesté sévère tout à fait caractéristique. Comp. les fig. ci-après, et ci-dessus 174 a, b et c, avec les renvois indiqués. — Bas-relief d'un autel des temps postérieurs. Descript. de VÉg., Antiq., PL, vol. V, pi. 69, 1 1. 180 a. (LUI). Deux figures de serpens, qui se rapprochent naturellement de celles qui précèdent : l'une paraît être YAgathodémon mâle, image du bon génie Kneph; l'autre YUrœus femelle, emblème ordinaire de la déesse Saté : le Jupiter et la Junon des Égyptiens, reproduits par le Sérapis et Y Isis des temps postérieurs. Deux petits serpens amphisbènes sortent de la queue à'Agathodémon, et des fleurs de celle de son épouse. Compar. ci-dessus fig. i43; et voy. vol. I, p. 408, 5o7 sq., 5i5 sq., avec les rectifications et développemens des notes 5, p. 818 sq. ; 6, p. 823 sqq., et surtout note i5. — Médaille égyptienne d'Hadrien. Zoega, Nurn. JEgypt. imper., tab. VII, 23.
180 b. (LU). Le serpent À gathodémon, dressé, avec des épis et des têtes de pavots. L'image et la légende, au nouvel Agathodémon, ont également trait à l'empereur Néron, ainsi déifié par les Égyptiens. Creuzer. Voy. les fig. et indicat. précéd. , et de plus, note 2 sur le liv. III, p. 777. — Médaille de Néron. Zoega, Num. JEgypt. imper. , tab. II, 6. iBi.(XLV). Personnage à tête de chien (de chakal), debout, et incliné sur le corps d'un homme dûment embaumé : ce corps, sur lequel il porte ses deux mains, est lui-même placé sur
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un lit funèbre, orné de la tète et de la queue d'un lion, et dont la partie postérieure paraît reposer sur la patte de derrière du même animal, tandis que la partie antérieure pose sur une jambe humaine. Dans l'intervalle des deux supports, quatre vases, dont le premier a pour couvercle une tête humaine, le second une tète de singe (cynocéphale), le troisième une tête de chakal, et le quatrième une tête d'épervier, sont placés sur une tablette, au-dessous de laquelle se voient quatre compartimens, qui semblent figurer quatre portes répondant aux quatre vases ou canopes. M. Creuzer trouve dans cette image, que reproduisent la plupart des monumens funèbres, Hermès-Anubis inaugurant et consacrant à l'immortalité un cadavre embaumé ou une momie, avec allusion au Nil et à ses eaux salutaires dont le lion était le symbole, au signe zodiacal du lion sous lequel l'Egypte renaît par l'inondation du fleuve, enfin à la destinée des âmes supposées descendre dans la vie sous l'influence du même signe, et à leurs transmigrations dans les corps des animaux. Nous y voyons, nous, Anubis (et non point Hermès), dieu infernal, type de l'embaumeur, consommant la momie sacrée à'Osiris, type de toutes les momies humaines : les quatre vases, qui portent les têtes des quatre génies de YAmenti ou enfer, assesseurs et ministres d'Osiris, devenu dieu des morts, nous paraissent en outre avoir trait aux eaux vivifiantes du Nil ; le lion, à la renaissance, dont le retour fixe de l'inondation était considéré comme le symbole et l'infaillible gage. Compar. fig. 141, 141 a, et voy. vol. I, p. 442, 458 sqq. (coll. Creuzer, Commentât. Herodot, § 26, p. 353 sqq.), et les notes 10, 11 et 12 sur ]e liv. III. ~ Peinture de l'un des tombeaux des rois à Thèbes. Descript. de VÊg.y Antiq.y PL, vol. II, pi. 92, f. 1. i82.(XLV). Sous ce n° et sous les lettres qui s'y rattachent, a, b, c, d, nous avons fait graver pour la première fois, dans cette planche, avec le sujet précédemment expliqué, les parties les mieux conservées du cercueil d'une momie égyptienne femelle, rapportée d'Alexandrie et donnée au Muséum d'histoire naturelle, par M. le comte de Moncabrik, capitaine de vaisseau. Le
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squelette, qui indique une taille de 4 pieds 8 à 9 pouces, se voit au cabinet d'anatomie, à côté du monument. Pour faire mieux saisir l'ensemble des scènes ordinairement représentées sur les cercueils de ce genre, nous joindrons à une description détaillée des parties que le lecteur a sous les yeux, un aperçu de celles que leur état de conservation, autant que le défaut d'espace, nous ont mis dans l'impossibilité de lui offrir. Le couvercle extérieur ou grand couvercle, en bois de sycomore, comme le corps de la caisse, a comme elle environ 5 pieds 6 pouces de longueur, et 1 pied 6 à 7 pouces dans sa pi us grande largeur : les peintures en sont fort endommagées. La partie supérieure figure au naturel une femme avec la coiffure égyptienne ordinaire; la face peinte en jaune, comme celle de presque toutes les femmes, est plus large, plus forte, plus caractérisée par l'épaisseur des lèvres et les traits un peu écrasés, que celle de la même personne représentée au n° 182. Les mains croisées sur la poitrine se détachent en ronde bosse, et au-dessous descend jusqu'à l'estomac un large pectoral, qui se termine par une chaîne ou guirlande de fleurs de lotus. Depuis le haut de la tunique jusqu'à l'extrémité inférieure du pectoral, deux grands bâtons se croisent en sens contraire des mains, mais sans faire saillie. Au-dessous est un globe avec de vastes ailes; au-dessous de ce globe, un grand scarabée peint en bleu; et au-dessous encore, une déesse accroupie, déployant à droite et à gauche deux ailes considérables. Le centre, dans toute sa hauteur, est occupé par des figures analogues, telles qu'un second globe ailé, flanqué à'urœus, une espèce d'autel en forme de nilomètre, un troisième globe ailé, une rangée iïurœus ; puis une nouvelle et dernière série de symboles qu'il serait trop long d'énumérer, mais où se reproduisent encore le scarabée, Yurœus, l'autel nilomètre, etc. Des scènes latérales régnent du haut en bas de cette ligne centrale de peintures, et, à quelques variantes ou exceptions près, se répètent à droite et à gauche : d'abord un cynocéphale assis, ayant devant lui un oiseau à tête de femme et faisant pendant, de l'autre coté, à un oiseau qui port'1 une tète d'homme et précède un
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dieu à face humaine, assis également; puis une I* is debout, devant elle Osiris assis, et en face une déesse ayant le disque en tête, étendant ses longues ailes en avant, et tenant une feuille ou palme dans sa main; un vautour et une croix ansée sont entre la déesse et Osiris, aux pieds duquel repose un chakal, et ainsi des deux côtés, etc., etc. L'épervier et le sphinx du soleil jouent aussi leurs rôles dans ces représentations. Du reste, à part les légendes des dieux, tronquées ou incertaines le plus souvent, et, une légende caractéristique dont nous parlerons plus loin, ce couvercle extérieur n'offre pas d'hiéroglyphes, et, sous tous les rapports, il est moins intéressant que le second couvercle trouvé dans la caisse même. Ce couvercle intérieur qui était, à ce qu'il paraît, immédiatement appliqué sur la momie, et lui servait de masque, a un peu moins de 5 pieds de long, et, dans sa partie supérieure, i pied 3 à [\ pouces de large : ses proportions ont été un peu exagérées dans notre copie, 182, par rapport au fond de la caisse, placé à côté, #, et qui, comme le grand couvercle, peut avoir en longueur 5 pieds 6 pouces. Ce petit couvercle étant plus riche et plus soigné, en général, il esta croire que la physionomie delà personne y est aussi plus fidèlement exprimée, mais toujours dans un certain idéal qui est le type convenu de la beauté égyptienne : notre gravure, très-exacte d'ailleurs, et que nous pouvons appeler un chef-d'œuvre de patience, ne rend qu'imparfaitement le caractère vraiment égyptien de cette figure. Une fleur de lotus, symbole delà vie et del'immortalité, s épanouit sur le front, que ceint un diadème marqueté de diverses couleurs; aux deux épaules sont deux éperviers avec le disque solaire sur la tête, et devant euxYurœus dressé; sous la bordure supérieure de la tunique, et entre les 'extrémités des deux bandes de la coiffure, un troisième épervier, le globe en tête également, mais penché et les ailes étendues en bas, semble dominer la série entière des personnages et des scènes symboliques, qui remplissent le vaste tableau développé sous son regard perçant; cet épervier, emblème de la primitive lumière, est perché sur un symbole fréquemment répété, mais dont le sens est peu connu, immédiate-
ment au-dessus d'un grand scarabée à la tête de bélier, aux vastes ailes, que surmontent deuxserpens ailés à longs replis : toutes ces figures et combinaisons d'animaux sacrés appartiennent à Ammon-Kneph-Nilus-Jgathodémon, le dieu suprême ; et au-dessous, à l'extrémité inférieure du pectoral où elles sont enchâssées, entre les bras croisés de la défunte, se voit l?un des symboles favoris du créateur Pht/ia, l'autel ou la colonne appelée du nom de nilomètte, sur laquelle repose un disque et d'où s'élèvent deux bras. A droite et à gauche, de chaque côté, se succèdent un oiseau (colombe ou corneille ?), un serpent urœus, et un œil d'où sort encore un bras; plus loin et audessous du pectoral, deux femmes assises vers les jointures des bras de la momie, dans l'attitude de la douleur, paraissent supplier un dieu à tète d'épervier, debout et tenant dans ses mains le sceptre recourbé et le fléau (peut-être le dieu de gauche avait-il plutôt une tête humaine, et devons-nous voir ici Phtha sous ses deux formes) ; devant ce dieu est un œil, symbole du soleil et de l'intelligence divine qui voit tout. Aux deux coudes de la tunique, s'épanouissent deux lotus pareils à celui qui orne le front et à ceux qui entrent dans la bordure du pectoral ; puis, après de riches bracelets, viennent, sur le bras droit, Isis, Horus et Osiris assis ou accroupis à la manière égyptienne, devant un autel chargé d'offrandes, sur lequel s'incline un calice de lotus; le bras gauche ne laisse voir qu' Horus et Osiris ; un large bracelet, dans les ornemens duquel entre le globe ailé, ceint le poignet du bras droit, et les deux mains fermées tiennent deux vases ou sachets noirs, qui pourraient être deux bourses. Au-dessous des bras s'ouvre une seconde scène, qui complète la première : Un scarabée, mais sans ailes, en forme également le centre, ayant au-dessus de sa tête un disque investi de deux urœus, emblème du premier Thoth ou de la suprême intelligence, aussi bien que l'épervier coiffé du globe et le globe aux ailes d'épervier, que nous venons de voir; sous ce second scarabée, criocéphale comme le premier et comme lui le symbole de Kneph-Ammon, générateur par la lumière, est aussi la colonne de stabilité accompagnée
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de deux palmes de justice, qui se voient également aux deux côtés du scarabée; à droite est assis un dieu à tête d'épervier, à gauche un dieu à face humaine, tous deux coiffés du disque avec Yurœus, tous deux portant la croix ansée, le sceptre à crochet et le fléau, tous deux recevant diverses offrandes de deux oiseaux à tête d'homme, que protègent de leurs ailes étendues en avant deux déesses agenouillées et tenant dans leurs mains deux croix à anse, symboles connus de la vie divine. Les dieux sont Phré ou le Soleil (Ré, grand Dieu, sens de la légende hiéroglyphique de l'hiéracocéphale, placée au-dessus de sa tête) et Arouéris ou Horus, souvent regardé comme son fils et sa terrestre incarnation (la légende, qui n'a pu être placée en avant de la tête, se trouve rejetée dans la première colonne d'hiéroglyphes, derrière la déesse agenouillée à gauche, et se lit : Voici V image de Har, ou Hor-si-esi t'armout, c'est-àdire $ Horus, fils d'Isis, la grande mère) ; quant aux déesses, elles nous présentent deux fois Saté ou Sati, fille de Phré, présidant à la région inférieure et protectrice des âmes, qui sont figurées par les oiseaux à tête humaine. Toute cette partie supérieure du tableau semble reposer sur une grande ligne horizontale, inclinée aux deux extrémités, qui est à la fois l'emblème du ciel et le nom symbolique de la déesse Tpé ou Uranie; et, en effet, la plupart des images que nous avons reconnues jusqu'ici, sont celles des dieux suprêmes, des dieux supercélestes, des dieux d'intelligence, de lumière et de création, des puissances cosmogoniques, qui correspondent, non sans une intention profondément mystique, aux puissances, aux facultés, aux organes les plus nobles, les plus actifs et les plus féconds du corps sur lequel sont peints leurs symboles divers. Sous la voûte céleste, et comme médiatrice entre le monde supérieur et le monde inférieur, dont elle ménage le passage aux âmes, une déesse qui forme, avec le scarabée criocéphale décrit le premier, la figure principale de tout notre tableau, à demi accroupie sur ses talons, déploie en étendant ses bras avec les mains ouvertes, d'où paraissent s'échapper la croix ansée et la palme, deux vastes ailes à triple rang : le symbole
