‹ Religions de l'antiquité (volume 3)Chapitre 19 sur 74 · ET A LEUR EXPLICATION · texte numérisé non relu

ET A LEUR EXPLICATION

L'homme tire de tout ce qui l'entoure, de tout ce qui frappe ses sens, les matériaux de ses pensées, les éléments qui entrent dans ses conceptions. Les objets du monde sensible se réfléchissent dans son intelligence comme en un cristal, et donnent naissance à des formes qui sont la reproduction fidèle de ces objets eux-mêmes, et que l'imagination combine ensuite à son gré, ou plutôt suivant les lois qui président à sa propre existence. Ces formes sont ce que Ton appelle les idées. C'est de la combinaison plus ou moins heureuse, plus ou moins variée des formes sensibles, d'abord empreintes dans l'esprit, que résultent les œuvres de l'imagination.

L'homme se joue pour ainsi dire avec lui-même, et, soit qu'il parle, soit qu'il écrive, soit qu'il peigne, qu'il sculpte ou qu'il grave, il se représente, sous mille aspects divers, ses propres conceptions , qui ne sont elles-mêmes que le reflet du milieu dans lequel il vit. Une conséquence nécessaire de ce fait que toutes nos pensées ont pour point de départ les impressions des sens, c'est que, quelque objet que nous concevions , quelque idée que saisisse notre esprit, une forme matérielle s'y attache toujours, quoique d'une manière plus ou moins directe. Penser, c'est donc évoquer en soi dans un ordre déterminé une succession de formes qui sont le résultat IV. a

Page 1