sacré du monde et en même temps de l'intelligence divine qui le régit, déjà pincé sur la tête du second scarabée, surmonte également celle de la déesse, où la double légende hiéroglyphique inscrite en avant et en arrière du globe nous montre Y image de Netpéy fille de Phré, génératrice des dieux de la région inférieure du monde. Aux deux côtés de la légende sont ileux groupes composés chacun de l'oiseau à tête humaine, accompagné de l'œil, et protégé par l'image agenouillée de Sa té aux ailes éployées et la palme en main, que protège ellemême Yurœus ailé, son symbole de prédilection, coiffé du globe : deux étoiles fixées, l'une derrière le serpent de droite, l'autre au-dessous de la Satéde gauche et au-dessus de la main droite de JSfepté, indiquent le rapport de cette scène avec les constellations célestes. Sous les ailes de Nepté, deux nouvelles offrandes de deux âmes-oiseaux à deux chakals emblèmes au dieu Jnubis, qui peuvent avoir trait à la section des deux hémisphères et aux portes des âmes, dans les deux solstices, terminent cette scène intermédiaire et la première moitié du lableau. Déjà est commencé, depuis les deux coudes de la momie, le rituel funéraire distribué en lignes hiéroglyphiques, tantôt perpendiculaires, tantôt horizontales (mais devant être lues perpendiculairement), qui remplissent tous les intervalles des dix scènes dont se compose la seconde moitié ou la partie inférieure du tableau : cette partie forme deux sections corrélatives, séparées par trois grandes colonnes d'hiéroglyphes; et les scènes s'y répètent ou du moins s'y correspondent successivement de l'une à l'autre. La première scène à droite représente un défunt caractérisé par son costume, faisant une libation ou une offrande à un dieu hiéracocéphale, qui paraît être Phtah-Sohari, dans la scène de gauche, autre offrande à Os iris par le même personnage. La seconde scène à droite, reproduite à gauche, à de légères variantes près, nous montre le défunt, dans la même action, devant Thôout ou Thoth, c'est-à-dire Hermès, à tête d'ibis, derrière lequel est Nephtlté ou Nephthys, debout comme lui, tandis qu'Ocra et Sokari sont assis dans les deux scènes supérieures. Ici il faut remar-
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quer et les noms des dieux, auxquels sont laites les offrandes, constamment inscrits dans les lignes du rituel qui au r montent les quatre scènes, et la légende plus ou moins complète, repétée au-dessus de la tète du personnage humain, où se lisent principalement les mots : Api ou Apis, C éprouvé ou l'aimé d'Osiri>, rOsirien, etc. La troisième scène de la droite offre l'épervier sacré de Phtah-Sohiri, et celle de la gauche celui àHorus, grand dieu, noms gravés à la fois dans les colonnes d hiéroglyphes qui accompagnent ces oiseaux divins, et dans les lignes hiéroglyphiques qui séparent ces deux scènes des précédentes : devant les éperviers sacres se dressent deux urœus ; par derrière, les domine de chaque côté un œil symbolique avec lequel se combinent un bras dans lequel est passée la croix à anse, et Yurœus mitre, décoré du même ornement : quoique le défunt n'ait pu trouver place vis-à-vis des images divines auxquelles s'adressent ses nouvelles offrandes, le double autel qui les porte n'en est pas moins surmonté des noms ou titres que nous avons déjà vus et qui peut-être lui appartiennent. Une double scène, qui est la quatrième, présente ensuite à droite et à gauche les quatre génies de YJmenti ou enfer, ministres d'Oj/m, le premier à tète humaine, Amset ou Omsct (comme porte sa légende répétée dans la colonne horizontale de séparation, qui est audessus) ; le seconda tète de chakal,qui se trouve ordinairement le troisième, Api, l'homonyme du défunt et probablement son patron; le troisième, ordinairement le second, et dont le nom comme la place paraît avoir permuté avec celui du précédent, à tète de cynocéphale (nous ne pouvons déchiffrer sa légende); le quatrième, enfin, dont le nom nous est également inconnu, à tète d'épervier. Ces génies infernaux, à forme de momies, comme la plupart des dieux dans leur rôle ténébreux ou funèbre, et décorés de longues bandelettes, en manière decharpes, qui peuvent se rapporter au même ordre d'idées, sont tous les quatre placés sur un emblème exprimant la domination; et en effet, au-dessous d'eux, aux pieds mêmes de la momie, dans la cinquième et dernière double scène, se voit le chakal, symbole du dieu Anebo ou Anubis, «gardien des
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régions infernales, de YJmenti, dont ils sont les juges et seigneurs sous la présidence iYOsiris. — Les peintures des parois intérieures de la caisse se coordonnent fort naturellement avec celles qui revêtent à l'extérieur les deux couvercles, et particulièrement le dernier. Par une gradation non interrompue, nous sommes descendus, en le décrivant, des dieux suprêmes, des dieux du monde d'en haut, créateurs et lumineux, aux dieux de la région inférieure, et jusqu'à ceux de Fenfer proprement dit, séjour de la mort et des ténèbres : maintenant nous trouvons, sur le fond intérieur (marqué a dans la planche), tout au haut, l'hiéroglyphe du ciel ou de la déesse Tpé, embrassant de son vaste corps les espaces de l'air, que domine le disque de Pon/z-Lunus, placé sur une barque, avec un scarabée au centre, symbole de la puissance mâle et génératrice qui féconde le monde sublunaire ; deux cynocéphales, animaux sacrés du dieu, adorent son image, se tenant debout, les mains élevées, à la poupe et à la proue de la barque, qui vogue sur la plaine azurée du firmament. Au-dessous de cette première scène, une grande figure de femme, debout et les bras tombans avec les mains ouvertes, en signe de bienveillance, occupe les deux tiers du tableau : au superbe urœus ou serpent royal qui se dresse sur sa tête, où il forme plusieurs replis; à la plume ou palme qui, se combinant avec le segment de sphère et avec un autre emblème ou caractère hiéroglyphique que surmonte celui-ci, compose à la fois l'ornement distinctif de la coiffure de la déesse et son nom symbolico-phonétique,quiestenmême temps lenom del'hémisphère inféreur, on reconnaît Saté ou Sati, reine de cet hémisphère et de la région des âmes qui s'y trouve, sous l'empire général de Pooh-Lunus et sous la direction spéciale de Thoth -Hermès. Aussi voit-on, vis-à-vis la face de la déesse, l'une des deux images ordinaires de ce dernier dieu, et celle qui le met plus intimement en rapport avec la Lune, c'est-à-dire un homme cynocéphale, assis sur ses talons, et tenant dans ses mains les symboles de la puissance et du monde; les grands hiéroglvphes tracés sur sa tète devant Y urœus de Saté et sous la Barque de Ponh, parais-
sent devoir se lire, en y comprenant la figure même qu'ils dominent : le seigneur des régions, Thôout ou Thoth. Dans un premier compartiment, enfermé par deux bandes d'azur étoilées, l'on remarque ensuite, au-dessous de Thoth, une âme représentée par un oiseau à tête humaine et placée devant un vase, peut-être l'emblème des eaux vivifiantes du Nil. Dans un second compartiment semblable, un urœus et un vautour, ayant devant lui le sceptre à tête de coucoupha, combiné avec la croix à anse, sont tournés vers l'image de Saté, reine et mère, idées exprimées par ces deux animaux; mais les hiéroglyphes liés à ces figures semblent plutôt signifier en connexion avec elles et avec trois figures qui se trouvent en face, derrière la déesse, probablement aussi avec la figure de l'âme et celle de la déesse elle-même : Saté, reine bienfaisante de la région inférieure et des âmes, fille de Tpé, fille de la mère bienfaisante et divine des dieux bienfaisans. Telle nous paraît, du moins, la pensée générale de cette scèue intermédiaire et principale du tableau, laquelle se termine, aux pieds de Saté, par un vase, emblème de libations, surmonté d'un lolus épanoui, derrière et vis-à-vis par un emblème composé où entrent deux espèces de roues, et au-dessous de la natte de roseaux qui porte la déesse, par deux symboles funèbres dont le sens précis nous est pareillement inconnu, escortés des deux signes connus de la région inférieure. Une dernière scène, tout au bas, représente une grande croix ansée d'une forme particulière, ou une figure qui se rapproche de ce symbole de la vie divine, placée entre deux colonnes à quatre tablettes, que l'on connaît pour être les emblèmes de la stabilité. — En revenant sur l'ensemble de ce tableau du fond, et en le rapprochant des deux tableaux suivans, b et c, qui se correspondent exactement l'un à l'autre et sont peints sur les deux parois intérieures des côtés droit et gauche de la caisse, tant par rapport à la figure du couvercle que par rapport à celle de Saté; en voyant ces trois tableaux également gradués en une série de scènes qui sont séparées les unes des autres par des bandes azurées parsemées d'étoiles, images de la voûte
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des cieux, nous sommes bien tentés d'y reconnaître la représentation allégorique des différentes parties ou régions dans lesquelles se divisait la sphère inférieure du monde, habitée par différentes classes de génies et soumise à l'empire de la Lune, comme la sphère supérieure l'était à l'empire du Soleil. Les deux côtés, fort réduits dans notre planche, peuvent avoir chacun 4 pieds 10 à 1 1 pouces, depuis le bas jusqu'aux épaules et à la naissance du cou, où commence à se courber en demicercle, pour embrasser la tête, le haut de la caisse sur lequel est peint intérieurement un quatrième tableau développé dans la planche, sous la lettre cl. Ce tableau, qui domine ainsi les deux autres et forme avec eux un seul et même ensemble, présente à nos yeux une grande et monstrueuse figure composée d'une tête de femme avec un corps d'oiseau, des jambes et des bras qui ressemblent à des pattes d'insecte, et de grandes ailes déployées qui font penser à celles des chauves-souris. Quelle est cette déesse à la face terrible, que semblent conjurer deux autres déesses, probablement Netpé et Nephthé ou Nephthysy sa fdle, assises sur deux petits temples ou chapelles, et deux dieux accroupis en face, l'un à tète humaine, l'autre à tête de serpent- Agathodémon, tous quatre l'environnant? c'est ce que nous ignorons encore. Immédiatement au-dessous, une première double scène nous offre de chaque côté, dans une sorte de chapelle décorée de quatre urœus avec le globe en tête, un dieu assis, presque en tout semblable à celui que nous venons de voir accroupi en face de Netpé, et qui peut être encore le même que celui qui se montre derrière Saté, dans le tableau a : cependant nous remarquons ici sur sa tête un emblème caractéristique, non défini jusqu'à présent, qui paraît se retrouver sur les têtes des défunts et des âmes, peut-être aussi sur celles des génies de YAmenti, dans les différentes scènes du grand tableau peint sur le second couvercle, 182. Le dieu, remarquable encore par les bâtons croisés sur la poitrine, nouveau symbole qui semble particulier aux morts et aux divinités des morts (comparez ci-dessus la description du premier couvercle), tient dans ses mains, d'un côté, b, le sceptre à crochet et le fléau
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au fouet» de l'autre cote, c, le sceptre de la bienfaisance divine; sa tète et ses bras sont rouges, le reste du corps blanc; audevant de sa tête, dans le tableau b, se lit : Dieu grand. Ce Dieu grand y dont nous ne nous hasarderons point à déterminer le nom propre, est placé vis-à-vis de Yurcvus, image vivante de Satéy coiffé là d'un disque, ici d'une espèce de mitre, portant ou ayant devant lui divers symboles déjà expliqués et qui semblent dirigés, aussi bien que ses ailes protectrices, vers le dieu assis ; l'animal divin, à demi dressé, se repose lui-même sur un petit temple, tel que nous en avons déjà vu, devant lequel, et aux pieds du dieu, sont les offrandes d'un vase à libations et d'une plante funèbre en pyramide, tandis que derrière on aperçoit l'emblème tant répété de la région inférieure. Deux scènes intermédiaires renferment ensuite six génies debout et à forme de momies, comme les génies de Y Amentl décrits plus haut : à droite, une tète d'oiseau (peut-être de vautour ou d'aigle éthiopien?) puis une tète de singe cynocéphale, puis, au lieu de tète, un symbole dont le sens ne nous est point connu, mais que nous ne saurions mieux comparer qu'ait Tchakra des dieux de l'Inde, emblème du monde et de son mouvement; à gauche, une tête humaine, puis un urœus à la place de la tète, et enfin une tête de chakal ou plutôt de chien. Des offrandes funèbres sont placées devant tous ces génies, ainsi que devant les quatre qui remplissent les deux scènes inférieures et terminent le tableau, tous ayant également pour tête un serpent- Agathodémon barbu, comme le dieu accroupi en face de JSephthé^ dans le tableau d. Resteraient à interpréter les trop rares hiéroglyphes qui accompagnent quelques-unes des figures du triple tableau b} c, d, et concourent avec ces figures mêmes à le rapprocher du tableau central du fond de la caisse, a : mais l'explication que nous en pourrions essayer ne nous offre guère plus de certitude que celle que nous avons tentée plus haut des hiéroglyphes de celui-ci. Les caractères exprimant les idées de fille et dé maison ou demeure paraissent affectés, dans tous les deux, soit à Y urœus, soit à Nephthé ; la déesse, d'ailleurs, et l'animal sacre, sont placés également au-
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dessus de l'image d'un édifice, temple ou tombeau, et dans le tableau a particulièrement, Yurœus se dresse sur le caractère symbolique, habitation. Ce même caractère accompagne le dieu ou les d'ieux-Jgathodémons, d et r (ici employé avec la marque du pluriel; l'autre caractère est l'article défini, féminin, ia maison, les maisons). Un groupe différent de caractères se montre sur la tète humaine du dieu accroupi, <7, et le même groupe renversé, placé entre le corps et la main gauche de Saté, a, peut bien aussi se rapporter au dieu presque semblable, accroupi pareillement derrière cette déesse (peut-être encore le voyons-nous employé au pluriel sur les tètes des deux génies de la scène intermédiaire, b ; quant au caractère isolé, placé au-devant de la tête de chien vis-à-vis c, ce pourrait être, non l'article, mais le simple signe du genre féminin, ou bien l'article employé comme tel). Ce groupe a-t-il un sens absolu, ou doit-il s'expliquer en relation avec la figure divine qu'il accompagne? Dans le premier cas, ce serait un nom propre dont nous ne voyons guère ni la valeur, ni le sens; dans le second, au contraire, il signifierait celui qui appartient à... et s'appliquerait naturellement au défunt (Petosiris ou Petomset, celui qui appartient à Osirr's ou à O/nset, en supposant que la figure représente ou l'un ou l'autre de ces dieux de X Amenti; et ainsi, dans l'explication des scènes du petit couvercle, nous avons lu sur la tète du défunt lui-même : l'Osirien, réprouvé d'Osiris, etc.). — Jusqu'ici nous avons parlé plusieurs fois de défunt, et les scènes décrites nous ont pré sente, en effet, plusieurs images d'un homme ou d'un oiseau à tète d'homme portant ce caractère', tandis (pie les deux couvercles du cercueil que nous avons sous les yeux figurent une femme : voyons si les peintures des côtés extérieurs de la caisse, comparées aux précédentes, ne pourraient pas nous conduire à la solution de cette difficulté. Ces peintures se partagent, de chaque côté, dans la hauteur du cercueil, en trois longues bandes, dont la première et la supérieure est une bordure générale, composée alternativement d'un urœàs et d'une feuille ou palme \ la seconde et fin ternie-
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diaire renferme, entre deux lignes d'ornemens, une légende hiéroglyphique continue, faisant partie du rituel funéraire ; la troisième enfin, ou l'inférieure, beaucoup plus large que ies deux autres, contient une série de scènes liées entre elles et dont nous allons donner une idée. La série commence évidemment à la tête et au côté gauche de la momie, qui est la droite ou spectateur, et se poursuivant, à partir des pieds, sur le côté opposé, revient se terminer vers la tète. Après deux lignes perpendiculaires d'hiéroglyphes, une première scène nous offre, dans une sorte de chapelle, un épervier mitre devant lequel est un urœus ; derrière, on voit un œil symbolique, élevant deux espèces de bras, et plus bas le symbole de la région inférieure. Deux nouvelles colonnes hiéroglyphiques séparent cette scène de la suivante, qui renferme une déesse debout, les ailes en avant, et portant un disque sur la tête; audevant, une croix ansée et un vautour, puis une légende hiéroglyphique, qui se remarque également sur les scènes du grand couvercle, et que nous verrons se reproduire sans cesse dans la série actuelle : elle est composée du caractère exprimant l'idée maison ou demeure; d'une étoile placée au-dessous, symbole ordinaire d'une constellation, et du segment de sphère, suivi de deux traits perpendiculaires : la déesse tient dans sa main la croix ansée et la palme ; en face est Phré ou le Soleil, assis dans une chapelle, ayant derrière lui une seconde déesse devant laquelle se dresse Vurœus. La troisième scène se trouve malheureusement effacée en partie : elle semble, du reste, avoir fait pendant à la précédente, car avec la déesse ailée, la croix ansée, le vautour, on y distingue des traces manifestes d'un personnage assis dans une chapelle adossée à celle de la seconde scène. Viennent deux autres lignes d'hiéroglyphes, et ensuite la scène principale de ce côté, qui en remplit tout le reste. Dans une grande barque est Osiris assis au centre d'un thalamus qu'il occupe seul ; devant lui, on voit sa légende habituelle et Vurœus, puis des offrandes; derrière, le thalamus., Phré avec le globe en tête, présidant au gouvernail ; au haut de la poupe, un sphinx bleu à tète rouge, tenant entre ses
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pattes un vase sacré ou un Canope surmonté d'un lotus incliné, avec le symbole de la région inférieure et la légende déjà signalée placés au-dessus (cette légende est également rapprochée d'un sphinx dans le grand couvercle) ; en dehors de la barque, un personnage debout a dans les mains une corde qui y est attachée : devant le thalamus, deux femmes, probablement deux déesses, coiffées du modius avec le diadème, font face à la proue, où l'on aperçoit un petit sphinx noir sur ses pattes; hors de la barque, sur une espèce de butte ou un autel, est un oiseau dont nous ne saurions déterminer l'espèce, et tout au bas de la proue, l'œil symbolique ou l'œil du taureau ; en avant cinq personnages divins, trois dieux et deux déesses, placés alternativement et séparés les uns des autres par des offrandes ou emblèmes divers, sont occupés à traîner la barque. Devant cette première partie de la scène se déroule perpendiculairement un grand serpent d'eau, et plus loin s'élève un autel chargé d'offrandes; une déesse à tète de lion, peinte en vert, et les bras étendus, est en rapport avec les personnes de la barque qu'elle semble appeler; puis l'on voit un prêtre immolant une gazelle ou une antilope, au-dessus de laquelle une légende de quatre vases en ligne indique probablement un sacrifice au Nil ; derrière le sacrificateur, une femme, qui parait être la défunte, offre un vase où brûle l'encens, et derrière cette femme est un oiseau à tète humaine, mâle et peinte en rouge, comme celle des oiseaux semblables qui se rencontrent sur le petit couvercle; le symbole de la région inférieure, suivi de deux colonnes hiéroglyphiques, termine la scène et ce côté de la caisse. Nous passons au côté droit dont les peintures s'ouvrent aux pieds par les deux légendes perpendiculaires de rigueur, après lesquelles plusieurs lignes ondulées, alternativement bleues et rouges, disposées obliquement, les unes au-dessus des autres, et séparées par des points, semblent marquer le passage d'un fleuve et notre descente sur la rive infernale qui conduit à la cité des morts, au ténébreux royaume de YAmenli. En effet, s'offre d'abord à nos regards, sortant des flots où il est encore à demi
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plongé, l'oiseau à tête d'homme, dernier personnage de la scène précédente : devant lui est un monument pyramidal, sans doute un tombeau, avec une porte; et plus loin, s'avait çant hors des eaux, un bœuf au corps vert ou bleu, tout parsemé d'étoiles, portant un urreus, puis, accroupis dos à dos, Horus, la palme en main, et Jnubis avec le crochet et le fléau; l'animal divin, qui paraît un Jpis, peut-être avec allusion au taureau céleste, est coiffe de deux palmes, au-dessus desquelles on voit la légende citée plusieurs fois, et en avant dieu grand; au cou du boeuf pend un lien où la tète d' Athor forme un nœud, et de riches offrandes posées devant lui, sutun bouquet de lotus, semblent lui être présentées par une femme, évidemment la défunte, dont la tunique verte se termine en queue d'oiseau ; cette femme, qui fait des libations au dieu-taureau, est ici accompagnée, non plus d'un oiseau à tête humaine, mais d'un jeune homme portant sur sa tête l'insigne commun aux morts et aux génies de X Amenti, et joignant ses offrandes à celles de sa compagne. Immédiatement, après se développe à nos regards la scène imposante du jugement : une déesse, le modias sur la tête et les mains élevées, semble transporter les offrandes que nous venons de voir; à ses pieds est un oiseau à tête d'homme, tenant la cassolette d encens; et en avant sont de nouvelles offrandes composées de vases, de fruits, de fleurs, etc. Le milieu de la scène est occupe par une grande balance noire, dont les plateaux sont rouges; un cynocéphale, assis au centre du balancier, a derrière lui un vautour escorté de la croix à anse et de Vurœus, devant lui un autre vautour, une autre croix à anse, suivis de trois vases niliaques, et toujours la légende dominante, qui paraît avoir trait à une constellation protectrice et où nous soupçonnons un horoscope astrologique; un dieu à tête de chakal, Jnubis, porte la main au fléau de la balance, ayant derrière lui l'œil symbolique du taureau et l'emblème delà région inférieure, devant lui un vase à bec, et, de l'autre côté de la lige de la balance, en face, un sphinx coiffé de Yurœus et la palme en main, qui très-probablement représente Jforu\,
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suivi de l'œil du taureau, avec Yurœus et le symbole de la région inférieure. Devant la balance, un dieu à la tète rouge, surmontée d'un œil, tient un roseau et semble écrire; des offrandes sont à ses pieds : ensuite paraît la défunte ou son âme, sous l'image d'une femme humblement inclinée et conduite par la déesse à tête de lion que nous avons vue sur le tableau opposé; cette déesse, accompagnée d'une lionne qui marche à ses côtés, présente l'âme au juge des morts, Osiris, siégeant sur son tribunal, derrière lequel se tient Nephthys. Deux lignes perpendiculaires d'hiéroglyphes nous annoncent une scène nouvelle, et en effet, nous voyons la défunte offrant l'encens à un dieu hiéracocéphale qui paraît être Phré, et qui cependant porte la légende d'Osiris ; derrière lui se tient Nephthys, suivie d'un autel que surmonte le disque solaire : mais cette scène est double et nous montre adossé aux précédens personnages un dieu assis, qui porte la coiffure emblématique de la région inférieure, et comme le précédent, la légende d'Osiris, accompagné d'Isis debout, et recevant d'un jeune homme placé en face de lui l'offrande de deux arœus. Après deux autres colonnes hiéroglyphiques, vient une dernière scène où l'oiseau à tète humaine présente à la coiffure habituelle du dieu Amman, posé sur un autel, toujours avec la légende d'Osiris (un œil et un tombeau en forme de bœuf); la cassolette d'encens. Deux lignes perpendiculaires d'hiéroglyphes terminent tout le tableau, comme elles l'ont commencé, vers la' tête de la momie. — Peut-être faut-il concevoir ainsi la pensée générale de cet ensemble de tableaux et de scènes, en prenant l'inverse de l'ordre que nous avons suivi dans notre description : l'âme d'une femme figurée tantôt sous sa forme propre, tantôt sous celle d'un oiseau à tète humaine, placée sous la protection et sous la conduite d'un génie à forme d'homme ou d' oiseau-homme, qui tantôt l'accompagne et tantôt la représente, après avoir passé le Nil et subi au tribunal d'Osiris, dans VAmcnti, sa sentence qui paraît favorable, monte dans la région inférieure du ciel, gouvernée par Sati, dans le royaume des âmes soumis au double sceptre de Tholh
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et de Pooh, où elle est environnée de tous les dieux et déesses, de tous les génies tutélaires qui y résident ; nous la voyons et nous voyons son représentant, son patron, qui nous semble être Api, l'un des génies de X Amenti (identique au bœuf Apis, corps perpétuellement reproduit de l'âme du monde, Osiris, et symbole de la transmigration universelle des âmes), faisant successivement des offrandes aux principales divinités du ciel inférieur, puis, par une transition qui est une sorte d'apothéose et se remarque à la fois sur les deux couvercles, mais principalement sur le petit, admis, dans le ciel supérieur, à présenter les mêmes hommages aux dieux supercélestes , aux dieux de lumière et d'intelligence ; en même temps, nous ne pouvons nous empêcher de soupçonner un certain rapport de plusieurs de ces tableaux, surtout de la grande scène de VAmentiy peinte sur le côté droit de la caisse, avec les constellations et les animaux sacrés du ciel, qui eux-mêmes sont en connexion intime avec la métempsycose, avec les incarnations divines, avec la doctrine des âmes, comme avec celle des dieux; peut-être enfin y a-t-il aussi, dans les accessoires et même dans la disposition générale, un autre rapport à l'astrologie non moins intimement liée avec la mythologie astronomique, dans le système égyptien. Voy. vol. I, p. 447, 4^3 sqq., 457, 462 sqq., 467, etc. ; et surtout les notes 4, 5, 6, 10, 11, 12, i3, passim, sur le liv. III. Compar. nombre de fig. précéd. et suiv., principalement fig. 160, 166, 173, 175, 178, 181, i83-i85, 190. — D'après un dessin communiqué par M. JoMARn, soigneusement revu, corrigé et complété sur le monument mis à notre disposition par la bienveillante obligeance de M. le baron Cuvier.
182 a. (LI). Adoration de la fleur de lotus : son calice ouvert surmonte l'œuf du monde, où sont marquées les cinq zones 5 sur les genoux du personnage en prières, on voit la clef du Nil, symbole de la divinité. Crf.uzer. (La figure accroupie n'est point un homme, mais un dieu, caractérisé, en effet, par la croix à anse, et qu'il faut rapprocher d'un personnage reproduit plusieurs fois au n° 182, a, b, c, d; l'offrande placée
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sur un autel représente plutôt des pains ou gâteaux sacrés que toute autre chose, et le lotus se retrouve également nombre de fois, incliné sur des offrandes funèbres, devant différentes divinités infernales, dans les diverses parties du sujet précédent.) Vol. I, p. /,o6; coll. note 5, p. 820 sq. — Fragment d'une caisse de momie, apporté d'Egypte par M. de Rùppell, et communiqué à M. Creuzer par MM. Boisserée.
182 b. (LI). Sarcophage en forme de taureau ou de vache avec un disque entre les cornes et une coiffure symbolique ; à une espèce de collier tient un attribut, dont fait partie une étoile inscrite dans un cercle, ou bien une roue; le fléau, emblème de la puissance et peut-être ici du pouvoir générateur, est placé sur le dos de l'animal sacré que recouvre un riche tapis bleu. Vol. I, p. 395, 468, 5oo, 5i3, et les notes sur le liv. III, p. 8o5, 849 sq., etc. Cette figure nous paraît avoir plus de rapports encore avec Athor qu'avec Isis ou Osiris. Compar. cidessus, fig. 140, i45, 146. — Thèbes, peintures du 5e tombeau des rois à l'est (p. 846). Descript. de l'Ég., Antiq., PL, vol. II, pi. 87, 6.
i83.(XLVI). Barl ou barque égyptienne que paraissent traîner quatre personnages à tête de chakal, précédés de quatre chaînais : un personnage à tête d'épervier, sans doute Horus, est au gouvernail, et fait, de la main droite, un geste dont il est difficile de déterminer le sens; devant lui est un œil symbolique, inscrit dans un cercle ou disque; et devant cet emblème, probablement astronomique, mais qui peut-être aussi n'est pas sans rapport avec le passage de l'âme dans X A menti ou enfer, l'on voit un dieu-chakal, Anubis, en face duquel élèvent des mains suppliantes deux femmes aux attributs de Sa té et de Nephthys et un second hiéracocéphale. Vol. I, p. 460-468, et les notes 11, 12, § 2, et i3 sur le liv. III. Compar. fig. 173, 17 5, l'explication delà fig. 182, p. 73 ci-dessus, et fig. 190. — 'Basrelief du grand temple à Dendera. Descript. de l'Ég., Antiq., PI., vol. IV, pi. 22, 2.
i84.(XLVI). Un personnage humain, défunt, et que nous croyons nn prêtre, tenant une main élevée, et dans l'autre, placée sur
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sa poitrine, une sorte de palme, symbole funèbre ou emblème de justice, est présenté par une déesse, qui porte sur sa tête une palme semblable, à la puissante Srité, caractérisée par le même attribut et en outre par le sceptre-lotus et la croix ansée. Dans l'espace intermédiaire, qui sépare cette première partie de la scène, de la partie opposée, on voit une grande balance dont les plateaux sont tenus en équilibre par Horus,Jils d'Isis, et Anebo (Anubis)... ; sur le fléau de la balance est assis un cynocéphale, image vivante de Thoth, accompagné de deux tètes de sphinx. Devant la balance, TVir^/f-Hermès ibiocéphale tient d'une main un sceptre dentelé, de l'autre un stylet, prêt à marquer un nombre quelconque sur le sceptre annuaire. En avant, Harpocrate, posé d'une façon bizarre sur le sceptre à crochet ou bâton augurai, et d'une main portant le fléau, de l'autre élevant un second lituus. Ensuite un monstre au corps de lion, à la tête de sanglier, placé sur un piédestal. Enfin, toujours en face du juge des morts, du noir Osiris, assis sur son tribunal et vers lequel se dirige toute l'action, une tige de lotus soutenant sur son calice ouvert les quatre génies de X A menti, ministres de Sérapis, qui semblent siéger avec lui; et plus près encore du dieu, un petit animal percé d'une flèche et dont la tête, séparée de son corps, paraît tomber dans un vase. Vol. I, ibid., et principalement la note 12, § 2, sur le liv. III, où cette scène est expliquée en détail : il faut comparer la description d'une scène de même genre, dans l'explication delà fig. 182, ci-dessus, p. 74 sq. — «Bas-relief du petit temple à l'ouest de Thèbes. Descript. de l'Èg., Antiq., PL, vol. II, pi. 35, 2.
i35.(XLVII). Un dieu à face rougeâtre, coiffé du Pschent, symbole de la domination sur les régions supérieure et inférieure, vêtu d'une tunique blanche, serrée, avec divers ornements entre lesquels nous remarquerons deux bâtons croisés sur la poitrine, et tenant dans ses mains une longue croix ansée et un sceptre recourbé ou lituus : ce dieu, qui nous paraît se rapprocher tle Phtha tà bien des égards, mais qui n'est peut-être que PwÂ-Lunus, souverain de l'air et de la région des âmes,
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est assis sur un troue ou fauteuil de forme singulière ; au-dessus de sa tête volent quatre oiseaux jaunes à tête humaine, probablement des âmes; devant lui, un homme debout, à forme de momie, de couleur bleue, et portant sur son épaule une espèce de balance; plus bas, sur les neuf marches qui conduisent à l'estrade où siège le dieu, neuf personnages aux chairs rouges et aux vêtemens blancs comme lui, probablement ses ministres, dans l'action de monter. Au milieu de la scène, et sans doute dans l'espace des airs, en sens contraire des neuf personnages et du défunt qui les précède, un hippopotame ou un sanglier de couleur jaune, dans une barque, est chassé par un cynocéphale bleu, la verge en main ; en avant, un second cynocéphale dans la même action; et plus haut, mais en sens opposé, un personnage à tète de chakal et aux chairs rouges. Il est bien à regretter que les légendes hiéroglyphiques dont cette scène relative, comme tout l'annonce, aux destinées de l'âme après la mort et à la métempsycose, était environnée de tous côtés, n'aient pu être copiées, à quelques groupes près : ces légendes sont évidemment en rapport avec celles que l'on voit à droite et à gauche d'un grand serpent jaune qui se déroule du haut en bas en dehors du tableau. Voy. vol. I, ibid.y et note 12, § 2, sub fin. : compar. la scène précédente et divers détails de l'explicat. de la fig. 182, surtout p. 67 sq. — Thèbes, tableau peint à l'entrée du 5e tombeau des rois à l'ouest. Descript.de tÉg., Jntiq.,Pl., vol. II, pi. 83. 86 a. (XLIV). Un héros d'une taille gigantesque, paré d'une riche coiffure que décorent plusieurs urœus, emblèmes de la puissance royale, tient d'une main une hache d'armes levée sur un groupe de victimes enchaînées, qu'il saisit de l'autre par un lien qui les réunit toutes. Ces victimes, au nombre de vingt neuf, sont à genoux et lui tendent des mains suppliantes; elles paraissent représenter des femmes; celle du milieu, qui est seule de face, offre même une ressemblance frappante avec la figure connue d'Jthor, 1 54, et porte dans sa main gauche une petite idole d' Amman qu'elle applique sur sa poitrine. Au-dessous de ce groupe artiste ment disposé, deux hommes ayant chacun
une palme (symbole de justice ou de mort?) sur la tète, soûl couchés dans la poussière, aux pieds du monarque sacrificateur. Ce sacrifice, d'ailleurs, nous semble être symbolique, au moins par sa forme; mais nous ne saurions en déterminer le sens précis. Vol. I, p. 43o sqq., et les notes sur le liv. III, p. 81 3 et 893. — Sculptures du grand temple de Philes. Descript. de PÉg., Antiq.^ PI., vol. I, pi. i5, f. 16.
*86 b. (XLIV). Un personnage, probablement un guerrier, coiffé de la partie inférieure du Pschent, symbole de la domination sur la région inférieure du monde, dans la même action que le précédent. Le groupe de victimes est composé seulement de trois ou quatre hommes à longues barbes, que le héros saisit parles cheveux également longs ; tout annonce des prisonniers d'une race de nomades, d'Arabes pasteurs, ennemis de l'Egypte; deux d'entre eux tiennent dans leurs mains des palmes semblables à celles que portent, sur leurs tètes, les deux hommes couchés de la scène précédente, 186, a. Le sacrifice, que nous croyons réel ici, se consomme en présence d'Horus à tète d'épervier, coiffé du Pschent, et tenant d'une main une arme recourbée qu'il élève, de l'autre le sceptre à tête de coucoupha avec des liens. Mêmes renvois que ci-dessus. — Bas-relief d'un temple égyptien à treize lieues est d'Edfou, dans le désert. Cailliaud, Voyagea F Oasis de Thèbes, etc., pi. III.
i87.(XLVIII). Grande figure en état d'érection, lançant au loin des jets de liqueur séminale figurés par de petits points rouges. Un petit homme, dans la position d'un personnage assis, paraît être le produit immédiat de l'acte générateur. Douze autres figures emmaillottées et couchées, que l'on voit rangées six par six de chaque côté, les unes au-dessus des autres, en sont peut-être aussi des résultats antérieurs : cependant Pacte ne paraît concerner immédiatement que le petit homme dont nous avons parlé, et un autre qui est placé en avant, au-dessous des figures de momies, qu'il semble soutenir ou recevoir de sesbras élevés. Les autres jets conducteurs partent, en avant, de six étoiles groupées, et aboutissent à six petits globes en communication avec les six figures antérieures; en arrière, au
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corps même du générateur, ou d'une ligne semi-circulaire de points, qui le coupe à mi -corps et se trouve interrompue par deux globes ou disques , plus grands que les six 'petits qui communiquent également avec les six figures postérieures. Un groupe de trois étoiles est en dedans du demi-cercle , en arrière de la tête du générateur. — Une représentation analogue à celle-ci offre quelques caractères et variantes qu'il est bon de noter : la grande figure a la face verte, une tunique blanche et les membres couleur de chair; les petites figures en ligne, alternativement homme et femme et dans le costume égyptien ordinaire, sont tournées l'une à droite, l'autre à gauche, et l'homme élève des mains suppliantes vers la femme; il n'y a ni petits globes, ni filets conducteurs ; en avant de la grande figure, on voit un grand disque et un groupe de sept étoiles, en arrière deux groupes chacun de sept étoiles, le premier, également accompagné d'un disque. Voy. vol. I, notes 6, i3 et i5 sur le liv. III. — Scènes cosmogonico-astrologiques peintes dans le tombeau des rois , à Thèbes. Descript. de FÉg., Antiq., PL, vol. II, pi. 8/», 6 ; coll. pi. 92, 1 1. • 187 a. (XLVIII). Scène triple, du même ordre que la précédente, 186. Les trois scènes, qui composent un seul tableau, ne diffèrent l'une de l'autre que par la seconde ligne des légendes hiéroglyphiques qui les accompagnent. Le principal personnage est un homme debout, courbé sur ses reins en arrière, de telle sorte que tout son corps, dans une position horizontale, forme avec ses jambes collées l'une à l'autre un angle droit, tandis que sa chevelure ou coiffure pendante forme une perpendiculaire parallèle aux jambes: la figure, entièrement noire, est dépourvue de bras, et son organe viril lance la semence, d'où naît un petit homme rouge, dans la posture de celui des précédents tableaux, mais tourné en sens contraire, c'est-àdire en face du générateur. Un disque ou globe rouge domine celui-ci , et le jet séminal est marqué par une série de globules delà même couleur. Un jet semblable de pareils globules part des pattes d'un scarabée noir, placé sous la grande figure à laquelle il se rapporte et par la position et par la couleur, et
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aboutit à sa bouche un petit scarabée rouge, qui paraît se rapporter à la petite figure de même couleur, s'élève perpendiculairement au - dessus du grand. Voy. la note 1 5 sur le liv. III. — Thèbes, peintures du cinquième tombeau des rois, à l'est. Descript. de l'Ég.y Antiq., PL, vol. II, pi. 86, i. 187 b. (XLVIII). Scarabée ailé portant double tète, celle d'un bélier avec la coiffure d'A/nmon, et celle d'un épervier avec la coiffure de Phtha-Sokari ou d'Horus. L'insecte divin tient dans ses pattes un symbole, qui paraît être l'emblème du monde créé par les dieux qu'il représente. Voy. la note i5 sur le liv. III. — Grand temple d'Edfou. Descript. de VÉg.y Antiq. , Pl.y vol. I, pi. 60, 12.
88. (XLVIII). Disque ordinairement peint en rouge, d'où partent deux vastes ailes surbaissées et peintes de couleurs variées ; deux grands urœus, emblèmes de la souveraine puissance, sont suspendus à ce globe ailé, l'un coiffé de la partie supérieure du pschent , décorée en forme de mitre, l'autre de la partie inférieure, ornée du lituus ou bâton augurai, pour exprimer la domination sur les régions d'en haut et d'en bas; tous deux portent en outre, passés dans un anneau ou une couronne d'un sens peu connu, deux palmes ou plumes, insignes connus de la victoire; entre les urœus tombe, de la partie inférieure du globe , un faisceau composé de trois séries de triangles rentrant par le sommet les uns dans les autres. Immédiatement au-dessous du faisceau, une déesse accroupie, coiffée d'un disque entre deux cornes, et tenant dans ses mains appuyées sur ses genoux la croix à anse, signe de la vie, est placée dans un disque à demi engagé dans la base qui le reçoit; à droite est une déesse semblable à la première et dans la même attitude, mais assise sur un rectangle divisé par la moitié, auquel tiennent deux appendices; à gauche, un dieu à tête d 'épervier, coiffé du disque solaire, est assis sur une base carrée munie de pareils appendices, mais dans l'un des deux angles inférieurs de laquelle semble pratiquée une porte (c'est l'image d'un édifice ou d'une demeure). La scène tout entière, terminée en bas par une ligne d'étoiles, est flanquée de deux grands
sceptres, dont l'un, de ce même coté, porte un emblème qui doit être celui de la région supérieure , l'emblème de la région inférieure surmontant l'autre au côté opposé; deux grands urœits faisant face aux deux qui occupent l'intérieur de la scène, et coiffés d'attributs parfaitement correspondais, sont entrelacés dans les deux sceptres, dont le premier forme, en outre, une croix à anse, à moitié de sa hauteur. Deux légendes hiéroglyphiques, exactement semblables , placées entre les sceptres et le grand disque ailé, à droite et à gauche, ne nous
I font distinguer clairement que les titres : Grand Dieu, Seigneur de la région supérieure ou céleste (nous soupçonnons dans les caractères qui suivent l'hiéroglyphe du ciel, le sens naturel et complétif : et de la région inférieure, dont le nom suit probablement et se termine par un disque engagé dans une base, comme celui dans lequel est inscrite la déesse centrale aux cornes de vache). L'ensemble du tableau plusieurs fois reproduit à la frise du grand temple de Dendera , lequel était consacré à Athor nous paraît représenter le grand symbole de Thoth-Herrnès trismégiste, révélation du Dieu suprême, source de lumière, de vie et de puissance, répandant ses célestes influences sur la patronne du temple , Athor ou Vénus (qui tient peut-être ici la place de la Lune), assise entre Phré, ou le Soleil , et Isis (peut-être ici comme Sothis), chacun dans son domicile respectif. Ce tableau offre une analogie très-frappante avec celui qui se voit à l'extrémité de la premièrebande du zodiaque rectangulaire sculpté au portique du, même temple : nous y reviendrons à cette occasion , ci-après, iig. 192. Voy. vol. I, p. 439, 441, 5i8, 52o; et surtout les notes du liv. III, p. 760, 824 sqq., 835, note 10, passim,\>. 85i sqq., notes i3 et i5, p. 898 sqq., go3, 927, 960. — Descript. de l'Ég., Antiq., PL, vol. IV, pi. 23, 3. « 89 . (XL VIII) . Cette bande faisant partie d'une grande frise sculptée au portique du temple principal d'Edfou , présente des rapports plus directs encore avec le zodiaque ; mais c'est du zodiaque du grand temple d'Esné, gravé dans la même planche, fig. 191, qu'elle se rapproche particulièrement. La plupart des personnages, aussi nombreux que bizarres, qui y sont clé-
S/j RELIGION DE L EGYPTE.
peints, paraissent être des constellations, comme le prouvt cette étoile, signe distinctif d'espèce, qui termine leurs légendes hiéroglyphiques". Sans nous hasarder à lire ces légendes, qui, toutes plus ou moins différentes les unes des autres, semblent désigner des divinités également différentes, nous nous bornerons à remarquer que toutes les figures, à l'exception de la première, ibiocéphale comme le second Thoth, et de celle du centre , qui est une femme en équilibre , dans une position singulière, se réduisent, quant aux formes, à deux types principaux : i° des déesses à tète de lion, toutes assises sur des trônes, excepté une seule (peut-être un dieu plutôt qu'une déesse) et tenant le sceptre lotus; iQ des serpens d'espèces diverses et dans diverses combinaisons et positions. Tous les personnages debout, y compris deux serpens, dont l'un est monté sur des jambes humaines, l'autre n'a de l'homme que les bras, portent dans leurs mains deux vases qu'ils semblent offrir, comme font les personnages correspondans du zodiaque d'Esné. Cette scène se lie indubitablement aux précédentes et aux suivantes dans le bas-relief complet que donne ia Description de l'Egypte. Confér. fig. 190 ci-dessous, et voy. vol. I, notes i3 et i5 sur le liv. III, p. 925 sqq., g52 sqq. Descript. de l'£g., Antiq., PL, vol. I, pi. 58.
.(XLVIII.). Cette bande qui fait suite à la précédente, mais non pas immédiatement, occupe le milieu de la frise et par conséquent du portique : ce doit être le sujet principal de ce grand tableau astronomique. En avant, sont quatre personnages, dont les deux plus remarquables portent, l'un une tête d'épervier, surmontée d'un disque, dans lequel est une étoile inscrite, l'autre une tête de bœuf; tous deux tiennent en main le sceptre des dieux bienfaisans et le signe de la vie divine, et ils sont accompagnés alternativement de deux ministres ou satellites à peu près semblables entre eux. Nous retrouverons ces quatre personnages sur les zodiaques; mais nous ferons observer, en attendant, que la légende t\i\ dieu à tète de bœuf, terminée par le signe d'espèce bœuj\ se lit très-distinctement Jp ou Jpi. \\cn\ ensuite une barque thàta-
mége, et dans le thalamus qu'elle porte, un disque flanqué de deux urœus à tête de lion, au centre duquel est accroupi un dieu à tète de cynocéphale. Plus loin , mais en rapport avec la barque, un petit personnage à tête d'ibis élève les mains vers un œil symbolique, posé au-dessus d'un croissant, que soutient un lotus porté sur une espèce de colonne. Un escalier de quatorze degrés aboutit, de l'autre côté, au même œil; et au bas de cet escalier, se succèdent quatorze personnages en marche, dont le premier a le pied sur le premier degré. Ce personnage coiffé du psc/ient, mais dont la légende n'est point lisible pour nous, paraît être le Mars égyptien, sous sa forme humaine; le second, dont la légende se lit Sou ou Soou, peut être ou un Jupiter subordonné, ou l'Hercule égyptien, Sôm ou Gomy avec une palme, feuille ou plume sur la tête; le troisième est une déesse à tète de lion , coiffée du disque avec V urœus ^ et que sa légende nous fait reconnaître pour Tafnë ou Ta/net; le quatrième n'est point reconnaissable, ayant la partie supérieure du corps mutilée; le cinquième, qui est un dieu coiffé de la partie supérieure du pschent^ et le sixième qui est une déesse avec un vase sur la tête, peuvent être Seb et Sonteb, sans qiie nous osions l'affirmer; le septième est Horus à tête d'épervier coiffé du pschent ; le huitième et le neuvième sont deux déesses, Isis et Nephthys ; le dixième, assez semblable aux deux satellites qui précèdent la barque, surtout au dernier, soit pour le costume, soit pour la légende, nous est in connu jusqu'à présent : quant aux quatre derniers personnages distingués de tous les autres par leur forme demomies, ce sont les quatre génies de VAmenti ou enfer, déjà signalés plusieurs fois (cidessus, fig. 181, 182, 184), le premier à tête humaine, Amsetou Omset; le second à tète de cynocéphale, Ap ou Api; le troisième et le quatrième à têtes de chakal et d'épervier, dont les légendes n'ont point encore été suffisamment étudiées. Une quinzième figure , qui ne paraît point appartenir à la série précédente, est encore le dieu à tête d'ibis, bien connu comme Thoih second, assis les deux jambes collées l'une à l'autre, le bras gauche pendant, et portant sut la main droite le même œil symbolique
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avec lequel nous l'avons vu en rapport ci-dessus. La légende gravée au-devant de sa tête ne peut-elle pas se lire : Soleil on jour de Tholh ? Nous aurions alors une confirmation bien évidente de l'interprétation proposée par M. Jomard et adoptée par M. Creuzer, de l'ensemble des scènes de cette frise, et notamment de la scène actuelle : le solstice d'été et les approches de l'inondation du Nil , phénomènes auxquels le serpent ou l'hydre, le lion et les vases, coupes ou canopes de la scène précédente, sont autant d'allusions; la néoménie la plus voisine du solstice (figurée par le croissant les pointes en haut), néoménie qui a lieu dans le Cancer, domicile de Thoth-Mercure (le Cynocéphale dans la barque), et où se fait l'exaltation de la planète de Jupiter ( l'astre d'Osiris représenté par l'œil ), d'où part en même temps le premier jour du mois de Thoth et de l'année rurale, après le lever de Sirius (que nous semblent indiquer les constellations qui précèdent la barque). Voy. notes du livre III $ passim , et surtout p. 801 , 820, 835, 864 sqq., 899 sqq., 903, 929 sq., etc. — Descript. de tÉg., Ibid., ibid. 191 .(XLVIII). Ce zodiaque , qui est celui du grand temple d'Esné, dont l'entrée regarde le levant, est formé de deux bandes con tiguës et parallèles l'une à l'autre, sculptées le longdu côté sud du plafond. Les deux grandes figures de femmes qui les embrassent et que l'on doit supposer réunies en une seule, tout comme les deux bandes elles-mêmes sont censées se rejoindre par les extrémités , représentent Tpé , Tphé , ou Tiphê , la déesse Ciel, l'Uranie égyptienne , le Ciel divinisé. Ces figures sont sur leur largeur, en sorte que l'une est en travers près de l'entrée ou à l'orient, la tête et les bras vers le nord, et les pieds vers le mur latéral ou vers le sud, et que l'autre est dans le fond du portique, également en travers et regardant la première. La bande septentrionale offre une série de personnages astronomico-mythologiques, dirigés, en général , d'orient en occident, la tète au nord et les pieds au sud, et paraissant entrer dans le temple: i° deux petits lions, l'un au-dessus de l'autre, et deux hommes ou dieux à tètes de lion, après lesquels marche le Lion zodiacal , environné d'étoiles, comme tous les
autres signes, et qu'une femme tient par la queue ; au-dessus un lion, mais dos à dos avec lui, un héros armé d'une flèche et d'un coutelas (dans le zodiaque du petit temple au nord d'Esné, ce personnage est dans le sens même du lion et marche devant lui); 2" le Cancer, qui paraît être plutôt ici un scarabée, et au-devant plusieurs serpens diversement combinés, un grand épervier ou vautour ailé à tête de crocodile; plus haut et en arrière, un emblème portant trois tiges de lotus, dont les deux extrêmes sont brisées; 3° les Gémeaux, hommeet femme, marchant l'un à la suite de l'autre, les mains sur la poitrine; devant eux , un personnage poussant avec un bâton un petit bélier; 4° le Taureau placé en travers et la tête en sens contraire des précédentes figures, portant sur sa croupe un disque dans un croissant, symbole de la lune qui a son exaltation sous ce signe; en avant, un personnage debout à forme de momie (qui se retrouve couché dans une barque, bien au-dessous du Taureau , sur le zodiaque (\\\ petit temple); 5° le Bélier, ayant le corps en sens opposé à celui du Taureau, et la tête tournée en arrière; au-dessus de sa croupe, un disque, probablement celui du soleil qui a son exaltation clans le Bélier; 6° les Poissons , en travers comme le Bélier et dans le même sens; devant eux une suite de dix-sept personnages, qui termine cette bande et se poursuit dans l'autre : on y remarque , dans celle-ci , un homme debout portant le fléau et coiffé des cornes de bouc avec le disque; un homme ou un dieu à tête de bélier, assis, tenant d'une main la croix à anse, et de l'autre élevant un instrument qui paraît être le sistre ; un crocodilocéphale debout, tenant à deux mains une espèce de barre; deux hommes à tête de bœuf, face à face, et se donnant la main; puis des personnages aux corps et aux têtes de serpent, des hommes à tête de lion , [presque tous portant des vases et entremêlés de femmes assises ou debout, un serpent dressé et une tête humaine sur un corps de serpent, etc. La bande méridionale revient, en quelque sorte, sur la précédente , qu'elle continue , les personnages qui y figurent se dirigeant d'occident en orient et paraissant sortir du temple où entrent les autres, mais ayant de
même la tète et les pieds nord et sud. Les premiers qui se présentent, au nombre de dix-sept, terminent eette longue procession commencée à la fui de la bande d'en haut : ici, outre lesserpens dressés et les hommes à tête de serpent et de lion , offrant des vases, l'on voit plusieurs personnages à tête de chakal, assis ou debout, et deux grands serpens à nombreux replis, placés sur deux bases quadrangulaires , le dernier, surmonté d'un serpent plus petit, lequel a au-dessus de lui une espèce de double sphinx avec deux têtes de crocodile, tournées l'une à droite, l'autre à gauche; en avant, après un homme léontocéphale, flanqué de deux petites figures accroupies et d'un serpent dressé sur sa queue, une dernière ligure fort bizarre, corps humain assis sur un trône, mais ayant pour bras deux triangles allongés en ligne horizontale, pour tête une palme ou feuille, interrompt la marche des signes. Suit 7» le Verseau ^ homme épanchant l'eau de deux vases ou urnes ; 8« le Capricorne, portant sur sa queue de poisson un homme debout, qui tient dans ses mains un sceptre (?) et des lotus ; ga le Sagittaire avec son arc bandé, centaure à deux faces, de femme et de lion, à queue de scorpion, marchant dans la même direction que le Capricorne , mais les pieds tournés en sens contraire; après lui, deux grands serpens ondulés , ayant entre eux deux serpens plus petits ; puis deux hommes à tête de chakal, puis un crocodile, au-dessous un serpent ailé à contresens, et entre les deux un symbole particulier; io° le Scorpion , dans la forme ordinaire ; 1 1° la Balance , femme penchée portant cet instrument et ayant devant elle un homme ou plutôt un dieu à tête de bœuf, qui appartient à la figure suivante; ia° IsiVierge, femme coiffée d'un bonnet pointu ou de la partie supérieure du pschent, et portant à deux mains un épi ; en avant marche un sphinx au corps de lion , à la tête de femme, coiffé du disque avee Yurœus , et par là consacré au soleil; au-dessous est étendu un petit serpent, et plus bas encore deux grands urœus ailés , unis l'un à l'autre par de nombreux replis, se dressent eu sens opposés, ayant entre leurs ailes deux petits scarabées; enfin quatre personnages terminent
cette bande et le zodiaque entier, le premier assis, ayant une tète de bœuf, le second portant sur un corps d'homme un disque au lieu de tète, le troisième à tète de chakal, et le quatrième à tête humaine. — Sil'on rapproche les deux extrémités de ces bandes, qui se rejoignent à l'endroit de la Vierge et du Lion, et que l'on observe la procession des trente-quatre personnages , prolongée des Poissons au Verseau , signes opposés , et se dirigeant tout entière vers le dernier de ces signes, on restera convaincu de la grande analogie du sujet principal de ce bas-relief avec la frise du temple d'Edfou, précédemment expliquée , et qu'il faut comparer ( ci-dessus , fig. 189, 190, et les renvois indiqués. Comparez encore, outre l'explication des deux zodiaques de Dendera (192, *9$), l'autre zodiaque d'Esné, beaucoup plus riche et plus important que celui-ci, quoique ayant la même disposition générale , mais malheureusement mutilé depuis la Vierge jusqu'au Sagittaire. — Descript. de l'Ég.,Antiquit.y PL, vol. I, pi. 79, coll. 87. i92.(XLIX). Ce zodiaque évidemment plus régulier, plus complet et d'un objet plus général que le précédent, est également formé de deux bandes parallèles, mais séparées, et composées chacune de deux séries contiguës de figures. Il est sculpté au plafond du portique du grand temple de Dendera, dont l'entrée regarde le nord ; la bande supérieure est le long du côté occidental ; la bande inférieure, du côté oriental. Ces deux bandes sont embrassées, chacune sur sa longueur, par une grande figure de femme dont les pieds sont vers l'entrée, la tête et les bras vers le fond du portique ; par conséquent, les pieds sont au nord et les tètes au sud. On doit supposer que ces deux figures n'en font qu'une, qu'elles se touchent par tous les points, et que leurs extrémités supérieures et inférieures se rejoignant, elles enveloppent le zodiaque comme dans un cercle, quia son centre au pôle et sa circonférence à l'horizon. De la sorte, on obtient la représentation visible du ciel, ou de cette vaste mer du firmamentque les Égyptiens avaient personnifiée sous l'image de la déesse Tpé, le corps prodigieusement allongé, les bras et les jambes formant deux angles avec le corps , les mamelles pen-
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daiites, un scarabée aux ailes d'épervier, symbole de la lumière créatrice, placé sur la poitrine, et vêtu d'une tunique figurant les eaux du céleste océan, au moyen de lignes onduleuses , entre lesquelles règne du haut en bas une ligne droite ou guirlande de fleurs de lotus, emblème de l'enfantement de toutes choses par l'humide. En même temps, il faut remarquer que, dans chacune des deux bandes horizontales , supposées n'en former qu'une seule circulaire, la série supérieure rapprochée du centre du tableau est également centrale par rapport au ciel et roule autour du pôle boréal, tandis que la série inférieure touche à l'horizon et à l'hémisphère austral. Toutefois le tableau ne présente que l'hémisphère septentrional et se dirige tout entier vers le pôle nord ; voilà pourquoi toutes les têtes des figures sont tournées au centre dans l'une et l'autre bande, la bande d'en haut regardant l'orient et la partie orientale du ciel qu'elle dépeint, celle d'en bas regardant l'occident et l'hémisphère occidental dont elle offre l'image. Les personnages de la première marchent au sud et semblent entrer dans le temple 5 ceux de la seconde marchent au nord et semblent en sortir : ceux-ci descendent le Nil, et ceux-là le remontent; car la double Tpé est étendue précisément dans le sens du Nil, où le ciel se réfléchit, et le ciel , comme le Nil , est an fleuve-océan sur lequel voguent les astres portés dans des barques. De la bouche de la déesse s'échappe entre le Verseau et le Capricorne, double domicile de la planète de Saturne, le globe ailé , symbole de Thoth trismégiste ou du premier Ihoth et du monde créé dans le temps par le Verbe divin qui l'anime ; à l'extrémité opposée et aux aines, à l'endroit des parties génitales, du côté du Lion , domicile du Soleil , est un scarabée avec une grande aile, et du côté du Cancer un disque projetant obliquement un faisceau de rayons lumineux, sur une tête à oreilles de vache, qui est celle d'Jt/tor, placée au-dessus du temple de Tcntyra, dédié à cette déesse. Ce sont autant d'emblèmes du soleil régénérateur, près de féconder la nature par les eaux célestes du Nil, vers le solstice d'été, et de l'ouverture de l'année rurale, de la création annuelle, à la nouvelle lune
du mois do Thoth , entre le Cancer, domicile de la Lune, et les Gémeaux , domicile de Thoth-Mercuie ou du second Thoth, qui a son domicile et à la fois son exaltation, au delà du Lion , dans la Vierge , sous l'influence de laquelle s'opère l'inondation créatrice. La double création par les eaux, l'une au solstice d'hiver, l'autre au solstice d'été, en regard l'un de l'autre, semble donc exprimée par la disposition générale et les images les plus frappantes de ce tableau astronomique , calendaireet religieux tout ensemble, dont nous allons tâcher d'expliquer les principaux détails. Le commencement de la marche des signes et des constellations, et très-probablement aussi l'ouverture de l'année tropique , pour l'époque rapprochée de notre ère à laquelle se rapportent également les zodiaques de Dendera et ceux d'Esné, sont indiqués par la pyramide solsticiale, tombant obliquement sur le temple situé assez loin de Syène au nord. Le solstice vient de passer le Cancer ou scarabée jeté cependant fort près , sur les jambes de Tpé, et placé dans la bande supérieure qui le retient encore : comme premier et dernier des signes à la fois , il ouvre et ferme tle zodiaque et l'année , par sa position et sa marche indécises. Suit, dans la bande inférieure, i° le Lion marchant le premier d'un pas décidé, à la tète de la série descendante des signes : il est monté sur un grand serpent ( peutêtre la constellation de l'Hydre), une femme tient sa queue (on croit que c'est la Coupe), et au-dessous de lui sont placés , dans des barques, ses trois Décans, constellations voisines de l'hémisphère austral (le premier nommé Chnachnoumert, comme on lit très-bien sur le zodiaque circulaire ci-après; le second Hépé, comme il paraît devoirt se lire ici; le troisième Phupê, effacé par l'accident qui a enlevé des portions d'autres figures à cet endroit). 20 La Vierge vient après, tenant un épi : devant elle sont deux femmes, plus loin un grand serpent replié sur lui-même dans un rectangle (peut-être le symbole du Nil), et plus loin encore, la partie supérieure, seule visible aujourd'hui, d'une femme élevant un enfant sur sa main (Isis, compagne de la Vierge, avec Horus ) ; derrière la Vierge on voit un person-
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nage à tète de bœuf, ayant pouf légende un épervier avec la même tète (on y reconnaît le Bouvier), puis deux femmes représentant des constellations comme les précédentes; au-dessous de ces astérismes paraissent les trois Décans de la Vierge ( Tomi ou Thumis , Questucati ou Thopitus , Aphoso ou Aphut : la légende du troisième personnage, à partir de la cassure, peut se lire Thopi ; celle du quatrième, Thomis). 3° La Balance ayant entre ses deux bassins un disque qui rentre un peu dans la base qui le soutient, et dans lequel est inscrite une petite figure portant la main à sa bouche; un second disque suit avec une femme debout au centre ( probablement Saturne qui a son exaltation sous ce signe, et Vénus qui y fait son domicile) ; puis trois figures dont la dernière, tenant dans ses mains deux vases , a le corps d'une laie, les pattes d'un lion et la queue d'un scorpion : au-dessous du signe sont ses trois Décans (Souchoë ou Serutchuth, Ptéchouï ou A terchinis, Chontarê ou Arpien). 4° Le Scorpion ; derrière lui, un oiseau à tête humaine ( cet oiseau, et le personnage à queue de scorpion qui est de l'autre côté , n'auraient-ils pas traita la planète de Mars, dont le domicile et l'exaltation sont ici?), et plus loin un chakal sur un instrument de labourage (le Renard, suivant quelques-uns, au nord du Scorpion : plutôt la petite Ourse au pôle) ; puis deux personnages , et au-dessous les trois Décans ( Stochnéné ou Sentacer, nom qui semble avoir des traces dans la légende du personnage qui porte un sceptre recourbé et un fléau ; Ses/ne ou Tepiseuth , qui paraît être l'Autel figuré avec le bras du serment ou du sacrifice et une tête au-dessus ; Siémé ou Senciner, la constellation du Cynocéphale , au sud du Scorpion , comme la précédente). 5° Le Sagittaire, ici avec une double queue et des ailes, sur l'une desquelles un oiseau est perché; puis une femme et un homme à tète d'épervier en sens contraire, ce dernier armé d'une pique, dont il menace un taureau mutilé de trois pattes et retenu par la quatrième, au moyen d'une chaîne, par un monstre debout à tète de crocodile, au corps de laie ou d'hippopotame, aux pattes de lion (ce groupe monstrueux, environné de sept étoiles, et qui se retrouve sur
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le zodiaque du petit temple d'Esné, avec un crocodile monté sur le dos de l'hippopotame, paraît représenter la grande Ourse, astre de Typhon : l'hiéracocéphale qui l'attaque, est peut-être la planète de Jupiter ayant son domicile au Sagittaire ) ; une femme qui a derrière elle un oiseau à tête de bœuf vient ensuite, et au-dessous les Décans du signe (Réuo, Eregbuo ou Erebiou, nom dont on aperçoit quelques élémens; Sesmê ou Sagen, le premier distinctement écrit devant le second hiéracocéphale coiffé d'un disque ; Chonimé ou Chénen). 6° Le Capricorne avec un personnage derrière lui, dont la légende semble se lire Canopi , et qui est peut-être Canopus ; les deux premiers Décans au-dessous( Themeso, Smat ou plutôt Cnat , qui se lit très-bien devant l'homme ayant un disque pour tète; Srô ou Epima) : le troisième Décan est rejeté à l'autre bande (Isrô ou Homoth), dans la série supérieure de laquelle sont plusieurs personnages qui sans doute appartiennent encore au Capricorne , par exemple Api à la tête de bœuf, en aspect avec le Bouvier de la Vierge. La division des deux bandes paraît donc se faire ici à l'extrémité du Capricorne fort rapproché du bord de la série descendante, et prêt à passer dans la série ascendante, où r]° le Ferscau rentrant semble lui céder déjà la première place, le solstice d'hiver ayant rétrogradé jusque vers le Sagittaire : en avant du Verseau , l'on voit successivement un homme à tête d'épervier monté sur un cygne (la constellation de ce nom), un sacrificateur sur le point de trancher la tête à une gazelle, et plus loin un homme sans tête suivi dedeux femmes (on conjecture ici des sacrifices au Nil représenté par le Verseau, sacrifices bien plus fortement exprimés sur le zodiaque circulaire et sur le rectangulaire du petit temple d'Esné) : au-dessous les trois Décans [Ptiau ou Oroasocr, Aseu ou Astiro, Ptébiou ou Tepisastras : ces deux derniers, femme et homme, embrassent une constella lion considérable, comme le prouvent les nombreuses étoiles semées entre leurs deux légendes réunies). 8° Les Poissons places horizontalement, ayant entre eux un rectangle allonge dans l'intérieur duquel sont des lignes brisées, image de l'eau
(le carré de Pégase) ; devant eux, un personnage à tête d'épervier et une femme; derrière, une autre femme, un grand disque dans lequel est un homme debout tenant par les pattes un petit porc (on croit que c'est le Porcher, constellation de ce nom , propre aux Égyptiens ; mais ce doit être plutôt une planète, soit Jupiter qui a l'un de ses deux domiciles aux Poissons, soit Vénus qui y a son exaltation) : au-dessous marchent les Décans du signe (un homme à tête de chakal, Abiou ou Àrchatapias ; un ibiocéphale, Chontaré ou Thopibui ; un hiéracocéphale, coiffé en outre d'un oiseau, Ptibiou ou Atembui). 9° Le Bélier accompagné d'un nombreux cortège : en avant, un hiéracocéphale avec une riche coiffure et le sceptre en main, puis deux femmes; en arrière, un personnage à tête de crocodile, une femme et un singulier groupe composé d'un cynocéphale assis, sur la tête duquel est un épervier coiffé du pschent, et d'une gazelle avec les jambes pendantes, unie dos à dos au cynocéphale (suivant les uns, le Triangle boréal ; suivant d'autres, Cassiopée, etc. : reste à savoir si le dieu à tête d'épervier qui marche en avant , ne serait pas le Soleil, dont l'exaltation est dans ce signe , et le crocodilocéphale qui marche en arrière, Mars qui y fait son domicile) : dessous, les trois Décans (Chontaré ou Asiccan, Chontacré ou Senacher, Sehet ou Asentacer, ces deux derniers assis sur le lotus, dans la position symbolique du soleil levant ou du soleil nouveau). io° Le Taureau paraissant supporter avec impatience un vaste disque dans un croissant (celui de la lune exaltée au Taureau ; Vénus y a de plus son domicile, mais nous n'en retrouvons aucune trace) : en avant, un personnage à double face, d'épervier et d'homme, puis deux femmes ; derrière, un homme tenant à deux mains un serpent (le Serpentaire et le Serpent) ; au-dessous, les Décans du signe (Choûs, A sicat ou Sicat, nom dont les principaux élémens existent dans la légende; Ero ou Viroaso , peutêtre encore Reinaor; Rombomaré, Atarph , peut-être le même que Ramanor). n° Les Gémeaux, ici une femme à tête de lion et un homme coiffé d'une plume, se donnant la main : devant eux , un homme et deux femmes; derrière, une femme
EXPLICATION DES PLANCHES. ç5
encore, seule tournée en sens contraire de toutes les autres (peut-être , comme on l'a pensé, pour indiquer la conversion du soleil au solstice), et sous toutes ces figures, les trois Décans obligés [Théosolk ou Thésogar, noms reconnaissants dans la légende; Ouéré ou Vérasua, et Phuor ou Thepisatosoa). i2°Le Cancer rejeté, comme nous l'avons déjà remarqué, au delà de la pyramide solsticiale : en deçà et en avant, indépendamment des Décans qui occupent la série inférieure dans leurs barques, l'on trouve ici la série supérieure occupée par un certain nombre de personnages montés également sur des barques. Le premier, dans une attitude animée et la tête tournée en arrière avec un bras levé vers un épervier, que porte une tige perpendiculaire de lotus , doit appartenir aux Gémeaux plutôt qu'au Cancer; et peut-être faut- il en dire autant de l'ibiocéphalequi est immédiatement au-dessous (le jeune homme nous paraît Orion, qui marchait sur les eaux ; l'épervier coiffé du pschent est le symbole d'Horus, dont l'âme était supposée resplendir dans cette constellation }la tête d'ibis, emblème du second Thoth ou d'Hermès, rappelle la planète de Mercure, appelée X astre dHorus, et qui a son domicile propre aux Gémeaux); vient ensuite une vache couchée dans une barque avec une étoile entre les cornes ( c'est Sothis , la constellation du grand chien, avec l'étoile d*Isis, déesse censée habiter cette constellation) ; derrière elle, dans une troisième barque, sont deux déesses debout, la première tenant le sceptre-lotus et la croix ansée, la seconde élevant deux urnes d'où s'épanchent deux filets d'eau. Les Décans paraissent ici difficiles à déterminer : si l'ibiocéphale en est un , et que le nom de Sothis, premier Décan du Cancer, lui appartienne, on concevrait le rapport et même l'espèce d'identité mythologique établie entre Thoth et Sirius ; le second Décan, Sith ou Syth, serait l'hiéracocéphale portant pour coiffure le disque avec Yurœus, symbole du Soleil, du dieu Phré ; enfin, il faudrait voir probablement le troisième, Cliumis ou plutôt Chnoumen [Chnoum, comme on lit très-clairement sur le zodiaque circulaire), dans le petit personnage coiffé du pschent, qui est debout à la proue
Ç)6 RELIGION DE l'bGYPTS.
de la troisième barque inférieure, ayant derrière lui deux déesses assises, dont l'une porte la eoiffure ô'Jtkor, l'autre nous est inconnue. Qui serait alors le serpent dressé sur un lotus, dans la dernière petite barque dont la proue se termine aussi en tète de serpent, c'est ce que nous ne saurions dire, ne pouvant déchiffrer sa légende. (A-t-il quelque rapport avec la planète de Jupiter, dont l'exaltation est au Cancer? Les déesses qui précèdent , ainsi que la tête d'Jthor, engagée dans la pyramide lumineuse, n'en ont-elles pas, d'un autre côté, avec la Lune, dont le domicile est au même signe, avec la planète de Vénus nommée Y astre d'Isis, comme Jupiter Y astre d'Osiris?) Sans compter les six grandes lignes d'hiérogîyphes./ dont deux séparent chaque bande du zodiaque en deux séries, et les quatre autres régnent au haut et au bas tant de l'une que de l'autre bande, deux inscriptions sont affectées particulièrement au Lion et à la vache Sothis, peut-être à toute la scène dont elle fait partie. — Non-seulement le zodiaque circulaire que nous allons décrire ci-dessous . mais le zodiaque du temple au nord d'Esné doivent être comparés avec le tableau actuel, surtoutpour'cette dernière scène, qui est capitale dans tous et présente dans le second des détails fort remarquables, tels que la tortue et l'ibis , animaux consacrés également à Mercure, tous deux placés vers les Gémeaux et le Cancer; Isis sur la barque où est couchée la vache de Sothis , et en arrière une longue procession de dieux et de déesses, dans laquelle on distingue, précisément sous le Cancer, un dieu hiéracocéphale aux attributs de Mandoulis ou Mandou-Ré ; un phallus ailé derrière le Lion, etc., etc. Voy. vol. I, p. /»36 sqq., 447 sqq. ; et surtout les notes 6 , 10 , i3 et i5 sur le liv. III, passim. — Descript. de l'Êg., Jntiq.,PL, vol. IV, pi. 20.
io/3.(L). Ce zodiaque, d'une autre forme que les précédens , et qui présente aux yeux un véritable planisphère, est orienté et au fond disposé absolument comme le zodiaque rectangulaire du portique de Dendera. Il appartenait au même temple que ce dernier, avant que MM. Saulnier et Lklorrain l'eussent transporté en France; mais il occupait la moitié du plafond de l'une
des pièces d'un appartement supérieur de ce temple, appartement dont les bas-reliefs sont entièrement consacrés à des sujets astronomiques. Une grande figure de Tpé ou Uranie , les bras et les jambes allongés, s'étendait du sud au nord, le long du côté oriental du tableau , c'est-à-dire dans la direction des Poissons au Bélier, et le séparait d'un autre tableau analogue qui couvre encore la seconde moitié du plafond ; deux bandes de lignes brisées ou onduleuses partant de la tête et des pieds de Tpé régnaient en outre sur les côtés nord et sud. Ce planisphère inscrit dans un carré se compose de deux cercles concentriques, dont l'un, formant médaillon, renferme le zodiaque proprement dit, porté par quatre figures de femmes debout aux angles (\u carré, et par huit figures d'hommes à tête d'épervier, placées deux à deux un genou en terre aux quatre points cardinaux; l'autre cercle, extérieur au zodiaque, prend ces douze figures à mi-corps et forme une bordure contenant une série d'hiéroglyphes ainsi divisée en huit parties. Quatre légendes hiéroglyphiques considérables se voient en dehors de la bordure, au-devant des quatre femmes tournées face à face comme les huit hommes; deux petites légendes particulières sont gravées en avant de deux des grandes, près des angles nord-est et sud-ouest, vis-à-vis de deux symboles compris entre les deux cercles , et dont l'un paraît désigner la région supérieure, l'autre la région inférieure, c'est-à-dire la partie orientale et la partie occidentale du ciel ( confr. fig. 188); aux angles opposés, mais dans le même intervalle des cercles, deux autres petites légendes semblent correspondre à ces symboles. Quant à la distribution du zodiaque renfermé dans le médaillon, si l'on renverse notre planche et qu'on la place devant soi, de telle sorte que le monstre qui est près du centre, ainsi que le chakal qui le précède au-dessus de la Vierge, tombent perpendiculairement aux pieds du spectateur, on verra le Lion ouvrir la marche des signes, qui le suivent dans l'ordre accoutumé, sur une ligne circulaire que le Cancer rend un peu spirale, en rentrant dans l'intérieur de l'anneau zodiacal, vers la tête du Lion. Au dedans et en de-
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hors fie cet anneau se rangent deux nouvelles séries de ligures, les constellations intra et extra-zodiacales, formées des étoiles qui se lèvent ou se couchent en aspect avec les douze signes, et qu'on nomme pour cette raison leurs paranatellons . Une dernière série, plus nombreuse et plus régulière que les autres, est celle qui se compose en grande partie des Décans placés sur le bord extrême du médaillon. Toutes les figures, à quelques-unes près, marchent dans le même sens; toutes ont leurs têtes tournées vers le centre du tableau, qui est le pôle céleste et qu'occupent les constellations boréales , tandis que les constellations australes se rapprochent plus ou moins de la circonférence. Ces figures reproduisant presque toutes celles du zodiaque rectangulaire , nous nous bornerons à faire remarquer quelques différences, sans insister sur les analogies beaucoup plus nombreuses. En partant des Gémeaux, dont le second répondant au nord est directement au-dessus de la tige de lotus surmontée de l'épervier, en arrière de laquelle se voit la vache de Sothis, on trouve, parmi les constellations extra-zodiacales, Orion armé du fouet et du sceptre à tête de coucoupha, ayant derrière son pied un oiseau chimérique, fort semblable à celui que l'on a pris pour le phénix sur les monuments (c'est le Lièvre ou trône d'Orion des Arabes); au-dessous, dans la série des Décans, est place un grand serpent à tête d'ibis, dont le corps se resserre en plusieurs replis ( M. Biot y voit l'Éridan ou le Fleuve, appelé chez les anciens ie fleuve d'Orion). Plus loin à droite, sur la même ligne et sous le Taureau, ont été rejetées par renvoi ( ainsi que plusieurs autres constellations, quoique le plus grand nombre soient en positions réelles, selon le même savant ) les Hyades, groupe considérable d'étoiles caractérisé par le porc ou la laie qui est au-dessous ( uaSsç de uç , en latin succulœ), et les sept Pléiades en avant d'une femme à genoux. Plus loin encore, sous le Bélier, paraissent, également au bord du cercle, quatre petites ligures au corps et à la queue de poissons, accompagnées de quatre ou de sept étoiles, plus ou moins (la constellation australe de la Baleine ou du monstre marin, d'après M. Biot;
MM. Jollois et Devilliers la reconnaissent , au contraire vt avec plus de probabilité, par opposition paranatellontique, dans le Lion marin qui est vis-à-vis, les pattes appuyées sur l'eau , immédiatement au-dessous de la Balance). Après les Poissons, qui ont au-dessus d'eux, du côté du Bélier, l'œil symbolique du taureau inscrit dans un cercle ( sans doute la planète de Jupiter ) , entre eux le carré de Pégase , et sous eux, dans un cercle également, le personnage tenant un porc, que nous avons déjà vu (et que nous avons pris pour une planète, zod. rectang., supra, p. 94), vient le Verseau, arrosant le Poisson austral, et plus bas, 011 voit à l'extrémité du médaillon, le Cygne ou l'Oiseau, placé ici par renvoi, puis un grand disque renfermant huit personnes à genoux; au-dessus du Verseau, dans l'intérieur de l'anneau zodiacal, est un quadrupède sans tête, et plus haut leméme quadrupède ou un autre, qui saisit par la tête un homme debout ( voy. à l'explicat. du zod. rectang. , p. g3, ce que nous avons dit sur ces emblèmes de sacrifices). Après le Capricorne qui porte sur sa croupe un homme à tête d'épervier , le Sagittaire courant à l'occident est surmonté d'un oiseau plus grand ici que celui qui perche sur ses ailes, dans le zodiaque rectangulaire (ce doit être la constellation de l'Aigle). Au-dessus du Scorpion (beaucoup trop rapproché du Sagit taire , si bien que M. Biot trouve ses étoiles principales se projetant sur les contours de la figure monstrueuse qui le précède, et qui nous paraît représenter Antarès), un personnage hiéracocéphale, le sceptre en main, le disque en tête, est assis sur un trône, dans une barque (c'est l'image ordinaire de P^re-Soleil, mais peut-être ici Mars à son exaltation). La Balance se montre ensuite ( surmontée d'un disque dans lequel nous semble figurée la planète de Vénus , pendant que le petit chakal qui à son tour surmonte le disque , nous semble avoir trait à Saturne exalté) ; au-dessous, un lion la gueule béante, dont il a été question plus haut (M. Biot le prend pour le Loup ou la Bête féroce des anciens), et en avant un homme à tète de bœuf avec un instrument d'agriculture (M. Biot y voit le Centaure; MM. Jollois et Devilliers, plus vraisemblable-
l on it v.h igi ON d j: f, e g y r i E.
ment le Vendangeur des anciens, appelé encore le nourricier d'Horus, et réuni par la suite en une seule constellation avec le Bouvier, également à tète de bœuf, qui est au-dessus ). La Vierge tenant l'Epi a au-dessous d'elle une femme assise portant un enfant debout sur sa main (c'est la Vendangeuse ou Isis avec son fils Horus , depuis réunie aussi à la Vierge, qui occupe une si grande place dans le ciel ). A l'extrémité de la queue du serpent ou de l'hydre sur lequel est monté le Lion , et sous les pieds de la femme que porte la queue de ce quadrupède, l'on remarque ici un oiseau (le Corbeau, à ce qu'on croit) : sous le Lion paraissent, immédiatement avant la vache Sothis, une femme assise élevant deux vases, et une autre femme tirant de l'arc ( la Flèche peut-être); enfin, bien audessus, et en sens contraire de tous les autres signes, le Cancer retourné ferme le cercle zodiacal (M. Biot observe que les étoiles du Cancer déplacé viennent se projeter sur le personnage à tête d'épervier qui est au-dessous , entre le Lion , les Gémeaux et Sothis : ce personnage nous paraît correspondre au premier Décan du Cancer nommé aussi Sothis , et portant une tète d'ibis sur le zodiaque rectangulaire; il porte ici pour légende l'emblème de la nouvelle lune surmonté d'un épervier : tout nous fait croire qu'il désigne Thoth-'Mexcxwe , qui donne son nom au premier mois, ouvrant l'année à la nouvelle lune la plus voisine du lever de Sirius, vers le solstice d'été). Ce que nous trouvons de plus remarquable, parmi les figures intra- zodiacales, c'est d'abord cet homme tenant à la main une tète de chèvre, à ce que l'on croit , mais peut-être plutôt un sistre, comme sur le zodiaque du petit temple d'Esné, en avant des Gémeaux (M. Biotyvoit, conformément à la première hypothèse, le Cocher et la Chèvre ) ; puis au-dessus dïi Bélier, ce groupe de trois animaux déjà signalé sur le zodiaque rectangulaire ( il le croit en rapport avec la figure sans tête assise sur le même rayon , au bord du médaillon , et y reconnaît les principales étoiles de Cassiopée, Persée et Andromède, constellations que MM. Jollois et Devilliers cherchent plus loin, dans les autres figures plus petites, assises au-dessus de la
Balance , et sont fort embarrassés de déterminer, ainsi que Céphée : peut-être les figures intermédiaires de l'homme saisissant un quadrupède, de l'autre quadrupède sans tête, et du second personnage, qui marche en avant tenant un sceptre, y sont-elles plus analogues; peut-être même Phiéracocéphale monté sur le Capricorne, et celui qui siège au-dessus du Scorpion, n'y sont-ils pas étrangers). Restent la grande figure monstrueuse, placée avec une arme près du centre du monument, et le petit chakal qui en est plus rapproché encore, tous deux regardant le nord : nul doute que ce ne soient les images de la grande et de la petite Ourse ; et, quant à la longue patte d'animal étendue au-devant et sur laquelle est couché un agneau, la tète tournée vers l'orient, il y faut voir des emblèmes mythologiques de même nature, mais qui ne sont pas plus connus, ni mieux expliqués jusqu'ici, que la plupart des symboles au moyen desquels les Égyptiens représentaient leurs constellations. Comparez l'explicat. des lig. 191 et
192, où les renvois au texte et aux notes sont indiqués Copie
réduite du dessin de MM. Jollois et Devilliers, renfermé avec le précédent, des mêmes auteurs, dans le vol. IV de la Descript, de l'Ég., pi. 21, revu et soigneusement conféré et rectifié sur le monument, actuellement au Cabinet des Antiques de la Bibliothèque du Roi, par M. J de l'Institut.
194. (LI). Pan, sous sa figure ordinaire, avec les pieds de bouc et le phallus, jouant de la flûte au centre d'un ovale que bordent les douze signes du zodiaque, coupés entre le Bélier et les Poissons par la ligne des équinoxes, si toutefois il faut donner à cette représentation un sens réellement astronomique. Devant le dieu est une étoile, et plus bas un autel sur lequel brûle le feu sacré; un bouc dressé y porte ses pattes antérieures. Vol. I, p. 409 sq., 45 1, 495 sq.; et les notes du liv. III, surtout p. 83o, 928. Compar. la fig. suiv. — Pierre gravée. Hirt., Archœol. BU derbuch, cahier II, pi. LVI.
195. (LI). Jupiter-Sérapis au centre d'un cercle de lumière, ayant sur la tête le mod'uis, et entouré, dans un cercle intermédiaire, des sept planètes qu'environnent, dans un cercle extérieur, les
douze signes du zodiaque. Les planètes sont dans leurs domiciles respectifs : Jupiter, couronné de lauriers, dans lesPoissons ; Saturne voilé et le globe en tête, dans le Capricorne; Mars casqué, dans le Scorpion; le Soleil à la couronne radiée, dans le Lion; la Lune avec le croissant, dans le Cancer; Mercure , une étoile ( peut-être Sirius) sur la tète , clans les Gémeaux ; Vénus coiffée d'une sphendoné, dans le Taureau. Ibid., et de plus, p. 414 seq., 438, 455, 470, f>2i ; 809, 818, 836,897 sqq., surtout 924 sqq. — Médaille de l'an VII d'Antonin. Académ. des Belles-Lettres, t. XLI,pl. I, n° 11. 19^-(t LU). Le Tau égyptien ou la clef du Nil ( la croix à anse ou ansée, crux ansata}. Cheuzer. Confér. les (ig. précéd., passim, et vol. I, notes du liv. III, p. 958 sq. — Empreinte d'un scarabée égyptien, communiqué à l'auteur par M. Muntkr. . a. ( 196). Croix ansée d'une forme particulière, combinée avec la ligure connue sous le nom de nilomètie, et flanquée de deux petites croix ansées dans la forme ordinaire. Ibidn ibid. — Empreinte d'un scarabée égyptien gravé en creux. Scarabées égyptiens du Musée des Antiques de l'empereur d'Autriche , Vienne, 1824, in 4°, pi. II, iig. 21 h.
DE
1M1 KlMliHIfc DE E. DUVER6ËA,
IUE PE VER.XEUIL , N<> *.
CONSIDÉRÉES PRINCIPALEMENT DANS LEURS FORMES . SYMBOLIQUES ET MYTHOLOGIQUES;
\ OUVKAGE TKADU1T DE L'ALLEMAND